Le Nigeria ratifie la convention 190 après des campagnes syndicales soutenues

Le 30 septembre, le gouvernement fédéral du Nigeria a annoncé que le président Muhammadu Buhari a signé les instruments de ratification et que le gouvernement est déterminé à renforcer l'arsenal législatif pour endiguer la violence et le harcèlement basés sur le genre (VHBG) au travail.

Un rapport du Nigeria Labour Congress (NLC), dont sont membres certains affiliés d'IndustriALL Global Union, et du Centre de solidarité explique que la VHBG est présente dans la plupart des lieux de travail et n'est pas suffisamment signalée en raison de la stigmatisation et d'autres normes sociales. Elle est aggravée par une application déficiente de la loi et des politiques sur les lieux de travail.

D'après le rapport, cela génère un environnement imprégné de normes de genre discriminatoires, comme le montrent le tripotage et le harcèlement sexuel exercés par les contremaîtres, très répandus sur les lieux de travail, et qui ont souvent pour effet que les femmes partent au travail avec la peur au ventre.

 

"Nous avons fait campagne pour la ratification de la convention 190 par des réunions et des manifestations. Notre message était essentiellement que, si le pays veut vraiment mettre fin à la VHBG, le gouvernement fédéral du Nigeria doit ratifier la convention,"

dit Oluchi Amaogu, la secrétaire du comité intérimaire des femmes pour la région de l'Afrique subsaharienne du Syndicat national des travailleurs du pétrole et du gaz naturel.

Pour les syndicats, la ratification de la convention 190 renforcera l'élaboration de politiques du lieu de travail pour remédier à la discrimination et l'inégalité fondées sur le genre, améliorer les mécanismes de signalement et de confidentialité, et faire que les auteurs doivent rendre compte de leurs actes et soient poursuivis au titre de la législation applicable.

Les syndicats veulent que celles qui survivent à la VHBG aient des voies de recours, et que soient pris en compte les déséquilibres dans les rapports de forces et les facteurs de risque de la VHBG, tels que l'insécurité des transports publics sur le chemin du travail. Cela rendra les lieux de travail plus sûrs pour les travailleuses formelles, informelles et précaires. Les syndicats vont lancer des campagnes de sensibilisation à la convention 190, en particulier dans les lieux de travail où les hommes dominent, pour discuter de l'éradication des pratiques qui perpétuent la VHBG au travail.

Armelle Seby, la directrice d'IndustriALL en charge des questions de genre, souligne l'importance de cette convention en tant qu'outil pour stopper la VHBG :

"La ratification de la convention 190 constitue un pas important pour le Nigeria, mais l'application de la convention et de la recommandation 206 est essentielle pour rendre les lieux de travail plus sûrs pour les femmes. Cela nécessite des initiatives pour renforcer les capacités des syndicats dans le domaine de l'égalité de genre, et de s'attaquer à la VHBG par des actions et des campagnes de prévention."

Les autres pays africains ayant ratifié la convention sont la République centrafricaine, Maurice, la Namibie, la Somalie et l'Afrique du Sud. 


 
 
 

Un véritable dialogue social est nécessaire pour une Transition juste en Géorgie

Temur Suramelashvili, Vice-président du Syndicat des travailleurs de la métallurgie, des mines et de l’industrie chimique de Géorgie, a évoqué les risques de la transition énergétique. À Tkibuli, environ un millier de personnes travaillent dans les mines et près de 3.500 sont employées dans les infrastructures de service. Si le gouvernement géorgien se conforme à l’Accord de Paris sur les émissions de CO2 et ferme ces mines, cela affectera entre 18 et 20.000 personnes, en comptant les familles des travailleurs.

“Nous devons examiner de plus près l’impact de la transition énergétique sur les secteurs industriels et les entreprises. Nous devons comprendre quelles entreprises et professions seront touchées par la transition et quelles nouvelles entreprises apparaîtront. Il faut un plan, car chaque ligne dans ces comptes représente une famille. Les travailleurs et travailleuses ont besoin de plans concrets de Transition juste pour faire face aux nouveaux défis,”

a déclaré Diana Junquera Curiel, Directrice d’IndustriALL pour l’énergie et la Transition juste.

Garantir la protection sociale et des emplois décents est une priorité pour les syndicats afin de protéger les droits des travailleurs.

Le Ministère de l’économie participe activement à la planification stratégique. Son représentant à la réunion a confirmé l’importance du dialogue social et a invité toutes les parties intéressées à participer aux discussions, notamment par le biais du programme d’interaction sociale.

Bien que la réunion ait été caractérisée par une ouverture et une volonté de discuter chez les employeurs et les représentants du gouvernement, l’absence d’associations d’employeurs dans le pays entrave l’efficacité du dialogue social, tant au niveau sectoriel que national.

“Comme il n’existe pas d’organisations patronales, il n’y a pas d’accords sectoriels ni un accord général fixant le cadre et les règles des relations entre les partenaires sociaux. Les syndicats ont besoin d’un interlocuteur fiable, prêt à créer des plateformes constructives pour négocier l’avenir de l’industrie en Géorgie,”

a déclaré Vadim Borisov, Secrétaire régional d’IndustriALL.

Cristina Hanson et Jesper Nielsen, du syndicat 3F, du Danemark, ont partagé leur expérience sur la façon dont une transition verte devient une Transition juste. S’appuyant sur la tradition danoise des partenariats public-privé, le gouvernement danois a formé 14 partenariats climatiques représentant les différents secteurs de l’économie danoise.

Ambros Arias, de l’affilié espagnol d'IndustriALL, UGT FICA, a parlé de son expérience de la fermeture des mines de charbon et des centrales thermiques, qui fournissaient près de dix pour cent du bilan énergétique de l’Espagne. Les syndicats espagnols ont pour objectif de doubler le nombre d’emplois grâce à la transition vers l’énergie verte.

Cette rencontre faisait partie d’un projet commun entre IndustriALL et 3F, le plus grand syndicat du Danemark.

Un syndicat indépendant partenaire social officiel auprès de Saint-Gobain Mexique

Les 28 et 29 septembre, un scrutin a été organisé dans l’usine de Cuautla, dans le cadre duquel 957 travailleurs et travailleuses ont voté pour le Syndicat indépendant des travailleurs libres et démocratiques de Saint-Gobain Mexique, alors que 587 ont voté pour le Syndicat des travailleurs du verre, affilié à l’ancienne Confédération des travailleurs et des paysans (CTC).

Un autre scrutin a eu lieu en juillet sur la convention collective négociée par le syndicat de la CTC. Le personnel a voté contre celle-ci, affirmant qu’elle avait été négociée dans leur dos.

Dans les mois qui ont précédé le second scrutin, les salariés rapportent avoir été harcelés et intimidés par le syndicat de la CTC, leur disant qu’ils pourraient perdre les avantages prévus par la convention collective s’ils votaient pour le syndicat indépendant.

“Les étapes menant à ce stade n’ont pas été faciles : notre syndicat a fait l’objet de calomnies, de diffamations et de désinformation de la part de l’autre syndicat. Mais nous ne nous sommes pas laissés entraîner dans leur jeu. Nous sommes ici pour représenter démocratiquement nos adhérents, nous ne négocierons pas dans leur dos et ne gérerons pas notre syndicat en dépit du bon sens,”

a déclaré Joaquín Guzmán, Secrétaire général du Syndicat indépendant des travailleurs libres et démocratiques de Saint-Gobain Mexique.

Le Secrétaire régional adjoint d’IndustriALL, Cristian Alejandro Valerio, a déclaré :

“Nous saluons cette grande victoire pour les salariés de Saint-Gobain. Il faut, que dans le cadre de leur combat en vue d’éradiquer une pratique qui a porté atteinte à leurs droits, les travailleurs et travailleuses du Mexique continuent à remporter des victoires contre les contrats de protection des employeurs. Ils réussiront également ainsi à garantir une véritable représentation syndicale des travailleurs et travailleuses sur tous les lieux de travail.”

Au 15e anniversaire de leur Accord-cadre mondial, Inditex et IndustriALL réaffirment leur engagement dans un nouveau protocole

En ce jour, le P-DG d'Inditex, Oscar García Maceiras, et Atle Høie, le secrétaire général d'IndustriALL Global Union, ont signé un nouveau protocole reconduisant l'accord-cadre mondial (ACM) que leurs deux organisations avaient signé une première fois en 2007 et qui s'était traduit par une amélioration des conditions de travail dans la chaîne d'approvisionnement du textile.

Le nouveau protocole consolide le dialogue social en renforçant le comité syndical mondial et ses organes de coordination. Concrètement, il met en place de nouveaux mécanismes qui consacrent le rôle des syndicats locaux pour une meilleure compréhension des besoins des femmes et des hommes qui confectionnent les vêtements.

Ce protocole stipule qu'Inditex et IndustriALL élaboreront ensemble un plan de travail qui entérine le respect de la liberté d'association, le droit de négocier collectivement et des possibilités de formation pour les représentants des travailleurs et pour les travailleurs des fournisseurs du groupe et des ateliers de sa chaîne d'approvisionnement.

Inditex et IndustriALL progressent aussi sur la voie d'un nouveau protocole relatif à l'accès aux lieux de travail, afin de mieux connaître les conditions de travail et les contrôler dans les ateliers de la chaîne d'approvisionnement d'Inditex, le but étant de comprendre les besoins des travailleurs et d'y répondre.

"La signature de l'ACM avec Inditex a été une grande avancée qui a ouvert la voie à davantage d'externalisation responsable et de bons rapports sociaux dans le secteur. Célébrer ce 15e anniversaire en signant un protocole qui élève le niveau de notre relation en termes de respect des droits syndicaux fondamentaux est particulièrement bienvenu. Le fait que nous soyons d'accord avec Inditex pour accroître le rôle de nos syndicats locaux et nationaux et pour défendre fermement le droit d'organisation et de négociation collective dans les chaînes d'approvisionnement suscite beaucoup d'espoirs,"

a déclaré Atle Høie, le secrétaire général d'IndustriALL.

"Le protocole que nous signons aujourd'hui, commémorant les 15 ans d'existence de l'accord-cadre mondial entre Inditex et IndustriALL, témoigne de notre détermination à renforcer le respect des droits fondamentaux au travail dans toute notre chaîne de production et marque un nouveau jalon dans la mission que se sont donnée nos deux organisations pour améliorer l'existence des femmes et des hommes qui y contribuent,"

a ajouté Oscar García Maceiras, le P-DG d'Inditex.

 

Felix Peinado, le directeur de l'OIT en Espagne, qui assistait à la cérémonie de signature, a dit :

"Dans sa Déclaration de principes tripartite sur les entreprises multinationales et la politique sociale, l'OIT invite les entreprises à conclure, en collaboration avec les représentants de leurs travailleurs, des accords-cadres mondiaux par lesquels elles s'engagent à appliquer les principes du travail décent tout au long de leurs chaînes d'approvisionnement et dans tous les pays. Les syndicats espagnols Comisiones Obreras et UGT ont fait, avec Inditex, œuvre de pionniers avec cet accord en Espagne. Je ne peux que me féliciter de cet accord et célébrer cet anniversaire. Cet accord montre que, par l'engagement commun et les efforts des entreprises et des représentants de leurs travailleurs, il est possible de forger de meilleures conditions de travail dans le monde entier."

Cet accord constitue un nouveau jalon dans les relations entre Inditex et IndustriALL qui se sont nouées il y a 15 ans, en 2007, par la signature de l'ACM. Il constitue une avancée majeure pour l'industrie, un gage solide de sa pérennité et une chance réelle d'améliorer les conditions de travail de près de 3 millions de personnes qui travaillent dans les usines qui produisent pour la multinationale espagnole partout dans le monde. 

La déclaration de Tunis appelle à l’inclusion de dispositions relatives au travail dans l’accord sur la Zone de libre-échange continentale africaine

Cette déclaration a été faite lors du Forum continental syndical CSI-Afrique sur la ZLECA qui s’est tenu sous le thème : Garantir un travail décent dans le cadre de la mise en œuvre de la ZLECA, vers l’inclusion des positions des syndicats dans les processus de la ZLECA.

Selon la déclaration,

“il faut créer un espace de dialogue social au niveau national, régional et continental pour que les citoyens africains et leurs groupements socio-économiques, c’est-à-dire les travailleurs et travailleuses, y compris au sein de l’économie informelle, les agriculteurs, les commerçants, les producteurs, les entreprises, la société civile, le secteur privé, puissent participer de manière effective à un processus démocratique et transparent et assurer la prise en compte de leurs préoccupations et de leurs points de vue dans les négociations.”

En outre, les syndicats souhaitent que les informations sur les processus de la ZLECA soient mises à la disposition des travailleurs “en temps opportun et de manière accessible”. Ils affirment que cela est nécessaire pour permettre une participation effective.

Noureddine Taboubi, Secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), a déclaré :

“la ZLECA crée des possibilités de travail décent qui mettront fin à la migration irrégulière et à l’esclavage moderne, et offrent une opportunité de transformer les économies précaires de l’Afrique et d’y mettre fin à la pauvreté.”

Kwasi Adu-Amankwah, Secrétaire général de la CSI-Afrique, a déclaré :

“Nous voulons un espace approprié pour les acteurs non étatiques dans la ZLECA afin de canaliser le dialogue social aux niveaux national et continental. Les syndicats doivent être présents dans cet espace pour faire avancer les droits et les intérêts des travailleurs et travailleuses et pour soutenir le commerce et l’intégration régionale en Afrique.”

“la ZLECA est un accord important pour le continent, qui a le potentiel de créer des emplois décents et de relancer l’industrialisation dans les secteurs manufacturiers grâce à un commerce intra-africain accru. Mais cette opportunité sera perdue si les travailleurs et travailleuses ainsi que leurs syndicats sont exclus des négociations,”

souligne Rose Omamo, Vice-présidente d’IndustriALL, qui a participé au forum.

la ZLECA, dont les échanges ont débuté en 2021, vise à promouvoir le commerce intra-africain, la fabrication à valeur ajoutée et le développement durable. En outre, elle devrait doubler le commerce et accroître l’intégration des communautés économiques régionales, Communauté des États sahélo-sahariens (CEN-SAD), Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA), Communauté d’Afrique de l’Est (CAE), Communauté économique des États d’Afrique centrale (CEEAC), Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) et Union du Maghreb arabe (UMA).

Le forum était composé de 90 délégués, issus d’affiliés de la CSI-Afrique, d’organisations syndicales sous-régionales, d’organisations de soutien aux syndicats et d’organisations de la société civile, dont les affiliés d’IndustriALL Global Union en Tunisie, à Madagascar, au Kenya et au Zimbabwe.

Le forum, qui s’est tenu avec le soutien du SASK et du Labour Research Service, a reçu des rapports de recherche du Tchad, du Ghana, de la Namibie, du Rwanda, de la Tunisie et de la Zambie sur les impacts nationaux possibles de la ZLECA. D’autres exposés ont été faits par l’ACTRAV-OIT, le SASK et Third World Network Africa.

Augmentation du salaire minimum dans la confection au Cambodge

Dans un contexte d’intimidation, les affiliés d’IndustriALL au Cambodge, FTUWKC, CCAWDU et CUMW, ont fait campagne pour une augmentation du salaire minimum de 194 à 215 dollars. L’association des fabricants de vêtements avait fait valoir que le salaire minimum devait rester à 194 dollars.

“L’augmentation du salaire minimum est une évolution positive pour les travailleurs et travailleuses de la confection au Cambodge, mais les syndicats revendiquent toujours un salaire vital ; la lutte dans ce sens va se poursuivre,”

a indiqué Christina Hajagos-Clausen, Directrice d’IndustriALL pour le textile et la confection.

La flambée des prix des denrées alimentaires et du carburant au Cambodge, ainsi qu’une forte inflation, accentuent la pression sur les travailleurs et travailleuses de la confection, et les syndicats sont mécontents des maigres 6 dollars d’augmentation.

“Le nouveau salaire minimum n’est pas suffisant pour amortir l’augmentation du coût de la vie. Le gouvernement doit prendre des mesures pour contrôler l’inflation afin que les travailleurs et travailleuses puissent survivre avec leur salaire.

En outre, certains avantages liés au travail ont été réduits au cours des trois dernières années, comme le nombre de jours fériés nationaux, qui est passé de 22 à 6, et le congé de remplacement si un jour férié national tombe un dimanche, qui a été supprimé,”

a déclaré pour sa part Pav Sina, Président du syndicat CUMW

Les technologies solaires et les batteries changent la configuration de l’emploi

Alors qu’une production d’énergie propre alimente une croissance significative de l’emploi, les recherches montrent que la majeure partie des travailleurs et travailleuses qui contribuent aux nouvelles énergies sont occupés dans la phase de construction. Une fois les installations construites, il y aura de nouveaux emplois, mais moins qu’aujourd’hui. Alors que la demande en énergie solaire est en hausse, les centrales solaires utilisent beaucoup moins de personnel.

Aujourd’hui, il existe une concurrence pour les batteries en raison de leur utilisation et de leur demande à grande échelle. Les entreprises tentent de s’assurer l’accès aux minerais nécessaires à leur production et des recherches sont menées sur des solutions de rechange par crainte que ces minerais ne s’épuisent.

La Chine exerce un contrôle important sur les minerais et la production d’énergie propre. La présence de la Chine dans le reste de la chaîne d’approvisionnement, matières premières, matières transformées, composants et assemblage, a un impact sur le type de main-d’œuvre impliquée dans cette transition.

Jojo Nem Singh, Professeur adjoint à l’Institut international d’études sociales, a expliqué que les pays en développement disposant de réserves en mineras nécessaires à la production d’énergies renouvelables et d’autres technologies liées aux énergies propres subissent une forte pression.

“En termes de répartition géographique, nous avons affaire à des pays très différents de ceux qui produisent du pétrole et du gaz. La répartition actuelle des régions minières dans la chaîne d’approvisionnement va changer radicalement en raison des investissements dans les ressources minières nécessaires aux énergies renouvelables. Si elle est bien menée, cette exploitation minière peut fournir des emplois verts qui ne sont pas nécessairement générateurs de pauvreté, la clé étant la technologie d’exploitation et la garantie que les exigences en matière de contenu local puissent créer une croissance inclusive et de nouveaux emplois.”

Le Directeur d’IndustriALL pour le secteur automobile, Georg Leutert, a travaillé avec ses affiliés à faire en sorte les usines de construction automobile s’approprient la fabrication de batteries, car elles sont bien syndiquées et disposent de conventions collectives de qualité depuis longtemps. Cependant, il n’y a que peu d’exemples de ce type. La production de batteries nécessite de vastes installations et requiert des investissements importants, les travailleurs et travailleuses constatent aujourd’hui qu’elle est externalisée par les constructeurs automobiles.

Le secteur de l’énergie emploie environ 65 millions de personnes dans le monde, dans l’approvisionnement en carburant, le secteur de l’électricité et les utilisations finales.

“Il s’agit d’un point de référence important pour le débat sur la transition juste et d’une information importante pour prendre des décisions cruciales en matière de politique énergétique pour l’avenir. Ce tournant vers l’énergie propre est également l’occasion d’aborder des questions telles que l’égalité des genres et la représentation,”

a déclaré Daniel Wetzel de l’AIE.

M. Wetzel a conclu que si les créations d’emploi dans le secteur de l’énergie propre sont plus nombreuses que les pertes de postes, ces dernières sont importantes dans certaines régions et certains secteurs. De nombreux investissements sont nécessaires pour assurer une bonne transition. La croissance rapide de l’emploi présente également des risques : le besoin de travailleurs et travailleuses plus qualifiés, des lacunes croissantes en matière de compétences et l’attention insuffisante accordée au travail décent.

Mahatma Santos, de l’Institut d’études stratégiques sur le pétrole, le gaz naturel et les biocarburants Zé Eduardo Dutra (INEEP), dont la mission est de produire des connaissances sur le secteur et de soutenir les institutions brésiliennes par une réflexion technique sur la sécurité énergétique, a déclaré :

“On observe une augmentation des prix et de la demande dans le secteur du solaire photovoltaïque depuis 2021, créant environ 151.000 emplois. Cependant, 43 % des emplois se trouvent en dehors du Brésil, les emplois sont concentrés dans la construction et caractérisés par des conditions de travail précaires et des bas salaires.”

Il existe au Brésil un fort potentiel d’expansion du secteur, mais le retard des projets, le manque d’incitants fiscaux et la pénurie d’équipements ont rendu la croissance difficile.

La transition énergétique au Brésil a atteint un point critique. Les résultats des élections de la semaine à venir auront un impact considérable sur l’orientation du pays par rapport à une transition juste.

L’exploitation minière est l’épine dorsale de l’économie du Chili, mais ce secteur crée peu d’emploi. Le pays est un important producteur de minerais critiques, avec 14 % de la main-d’œuvre syndiquée et seulement 8 % d'entre elle ayant accès à la négociation collective.

“Les défis sociaux et environnementaux du Chili rendent difficile les progrès pour les travailleurs et travailleuses. Les syndicats vont continuer à travailler dur pour renforcer le dialogue social, notamment en ce qui concerne la transition juste”,

a indiqué Alejandro Ochoa, de la CUT Chile.

Igor Diaz, de Sintracarbón, en Colombie, a indiqué que l’industrie minière a connu des temps difficiles dans le pays. Glencore, par exemple, a profité des réglementations plus souples mise en place par le gouvernement précédent en pretextant la pandémie et la transition juste comme excuse, pour fermer des usines et licencier des travailleurs.

“Les travailleurs et travailleuses veulent passer à une énergie propre et nous espérons que le gouvernement leur assurera une transition juste. Nous croyons en notre nouveau gouvernement et pensons qu’il peut progresser vers une transition juste, non seulement dans le secteur de l’énergie mais aussi dans d’autres secteurs, comme l’agriculture.”

Les syndicats du textile de la région MENA font campagne pour la protection sociale

En abordant la campagne sur le thème Les travailleurs et travailleuses de la confection ont besoin d’usines sûres, les syndicats du textile de la région MENA se joignent à l’appel mondial en faveur de lieux de travail sûrs. En octobre 2021, IndustriALL Global Union a négocié l’Accord international sur la santé et la sécurité dans l’industrie du textile et de la confection, qui compte désormais plus de 180 enseignes mondiales et détaillants signataires. En mars de cette année, un Recueil de directives pratiques de l’OIT sur la santé et la sécurité a été adopté pour le secteur.

“La santé et la sécurité au travail constituent un risque important dans le secteur THCC, surtout pour les femmes qui supportent le poids des tâches ménagères et de l’éducation des enfants en plus de leur charge de travail. L’engagement des femmes dans le travail syndical est une preuve de persistance et de persévérance. Le travail syndical dans le secteur privé est difficile, surtout là où les employeurs ne le respectent pas,”

a indiqué Noureddine Taboubi, Secrétaire général de l’UGTT Tunisie.

“Notre capacité à améliorer la santé et la sécurité dépend de notre pouvoir de syndicalisation. En Tunisie, nous travaillons au lancement d’une grande campagne de syndicalisation pour le début de l’année prochaine, qui sera axée sur la santé et la sécurité,”

a déclaré Habib Hazami, Secrétaire général de la Fédération Générale du Textile, de l’Habillement, Chaussure et Cuir – FGTHCC-UGTT.

 

Les dirigeants syndicaux ont souligné que les perturbations de la chaîne d’approvisionnement durant la pandémie ont mis en évidence la nécessité de renforcer les systèmes de protection sociale des travailleurs. L’une des causes fondamentales de la situation désastreuse des travailleurs et travailleuses de la confection est que de nombreux pays producteurs ont des systèmes de protection sociale inadéquats, voire inexistants.

La protection sociale est, selon l’OIT, “un droit de l’homme et se définit comme l’ensemble des politiques et programmes destinés à réduire et à prévenir la pauvreté et la vulnérabilité tout au long de la vie.” La protection sociale comprend les prestations pour enfants et familles, la protection de la maternité, les indemnités de chômage, les indemnités pour accidents du travail, les prestations de maladie, la protection de la santé, les prestations de vieillesse, les prestations d’invalidité et les prestations au profit des survivants dépendants.

“La sécurité sociale est obligatoire, mais les travailleurs et travailleuses du secteur THCC en sont privés, car les propriétaires d’entreprises y échappent et la loi n’est pas correctement appliquée. Certains travailleurs se retrouvent sans pension à la retraite et les femmes sont privées de leurs droits de maternité.”

a indiqué Araby Hamouk du Syndicat National des Travailleurs du Textile et du Cuir – SNTTC-UMT Maroc.

Le réseau syndical THCC d’IndustriALL pour la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA, pour l’acronyme anglais couramment utilisé) a réalisé une étude sur la sécurité sociale. Les syndicats ont identifié le besoin d’une campagne régionale, utilisant des outils internationaux comme les accords-cadres mondiaux, l’Accord international et le Recueil de directives pratiques de l’OIT, pour améliorer la sécurité sociale ainsi que la santé et la sécurité. Les syndicats sont convenus d’assurer le suivi des législations, du dialogue social, des comités de santé et sécurité au travail, des campagnes de sensibilisation et de mettre en place des structures syndicales nationales pour diriger ces travaux.

“Pendant la pandémie, le modèle actuel, où l’indemnité de licenciement est la seule forme de protection sociale, a conduit à des vols de salaires. Il n’y a pas de travail décent sans protection sociale et, à l’approche du 7 octobre, journée mondiale du travail décent, nous soutenons l’action de nos affiliés,”

a indiqué Christina Hajagos-Clausen.

Illustation : © Abdel Hameed Al Nasier – OIT

Unis pour un avenir juste, l’heure de payer a sonné !

Les syndicats ont été attaqués dans le monde entier et le déclin de leur pouvoir s’est accompagné d’une diminution de la part des richesses détenues par les travailleurs. La pandémie de Covid a été le déclencheur final qui a fait basculer le monde dans une spirale d’inégalités.

Pour le 7 octobre de cette année, Journée mondiale pour le travail décent, nous revendiquons un avenir meilleur. Les actions syndicales sont la clé du succès de cette campagne et de la journée mondiale d’action, car nous devons parler d’une seule voix de la crise croissante des inégalités.

“Nous avons un plan pour un avenir juste. Nous devons l’articuler, construire des coalitions et nous battre ensemble en sa faveur !”

a indiqué Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL

Que pouvez-vous faire, vous et votre syndicat ?

En fonction des problèmes principaux qui affectent les inégalités dans votre secteur ou votre pays, les actions peuvent varier suivant les différentes priorités ou situations nationales et régionales. Les actions peuvent être :

Des manifestations

Une campagne internationale

Une campagne politique

Les éléments constitutifs d’un avenir juste

Nous vous encourageons à utiliser les éléments les plus pertinents pour vous et à imprimer les affiches, à prendre des clichés en les tenant et à nous renvoyer ces photos avant le 7 octobre, afin que nous puissions les utiliser lors de la journée d’action.

Lorsque nous nous rassemblons, nous pouvons faire la différence. Le 7 octobre, utilisons les médias sociaux pour montrer que nous sommes unis pour un avenir juste. Utilisez les images ci-dessous, ou votre propre matériel, avec le hashtag #JustFuture.

Si ces actions ne peuvent avoir lieu le 7 octobre, les syndicats pourront les mener un autre jour, de préférence entre le 28 septembre et le 18 octobre.

Rassemblons-nous et revendiquons la part qui nous revient pour un avenir juste !

Les éléments constitutifs d’un avenir juste:

 
 

Turquie : un piquet de grève tenu dans le textile depuis plus de 60 jours

Les travailleurs et travailleuses de l’usine sont couverts par une convention collective, qui leur donne droit à des primes, des indemnités de licenciement et de préavis ainsi que des congés annuels. L’employeur a proposé de payer 70 % de l’indemnité de licenciement, ce qui a été rejeté par le syndicat. Depuis lors, il n’y a pas eu d’autre contact de la part de l’employeur.

En refusant de payer aux travailleurs et travailleuses ce qui leur est dû, ETF Tekstil viole la convention collective.

Gulsen Balta a travaillé dans le département logistique de l’usine pendant près de cinq ans, faisant vivre une famille de quatre personnes. Elle raconte :

“La fermeture me rend anxieuse, comment vais-je faire vivre ma famille et trouver un autre emploi ? Il est difficile de tenir le piquet de grève, nous avons été attaqués par la police à plusieurs reprises, mais nous sommes fermes et confiants dans nos ambitions et nous continuerons à nous battre pour ce qui est à nous. Nous avons travaillé dur dans cette usine, nous avons produit et nous avons accompli nos tâches. En tant que travailleurs, nous avons développé cette entreprise et nous méritons ce qui nous revient de droit.”

Dans une lettre adressée à la direction de l’entreprise en août, IndustriALL a revendiqué que l’employeur s’engage avec Deriteks et négocie les conditions de la fermeture dans le respect du droit du travail turc, des normes internationales du travail fondamentales et des engagements des entreprises envers leurs clients. ETF Tekstil produit des t-shirts pour des enseignes comme Columbia et Sketchers.

Lors d’une visite rendue au piquet de grève en septembre, le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, a déclaré :

“IndustriALL soutient votre lutte, vive la solidarité internationale ! L’employeur doit agir maintenant et indemniser complètement les travailleurs et travailleuses, conformément au droit du travail turc. Si ce n’est pas le cas, IndustriALL est prête à lancer une campagne internationale, qui s’adressera entre autres aux principaux clients.”