Nous portons le deuil des mineurs turcs

Cent dix mineurs se trouvaient sous terre dans la mine, qui appartient à l’entreprise publique Turkish Hard Coal Corporation (TTK), lorsque l’explosion s’est produite. Cinquante-huit mineurs ont été secourus et onze sont hospitalisés, certains dans un état grave, selon nos informations. Les secouristes ont trouvé les corps sans vie de 41 mineurs.

L’enquête est en cours, mais les premières constatations indiquent que l’explosion s’est produite à cause du grisou. IndustriALL Global Union et Europe revendiquent une enquête en bonne et due forme avec la participation des syndicats et que les responsables aient à répondre de leurs actes.

Illustration : GENEL MADEN İŞÇİLERİ SENDİKASI (GMİS)

Cette explosion met en lumière la situation dans les mines turques du point de vue de la sécurité. La région occidentale de la mer Noire est connue comme étant un bassin houiller où l’on exploite des mines depuis le XIXe siècle.

Les archives indiquent qu’environ 5.000 mineurs ont été tués dans la région tout au long de cette période d’exploitation, avec plusieurs accidents mortels au cours de la dernière décennie. En 2010, 30 travailleurs ont été tués à Zonguldak et en 2013 huit ont été tués à Kozlu.

En 2014, la Turquie a connu le pire accident minier de son histoire à Soma, où 301 mineurs ont péri. Cet accident a contraint le gouvernement turc à ratifier la convention 176 de l’OIT sur la sécurité dans les mines et à modifier la législation nationale.

Mais la réalité dans les mines turques a très peu évolué. La Cour des comptes turque a visité la mine d’Amasra et en a identifié les dangers et les risques dans son rapport de 2019 :

“En 2019, la profondeur de production moyenne de l’établissement (la mine) est de moins 300 mètres. Cette exploitation à des niveaux plus profonds provoque une augmentation des risques d’accidents graves tels que le rejet brutal de gaz et l’explosion de grisou. On sait que les teneurs en gaz sont élevées dans toutes les veines exploitées, que leurs capacités de rejet sont élevées et que le risque augmente encore plus dans les zones de faille. C’est pourquoi, outre les dispositions de la législation en vigueur, il convient que les dispositions de la “Directive institutionnelle sur les rejets” soient respectées scrupuleusement.”

Luc Triangle, Secrétaire général d’industriAll Europe, a déclaré :

“Nous sommes extrêmement tristes et indignés par cette explosion survenue à Amasra. Nous présentons nos sincères condoléances aux familles et souhaitons un prompt rétablissement aux mineurs blessés. Nous continuerons à apporter notre soutien à l’amélioration des conditions dans les mines de Turquie.”

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Global Union, a pour sa part déclaré :

“Tout comme les accidents précédents, celui-ci aurait pu être évité. Il s’agit en fait d’un homicide, pas d’un accident. La Turquie doit en faire beaucoup plus ; il est inacceptable d’assister à des meurtres dans les mines au 21e siècle. Ce n’est pas le destin des mineurs. Nous assurons les mineurs turcs de notre indéfectible solidarité”

IndustriALL Global Union et des syndicats européens effectueront une visite d’urgence sur place, auprès du syndicat des mineurs turc Genel Maden-Is, représentatif au sein de la mine d’Amasra.

Unis et mobilisés pour un avenir juste

L’augmentation des inégalités dans le monde menace de déchirer le tissu social de nos sociétés. Un nombre réduit de personnes gagne davantage et possède plus de richesses dans le monde, tandis que les personnes les plus pauvres ne gagnent et ne possèdent qu’une fraction des premiers.

Bien que de nombreux gouvernements aient déclaré être conscients de cet énorme défi, aucun n’a réussi à inverser la tendance. Les inégalités continuent de s’accroître partout, c’est pourquoi IndustriALL a lancé une campagne intitulée Unis pour un avenir juste, l’heure de payer a sonné !, afin de mettre en évidence les éléments constitutifs nécessaires à un avenir juste.

Les syndicats de toute l’Europe ont commencé à se mobiliser pour obtenir des salaires plus élevés afin de lutter contre l’inflation et la crise croissante du coût de la vie. De nombreux syndicats européens font pression pour obtenir des augmentations de salaire ambitieuses. Alors que de nombreux cycles de négociations pour cet automne s’annoncent difficiles, les syndicats aux niveaux national, européen et international se préparent à l’action. Les syndicats affiliés à industriAll Europe ont uni leurs forces dans une campagne intitulée Agir. Ensemble. Pour une hausse des salaires.

 

“Si nous, syndicats, n’agissons pas, nous risquons de perdre les acquis que nous avons obtenus au cours du siècle dernier. Les travailleurs et travailleuses du monde entier ont besoin d’une augmentation de salaire qui reflète le taux d’inflation et les sacrifices consentis pendant la pandémie de Covid ; il leur faut des salaires qui reflètent leur rôle essentiel dans la création de valeur. Les questions de l’inégalité et du salaire décent doivent occuper le devant de la scène,”

a indiqué Kan Matsuzaki, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL.

Isabelle Barthès, Secrétaire générale adjointe d’industriAll Europe, a déclaré :

“Notre avenir économique est à nouveau incertain, mais la grande majorité des entreprises se porte indéniablement bien. C’est le résultat du dur labeur des travailleurs et travailleuses pendant la pandémie et ils doivent en être récompensés. Cela contribuera à la stabilité sociale et préparera la reprise économique.

Toutefois, les outils salariaux ne sont pas suffisants. Les actions sur la crise énergétique, cause première de l’inflation, doivent s’accompagner d’une intervention publique pour taxer les bénéfices exceptionnels et de mesures anti-crise pour protéger le pouvoir d’achat et les emplois.”

Ronald Janssen, Conseiller politique principal auprès du TUAC, a souligné que les niveaux croissants d’inégalité constituent une menace pour la démocratie. Une inflation galopante érode la valeur réelle des salaires minimums, ce qui constitue un double coup dur pour les travailleurs et travailleuses faiblement rémunérés, car la hausse des prix de l’énergie et des denrées alimentaires les frappe plus durement.

“Les syndicats peuvent être la solution,”

a indiqué Janssen.

“Si vous voulez que nous agissions de manière responsable, nous devons savoir que nous recevons notre juste part de la reprise. Nous pouvons trouver un équilibre salarial, mais un équilibre qui protège les salaires les plus bas, qui favorise la négociation collective, afin que nous puissions être en position de force à la table des négociations une fois la crise passée.”

Au cours du débat qui a suivi, les participants ont partagé des expériences du monde entier. L’importance de nouveaux aménagements du temps de travail qui facilitent l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée a également été soulignée en relation avec des conditions de travail décentes.

Pour faire avancer la campagne, les revendications communes sont les suivantes

  • Négociations collectives sectorielles
  • Des salaires décents, avec une augmentation pour tous les travailleurs et travailleuses
  • Des impôts équitables pour les entreprises et les riches
  • Un soutien aux travailleurs et travailleuses touchés par la crise du coût de la vie
  • La Transition juste comme mécanisme clé pour réduire les inégalités
  • Droits fondamentaux des travailleurs et travailleuses
  • Une législation sur la diligence raisonnable

Les syndicats de l'aviation se félicitent de l'accord mondial pour la neutralité carbone d'ici à 2050

Après des semaines de négociations, 184 pays se sont accordés pour atteindre un objectif de zéro émission nette d'ici à 2050 pour l'industrie de l'aviation pendant la 41e assemblée générale de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI), une agence spécialisée des Nations unies.

Les syndicats des travailleurs de l'aviation et de l'aéronautique préconisent depuis longtemps plus d'ambition internationale pour la décarbonation en soulignant que tous les pays, toutes les industries et tous les travailleurs ont un rôle à jouer dans la décarbonation de tout le secteur de l'aviation.

En préparant cette réunion, la Fédération internationale des ouvriers du transport (ITF), IndustriALL Global Union, la Fédération européenne des travailleurs des transports (ETF) et IndustriALL European Trade Union ont rédigé ensemble un projet de revendications syndicales. Ce document de travail, remis à l'OACI, réclame une transition juste pour un avenir sans carbone, en mettant l'accent sur la nécessité de gérer de manière socialement responsable la décarbonation de l'industrie de l'aviation. Il appelle à un dialogue social de qualité, des investissements dans la formation et l'élaboration de plans d'action sectoriels entre les partenaires sociaux et les autorités concernées.

Hélas, la déclaration finale, dépourvue de caractère contraignant, se limite à exhorter les États à poursuivre cet objectif  "d'une manière socialement, économiquement et environnementalement responsable et conformément aux situations nationales".

La résolution finale de l'OACI et l'adoption de l'objectif ambitieux mondial à long terme (LTAG) de zéro émission nette de carbone d'ici à 2050 ont suscité des réactions mitigées avec quelques commentaires positifs de l'Union européenne et de l'industrie européenne. Les ONG se sont montrées plus critiques en raison du caractère non-contraignant de l'accord.

Pour Gert Leutert, le directeur d'IndustriALL en charge de l'industrie aérospatiale :

"L'industrie aérospatiale est sous pression pour qu'elle trouve des solutions d'émissions nulles conformes aux normes internationales. Plus cela prendra de temps, plus les travailleurs paieront pour les carences qui en résulteront. C'est pourquoi nous, en tant qu'organisations syndicales, devons nous impliquer dans la réalisation du LTAG et des politiques qui y sont associées."

Gabriel Mocho Rodriguez, le secrétaire en charge de l'aviation civile à l'ITF, a déclaré :

"Nous sommes engagés dans une course contre la montre pour un avenir pérenne. Des millions de travailleurs de l'aviation subissent de plein fouet les effets du changement climatique, qui rend leur lieu de travail plus dangereux. La multiplication des turbulences aériennes est un risque majeur pour les passagers et les équipages, les pics de chaleur affectent le bon fonctionnement des aéroports et la montée du niveau des océans menace de submerger certains aéroports. Les LTAG de l'OACI n'ont pas été obtenus sans peine, mais si nous voulons que les choses changent dans le délai qui nous est imposé, il faut que les travailleurs soient des moteurs de la décarbonation de l'industrie de l'aviation et de sa transition."

Isabelle Barthes, la secrétaire générale adjointe d'IndustriALL Europe, a déclaré :

"Le changement climatique est un phénomène mondial et nous continuerons à appeler tous les pays et toutes les régions à redoubler d'efforts pour atténuer l'impact des vols sur le climat, notamment par l'utilisation de carburants durables et par la conception d'aéronefs neutres en carbone. Les travailleurs sont au cœur de la transition verte, mais il semble malheureusement que la déclaration de l'OACI les ait oubliés ! Nous insistons sur un dialogue social de qualité et un soutien adéquat pour faire en sorte qu'aucun travailleur ni aucune région ne soit laissé pour compte; la transition verte doit être une transition juste."

Eoin Coates, qui dirige le département de l'aviation civile de l'ETF, a dit :

"Les attentes sociales et les objectifs environnementaux ne vont pas l'une sans l'autre. Les travailleurs doivent être au centre du processus de transition environnementale, une transition qui doit être juste et permettre aux travailleurs d'y prendre une part active, de la conception jusqu'à la réalisation. Il faut les aider à s'adapter à l'évolution et ils doivent avoir la garantie d'emplois sains et durables à mesure du verdissement de l'industrie de l'aviation. Tandis que nous observons les progrès que le LTAG fait réaliser à la pérennité environnementale de l'industrie, beaucoup reste à faire pour sa pérennité sociale."

Les syndicats de Madagascar exigent justice pour un militant emprisonné

Le 28 août, le tribunal d’Anosy, à Antananarivo, a condamné Sento à 12 mois de prison pour avoir publié sur les médias sociaux des informations sur les discussions que les syndicats ont eues avec la direction d’E-Toile S.A., un fabricant de textile et de confection où il était employé comme machiniste. Entre autres chefs d’accusation, Sento, qui est un représentant syndical, est accusé de violation de la confidentialité et d’avoir “agité les travailleurs”.

Les syndicats de Madagascar demandent au Ministère de la Justice de libérer sans condition le syndicaliste Sento Chang, qui a été emprisonné sur la base de fausses accusations.

Syndicalisme et Vie des Sociétés (SVS), affilié à IndustriALL, conteste ces propos et affirme que Sento “est une victime de harcèlement moral dont les droits à la liberté d’opinion, d’expression et d’association sont violés ainsi que ses droits en tant que représentant syndical.”

Dans sa publication, Sento a informé ses collègues de travail de diverses questions syndicales qui ont été discutées avec la direction. Il s’agissait notamment des élections syndicales, de la nécessité pour le comité de l’alimentation de faire part de ses préoccupations concernant la mauvaise qualité de la nourriture à la suite de rapports faisant état d’aliments périmés, de la formation des travailleurs sur le rôle de l’inspection du travail et du fait que l’employeur devait approuver et non refuser les droits des travailleurs aux vacances, aux jours de congé et aux congés de maladie, qui sont protégés par le droit du travail.

 

Le 8 octobre, SVS et IndustriALL ont rendu visite à Sento à la prison Maison Centrale Antimora d’Antananarivo, où il est incarcéré, et se sont brièvement entretenus avec lui.

“Ce message sur les médias sociaux n’a rien d’extraordinaire, si ce n’est qu’il s’agit de notre mode de communication habituel en tant que travailleurs et travailleuses. Mais j’ai été surpris par la réaction du service des ressources humaines, qui s’est dit déçu par ce message et m’a demandé de le supprimer, ce que j’ai fait. Cependant, ils ont ensuite porté plainte contre moi.

En tant que représentant syndical, j’ai écrit ce message peu après la réunion, car les travailleurs et travailleuses étaient impatients de connaître les résultats des discussions avec la direction, et les médias sociaux se sont avérés être le moyen le plus efficace de les atteindre,”

a confié Sento.

Lors d’une marche organisée pour commémorer la Journée mondiale pour le travail décent le 7 octobre à Antananarivo, les travailleurs et travailleuses ont brandi des banderoles en faveur de sa libération et ont scandé des slogans condamnant l’injustice dont il est victime. Ils ont affirmé que les employeurs étaient de connivence avec le système judiciaire pour violer les droits syndicaux.

“La condamnation de Sento pour de fausses accusations montre qu’E-Toile veut cacher la vérité sur les violations des droits des travailleurs dans ses usines. Nous faisons campagne contre cette injustice et ce dénigrement des syndicats et nous voulons qu’il soit libéré, car il est en prison pour avoir exercé des fonctions syndicales. Représenter les travailleurs en tant que dirigeant syndical n’est pas un crime,”

a martelé Ravonintsoa Malala, Président de SVS.

Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL, a pour sa part déclaré :

“Nous sommes consternés par la condamnation et l’emprisonnement d’un syndicaliste pour avoir rendu compte à ses collègues de travail des discussions tenues lors d’une réunion avec la direction. C’est inacceptable et nous souhaitons rappeler à la direction d’E-Toile et au gouvernement de Madagascar qu’ils doivent respecter les normes nationales et internationales du travail en matière de liberté syndicale et de droits syndicaux. L’employeur et le gouvernement doivent s’engager dans un dialogue social avec les syndicats au lieu d’intimider les travailleurs et les travailleuses avec des accusations montées de toutes pièces et des emprisonnements.”

Un guide syndical de pratiques pour une transition juste

Un guide syndical de pratiques pour une transition juste
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Ce guide explique ce qu'est la transition juste pour les travailleurs et insiste sur un cadre de transition juste qui, avant tout, protège les moyens de subsistance des travailleurs, aujourd'hui et demain.

Chaque mesure exprime une approche audacieuse, positive pour la société : des emplois mieux payés, un travail garanti, une protection sociale forte et des investissements dans les collectivités sont autant de fondements d'une société qui permet d'espérer une rémunération équitable du travail, des droits au travail solides et un avenir optimiste pour tous ceux qui partagent un air, une eau et des aliments sains sur une planète en meilleure santé, sous l'égide du dialogue social.

La première partie analyse les réalités de l'état économique et politique d'une transition juste en 2022, en mettant l'accent sur les écueils et les carences des efforts consentis à ce jour pour la transition juste, de sorte que les dirigeants syndicaux et leurs alliés puissent se préparer aux défis qui se présenteront inévitablement à eux.

Elle présente aussi les résultats d'une enquête mondiale sur la transition juste réalisée auprès des affiliés d'IndustriALL et qui rend compte de l'étendue de la présence des affiliés d'IndustriALL sur la planète.

La deuxième partie propose aux syndicats un large éventail de mesures à suivre pour structurer un effort pour une transition juste couronné de succès. Elle renferme des outils pratiques en matière de mise en œuvre et de suivi, principalement à l'intention des syndicats et de leurs alliés, mais peut aussi suggérer des pistes à des dirigeants politiques et des chefs d'entreprise responsables.

L'annexe renferme des énoncés spécifiques à des plans pour une transition juste que les syndicats peuvent utiliser et adapter dans différents pays.

"Ce guide de pratiques propose des mesures concrètes pour permettre aux syndicats de lancer et mener à bien un cadre fort pour une transition juste. Pour qu'une transition soit juste, elle doit impliquer les syndicats et les travailleurs. S'ils ne participent pas aux discussions et à la prise de décision, il ne s'agira que d'une transition simple, et pas d'une transition juste pour les travailleurs, leurs familles et les communautés", indique Diana Junquera-Curiel, la directrice d'IndustriALL en charge de l'industrie de l'énergie et de la transition juste.

Comment obtenir une Transition juste en Turquie ?

Önder Algedik, expert en climat et en énergie, a expliqué le contexte de la politique climatique en Turquie et Alpkan Birelma, professeur adjoint à l’Université d’Özyeğin et auteur du récent rapport de la FES sur les syndicats en Turquie, a rendu compte de leurs défis persistants dans la défense des droits des travailleurs.

Le contexte turc

L’économie turque bénéficie toujours d’investissements dans la fabrication industrielle en raison des ruptures d’approvisionnement dans d’autres parties du monde, de la proximité du marché européen (41,3 % des exportations turques) et du faible coût de sa main-d’œuvre. Mais avec un taux de 83 %, l’inflation en Turquie est véritablement devenue incontrôlable, mettant l’économie en péril.

Bien qu’il ait ratifié l’Accord de Paris avec l’objectif d’atteindre la neutralité climatique d’ici 2053, le gouvernement turc investit dans la production nationale de charbon. Il s’agit de sécuriser l’approvisionnement énergétique d’un pays qui dépend largement d’importations d’énergies fossiles, principalement de Russie et du Moyen-Orient. La Turquie devrait revoir son objectif actuel de réduction des émissions de 21 % d’ici à 2030 avant la COP27 en novembre.

La Turquie devra élaborer un programme climatique plus ambitieux pour s’aligner sur les objectifs et la législation de l’UE. Le Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières augmentera le prix des exportations de la Turquie vers l’UE. L’élimination progressive des voitures à moteur à combustion d’ici à 2035 aura également un impact et les exportations turques de textiles devront se conformer à la stratégie européenne pour un textile durable, qui vise à réduire la consommation d’eau et de matières premières, ainsi qu’à promouvoir la réutilisation et le recyclage des textiles.

Qu’est-ce que cela signifie pour les travailleurs et travailleuses ?

La Transition juste est un sujet relativement nouveau dans l’agenda des syndicats turcs.

Le paysage industriel turc se caractérisant par une augmentation constante de la production industrielle à forte intensité de carbone et l’absence de politique climatique, il n’y avait guère de raison de s’inquiéter des mutations industrielles liées à la décarbonation. En outre, les relations sociales problématiques de la Turquie rendent très difficile l’implication des syndicats dans l’anticipation du changement.

Selon un rapport récent de la Fondation Friedrich Ebert, les droits syndicaux en Turquie sont loin d’être alignés sur les conventions fondamentales de l’OIT. Le droit à la négociation collective a été attaqué et le droit de grève a été davantage restreint. Depuis 2016, la CSI classe la Turquie parmi les dix pires pays pour les travailleurs et travailleuses.

Malgré le contexte difficile, les syndicats turcs ont pu faire état des premières mesures concrètes qu’ils entreprennent ou prévoient pour anticiper la transition dans leurs secteurs.

IndustriALL Global Union et industriAll Europe sont aux côtés de leurs affiliés turcs pour défendre les droits syndicaux et assurer une Transition juste pour les travailleurs et travailleuses alors que la Turquie s’engage sur la voie des zéro émissions nettes.

 

Kan Matsuzaki, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Global Union, a déclaré :

“Cet atelier n’est que la première étape dans des discussions plus ciblées sur les droits syndicaux et la Transition juste en Turquie. Nous aiderons nos collègues turcs à œuvrer en faveur d’une Transition juste conforme aux principes directeurs de l’OIT adoptés en 2016 : une transition qui repose sur des droits syndicaux forts, la mise en œuvre des conventions fondamentales de l’OIT et des mécanismes de dialogue social efficaces.”

Judith Kirton-Darling, Secrétaire générale adjointe d’industriAll Europe, a pour sa part déclaré :

“Dans le contexte d’une inflation galopante et de la crise des prix de l’énergie, la nécessité d’anticiper les changements en cours pour les travailleurs industriels turcs est plus importante que jamais. Le Pacte vert pour l’Europe aura un impact sur les économies au-delà des frontières de l’UE. Nous sommes aux côtés de nos syndicats affiliés pour revendiquer des stratégies industrielles durables et leur pleine implication dans la gestion du changement. Rien de ce qui nous concerne ne peut se faire sans nous !”

Nous voulons un avenir juste et la fin des inégalités !

En Géorgie, les syndicats ont organisé une exposition de photographies dans les rues pour sensibiliser à la question du salaire décent et des inégalités.

Le Conseil d'IndustriALL pour le Japon (JLC) a organisé un séminaire sur la situation actuelle, où les salaires n'ont plus augmenté depuis 30 ans, pour discuter de solutions pour mettre fin à une répartition inéquitable. Il devait préparer les négociations salariales de l'an prochain qui débuteront incessamment.

Le président du JLC, Akira Takakura, a évoqué la crise du coût de la vie alors que les bénéfices des entreprises augmentent :

"De l'avis général, non seulement des syndicats mais de la société dans son ensemble, les hausses de salaires sont une solution efficace pour combattre les prix élevés et éliminer les inégalités. Le moment est venu pour nous, alors que nous préparons la Campagne de printemps. L'accent est mis sur les salaires. Si nous, les travailleurs, ne pouvons plus acheter parce que les salaires n'augmentent pas, l'économie cessera de tourner." 

 

En Irak, les syndicats ont informé les travailleurs sur la Journée pour le travail décent, l'instabilité des contrats et des salaires. Alaa Odeh Hussein, le président du Syndicat général des travailleurs du secteur de l'électricité, a déclaré :

"Le tissu de nos sociétés cède de partout et les gens, les sociétés et les travailleurs du monde entier subissent des niveaux d'inégalité historiques, un chômage massif, de mauvais emplois et des contrats précaires dans des économies informelles qui gagnent du terrain. Alors que nous essayons de sortir de la crise de la santé provoquée par la pandémie de Covid-19, nous sommes pris à la gorge par les crises du coût de la vie, de l'énergie, de la sécurité alimentaire et du climat."

À cela, Atle Høie, le secrétaire général d'IndustriALL, ajoute :

"Partout, les inégalités se creusent malgré les mises en garde des institutions internationales et de nombreux gouvernements. Alors que les gouvernements et les politiciens n'apportent pas de solution à la crise, les syndicats se renforcent, comme le montrent les actions menées à l'occasion de cette Journée mondiale pour le travail décent. Je suis fier de voir que nos affiliés se joignent à nous pour dire que ça suffit et qu'il est temps de payer."  

La solidarité internationale permet d’obtenir un accord

In 2021, Ford India announced that it will stop manufacturing vehicles in India. Of the two plants in Sanand, one was bought by Tata Passenger Electric Mobility Limited, and the engine plant stays open. Two plants one closed one open. Sanand Ford Employees Union with support from United Auto Workers (UAW), IndustriALL, and unions in TPEML successfully retained their job along with pay, other facilities and continuous years of work experience.

The assembly plant in Chennai were to close as no buyer was found, leaving the workers unemployed and many facing economic hardship. The negotiation process lasted for a year, with Chennai Ford Employees Union (CFEU) raising concerns with management and demanding job security.

 

Une alliance syndicale mondiale sous la direction de notre affilié américain UAW avait activement soutenu la reconnaissance du CFEU en 2011. En prévision de la fermeture de l’usine en 2021, l’UAW et IndustriALL ont fermement soutenu le syndicat, qui représente 2.592 travailleurs et travailleuses, dans sa lutte pour obtenir des indemnisations équitables.

En septembre 2021, des représentants de l’UAW, d’IndustriALL et des syndicats représentant les travailleurs de Ford des usines de Chennai et de Sanand ont formé un groupe de travail coordonné par le bureau régional d’IndustriALL pour l’Asie du Sud, en amont des négociations avec la direction de Ford. Des réunions hebdomadaires ont été organisées pour discuter de la liste de revendications préparée par les syndicats de Ford. Des alliances avec les syndicats de Tata Motors ont également été explorées pour un soutien potentiel. Lorsque nécessaire, l’UAW communiquait avec la direction de Ford aux États-Unis.

Cependant, les négociations sur les indemnités de départ ont abouti à une impasse et le syndicat a demandé une conciliation au Ministère du Travail en juillet 2022. Après plusieurs cycles de négociations tripartites, le syndicat et la direction de Ford sont finalement parvenus à un accord sur l’indemnité de départ pour l’usine de Chennai. Les travailleurs et travailleuses recevront un paquet équivalent à une moyenne de 140 jours de salaire brut pour chaque année de service accomplie, un paiement unique de 0,15 million INR (1.837 $ US) et leurs salaires jusqu’au 30 septembre 2022.

“Même si nous n’avons pas pu conserver les emplois, c’est une grande victoire pour nous, car le syndicat a réussi à négocier un accord satisfaisant. Nous nous félicitons tout particulièrement de la clause stipulant que si la marque Ford est relancée en Inde dans les trois prochaines années, nous serons prioritaires en fonction de notre mérite. Nous exprimons notre gratitude envers nos collègues d’IndustriALL et de l’UAW pour leurs encouragements et leur soutien durant cette période difficile,”

a déclaré Suresh S, Secrétaire général du CFEU.

“Nous pensons que les entreprises multinationales ont la responsabilité sociale d’assurer le bien-être des travailleurs et des travailleuses ainsi que de leurs familles. Cette lutte qui a duré un an a finalement porté ses fruits. IndustriALL se félicite de cet accord qui est un exemple remarquable de solidarité internationale entre les syndicats qui a ponctué le processus de négociation,”

a déclaré pour sa part Georg Leutert, Directeur d’IndustriALL pour le secteur automobile.

Libérez les syndicalistes emprisonnés au Myanmar ! Reconnaissez le NUG !

La poursuite de leur détention relève d'une parodie de justice et est une insulte à la démocratie. Les droits syndicaux sont universellement reconnus et garantis par la Déclaration universelle des droits de l'homme et par les Principes et droits fondamentaux au travail de l'Organisation internationale du travail (OIT). On ne peut permettre que des travailleurs et des syndicalistes soient emprisonnés pour avoir exercé ces droits au nom de la démocratie. Les droits humains et les droits syndicaux ne sont pas facultatifs, ce sont des droits universels et inaliénables qui doivent être appliqués à toutes les travailleuses et tous les travailleurs, sans discrimination et/ou sans qu'ils aient à craindre la répression.

Les droits syndicaux sont indissociables de la démocratie. Ils ne peuvent croître et s'épanouir que si les gouvernements respectent les procédures démocratiques et l'État de droit. C'est pourquoi les Syndicats mondiaux réitèrent leur appel à l'Assemblée générale des Nations unies pour qu'elle reconnaisse la légitimité du gouvernement d'unité nationale (NUG) du Myanmar en tant que seul et authentique gouvernement démocratique du peuple du Myanmar. En reconnaissant le NUG, nous préserverons les droits humains et syndicaux des travailleuses et travailleurs de ce pays et nous mettrons fin, une fois pour toutes, à la représentation fallacieuse de la dictature brutale de la junte militaire devant la communauté internationale.

Les Syndicats mondiaux condamnent aussi dans les termes les plus vifs les innombrables violations des droits humains, la torture et les assassinats dont sont victimes les militants démocratiques dans les prisons et à l'extérieur. Nous exhortons les Nations unies et toutes les institutions internationales des droits de l'homme concernées à agir avec vigueur en la matière et à traduire en justice tous les responsables de ces atrocités.

Les organisations syndicales ne doivent relâcher leur pression tant que tous les syndicalistes, partout dans le monde, n'auront plus à craindre la répression et les violations de leurs droits fondamentaux. La démocratie est un droit pour tous ceux et celles qui travaillent. La tyrannie, quand et où qu'elle règne, sera combattue par les syndicats dans l'unité et la solidarité.

Les Syndicats mondiaux, aujourd'hui à Genève, réclament la libération immédiate des syndicalistes emprisonnés au Myanmar.

Le Comité syndical mondial d’Inditex se bat en faveur de la chaîne d’approvisionnement

Réunis au siège d’Inditex à La Corogne, en Espagne, du 3 au 6 octobre, les représentants syndicaux locaux des six pôles de production d’Inditex dans le monde et les représentants des affiliés espagnols d’IndustriALL, Comisiones Obreras et UGT-FICA, ont débattu du plan de travail mondial pour 2022 et l’ont évalué, ont échangé sur leurs victoires en matière de syndicalisation et de négociation collective dans les usines des fournisseurs d’Inditex au cours de l’année 2022 et ont élaboré son plan de mise en œuvre mondial.

Ces journées ont coïncidé avec le 15e anniversaire de l’accord-cadre mondial et la signature d’un nouveau protocole en présence du Comité syndical mondial. Ce nouveau protocole favorise le dialogue social en renforçant le comité et ses organes de coordination, en établissant notamment de nouveaux mécanismes pour consolider le rôle des syndicats locaux afin de mieux comprendre les besoins des travailleurs et travailleuses qui confectionnent les vêtements.

Le Comité mondial avec le Secrétaire général d’IndustriALL Atle Høie et le PDG d’Inditex Óscar García Maceiras lors de la signature de l’accord.

Au cours de ess journées de travail, le Comité syndical mondial a discuté des perspectives d’un programme conjoint de mise en œuvre au plan mondial concernant la liberté syndicale et la négociation collective, ainsi que des nouveaux protocoles sur l’accès aux usines. L’accès aux usines de la chaîne d’approvisionnement d’Inditex permettra de mieux comprendre les besoins de ses travailleurs et travailleuses et la manière d’y répondre.

Le Comité mondial continuera à travailler avec tous les affiliés de l’industrie du textile et de la confection d’IndustriALL pour identifier et planifier l’accès conjoint aux usines pour 2023, comme le prévoit le plan de travail de l’ACM pour l’année prochaine.

Depuis sa création, l’Accord international a permis d’améliorer de manière significative la sécurité des usines au Bangladesh. Le Comité mondial a exprimé son soutien au Pakistan, qui sera le prochain pays à élaborer un programme de santé et de sécurité dans le cadre de l’Accord. Il a également exprimé son soutien à la revendication du Réseau syndical Inditex pour la région MENA d’étendre l’Accord au Maroc.

“Le Comité syndical mondial a pris des décisions clés pour garantir que les travailleurs et travailleuses de la chaîne d’approvisionnement mondiale d’Inditex continuent à pouvoir exercer leurs droits à se regrouper en syndicats pour négocier de meilleures conditions de travail. IndustriALL va continuer à soutenir le Comité syndical mondial d’Inditex dans cet important mandat,”

a indiqué Christina Hajagos-Clausen, Directrice d’IndustriALL pour le textile et la confection.