Namibie : le syndicat se mobilise pour recruter les travailleurs de l’automobile

Le MANWU, affilié à IndustriALL, souhaite accroître ses effectifs dans ce domaine d’activité.

Le secteur automobile namibien est en plein essor. Le gouvernement a soutenu les équipementiers, plus précisément Peugeot, en tant que piliers d’une industrie nationale. Mais le projet Peugeot se trouve au point mort : le constructeur automobile peine à maintenir ses ventes localement et n’a pas réussi à percer sur le marché de l’exportation. Peu d’emplois ont été créés en conséquence.

De nouveaux acteurs, parmi lesquels des constructeurs chinois, devraient faire leur entrée sur le marché namibien, encore modeste. Parallèlement, le gouvernement pose les bases d’une industrie de véhicules électriques (VE). Cette démarche s’inscrit dans le cadre d’une politique de Transition juste qui vise à garantir que le passage à des transports propres ne se fasse au détriment des travailleuses et travailleurs.

Apprendre les bases

L’atelier, soutenu par le bureau régional d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne, a porté sur la santé et la sécurité au travail (SST), la gestion de conflits sur le lieu de travail, les stratégies de syndicalisation et la Transition juste.

Les comités de SST ont été présentés comme un élément capital de la formation. Les travailleuses et travailleurs ont appris comment les mettre en place et en assurer la gestion. Lorsqu’ils fonctionnent correctement, ces comités comptent parmi les mécanismes les plus efficaces qui soient. Ils réduisent le nombre d’accidents, font respecter les protections légales et donnent aux salariés un mot à dire quant à leurs conditions de travail. Dans un secteur où les risques sécuritaires sont monnaie courante et où l’application de la réglementation se révèle inégale, la santé et la sécurité s’avèrent essentielles.

« Nous sommes venus pour apprendre à gérer les conflits sur le lieu de travail, pour connaître nos droits et découvrir ce que le syndicat peut faire pour nous »

a déclaré Stephanie Kapuka, ouvrière chez Gobabis Toyota.

La gestion de conflits, notamment en matière de procédures disciplinaires, de réclamations et de litiges, a été abordée. Pour les membres du personnel sans formation juridique spécialisée, les conflits sur le lieu de travail peuvent sembler insurmontables. L’atelier visait à modifier cette perception en renforçant la confiance tout en développant les compétences.

Les participantes et participants ont parlé sans détours des défis liés à la syndicalisation. La négociation collective ne s’améliore que lorsque le nombre d’adhérents augmente. Les travailleuses et travailleurs doivent avoir confiance dans la capacité du syndicat à répondre aux attentes. Et le syndicat doit, quant à lui, disposer d’effectifs suffisants pour s’asseoir à la table des négociations.

Transition juste

En Namibie, où les secteurs minier et manufacturier constituent le socle des moyens de subsistance et sont soumis à la pression de la décarbonisation, la signification de la « Transition juste » est contestée. Pour les membres du MANWU, la Transition juste signifie que le secteur automobile va se transformer. La tendance mondiale en faveur des véhicules électriques est en train de remodeler l’industrie, même si leur adoption reste faible en Namibie. Si les travailleuses et travailleurs ne siègent pas à la table des négociations, les coûts engendrés retomberont sur les plus vulnérables. Tel est le message limpide délivré par les délégués syndicaux. Le MANWU participe aux discussions nationales sur la Transition juste et souhaite s’assurer que les délégués syndicaux puissent traduire le langage politique en termes compréhensibles pour les salariés sur le terrain.

« Je veux comprendre ce que la Transition juste implique pour nos emplois, pas seulement entendre l’expression mais savoir ce qu’elle signifie réellement pour des travailleuses et travailleurs comme nous »

a déclaré Andreas Hochobes, de Drydock and Ship Repair.

« Alors que la transition touche l’industrie automobile en raison de la mobilité électrique, les syndicats doivent poursuivre leurs campagnes de recrutement et s’engager dans la négociation collective. Le dialogue social avec les partenaires clés reste primordial pour protéger les conditions de travail des travailleuses et travailleurs »,

a indiqué Paule-France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne

Argentine : L’UOM riposte contre l’intervention judiciaire

Le 22 mai dernier, Víctor Pesino et María Dora González, les mêmes juges du tribunal du travail qui avaient approuvé la réforme du travail introduite par le Président argentin Javier Milei, ont rendu un jugement contre l’UOM, affilié à IndustriALL, Ils ont déclaré invalides les élections tenues à la section de Zárate-Campana, ont annulé la réélection nationale du Secrétaire général Abel Furlán et ont ordonné une période d’intervention de 180 jours.

« Cette intervention judiciaire n’est pas le fruit d’une décision prise du jour au lendemain. Elle est l’aboutissement d’une opération politique, judiciaire et patronale que nous dénonçons depuis des mois et qui n’a toujours eu qu’un seul objectif : mettre l’UOM au pas, affaiblir notre capacité à lutter pour nos droits, garantir que les employeurs puissent verser des salaires de misère et que les travailleurs soient dans l’impossibilité de se syndiquer »

a déclaré l’UOM dans un communiqué officiel.

La décision de justice est intervenue alors que l’UOM était en pleine négociation collective avec les principaux employeurs du secteur pour défendre les salaires des métallurgistes, en baisse depuis deux ans.

L’UOM s’est engagé à riposter contre cette attaque et à faire échouer

« cette tentative d’intervention politique déguisée en décision de justice. (…) Nous répondrons par la démocratie syndicale, la participation, la syndicalisation et la lutte. Nous déjouerons cette intervention tout comme le mouvement syndical argentin a déjoué toutes les tentatives historiques visant à le réduire au silence. »

Le 26 mai dernier, le Comité exécutif de l’UOM a rejeté cette mesure. Le syndicat a lancé un processus visant à rétablir la conformité statutaire et a déclaré l’état d’alerte et de mobilisation. Conformément à ses statuts, il a nommé des responsables pour assurer le bon déroulement des activités en attendant le retour complet à la normale.

Le même jour, des syndicats, dont des affiliés d’IndustriALL, ont organisé un « rassemblement d’accolades » devant le siège de l’UOM. Cette action constituait une protestation directe contre la décision de justice qui a destitué Abel Furlán et placé le syndicat sous intervention judiciaire.

Dans un courrier adressé à Abel Furlán, le Secrétaire général d’IndustriALL, Atle Høie, a exprimé sa solidarité à l’égard des travailleuses et travailleurs argentins. Il a condamné la décision du tribunal et a exhorté les autorités à garantir le plein respect de la liberté syndicale et à se conformer aux conventions internationales.

« Cette décision constitue une grave ingérence dans l’autonomie syndicale et crée un dangereux précédent pour la liberté syndicale et la démocratie en Argentine.»

« IndustriALL constate avec inquiétude que le recours à des procédures judiciaires pour évincer des dirigeants syndicaux légitimement élus constitue un moyen de réprimer les structures qui défendent les salaires, la négociation collective, la production nationale et les droits du travail. Nous exprimons notre entière solidarité envers les métallurgistes argentins, notre collègue Abel Furlán et la direction légitimement élue de l’UOMRA. »

Session de l’OIT sur le Myanmar : IndustriALL réclame des sanctions et un retrait responsable

La séance extraordinaire de la Commission de l’application des normes a porté sur les violations de la Convention n° 87 sur la liberté syndicale et de la Convention n° 29 sur le travail forcé à la suite de l’invocation de l’article 33 de la Constitution de l’OIT l’année dernière.

Lors de sa prise de parole à la CIT, le Secrétaire général d’IndustriALL, Atle Høie, a mis en lumière la situation des quelque 450.000 travailleuses et travailleurs du secteur de l’habillement au Myanmar qui gagnent moins de 100 dollars par mois, soit environ la moitié du minimum vital.

Durant son intervention, il a précisé comment les usines de confection situées dans les zones industrielles fonctionnent sous la loi martiale : les salariés sont soumis à des contrôles militaires, à des fouilles intrusives, téléphones portables compris, et à du harcèlement sexuel. Ils sont également exposés à des heures supplémentaires imposées et non rémunérées ainsi qu’au risque de conscription militaire, les usines partageant leurs données personnelles avec l’armée.

Atle Høie a averti que des organisations soutenues par l’armée prétendent à tort représenter la Fédération des travailleurs de l’industrie du Myanmar (IWFM), affiliée d’IndustriALL, et a appelé à ce que ces structures parallèles ne soient pas reconnues comme représentantes légitimes des travailleuses et travailleurs.

Le secteur de l’habillement joue un rôle essentiel en tant que source de devises étrangères pour la junte en raison d’une loi du régime exigeant que toutes les devises étrangères entrantes soient converties à un taux préférentiel dans les 24 heures.

Le Myanmar bénéficie d’un accès préférentiel au marché de l’Union européenne dans le cadre du Système de préférences généralisées et du régime « Tout sauf les armes ». Cinquante-quatre pour cent de ses exportations de vêtements sont destinées à l’UE, le reste étant en grande partie distribué au Royaume-Uni et au Japon.

Bien que la Commission internationale du travail (CIT) ait invoqué l’article 33 l’année dernière, en soi la sanction la plus sévère de l’OIT, l’UE maintient son système de préférences. Elle finance également un programme intitulé MADE in Myanmar pour soutenir l’industrie manufacturière dans le pays. Les syndicats nationaux ont dénoncé ce programme comme une imposture conçue pour blanchir les violations des droits du travail et fournir une couverture politique aux enseignes de prêt-à-porter. Ces dernières continuent de s’approvisionner au Myanmar, attirées par une main-d’œuvre bon marché et des conditions de production avantageuses.

Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL, a déclaré :

« IndustriALL souhaite voir disparaître les régimes commerciaux préférentiels, y compris dans le cadre du Système de préférences généralisées de l’UE et du régime « Tout sauf les armes. »

Nous appelons les enseignes de prêt-à-porter à s’engager en faveur d’un retrait responsable du Myanmar. »

La session a donné lieu à de vives interventions de la part de représentants syndicaux du Myanmar et de délégués de groupes de travailleuses et travailleurs de toutes les régions. Le gouvernement du Myanmar n’était pas accrédité et n’a pas réagi bien que la Russie et certains autres gouvernements aient fait part de leur désaccord avec la procédure prévue à l’article 33.

Halte aux pratiques antisyndicales chez TaiDoc à Taïwan (République de Chine)

Après des années de traitement discriminatoire, incluant des restrictions présumées à leur liberté de mouvement et le renvoi d’une travailleuse enceinte, les salariées de cette entreprise d’électronique médicale ont formé, en août 2025, le syndicat Taidoc Technology Labor Union (TTLU). Elles ont obtenu leur réintégration, ont remporté quatre procès en matière de travail et le Ministère du Travail de Taïwan a infligé une amende de 200.000 NTD (6.371 dollars) à TaiDoc pour violation des lois sur l’égalité des sexes et sur le règlement des conflits en matière de travail.

La réponse de TaiDoc a été d’intensifier ses attaques. En février dernier, l’entreprise a licencié la Présidente du syndicat, Elizabeth Basas, ainsi que cinq membres du Comité exécutif, forçant Elizabeth à quitter le logement fourni par l’entreprise en l’espace de quelques heures. Mise sous pression, TaiDoc a réintégré les six personnes en mars après que le syndicat a déposé des plaintes auprès du Ministère du Travail et engagé une action en justice.

Selon le TTLU, TaiDoc a fait en sorte que cent travailleuses adhèrent au syndicat dans le but de le submerger et d’en prendre le contrôle. Cette manœuvre ayant échoué, quelques membres de ce même groupe ont tenu une assemblée générale non autorisée pendant les heures de travail et ont prétendu avoir remplacé la direction du syndicat. L’office local du travail a rejeté cette initiative.

L’entreprise a alors créé un syndicat totalement distinct, contrôlé par elle. Avec l’appui de ce syndicat jaune, elle a intenté de multiples poursuites judiciaires contre les responsables du TTLU pour faux et diffamation, réclamant 10 millions de NTD (317.086 dollars) de dommages-intérêts. Les salariées ont subi des pressions pour signer des déclarations niant leur affiliation au syndicat.

Lennon Wang, Secrétaire général du TTLU et porte-parole du Syndicat des métallurgistes de la République de Chine affilié à IndustriALL, a déclaré :

« TaiDoc doit cesser ses pratiques antisyndicales, abandonner les poursuites judiciaires, dissoudre le syndicat factice et reconnaître le TTLU. Les travailleuses ont droit au remboursement de leurs frais d’adhésion et à une place à la table des négociations. »

Alexander Ivanou, Directeur du secteur des TIC, de l’électricité et de l’électronique chez IndustriALL, a indiqué :

« TaiDoc a discriminé les travailleuses migrantes et restreint leur liberté de mouvement. Elle tente désormais d’anéantir le syndicat qu’elles ont créé. Le Ministère du Travail doit agir et TaiDoc doit entamer des négociations collectives immédiatement. »

5 raisons pour lesquelles nous avons toujours besoin du droit de grève

Le droit de grève est un élément essentiel de la liberté syndicale et est protégé par la Convention 87 de l’OIT. Le refus de travailler est un outil de négociation crucial au cours du processus de négociation, son principal objectif étant de modifier le rapport de force entre les travailleurs et l’employeur.

Voici cinq raisons essentielles pour lesquelles on ne peut se passer du droit de grève :

  1. Faire grève est un dernier recours mais parfois le seul outil à disposition des travailleurs et travailleuses pour se protéger.
  2. Pour éviter d’être à l’entière merci des employeurs.
  3. Pour mieux équilibrer les forces entre patron et travailleur.
  4. Sans lui, de plus en plus de gouvernements interdiraient les arrêts de travail et puniraient ceux qui oseraient faire grève.
  5. La plupart des grèves concernent les salaires et les conditions de travail. Sans la menace d’une action de grève, les entreprises auraient l’occasion d’engranger davantage de bénéfices alors que les conditions de travail empireraient.

La limitation du droit de grève aurait de graves répercussions sur tout le monde

Le droit de grève est remis en cause dans de nombreux pays du monde. Il est également attaqué par les employeurs et les gouvernements au sein de l’Organisation internationale du travail (OIT), qui définit les normes mondiales en matière de droits du travail.

En 2015, les groupes des employeurs de l’OIT et certains gouvernements ont remis en question la Convention 87 de l’OIT sur la liberté syndicale, ratifiée par 153 pays, qui sous-tend le droit de grève. Les syndicats du monde entier ont protesté pour protéger ce droit fondamental.

Cependant, lors de la réunion du Conseil d’administration du BIT de novembre dernier, le groupe des employeurs a proposé d’inscrire à l’ordre du jour un point normatif sur le droit de grève. Dans cette proposition, le groupe des employeurs demande qu’un protocole soit annexé à la Convention 87 pour “réglementer” le droit de grève, tout en niant que cette convention protège le droit de grève.

IndustriALL, d’autres Fédérations syndicales internationales ainsi que la CSI, se sont fermement opposées à cette proposition du groupe des employeurs, qui a été renvoyée par l’OIT devant la Cour internationale de justice.

 

Photo 1 : Jack Quillin – Los Angeles, Californie, le 5 juin 2023, syndicat des auteurs Writers Guild of America. Grève dans le centre de Los Angeles, pancartes de grévistes
Photo 2 : Ringo Chiu – Personnes brandissant des pancartes lors d’une manifestation sur le campus de l’Université UCLA, le 15 novembre 2022 à Los Angeles.

La lutte pour la libération des syndicalistes biélorusses emprisonnés se poursuit

La CIT constitue l’organe directeur annuel de l’OIT. Elle rassemble des représentants des gouvernements, des employeurs et des travailleurs de ses 187 États membres. Broken Chair est devenue un point de ralliement régulier pour les actions de solidarité syndicale pendant la conférence. Par exemple, des manifestations relatives à la Biélorussie y ont été organisées en raison de l’absence de progrès dans le pays, et ce de manière régulière depuis plusieurs années.

En Biélorussie, les travailleuses et travailleurs s’exposent à des sanctions pour avoir tout simplement défendu leurs droits. Depuis le mouvement pro-démocratique de 2020, le gouvernement a démantelé tous les syndicats indépendants. Il a dissout le Congrès biélorusse des syndicats démocratiques (BKDP) et ses organisations membres, notamment le Syndicat libre des métallurgistes (SPM), le Syndicat indépendant biélorusse (BNP) et le Syndicat biélorusse des travailleurs de l’industrie radio-électronique (REP), un affilié d’IndustriALL. Le Syndicat libre biélorusse (SPB) a connu le même sort.

Des dizaines de dirigeants et de militants syndicaux ont été emprisonnés sur base d’accusations forgées de toutes pièces et beaucoup sont toujours détenus. En avril 2025, les Fédérations syndicales internationales (FSI) ont intensifié la pression sur le gouvernement biélorusse par le biais d’actions de solidarité coordonnées et de lettres officielles adressées aux ambassadeurs du pays.

La manifestation coïncide avec la comparution de la Biélorussie devant la Commission de l’application des normes de la CIT lors d’une séance extraordinaire. Le monde entier a les yeux rivés sur ce moment crucial. De plus, des questions sont soulevées au sein de la Commission de vérification des pouvoirs de l’OIT quant à la crédibilité des représentants des travailleurs faisant partie de la délégation officielle du pays. Il s’agit de membres de la centrale syndicale contrôlée par le gouvernement, qui ne représentent pas les intérêts des travailleuses et travailleurs.

Ceci fait suite à la procédure prévue au titre de l’article 33 engagée contre la Biélorussie en 2023. Cette procédure oblige les États membres de l’OIT à prendre toutes les mesures possibles pour garantir que les dirigeants biélorusses mettent en œuvre les recommandations de la Commission d’enquête de l’OIT créée en 2003. Malgré une pression internationale soutenue, notamment une session extraordinaire de la CIT en juin 2025, la nomination d’un envoyé spécial de l’OIT et une nouvelle décision de suivi du Conseil d’administration en mars 2026, la Biélorussie a systématiquement omis d’agir. Les autorités gouvernementales n’ont pas exécuté les recommandations de la Commission. Elles se sont, par ailleurs, opposées à la venue d’une mission de l’OIT dans le pays. Des médecins indépendants n’ont pas été autorisés à rendre visite aux syndicalistes emprisonnés pour évaluer leur état de santé.

Maksim Pazniakou, Président du BNP, a déclaré :

« La solidarité internationale fonctionne vraiment, nous le constatons aujourd’hui. Nous continuons à venir ici chaque année. Tous les syndicalistes emprisonnés doivent être libérés. Rétablissons la liberté syndicale en Biélorussie. »

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, a indiqué :

« Nous sommes très heureux de la présence d’Aliaksandr Yarashuk parmi nous. La lutte n’a jamais pris fin et se poursuivra jusqu’à ce que tous nos collègues emprisonnés soient libérés, jusqu’à ce que la Biélorussie devienne un pays démocratique et jusqu’à ce que la justice règne sur les lieux de travail. Nous n’abandonnerons jamais. Nous sommes solidaires de nos collègues. »

Aliaksandr Yarashuk, Président du BKDP, a déclaré:

« Chers collègues, amis et camarades, je suis très heureux de vous accueillir ici. Merci d’être venus soutenir nos amis, nos collègues et les syndicalistes biélorusses en détention. Grâce à votre soutien, je suis enfin libre après avoir passé trois ans et demi en prison. Concentrons-nous sur la prochaine étape qui consiste à libérer les prisonniers restants, afin qu’ils puissent eux aussi se joindre à nous l’année prochaine. »

Un fabricant de vêtements mauricien à la traîne en matière de droits des travailleurs migrants

Fashion Heights, une franchise internationale comptant plus de 40 magasins sur l’île et vendant des vêtements, des chaussures et des accessoires de marque, fait l’objet de graves allégations de violations des droits des travailleurs. Ces allégations ont été formulées après que des travailleurs licenciés ont déposé plainte auprès de la CTSP.

La CTSP, affiliée à IndustriALL, gère le Centre de ressources pour les migrants à Port-Louis. Ce centre est réputé pour son combat en faveur des droits des travailleurs migrants originaires de pays tels que Madagascar, le Bangladesh, l’Inde et le Népal. Récemment, il a également apporté son soutien à des travailleurs originaires des Philippines.

Licenciés, impayés et contraints de partir

Le 9 janvier, les travailleurs ont été licenciés pendant leur période d’essai. Leurs lettres de licenciement reconnaissaient l’obligation pour l’employeur de payer les derniers salaires, les indemnités de préavis et les heures supplémentaires impayées.

Selon le CTSP, les travailleurs ont depuis quitté le pays sans avoir été payés, malgré des relances répétées auprès du ministère. Au cours de leurs derniers jours à Maurice, les travailleurs n’ont perçu aucun salaire. De plus, le logement fourni par l’employeur leur a été retiré et les travailleurs ont dû compter sur des amis et des réseaux de soutien informels pour se nourrir et se loger.

Vingt autres travailleurs philippins continuent de travailler dans des conditions d’exploitation par crainte d’être contraints de quitter Maurice et de voir leur passeport marqué d’une mention rouge. Cette mention rouge signifie qu’ils ne seront plus autorisés à se rendre à Maurice à l’avenir. Le CTSP qualifie ces violations d’esclavage moderne.

Les travailleurs employés chez Fashion Heights affirment qu’ils étaient régulièrement contraints de travailler entre 10 et 12 heures par jour. Les heures de travail sont passées à environ 14 heures à la mi-décembre, lorsque l’activité était à son apogée. Ils n’ont reçu aucune rémunération pour ces heures supplémentaires, ce qui constitue une violation de l’article 24 de la loi de 2019 sur les droits des travailleurs. Ces plaintes ont également été portées devant le ministère du Travail.

De plus, les travailleurs affirment que l’entreprise a conservé leurs passeports et leurs documents d’identité, limitant ainsi leur liberté de mouvement. Les demandes de congés annuels et de congés maladie ont été refusées ou découragées, contrairement aux articles 45 et 46 de la même loi. Par ailleurs, aucun bulletin de paie n’a été fourni, rendant impossible pour les travailleurs de vérifier si leurs salaires, soumis à des retenues pour la nourriture et le logement, avaient été correctement calculés.

Les plaintes peuvent entraîner un rapatriement

Les six travailleurs ont officiellement déposé plainte. Plusieurs ont continué à travailler par crainte de perdre leurs revenus, leur logement et de compromettre leur statut d’immigrant. Une travailleuse affirme qu’on lui a dit que se plaindre pourrait entraîner son rapatriement et la perte du logement fourni par l’employeur.

En vertu de la loi de 1973 sur les non-ressortissants (restrictions en matière d’emploi), le droit d’un travailleur migrant de rester à Maurice est lié à son employeur. Perdre son emploi peut signifier perdre son logement et son droit légal de rester sur l’île. Le CTSP fait valoir que cette dépendance donne aux employeurs corrompus une excuse pour violer les droits des travailleurs protégés par la loi.

Reeaz Chuttoo, président du CTSP, a déclaré :

« Il semble que les normes du travail n’existent que sur le papier pour les travailleurs migrants. Mais le syndicat se battra pour qu’elles soient appliquées dans la pratique en menant campagne pour l’application de la loi sur les droits des travailleurs. »

Paule-France Ndessomin, secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne, a ajouté :

« L’île Maurice se présente comme un pôle d’affaires respectueux de l’État de droit. Mais ce n’est pas la réalité pour les travailleurs migrants. Les normes du travail internationales et nationales doivent être mises en œuvre pour mettre fin à l’exploitation des travailleurs migrants. »

De l’Alabama à l’Argentine : les droits des travailleurs en chute libre

« La crise des droits des travailleurs ne traduit plus un phénomène marginal, elle s’ancre désormais au cœur des démocraties. Les travailleuses, les travailleurs et leurs syndicats ripostent. La lutte pour les droits des travailleurs et la lutte pour la démocratie elle-même ne font qu’une »

a déclaré Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL.

Trois pays sur quatre refusent aux travailleuses et travailleurs le droit de se syndiquer. Un pays sur deux a arrêté ou détenu des salariés pour avoir exercé leurs droits syndicaux. Les agressions violentes contre des membres du personnel ont augmenté de 6 %. Les violations des libertés civiles, les arrestations, les persécutions et les assassinats de dirigeants syndicaux ont augmenté dans la moitié des pays.

Ces conclusions reflètent ce que vivent les adhérents des affiliés d’IndustriALL. L’Indice identifie explicitement la répression syndicale comme une tactique, notamment en Estonie, aux Pays-Bas, en Pologne, en Serbie et en Espagne. Aux États-Unis, Mercedes-Benz a dépensé plus de 600.000 dollars pour faire appel à des cabinets spécialisés dans la lutte antisyndicale au sein de son usine d’Alabama tout en affirmant publiquement respecter les droits des travailleurs. L’ajout des États-Unis sur la liste de surveillance confirme que ce cas n’est pas une exception. Il s’inscrit dans un schéma systémique.

Les affiliés d’IndustriALL en première ligne

La moyenne de l’Argentine s’est effondrée, passant de 3 à 5 en deux ans seulement, ce qui constitue l’une des baisses les plus conséquentes jamais enregistrées. Le pays figure désormais pour la première fois sur la liste des dix pays les plus défavorables au monde du travail. Le Syndicat du secteur de la métallurgie UOMRA, affilié d’IndustriALL, est confronté à une intervention judiciaire visant à destituer sa direction démocratiquement élue, en violation directe de la Convention n° 87 de l’OIT. IndustriALL a adressé un courrier de solidarité à l’UOMRA et a appelé les autorités argentines à respecter l’autonomie syndicale.

Autres conclusions:

Atle Høie a indiqué :

« Derrière chacun de ces chiffres se cache une travailleuse, un travailleur qui a été arrêté, un dirigeant syndical qui a été menacé, un lieu de travail où les gens avaient trop peur de se syndiquer. Cela se passe dans des pays qui se disent démocratiques. IndustriALL ne restera pas les bras croisés pendant que ses affiliés et leurs membres sont criminalisés pour avoir fait ce que toute travailleuse, tout travailleur a le droit de faire. »

Les jeunes travailleurs font entendre leur voix au sein d’IndustriALL

Cette réunion historique représente l’aboutissement d’années de travail visant à donner aux jeunes une voix officielle au sein des structures d’IndustriALL. La Philipine Faye Dagman a été élue Coprésidente pour la période 2026-2027 avec l’Argentine Tiara Amigorena pour Suppléante. Les deux femmes échangeront leurs rôles pour la période 2028-2029, lorsque Tiara Amigorena prendra la coprésidence et que Faye Dagman deviendra sa suppléante. L’Italien Andrea Megazzini et le Nigérian Kelvin Ayemhenre ont, quant à eux, été élus respectivement Coprésident et Suppléant pour l’ensemble du mandat 2026-2029. Le Nicaraguayen Isaac Vasquez occupera le poste de Secrétaire avec le Sud-Africain Lesedi Seboni pour Suppléant.

Direction : l’heure de la jeunesse est venue

Christina Olivier, Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL, a ouvert la séance par un message de soutien fort, soulignant les défis majeurs auxquels sont confrontés les jeunes travailleuses et travailleurs à l’échelle mondiale : un taux de chômage élevé pour leur catégorie d’âge, en particulier dans les pays du Sud, la généralisation du travail précaire et des contrats à court terme ainsi que la transformation rapide du monde du travail due à la numérisation et à l’automatisation.

« Si nous ne parvenons pas à syndiquer les jeunes travailleuses et travailleurs, nous parlerons très bientôt d’IndustriALL au passé. C’est pourquoi la syndicalisation parmi leurs rangs reste l’une de nos priorités essentielles »

a déclaré Christina Olivier.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Atle Høie, a indiqué que le travail des jeunes dans l’ensemble des régions avait rendu cette avancée possible. « Le Congrès a enfin accordé aux jeunes une place officielle au sein de cette organisation » a-t-il affirmé.

Deux représentants de la jeunesse siégeront désormais de manière permanente au Comité exécutif d’IndustriALL en tant que membres officiels, la première réunion ayant lieu les 11 et 12 juin prochains à Genève.

« L’essence même des syndicats réside dans le fait que nous devons être représentatifs. Si nous voulons prendre les bonnes décisions, nous devons écouter toutes les voix »

a déclaré AtleHøie.

Rapport des régions

Les régions ont présenté des rapports succincts sur leurs travaux en cours et leurs priorités futures.

L’Afrique subsaharienne dispose d’un Comité de la jeunesse depuis 2019 et mène actuellement des recherches relatives à l’impact du travail de plateforme sur les jeunes travailleuses et travailleurs des secteurs minier et énergétique.

Le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord se préparent à leur première réunion en présentiel qui se tiendra au Maroc. Celle-ci sera axée sur le développement du leadership et la participation des jeunes, notamment en amplifiant la voix des travailleurs en Palestine.

L’Amérique latine et les Caraïbes ont tenu leur réunion fondatrice en Uruguay en avril dernier, en accordant la priorité à de nouvelles stratégies de syndicalisation, à la mobilisation des syndiqués et au renforcement des compétences.

L’Europe dispose d’une structure jeunesse depuis plusieurs années et détient actuellement deux sièges sans droit de vote au Comité exécutif d’industriAll Europe, avec pour objectif d’obtenir ce droit lors du prochain Congrès.

L’Asie-Pacifique a récemment fusionné deux groupes de travail sous-régionaux en un seul Comité régional de la jeunesse, avec une période de transition de deux ans convenue pour intégrer les structures.

De nouvelles coprésidentes prêtes à agir

Faye Dagman (PIGLAS Philippines) et Tiara Amigorena (CNTI CTAA Argentine) ont toutes deux appelé à un travail d’équipe efficace et ont exprimé leur engagement à garantir de meilleures conditions pour la prochaine génération de travailleuses et travailleurs.

Prochaine étape ?

Le Comité mondial de la jeunesse se réunira à nouveau les 9 juillet et 8 septembre prochains, avec pour tâche principale d’examiner et de finaliser le projet de politique de la jeunesse d’IndustriALL en vue de sa soumission au Comité exécutif en novembre. Il a adopté le mandat qui définit sa méthode de travail. Il se réunira en présentiel tous les deux ans et au moins une fois par an en ligne.

L’arsenal de la répression syndicale exposé au grand jour

L’ampleur de ce secteur est stupéfiante. Dans un article récent, The Guardian a cité un rapport de l’Economic Policy Institute (EPI), daté de 2026, qui révèle que les dirigeants d’entreprises américains dépensent plus de 1,5 milliard de dollars par an pour lutter contre les syndicats. Ce montant englobe les 442 millions de dollars exclusivement consacrés aux consultants spécialisés dans ce domaine. En 2025, Amazon a dépensé 26,6 millions de dollars à cet effet. Un rapport précédent de l’EPI a montré que les employeurs américains sont accusés d’avoir enfreint le droit du travail dans 41,5 % de l’ensemble des scrutins syndicaux. Le taux de syndicalisation aux États-Unis a chuté de 20,3 % en 1983 à 10 % aujourd’hui. Le secteur de la répression syndicale en est largement responsable. Comme l’a souligné l’un des auteurs du rapport, ce sont des millions, voire des milliards de dollars qui ne sont ni reversés aux travailleuses et travailleurs ni investis dans leur lieu de travail.

Les tactiques utilisées et en quoi elles sont inacceptables

Les campagnes antisyndicales suivent un schéma tactique reconnaissable conçu pour restreindre le libre choix des salariés par le biais de la peur, la désinformation et la pression.

Réunions à auditoire contraint. Les employeurs obligent leur personnel à assister à des réunions pendant les heures de travail au cours desquelles la direction diffuse des messages antisyndicaux unilatéraux. Les travailleuses et travailleurs ne sont pas autorisés à quitter la salle et n’ont aucun droit de réponse. Sur le site de Mercedes-Benz en Alabama, cette manœuvre s’est avérée si flagrante qu’IndustriALL s’est retiré de l’accord-cadre mondial signé avec l’entreprise. Celle-ci s’était pourtant explicitement engagée à la neutralité.

Pression individuelle scénarisée. Des superviseurs, formés par des consultants externes, sont déployés pour s’entretenir de façon individuelle avec les travailleuses et travailleurs. Le message délivré reste immuable : un syndicat mettra votre emploi en danger, nuira à votre relation avec les dirigeants et représentera une menace pour les investissements.

Consultants rémunérés et surveillance. Des cabinets spécialisés sont introduits dans les locaux de l’entreprise. Les membres du personnel ignorent, la plupart du temps, qui sont ces personnes ou qui les rémunère. De plus en plus souvent, une surveillance numérique s’active dans leur sillage : espionnage des réseaux sociaux, signalement des travailleuses et travailleurs qui débattent de questions syndicales et infiltration de groupes en ligne à l’affût de l’activité syndicale.

Licenciement des militants syndicaux. Licencier des salariés pour leur activité syndicale constitue l’une des armes les plus puissantes de l’arsenal. Il s’agit d’un message fort destiné aux autres camarades de travail qui observent la situation. Au sein de l’usine Mercedes-Benz en Alabama, un salarié de 25 ans au dossier irréprochable a fait l’objet d’une sanction disciplinaire pour avoir dit à ses collègues qu’il détenait des cartes syndicales. Le recruteur principal Jeremy Kimbrell, qui travaillait à l’usine depuis 26 ans, a été licencié en février 2025 sous ce que l’UAW qualifie de prétexte fabriqué de toutes pièces.

Les cabinets d’avocats comme instruments de répression syndicale. Les cabinets d’avocats et les consultants au centre de ce domaine d’activité font ouvertement la promotion de leurs services. Leurs propres supports promotionnels décrivent le fait de « briser un syndicat » comme « gratifiant », promettent d’aider les employeurs à maintenir des « lieux de travail exempt de toute présence syndicale » et proposent d’amener les travailleuses et travailleurs à « voter contre le syndicat ». Plusieurs d’entre eux ont des antécédents avérés de comportements illégaux lors de campagnes précédentes. Ce sont des conclusions qui ont été rendues par des juges fédéraux du travail et qui étaient accessibles publiquement avant même que les entreprises ne signent leurs contrats d’engagement.

Un problème mondial au sein de nos secteurs

La répression syndicale ne se limite pas aux États-Unis. Les affiliés d’IndustriALL du monde entier y sont confrontés.

La Turquie est l’un des pires environnements au monde pour la syndicalisation. Les syndicats recensent des licenciements, des menaces et des ingérences patronales dans les secteurs de l’industrie manufacturière et de l’habillement. Les travailleuses et travailleurs de Digel Textile ont adhéré au syndicat sectoriel TEKSIF après que celui-ci ait été reconnu comme agent de négociation collective légitime. L’entreprise a réagi en licenciant quatre membres dirigeants du syndicat et en menaçant les travailleurs de fermer l’usine à défaut de leur désaffiliation.

Le syndicat de la métallurgie BirleşikMetal-İş a été reconnu comme agent de négociation officiel chez SAG Hidrolik. L’entreprise a limogé trois syndiqués sans motif valable et a menacé les ouvrières et ouvriers de fermer l’usine s’ils ne rendaient pas leurs cartes d’adhérents.

En Allemagne, Adidas s’est retirée de la convention collective sectorielle en jouant sur son secteur d’activité afin d’échapper à ses obligations en matière de négociation collective. Décision dont les répercussions s’étendent à l’ensemble de ses chaînes d’approvisionnement mondiales.

En Malaisie, IndustriALL a déposé une plainte officielle auprès de l’OIT en mars dernier, documentant des pratiques antisyndicales dans douze entreprises des secteurs de l’électronique, des semi-conducteurs, de l’aérospatiale, de l’automobile et du papier. Près de 96 % des salariés de Nexperia ont voté en faveur de leur syndicat. Chez Boeing Composites Malaysia, 85 % d’entre eux ont voté pour. Pourtant, ces victoires n’ont pas marqué la fin de la lutte. Les entreprises ont licencié des membres de leur personnel et menacé les travailleurs migrants d’expulsion. Elles ont utilisé les tribunaux comme une arme, déposant recours sur recours pour retarder la reconnaissance syndicale de plusieurs années, voire de plus de dix ans dans un cas particulier.

Les travailleurs ont le droit de savoir

Les Conventions n° 87 et 98 de l’OIT consacrent le droit à la syndicalisation et à la négociation collective. IndustriALL l’intègre dans les accords-cadres mondiaux qu’il négocie avec les multinationales. Ces entreprises se sont engagées par écrit à le respecter partout où elles opèrent.

Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL, a déclaré :

« La répression syndicale viole ces engagements. Lorsqu’une entreprise signe un accord-cadre mondial promettant la neutralité et déploie ensuite des tactiques visant à faire échouer les campagnes syndicales, elle n’évolue pas dans une zone grise juridique. Elle rompt sa parole et porte atteinte à un droit humain fondamental. La liberté syndicale n’est pas facultative et ne constitue pas une exception locale. »