Les syndicats du nucléaire solidaires des travailleurs et travailleuses ukrainiens

Plus de 40 participants ont pris part à la réunion, issus notamment de syndicats du nucléaire du Japon, de France, d’Argentine, d’Espagne, de Turquie et d’Ukraine. Des experts de l’Organisation internationale du travail (OIT) et de la Confédération syndicale internationale étaient également présents.

Valery Matov, Vice-président d’IndustriALL pour le secteur nucléaire et Président d’Atomprofspilka, Ukraine, a dressé un portrait lugubre de la souffrance des travailleurs et travailleuses du nucléaire.

“Plus de 200 travailleurs et travailleuses ont été enlevés et beaucoup ont été torturés à mort. Les soldats russes occupent les centrales nucléaires et le personnel est soumis à une pression physique et psychologique permanente. La centrale nucléaire de Zaporijjia comptait plus de 11.000 salariés et en compte désormais moins de 10.000. Nous vous demandons de condamner la prise de contrôle des centrales nucléaires et de revendiquer le retrait des troupes russes de la ville d’Enerhodar. Nous vous demandons d’écrire à vos gouvernements pour leur demander de l’aide pour le retrait des troupes.”

Les représentants de l’OIT ont fait part de leurs préoccupations quant à l’impact mental et physique des outrages commis sur les travailleurs et travailleuses, ainsi qu’à leur exposition potentielle aux radiations.

“Il est essentiel de discuter de la manière dont nous allons faire appliquer les conventions de travail avec l’aide d’IndustriALL et nous devons avoir des discussions avec les travailleurs et travailleuses sur leurs besoins,”

a déclaré Sergiy Savchuk, de l’OIT.

“Nous sommes solidaires des travailleurs et travailleuses ukrainiens. Il est impératif d’éviter une catastrophe nucléaire et nous devons défendre le personnel des centrales en termes de santé et de sécurité, notamment en ce qui concerne le temps de travail,”

a indiqué Owen Tudor de la CIS.

Les affiliés ont affiché leur grande préoccupation et leur solidarité avec les travailleurs et travailleuses ainsi que leurs familles en Ukraine et se sont montrés ouverts à soutenir le syndicat ukrainien par le biais de différentes propositions auprès de leurs gouvernements et des entreprises du secteur nucléaire de leurs pays.

“Nous sommes solidaires de nos camarades ukrainiens et nous continuerons à travailler avec l’OIT et d’autres organismes pour faire pression sur la communauté internationale afin de garantir la paix et les droits fondamentaux des travailleurs et du peuple ukrainien,”

a affirmé le Secrétaire général d’IndustriALL Atle Høie.

Comité de l’acier de l’OCDE : les travailleurs revendiquent une transition juste !

La 92e session du Comité de l’acier de l’OCDE, qui s’est tenue les 19 et 20 septembre à Paris, a vu les gouvernements, les employeurs, les syndicats et autres parties prenantes se retrouver en personne pour la première fois depuis près de trois ans.

La crise énergétique et la guerre en Ukraine ont constitué pour cet événement de deux jours une toile de fond sombre et difficile à gérer. Les syndicats ont demandé au Comité d’examiner l’impact de ces défis sur les personnes qui sont au cœur de l’industrie, les sidérurgistes. Pour la première fois, l’ordre du jour du Comité de l’acier a accordé un espace suffisant aux représentants syndicaux pour présenter les priorités des travailleurs pour une transition juste. Le TUAC et ses partenaires, les Fédérations syndicales internationales et européennes, ont décrit les défis que la transition numérique et verte pose aux sidérurgistes et les mesures que les syndicats et l’OCDE peuvent prendre pour permettre d’avancer au fil de ce processus, encourageant le Comité de l’acier à accorder l’attention nécessaire à la dynamique du travail dans le secteur, dans le cadre de son mandat.

Ce message s’est reflété dans la déclaration du Président, qui a reconnu pour la première fois “l’importance de promouvoir une transition juste pour la main-d’œuvre dans ce processus d’ajustement de l’industrie sidérurgique”.

Veronica Nilsson, Secrétaire générale par intérim du TUAC, a commenté :

“La décarbonation de l’industrie sidérurgique est une priorité mondiale et les pays de l’OCDE doivent faire preuve d’un réel leadership dans ce domaine tout en veillant à ce que la transition soit gérée de manière responsable. Le TUAC continuera à faire part des préoccupations des syndicats dans tous les organes pertinents de l’OCDE, en demandant aux Membres de prendre des mesures concrètes pour une transition juste dans le secteur de l’acier et au-delà.”

Différents experts ont pris la parole pour présenter l’impact de la crise énergétique sur le secteur de l’acier, notamment son impact sur le défi que représente la décarbonisation de ce secteur à forte intensité énergétique. La guerre en Ukraine et les sanctions qu’elle a entraîné contre la Russie continuent d’exercer une pression sur le secteur, tant en termes d’accès à l’énergie et aux matières premières que de prix de celles-ci. Les membres de l’OCDE s’accordent à dire qu’il faut redoubler d’efforts pour décarboniser le secteur en ces temps difficiles où une récession mondiale se profile à l’horizon.

Le Directeur d’IndustriALL pour les métaux de base, Matthias Hartwich

 

Matthias Hartwich, Directeur d’IndustriALL pour les métaux de base et la construction mécanique, a déclaré :

“Quand nous parlons de fabricants d’acier, nous parlons en fait des sidérurgistes, les hommes et les femmes qui produisent l’acier avec leurs mains et leurs cerveaux. Ils sont au cœur des transitions verte et numérique et IndustriALL insiste pour que ces transitions soient gérées de manière responsable entre employeurs et syndicats.

Nous nous félicitons de tenir un débat sur les mesures visant à faire de cette transition une transition juste, notamment en veillant à ce que tout nouvel emploi vert ou numérique soit un bon emploi, avec de vrais contrats soutenus par des conventions collectives et un salaire équitable.”

Le TUAC, IndustriALL Global Union et industriAll Europe ont souligné que la décarbonisation doit être gérée de manière socialement responsable. Les syndicats insistent sur le fait que toute transition, qu’elle soit verte ou numérique, doit s’accompagner d’un dialogue social de qualité et de mesures visant à garantir qu’aucun travailleur ou région ne soit laissé pour compte.

Judith Kirton-Darling, Secrétaire générale adjointe d’industriAll Europe, a déclaré :

“Les syndicats insistent pour prendre place à la table afin de discuter des transitions verte et numérique. Comme le dit notre manifeste pour une transition juste, “rien sur nous sans nous”. Un dialogue social de qualité est un outil essentiel pour garantir que les transitions soient gérées d’une manière socialement juste ; aucun travailleur, aucune travailleuse ne doit être laissé pour compte.’’

Le TUAC considère que la décarbonation de l’industrie sidérurgique est une priorité mondiale et que les pays de l’OCDE doivent faire preuve d’un réel leadership dans ce domaine tout en veillant à ce que la transition soit gérée de manière responsable. Le TUAC continuera à soulever les préoccupations des syndicats dans tous les comités pertinents de l’OCDE et fera pression pour une transition juste dans le secteur de l’acier et au-delà.

Victoire syndicale chez Teksid Mexico

Los Mineros, affiliés à IndustriALL Global Union, ont remporté une victoire retentissante dès lors que près de 80 % des travailleurs et travailleuses de Teksid Hierro ont voté en faveur de leur désignation comme seuls représentants légaux de la convention collective de l’entreprise.

Les résultats du scrutin ont été publiés le 20 septembre, Journée nationale de la démocratie syndicale au Mexique. La veille, les travailleurs et travailleuses avaient pu exercer leur droit à la liberté syndicale et voter librement, secrètement et directement pour choisir le syndicat qui les représenterait.

Les votes en faveur de Los Mineros étaient au nombre de 642, avec seulement 172 en faveur du syndicat CTM et deux votes non valables. Le décompte des voix a été effectué en présence de représentants des deux syndicats participants, de la Commission fédérale de conciliation et d’arbitrage (JFCA) et d’un représentant de la Commission nationale des droits de l’homme.

“Cette manifestation des camarades au travers des urnes est une preuve concluante et définitive de la ferme conviction que Los Mineros (section 327) sont les titulaires de la convention collective.

Ce vote et les résultats obtenus mettent fin à une longue lutte jonchée d’incertitude, de violations de la liberté syndicale (…) Un pas supplémentaire vers la transformation du monde syndical est ainsi assuré, la structure patronale et d’entreprise qui empêchait et limitait l’action syndicale a été démantelée”,

ont indiqué Los Mineros dans un communiqué.

Depuis 2014, les tentatives de Los Mineros de mettre en place un syndicat démocratique sur le lieu de travail se sont heurtées à des pratiques antisyndicales.

Un premier scrutin a eu lieu en 2018, au cours duquel les travailleurs et travailleuses ont élu le syndicat Los Mineros comme leur seul représentant légal au niveau de la convention collective chez Teksid. Cependant, ce n’est qu’en juillet 2022 que l’entreprise a signé un accord reconnaissant la victoire de Los Mineros. Cet accord a été rendu possible en invoquant le mécanisme de réponse rapide en matière de travail de l’accord de libre-échange Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM).

Cependant, le Syndicat des travailleurs de l’industrie métallurgique et mécanique (STIMME, de la Confédération des travailleurs mexicains, CTM) a fait fi de l’accord et a demandé à la JFCA un nouveau vote pour décider quel syndicat représenterait les travailleurs de l’usine Teksid.

“Ce vote en faveur de la liberté syndicale conclut non seulement une lutte de huit ans, mais constitue également un bon exemple de coopération et de solidarité internationales,”

a déclaré Georg Leutert, Directeur de la section automobile d’IndustriALL.

Les dirigeants syndicaux d'Amérique latine discutent des moyens de stopper la violence fondée sur le genre

Armelle Seby, la directrice d'IndustriALL Global Union en charge des questions de genre, a expliqué que la campagne d'IndustriALL part du principe qu'aucun autre objectif syndical – comme le travail décent, la sécurité au travail et l'égalité salariale – ne peut être atteint sans qu'il soit d'abord mis fin à la violence fondée sur le genre.

Elle a ajouté qu'un élément clé de la campagne consiste à s'assurer de l'engagement et du soutien des hommes qui sont à la tête des syndicats :

"Nous avons besoin du soutien des dirigeants comme des dirigeantes si nous voulons éliminer la violence fondée sur le genre. La convention 190 de l'OIT sur la violence et le harcèlement a été possible en grande partie grâce au rôle moteur et à la vision de dirigeantes du monde entier.

"Mais les hommes ont aussi un rôle vital à jouer en tant qu'agents de changement. Ils peuvent contribuer à changer les systèmes patriarcaux et veiller à ce que les syndicats adoptent des politiques et des stratégies pertinentes. Avec notre campagne, nous devons continuer à tirer parti des exemples motivants que nous avons vus de femmes et d'hommes déterminés à mettre un terme à la violence fondée sur le genre."

Laura Carter, secrétaire régionale adjointe d'IndustriALL et responsable régionale pour les questions de genre, a déclaré que dans le cadre de la campagne, IndustriALL organise aussi une série d'Error! Hyperlink reference not valid. sur la violence fondée sur le genre.

"Le but est que ceux qui participent aux ateliers deviennent des vecteurs du changement dans leurs organisations et sur leurs lieux de travail et qu'ils contribuent à l'élaboration de politiques pour éradiquer cette violence dans leurs syndicats. À ce jour, nous avons formé 90 personnes, dont 20 hommes, dans la région,"

a dit Laura Carter.

Des dirigeants syndicaux ont relaté des initiatives syndicales couronnées de succès et discuté de stratégies pour l'élimination de la violence fondée sur le genre sur le lieu de travail et dans le mouvement syndical.

Ce fut, par exemple, Jayson Little, de l'USW Canada, qui a participé à "Be More Than a Bystander", un programme de formation syndicale qui expliquait aux hommes que faire s'ils assistent à de la violence fondée sur le genre.

Marta Zaldaña, qui travaille dans le secteur du textile au Salvador, a raconté son expérience d'un harcèlement qu'elle a signalé à son syndicat. Elle a expliqué qu'auparavant, les syndicats ne savaient pas que faire dans ces cas, mais maintenant ils ont actualisé leurs règlements, élaboré des politiques et commencé à dispenser de la formation sur les moyens de réagir pour stopper la violence et le harcèlement au sein des syndicats.

Igor Díaz, du secteur minier de Colombie, a parlé des diverses formes de harcèlement dans son entreprise. Le syndicat est intervenu dans ces cas, il a aussi revu ses règlements et s'est doté d'un département des femmes chargé de ces questions.

Christine Olivier, la secrétaire générale adjointe d'IndustriALL, a déclaré :

"Le combat contre l'inégalité et la violence fondée sur le genre est un élément essentiel de notre action et, en tant que syndicat mondial, IndustriALL doit agir.

"Nous devons faire plus que simplement condamner cette violence; nous devons utiliser toutes les ressources à notre disposition. Sur nos lieux de travail, dans nos communautés et dans nos syndicats, nous devons tous défendre les droits des femmes, agir et participer au combat. En 2017, nous nous sommes engagés à combattre la violence fondée sur le genre. Nous devons maintenant mettre en œuvre le plan d'action pour y parvenir."

Un tribunal indien statue en faveur des salariés de General Motors

En décembre 2020, General Motors India a cessé la production dans son usine de Talegaon, mettant ainsi plus d’un millier de travailleurs et travailleuses au chômage. La production a été arrêtée, alors que le gouvernement avait rejeté la demande de fermeture de l’usine.

Le Syndicat des salariés de General Motors, affilié à IndustriALL par le biais de Shramik Ekta Mahasangh, a déposé une plainte devant le tribunal du travail contre les pratiques de travail déloyales de l’entreprise, qui a illégalement licencié 1.086 travailleurs en juillet 2021.

Le tribunal du travail a donné raison au syndicat en janvier 2022, ordonnant à l’entreprise de verser 50 % des salaires à partir d’avril 2022 jusqu’à ce qu’une décision finale soit prise concernant la plainte.

General Motors India a refusé d’appliquer la décision du tribunal et l’a contestée devant la Haute Cour de Bombay. Le 12 septembre, la Haute Cour a rejeté cette requête.

Sandeep Bhegade, Président du Syndicat des salariés de General Motors, a déclaré :

“Nous sommes très heureux que le tribunal ait statué en notre faveur, mais notre combat ne s’arrête pas là. 1.086 travailleurs et travailleuses n’ont reçu aucun salaire depuis juillet 2021. L’entreprise a refusé de suivre l’injonction du tribunal du travail de verser 50 % des salaires.”

Apoorva Kaiwar, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Asie du Sud, a pour sa part déclaré :

“IndustriALL soutient fermement le Syndicat des salariés de General Motors dans sa lutte pour protéger les droits des travailleurs et des travailleuses. Nous appelons General Motors India à appliquer immédiatement l’injonction du tribunal.”

Solidarité avec les travailleurs en lock-out chez Ash Grove, au Canada

Alors même que la négociation collective se poursuivait, le 22 mai 2021, la direction a imposé illégalement un lock-out qui a ensuite été régularisé le 3 juin.

Le conflit se poursuit malgré plusieurs séances de négociation. L'employeur tente d'arracher de nombreuses concessions à son personnel syndiqué, en particulier sur la question de la sous-traitance, tout cela dans un contexte où des dizaines de travailleurs risquent de perdre leur emploi par la fermeture de deux fours sur quatre.

Malgré une forte demande de ciment qui fait augmenter les prix du marché et une pénurie de main-d’œuvre, Ash Grove refuse de rappeler des salariés mis à pied qui pourraient occuper d'autres postes dans l'entreprise. Elle préfère recourir à des agences de placement et des sous-traitants.

En juillet, Daniel Cloutier, le directeur québécois d'Unifor, a dénoncé l'inaction du gouvernement dans ce dossier qu'il accuse de favoriser ainsi la production de "ciment scabé", c’est-à-dire produit par des jaunes, et se met en défaut vis-à-vis de sa propre législation contre ces pratiques, en ce qu'il contribue à perpétuer le conflit.

Pour Alexander Ivanou, le directeur d'IndustriALL en charge de l'industrie des matériaux :

"Ce conflit dure depuis trop longtemps, au détriment des membres de la section 177 d'Unifor. Avec le réseau syndical mondial de CRH et son CEE, IndustriALL assure les travailleurs de sa solidarité. Ces menées antisyndicales doivent stopper immédiatement et la direction doit revenir à la table des négociations."

Crédit photographique : page Facebook de la section 177 d'Unifor   

Glencore doit être cohérent dans le respect des droits des travailleurs et de l’homme au niveau mondial.

Glencore fait partie des multinationales qui profitent de l’essor des matières premières lié à la décarbonisation. Présente dans 35 pays, Glencore commercialise plus de 60 produits de base, notamment des métaux et des minerais tels que le cuivre, le cobalt, le zinc et le nickel, qui sont très demandés pour la fabrication de véhicules électriques. Glencore possède également des mines de charbon qui sont susceptibles d’être fermées dans le cadre des mesures d’atténuation du changement climatique visant à réduire les émissions de carbone.

En Afrique du Sud, la multinationale de négoce de matières premières, qui est cotée à la Bourse de Londres et à la Bourse de Johannesburg, dispose d’une division ferroalliage, qui extrait et commercialise du minerai de chrome, du ferrochrome, des alliages de manganèse et du vanadium. La division charbon produit à destination de la production d’électricité nationale ainsi que pour l’exportation.

Les syndicats qui font partie du réseau IndustriALL Glencore se sont réunis pour débattre autour de la chaîne d’approvisionnement des batteries et de la transition juste et ont examiné de près les politiques de Glencore en matière de droits de l’homme, d’approvisionnement responsable et d’environnement. S’agissant de la transition juste, la réunion a recommandé une approche attentive aux questions de genre.

Le rôle des normes et de l’assurance volontaires dans le secteur minier a été débattu, avec une reconnaissance spéciale accordée à l’Initiative pour une Certification Responsable de l’Exploitation Minière (IRMA) pour avoir incorporé les droits des travailleurs.

S’exprimant lors de la réunion, Japie Fullard, Directeur général de Glencore pour la division ferroalliage en Afrique du Sud, a déclaré que l’entreprise était impliquée dans l’autonomisation des jeunes et des femmes et qu’elle apportait son soutien au développement d’entreprises ainsi qu’au financement d’infrastructures communautaires. Il a ajouté que Glencore s’engage à mettre en œuvre le plan stratégique national visant à mettre fin à la violence sexiste et au féminicide et que plus de 13.000 serviettes hygiéniques ont été distribuées à des jeunes filles dans les communautés où elle exerce ses activités. Glencore élabore actuellement un plan de transition juste pour ses divisions alliages et charbon.

Le NUM (Syndicat national des mineurs), le NUMSA (Syndicat national des métallurgistes d’Afrique du Sud) et l’UASA, tous affiliés à IndustriALL, ont félicité Glencore pour ces initiatives, mais ont indiqué que la société devrait également appliquer les mêmes politiques dans sa division charbon. Les syndicats ont souligné que les politiques de Glencore sont incohérentes, car elles diffèrent selon les activités et les pays. Ils ont affirmé que cela suscitait des doutes quant à son engagement et ont appelé l’entreprise à modifier son comportement par le biais du dialogue social.

Bien que Glencore a mis en place des systèmes de signalement, les syndicats ont indiqué que des travailleurs et travailleuses avaient été victimisés après avoir signalé des cas de discrimination, créant ainsi un climat de peur, car les personnes concernées ont été laissées sans protection après avoir porté plainte. Au contraire, elles ont été accusées de “mauvaise conduite”. Les syndicats ont insisté sur la nécessité d’améliorer les relations sociales chez Glencore, les départements des ressources humaines étant hostiles aux travailleurs.

En Amérique latine, Sintracarbón, affilié d’IndustriALL, plaide pour un plan intégré de transition juste qui protège les travailleurs et travailleuses, les communautés et l’environnement.

La mine de charbon colombienne de Glencore, El Cerrejón, l’une des plus grandes mines de charbon à ciel ouvert au monde, doit fermer en 2034, mais le plan de fermeture obligatoire de la mine n’est pas en place. Sur la base de l’expérience des mines Prodeco récemment abandonnées par Glencore, les travailleurs et les communautés craignent de se retrouver avec un reliquat de problèmes sociaux et environnementaux non résolus.

Laura Carter, Secrétaire régionale adjointe d’IndustriALL pour l’Amérique latine et les Caraïbes, a déclaré :

“Sintracarbón continue de se battre pour défendre les droits des travailleurs et travailleuses des mines de Glencore qui sont confrontés à une litanie de violations incessantes. Il s’agit notamment de licenciements massifs en raison de changements d’équipe imposés unilatéralement, de problèmes de santé et de sécurité ainsi que de comportements antisyndicaux.”

Glen Mpufane, Directeur des mines d’IndustriALL, a déclaré :

“Glencore doit respecter les travailleurs et les droits de l’homme dans le monde entier et mettre en œuvre des mesures de diligence raisonnable en matière environnementale, sociale et de gouvernance. Une approche attentive aux questions de genre de la part de l’entreprise mettrait fin aux conditions de travail précaires des travailleuses des entreprises sous-traitantes.”

La réunion, à laquelle ont assisté 20 participants, a été organisée avec le soutien du Centre de compétences syndicales pour l’Afrique subsaharienne de la Fondation Friedrich Ebert (FES).

Illustration : membres de Sintracarbón à la mine du Cerrejón, en Colombie.

Un travailleur de Madagascar participe à l'effort mondial pour sauver les espèces menacées

Un de ces travailleurs de l’environnement est Hajanirina Rakotondrainibe, dont la mission consiste notamment à s'occuper des espèces végétales et animales menacées à la mine Ambatovy’s Moramanga d'où on extrait du nickel et du cobalt, et qui serait l'investissement étranger le plus important réalisé dans le pays.

Haja, comme l'appellent affectueusement ses collègues, parle avec fierté et enthousiasme de sa participation à l'effort national et international de protection des espèces en danger, comme les lémuriens, et de la vie sauvage à Madagascar, dont les habitats sont menacés par l'activité minière.

"Je suis un vétérinaire pour animaux sauvages qui s'occupe principalement de gestion de la faune. Alors que la mine déboise pour développer ses activités, en même temps, nous développons des programmes de conservation de la nature pour remplacer la végétation ainsi détruite.

"On trouve dans ces forêts des animaux comme le lémurien, un primate endémique qui ne vit qu'à Madagascar. Il existe environ 120 espèces de lémuriens avec des poids allant de 40 grammes à 7 kilos et chaque espèce est propre à une région et un certain habitat forestier.

 "Les lémuriens suscitent beaucoup d'intérêt et beaucoup de chercheurs viennent à Moramanga pour étudier ces primates. Je les accompagne parfois partout sur l'île, ce qui me permet de visiter d'autres parties du pays et d'en apprendre plus sur mon travail."

 

Outre la protection des lémuriens et de la végétation, Haja est un syndicaliste convaincu, membre du SVS qui est affilié à IndustriALL Global Union :

"Je travaille à Ambatovy depuis dix ans et je suis actif dans mon syndicat, que j'ai représenté dans des comités d'entreprise."

Haja est un des participants qui ont discuté de l'ajout des droits des travailleurs, des droits des femmes, de la santé et la sécurité et de la protection de l’environnement au code minier révisé lors de la réunion qui s'est tenue à Antananarivo les 25 et 26 août.

Glen Mpufane, le directeur d'IndustriALL en charge des mines, déclare :

"Lorsque nous parlons d'activité minière durable, il s'agit aussi de la préservation de l’environnement, d'écosystèmes durables qui englobent les communautés et la biodiversité, et d'appeler les compagnies minières à adhérer aux pratiques de protection de l’environnement. Le travail que fait Haja à Ambatovy confirme que les travailleurs jouent un rôle essentiel dans la protection des espèces menacées à Madagascar."

D'après les experts, les lémuriens sont importants parce qu'ils sont les plus anciens primates existants au monde et qu'on ne les trouve qu'à Madagascar. Par ailleurs, ils dispersent les graines et contribuent à la pollinisation, essentielle pour les forêts.

Certains scientifiques estiment que les lémuriens, qui ont plus de 90 pour cent de leur ADN en commun avec l'espèce humaine, pourraient descendre du même ancêtre que la famille humaine.

Les scientifiques considèrent Madagascar comme un foyer de biodiversité, avec des espèces vivantes qu'on ne trouve que sur l'île. Pour empêcher leur extinction, il faut préserver leurs habitats, ce qui explique les appels à une activité minière soutenable. C'est pourquoi les syndicats réclament que la protection de l’environnement figure dans le code minier de Madagascar.

Journée internationale de l’égalité salariale

Selon le Rapport mondial sur les salaires 2020-21 de l’OIT, l’impact de la pandémie a affecté de manière disproportionnée le total salarial des femmes par rapport à celui des hommes. Cette réduction salariale plus importante pour les femmes signifie que l’écart de rémunération entre les sexes, déjà existant, risque de se creuser davantage.

En outre, l’aggravation prévue de la crise actuelle du coût de la vie est, selon le Rapport mondial 2022 sur l’écart entre les femmes et les hommes du FEM, susceptible d’affecter plus gravement les femmes que les hommes, car elles continuent à engranger des revenus et à accumuler des richesses à des niveaux inférieurs.

 

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La différentiation de rémunération entre hommes et femmes est le résultat de multiples facteurs.

Le principe de l’égalité de rémunération entre hommes et femmes, pour un travail de valeur égale, est énoncé dans la Convention n°100 de l’OIT sur l’égalité de rémunération et dans la Convention n°111 concernant la discrimination (emploi et profession). Ces deux instruments visent à éliminer les pratiques discriminatoires, y compris salariales, au sein du monde du travail.

Comme le souligne un récent rapport de l’OIT, la nécessité de s’attaquer à l’écart de rémunération entre les sexes ne fait plus débat, la question est plutôt de savoir comment.

Les mesures de transparence salariale peuvent être efficaces pour identifier les différences de rémunération existantes entre les hommes et les femmes et, en tant que telles, constituer des moyens de lutte contre l’écart de rémunération entre les sexes.

La négociation collective, la classification et l’évaluation neutres du point de vue du genre des emplois, le relèvement du plancher salarial et la garantie d’une évolution de carrière équitable et inclusive pour les femmes sont d’autres moyens que les syndicats utilisent pour combler le fossé salarial entre les sexes.

Les affiliés d’IndustriALL passent à l’action ! Il faut l’équité entre les genres maintenant !


IndustriALL forme un réseau syndical dans l’industrie des semi-conducteurs

En ouverture de la réunion, Christine Olivier, Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL, a souhaité la bienvenue aux participants et s’est engagée, au nom d’IndustriALL, à appuyer la constitution d’un réseau syndical mondial dans ce segment industriel en rapide évolution que sont les semi-conducteurs.

« Nous devons rassembler toute notre énergie ; les travailleurs, les multinationales des semi-conducteurs et leur chaîne d’approvisionnement doivent unir leurs forces pour mettre en œuvre des stratégies qui permettront aux syndicats de monter en puissance. »

Les sociétés productrices de semi-conducteurs sont réparties de manière inégale dans le monde. La Chine et l’Asie de l’Est abritent près de 75 pour cent des installations de fabrication de semi-conducteurs. Dans le même temps, plus de 90 pour cent des capacités de fabrication de semi-conducteurs de pointe sont situées à Taïwan et 8 pour cent en Corée du Sud. Cette configuration de l’industrie était relativement rentable sur le plan économique pour les grands acteurs et a ainsi fonctionné pendant de nombreuses années, mais elle induisait de nombreux risques susceptibles de perturber l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement.
 
Ces perturbations inévitables ont commencé dans le sillage de la pandémie, avec la forte augmentation de la demande en électronique grand public durant les confinements et la relance de l’industrie automobile. Les producteurs de semi-conducteurs n’ont pas été en mesure de satisfaire cette augmentation brutale de la demande. Face aux tensions géopolitiques, aux nouvelles restrictions liées à la pandémie en Chine et au ralentissement économique dans les principaux pays consommateurs de l’UE, de l’Amérique du Nord et de la Chine, les gouvernements ont pris le parti de se prémunir contre les problèmes à l’avenir en commençant à produire eux-mêmes des semi-conducteurs. Ils ont ainsi annoncé des crédits d’impôts généreux en faveur des investissements et se sont engagés à injecter des fonds tout aussi généreusement dans l’industrie des semi-conducteurs, dans l’espoir de se hisser au premier rang sur le marché et d’engranger demain des dividendes élevés. Près de 1 000 milliards de dollars américains d’investissements ont été annoncés uniquement pour l’Europe et les États-Unis réunis. D’autres investissements importants dans le secteur ont été annoncés par le Japon, l’Inde, la Chine, la Corée du Sud et Taïwan. On retrouve en tête de ces investissements des leaders mondiaux de la fabrication de puces électroniques tels que TSMC, Intel, Samsung, Micron, Texas Instruments, et d’autres.
 
Alejandro González, chercheur au Centre de recherche sur les sociétés multinationales (SOMO), a évoqué les risques sociaux et environnementaux dans l’industrie des semi-conducteurs qui exploite d’importantes ressources en eau ainsi que des produits chimiques dangereux pour la santé des travailleurs qui les manipulent.
 
Jan Brauburger, conseiller en matière de politique pour IndustriALL Europe, a fait un point sur la situation de l’industrie européenne des puces électroniques ainsi que sur les enjeux et politiques actuels.
 
Les participants à la réunion ont identifié de nombreux problèmes et difficultés posés aux travailleurs du secteur des semi-conducteurs, notamment la médiocrité des conditions de travail, la discrimination des travailleurs migrants, la violence, le harcèlement et la discrimination au travail, le non-respect de la liberté syndicale, les attitudes antisyndicales, le manque d’informations quant aux dangers pour la santé, y compris les métaux et leurs alliages, ainsi que certains problèmes d’ergonomie non résolus, entre autres aspects.

« Cette réunion a marqué une première étape, et nous constatons un intérêt manifeste de la part de nos affiliés. Nous nous appuierons sur l’expérience acquise par les réseaux de NXP et ST Microelectronics créés précédemment et répondrons aux difficultés identifiées par ordre de priorité. D’ici la prochaine réunion, nous aurons finalisé la collecte des données relatives à la présence de nos affiliés dans l’industrie des semi-conducteurs et sa chaîne d’approvisionnement. Nous travaillerons main dans la main afin de poursuivre les efforts d’organisation visant à renforcer les syndicats dans ce segment stratégique de l’industrie électronique, »

a déclaré Alexander Ivanou, Directeur pour les secteurs de l’informatique, électricité et électronique.