Les syndicats saluent la reprise de la campagne d’IndustriALL contre Glencore

La réunion du réseau syndical a eu pour toile de fond le rôle du cobalt dans la transition énergétique à faible émission de carbone et le rôle stratégique de la RDC dans la chaîne d’approvisionnement des batteries.

Les participants ont examiné les différences entre les activités de Glencore Afrique du Sud et son comportement en RDC, en tenant en compte les relations sociales, l’engagement des parties prenantes, le dialogue tripartite, la promotion de l’emploi des femmes et la transition juste.

Les conditions de vie des mineurs au sein des activités de Glencore, celles des communautés environnantes et la situation de l’environnement, ne reflètent pas la valeur intrinsèque des minerais que les travailleurs et travailleuses produisent. On peut prendre en exemple le boom des matières premières, tel qu’il se reflète dans le bilan des bénéfices de Glencore.

Les conclusions du rapport The Road to Ruin ? – Electric vehicles and workers’ rights abuses at DRC’s industrial cobalt mines de l’organisme de surveillance des entreprises Rights and Accountability in Development (RAID) et du Centre d’Aide Juridico-Judiciaire (CAJJ), un centre d’aide juridique congolais spécialisé dans les droits des travailleurs, sont un reflet du rapport d’IndustriALL publié après une mission en RDC en 2018.

“Il est inacceptable que l’exploitation minière à grande échelle soit impliquée, en quasi impunité, dans ces atteintes de grande ampleur aux droits des mineurs. La situation ne s’est pas améliorée depuis la mission d’IndustriALL en 2018. Il n’y a toujours pas de dialogue local avec la direction et le dialogue mondial avec IndustriALL n’est pas institutionnalisé et n’a lieu que de manière non systématique,”

a indiqué Glen Mpufane, Directeur du secteur des mines pour IndustriALL.

Selon les travailleurs, Glencore n’a pas tenu compte des préoccupations relatives au besoin de responsabilité et de transparence soulevées lors de la réunion de leur réseau national en juin 2021.

“Il n’est pas facile d’être en contact avec Glencore, à moins que ce ne soit un prérequis légal ou une exigence de la convention collective. Il n’y a pas eu de dialogue depuis 2021 avec Glencore, sauf pour les négociations de la convention collective”, ont indiqué les travailleurs.

“La diligence raisonnable dans la chaîne d’approvisionnement nécessite la consultation des parties prenantes. C’est une ironie que les syndicats, organisations les plus structurées de la société civile, ne soient pas consultés pour garantir la diligence raisonnable dans l’exploitation des produits miniers en RDC, essentiels pour la transition énergétique à faible émission de carbone.”

a déploré Glen Mpufane.

En mars 2018, IndustriALL a lancé un avertissement au secteur automobile afin de garantir le respect des droits des travailleurs en RDC.

Les dirigeants syndicaux ont exprimé leur colère face à l’absence de stratégie de la part de Glencore visant à combler l’écart entre les sexes en matière d’emploi et à promouvoir significativement l’emploi des femmes, à réduire la dépendance à l’égard des expatriés dans les catégories d’emploi de haut niveau et à mettre en œuvre un programme de transition des compétences.

La réunion était soutenue par la FES (Allemagne). Les affiliés ont remercié IndustriALL et le bureau local de la FES pour leur soutien permanent et leur solidarité, ainsi que pour la mise en œuvre du projet intitulé “Travail décent dans la chaîne d’approvisionnement des batteries : étapes vers une exploitation responsable du cobalt en RDC”.

Les organisations sub-sahariennes exigent la fin des flux financiers illicites

Cette question a été abordée lors d’un atelier régional sur les flux financiers illicites qui s’est tenu à Accra, au Ghana, les 24 et 25 octobre, avec le soutien de la FES Ghana et auquel ont participé 30 personnes venues d’Afrique du Sud, du Ghana, du Kenya, du Liberia, de Tanzanie, du Togo et de Zambie.

Les participants étaient en provenance d’affiliés d’IndustriALL et de l’Internationale des services publics, de la CSI-Afrique et d’organisations de la société civile, dont Alternative Information Development Centre, Oxfam, Tax Justice Network Africa et Third World Network Africa. Des fonctionnaires du Ministère des finances du Ghana ont également pris part à l’atelier.

Les discussions ont indiqué que près de 88,6 milliards de dollars quittent chaque année le continent africain à destination des paradis fiscaux du Panama, des îles Vierges britanniques, des Seychelles et d’autres pays, principalement au profit des pays développés.

Le montant de cette énorme perte financière serait suffisant pour financer près de 50 % des coûts nécessaires à la réalisation des objectifs de développement durable. Les experts présents à l’atelier ont déclaré que cela avait été confirmé par une étude de la CNUCED selon laquelle les flux financiers illicites sont plusieurs fois supérieurs aux flux d’investissements directs étrangers sur le continent.

Bien que le thème de l’atelier régional ait été “Les flux financiers illicites dans le secteur de l’extraction de l’or au Ghana”, il a été relevé que le Ghana n’est pas le seul pays africain confronté à ces flux. Citant des exemples tirés d’études de cas au Ghana, en Afrique du Sud et dans d’autres pays, les experts ont déclaré que les flux financiers illicites prennent souvent la forme de fuite de capitaux, de fraude et d’évasion fiscales, de blanchiment d’argent, de dissimulation d’actifs et de mauvaises pratiques commerciales telles que la falsification de factures d’expéditions commerciales et de prix de transfert.

Les activités criminelles, notamment les marchés illégaux, la corruption et le vol pour le financement du terrorisme, sont également des formes de flux financiers illicites. D’après les études, les flux financiers illicites continuent de drainer des revenus dont les pays en développement d’Afrique subsaharienne ont grand besoin et qui pourraient être utilisés pour éradiquer la pauvreté, créer des emplois décents, réduire les niveaux élevés de chômage et contribuer à l’industrialisation.

En outre, l’atelier a débattu de l’importance d’utiliser la Vision minière africaine (VMA), qui décrit comment les ressources naturelles peuvent être utilisées pour le développement économique, comme l’un des instruments pour freiner les flux financiers illicites, parallèlement à d’autres initiatives de gouvernance minière. Cependant, la plupart des pays n’ont pas adopté la VMA, seul le Lesotho a élaboré une vision minière nationale. La plupart des pays ne font pas non plus respecter leurs législations sur les ressources naturelles et l’exploitation minière, ce qui permet aux multinationales d’ignorer leurs engagements en matière de fiscalité et de développement des infrastructures contenus dans les licences d’exploitation.

Sani Baba, Secrétaire régional de l’Internationale des services publics pour les pays arabes, a déclaré :

“La situation économique actuelle du Ghana, notamment l’inflation élevée et la dépréciation de la monnaie, pèse lourdement sur les travailleurs et les citoyens. Le gouvernement doit prendre des mesures drastiques, notamment réduire le montant des incitants fiscaux accordés aux multinationales afin de générer des revenus suffisants pour investir dans la santé, l’éducation et les infrastructures ainsi que limiter l’externalisation de la main-d’œuvre dans le secteur minier.”

“Le Ghana a besoin d’une participation et d’une collaboration accrues des principales parties prenantes du secteur de l’exploitation de l’or et des ressources minières pour lutter contre les flux financiers illicites et assurer la mobilisation efficace des revenus nationaux en vue d’un développement socio-économique durable. Les stratégies dont nous avons besoin doivent comprendre la formalisation de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle par la création de cadres juridiques, la valorisation des ressources minières, y compris le raffinage des lingots d’or, car cela permettra de créer des emplois et de maximiser le rendement des richesses naturelles,” a déclaré Abdul-Moomin Gbana, Secrétaire général du Syndicat des mineurs du Ghana. Il a en outre souligné l’importance de la participation des industries locales et d’un cadre de politique industrielle favorisant les liens pour assurer la valeur ajoutée et la création d’emplois décents.

Glen Mpufane, Directeur d’IndustriALL pour le secteur des mines, a déclaré :

“Les flux financiers illicites sont un fléau pour le continent, qui prive le pays hôte d’avantages économiques et d’un développement dont il a grand besoin et ils doivent être dénoncés pour ce qu’ils sont, à savoir un acte criminel. Une campagne continentale et régionale est nécessaire pour y mettre fin. Les revenus perdus pourraient être utilisés pour garantir que les politiques commerciales et industrielles traitent de l’exploitation minière durable qui profite aux pays africains riches en ressources et des politiques qui incluent des clauses sur la protection de l’environnement, les droits de l’homme, les droits des travailleurs et les droits des communautés présentes dans les zones minières. L’exportation de matières premières devrait également être remplacée par la production de valeur ajoutée locale dans les chaînes d’approvisionnement, car cela crée et soutient les industries manufacturières.”

Les travailleurs et travailleuses sri-lankais peinent face à l’inflation

Les syndicats revendiquent une augmentation du salaire minimum national à 26.000 LKR (71 dollars), mais le gouvernement n’a pas bougé.

L’inflation concernant les denrées alimentaires a atteint 95 % au Sri Lanka en septembre, alors que les salaires stagnent. Dans certaines usines, les travailleurs et travailleuses ne sont payés que 16.000 LKR (44 USD), soit le salaire minimum national. Les salaires des travailleurs et travailleuses migrants dans les zones de libre-échange ne suffisent pas à payer leur logement. La crise salariale en cours dans la région a revêtu sa pire forme au Sri Lanka, qui n’est par ailleurs pas encore remis d’une crise économique sans précédent.

Avant la crise, les travailleurs et travailleuses pouvaient se maintenir à flot malgré leurs bas salaires grâce à la rémunération des heures supplémentaires, à des primes d’assiduité, aux facilités de transport et à d’autres mesures incitatives ; toutefois, depuis la suppression de ces avantages, le salaire-poche a considérablement diminué. Les entreprises invoquent le manque de commandes pour justifier la suppression de ces primes.

Les participants à l’atelier ont clairement indiqué que pour surmonter ces difficultés, les syndicats doivent obtenir un salaire vital en renforçant le pouvoir syndical sur le terrain et en luttant collectivement pour des salaires décents. Les syndicalistes ont discuté des mécanismes tels que les négociations sectorielles, les accords-cadres mondiaux et les forums tripartites, qui doivent être utilisés efficacement pour faire campagne en faveur d’un salaire vital.

Les représentants des enseignes mondiales de l’habillement, qui étaient présents à la table ronde organisée le 21 octobre pour discuter de la nécessité d’un salaire vital, ont déclaré qu’actuellement, l’industrie de la confection fonctionne en mode de survie en raison de l’inflation élevée dans le monde entier.

Les fabricants sri-lankais sont confrontés à une concurrence féroce de la part d’autres pays d’Asie du Sud qui maintiennent des prix bas en respectant les délais de livraison. Les enseignes ont assuré qu’elles maintiendraient les usines en activité au Sri Lanka pour que les travailleurs et travailleuses conservent leur emploi.

Anton Marcus, Co-secrétaire du syndicat affilié à IndustriALL, le Syndicat des salariés des zones franches et des services généraux, a déclaré :

“Les enseignes doivent assumer leur responsabilité sociale en veillant à ce que les commandes ne soient pas interrompues. Si les fabricants ne peuvent pas verser aux travailleurs une allocation de secours économique de 10.000 LKR (27 dollars), les enseignes doivent soutenir les fabricants. C’est le moment de faire preuve de solidarité avec les Sri Lankais.”

Les syndicats et les enseignes ont reconnu la nécessité d’un changement à l’échelle de l’industrie de l’habillement pour garantir que les travailleurs et travailleuses reçoivent des salaires décents.

Apoorva Kaiwar, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Asie du Sud, a déclaré :

“Les syndicats sont clairs sur le fait que les salaires doivent augmenter dans tout le pays et en particulier dans le secteur du prêt-à-porter, qui emploie un grand nombre de travailleuses, dont beaucoup sont des mères célibataires. Nous avons besoin d’un mécanisme de négociation à l’échelle du secteur pour y parvenir. Nous appelons les enseignes et les fabricants à prendre langue avec les syndicats pour engager des négociations salariales sectorielles à l’échelle de l’industrie de l’habillement.”

Nous n'atteindrons pas les objectifs climatiques sans le piégeage et le stockage du CO2 (PSC)

La valorisation énergétique des déchets peut, avec le piégeage et le stockage du carbone (PSC), être la solution ultime pour le traitement des déchets non recyclables; elle élimine du CO2 de l'atmosphère et produit localement de la chaleur et de l'électricité. Mais les experts expliquent qu'un cadre et des conditions adéquats doivent être réunis pour pouvoir déployer cette technologie.

L'industrie lourde européenne émet beaucoup de CO2. C'est le cas pour la pétrochimie, la métallurgie et la sidérurgie et les minéraux non métalliques pour lesquels, à l'exception de l'acier vert, il existe peu de solutions commercialement viables pour réduire ces émissions. Le PSC est donc une solution majeure pour réduire ces émissions récalcitrantes. Les possibilités de développer la technologie du PSC sont multiples et la Norvège est un des pays à la pointe et investit dans ce domaine.

"Le piégeage du CO2 est le segment le plus important de la chaîne de valeur du PSC. Il est important de saisir les possibilités connues de réduire les émissions et de créer des emplois de transition,"

a déclaré Are Tomsgard de LO Norvège.

Des instituts scientifiques norvégiens ont effectué pour le compte des syndicats des recherches sur la création d'emplois et la mise en place de plans d'entreprise globaux dans le domaine du PSC. Des organisations d'employeurs et des organisations syndicales ont examiné ensemble la Transition juste sous l'angle du PSC.

Leurs conclusions sont que le PSC peut générer beaucoup d'emplois, à la fois dans le piégeage du CO2 et son transport vers les sites d'enfouissement, et qu'il peut contribuer à préserver les emplois existants dans l'industrie tout en réduisant les émissions. Pour exploiter ses potentialités en matière d'emploi, des investissements et un soutien des gouvernements s'imposent, de même que l'élaboration d'un projet à pleine échelle.

"Les syndicats doivent s'assurer que les travailleurs soient organisés. Le savoir-faire ouvre des perspectives internationales. Un projet à pleine échelle pourrait générer une filière, des solutions et une expérience spécialisées bénéfiques à l'échelle globale,"

a ajouté Are Tomsgard.

Markus Hole, de Celsio, un acteur du projet norvégien Longship, a expliqué qu'il s'agit là du projet intégral du gouvernement pour le piégeage et de stockage. Ce sera le tout premier réseau transfrontalier et ouvert d'infrastructures de transport et de stockage de CO2, qui permettrait à des entreprises de l'Europe entière de stocker leur CO2 de manière permanente et sécurisée dans le sous-sol.

"La première phase du projet s'achèvera à la mi 2024 pour une capacité pouvant atteindre 1,5 million de tonnes de CO2  par an,"

a expliqué Markus Hole.

Olav Øye, de BELLONA, une ONG environnementale qui collabore avec les organisations d'employeurs et de travailleurs norvégiennes pour chercher des solutions au changement climatique, a expliqué, qu'en matière de PSC, leur recommandation consiste à :

"créer un cadre légal et apporter un financement pour le transport et le stockage du CO2, le piéger et le stocker plutôt que de fermer des industries, sans attendre l'hydrogène vert qui n'arrivera qu'en 2035. Il faut s'engager tout de suite dans le PSC !"

Plusieurs participants ont demandé si le CO2 piégé ne pouvait être utilisé dans des produits ou des processus industriels. Les experts ont expliqué que des recherches et des projets pilotes ont donné des résultats prometteurs quant à l'utilisation du CO2 dans des combustibles de synthèse, des produits chimiques et des matériaux de construction. Quoi qu'il en soit, toutes les utilisations de CO2 piégé n'entraîneront pas des réductions des émissions. Cela dépend, entre autres facteurs, de la quantité d'énergie nécessaire pour convertir le CO2. L'évaluation du cycle de vie des émissions est déterminante.

Un autre sujet de préoccupation, pour les pays du Sud en particulier et au vu de l'importance des investissements nécessaires dans les infrastructures pour les projets de PSC à grande échelle, est l'intérêt qu'ils présentent pour les économies plus modestes grandes émettrices. En Afrique, où l'énergie solaire est abondante, le PSC séduit moins en raison des investissements nécessaires et de l'existence de solutions de remplacement pour la production d'énergie.

Les combustibles fossiles occupent une place importante dans la région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord (MENA) en raison de la dépendance des économies de la région de la production et l'exportation du pétrole et du gaz. Ils représentent beaucoup d'emplois et des rentrées importantes. En Irak, plus de 90 pour cent du budget national vient du pétrole et du gaz; en revanche, la région MENA est celle qui est le plus impactée par le changement climatique, avec les sécheresses, les pénuries d'eau, les vagues de chaleur et les dégâts aux écosystèmes.

"Des initiatives ont été prises dans la région pour réduire les émissions de CO2, sous la forme notamment de recours à des énergies renouvelables et d'investissements dans le PSC. L'énergie solaire a aussi un énorme potentiel dans la région. La raison de l'attrait considérable du PSC pour les pays du Golfe est qu'il leur permettrait de réduire leurs émissions. Cette technologie intéresse les syndicats de la région en particulier parce que, grâce à elle, l'industrie ne serait pas condamnée mais plutôt assainie dans un premier temps,"

a déclaré Ahmed Kamel, le secrétaire régional d'IndustriALL pour la région MENA.

La législation américaine sur la réduction de l'inflation (IRA) prévoit un financement fédéral pour la création de pôles de PSC dans différentes régions. Dans celle de la Vallée de l'Ohio, un groupement d'États, d'acteurs industriels et de syndicats, dont United Steelworkers (USW), ont sollicité ensemble un financement pour la construction d'un complexe de PSC et d'hydrogène afin de réduire les émissions de la sidérurgie, de l'exploitation minière et des centrales alimentées au charbon.

l'USW représente aussi les travailleurs des raffineries aux États-Unis, lesquels craignent pour leurs emplois. Des fonds fédéraux importants sont disponibles aux États-Unis pour des projets industriels pouvant réduire les émissions. L'USW étudie les moyens de pression qui permettraient de faire en sorte qu'une partie de ces ressources aille aux raffineries.

"EXXON et d'autres ont des plans pour la construction de la plus grande installation de PSC au monde dans le Golfe du Mexique. Elle servirait au piégeage des émissions de raffineries, d'usines chimiques et de dépôts de carburant. Le projet est d'une taille énorme et il nécessitera beaucoup plus de fonds, même en tenant compte des dotations du gouvernement. Mais, dans l'ensemble, les syndicats ne constatent pas d'efforts suffisants pour sauver l'emploi,"

A déclaré Mike Smith, de l'USW.  

Des progrès significatifs sont nécessaires dans les négociations sur le traité contraignant de l’ONU

Les cas de violation des droits des travailleurs par les entreprises sont en augmentation. Selon l’Indice des droits de la CSI, 113 pays privent les travailleurs et travailleuses de leur droit de créer ou d’adhérer à un syndicat, contre 106 en 2021. 87 % des pays violent le droit de grève et quatre pays sur cinq bloquent la négociation collective.

Avec l’entrée en vigueur de nouvelles lois, la pression s’est accrue pour que des mesures réglementaires soient prises afin que les entreprises soient tenues responsables des violations des droits de l’homme aux niveaux national et régional. Les négociations de la semaine prochaine en vue d’un traité contraignant mettront en lumière la nécessité d’agir pour mettre fin aux violations des droits de l’homme et du travail par les entreprises.

Les Fédérations syndicales internationales appellent au renforcement des priorités suivantes :

À ce sujet, Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, a déclaré :

“Le monde ne peut plus se contenter du modèle commercial actuel, fondé sur l’abus et l’exploitation, dans les chaînes d’approvisionnement mondiales. Il nous faut immédiatement des réglementations contraignantes et applicables, pour des conditions de concurrence équitables. Ces négociations durent depuis des années déjà ; nous ne pouvons pas attendre plus longtemps. IndustriALL Global Union, avec la CSI et d’autres organisations syndicales internationales, continuera à se battre pour un traité contraignant, conformément au plan d’action de notre Congrès.”

Lancement du guide syndical de pratiques pour une transition juste

L'expression transition juste est utilisée par les employeurs, les gouvernements et autres parties prenantes collectives. Mais qu'est une transition juste pour les travailleurs et quelles sont les démarches centrées sur les travailleurs et qui servent leurs attentes et leurs intérêts ?

Voilà quelques questions fondamentales qui se sont posées, le 18 octobre, pendant le webinaire en ligne de lancement du Guide syndical de pratiques pour une transition juste, auquel assistaient 82 représentants syndicaux de 51 pays couvrant les secteurs où IndustriALL Global Union est présent.

Ce guide a été conçu pour aider les syndicats à élaborer des cadres susceptibles d'être utilisés pour des campagnes et plans pour la transition destinés à protéger les travailleurs qui subissent l'impact de la transition, non seulement par le remplacement des combustibles fossiles par des sources d'énergies renouvelables, mais aussi par l'arrivée de nouvelles technologies. Il prend en compte les contextes et les réalités du Nord, avec des pertes d'emplois dans l'automobile et la sidérurgie, et celles du Sud, avec une précarisation de l'emploi et des salaires de misère.

Pour le secrétaire général adjoint d'IndustriALL Kan Matsuzaki, 

"La transition juste est un défi pour les syndicats en termes de pertes d'emplois, mais il faut aussi y voir une opportunité en termes de créations d'emplois dans les énergies renouvelables, l'automation et la numérisation, y compris dans l'électronique et la construction automobile. Cela veut dire que les syndicats doivent continuer à réclamer des emplois sûrs, en particulier pour les jeunes travailleurs, et à faire campagne pour des économies durables. Ce guide est un outil incontournable pour les syndicats qui élaborent leurs stratégies et leurs plans pour une transition juste."

Lors du webinaire, des intervenants ont dit que ces cadres doivent s'inspirer des principes directeurs de l'OIT pour une transition juste, des normes internationales du travail, de l'agenda pour le travail décent et des revendications des syndicats, notamment celles exprimées à des conférences telles que la COP 26. Ils ont mis l'accent sur la nécessité d'inclure les avancées obtenues par la négociation collective et le dialogue social.

Ce guide de bonnes pratiques est une boîte à outils riche d'idées à l'intention des syndicats et des sympathisants du monde du travail, c’est-à-dire des collectivités, des organisations de la société civile et autres membres d'alliances, de réseaux et de mouvements prônant une transition juste. Il comporte deux parties sur le contexte économique et politique actuel ainsi que des mesures à prendre par les syndicats pour la mise en place de leurs stratégies et leurs plans visant une transition propice aux travailleurs.

Ce guide repose sur cinq principes : une transition aux ambitions élevées, la création d'emplois décents, le dialogue social, la création d'institutions permanentes pour une transition juste et une énergie abordable. La lutte contre les inégalités entre hommes et femmes et l'éradication de la pauvreté sont aussi définies comme essentielles pour la transition.

"Nous voulons une transition ambitieuse et transformative qui garantit des emplois de qualité à tous les travailleurs affectés par la décarbonation […] Un processus de décarbonation reposant sur une transition juste doit être le véhicule qui transformera les rapports économiques entre le capital et les travailleurs, et engendrera une transformation radicale de la société qui s'accompagnera, entre autres, d'une production énergétique juste et pérenne."

Ce guide peut servir à l'éducation ouvrière, plus particulièrement pour renforcer les capacités des délégués d'atelier, et est complété par des mécanismes de mise en application et de vérification pour le dialogue social, des exemples de ce qui devrait figurer dans les accords sur la transition juste et des recommandations s'agissant du type d'organisations gouvernementales à mettre en place. Les modèles d'indicateurs, de calendriers et de listes de contrôle qui sont fournis peuvent servir à l'éducation syndicale tandis que l'annexe propose des pistes sur ce qui devrait figurer dans les accords pour une transition juste.

Il donne la parole aux travailleurs par le biais des affiliés d'IndustriALL en ce qu'il renferme des informations rassemblées pendant la phase de recherche par le biais d'un questionnaire, de réunions en ligne et d'interviews. La collecte de données destinées au guide a aussi obtenu des informations auprès des réseaux de l'énergie d'IndustriALL du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord et de l'Afrique subsaharienne.

Jonathan Tasini, l'auteur du guide, déclare :

"Les syndicats doivent pressentir immédiatement les employeurs et les gouvernements et élaborer des stratégies à long terme pour les vingt à trente prochaines années."

"Une transition juste est une question de justice sociale, de conditions de travail décentes et de meilleurs moyens de subsistance pour les travailleurs et leurs familles ainsi que pour les collectivités, et c'est là le message de fond du guide.

"Place à l'action maintenant. Les syndicats ne doivent pas attendre que les changements se produisent avant de prendre des mesures décisives,"

a déclaré Diana Junquera Curiel, la directrice d'IndustriALL en charge du secteur de l'énergie.

Le guide, publié par IndustriALL avec le soutien de la Fondation Friedrich Ebert, est disponible en anglais, en français et en espagnol.

La protection sociale à l’œuvre au Bangladesh

La protection sociale est un droit humain fondamental reconnu et peut comprendre des indemnités de maladie, des allocations de chômage et une assurance en cas d’accident. La pandémie a mis en évidence la précarité du modèle de production de l’industrie de la confection, car des millions de travailleurs et travailleuses de pays dépourvus de filet de sécurité se sont retrouvés sans salaire dès lors que l’industrie s’est brusquement arrêtée.

L’EIS, auquel participent l’OIT, le gouvernement, les enseignes, les travailleurs et les employeurs, est un régime de protection sociale comprenant une indemnisation pour les traitements médicaux et les services de réhabilitation, ainsi que contre la perte de revenus causée par les accidents du travail et les maladies professionnelles. Il s’agit d’un projet pilote d’une durée initiale de trois ans, auquel participent sept enseignes et environ 150 usines de confection.

Le webinaire du 18 octobre, qui s’adressait principalement aux investisseurs institutionnels désireux d’œuvrer en faveur d’une industrie de la confection plus durable, fondée sur le respect des droits fondamentaux des travailleurs, a examiné les raisons de la participation des enseignes de la confection et du textile, leur rôle dans le financement du projet et la nécessité de poursuivre leur engagement dans le développement d’un régime d’assurance durable contre les accidents du travail.

“Le non-paiement des salaires en raison de l’annulation de commandes pendant la pandémie a aggravé la pauvreté de millions de travailleurs et travailleuses de la chaîne d’approvisionnement mondiale en raison d’un manque fondamental de protection sociale. Dans plusieurs cas, cette situation a déclenché des protestations à grande échelle et a entraîné non seulement des risques opérationnels, juridiques et financiers pour les enseignes qui s’approvisionnent, mais aussi des atteintes à la réputation de certaines d’entre elles, qui ont été accusées de vol de salaire,”

a déclaré Liz Umlas, conseillère en gestion du capital.

Anne Marie La Rosa, de l’OIT, a souligné que cet important projet pilote est un moyen d’apporter des changements dans l’industrie de la confection.

“Les enseignes sont très présentes au Bangladesh. Si nous parvenons à faire fonctionner ce modèle et à réunir tout le monde autour de la table, le gouvernement, les syndicats et les industriels, il pourra être étendu à d’autres pays.”

Les enseignes de confection H&M et Primark ont participé au panel et ont donné leur avis sur les raisons pour lesquelles elles ont décidé d’élaborer et de soutenir le projet pilote. Dans leurs commentaires, H&M et Primark ont appelé d’autres enseignes à participer à l’EIS et ont fait remarquer que si les questions environnementales semblent être sur le radar des investisseurs, les questions sociales le sont beaucoup moins et la protection sociale en particulier n’est jamais évoquée par les investisseurs.

“Il s’agit d’une première étape importante dans la mise en place d’un solide filet de sécurité sociale pour les travailleurs et travailleuses, mais il faut que davantage d’enseignes se joignent à nous pour que ce projet pilote soit durable. Il est important que nous partagions la responsabilité d’une industrie de la confection durable.”

a déclaré Christina Hajagos-Clausen, Directrice d’IndustriALL pour le textile et la confection.

Les enseignes participantes à ce jour sont Bestseller, Fast Retailing, le groupe H&M, KiK, Primark et Tchibo. Dans une lettre envoyée au début de ce mois, IndustriALL a appelé plus de 40 enseignes s’approvisionnant au Bangladesh à soutenir ce programme.

Ce webinaire s’inscrivait dans le cadre d’une initiative plus large d’IndustriALL sur la protection sociale des travailleurs et travailleuses de la confection, faisant suite à une rencontre antérieure en juin, où des travailleurs et travailleuses de Thaïlande ont témoigné de l’impact du vol de salaire sur leur vie.

 
 
 
 

Recyclage des navires : il est urgent d’agir pour garantir la sécurité pour tous au travail !

Après la mort tragique de deux travailleurs sur l’installation de recyclage de navires de Simsekler en Turquie, qui a entraîné le retrait de ce chantier de la liste des installations de recyclage de navires de l’UE, industriAll Europe et IndustriALL Global Union ont discuté avec la Commission européenne de la manière d’améliorer les normes de santé et sécurité au travail sur les chantiers de recyclage de navires du monde entier, en soulignant que des syndicats forts sont essentiels pour garantir de bonnes pratiques en matière de santé et sécurité.

Au plan mondial, le secteur du démantèlement des navires, qui fait partie du processus de recyclage des navires, est connu pour être extrêmement dangereux avec des conditions de travail précaires, des salaires de misère, peu de formation et un manque d’équipements de sécurité et d’accès aux services médicaux, comme le souligne le rapport spécial d’IndustriALL Global Union. Malheureusement, les décès dans ce secteur ne sont pas rares et, outre les deux cas mentionnés précédemment en Turquie, les conditions de travail au Bangladesh suscitent de réelles inquiétudes, avec plus de vingt accidents graves et six décès à ce jour en 2022. Les syndicats appellent à une action urgente pour prévenir les accidents et améliorer les conditions de travail sur les chantiers de recyclage de navires partout dans le monde.

L’UE a mis en place des normes strictes par le biais du Règlement européen relatif au recyclage des navires et de la Liste européenne des installations de recyclage des navires. Les décideurs politiques européens souhaitent utiliser ces outils pour améliorer les conditions de travail et renforcer les normes environnementales des installations de recyclage des navires dans le monde entier. Ces deux textes étant en cours de révision, industriAll Europe et IndustriALL Global Union ont saisi cette occasion pour se rendre aux consultations organiées par la Commission européenne et la rencontrer pour mettre en lumière l’expérience des travailleurs sur le terrain et insister sur le fait que la liberté syndicale, des syndicats forts et un dialogue social de qualité sont tous nécessaires pour garantir la sécurité des travailleurs sur ces installations. Les syndicats peuvent contrôler le respect des réglementations sur le terrain, faire modifier les pratiques de travail de leurs membres et contester les tâches dangereuses.

Les syndicats soutiennent les objectifs du Règlement européen relatif au recyclage des navires visant à prévenir, réduire et minimiser les accidents, les blessures et autres effets négatifs sur la santé humaine et l’environnement au cours du processus de démantèlement ou recyclage des navires. Le règlement de l’UE vise également à contribuer à la ratification de la Convention internationale de Hong Kong pour le recyclage sûr et écologiquement rationnel des navires, dont IndustriALL Global Union est un partisan de longue date.

La demande de recyclage des navires étant appelée à augmenter considérablement dans un avenir proche, et près de 90 % du démantèlement des navires (tonnage brut) ayant lieu en Inde, au Pakistan et au Bangladesh, des investissements sont nécessaires pour garantir que les installations actuelles soient à la hauteur au plan mondial. Pour ce faire, les partenaires sociaux et les autorités nationales doivent élaborer des feuilles de route afin de se préparer à une demande accrue en matière de recyclage des navires, tout en respectant l’ensemble des critères définis dans la Convention de Hong Kong et le Règlement de l’UE.

Kan Matsuzaki, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Global, a déclaré :

“La priorité d’IndustriALL est l’entrée en vigueur de la Convention de Hong Kong. L’année prochaine est cruciale à cet égard. Elle verra l’introduction d’une norme mondiale de base pour un recyclage des navires sûr et respectueux de l’environnement. Les règlements de l’UE complètent cette convention et il est important que la voix des travailleurs et travailleuses soit entendue au cours du processus de révision. Notre vision est celle d’une industrie florissante qui assure le recyclage des navires selon des normes élevées, avec des emplois syndiqués sûrs et de qualité. La clé du succès réside dans une norme minimale reconnue au niveau mondial et dans le dialogue social avec les syndicats.”

Judith Kirton-Darling, Secrétaire générale adjointe d’industriAll Europe, a pour sa part indiqué :

“Le retrait de deux chantiers de recyclage de navires turcs de la 10e révision de la Liste des installations de recyclage de navires de l’UE est un échec pour tous les partenaires concernés. Nous devons de toute urgence améliorer les normes de santé et sécurité de ces chantiers et en aider davantage, en Europe et à l’étranger, à recycler les navires de manière propre et sûre. L’économie circulaire joue un rôle important dans le cycle de vie d’un navire et nous devons utiliser pleinement ces précieuses matières premières secondaires tout en protégeant les travailleurs et travailleuses de ces sites.”

Pas de place pour la violence et le harcèlement dans l’industrie de la confection en Indonésie

Les causes et les facteurs de risque de la violence et du harcèlement sexuel sur le lieu de travail ont été abordés, ainsi que la politique de tolérance zéro, la manière d’utiliser les ACM pour mettre fin au phénomène ainsi que la manière d’évaluer les risques par le biais des politiques de santé et de sécurité.

Les participants ont indiqué que les attouchements importuns se produisaient souvent dans la zone de production. Les toilettes, les vestiaires et les parkings sont également des lieux où la violence et le harcèlement se manifestent. La loi Omnibus a remplacé les conventions collectives sur de nombreux lieux de travail, rendant la discrimination et le harcèlement plus faciles à tolérer qu’auparavant.

Partageant leurs expériences sur les mécanismes de plainte auxquels faire confiance, les participants ont mis en avant des applications de communication comme WhatsApp et Telegram pour signaler les violences et le harcèlement aux syndicats, ainsi que l’importance des audits indépendants. Un déséquilibre de pouvoir est à l’origine de la violence et du harcèlement basés sur le genre (VHBG) et une culture du silence sur le lieu de travail les maintient et encourage.

Les parties prenantes ont partagé leur engagement à respecter leur code d’éthique, à utiliser les normes internationales, à mettre en place des mécanismes de plainte fiables sur les lieux de travail ainsi qu’à sensibiliser par la formation. Plus de 15 fournisseurs de H&M, Inditex, Adidas et Nike ont partagé leurs programmes d’élimination de la violence liée au sexe et se sont engagés à fournir davantage de formations et des lieux de travail plus sûrs.

L’association des employeurs a exprimé son soutien à la ratification de la Convention 190 de l’OIT, ainsi que l’importance de la nouvelle Loi n° 12 – Loi pénale 2022 sur le harcèlement sexuel. Le Ministère de la main-d’œuvre a réitéré son engagement à révéler le phénomène de harcèlement sexuel, en dépit du fait que de nombreuses entreprises nient son existence. Il a également fait part de son expérience concernant les refuges construits en collaboration avec les syndicats afin de créer un environnement sûr pour les victimes de violence et de harcèlement sexuel.

Le réseau syndical Pou Chen signant la déclaration de politique de tolérance zéro

La réunion s’est terminée par la signature par les fournisseurs et les syndicalistes de la déclaration de politique de tolérance zéro. La lutte contre la violence liée au sexe constitue une part importante du travail des réseaux syndicaux. Le réseau syndical de Pou Chen a participé à la réunion avec trois fournisseurs et, ensemble avec les syndicats présents sur les lieux de travail, tous ont signé cette déclaration.

Christina Hajagos-Clausen, Directrice d’IndustriALL pour l’industrie textile, a déclaré :

“Les femmes représentent plus de 80 % de la main-d’œuvre de l’industrie de la confection et sont touchées de manière disproportionnée par la violence et le harcèlement sur le lieu de travail. Nous avons besoin d’engagements plus fermes de la part des acteurs du secteur pour créer des lieux de travail exempts de violence et de harcèlement.

La politique de tolérance zéro est un bon exemple de collaboration visant à éliminer la violence liée au sexe et à créer une industrie de la confection plus sûre. Nous nous félicitons des engagements pris par les marques comptant un ACM, H&M et Inditex, ainsi que par Adidas pour lutter contre la VHBG. L’engagement du groupe Pou Chen illustre l’importance de la manière dont un réseau de syndicats peut créer le changement.”

La réunion a été organisée avec la participation du Ministère de la main-d’œuvre, du Ministère de l’émancipation des femmes et de la protection de l’enfance, de l’association des employeurs indonésiens, de Better Work Indonesia et du bureau de l’OIT en Indonésie.

Fin du lock-out de 16 mois à la cimenterie Ash Grove

La majorité des membres d'Unifor ont voté en faveur de la recommandation du conciliateur du ministère de l'Emploi et du Travail. Avec la nouvelle convention, ils reçoivent une hausse des salaires de 7,5 pour cent, et encore 3,5 pour cent l'année suivante. La troisième année, la hausse salariale sera équivalente à l'indice des prix à la consommation.

Les travailleurs reprennent progressivement le travail, une reprise qui s'étalera sur une vingtaine de jours.

Tout au long de ce long conflit, les adhérents d'Unifor d'Ash Grove, à Joliette, ont pu compter sur la solidarité, le soutien et l'aide financière d'autres syndicats de tout le pays.

"Nous sommes très fiers de nos membres et extrêmement reconnaissants pour tout le soutien que nous avons reçu de sections locales d'Unifor de tout le Canada et d'autres syndicats. Cette aide financière nous a permis de poursuivre la lutte jusqu'au bout,"

a déclaré le président de la section locale, Eric Giasson.

Ce conflit a son importance parce qu'il avait été porté devant le tribunal administratif du travail par Unifor qui contestait le recours illégal à des travailleurs de remplacement (des jaunes) pendant les lock-outs annoncés par l'employeur. Le syndicat avait obtenu gain de cause, le tribunal ayant statué que l'entreprise utilisait des travailleurs en télétravail, ce qui était contraire aux dispositions du code du travail relatives aux briseurs de grève, même s'ils ne travaillaient pas dans les locaux de l'entreprise proprement dits.

Ce jugement, qui étend le champ d'application des dispositions anti-jaunes au télétravail, a secoué le monde du travail. L'employeur a fait appel et la procédure est toujours en cours.

"Nous sommes fiers de la détermination de nos membres qui ont tenu bon et n'ont jamais cédé. Grâce à leur ténacité, ce conflit se règle de façon favorable. Il est temps maintenant de panser les plaies et de reprendre une vie normale,"

a dit Daniel Cloutier, le directeur québécois d'Unifor.

Alexander Ivanou, le directeur d'IndustriALL en charge des industries des matériaux, a déclaré :

"IndustriALL félicite les membres de la section locale 177 d'Unifor pour leur force et leur résistance exemplaires qui leur ont permis de mener cet interminable lock-out à son terme et de signer une nouvelle convention."