Les travailleurs de la confection de Madagascar élaborent des stratégies pour faire face à la VHBG

Les travailleuses et travailleurs de Marine et Moi, par exemple, ont formé un comité pour lutter contre la VHBG dans leur usine d’Antananarivo. Lors d’un atelier de formation auquel ont assisté les 7 et 8 novembre derniers 30 participants, 22 femmes et 8 hommes, en provenance des affiliés d’IndustriALL SEKRIMA, SEMPIZOF et SVS et qui portait sur le harcèlement sexuel et la manière de réduire les facteurs de risque, un plan d’action a été débattu. Cet atelier faisait suite à un autre sur la VHBG, organisé en juillet.

Les participants ont déclaré qu’ils interpellaient leurs comités d’entreprise sur la VHBG et menaient des campagnes de sensibilisation des travailleurs et travailleuses sur les droits fondamentaux au travail. La VHBG est également incluse dans les activités de recrutement et de mise en place des syndicats. Les travailleurs et travailleuses ont également identifié le dialogue social comme une autre plateforme utile à la campagne ainsi qu’à la ratification de la Convention 190 par Madagascar. Les travailleurs et travailleuses ont déclaré que les campagnes devraient inclure les droits à la protection de la maternité, à la santé et sécurité au travail ainsi qu’à la protection sociale.

Les travailleurs et travailleuses ont identifié la discrimination fondée sur le sexe comme un facteur de stress pour les travailleuses dans les usines et se sont engagés à la combattre par le biais de leurs activités et campagnes syndicales. Les travailleuses et travailleurs ont également estimé que des salaires décents sont essentiels pour lutter contre la VHBG, car les bas salaires et les conditions de travail précaires augmentent la vulnérabilité des femmes.

 

Dans les nombreux témoignages qui ont été partagés lors de l’atelier, les travailleurs et travailleuses ont déclaré que la VHBG prenait de nombreuses formes, de la revendication de rapports sexuels à l’extorsion. Les formes financières, en particulier les pots-de-vin pour que les femmes conservent leur emploi, privaient les travailleurs et travailleuses de leurs salaires durement gagnés. Dans certains cas, les femmes payaient des pots-de-vin mensuels pouvant aller jusqu’à 20 % de leur salaire.

Dans les usines, certaines travailleuses ont déclaré qu’elles partageaient les toilettes avec les hommes, ce qui portait atteinte à leur vie privée. En outre, certains vestiaires utilisés à la fois par les travailleurs et les travailleuses se trouvaient dans des espaces ouverts à côté des bureaux et n’offraient aucune intimité. Parfois, les superviseurs empêchaient les travailleuses d’aller aux toilettes en criant à travers le système de sonorisation de l’usine qu’elles devaient retourner à leur poste de travail.

Des pratiques culturelles néfastes et discriminatoires à l’égard des femmes, la violence domestique ainsi qu’un appareil judiciaire qui n’inflige pas de peines suffisamment sévères aux auteurs de ces actes augmentent le risque de VHBG.

Des discussions approfondies ont eu lieu sur ce qu’est le harcèlement sexuel et ses différentes formes dans le monde du travail. Les discussions ont porté sur les pratiques sociales qui privilégient les hommes tout en opprimant les femmes.

Holitiana Randrianarimanana, experte en questions de genre, qui a animé l’atelier, a déclaré :

“Il est important que les syndicats travaillent avec les organisations non gouvernementales et celles de la société civile pour mettre fin à la VHBG à Madagascar.”

Remi Botoudi, qui préside le conseil national des affiliés d’IndustriALL à Madagascar, a déclaré :

“Les syndicats doivent continuer à faire campagne en faveur du dialogue social sur la VHBG et à sensibiliser leurs membres à cette question.”

Armelle Seby, Directrice d’IndustriALL pour les questions de genre, a pour sa part déclaré :

“En tant que syndicats, nous devons briser le cycle de la VHBG, car elle s’inscrit dans un ensemble et est causée par des relations de pouvoir inégales entre les hommes et les femmes. L’inégalité entre les sexes est aggravée par le patriarcat, des normes sociales et culturelles néfastes et la discrimination. Nous devons nous attaquer à ces causes profondes, gérer les risques et mettre fin aux abus de pouvoir. En outre, nous devons trouver des moyens de faire face aux représailles auxquelles les femmes sont confrontées lorsqu’elles résistent à la VHBG, notamment les licenciements et autres formes de harcèlement.”

Crédit photo : OIT, usine de confection à Antananarivo.

Deux incendies d’usine en Inde en moins d’une semaine

Deux personnes ont été tués et dix-huit autres grièvement blessées dans l’incendie qui s’est déclaré le 1er novembre dans une usine de fabrication et d’emballage de chaussures située à Delhi.

Selon les médias, l’incendie a été provoqué par une explosion dans une machine à polyuréthane (PU) utilisée pour produire les semelles des chaussures. Environ 300 travailleurs et travailleuses étaient occupés dans l’usine lorsque l’incendie s’est déclaré et beaucoup ont sauté par les fenêtres du bâtiment pour sauver leur vie.

Avant l’explosion, les travailleurs et travailleuses avaient demandé que cette machine à PU, qui était défectueuse, soit remplacée, mais le propriétaire de l’usine n’a rien fait. En outre, l’usine était exploitée sans les certifications requises par les services de pompiers et ne disposait d’aucun équipement de lutte contre les incendies.

À peine quatre jours plus tard, un incendie s’est également déclaré dans une autre usine de chaussures au sein de la même zone industrielle de la capitale indienne. Heureusement, aucune victime n’a été signalée.

La plupart des travailleurs et travailleuses employés dans ces usines sont originaires de régions rurales reculées du pays. Les travailleurs et travailleuses ont déclaré aux médias qu’ils gagnent 12.000 INR (147 dollars) par mois et prestent environ dix heures par jour.

Apoorva Kaiwar, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Asie du Sud, a déclaré :

“Il est horrible que des travailleurs et travailleuses continuent de perdre la vie en raison du mépris total des employeurs pour la sécurité sur le lieu de travail. L’inspection doit veiller à ce que les usines respectent les normes de sécurité.

Il est également important que nous tenions pour responsables les détaillants qui achètent à ces usines qui ne respectent pas les normes de sécurité.”

Les travailleurs et travailleuses blessés sont sous soins médicaux. Les personnes décédées ont été identifiées comme étant Sonu Thakur, 24 ans, et Akhil Kumar, 20 ans.

La police a ouvert un dossier contre le propriétaire de l’usine et l’entrepreneur.

IndustriALL crée un groupe de travail sur l’égalité des sexes

S’adressant aux délégués, le Secrétaire général d’IndustriALL, Alte Høie, a déclaré :

“Les discussions au sein du Comité des femmes donnent la priorité à la diligence raisonnable et à une Transition juste, car il est essentiel de s’assurer qu’IndustriALL développe des actions et des politiques favorables à l’égalité des sexes. Les femmes sont toujours les plus touchées par les calamités. Nous condamnons fermement la guerre en Ukraine et espérons trouver des solutions pour aider à sa reconstruction.”

La Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL, Christine Olivier, a déclaré :

“La guerre en Ukraine se poursuit et exacerbe nos luttes. L’inflation augmente et les femmes sont peu protégées. Nous devons nous féliciter du travail mené et des progrès que nous continuons à accomplir pour que les femmes disposent d’espaces de parole sûrs.”

L’experte des questions de genre Jane Pillinger a présenté la future boîte à outils d’IndustriALL sur l’équité salariale. Cet instrument se concentre sur les raisons pour lesquelles l’équité salariale est une question importante pour les syndicats et au sein des lieux de travail, sur l’intégration de cette question dans les négociations collectives et sur la protection des travailleuses du secteur informel.

Liz Umlas, experte en droits humain dans le milieu des affaires, s’est adressée aux déléguées sur la diligence raisonnable en matière de droits de l’homme (DDH). Elle a insisté sur la nécessité cette diligence raisonnable. Cependant, les instruments existants ne parviennent pas toujours à élaborer une approche prenant en compte les questions de genre. Les syndicats ont un rôle important à jouer pour promouvoir l’égalité des sexes dans les chaînes d’approvisionnement. Les investisseurs ont montré un intérêt accru pour l’égalité des sexes.

Une table ronde s’est concentrée sur trois secteurs et leur travail d’intégration de la dimension de genre. Les intervenants de FO Métal France, des Métallos USW Canada et du bureau régional d’IndustriALL pour l’Asie du Sud ont souligné la manière dont les femmes devraient être incitées à occuper des emplois techniques ou d’ingénierie dans le secteur de l’informatique, électricité et électronique, les résultats bénéfiques de l’ACM avec H&M pour faire progresser la lutte contre la VHBG et l’élaboration de codes de conduite sur le harcèlement sexuel pour les fournisseurs de l’enseigne, ainsi que la manière dont les syndicats, y compris dans le secteur minier, devraient intégrer l’égalité des sexes dans les débats sur la Transition juste.

Les directeurs et directrices sectoriels d’IndustriALL, issus des secteurs de l’exploitation minière, de la confection et du textile ainsi que de l’informatique, électricité et électronique, ont évoqué des défis auxquels sont confrontées les femmes, notamment la discrimination et l’écart de rémunération entre les sexes, la VHBG, la ségrégation professionnelle et la sous-représentation dans les structures et la direction des syndicats. Les directeurs et directrices ont également fait part des stratégies mises en place pour protéger et faire grandir la place des femmes, notamment en ce qui concerne les négociations sectorielles visant à fixer des salaires vitaux pour les travailleuses de la confection, la négociation d’accords similaires à l’accord du Bangladesh garantissant la sécurité de milliers de femmes dans ce secteur, la mise en place de structures sectorielles féminines et l’élaboration d’outils permettant aux affiliés de concevoir des réponses spécifiques aux femmes par rapport à la SST.

Un plan d’action d’IndustriALL pour 2023 destiné à faire progresser l’égalité des sexes a été présenté. Les campagnes pour la ratification et la mise en œuvre de la Convention 190 de l’OIT vont se poursuivre. Chacun suivra de près les résultats de ces campagnes. D’autres discussions et travaux sur l’intégration de la dimension de genre dans l’action d’IndustriALL en matière de gestion des ressources humaines et de Transition juste seront organisés. Les affiliés ont exprimé le besoin d’un programme d’encadrement pour les jeunes femmes afin de faire progresser leur position dans tous les secteurs. Le Secrétariat travaille à l’élaboration d’un projet qui répondra à ce besoin.

Les syndicats sri-lankais poursuivent leur lutte contre la crise

Plusieurs partis politiques, organisations progressistes et syndicats sont descendus dans les rues de Colombo ce 2 novembre pour revendiquer que le gouvernement cesse d’utiliser la police et les forces armées pour réprimer les manifestations pacifiques qui émergent dans tout le pays.

Depuis l’élection du nouveau président Ranil Wickramasinghe, le gouvernement a mis en détention des étudiants universitaires et arrêté des manifestants sous de fausses accusations. La police déployée sur les sites de protestation utilise régulièrement des gaz lacrymogènes et des canons à eau pour intimider les manifestants.

Le mois dernier, les syndicats ont organisé une réunion publique à Colombo, présentant une résolution en 13 points. Dans celle-ci, les syndicats ont fermement condamné les politiques du gouvernement dirigées contre le peuple et contre les travailleurs.

“Nous condamnons fermement la manière dont le gouvernement sri-lankais gère la crise actuelle. Mettre les manifestants derrière les barreaux n’est pas la solution. Nous revendiquons l’abolition immédiate des lois draconiennes telles que celle sur la prévention du terrorisme, qui est utilisée pour écraser les manifestations citoyennes. Le gouvernement doit entamer un dialogue social avec les syndicats et le reste de la société civile,”

a déclaré Anton Marcus, Secrétaire général du syndicat affilié d’IndustriALL, le Syndicat des salariés des zones franches et des services généraux.

Les syndicats, y compris les affiliés d’IndustriALL, ont adressé de nombreuses revendications au gouvernement, lui demandant d’engager un dialogue avec eux pour discuter des questions relatives au travail et de convoquer une réunion du Conseil consultatif national du travail (NLAC), le mécanisme tripartite établi conformément à la Convention 144 de l’Organisation internationale du travail.

Selon nos informations, le ministre du travail a arbitrairement augmenté la limite des heures supplémentaires pour les travailleuses de 60 à 75 heures par mois et la limite du travail de nuit de 10 prestations à 15 par mois. Les employeurs et le gouvernement ont profité de la crise économique pour prendre des mesures visant à restreindre les droits et avantages sociaux des travailleurs et travailleuses qui vivent actuellement dans des conditions extrêmement difficiles, avec une inflation galopante et des salaires de misère.

Dans leur résolution, les syndicats revendiquent que le gouvernement fournisse une allocation d’aide économique mensuelle de 10.000 LKR (27 dollars) à tous les travailleurs et travailleuses et que, tous les 15 jours, il fournisse un colis de biens essentiels à chaque famille générant un revenu inférieur à 50.000 LKR (136 dollars) par mois, indépendamment de leur statut professionnel.

Apoorva Kaiwar, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Asie du Sud, a déclaré :

“IndustriALL exprime sa solidarité avec les travailleurs et travailleuses du Sri Lanka. Nous appelons le gouvernement sri-lankais à prendre sérieusement en considération les revendications des syndicats et à prendre des mesures concrètes pour améliorer les conditions de vie des travailleurs et travailleuses du pays. Le gouvernement doit immédiatement convoquer une réunion du NLAC et reprendre le dialogue avec les syndicats.”

Les syndicats préparent la COP27

IndustriALL a développé une série d’éléments constitutifs pour lutter contre les inégalités et la Transition juste est l’un d’entre eux. L’objectif des webinaires de cette semaine était de partager la position d’IndustriALL sur la Transition juste et de s’assurer qu’à l’approche de la COP27, nos revendications sont claires.

“La COP27 se concentrera sur le financement et la mise en œuvre, nous devons nous assurer que le point de vue des travailleurs et travailleuses de nos secteurs est reflété dans les processus de Transition juste,”

a déclaré Kan Matsuzaki, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL.

Le premier webinaire s’est concentré sur les revendications syndicales à la COP et sur le travail autour de la transition, comme l’initiative lancée par la Confédération syndicale internationale (CSI), LO Norvège et IndustriALL sur la Transition juste dans le secteur de l’énergie.

Bert De Wel, Responsable politique de la CSI, a expliqué que la Transition juste est une question de travail décent et d’emplois de qualité.

“Cela repose sur le dialogue social entre les travailleurs représentés par leurs syndicats, les employeurs et les gouvernements. Un plan pour une Transition juste fournit et garantit des emplois meilleurs et décents, une protection sociale, davantage de possibilités de formation et une plus grande sécurité d’emploi pour tous les travailleurs et travailleuses affectés par le réchauffement de la planète et les politiques de changement climatique.”

Lien vers le premier webinaire : Transition juste, la COP27 et nos revendications

Le deuxième séminaire en ligne s’est concentré sur la lutte pour une Transition juste dans les chaînes d’approvisionnement et dans les différentes régions du monde.

“Ce qui se passe dans les chaînes d’approvisionnement au niveau mondial affecte tous les syndicats et les travailleurs d’IndustriALL et est important dans le cadre de la Transition juste,”

a indiqué Kemal Ozkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL.

Le modèle commercial d’exploitation actuel n’est pas viable. Les engagements volontaires en matière de responsabilité sociale des entreprises n’ont pas permis de remédier aux abus et aux violations, alors que nous assistons au déclin du respect des droits des travailleurs et travailleuses au sein des chaînes d’approvisionnement.

Le Directeur d’IndustriALL pour le secteur des mines, Glen Mpufane, a expliqué qu’il est nécessaire d’accroître la responsabilité des entreprises et des gouvernements au niveau des chaînes d’approvisionnement, avec une obligation de rendre des comptes, une traçabilité et une transparence.

“L’économie verte favorise de nouveaux métaux et un super cycle énergétique, où la production de batteries sera l’une des activités industrielles à la croissance la plus rapide dans les années à venir. L’extraction des matières premières nécessaires, comme le cobalt, le lithium, le cuivre et le nickel, est souvent associée à des violations flagrantes des droits de l’homme et des travailleurs ainsi qu’à des conséquences environnementales inacceptables.”

Les Fédérations syndicales internationales appellent à une Transition juste, inclusive et transformatrice au niveau des genres, qui s’attaquera aux causes profondes des inégalités. Cette transition doit comprendre un travail décent pour tous, l’officialisation du travail informel, l’accès universel à la protection sociale et un salaire égal pour des tâches de valeur égale.

Lien vers le deuxième webinaire : Lutter pour une Transition juste tout au long des chaînes d’approvisionnement et dans les régions

Le dernier webinaire avait pour thème la Transition juste dans le secteur de la mobilité, développer la coopération intersectorielle. L’accent a été mis sur les secteurs maritimes. “Nous devons renforcer la solidarité entre les travailleurs et travailleuses et élaborer un plan pour une Transition juste”,s

a déclaré Kan Matsuaki, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL.

L’obligation de décarboniser le transport maritime de 50 % d’ici 2050 aura un impact sur le secteur et il est impératif de collaborer entre secteurs pour assurer une transition juste pour les travailleurs et travailleuses. David Heindel, de la Fédération syndicale internationale ITF, a donné un aperçu de ce qu’est un transport maritime durable et de ce qui est nécessaire pour une transition juste. “Nous avons besoin d’actions fortes sur le changement climatique”, a déclaré David.

Le Directeur d’IndustriALL pour la construction navale et le démantèlement des navires, Walton Pantland, s’est concentré sur les tendances du secteur et leur signification pour les travailleurs.

“Le démantèlement des navires est un élément essentiel de l’économie circulaire, mais c’est l’un des métiers les plus dangereux au monde. Avec la convention de Hong Kong et des syndicats forts sur les chantiers, nous pouvons transformer ce secteur et créer des emplois de recyclage syndiqués et de haute qualité,”

a soutenu Walton.

Lien vers le troisième webinaire : Transition juste dans le secteur de la mobilité, développer la coopération intersectorielle

La Transition juste a besoin des syndicats à la table des négociations

“Cette initiative a clairement montré que, dans de nombreux endroits, la transition se fait sans notre contribution et il est de notre responsabilité de nous engager. Les emplois de demain doivent être meilleurs que ceux d’aujourd’hui. Le mouvement pour une Transition juste ne viendra pas des employeurs ou du gouvernement. Mais si nous faisons pression en faveur d’une Transition juste, nous l’obtiendrons pour les travailleurs et travailleuses tout au long de la chaîne d’approvisionnement,”

a déclaré Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL.

Dix réunions ont été organisées entre avril et octobre 2022, avec des experts, des syndicats de l’énergie et des confédérations nationales, en se concentrant sur ce que signifie “net zéro” pour les emplois du secteur énergétique. Des participants en provenance du monde entier se sont réunis pour échanger des informations sur les technologies émergentes, sur ce à quoi ressemble la transition dans différentes régions du monde, ainsi que sur les stratégies syndicales visant à garantir de bons emplois et une Transition juste.

Ateliers technologiques et nationaux en 2022 :

“Les syndicats ont un rôle important à jouer dans la transition vers un avenir respectueux du climat. Cela signifie que nous devons intensifier nos activités de base pour syndiquer les travailleurs et travailleuses dans les secteurs existants ainsi que dans les nouveaux. Lors de la journée d’ouverture du congrès de LO Norvège, le gouvernement a présenté sa décision d’établir un conseil tripartite sur la Transition juste comprenant des représentants du gouvernement et des partenaires sociaux, ce que nous avions revendiqué depuis déjà un certain temps. Il est vraiment utile de travailler sur ces questions et de ne rien lâcher,”

a déclaré Peggy Hessen Følsvik, Présidente de LO Norvège.

L’une des recommandations issues des ateliers est que l’initiative devrait se poursuivre en 2023 afin de continuer à offrir une plateforme d’échange au-delà des frontières, des secteurs et des syndicats. Au cours de la prochaine phase, d’autres sujets seront explorés, tels que la Transition juste et le secteur pétrolier et gazier dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA) et la technologie nucléaire.

Puisque les emplois propres sont destinés à tous, la prochaine phase inclura la justice de genre et raciale, pour s’assurer que les femmes, les travailleurs racialisés et les jeunes travailleurs sont représentés dans notre mouvement et obtiennent de bons emplois dans le cadre d’une production énergétique propre.

L’initiative se concentrera non plus sur le partage d’informations mais sur le soutien aux syndicats dans l’instauration d’un dialogue social. Les accords mondiaux de Transition juste ancrés dans l’esprit des Nations Unies sont un aspect important de cette initiative et peuvent être utiles pour promouvoir le dialogue social. Toutefois, pour être efficaces, ils auront besoin de syndicats sur le terrain pour représenter les travailleurs dans les multinationales de l’énergie, de l’engagement de l’ONU à son sommet et d’un processus tripartite solide par le biais de l’OIT.

“Au bout de 15 ans, nous constatons un engagement en faveur de la Transition juste figurant dans l’accord de Paris sur le climat. Mais nous constatons aussi aujourd’hui que les gens parlent de Transition juste pour la forme, mais que les syndicats ne sont pas présents à la table. C’est pourquoi les mécanismes, conseils, comités, commissions et autorités de la Transition juste sont si importants.

Nous devons être optimistes, même si toutes les industries ne créeront pas le même nombre d’emplois. Mais au sein des industries lourdes qui doivent faire leur transition, pour dix emplois dans les énergies renouvelables, nous en obtenons cinq à dix dans le secteur manufacturier. Si ce sont de bons emplois, il y aura un effet multiplicateur qui vous donnera 30-35 emplois dans un écosystème plus large. Nous construisons et soutenons les communautés en veillant à ce que tous ces travailleurs soient syndiqués,”

a déclaré Sharan Burrow, Secrétaire générale de la CSI.

Se préparer pour l’Industrie 4.0

Kan Matsuzaki, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, a ouvert la réunion en ces termes :

“Nous analysons notre situation par rapport aux tendances de l’Industrie 4.0, pour confirmer nos progrès et pour proposer les prochaines étapes dans nos activités, y compris la création d’un groupe d’experts qui élaborera des outils et des technologies pour aider les affiliés dans cette transition.”

Les participants ont discuté de l’étude présentée par Syndex, le partenaire de recherche d’IndustriALL. L’implication des affiliés a permis d’élaborer un éventail de contenus et de méthodes.

Les délégués ont exprimé leur incertitude quant à la manière de faire face aux changements et de garantir la protection des travailleurs et travailleuses. En outre, l’avenir de l’emploi suscite de l’inquiétude. Les affiliés ont exprimé le besoin de collaboration pour développer des compétences et des outils afin de guider les syndicats et leurs adhérents à travers une transition déjà visible, bien que la vitesse varie d’un pays et d’une entreprise à l’autre.

À l’échelle mondiale, les défis sont identiques. Il est important d’élaborer des outils et des techniques pour s’assurer que les syndicats puissent prendre place à la table où se discutent les changements sur le lieu de travail et qu’ils soient capables de façonner les changements en fonction de leurs revendications et de leurs besoins ainsi que de ceux de la population active.

Le Directeur d’IndustriALL pour l’ingénierie mécanique, Matthias Hartwich, a déclaré :

“Nous devons prendre à bras le corps les changements qui accompagnent la numérisation. Essayer simplement de s’en tenir à ce que nous avons ne suffira pas. Une fois que les nouvelles technologies et l’évolution des modes de production et de service seront visibles, nous devrons essayer d’en tirer le meilleur parti pour les travailleurs et travailleuses. La garantie de l’emploi, la reconversion et l’amélioration des compétences seront les clés d’une transition juste à laquelle participeront les syndicats et leurs adhérents. Les syndicats jouent un rôle central dans l’accompagnement des travailleurs et travailleuses dans ce processus.”

Dans ce contexte, les participants ont également discuté des outils, exposés et études existants qu’IndustriALL met à la disposition de ses affiliés ; vous trouverez plus d’informations ici : Industry 4.0 | IndustriALL (industriall-union.org)

En conclusion, Kan Matsuzaki a lancé cet appel aux affiliés :

“Réunissons-nous, envoyez vos experts, puis élaborons des stratégies et des outils dans le cadre des objectifs stratégiques décidés lors de notre congrès de 2021. Nous avons tous le devoir et l’obligation d’offrir des conseils aux affiliés. Je suis convaincu que nous pouvons changer les choses et prouver qu’IndustriALL est un partenaire solide et fiable s’agissant de réaliser une Transition juste pour tous les travailleurs et travailleuses.”

Le tribunal estime que Zheng Yong Swaziland doit déduire et reverser les cotisations syndicales

Il semble que Zheng Yong ait pris cette mesure en guise de représailles après que les travailleurs et travailleuses se soient mis en grève pour revendiquer des salaires vitaux. Mais l’ATUSWA, affilié à IndustriALL Global Union, a poursuivi l’employeur devant le tribunal du travail, qui a statué le 31 octobre en sa faveur.

Le tribunal a appris que depuis le mois de mai, Zheng Yong n’avait pas déduit les cotisations syndicales des travailleurs et ne les avait pas remises au syndicat, comme l’exige la loi sur les relations sociales. Ce faisant, l’employeur retirait aux travailleurs et travailleuses leur liberté syndicale et le syndicat se trouvait injustement privé des revenus dont il avait tant besoin. Les travailleurs et travailleuses se demandaient même pourquoi les déductions avaient cessé alors qu’ils étaient toujours membres de l’ATUSWA.

La Cour a déclaré dans son jugement qu’en ne versant pas les cotisations au syndicat, l’employeur avait recours à une pratique qui viole la loi sur les relations sociales, qui stipule que l’employeur a l’obligation de déduire les cotisations des membres du syndicat et de les lui verser sans délai.

Zheng Yong, qui est cité comme premier défendeur, “se voit interdire et empêcher de décider unilatéralement de cesser de verser les cotisations mensuelles au requérant comme et quand il le souhaite”, peut-on lire dans le jugement dans lequel l’ATUSWA est le requérant.

Wander Mkhonza, Secrétaire général de l’ATUSWA, a déclaré :

“Après que Zheng Yong a décidé unilatéralement de cesser de déduire et de reverser les cotisations syndicales, l’ATUSWA a poursuivi l’employeur en justice. De plus, nous avons informé nos adhérents de l’action que nous menions et nous les avons préparés aux résultats probables. Heureusement, nous avons fini par gagner l’affaire au tribunal et l’employeur a même été condamné à payer les arriérés de cotisation”.

Il a salué l’unité dont les travailleurs et travailleuses ont fait preuve pendant l’action en justice, puisqu’ils se sont présentés en grand nombre lors des audiences. Cette action s’est déroulée dans un climat d’intimidation de la part de l’employeur et de violence de la part de la police qui a lancé des gaz lacrymogènes sur les travailleurs et travailleuses en grève.

Paule France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL, a pour sa part indiqué :

“Cette décision est la bienvenue, car elle renforce la lutte des travailleurs et travailleuses d’Eswatini en faveur de salaires vitaux et du respect de leurs droits à la liberté syndicale et à la négociation collective. Les employeurs doivent s’engager avec les syndicats et le gouvernement à promouvoir le dialogue social et à construire un système de relations sociales qui profite aux travailleurs.”

Après la grève de mai, plus de 300 travailleurs et travailleuses ont été licenciés chez Zheng Yong, FTM Garments et Ho’s Enterprises. Par exemple, chez Ho’s Enterprises, le syndicat a déposé un recours contre les licenciements abusifs, ce qui a permis à la plupart des travailleurs et travailleuses concernés de rester au travail après que l’entreprise a annulé ses mises à pied.


 

Début des discussions sur une sortie responsable du Myanmar

Des représentants d’IndustriALL et du mouvement syndical du Myanmar ont rencontré ceux des enseignes de confection afin de discuter d’un cadre pour une sortie responsable, comme l’exigent les Principes directeurs des Nations Unies et l’OCDE.

Cette décision fait suite à une campagne de désinvestissement menée par IndustriALL et à un rapport commandé par l’Ethical Trading Initiative (ETI), qui conclut que la diligence raisonnable et la liberté syndicale ne sont pas possibles au Myanmar et que les syndicats ne peuvent pas y fonctionner. Suite à la publication de ce rapport, IndustriALL a écrit aux enseignes de la confection pour les inviter à discuter des principes d’une sortie responsable à travers le prisme des Principes directeurs de l’OCDE. Un certain nombre d’enseignes ont annoncé leur intention de cesser leur production au Myanmar, tandis que d’autres ont répondu à l’invitation pour discuter plus en profondeur des conditions de sortie possibles.

IndustriALL appelle les enseignes à ne pas passer de nouvelles commandes au Myanmar et à achever les commandes non exécutées, en veillant à ce que les travailleurs et travailleuses reçoivent tous les salaires dus et tous les avantages légaux, ainsi qu’un versement supplémentaire pour soutenir leur transition. L’une des difficultés réside dans le fait qu’en l’absence d’un système de sécurité sociale ou d’un système juridique opérationnel, il est difficile de garantir que les travailleurs et les travailleuses reçoivent les salaires qui leur reviennent.

Il y a également un certain nombre de cas en suspens de violations des droits des travailleurs, notamment le ciblage de syndicalistes, le vol de salaire et les heures supplémentaires forcées, qui doivent être résolus.

Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL, a déclaré :

“Trop d’enseignes ont maintenu leur production au Myanmar, certaines peut-être parce qu’elles étaient sincèrement convaincues que c’était la bonne chose à faire.

Cependant, le rapport de l’ETI est sans équivoque : il n’est pas possible de faire des affaires de manière éthique et responsable au Myanmar. Nous saluons le fait que le débat est maintenant centré sur la sortie du pays, tout en respectant les responsabilités envers les fournisseurs et les travailleurs.

Notre campagne pour des sanctions économiques complètes et la libération des prisonniers politiques, dont plus de 60 syndicalistes, pour l’isolement de la junte et le rétablissement de la démocratie va se poursuivre.”

IndustriALL appelle le gouvernement du Bangladesh à mettre en œuvre la feuille de route

En 2019, plusieurs organisations de travailleurs ont déposé une plainte, au titre de l’article 26 sur le non-respect des conventions 81, 87 et 98 par le gouvernement du Bangladesh, auprès de la Conférence internationale du travail. À la suite de cette plainte, le Conseil d’administration de l’OIT a demandé au gouvernement du Bangladesh d’élaborer une feuille de route concernant les mesures à prendre, assortie de délais et de résultats concrets à obtenir pour traiter les problèmes exposés dans la plainte.

Le dernier rapport d’activité soumis par le gouvernement du Bangladesh en septembre met en évidence les actions qu’il a entreprises sur la réforme du droit du travail, l’enregistrement des syndicats, l’inspection du travail, la discrimination antisyndicale, les pratiques de travail déloyales et la violence contre les travailleurs et travailleuses.

Les progrès ont été lents et, dans certains cas, hostiles aux travailleurs. Les nouvelles règles du travail ont réduit les allocations de maternité. Les travailleuses enceintes recevront désormais une compensation monétaire inférieure de 6,5 % à celle qu’elles recevaient auparavant.

Le rapport se félicite du service d’assistance téléphonique et de la base de données en ligne permettant de suivre les plaintes déposées par les travailleurs et les syndicats. En réalité, cependant, ni le numéro d’assistance téléphonique ni la base de données en ligne ne sont correctement gérés.

Le processus d’enregistrement des syndicats continue d’être lourd, tant en ligne que hors ligne. En 2022, un total de 26 syndicats membres des affiliés bangladais d’IndustriALL ont déposé une demande d’enregistrement, dont neuf seulement ont été approuvés. La base de données en ligne des syndicats enregistrés est mal tenue et ne reflète pas le nombre réel de syndicats existants.

IndustriALL Global Union appelle le gouvernement du Bangladesh :

“Il est consternant de constater qu’au lieu d’améliorer la situation des travailleurs et travailleuses du pays, la nouvelle réglementation du travail porte atteinte à leurs droits en réduisant les prestations de maternité. Cela aura un impact négatif énorme sur les personnes occupées dans la confection, qui sont pour la plupart des femmes,”

déclare Apoorva Kaiwar, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Asie du Sud.

“Il est grand temps que le gouvernement du Bangladesh prenne des mesures sérieuses pour mettre en œuvre la feuille de route et travailler réellement à l’amélioration de la situation des travailleurs et travailleuses dans le pays. Nous demandons instamment au gouvernement de prendre en compte les revendications de nos affiliés et d’autres syndicats lors de la mise en œuvre de la feuille de route. Il est important que la voix des travailleurs et travailleuses soit prise en compte dans ce processus,”

a indiqué Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL.