Le syndicat s’oppose au projet de licenciement de 1.214 travailleurs chez De Beers 

Venetia représente la plus grande mine de diamants d’Afrique du Sud, fournissant environ les quatre cinquièmes de la production nationale. Le 14 juillet dernier, De Beers et sa filiale commerciale locale, De Beers Sightholder Sales South Africa (DBSSSA), ont publié un avis au titre de l’article 189A qui annonce l’arrêt de la production pendant deux ans. Le NUM, affilié à IndustriALL, s’oppose à cette décision, la qualifiant de coup dévastateur pour les travailleuses et travailleurs, leurs familles et les communautés implantées autour de la mine, dans la province du Limpopo.

L’article 189A de la Loi sur les relations de travail impose aux employeurs de consulter officiellement les syndicats avant tout licenciement collectif de grande ampleur. Le NUM affirme que De Beers considère cette procédure comme une simple formalité plutôt que comme une véritable négociation, présentant un ralentissement d’activité dont elle avait connaissance depuis longtemps comme une urgence soudaine.

Masibulele Naki, Secrétaire national du NUM chargé de la santé et de la sécurité et négociateur en chef pour le secteur diamantaire, a déclaré que les emplois ne doivent pas être sacrifiés chaque fois qu’une entreprise subit des pressions économiques. Il a précisé, par ailleurs, que l’article 189A a pour but d’explorer des options, et non d’entériner une décision déjà prise.

Les alternatives sur la table

Le NUM souhaite que De Beers et DBSSSA explorent les différentes alternatives possibles avant de procéder à des suppressions d’emplois : reconversion et perfectionnement professionnels, dispositifs temporaires de maintien de l’emploi, réduction des dépenses non essentielles et réexamen des coûts liés aux cadres et à la direction. Le syndicat fait valoir que la rémunération des salariés n’est pas à l’origine des difficultés de l’entreprise et ne devrait pas être sacrifiée pour protéger les bénéfices et les avantages des cadres.

Il soupçonne également que la mise en pause de la production puisse servir de prétexte pour remplacer du personnel permanent par de la main-d’œuvre en sous-traitance moins chère et moins syndiquée, dès la reprise des opérations. Il s’agit d’une tactique de plus en plus utilisée par les sociétés minières pour réduire leurs coûts.

Le NUM affirme qu’il participera pleinement à la consultation réglementaire tout en appelant le ministère des Ressources minérales et pétrolières ainsi que le ministère de l’Emploi et du Travail à intervenir.

« Les salaires, les emplois et les moyens de subsistance des mineurs ne peuvent être pris pour première cible chaque fois que la direction cherche à réduire ses coûts », a indiqué Masibulele Naki.

De son côté, Paule-France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne, a déclaré:

« Les pressions exercées par le marché du diamant ne peuvent pas servir à plonger les travailleuses et travailleurs dans la pauvreté. Les salariés de Venetia méritent une procédure équitable qui protège leurs moyens de subsistance. »

Le marché du diamant sous pression

L’industrie mondiale du diamant fait face à une crise structurelle profonde. Entre 2015 et 2025, le marché du diamant naturel a chuté de 16 % en volume et de 33 % en valeur, en raison d’un afflux de diamants synthétiques moins chers, produits en masse en Chine et en Inde ; les prix des diamants naturels ont chuté d’environ 30 % depuis 2022. Les mesures prises par le secteur, notamment le fonds de commercialisation coordonné prévu par l’Accord de Luanda et les appels en faveur d’un étiquetage « synthétique » obligatoire, n’ont pas encore permis d’enrayer ce déclin.

L’Accord de Luanda a été signé le 18 juin 2025 dans la capitale angolaise par une coalition de gouvernements africains producteurs regroupant l’Angola, le Botswana, la Namibie, l’Afrique du Sud, la Sierra Leone et la République démocratique du Congo, aux côtés de De Beers, de l’Association africaine des producteurs de diamants (ADPA), du Centre mondial du diamant d’Anvers, du Conseil indien de promotion des exportations de pierres précieuses et de bijoux et du DMCC (Centre de négoce international de Dubaï).

Afin de financer une campagne mondiale de promotion des diamants naturels, les signataires s’engagent à allouer 1 % du chiffre d’affaires annuel généré par les ventes de diamants bruts au Conseil du diamant naturel.

Intersectionnalité : cinq domaines où elle transforme l’action syndicale

C’est là que l’intersectionnalité prend tout son sens. Il ne s’agit pas d’une théorie abstraite mais d’une méthode de travail. Elle invite les syndicats à examiner qui sont réellement leurs membres, à identifier les recoupements entre les différentes formes de discriminations et d’inégalités, et à adapter leurs stratégies en conséquence.

Lors du 4e Congrès d’IndustriALL à Sydney, en novembre 2025, les affiliés ont adopté à l’unanimité une résolution féministe appelant à la mise en place de politiques intersectionnelles, là où des lacunes existent. Dans la foulée de la récente prise de position d’Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL sur le sujet, la question suivante surgit de façon pragmatique : comment ceci s’exprime-t-il dans le cadre du travail syndical au quotidien ?

L’intersectionnalité en une phrase

Une approche intersectionnelle pose une question concrète : qui est délaissé et que peut faire le syndicat différemment pour l’inclure ?

Voici cinq domaines dans lesquels une telle démarche renforce les syndicats.

1.  Négociation collective

La plupart des équipes de négociation abordent désormais l’écart de rémunération entre les sexes. L’approche intersectionnelle amène une question supplémentaire : quelles sont les femmes les plus défavorisées et pourquoi ?

La réponse est rarement standardisée. Il peut s’agir de femmes migrantes occupant des postes externalisés, de femmes sous contrat à durée déterminée exclues des primes ou encore de femmes plus âgées écartées des formations menant à une promotion. Par exemple, une convention collective peut garantir l’égalité de salaire de base alors que les travailleuses migrantes sous-traitantes restent exclues des primes, des opportunités de promotion ou des formations professionnelles. Une clause d’équité salariale qui les ignore fait bonne figure sur le papier mais laisse les plus grandes lacunes ouvertes.

L’avantage : un accord qui englobe les travailleuses et travailleurs les plus exposés au risque d’être laissés pour compte renforce l’ensemble de la convention. Lorsque les adhérents constatent que la négociation collective répond à leur réalité concrète, la confiance dans le syndicat grandit, tout comme la force collective.

2. Syndicalisation

Chaque syndicat sait où sa couverture s’avère la plus faible. L’intersectionnalité s’interroge sur les raisons pour lesquelles ces salariés n’adhèrent pas et considère la réponse comme un problème de syndicalisation, non comme un problème d’adhésion.

Des réunions programmées à des moments de la journée où les mères travaillant en horaires décalés ne sont pas disponibles. Des supports produits uniquement dans la langue majoritaire. Des recruteurs tous sortis du même moule. Chacun de ces éléments constitue un obstacle que le syndicat contrôle et peut éliminer.

L’avantage : une syndicalisation plus dense précisément dans les segments de la main-d’œuvre où les syndicats ont le plus de chances de se développer. Le Plan d’action 2025–2029 d’IndustriALL engage ses affiliés à mettre en œuvre des stratégies visant à mobiliser et à syndiquer les jeunes travailleuses et travailleurs, les femmes, les cols blancs et le personnel en situation d’emploi précaire. Une approche intersectionnelle permet de traduire cet engagement en actions syndicales concrètes.

3. Éducation et formation

L’efficacité d’un délégué syndical dépend de sa capacité à identifier les difficultés auxquelles un adhérent est confronté. Un grief peut ressembler à un différend lié aux performances mais s’avérer, en réalité, être un cas de harcèlement aggravé par le statut migratoire du salarié ou par son type de contrat.

Une formation syndicale intersectionnelle permet aux délégués syndicaux d’acquérir une vision globale de la situation. Elle examine également l’accès à la formation elle-même : qui peut y participer, dans quelle langue, à quel moment et à quel coût.

L’avantage : des délégués syndicaux mieux armés pour résoudre les problèmes des membres et des programmes de formation destinés à forger la prochaine génération de dirigeants syndicaux issus de toute la diversité de ses adhérents.

4. Politique industrielle et Transition juste

Les mutations industrielles n’affectent jamais la classe ouvrière de manière égale. La transition vers une industrie plus verte et plus automatisée n’est pas neutre en termes de genre, ni en termes d’âge, de type de contrat ou de statut migratoire. Lorsqu’une usine ferme ou se réorganise, les collaborateurs les moins susceptibles d’être reconvertis et redéployés sont ceux qui ont des contrats précaires, ceux qui ont des responsabilités familiales les empêchant de déménager et ceux qui se trouvent déjà en marge du marché du travail.

Le Plan d’action est sans équivoque : une stratégie non sensible au genre face aux mutations technologiques et à la transition écologique fera reculer l’égalité entre les femmes et les hommes. Une politique sociale intersectionnelle implique de se demander, durant chaque négociation de transition, qui obtient les nouveaux emplois, qui bénéficie de la reconversion et qui est discrètement marginalisé.

L’avantage : une Transition juste qui soit véritablement juste. En identifiant les personnes qui risquent d’être exclues avant que les décisions ne soient prises, les syndicats sont mieux placés pour défendre toutes les travailleuses, tous les travailleurs touchés par les restructurations, et pas seulement les plus visibles.

5. Structures et direction syndicales

La résolution féministe appelle à un changement des rapports de force, des structures et des cultures au sein même des syndicats, et pas seulement dans leurs revendications vis-à-vis des employeurs.

Concrètement : collecter des données sur les personnes occupant des postes à tous les niveaux du syndicat. Confier aux structures consacrées aux femmes et à la jeunesse de véritables mandats, et non de simples rôles consultatifs. Se pencher sur les horaires de réunion, les déplacements requis et les attentes tacites qui écartent toutes les personnes dont la vie ne correspond pas au modèle traditionnel d’un responsable syndical.

L’avantage : une direction qui reflète la main-d’œuvre que le syndicat souhaite recruter et représenter. Les salariés sont plus enclins à s’impliquer au sein des structures syndicales dans lesquelles ils se reconnaissent et où ils pensent qu’ils auront leur mot à dire.

Les objections auxquelles il convient de répondre

« Nous n’avons pas les ressources nécessaires pour répondre aux besoins de tout le monde »

C’est l’objection que les dirigeants syndicaux soulèvent le plus souvent et elle mérite une réponse sans détours. Un syndicat peut adopter des politiques qui répondent bien aux besoins de la grande majorité de ses membres mais seulement en partie à ceux des autres, et ne disposer d’aucun budget pour des programmes spécifiques additionnels.

Premier élément de réponse : l’intersectionnalité ne constitue pas un ensemble de programmes particuliers. Il s’agit d’une question de plus à se poser dans le cadre du travail que le syndicat accomplit déjà. Les négociations ont lieu quoi qu’il arrive : avant de finaliser les revendications, demandons-nous qui est lésé par l’éventail des mesures proposées. La formation des délégués syndicaux se déroule de toute façon : vérifions que celle-ci ne soit pas uniquement à la portée des membres du personnel disponibles à certains moments de la journée et parlant la langue majoritaire. Poser ces questions ne coûte rien. Cette approche remplace justement le modèle qui consiste à proposer des programmes distincts pour chaque groupe.

Deuxième élément de réponse : la minorité partiellement protégée ne constitue pas un problème dissocié de celui de la majorité bien protégée. Prenons l’exemple d’une usine qui emploie 450 salariés permanents bénéficiant d’une convention collective solide et 50 agents d’entretien et manutentionnaires sous-traitants ne bénéficiant que de peu ou pas de protection. Aucun employeur ne s’en prend de front à ces 450 salariés. Cela reviendrait à entrer en guerre contre un syndicat puissant. Au lieu de cela, on externalise un peu plus chaque année : le nettoyage, puis la logistique, puis une partie de la production, jusqu’à ce qu’une main-d’œuvre moins chère effectue un travail comparable aux côtés des syndiqués. Dès lors, chaque négociation commence par la menace d’externaliser davantage d’activités. Les membres partant à la retraite ne sont pas remplacés. Les nouvelles recrues sont embauchées à des conditions moins favorables.

Les 450 salariés ne perdent jamais une bataille. Leur protection est sapée par les flancs et ce sont les 50 travailleuses et travailleurs non protégés qui constituent la brèche qui rend cela possible.

Venir en aide aux travailleuses et travailleurs précarisés n’est donc pas un acte de charité de la part de la majorité. Celle-ci élimine l’alternative moins coûteuse proposée par l’employeur. L’argument des ressources inverse la logique : ce qu’un syndicat ne peut se permettre, c’est de laisser cette brèche ouverte.

« Vouloir représenter tout le monde, c’est ne représenter personne »

Certains craignent que tenter de représenter tout le monde revienne à ne représenter personne. C’est un débat éculé qui confond complexité et division.

Un syndicat qui ne représente pleinement qu’une partie de ses membres a déjà fait un choix quant à ceux qui importent. Ce choix est ressenti par les personnes marginalisées et exploité par les employeurs qui les ont placées là. «Diviser pour mieux régner» n’est pas une stratégie syndicale. C’est une stratégie patronale.

L’intersectionnalité ne crée pas de divisions ; elle aide les syndicats à lever les barrières qui divisent la main-d’œuvre au départ. Lorsque les syndicats comprennent les différentes expériences de leurs membres, ils sont mieux armés pour construire une solidarité au-delà du genre, de l’origine ethnique, de l’âge, du statut migratoire, du handicap et de la situation professionnelle. Une solidarité plus affirmée conduit à des négociations plus solides, à une syndicalisation plus dense et à des syndicats plus puissants.

L’intersectionnalité n’impose pas aux syndicats de représenter tout le monde au détriment de qui que ce soit. Elle leur demande d’être suffisamment robustes pour représenter tout le monde en même temps. Il ne s’agit pas de diluer l’objectif. Il s’agit de l’objectif en soi.

Slogan from IndustriALL's women's conference in Sydney Australia, november 2025
« Nous sommes toutes et tous engagé.e.s pour l’égalité », slogan de la conférence des femmes d’IndustriALL à Sydney (Australie), novembre 2025

Un dirigeant syndical ukrainien emprisonné pour avoir fait son job

Yarema Zhuhaievych a été arrêté alors qu’il occupait le poste de Président du conseil de surveillance de la société PJSC Ukrproftur, une entreprise créée par la Fédération des syndicats d’Ukraine pour gérer les actifs syndicaux et dont il avait été désigné comme représentant en tant qu’actionnaire. Les chefs d’accusation découlent de décisions prises collectivement par le conseil de surveillance, dans le cadre de ses pouvoirs légaux, et qu’il était tenu de ratifier.

Ce dossier, qui aurait dû relever d’un litige patrimonial devant les tribunaux civils et commerciaux ukrainiens, s’est transformé en une affaire pénale à titre individuel à l’encontre d’un dirigeant syndical. Un arrêt définitif de la Cour suprême d’arbitrage d’Ukraine, qui remonte à janvier 1997, a confirmé la légalité de la création d’Ukrproftur.

Le Comité de la liberté syndicale de l’OIT a constaté à plusieurs reprises que la détention de dirigeants syndicaux en raison de leurs activités légitimes constituait une grave violation de la liberté syndicale. Cela s’applique au titre des conventions n° 87 et 98, toutes deux ratifiées par l’Ukraine. Cette affaire s’inscrit dans le cadre d’un conflit de longue date concernant les biens syndicaux en Ukraine, dont certains aspects ont été portés devant les organes de contrôle de l’OIT. Elle intervient également alors que l’évolution du droit du travail dans le pays inquiète déjà les syndicats locaux.

Elle jette également un froid sur la candidature de l’Ukraine à l’adhésion à l’Union européenne. L’indépendance judiciaire et l’État de droit sont au cœur des négociations d’adhésion. Un pays ne peut venir frapper aux portes de l’Europe tout en poursuivant des dirigeants syndicaux pour avoir fait leur travail.

IndustriALL, en collaboration avec industriAll Europe, a adressé un courrier au Président ukrainien, au Procureur général, à l’OIT et à la Commission européenne pour solliciter la libération de Yarema Zhuhaievych.

« Les charges retenues contre lui doivent être abandonnées, le litige immobilier doit être réglé devant les tribunaux civils, comme il se doit, et les droits syndicaux doivent être respectés. En d’autres termes, il est poursuivi pour avoir fait ce que son mandat et la loi lui imposaient de faire. Ce qui nous préoccupe, c’est le recours au droit pénal et à une détention provisoire prolongée à l’encontre d’un dirigeant syndical pour avoir rempli ses obligations»

ont déclaré Judith Kirton-Darling, Secrétaire générale d’industriAll Europe et Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL.

Grève du KMWU pour les droits de négociation des travailleurs sous-traitants

Cette grève fait suite à un amendement historique apporté à la Loi sur les syndicats et l’adaptation des relations au travail. Pour la première fois, ce texte autorise les salariés sous-traitants à négocier collectivement avec les employeurs principaux qui contrôlent, de facto, leurs salaires et leurs conditions de travail, plutôt qu’avec les seules petites entreprises sous-traitantes qui les emploient officiellement. Depuis l’entrée en vigueur de cet amendement, le KMWU a présenté des propositions de négociation collective dans l’ensemble du secteur métallurgique. En dépit de ce changement de législation, de nombreuses multinationales ont tout simplement refusé de s’asseoir à la table des négociations.

Pour les membres du KMWU, c’est ce refus qui est à l’origine de la grève. Selon une enquête du Ministère coréen de l’Emploi et du Travail, ce segment de la main-d’œuvre ne perçoit que 65,2 % du salaire du personnel sous contrat direct. Et l’écart se creuse : les salaires des travailleuses et travailleurs réguliers ont augmenté de 15,3 %, contre seulement 6 % pour les autres. Les membres du syndicat affirment que les multinationales refusent de partager les bénéfices que les prestataires sous-traitants ont contribué à générer.

Le KMWU fait grève pour :

« Le mouvement syndical international entend le message des travailleurs sous-traitants coréens »

a déclaré Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL.

« Le droit à la négociation collective est fondamental et doit être respecté en tant que tel. Nous nous engageons à soutenir nos collègues dans leur lutte pour le droit à la négociation collective et à des salaires décents. Nous porterons le combat contre le travail précaire en Corée à l’attention des travailleuses et travailleurs du monde entier. »

Asie centrale : réunion des syndicats pour faire face à l’essor des investissements

Une région en pleine mutation

La sous-région d’Asie centrale connaît une croissance et des changements rapides, à mesure que les pays se démocratisent et ouvrent leurs économies au reste du monde. Les investissements affluent de Chine, de Russie, des pays du Golfe, de Turquie, des pays européens et d’ailleurs, souvent par le biais de coentreprises.

Pour les syndicats de la région qui ont, par tradition, essentiellement collaboré avec des entreprises publiques ou des sociétés privées locales, l’arrivée de capitaux internationaux constitue une expérience nouvelle. Elle soulève de nouveaux défis, car les investisseurs ont des attentes différentes quant à la marge de manœuvre qu’ils espèrent avoir vis-à-vis de leurs cols bleus. Des cultures de travail différentes viennent également se heurter aux pratiques sociales coutumières.

L’économie connaît par ailleurs une croissance du travail indépendant et du travail sur plateforme.

Représentation syndicale dans l’industrie automobile

Les investissements dans l’industrie automobile sont en hausse en Asie centrale, en particulier en Ouzbékistan. Un nombre important de multinationales y sont déjà implantées et la lutte pour la représentation syndicale relève d’un effort permanent. Par exemple, le constructeur chinois de véhicules électriques et hybrides BYD a récemment ouvert une usine d’une capacité de production annuelle de 50.000 unités en Ouzbékistan. Dans le cadre de l’accord de coentreprise, le syndicat des métallurgistes a obtenu la reconnaissance syndicale et la couverture qui en découle, par le biais de la négociation collective ; les travailleuses et travailleurs perçoivent en outre un salaire supérieur à la moyenne nationale. Toutefois, des inquiétudes subsistent quant à la marge d’influence dont disposent les syndicats pour améliorer davantage les conditions de travail.

Les investissements dans les différents secteurs

Les investissements coulent à flots dans les secteurs du pétrole, du gaz et de l’énergie et la région est à l’aube d’un déploiement attendu d’énergies renouvelables, avec des projets éoliens et solaires en cours de réalisation.

Le secteur chimique et pharmaceutique attire également des investissements étrangers et l’essor des matières premières, avec la hausse des cours de l’or et du cuivre, maintient l’industrie minière en position de force.

Le développement du Corridor Transcaspien, qui marque la renaissance moderne d’une ancienne route commerciale entre la Chine et l’Europe, renforce la visibilité de la région en tant que plaque tournante logistique. Cela devrait stimuler la croissance de la production au sein de la chaîne d’approvisionnement pour les secteurs de l’automobile, de l’énergie et autres.

Nouvelle convention de l’OIT relative au travail de plateformes

Gocha Aleksandria, Spécialiste principal de l’ACTRAV auprès de l’OIT, a évoqué les résultats de la récente Conférence internationale du Travail et la nouvelle convention C193 sur l’économie de plateformes. Il a aussi abordé les taux élevés de ratification dans la sous-région ainsi que le niveau et la qualité tant de la mise en œuvre que du dialogue social.

Outils pour encadrer le capital mondial

Walton Pantland, Directeur des campagnes et de la syndicalisation chez IndustriALL, a fait référence, d’une part, aux outils permettant de maîtriser le capital mondial, notamment la diligence raisonnable en matière de droits de l’homme (DRDH), l’engagement des investisseurs, les mécanismes de plainte de l’OCDE et les procédures de plainte par l’intermédiaire des institutions financières internationales. Il a souligné, d’autre part, l’importance de syndiquer les secteurs émergents.

Le débat a été animé et les dirigeants syndicaux ont apprécié l’occasion ainsi offerte d’échanger leurs points de vue sur l’évolution de l’économie et les opportunités de croissance syndicale.

Intérêt et volonté des syndicats en matière de coopération et de solidarité internationales

Alors que les affiliés d’IndustriALL ont réaffirmé leur engagement fort en faveur d’une coopération plus étroite au plan international, les syndicats non affiliés présents aux réunions ont exprimé leur intérêt et leur volonté d’en savoir plus sur IndustriALL, avec l’intention d’adhérer et de participer aux structures mondiales.

« L’économie de cette région connaît une croissance rapide, à mesure que les capitaux mondiaux s’y investissent dans les matières premières, l’industrie manufacturière et l’énergie. Il existe d’énormes perspectives de développement syndical. Nous devons veiller à ce que ce secteur essentiel de l’économie mondiale soit bien couvert et à ce que les syndicats soient en lien avec leurs homologues d’autres pays »

a déclaré Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL.

La solidarité plus importante que jamais : les syndicalistes se mobilisent avant le Gala des Mineurs de Durham

Accueillie dans le cadre historique de la Maison Redhills des Mineurs de Durham, la table ronde s’est concentrée sur la défense des valeurs syndicales au sein des communautés ouvrières subissant de profondes transformations économiques et technologiques. Les participants ont évoqué les pressions croissantes engendrées par l’instabilité géopolitique, l’incertitude économique et les transitions écologique et numérique, réaffirmant que les travailleuses et travailleurs doivent rester au cœur des mutations industrielles.

Les échanges ont débuté par les réflexions de Luc Triangle, Secrétaire général de la CSI, quant au rôle des syndicats dans la mise en place d’une Transition juste et la préservation d’emplois de qualité, des droits des travailleurs et de la participation démocratique.

Atle Hoie, Secrétaire général d’IndustriALL, a déclaré :

« Le syndicalisme fait l’objet d’attaques. Nous devons rester unis et défier les mouvements antidémocratiques d’extrême droite. Nous ne pouvons pas laisser les populistes exploiter la crainte des travailleuses et travailleurs de perdre leur situation. Ce n’est que grâce à la solidarité syndicale internationale que nous pourrons faire barrage à la maximisation des profits des entreprises au détriment des salaires décents et des droits syndicaux. »

Les intervenants ont mis en avant les défis communs auxquels les régions industrielles font face à travers le monde et ont souligné l’importance de la solidarité transfrontalière pour défendre les intérêts des salariés.

Judith Kirton-Darling, Secrétaire générale d’industriAll Europe, a indiqué :

« En ces temps d’instabilité, il importe plus que jamais que les syndicats fassent entendre leur voix et montrent leur force face aux politiques de déréglementation et d’antisyndicalisme. Alors qu’une vague de restructurations déferle sur l’Europe, les syndicats doivent envoyer un message sans équivoque en faveur d’une politique industrielle proactive, assortie de conditions sociales strictes qui favorisent des emplois de qualité et un dialogue social solide. »

Les différents protagonistes sont convenus que la transformation industrielle doit aller de pair avec des emplois de qualité, des investissements au sein des communautés industrielles et des protections sociales solides afin de garantir qu’aucune travailleuse, aucun travailleur ni aucune région ne soit laissé pour compte.

La table ronde s’est conclue le regard porté vers le 140e Gala des Mineurs de Durham, où les participants se sont joints à des syndicalistes, à des travailleuses et travailleurs accompagnés de leurs familles, venus de tout le Royaume-Uni et de l’étranger, pour l’une des plus grandes célébrations de la solidarité syndicale en Europe.

Organisé depuis 1871 par l’Association des Mineurs de Durham, le Gala des Mineurs de Durham, connu sous le nom de « Big Meeting » (Grand Rassemblement), réunit les communautés minières et les syndicalistes dans les rues de Durham, pour célébrer les valeurs durables que sont la solidarité, la communauté et la culture ouvrière.

L’effet conjugué de la table ronde et du gala se traduit par un message fort : en ces temps d’incertitude et de mutations industrielles rapides, la solidarité syndicale internationale reste plus décisive que jamais. En s’unissant par-delà les frontières, les syndicats continueront à lutter pour les droits des travailleurs, des emplois ouvriers de qualité et une Transition juste qui ne laisse personne de côté.

Asie du Sud-Est : les jeunes lancent une campagne d’éducation syndicale

Jean Faye Daguman, la Coprésidente du Comité régional de la jeunesse Asie-Pacifique récemment formé, a déclaré :

« Nous discuterons avec les dirigeants syndicaux afin de diffuser des vidéos d’éducation syndicale sur les comptes de réseaux sociaux des affiliés d’IndustriALL dans la région. Au cours des six prochains mois, nous avons pour objectif de toucher 4.000 jeunes travailleuses et travailleurs et de recruter, parmi eux, environ 700 nouveaux membres issus de sept pays. »

Cette proposition découle de la troisième académie des jeunes organisée conjointement en Asie du Sud-Est par IndustriALL et la FES. À cette occasion, vingt jeunes syndicalistes se sont réunis à Rizal, aux Philippines. Ils ont identifié le manque d’éducation syndicale et l’absence de politiques adaptées comme étant les problèmes les plus urgents à résoudre. Il convient de noter, tout particulièrement, que l’éducation syndicale s’avère essentielle pour recruter les jeunes salariés.

De manière générale, ceux-ci manquent de connaissances en matière de droits du travail. Le système de l’enseignement public ne leur fournit pas les connaissances nécessaires sur les protections juridiques de base une fois qu’ils quittent l’école et entrent sur le marché du travail. Une éducation syndicale accessible au plus grand nombre peut contribuer à gagner le cœur et l’esprit des plus jeunes représentants de la classe ouvrière.

Durant cette académie de quatre jours, des syndicalistes venus du Cambodge, d’Indonésie, du Japon, de Malaisie, des Philippines, de Thaïlande et du Vietnam ont exploré des techniques de syndicalisation. Parmi celles-ci figuraient la cartographie et l’analyse du lieu de travail, l’augmentation du taux de syndicalisation, les entretiens individuels et la mobilisation des jeunes travailleuses et travailleurs via des outils en ligne.

En s’appuyant sur le module consacré à la chaîne d’approvisionnement mondiale de 2025, les participants ont approfondi leur compréhension du travail décent au sein des chaînes d’approvisionnement mondiales. De plus, la protection des droits fondamentaux des travailleurs est essentielle pour garantir des salaires décents. La syndicalisation au sein de la chaîne d’approvisionnement et le renforcement du pouvoir de négociation des salariés sont également indispensables pour obtenir des salaires et des conditions de travail décents.

Les jeunes syndicalistes ont également eu des échanges francs sur les différences entre leurs collègues plus expérimentés et les jeunes. Tout en reconnaissant la valeur de l’expérience et des connaissances des dirigeants chevronnés, ils ont réclamé davantage d’opportunités pour développer leurs capacités et prendre des décisions. Ils ont par ailleurs appelé à un financement suffisant pour leur propre évolution.

Sarah Flores, Responsable de la jeunesse et des projets chez IndustriALL, a déclaré :

« La diversité fait notre force. Mais cette force ne vaut rien si elle reste confinée aux salles de réunion. Lorsque des jeunes de tous les pays s’engagent dans un débat, leur mission première doit être de le transposer sur le lieu de travail et de syndiquer les travailleuses et travailleurs là où ils se trouvent. Notre objectif est évident : construire un avenir où les gens reprennent le pouvoir sur le profit grâce à la mobilisation de masse et à la syndicalisation. »

Afrique du Sud : les salariés de First Battery se mettent en grève contre les licenciements

Le NUMSA (Syndicat national des métallurgistes d’Afrique du Sud), affilié à IndustriALL, a appelé à la grève après que First Battery a licencié des salariés dans ses usines de Benoni, East London, Le Cap et Durban, malgré des mois de consultations visant à éviter ces suppressions d’emplois.

Selon le NUMSA, First Battery a perdu d’importants contrats avec des constructeurs automobiles en Afrique du Sud et ne fournit plus BMW, Mercedes-Benz, Ford ni Toyota. Au lieu de regagner ces marchés grâce à des investissements locaux, le syndicat affirme que l’entreprise importe des batteries d’Allemagne pour BMW plutôt que de moderniser la production locale en vue de répondre aux besoins des constructeurs.

Le NUMSA fait valoir que l’importation de batteries va à l’encontre du Plan directeur de l’automobile 2035 de l’Afrique du Sud, qui vise un taux de contenu local de 60 % dans l’industrie automobile d’ici 2035. Le taux de contenu local actuel se situe autour de 38 %.

Le syndicat a accusé First Battery de procéder à des dépenses inutiles et de dissimuler des informations nécessaires à une consultation constructive, comme le prévoit la législation du travail sud-africaine. La NUMSA affirme que l’entreprise a refusé de divulguer des données clés sur les coûts, notamment les rémunérations des dirigeants, les frais d’électricité et les conditions des contrats avec les équipementiers.

First Battery a proposé aux salariés licenciés une indemnité de départ de 10.000 rands (616 dollars), tandis que le NUMSA réclame 200.000 rands (12.319 dollars). Le syndicat estime que cet écart montre que l’entreprise a les moyens d’offrir de meilleures conditions que celles proposées. Le NUMSA a également blâmé Metair pour avoir refusé de le rencontrer avant que les licenciements ne prennent effet. Le syndicat sollicite l’aide de la Commission de conciliation, de médiation et d’arbitrage (CCMA) afin de convenir des règles relatives aux piquets de grève, après que la direction a mis en garde contre d’éventuelles représailles à l’encontre des grévistes sous forme de mesures disciplinaires.

Le NUMSA a cité la fermeture par Goodyear l’année dernière de son usine locale de fabrication de pneus, alors que la marque a conservé son réseau de distribution, comme s’inscrivant dans une tendance plus large qu’il souhaite voir les autorités de régulation prendre en compte. Le syndicat a appelé le Ministère du Commerce, de l’Industrie et de la Concurrence à envisager des droits de douane et des taxes à l’importation afin de protéger les fabricants sud-africains et l’emploi.

Par ailleurs, le NUMSA souhaite que First Battery retire les préavis de licenciement, divulgue davantage d’informations financières et stratégiques et reprenne les négociations. Le syndicat affirme que les discussions doivent inclure une démarche conjointe auprès de la CCMA et de la Caisse d’assurance chômage en vue d’un dispositif de mise à pied temporaire qui permettrait de maintenir les travailleuses et travailleurs en poste pendant que des alternatives sont étudiées.

Irvin Jim, Secrétaire général du NUMSA, a déclaré :

« Il n’y a absolument aucune raison pour que les travailleuses et travailleurs soient jetés à la rue et plongés dans un tourbillon de pauvreté, de chômage et d’inégalités. Le moins que First Battery aurait pu faire, c’était de s’entendre avec le syndicat et de proposer une indemnité décente ciblant les travailleuses et travailleurs proches de la retraite dans certaines entreprises. »

« Dans un pays où le chômage est élevé, les licenciements devraient constituer un dernier recours. IndustriALL soutient le maintien de l’emploi et encourage les employeurs à négocier de bonne foi »,

a déclaré Paule-France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne.

Selon l’Institut de statistiques sud-africain, le taux de chômage élargi, qui inclut les travailleuses et travailleurs dits “découragés” (qui ont cessé toute recherche d’emploi), s’élève à 43,7 %, soit 13 millions de personnes.

Les syndicats arméniens défendent les droits fondamentaux bec et ongles

Les participants ont mis l’accent sur la liberté syndicale et la négociation collective. Gocha Aleksandria, Spécialiste principal au Bureau des Activités des Travailleurs (ACTRAV) de l’Organisation internationale du travail (OIT), a précisé que l’un des objectifs fondamentaux de l’organisation consiste à promouvoir et à mettre en œuvre les normes internationales du travail, en particulier les principes et droits fondamentaux au travail. Il a souligné que les Conventions n° 87 et n° 98 offrent des protections majeures contre la discrimination antisyndicale et l’ingérence des employeurs tout comme elles privilégient un environnement propice à une négociation collective volontaire et de bonne foi.

Karine Aloyan, Présidente de la section républicaine « Electrotradeunion » des fédérations syndicales d’Arménie, a mis en exergue l’importance de prendre des mesures concrètes en vue de la ratification par les autorités de la Convention n° 193 de l’OIT. Elle a déclaré que cet entérinement renforcerait la protection des droits des travailleurs et favoriserait les normes internationales du travail.

Défis sectoriels et égalité entre les sexes

Alex Ivanou et Emmanuel Adjei-Danso, Directeurs sectoriels d’IndustriALL, ont présenté une analyse des droits fondamentaux et de la négociation collective par domaines d’activité. Alex Ivanou a abordé les secteurs des métaux de base, de la construction mécanique, des TIC ainsi que de l’électricité et de l’électronique. Emmanuel Adjei-Danso s’est quant à lui penché sur les secteurs minier et énergétique.

Aristakes Danielyan, Président de la section républicaine de l’Union des fédérations syndicales des travailleurs de l’industrie d’Arménie, a indiqué que la promotion de l’égalité entre les sexes dans l’industrie s’avère fondamentale pour le travail décent et la justice sociale. Il a ajouté que les syndicats jouent un rôle crucial pour garantir aux femmes l’égalité des droits et des chances au travail, notamment l’égalité de rémunération pour un travail de valeur égale, des salaires décents, des conditions de prestations sûres et un accès égal à l’évolution de carrière.

Dialogue social et sécurité

Les spécialistes de l’OIT Casper Edmonds, Verena Schmidt et Igor Zemlyanskiy ont abordé les principes fondamentaux du dialogue social : la participation des travailleuses et travailleurs, des employeurs et des pouvoirs publics aux décisions relatives aux questions liées au travail, notamment le partage d’informations, la consultation et la négociation. Ils ont mis en avant tout l’intérêt de la négociation collective pour la qualité de l’emploi, l’égalité, les relations de travail, la performance des entreprises et la macroéconomie, en citant des exemples tirés des secteurs minier, manufacturier et énergétique.

Eduard Pakhlevanyan, Président de l’Union sectorielle des organisations syndicales des mineurs, métallurgistes et bijoutiers de la République d’Arménie, a déclaré que la sécurité et la santé au travail doivent rester une priorité absolue dans les secteurs minier et métallurgique. Il a appelé à une mise en œuvre effective de la Convention n° 176 de l’OIT sur la santé et la sécurité dans les mines et a exhorté l’Arménie à ratifier la Convention n° 155 sur la santé et la sécurité au travail, affirmant que cela permettrait d’aligner la législation nationale sur les normes internationales du travail.

L’IA et l’avenir du monde du travail

Casper Edmonds et Shreya Goel, appartenant tout deux aussi à l’OIT, ont abordé la question de l’intelligence artificielle et du dialogue social dans le secteur manufacturier en s’appuyant sur l’expérience internationale. Les participants ont fait part des domaines dans lesquels ils observent déjà ou s’attendent à voir l’IA dans leurs secteurs respectifs ainsi que des facteurs qui la favorisent. Tous sont convenu que les travailleuses et travailleurs doivent être informés, impliqués et consultés en temps utile sur les applications de l’IA susceptibles de leur porter préjudice.

Les participants ont estimé que l’innovation doit rendre les lieux de travail plus sûrs et plus productifs sans porter atteinte aux droits des travailleurs. L’IA peut aider à identifier les dangers, à prévoir les pannes d’équipement et à prévenir les accidents, en particulier dans les secteurs à haut risque. Mais son déploiement doit s’accompagner d’un dialogue social constructif, de la participation des salariés, de transparence et d’une formation continue, afin de garantir que le changement soit mis en œuvre de manière responsable et éthique, dans l’intérêt tant de la main d’œuvre que des entreprises.

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, a déclaré :

« En Arménie, le mouvement syndical est en pleine transformation et bénéficie de la contribution incessante d’IndustriALL. Cette université d’été, organisée en collaboration avec nos affiliés arméniens, montre qu’il existe une forte volonté de renforcement des capacités et d’acquisition de nouvelles compétences pour défendre et promouvoir les droits des travailleurs dans le pays. Nous poursuivrons nos efforts à travers différents programmes dans les mois à venir. »

Maroc : des manifestations syndicales rassemblent des milliers de travailleuses et travailleurs à travers le pays

Le dimanche 28 juin dernier, à l’initiative de la CDT, la classe ouvrière marocaine a pris part à une grande marche nationale de protestation à Casablanca.

Les manifestants ont dénoncé la politique sociale du gouvernement et la hausse constante des prix. Ils se sont également élevés contre l’effondrement du pouvoir d’achat, le refus d’augmenter les salaires et les retraites ainsi que les restrictions persistantes aux libertés syndicales.

Des marches régionales organisées par la CDT ont également eu lieu à travers tout le pays, le dimanche 17 mai dernier, pour réclamer une augmentation immédiate des salaires et des retraites, la fin de l’érosion du pouvoir d’achat et le respect des engagements sociaux. Les participants ont accusé les employeurs de restreindre l’activité syndicale et la CDT a dénoncé le caractère purement formel du dialogue social, appelant à des mesures concrètes en matière de salaires, de retraites, de fiscalité, de protection sociale et de conditions de travail.

Khalid Houir Al-Alami, Secrétaire général de la CDT, a déclaré :

« La situation sociale au Maroc est préoccupante et nécessite une intervention urgente pour faire face à l’impact de la crise économique sur le pouvoir d’achat des salariés et de la population en général. Ces manifestations traduisent le rejet par les travailleuses et travailleurs de politiques publiques qui n’ont pas répondu à leurs revendications fondamentales, au premier rang desquelles figurent une augmentation salariale, une révision de l’impôt sur le revenu et le respect des engagements sociaux. »

Il a ajouté que le Maroc traverse une crise sociale qui met en péril la sécurité sociale, caractérisée par un coût de la vie élevé, un pouvoir d’achat en baisse et une hausse du chômage chez les jeunes. Il estime que les droits syndicaux sont bafoués par des employeurs qui s’opposent à la syndicalisation.

Nouvelle marche nationale alors que la crise du coût de la vie s’aggrave

Fort de cette dynamique, le CDT a annoncé une nouvelle marche nationale de protestation à Casablanca, ce dimanche 12 juillet, afin de continuer à dénoncer la détérioration de la situation sociale et l’aggravation des difficultés qui touchent de larges pans de la société marocaine.

Cette escalade s’inscrit dans un contexte de hausse continue des prix des biens et services de première nécessité. Le prix de la viande rouge a atteint des niveaux sans précédent et celui du carburant reste une autre préoccupation majeure compte tenu de son impact direct sur les coûts de transport et, plus largement, sur le prix des denrées.

La CDT a indiqué que cette nouvelle marche dénonce l’échec des cycles successifs de dialogue social à répondre aux revendications fondamentales des salariés et le report systématique de questions urgentes, au premier rang desquelles figurent une augmentation générale des salaires et des retraites, la réforme de l’impôt sur le revenu et le respect des engagements sociaux précédemment convenus.

Le syndicat a également critiqué un vote récent de la Chambre des Conseillers, la deuxième chambre parlementaire du Maroc : celle-ci a rejeté des projets de loi qui auraient plafonné les prix de l’essence et du gazole et conduit à la réouverture de la raffinerie de pétrole de Samir, arguant que cela aurait renforcé la sécurité énergétique nationale.

La CDT a en outre blâmé les restrictions croissantes aux libertés syndicales et au droit de grève, condamnant les poursuites judiciaires engagées contre des syndicalistes. Dans le chef de ses dirigeants, la marche à venir constitue un nouvel appel en faveur de politiques visant à protéger le pouvoir d’achat et à renforcer la justice sociale pour les travailleuses et travailleurs marocains.

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, a déclaré :

« Ce que veulent nos affiliés marocains est légitime. Les inégalités se creusent dans le monde entier, y compris au Maroc. Cela ne peut plus durer, il faut que les choses changent. IndustriALL se veut pleinement solidaire de ses collègues marocains dans la lutte qui est la leur. »