IndustriALL condamne le licenciement de représentants syndicaux chez Yokohama Mexique

Les licenciements de Miriam Alejandra Alducin Sánchez, José Julián Martínez Núñez et Arturo Luna Peña ont suscité de vives inquiétudes quant au respect de la liberté syndicale et à la protection contre la discrimination antisyndicale alors que les travailleuses et travailleurs s’appliquent à se choisir une représentation syndicale.

IndustriALL a écrit à la direction mondiale de Yokohama pour lui faire part de ses préoccupations concernant les informations faisant état d’irrégularités procédurales au cours du processus de reconnaissance syndicale. Il s’agit notamment de retards, d’un traitement différencié des syndicats et des licenciements des représentants de la Liga.

IndustriALL a également adressé un courrier au CFCRL (Centre fédéral de conciliation et de certification syndicale), avec copie au ministère mexicain du Travail et de la Protection sociale. Cette lettre appelle les autorités à préserver l’intégrité du processus de reconnaissance syndicale et à veiller à ce que les travailleuses et travailleurs puissent exercer leurs droits sans faire l’objet d’intimidations, de discriminations ou de représailles.

Le litige porte sur le processus par lequel les travailleuses et travailleurs de la nouvelle usine de pneus Yokohama à Saltillo choisissent le syndicat qui les représentera. Selon les informations reçues par IndustriALL et ses affiliés mexicains, la LSO a réussi à recueillir le nombre de signatures requis par le droit du travail mexicain pour demander une « Constancia de Representatividad » (un certificat de représentativité syndicale).

Cependant, le syndicat a signalé une série d’irrégularités au cours du processus. Parmi celles-ci figurent des retards dans le traitement de sa demande, le fait que l’entreprise n’ait pas affiché l’avis officiel requis, un traitement différencié des représentants syndicaux et le refus d’accorder à ceux de la Liga un accès raisonnable pour communiquer avec les travailleuses et travailleurs. Plus grave encore, trois représentants de la Liga ont désormais été licenciés au cours du processus de reconnaissance syndicale.

IndustriALL appelle au respect des droits des travailleurs

Le secteur de la fabrication de pneus au Mexique est régi par la Convention nationale de l’industrie du caoutchouc. Celle-ci fixe les salaires minimaux et les conditions de travail dans l’ensemble du secteur. Le processus de reconnaissance syndicale en cours vise à déterminer quel syndicat représentera les salariés de l’usine de Yokohama aux fins de négociations collectives.

IndustriALL a appelé Yokohama à réintégrer immédiatement les représentants licenciés, à garantir une stricte neutralité tout au long du processus de reconnaissance syndicale, à assurer l’égalité de traitement entre tous les syndicats et à respecter pleinement les droits de ses salariés à la liberté syndicale.

Notre fédération syndicale internationale a également exhorté les autorités compétentes pour le travail à veiller à ce que le processus de reconnaissance syndicale se déroule conformément à la législation du travail mexicaine. Les travailleuses et travailleurs doivent pouvoir exercer leur droit de choisir librement leurs représentants, sans intimidation, discrimination ni représailles.

« Les travailleuses et travailleurs doivent être libres de choisir leur syndicat sans craindre de discrimination ou de représailles. Nous exhortons Yokohama à réintégrer les représentants licenciés et à veiller à ce que le processus de reconnaissance syndicale se déroule dans le plein respect des droits des travailleurs et de la législation du travail mexicaine »,

a déclaré Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL.

IndustriALL continuera à suivre de près l’évolution de la situation en collaboration avec ses affiliés du Mexique ainsi qu’à l’échelle internationale. Notre fédération syndicale internationale continuera à soutenir les travailleuses et travailleurs dans leurs efforts en vue d’exercer leurs droits syndicaux fondamentaux.

Nicaragua : la FESITEX obtient des indemnités pour 249 salariés

Cette entreprise de sérigraphie textile avait licencié la plupart de ses salariés sans leur verser les indemnités de licenciement et autres prestations prévues par le droit du travail nicaraguayen. En mars 2026, le Secrétaire général d’IndustriALL, Atle Høie, a adressé un courrier à la direction de BTF pour dénoncer ces manquements. Le Directeur général de BTF, Giljoo Han, a répondu en reconnaissant les obligations non honorées. Il a imputé ces retards à une situation économique difficile et a présenté un nouveau plan de paiement élaboré en collaboration avec le ministère du Travail.

Le dialogue social permet de résoudre le conflit

En avril, les représentants de l’entreprise et des travailleurs se sont réunis dans les locaux de BTF et ont confirmé que 249 travailleurs avaient des arriérés de salaire. Ils se sont mis d’accord sur un règlement échelonné, fondé sur les calculs officiels du ministère du Travail et les décisions de justice applicables. Malgré une fermeture temporaire due à un manque de commandes, BTF a effectué le 5 mai dernier un premier versement en faveur de 61 travailleuses et travailleurs.

Le 31 juillet dernier, BTF, les anciens salariés et la Confédération syndicale des travailleurs des zones franches (CST-ZF/CST) ont signé un accord d’apurement. Cet accord entérine officiellement que c’est le dialogue social qui a permis de trouver une solution. BTF a versé intégralement et individuellement toutes les indemnités dues aux 188 anciens salariés. Ces indemnités comprenaient les primes d’ancienneté, les indemnités de congés payés, le treizième mois et les salaires impayés. Avec les 61 versements effectués en mai, cela a permis de rencontrer les réclamations des 249 travailleuses et travailleurs.

Pedro Ortega, Secrétaire général de la FESITEX, a déclaré :

« Nous tenons à remercier tout le monde pour le soutien et la solidarité exprimés au plan international. Sans cela, il n’aurait pas été possible de parvenir à cet accord. Le dialogue social est un outil permettant de trouver des solutions satisfaisantes en cas de conflit du travail. Nous remercions également l’entreprise pour sa volonté de parvenir à cette solution. »

BTF reprendra ses activités à partir du 20 août, en embauchant 36 travailleurs dans le cadre d’une nouvelle commande. L’entreprise espère étendre cette activité dans les mois à venir, en reprenant progressivement ses activités à plein régime et en créant jusqu’à 300 emplois.

Le Secrétaire régional d’IndustriALL, Marino Vani, a déclaré :

« Malgré le long chemin parcouru avant de parvenir à cet accord, nous l’accueillons avec une grande satisfaction. Il est le fruit de la persévérance de la FESITEX et de l’engagement de celles et ceux qui n’ont jamais cessé de militer en faveur d’une solution équitable.

Nous sommes convaincus que les engagements pris seront pleinement respectés et nous remercions toutes les personnes dont les efforts collectifs ont rendu cette avancée possible. Cet accord est un exemple de présence syndicale, de solidarité et de défense des droits des travailleurs. »

La grève du NUMSA oblige First Battery à revoir ses plans de licenciement

Le contenu de la lettre de licenciement adressée à 125 salariés de l’usine de First Battery située à East London était sans équivoque : une indemnité de départ standard, une date fixe et peu de marge de négociation pour le syndicat.

Cependant, le 2 juillet dernier, le NUMSA (Syndicat national des métallurgistes d’Afrique du Sud), affilié à IndustriALL et représentant la majorité du personnel de l’usine, a immédiatement lancé un préavis de grève de 48 heures. Dix-sept jours plus tard, soit le 22 juillet, Metair, propriétaire de First Battery, a signé un protocole d’accord. Ce document améliore les conditions proposées aux salariés et exhorte la direction à examiner la manière dont les sélections en vue des licenciements ont été effectuées.

Le dispositif révisé maximise les conditions de licenciement. L’indemnité de départ passe à trois semaines de salaire par année de service accomplie pour les six premières années et à une semaine par la suite, en plus d’une somme forfaitaire à titre gracieux de 70.000 rands (4.292 dollars) pour chaque personne licenciée. Les salariés resteront inscrits sur les listes de paie et percevront l’intégralité de leur salaire jusqu’au 31 juillet. En outre, ils ont droit à des primes au prorata, à leurs congés accumulés, à des primes d’ancienneté et à une indemnité de licenciement. Metair se fait fort d’accélérer ces versements.

Deux dispositions vont au-delà des licenciements immédiats. Premièrement, la direction doit enquêter sur les griefs spécifiques concernant la manière dont les membres du personnel ont été sélectionnés en vue des suppressions d’emplois, notamment l’application du principe « dernier entré, premier sorti » et les allégations selon lesquelles les critères de maintien des compétences n’auraient pas été appliqués de manière équitable. Deuxièmement, si l’entreprise envisageait de nouvelles réductions d’effectifs à l’issue d’un bilan opérationnel de deux mois, elle serait tenue de proposer tout futur processus de départ volontaire aux mêmes conditions renforcées que celles prévues dans le protocole d’accord.

Le texte incite également la direction de Metair à organiser un « indaba » (conférence) de deux jours avec le NUMSA. Idéalement, cette réunion se tiendra lors d’un week-end afin de ne pas perturber la production. L’entreprise y présentera sa stratégie et écoutera les propositions émanant du personnel de terrain. Le recours à un facilitateur externe est également envisagé.

Le NUMSA a suspendu la grève une fois l’accord signé et les travailleuses et travailleurs ont repris leurs horaires habituels dès le 23 juillet. Ceux qui sont retournés à leur poste à cette date ont pu bénéficier d’une avance de 2.000 rands (123 dollars) destinée à couvrir leurs frais de transport. L’accord conclu par le NUMSA en tant que représentant majoritaire au sein de l’usine s’impose à tous les membres du personnel concernés, conformément à la Loi sur les relations de travail. Cette disposition s’applique indépendamment de l’appartenance syndicale individuelle.

Le Secrétaire général du NUMSA, Irvin Jim, a déclaré que ce résultat était le fruit d’une action collective.

« Grâce à l’action unifiée et militante des travailleuses et travailleurs, combinée à une solidarité sans faille, ensemble nous avons contraint la direction à céder »

a-t-il affirmé, ajoutant que le syndicat « se battra sans relâche pour défendre et faire progresser les intérêts de la classe ouvrière ».

«Nous soutenons le NUMSA dans sa lutte pour l’emploi. Préserver les postes de travail est essentiel en cette période où le secteur sud-africain des composants automobiles subit une pression soutenue due à la faiblesse de la demande intérieure, à la concurrence des pièces importées et à la lenteur de la mise en place de valeur ajoutée locale»

a indiqué Paule-France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne.

Sintracarbón signe un pacte de transition professionnelle avec le gouvernement colombien

Plus de 3.000 travailleurs ont été licenciés en 2021 à la suite de la cessation des activités charbonnières de Prodeco, une filiale de Glencore, dans le corridor minier du Cesar. Pendant des années, Sintracarbón (Syndicat national des travailleurs de l’industrie charbonnière, affilié colombien d’IndustriALL) et les familles touchées par ces licenciements ont mené campagne pour obtenir du soutien. Leurs efforts ont débouché sur une collaboration avec le gouvernement de Gustavo Petro pour lancer un programme de reconversion professionnelle destiné au corridor minier du Cesar. Ce programme vise à lutter contre la crise du chômage.

De nouvelles opportunités pour les travailleurs et travailleuses du secteur minier

Grâce à cette initiative, 104 anciens salariés ont participé au programme, où ils ont acquis les compétences nécessaires pour intégrer les secteurs de l’électricité et des énergies renouvelables, s’ouvrant ainsi de nouvelles perspectives d’emploi formel.

Le 25 juillet dernier, à Valledupar, ils ont reçu leurs certificats d’agrément professionnel délivrés par le Conseil national des techniciens électriciens (CONTE), qui attestent de leurs compétences en tant que techniciens électriciens spécialisés dans l’énergie photovoltaïque et facilitent leur insertion sur le marché du travail dans ce nouveau secteur.

La remise des certificats s’est déroulée lors d’une cérémonie qui a également marqué une nouvelle avancée dans la politique de transition énergétique du pays.

Le Président de Sintracarbón, Jaime López García, a déclaré :

« Sintracarbón va dans la bonne direction. Il faut aujourd’hui proposer une reconversion professionnelle à ceux qui en ont un besoin urgent, car les multinationales et les gouvernements précédents les ont privés d’emplois dans le secteur minier. Les administrations de La Guajira et de Cesar, encore prisonnières d’une mentalité politique dépassée, ne parviennent pas à élaborer des plans économiques générant autant d’opportunités d’emploi dans d’autres secteurs productifs.

Les résultats dont nous avons été témoins aujourd’hui avec ces groupes d’hommes et de femmes lors de cet événement nous permettent d’affirmer que nous sommes sur la bonne voie. Sintracarbón continuera à promouvoir cette politique auprès du plus grand nombre, en gardant toujours à l’esprit la population, la siuation et l’amélioration des conditions sociales pour nos régions. »

Un pacte pour une transition énergétique juste

Lors de ce même événement, le ministère des Mines et de l’Énergie, le ministère du Travail, le ministère de l’Environnement, le Service national de formation (SENA), le CONTE et les organisations syndicales ont signé le Grand Pacte pour la transition professionnelle et productive.

Il s’agit d’un engagement du gouvernement élaboré en collaboration avec les travailleuses et travailleurs, leurs syndicats et les communautés affectées afin de consolider une transition énergétique juste qui protège l’emploi, favorise la diversification économique et renforce la gouvernance dans les régions minières.

Le Grand Pacte s’inscrit dans la stratégie de transition énergétique juste du gouvernement colombien visant à garantir qu’aucun travailleur ne soit laissé sans protection lors des fermetures de mines et des processus de décarbonisation. À cette fin, le modèle global de transition du travail et de la production comprend trois instruments :

Grâce à ces mesures, le gouvernement colombien entend faire en sorte que la fermeture des mines ne marque pas simplement la fin d’une activité économique, mais plutôt le début d’une transformation fondée sur la justice du travail, le dialogue social et la création de nouvelles opportunités pour les communautés minières.

Marino Vani, Secrétaire régional d’IndustriALL pour l’Amérique latine, a déclaré :

« Nous félicitons les dirigeants de Sintracarbón. Ces avancées représentent bien plus qu’une victoire au plan de la réglementation : elles sont le fruit d’années de lutte collective, de syndicalisation et d’engagement de la part des travailleuses et travailleurs du secteur minier en Colombie.

Les pertes, les impacts sociaux et environnementaux, ainsi que les fardeaux découlant de l’activité minière ne peuvent continuer à peser, comme cela a si souvent été le cas, sur les épaules des travailleurs et des communautés touchées.

Aujourd’hui, nous célébrons cette avancée, mais nous savons également que chaque droit que nous avons conquis doit être défendu. C’est pourquoi nous devons rester unis, organisés et renforcés au sein de notre syndicat afin de garantir le respect de ce décret et d’empêcher les futurs gouvernements de revenir sur ces acquis. De même, il est essentiel que nous restions vigilants, mobilisés et déterminés à exiger des entreprises qu’elles respectent et mettent en œuvre ces avancées.

La lutte de ceux qui défendent la justice se poursuit. Continuons à tracer cette voie ensemble. »

Une explosion dans un charbonnage au Pakistan relance les appels en faveur d’un renforcement de la sécurité minière

Opération de sauvetage au bilan élevé

Les équipes de secours poursuivent les opérations de récupération des corps à la suite de l’explosion ; le bilan s’élève actuellement à 34 victimes, tandis que l’enquête sur les causes de la catastrophe se poursuit.

Cette explosion est la dernière d’une série d’accidents miniers mortels qui continuent de coûter la vie à des travailleurs à travers le Pakistan. Malgré les efforts soutenus des syndicats pour améliorer la santé et la sécurité au travail, des mineurs continuent de perdre la vie dans des incidents évitables impliquant des explosions de gaz, des effondrements de voûte et d’autres risques professionnels, ce qui souligne l’urgence d’une application plus stricte des normes de sécurité minière.

À l’issue d’une opération de sauvetage qui a duré près de 45 heures, tous les mineurs piégés lors de la catastrophe ont été retrouvés, sans aucun survivant. Le gouvernement du Baloutchistan a ordonné l’ouverture d’une enquête de haut niveau, fermé quatre mines et annoncé des indemnités pour les familles touchées.

Les syndicats exigent que les responsables rendent des comptes

La Fédération centrale ouvrière des mines du Pakistan (PCMLF), affiliée à IndustriALL, a réclamé une enquête judiciaire indépendante, la mise en accusation des responsables en cas de négligence et un renforcement des inspections minières. La PCMLF et la Fédération des mineurs du Pakistan (PMWF) ont également appelé à la ratification immédiate et à la mise en œuvre effective de la Convention n° 176 de l’OIT sur la sécurité et la santé dans les mines.

Appels à des mesures de sécurité renforcées

Les organisations affiliées du secteur minier ont récemment indiqué que, d’après leurs observations, le nombre d’accidents mortels dans les mines avait diminué d’environ 50 % au cours des deux dernières années. Elles ont toutefois souligné que chaque décès évitable mettait en évidence la nécessité de poursuivre et de renforcer les mesures visant à améliorer la sécurité dans les mines.

Elles ont également appelé à un élargissement des formations obligatoires en matière de sécurité et à la mise en place de mesures garantissant que chaque mine soit équipée de systèmes modernes de détection de gaz, de ventilation, de communication et de secours d’urgence. Elles ont exigé une plus grande responsabilisation chaque fois que la négligence contribue à des décès sur le lieu de travail, ainsi que la pleine participation des organisations de travailleurs à la gouvernance de la sécurité minière.

Cet accident nous rappelle une fois de plus que des conditions de travail sûres et saines constituent un droit fondamental. Une sécurité minière efficace ne dépend pas seulement de mesures techniques, mais aussi de systèmes d’inspection du travail solides, du dialogue social et de la liberté dont doivent jouir les travailleurs pour s’organiser syndicalement et faire part de leurs préoccupations en matière de sécurité, sans crainte de représailles.

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, a déclaré :

« Aucune indemnisation ne peut remplacer la vie des mineurs ni atténuer la perte immense subie par leurs familles. L’industrie minière ne peut être durable que si chaque employeur, chaque autorité et chaque partie prenante considère la protection de la vie des travailleurs comme une responsabilité non négociable plutôt que comme un coût à gérer. »

Emmanuel Adjei-Danso, Directeur de la section de l’énergie et des mines auprès d’IndustriALL, a ajouté :

« Ceux qui comprennent mieux que quiconque les risques encourus sont les mineurs eux-mêmes. Lorsque les travailleurs sont libres de se syndiquer, de dénoncer des conditions de travail dangereuses et de participer aux décisions en matière de sécurité, les tragédies sont moins susceptibles de se produire. Être à l’écoute des travailleurs est l’une des mesures de sécurité les plus efficaces que tout secteur minier puisse adopter. »

Inde : les travailleurs et les agriculteurs réaffirment leur action commune

Des syndicats et des organisations d’agriculteurs en provenance des quatre coins de l’Inde ont réaffirmé leur engagement à renforcer leur action commune lors d’un congrès national qui s’est tenu à New Delhi ce 29 juillet. L’événement a été mis sur pied conjointement par les centrales syndicales indiennes et la Coalition des syndicats des agriculteurs.Les parties prenantes ont adopté une déclaration par laquelle elles s’engagent à renforcer leur coordination sur les questions touchant les travailleurs, les agriculteurs et les communautés rurales. Ce texte définit, par ailleurs,une stratégie pour leurs futures actions collectives.

Ce congrès a reflété la coopération croissante entre les mouvements syndicaux et paysans depuis leur premier congrès commun en 2023. Il a mis en évidence l’interdépendance grandissante des défis rencontrés.

Les intervenants ont mis en avant le fait que les travailleurs et les agriculteurs partagent non seulement des luttes communes mais aussi des racines communes et qu’ils jouent un rôle essentiel dans la construction de la nation. Ils ont insisté sur le fait que l’action collective organisée reste le moyen le plus efficace d’obtenir un changement durable.

Ils ont également souligné l’importance de s’attaquer au chômage des jeunes et reconnu la contribution des femmes travailleuses. Ils ont insisté sur la nécessité de veiller à ce que les avancées technologiques, y compris l’intelligence artificielle, réduisent les difficultés rencontrées par l’Humain plutôt qu’elles ne portent atteinte à ses droits.

Beaucoup se sont félicités de la participation ascendante des jeunes aux mouvements démocratiques et ont mis en évidence le besoin de forger une solidarité intergénérationnelle en vue de faire avancer les revendications partagées.

La déclaration adoptée par le congrès en énonce un large éventail, notamment un renforcement de la protection des travailleuses et travailleurs, une extension de la sécurité sociale, des salaires décents et la création d’emplois. En outre, elle appelle l’Inde à ratifier les conventions n° 87 et 98 de l’OIT sur la liberté syndicale et la négociation collective. Elle demande également la ratification de la Convention n° 190 sur la violence et le harcèlement dans le monde du travail. Par ailleurs, elle soutient la Convention n° 189 sur le travail décent pour le personnel de maison, soulignant ainsi l’intérêt que revêtent toujours les normes internationales du travail pour la promotion du travail décent.

Pour l’avenir, les syndicats ont annoncé des manifestations décentralisées à l’échelle nationale, le 10 août prochain, afin de commémorer le mouvement «Quit India» de l’époque coloniale. Ils se sont également engagés à maintenir leur solidarité mutuelle dans le cadre de leurs campagnes respectives et à préparer des actions conjointes de plus grande envergure si leurs revendications devaient rester sans réponse.

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, a ajouté :

« Les principes fondamentaux de l’OIT reconnaissent que le progrès économique durable dépend du respect des droits des travailleurs. Le dialogue social et la négociation collective ne sont pas des obstacles au développement ; ils comptent parmi ses appuis les plus solides. »

Ashutosh Bhattacharya, Secrétaire régional d’IndustriALL pour l’Asie du Sud, a déclaré :

« Ce congrès prouve que l’engagement en faveur d’une solidarité durable restera essentiel pour faire avancer des politiques qui placent les personnes au cœur du développement économique. »

Les syndicats de mineurs africains lancent un réseau pour défendre les droits des travailleurs

Ce 27 juillet, lors d’une réunion en ligne, plus de 50 délégués issus de 12 pays africains sont convenus de mettre en place une plateforme commune pour les syndicats du secteur minier. Alors que ceux-ci se constituent encore principalement à l’intérieur des frontières nationales, les entreprises minières, elles, opèrent sans difficulté à l’international.

Priorités de l’AMNet

Sur la base des débats qui ont animé la réunion, l’AMNet renforcera le pouvoir syndical par le biais d’un maillage régional et mondial, notamment grâce à la solidarité entre syndicats et à des réseaux d’entreprises axés sur les matières premières. Il défendra également les travailleuses et travailleurs contre la précarité de l’emploi, favorisera la liberté syndicale, la négociation collective et les salaires décents. Le réseau luttera contre la précarisation, la sous-traitance et l’exploitation de la main-d’œuvre migrante. En outre, il facilitera une Transition juste dans les régions productrices de charbon et de minerais critiques grâce à la reconversion professionnelle, à la protection sociale et à la participation des salariés.

Par ailleurs, AMNet veillera à ce que les investisseurs assument leurs responsabilités grâce à des dispositifs de diligence raisonnable et des campagnes coordonnées contre les multinationales qui bafouent les droits des travailleurs et les droits humains. Il mènera à bien ce mandat en combinant recherche, mobilisation et plaidoyer politique. Le réseau collaborera avec les gouvernements, l’Union africaine, les communautés économiques régionales et les banques multilatérales de développement.

Les participants ont identifié les contrats précaires, l’application insuffisante des normes en matière de santé et de sécurité et l’empreinte croissante des entreprises minières chinoises comme autant de défis qu’aucun affilié d’IndustriALL ne peut relever seul. Ils ont aussi mis en exergue la demande croissante en minerais critiques, notamment le cuivre, le cobalt, le lithium, les métaux du groupe du platine et les terres rares, induite par la transition énergétique mondiale.

La République démocratique du Congo et la Zambie dominent la production de cobalt au plan international tandis que l’Afrique du Sud, le Zimbabwe, la Namibie, le Botswana et le Ghana constituent les piliers des chaînes de valeur du platine, du lithium, du diamant et de l’or. Enfin, le projet minier de Simandou, en Guinée, représente au plan mondial le plus vaste programme d’exploitation de minerai de fer à haute teneur. Or, la pression exercée pour extraire rapidement plutôt que de valoriser les ressources, de créer des emplois décents et d’assurer une fiscalité équitable sacrifie les droits des travailleurs et risque d’enfermer l’Afrique dans une extraction à faible valeur ajoutée pendant que les bénéfices de la décarbonisation reviennent à d’autres.

Travail précaire, minerais critiques et sécurité minière

La session virtuelle a mis en lumière le fait que l’Afrique fournit les matières premières nécessaires à la décarbonisation de la planète mais reste largement cantonnée à l’extraction, affichant une modernisation industrielle limitée et des liens faibles avec la transformation locale. Ce modèle d’enclave génère une richesse en ressources naturelles dont les retombées en termes d’emploi ou de diversification s’avèrent minimes. La sous-traitance, le courtage de main-d’œuvre et l’informalisation ont encore érodé les relations sociales traditionnelles et affaibli la négociation collective alors que le caractère largement informel de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle perdure.

Les risques pour la santé et la sécurité restent graves, en particulier dans les exploitations souterraines et mal réglementées. La ratification et l’application de la Convention n° 176 de l’OIT sur la sécurité et la santé dans les mines sont variables, exposant les mineurs africains à des accidents mortels, des blessures et des maladies professionnelles.

Les participants à la réunion ont bien noté que les multinationales dominent toujours la production et la répartition de la valeur. Les cadres volontaires de diligence raisonnable en matière d’ESG (critères environnementaux, sociaux et de gouvernance) et de droits humains ont eu un impact limité, en particulier là où l’application est faible et où il n’existe pas de responsabilité contraignante.

Les banques multilatérales de développement qui financent les infrastructures minières et les réformes de transition écologique ont adopté le langage de la « Transition juste », mais leurs approches favorables à l’investissement violent parfois les droits des travailleurs lorsque la flexibilité du travail est considérée comme une condition préalable à l’apport de capitaux.

Ces préoccupations font écho à la Conférence mondiale des mines organisée par IndustriALL à Sydney en 2025, qui appelait à une syndicalisation plus forte au sein des multinationales, à des cadres de « Transition juste » plus rigoureux, à une sécurité accrue et à une responsabilité plus ferme tout au long de la chaîne d’approvisionnement.

Structure de direction et organisation régionale

La structure de direction proposée pour l’AMNet comprend deux coprésident(e)s et un(e) secrétaire. Elle inclut également des représentant(e)s de la francophonie et de l’Afrique du Nord ainsi qu’un(e) représentant(e) des femmes et de la jeunesse. Elle sera complétée par des sous-comités thématiques.

Les intervenants ont fait valoir que le réseau avait besoin de dirigeants capables de dialoguer directement avec les gouvernements et les multinationales. Les délégués ont également pris accord en vue de s’organiser autour de thèmes ciblés plutôt que d’essayer de couvrir toutes les questions à la fois.

« L’Afrique pourrait contrôler une part significative de l’offre mondiale de platine si le continent s’organisait pour capter la valeur, par exemple, des ressources en platine de l’Afrique du Sud et du Zimbabwe plutôt que de se contenter d’exporter le minerai »

a déclaré Mpho Phakedi, Secrétaire général du Syndicat national des mineurs.

Responsabilité dans les chaînes d’approvisionnement du platine et des diamants

Les affiliés sont convenus que le succès du réseau reposerait sur des études de cas. Le premier concerne la chaîne d’approvisionnement d’Impala Platinum, qui s’étend des mines du Zimbabwe et d’Afrique du Sud aux usines Volkswagen en Allemagne. Les syndicats prévoient d’utiliser cette chaîne comme levier, en collaboration avec le Centre de compétence sur la diligence raisonnable en matière de droits humains et la législation allemande relative aux chaînes d’approvisionnement, afin de demander réparation lorsque des violations sont constatées.

Le deuxième exemple a trait aux diamants. Une réunion prévue en août au Botswana examinera le secteur diamantaire mondial, en présence de producteurs tels que De Beers, alors que les organisations affiliées élaborent une réponse syndicale collective face à la volatilité du marché qui affecte les tailleurs et les mineurs. En matière de santé et de sécurité, ces dernières continuent de collecter des données au niveau national afin d’étayer les arguments du réseau par des données factuelles.

« Il s’agit d’un réseau de premier plan qui doit servir de plateforme pour renforcer le pouvoir syndical : défendre les droits des travailleurs, renforcer le pouvoir syndical, demander des comptes aux détenteurs de capitaux et façonner une Transition juste qui profite aux mineurs africains »

a indiqué Kemal Ozkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL.

Santé et sécurité prioritaires pour les mineurs

Le Plan d’action et de réponse stratégique sectoriel a été adopté par la Conférence mondiale des mines en novembre 2025. Il engage IndustriALL à intégrer la santé et la sécurité au travail (SST) dans le secteur minier, notamment par le biais de la campagne en faveur de la ratification et de la mise en œuvre de la C176 de l’OIT sur la sécurité dans les mines. Ce plan exhorte également IndustriALL à coopérer au-delà des frontières afin d’identifier les meilleures pratiques en la matière et d’améliorer en permanence les normes de sécurité dans le secteur.

Pourquoi est-ce important ?

« Toutes les 15 secondes, une travailleuse, un travailleur perd la vie quelque part dans le monde des suites d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle. Chaque semaine, des milliers d’autres meurent de maladies pulmonaires ou de cancers liés à l’exposition à l’amiante et à d’autres risques »

a déclaré Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL.

L’exploitation minière reste l’un des domaines d’activité les plus dangereux au monde et l’un des rares à disposer de sa propre convention de l’OIT.

«La santé et la sécurité au travail constituent à la fois un enjeu et une priorité pour les mineurs»

a déclaré Kemal Özkan, appelant les employeurs à assumer leur responsabilité pour rendre le travail plus sûr plutôt que de rejeter la faute des accidents sur la main-d’œuvre.

Syndicats et évaluation des risques

Stephen Smyth, Vice-président du MEU (syndicat australien des secteurs minier, énergétique et des ressources naturelles) et Coprésident de la section des mines d’IndustriALL, a présenté un exposé sur l’évaluation des risques et le rôle des syndicats. Il a incité les affiliés à faire pression pour l’adoption de la C176 comme point de départ pour mettre en place des comités de SST solides et garantir les droits des travailleurs à l’information, à la formation et au refus d’une tâche dangereuse.

Il a également mis en avant le modèle australien d’exploitation houillère, dans le cadre duquel les syndicats élisent des délégués à la sécurité à temps plein, dotés de pouvoirs équivalents à ceux des inspecteurs gouvernementaux, y compris celui d’interrompre tout travail dangereux. Des experts indépendants classent ce modèle parmi les plus performants au monde.

Selon lui, les principaux obstacles à la participation syndicale en matière de santé et de sécurité sont notamment : les cultures antisyndicales qui ne reconnaissent pas les représentants des travailleurs, l’exclusion de ces mêmes représentants des processus de consultation et les représailles à l’encontre des salariés et des syndicalistes qui soulèvent des préoccupations inhérentes à la sécurité.

Nouvelle convention sur les risques biologiques

Glen Mpufane, Consultant en SST et ancien Directeur sectoriel d’IndustriALL, a présenté la Convention n° 192 (C192) et la Recommandation n° 209 qui l’accompagne, adoptées lors de la Conférence internationale du travail en 2025. Cette convention est la première norme mondiale visant à prévenir l’exposition aux risques biologiques, notamment aux bactéries, virus, champignons et parasites. Elle s’applique à l’ensemble de la classe ouvrière et pas seulement aux mineurs.

L’orateur a mis en évidence les liens étroits entre l’exposition à la poussière de silice et la tuberculose dans le secteur minier et a décrit comment le nouveau texte s’appuie sur les principes généraux de la Convention n° 155 pour offrir une protection plus spécifique. Il a invité les organisations affiliées à mener campagne en faveur de la ratification de la C192 dans leurs propres pays et à intégrer ses dispositions de protection dans les conventions collectives, même si leur gouvernement tarde à s’exécuter en ce sens.

Plaidoyer en faveur de la ratification de la C176

Camila Meireles, de la branche des politiques sectorielles de l’OIT, a présenté le processus de ratification et les mécanismes de supervision de l’OIT. La convention C176 de l’OIT compte actuellement 37 ratifications, dont deux nouvelles cette année : le Mexique et la Côte d’Ivoire.

Elle a cité l’exemple du Chili, où une commission tripartite de l’industrie minière a réuni pour la première fois le gouvernement, les employeurs et les travailleurs, ce qui a abouti à un engagement unanime en faveur de la ratification de la convention et à l’élaboration d’une politique nationale en matière de SST, fruit de consultations régionales.

Les syndicats de mineurs des pays qui n’ont pas encore ratifié la C176 peuvent néanmoins agir, a déclaré Camila Meireles, en sollicitant une explication écrite auprès de leur gouvernement, en appelant à une consultation tripartite au niveau national ou sectoriel, en mettant en place des campagnes nationales et en se coordonnant avec d’autres structures syndicales.

Témoignages des affiliés

Des représentants du Mexique, du Maroc et du Pakistan ont décrit les défis en matière de santé et de sécurité auxquels sont confrontés leurs membres.

Raphael Zuñiga Carmona, du Syndicat général des mineurs du Mexique (SNTMMSRM), a indiqué que, bien que la législation mexicaine garantisse la participation des travailleuses et travailleurs à l’évaluation des risques, bon nombre d’entre eux rechignent, dans la pratique, à faire part de leurs préoccupations en matière de sécurité ou à interrompre une tâche dangereuse.

Boutayeb Bouchkhach, du Syndicat national des industries métallurgiques et électromécaniques du Maroc (SNIME-CDT), a appelé à des campagnes de ratification plus vigoureuses, à une meilleure harmonisation entre les conventions internationales et la législation nationale, ainsi qu’à un renforcement des inspections sur le lieu de travail.

Abdul Haleem Khan, de la Fédération centrale des mineurs du Pakistan (PCMLF), a décrit des mines fonctionnant hors normes de sécurité actualisées et a plaidé en faveur de programmes de formation visant à instaurer une culture de la sécurité plus solide parmi les mineurs.

Quelle est la suite ?

Kemal Özkan a mis en exergue de nouvelles données issues de l’outil de suivi des « minerais de transition » du Centre pour les Droits Humains et les Entreprises (BHRC). Celui-ci a recensé 835 dénonciations liées à l’exploitation minière en 2024, dont environ un quart concernait des questions liées au travail, plus de 80 % d’entre elles portant sur la SST. IndustriALL continuera à promouvoir la santé et la sécurité dans l’ensemble de ses sous-secteurs miniers, au sein de ses réseaux régionaux et au niveau des entreprises.

Antisyndicalisme en Malaisie : Flex sous la loupe des investisseurs à l’approche de son AGA

En juillet 2025, les salariés de FlextronicsTechnology (Penang) SdnBhd, une filiale de Flex, ont organisé un scrutin secret portant sur la reconnaissance syndicale. Le taux de participation n’a pas atteint le seuil des 50 % requis par la législation malaisienne, avec 424 voix manquantes ; 92 % des votants se sont toutefois prononcés en faveur de cette reconnaissance. L’EIEUNR (Syndicat des employés de l’industrie électronique de la région nord) affirme que ce déficit s’explique par l’impossibilité d’accéder aux listes électorales, par des retards dans les transports et par le fait que les contremaîtres ont découragé la participation de la main-d’œuvre. Quatre-vingts personnes ont déposé plainte auprès de la police, affirmant avoir fait l’objet d’entrave au vote. Dans la foulée, IndustriALL a adressé un courrier à la Directrice générale de Flex, Revathi Advaithi, pour demander à l’entreprise de mettre fin à ces manœuvres, requête restée sans suite selon le syndicat.

Flex avait été désignée comme l’une des entreprises les plus éthiques au monde pour la troisième année consécutive en mars 2025, quelques mois avant le scrutin contesté. La multinationale a intégré l’indice S&P 500 ce 22 juin. Elle figure également parmi les fournisseurs d’Apple, d’après la liste des fournisseurs du géant informatique pour l’exercice 2023 (dernière version disponible).

En mars 2026, IndustriALL a déposé une plainte officielle auprès du Comité de la liberté syndicale de l’OIT, citant Flextronics Penang comme l’une des douze entreprises malaisiennes impliquées dans une pratique avérée de répression syndicale, en violation de la Convention n° 98 de l’OIT, ratifiée par la Malaisie.

Un fossé entre la politique et la pratique

Le Comité sur le capital des travailleurs (CWC) de Global Unions met en relation syndicats et administrateurs de fonds de pension afin de faire respecter les droits fondamentaux du travail et les priorités syndicales dans le domaine des investissements. Le CWC a publié une note d’information sur Flex à l’intention des investisseurs en mai dernier. En juin, préalablement à l’AGA, il a organisé un webinaire destiné à ces mêmes acteurs, au cours duquel des représentants syndicaux ont exposé le contexte et fait le point sur la situation dans le pays. Cette démarche en deux temps a mis en évidence le fossé entre, d’une part, les engagements publics de Flex, comme une politique en matière de droits humains qui reconnaît de façon explicite la liberté syndicale, et d’autre part les allégations en provenance de Penang. Elle soulève également la question de savoir si les audits sociaux menés par la Responsible Business Alliance (RBA) pour le compte de Flex permettent de détecter ce type de risque.

Alexander Ivanou, Directeur de la section des technologies de l’information et de la communication (TIC) et de l’électronique chez IndustriALL, a déclaré :

« Nous regrettons que FLEX ait ignoré notre appel et que ces pratiques de travail déloyales aient conduit à l’échec du scrutin. Nous allons porter cette affaire au niveau international et exhorter le gouvernement malaisien à prendre des mesures fermes à son encontre en vue de garantir le respect de la Convention n° 98 de l’OIT sur le droit à la syndicalisation et à la négociation collective. »

La plainte déposée auprès de l’OIT est toujours en instance devant le Comité sur la liberté syndicale. L’EIEUNR persiste à réclamer la tenue d’un nouveau scrutin, exempt de toute ingérence de la part de l’employeur.

Maroc : les syndicats exigent des règles strictes en matière de diligence raisonnable et de commerce

Kemal Özkan et Ahmed Kamel, respectivement Secrétaire général adjoint et Secrétaire de la région MENA, ont formulé ces revendications lors d’une visite de la délégation d’IndustriALL qu’ils ont pilotée ensemble, du 14 au 17 juillet 2026, auprès des affiliés de l’Union marocaine du travail (UMT) et de la Confédération démocratique du travail (CDT).

La diligence raisonnable, un outil essentiel dans le cadre des investissements internationaux

Le Maroc constitue une destination émergente pour les investissements internationaux, favorisée par toute une série de mesures incitatives, en particulier dans le secteur manufacturier. Grâce à sa situation stratégique aux portes de l’Europe et à ses infrastructures modernisées, le pays suscite un vif intérêt auprès de ces investisseurs. D’autres atouts rehaussent, par ailleurs son attractivité. Parmi les grandes multinationales présentes sur le territoire figurent des constructeurs automobiles tels que Renault et Stellantis. Des entreprises du secteur aérospatial, comme Safran et Airbus, y sont également implantées.

Le 15 juillet dernier, la délégation a rencontré le Secrétaire général de l’UMT, Miloudi Al-Mukharek, afin de débattre de la situation actuelle dans le pays. Au cours de cette visite, elle a également présenté les grandes lignes du plan d’action d’IndustriALL, adopté lors de son 4e congrès.

Miloudi Al-Mukharek a souligné la satisfaction de l’UMT quant à sa collaboration avec IndustriALL sur de nombreux fronts. Ces efforts convergent généralement en faveur de la défense des intérêts des travailleuses et travailleurs dans des secteurs vitaux tels que l’automobile, l’aérospatiale, le textile et la chimie. Le travail s’effectue par le biais de formations, de mentorat et d’échanges de conseils dans le contexte des problèmes rencontrés par les salariés au sein de certaines entreprises.

Soulignant l’importance de la syndicalisation, de la mobilisation et de la constitution d’une main-d’œuvre forte, Kemal Özkan a insisté sur la nécessité de prendre en charge les besoins des travailleurs, hommes et femmes. Ceux-ci participeront aux préparatifs de la prochaine Coupe du monde qui se tiendra au Maroc. Il a souligné l’intérêt de respecter leurs droits et leurs conditions de travail.

La délégation a également rencontré des affiliés des secteurs de la métallurgie, des mines, du textile, de la chimie ainsi que du pétrole et du gaz. Ils se sont réunis afin d’examiner de quelle manière il convient d’intégrer la DRDH dans le travail syndical de base, en particulier pour la syndicalisation et la négociation collective.

Les participants ont abordé différents aspects de la diligence raisonnable, relevant la difficulté de sa mise en œuvre dans un pays qui continue de faire face à une crise des libertés syndicales. Au terme de la réunion, ils ont exprimé leur gratitude envers IndustriALL pour son rôle de premier plan dans la promotion de cet outil auprès de ses organisations affiliées.

Le commerce international est nécessaire mais il doit être équitable

Le Maroc entretient des partenariats commerciaux étroits avec des pays tels que l’Espagne, la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne. Les chiffres montrent une balance commerciale déficitaire, notamment avec l’Espagne, la Chine et les États-Unis. Cependant, le commerce international reste un facteur primordial pour son développement économique.

Le 16 juillet, la délégation a rendu visite au Secrétaire général de la CDT, Khaled El-Alami. À cette occasion, des échanges de points de vue ont eu lieu quant aux transformations rapides qui s’opèrent dans le monde du travail. Les débats ont évoqué l’impact des crises économiques et géopolitiques sur la classe ouvrière. Ils ont aussi porté, d’une part, sur les moyens de renforcer la solidarité syndicale internationale face aux menaces qui pèsent sur les droits sociaux et les libertés syndicales, et d’autre part sur la manière de défendre le droit à un travail décent et à la justice sociale.

Khaled El-Alami a souligné l’importance du partenariat stratégique entre la CDT et IndustriALL. Il a, en outre, mis en avant les marches de protestation nationales à grande échelle organisées par la CDT ces dernières semaines.

Des organisations affiliées à IndustriALL issues de divers secteurs ont également participé à un atelier conjoint sur le commerce international. Elles y ont examiné l’effet des transformations du commerce mondial et des chaînes de production sur les conditions de travail des cols bleus et exploré les moyens de renforcer les capacités syndicales ainsi que d’améliorer la coordination entre elles.

Les participants ont pointé la nécessité de renforcer la coopération entre les affiliés d’IndustriALL et ceux de la CDT, d’échanger leurs expériences et leur expertise et de développer leurs connaissances en matière de négociations collectives. Ce travail vise à défendre les droits des travailleurs, à relever les défis économiques et sociaux actuels et à renforcer la présence du mouvement syndical au sein des instances internationales.

Mise en œuvre du plan d’action d’IndustriALL

Les affiliés marocains d’IndustriALL ont bénéficié de retours d’expérience relatifs au dernier congrès. Ils se sont concertés quant à la manière de les mettre en œuvre dans le contexte des transformations qui s’opèrent dans le monde du travail, notamment les révolutions numérique et énergétique ainsi que le changement climatique. Ces mutations ont un impact évident sur l’ensemble de la classe ouvrière. Une attention particulière a été accordée au renforcement de la négociation collective, à la mise en œuvre d’une Transition juste, à la protection des droits des femmes et à l’établissement de politiques sociales durables.

Kemal Özkan a déclaré :

« Le Maroc représente un pays fondamental pour IndustriALL. Nous suivons de près les relations sociales dans ce pays et nous constatons une tendance à la baisse en matière de dialogue social, de relations sociales et de droits fondamentaux des travailleurs. Il est impératif d’institutionnaliser le dialogue social, car les problèmes auxquels sont confrontés les salariés et les syndicats dans ce pays se révèlent nombreux et urgents. Nous devons continuer à syndicaliser, à mobiliser et à construire un mouvement fort au Maroc. IndustriALL continuera à lui manifester son soutien et sa solidarité absolus. »