Promouvoir un programme de transformation en matière d’égalité des sexes en Asie du Sud-Est

Au niveau national, les syndicats affiliés des Philippines poursuivront leur campagne en faveur de l’adoption d’un projet de loi de la Chambre des représentants visant à mettre en œuvre la Convention 190 aux Philippines. Ils continuent à recruter les femmes et les jeunes travailleurs au sein des syndicats locaux et à renforcer les comités de jeunes et de femmes au niveau national.

Les syndicalistes indonésiennes engageront un dialogue social avec les parties prenantes sur une politique de tolérance zéro en matière de violence et de harcèlement. Le Comité des femmes de Malaisie créera des affiches et mènera des campagnes pour la mise en œuvre de la politique de lutte contre le harcèlement sexuel sur le lieu de travail. Les militantes de Thaïlande intégreront des programmes LGBTQI+ au sein des sections syndicales. Le Cambodge tiendra une réunion de planification avec les membres du Comité des femmes.

Les déléguées de chaque pays ont partagé les progrès réalisés par leurs syndicats en matière de promotion de l’égalité des sexes, de promotion de lieux de travail inclusifs et de renforcement de la protection sur le lieu de travail. Malgré ces progrès, les participantes ont également reconnu les défis persistants liés aux obstacles structurels, aux normes culturelles et aux limites des capacités.

Ramon Certeza, Secrétaire régional d’IndustriALL pour l’Asie du Sud-Est, a déclaré :

“Bien que les femmes aient franchi des étapes importantes dans la promotion du féminisme et la lutte contre la discrimination, le harcèlement et la violence sur le lieu de travail, des efforts plus soutenus et plus transformateurs sont encore nécessaires. Ce forum joue un rôle important dans la traduction des décisions et des engagements du 4e congrès d’IndustriALL en actions régionales concrètes.”

Armelle Seby, Directrice d’IndustriALL chargée des questions de genre et des cols blancs, a déclaré :

“Le récent congrès d’IndustriALL a adopté une feuille de route exhaustive pour l’égalité des genres (2025-2029) et une résolution féministe forte. Ces initiatives guideront nos efforts au plan mondial visant à éliminer la violence et le harcèlement fondés sur le genre, à promouvoir le leadership des femmes et à garantir que l’égalité des genres reste au cœur du mouvement syndical international.”

Six mois après son entrée en vigueur, la CHK n'est toujours pas appliquée

IndustriALL réclame depuis longtemps un recyclage des navires plus sûr, plus propre et plus équitable et mène campagne depuis des années pour que la CHK ne soit pas qu'un bout de papier. Lors de sa promulgation en 2025, IndustriALL disait y voir "un test majeur et une meilleure opportunité" pour le secteur de la démolition des navires du monde entier.

En Inde, la nouvelle législation sur le recyclage des bateaux n'est toujours pas publiée au journal officiel . Sans elle, le pays ne peut délivrer le document d'autorisation de recyclage de navires (DASR), document d'une importance capitale certifiant qu'un chantier naval répond aux critères de la CHK. C'est un problème de dimension pour les armateurs qui veulent envoyer leurs bâtiments dans des chantiers agréés.

Or, en Inde, le processus de recyclage est robuste, la plupart des chantiers navals répondant aux normes de la CHK et leurs propriétaires suivant les bonnes procédures. Il existe un syndicat puissant, un dialogue social abouti et le nombre comme la gravité des accidents ont fortement diminué.

Au Bangladesh, la situation est toute relative. D'une part, le gouvernement a créé un Conseil du recyclage des navires devenu l'autorité compétente qui délivre les DASR, ce qui veut dire que les armateurs qui envoient leurs bateaux dans le pays sont en conformité, sur le papier.

D'autre part, le Bangladesh a récemment ratifié trois nouvelles conventions de l'OIT, dont la C155 qui donne le droit aux travailleurs de refuser un travail dangereux et préconise la création de comités conjoints de santé et de sécurité sur le lieu de travail.

Quoi qu'il en soit, nombreux sont les propriétaires de chantiers navals qui ne suivent pas les consignes de la CHK, ce qui s'est traduit par 30 accidents, dont 4 mortels et de nombreuses lésions cette année. Le gouvernement semble incapable ou manquer de la volonté politique de faire appliquer les nouvelles règles.

Le Pakistan est toujours en phase de développement, la région des chantiers de Gadani manquant d'infrastructures appropriées. Dans son budget pour l'année, le gouvernement fédéral a annoncé un investissement de 42 millions $, mais des améliorations sont toujours attendues. Entretemps, les trois premiers chantiers mis à niveau ont obtenu leurs certificats verts.

"Le fait est que la CHK a ses ennemis : ceux qui ont toujours affirmé que la convention n'est pas un instrument approprié pour assainir le recyclage des navires. Il incombe à tous ceux qui se sont faits les champions de la CHK de la faire fonctionner. Si elle n'arrive pas à protéger les vies des travailleurs et l’environnement, elle n'a aucune utilité et ce sera le retour à la case départ. Il est de l'intérêt de chacun de faire qu'elle fonctionne,"

a déclaré Walton Pantland, le directeur d'IndustriALL en charge de la construction navale et de la démolition des navires.

L’emploi dans l’économie circulaire

Cette étude est la première analyse mondiale de l’emploi dans l’économie circulaire et montre que la plupart des activités liées à l’économie circulaire sont concentrées dans les pays du Sud. Les Amériques et l’Asie–Pacifique affichent les taux d’emploi circulaire les plus élevés, avec respectivement 6,4 % et 5,8 %.

Plus de la moitié des travailleurs et travailleuses de l’économie circulaire, soit plus de 74 millions de personnes, sont employés dans l’économie informelle, où les emplois ne sont pas réglementés et ne bénéficient d’aucune protection de l’État. Ce phénomène est particulièrement répandu dans les pays du Sud, où bon nombre des travailleurs et travailleuses qui contribuent au développement durable et à la protection de notre planète font partie des plus défavorisés. Ils sont souvent confrontés à des conditions de travail précaires, à des revenus instables et à de faibles salaires.

“Ce rapport est un outil stratégique pour les syndicats. Il fournit des preuves solides pour anticiper les impacts de l’économie circulaire sur l’emploi et nous permettra d’exiger des politiques industrielles et du travail qui garantissent une véritable transition juste. Il est temps de changer les modèles de production et de consommation, mais ceux-ci doivent être élaborés avec et pour les travailleurs”,

a déclaré Diana Junquera Curiel, Directrice d’IndustriALL pour la transition juste et membre du Comité consultatif de la Circular Employment Global Baseline.

Cette étude intitulée “L’emploi dans l’économie circulaire : tirer parti de la circularité pour créer des emplois décents”, vise à fournir aux responsables politiques et aux décideurs des données et des outils pratiques pour accélérer une transition juste et riche en emplois vers l’économie circulaire.

“Avec ce rapport, nous jetons un nouvel éclairage sur les entreprises ainsi que les travailleurs et travailleuses qui, chaque jour, dans tous les pays et tous les secteurs de nos économies, fournissent des services essentiels à nos sociétés et à notre planète”,

a déclaré Casper Edmonds, Chef d’unité, Secteur extractif, énergie et industrie manufacturière de l’OIT.

“Certaines sont à la pointe de l’innovation. Mais pour beaucoup, la circularité n’est pas un choix, mais un moyen de survivre. Si nous combinons les investissements dans la circularité avec des mesures visant à promouvoir le travail décent, nous accélérons une transition juste et riche en emplois vers l’économie circulaire.”

Certains secteurs dominent l’emploi dans l’économie circulaire. La réparation et la maintenance représentent près de la moitié (46 %), suivies par la fabrication (24,5 %) et la gestion des déchets (8 %). En revanche, les industries qui sont cruciales pour faire progresser la transition circulaire, telles que la construction et l’exploitation minière, ont une part très faible d’emplois circulaires. Le rapport souligne la nécessité de mettre en place des politiques ciblées pour “verdir” les emplois dans ces secteurs et accélérer leur transition vers une économie circulaire.

Les conclusions appellent les décideurs politiques à intégrer les droits des travailleurs et les protections sociales dans les stratégies d’économie circulaire. Trop souvent, la législation environnementale donne la priorité aux objectifs climatiques tout en négligeant la dimension sociale et les personnes qui sont le moteur de la transition.

Afin de garantir une transition juste vers l’économie circulaire, le rapport recommande :

Crédit photo : OIT, Province de Limpopo, district de Waterberg. Mokopane, Afrique du Sud

Yves Rocher doit rendre des comptes pour les violations des droits des travailleurs en Turquie

Kosan Kozmetic, une filiale du groupe Yves Rocher de 2012 à 2024, fabriquait des produits de beauté sous la marque Flormar pour les marchés mondiaux. Les salaires y étaient très bas et pour les travailleurs, c'était l'exposition à des substances chimiques nocives, des heures supplémentaires imposées, des mesures d'intimidation de la direction et une discrimination systémique fondée sur le genre. Début 2018, Petrol İşy a lancé une campagne de syndicalisation.

Des représentants syndicaux, des travailleurs licenciés et des avocats ont déposé devant la cour, faisant valoir qu'Yves Rocher a failli à ses obligations aux termes de la loi française relative au devoir de vigilance en n'imposant pas le respect des droits fondamentaux au travail dans sa chaîne d'approvisionnement. D'anciens salariés, Petrol İş, Sherpa et ActionAid France demandent à la justice de reconnaître que le groupe Yves Rocher a failli à son obligation de vigilance et d'indemniser le préjudice subi.

Une décision est attendue pour le 12 mars 2026. Beaucoup voient dans cette affaire un test pour savoir si une société-mère peut être tenue responsable des violations commises dans le cadre de ses activités mondiales. C'est la première fois que des salariés étrangers d'une filiale d'une société françaiselui réclament des dommages et intérêts en application de cette loi.

Quels sont les enjeux ?

IndustriALL Europe et IndustriALL Global Union appellent Yves Rocher et toutes les multinationales à adopter des politiques de vigilance robustes, contraignantes, qui protègent les droits fondamentaux au travail tout au long de leurs chaînes d'approvisionnement dans le monde. Nous appelons le groupe Yves Rocher à appliquer partout les mêmes droits fondamentaux à tous ses salariés.

La secrétaire générale d'IndustriALL Europe, Judith Kirton-Darling, a déclaré :

"Cette affaire montre pourquoi l'Europe doit préconiser des règles fortes et contraignantes en matière de devoir de vigilance. On ne peut en aucun cas licencier ou intimider des travailleurs parce qu'ils ont exercé leurs droits fondamentaux, que ce soit en France ou en Turquie. Les entreprises européennes doivent appliquer les mêmes normes dans toutes leurs implantations. Nous sommes solidaires de Petrol-İş et de tous les travailleurs qui se battent pour leurs droits, dont le droit de s'organiser."

Le secrétaire général adjoint d'IndustriALL Global Union Kemal Özkan ajoute :

"Le cas de Flormar (Yves Rocher) est un cas flagrant de violation des droits fondamentaux et il souligne la nécessité de demander des comptes au capital. Surtout, cela permettra de voir si la loi française sur le devoir de vigilance contribue fondamentalement à la protection des travailleurs, et nous attendons de l'appareil judiciaire français qu'il rende justice aux membres de Petrol-İş qui veulent exercer leurs libertés garanties."

Photo : Piquet de grève devant l'usine Flormar à Gebze, en Turquie, le 9 août 2018.

Les travailleurs et travailleuses du caoutchouc et des pneumatiques discutent de l’avenir du secteur aux Amériques

Victor Martinez Hernandez, Secrétaire général du SNTGTM (Syndicat national du caoutchouc du Mexique), Marino Vani, Secrétaire régional d’IndustriALL pour l’Amérique latine et les Caraïbes, et Tom Grinter, Directeur d’IndustriALL pour le secteur du caoutchouc, ont assisté à l’ouverture. Des représentants des affiliés d’IndustriALL du Brésil (CNQ CUT et Sintrabor), des États-Unis, du Canada (Métallos USW) et d’organisations invitées du secteur au Mexique ont également participé à la rencontre.

La première journée a été consacrée à l’examen de la situation du secteur au Mexique, en mettant l’accent sur la loi historique sur les conventions collectives dans l’industrie du caoutchouc, qui est toujours en vigueur mais qui n’a pas été renouvelée depuis 2017 et que le gouvernement fédéral a l’intention de remplacer par une loi sur les conventions dans l’industrie du pneu. Les spécialistes et les syndicats ont averti que, bien que cette nouvelle proposition puisse intégrer certaines entreprises de pneumatiques qui ne sont actuellement pas couvertes par l’accord, elle exclurait des centaines d’entreprises produisant d’autres produits en caoutchouc, qui peuvent actuellement être couvertes.

Ils ont également exprimé leur inquiétude quant au fait que la proposition ne garantit pas d’améliorations en matière de travail et de salaires pour les travailleurs et travailleuses du secteur des pneumatiques et pourrait nuire au reste du secteur du caoutchouc. À l’issue des discussions, un appel a été lancé pour rejeter la nouvelle convention, revoir l’actuelle et, sur la base de cette révision, négocier des addenda ou des chapitres supplémentaires au droit des conventions existant.

Les représentants syndicaux de Continental, Bridgestone, Goodyear, Pirelli et d’autres entreprises ont ensuite présenté la situation actuelle dans chaque entreprise, en soulignant les avancées, les défis en matière de production et les priorités syndicales au Mexique et dans la région.

La deuxième journée a été consacrée aux défis mondiaux. Tom Grinter a présenté un aperçu de l’industrie mondiale et régionale du caoutchouc et des pneumatiques et a expliqué comment IndustriALL aide ses affiliés à coordonner leurs politiques et leurs actions pour relever les défis du secteur. Marino Vani a souligné l’importance de créer des réseaux de salariés d’une même entreprise ou d’un même groupe d’entreprises et de signer des accords-cadres mondiaux pour renforcer l’action collective.

Il a également souligné l’importance pour les travailleurs et travailleuses du secteur de se coordonner non seulement au niveau national et régional, mais aussi avec ceux et celles de l’industrie de la mobilité :

“C’est seulement ainsi que nous pourrons renforcer le pouvoir des syndicats et influencer les politiques économiques, industrielles et de production, qui sont largement déterminées par les grandes entreprises du secteur de la mobilité, en collaboration avec les gouvernements, et déterminer l’avenir et la qualité de l’emploi dans le secteur du caoutchouc.”

Les syndicats du Brésil et des États-Unis ont présenté un rapport détaillé sur la situation dans le secteur dans leurs pays et sur le travail accompli par leurs organisations. Ils ont été rejoints par un certain nombre de collègues mexicains et les discussions ont également porté sur des questions telles que la santé et la sécurité au travail, les méthodes et normes de travail, la santé mentale, le marché du travail, etc.

Cristian Alejandro Valerio, Responsable du secteur pour IndustriALL en Amérique du Nord, a évalué la rencontre de manière très positive :

“Nous avons pu réunir plusieurs syndicats du secteur au Mexique pour discuter et tirer des conclusions précieuses sur une question cruciale pour les travailleurs et travailleuses : l’avenir de la négociation collective, le droit concernant les conventions collectives au Mexique et un agenda stratégique. L’objectif est de s’organiser entre les syndicats du Mexique et d’Amérique latine afin de renforcer le pouvoir syndical et la solidarité entre les travailleurs et travailleuses du secteur et de l’industrie de la mobilité aux Amériques au cours des quatre prochaines années.”

Les syndicats africains veulent que les revenus des minéraux stratégiques financent le développement

Cette déclaration de 35 syndicalistes de 14 pays a été prononcée à un colloque qui devait célébrer la Journée de l'industrialisation de l'Afrique sur le thème "L'autonomisation des travailleurs dans l'AGMS : contrebalancer l'industrialisation par le devoir de vigilance en matière de droits de l'homme."

Il a été dit à ce colloque que l'Afrique détient plus de 30 pour cent des réserves mondiales de minéraux nécessaires à la transition énergétique : le cobalt en République démocratique du Congo, le cuivre en Zambie, le nickel à Madagascar, le manganèse au Gabon, le graphite au Mozambique, le lithium au Zimbabwe et des terres rares un peu partout entre la Namibie et le Burundi. Pourtant la part du continent dans la manne générée par ces ressources n'a pratiquement pas changé depuis l'ère coloniale.

Cette déclaration qu'ont adoptée le bureau régional pour l'Afrique subsaharienne d'IndustriALL Global Union et la CSI-Afrique indique que le mouvement ouvrier veut que les travailleurs et les communautés bénéficient des minéraux stratégiques de la transition. "Il ne peut y avoir de transition verte sans travail décent" insistent les syndicats, qui réclament des contrats permanents, des salaires de survie, des négociations collectives sectorielles et une responsabilisation effective des multinationales occidentales et chinoises s'agissant de leurs chaînes d'approvisionnement.

D'après le cabinet de conseil McKinsey, les objectifs mondiaux de zéro émission nette pour 2050 nécessiteront d'investir 3,5 billions $dans les minéraux stratégiques, dont l'Afrique pourrait en absorber 1 billion en progressant dans la chaîne de valeur. À l'heure actuelle, le continent exporte pratiquement toute sa production sous la forme de minerai ou de concentré à faible teneur. À titre d'exemple, une batterie de téléphone portable se vendant à 50 $ peut contenir du cobalt congolais valant moins de dix cents à la sortie de la mine. Le reste de la marge revient à des raffineries en Chine, des usines de batteries en Corée du Sud ou en Allemagne et à des chaînes de montage en Californie ou à Shenzhen. Ainsi, en 2024, la République démocratique du Congo a obtenu à peine 1,2 milliard $ enroyalties pour le cobalt qu'elle avait exporté, pourtant valorisé à plus de 20 milliards $ sur les marchés mondiaux.

En outre, les syndicats veulent que l'AGMS rende obligatoires le traitement et la fabrication sur place. Par exemple, les batteries seraient fabriquées à Kolwezi, les cathodes à Kitwe, les précurseurs chimiques à Johannesburg, suivant des règles de "contenu local" contraignantes et des clauses sociales inscrites dans de nouveaux accords d'investissement. Ils insistent pour que les 5 pour cent de l'enveloppe salariale proposés dans la stratégie pour des fonds de qualification et le 1 pour cent des ventes devant aller à la recherche et au développement soient cogérés par les organisations syndicales. Ils veulent que les contrats en vigueur soient renégociés pour mettre fin aux transferts de bénéfices et aux mouvements financiers illicites et pour que les recettes soient affectées à des fonds souverains plutôt que vers des paradis fiscaux à l'étranger.

Les syndicats réclament l'application de critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) assortis de protections du travail explicites telles que la liberté syndicale, la santé et la sécurité au travail et le travail décent.

Le colloque a mis en lumière le fait que la population en âge de travailler progressera d'environ 450 millions d'individus d'ici 2050 et que, sans une création massive d'emplois industriels, cet atout démographique risque de se muer en catastrophe sociale. Les syndicats mettent en garde contre les accords troquant les ressources contre la sécurité, qui risquent de transformer des provinces riches en minéraux en nouveaux théâtres de guerres par procuration.

"L'Afrique est riche dans son sous-sol mais pauvre en surface et cela doit changer,"

a déclaré Martha Molema, la présidente de la CSI-Afrique.

"Les minéraux stratégiques doivent servir à l'industrialisation de l'Afrique et à sa décarbonation, aider les industries manufacturières et créer des emplois pour les jeunes. En outre, les femmes de cette industrie doivent obtenir des licences et des aides financières pour extraire les minéraux stratégiques,"

a ajouté Rose Omamo, vice-présidente d'IndustriALL et présidente adjointe de la CSI-Afrique. 

L’Afrique du Sud déclare la violence sexiste et le féminicide catastrophe nationale

Dorénavant, la GBVF sera traitée dans le même cadre juridique et administratif que les catastrophes naturelles, ce qui permettra de débloquer des ressources budgétaires supplémentaires, d’améliorer la coordination intergouvernementale et d’adopter une approche structurée en matière de prévention, d’intervention et de réhabilitation.

Les statistiques relatives à la violence fondée sur le genre dans le pays sont choquantes. Selon le Conseil de recherche en sciences humaines (HSRC), 7,3 millions de femmes ont été victimes de violences physiques et 2,1 millions ont survécu à des agressions sexuelles. Le taux de féminicides est cinq fois supérieur à la moyenne mondiale.

Cette déclaration fait suite à une campagne menée depuis dix ans par les syndicats et les organisations de défense des droits des femmes, qui ont souligné à plusieurs reprises l’échec des mesures législatives précédentes, notamment le Plan stratégique national sur la violence sexiste et le féminicide de 2018, à se traduire par une mise en œuvre efficace. Malgré la promulgation de lois plus strictes sur la violence domestique, les délits sexuels et le harcèlement sur le lieu de travail, les taux de condamnation sont restés extrêmement faibles et les signalements ont été découragés par l’inaction systémique de la police.

La mobilisation publique a atteint son apogée lors du sommet du G20 avec l’action “Shutdown des femmes”, au cours de laquelle les travailleuses ont observé 15 minutes de silence en hommage aux femmes tuées ou blessées et, dans de nombreux cas, se sont absentées de leur travail. Une pétition portant plus d’un million de signatures a été présentée au gouvernement, amplifiant les revendications de longue date issues du processus de mobilisation du Groupe syndical 20 (Labour 20, L20). Lors du sommet du L20 de juillet 2025, les syndicats avaient fait valoir que la violence sexiste persistante entraîne des coûts économiques importants en raison de la perte de productivité, de l’absentéisme, des dépenses de santé et de l’érosion de la participation des femmes au marché du travail.

Les conséquences économiques sont particulièrement graves dans les secteurs à forte concentration de main-d’œuvre féminine. Des décès ont été enregistrés tant dans le cadre domestique que sur le lieu de travail. Parmi les cas notables, on peut citer le meurtre de Thembisile Yende dans les locaux d’Eskom en 2017 et celui de Pinky Mosiane dans une mine d’Anglo-American Platinum à Rustenburg, deux affaires qui ont été prises en charge respectivement par les affiliés d’IndustriALL, le Syndicat national des métallurgistes d’Afrique du Sud (NUMSA) et le Syndicat national des mineurs (NUM). Si l’affaire Yende n’est toujours pas résolue, dans l’affaire Mosiane, l’auteur a été condamné à deux peines de prison à perpétuité selon les archives judiciaires.

En classant la GBVF comme catastrophe nationale, l’État a désormais accès au cadre politique intégré prévu à l’article 7 de la loi sur la gestion des catastrophes : prévention et réduction des risques, atténuation, préparation, intervention rapide et redressement après catastrophe. Cela devrait se traduire par un financement réservé, la mise en place d’une structure nationale de coordination dédiée et des rapports obligatoires ainsi que des indicateurs de performance dans toutes les provinces et tous les départements.

Cette décision renforce également la transposition dans le droit national de la Convention 190 de l’Organisation internationale du travail (Convention sur la violence et le harcèlement, 2019), que l’Afrique du Sud a ratifiée en 2021. La Recommandation 206 qui l’accompagne fournit des orientations détaillées sur l’évaluation des risques, les mesures de prévention et les recours dans le monde du travail, domaines dans lesquels la mise en œuvre avait jusqu’à présent pris du retard.

Christine Olivier, Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL, a déclaré :

“Il s’agit d’une étape importante vers des mesures efficaces pour lutter contre la violence et le harcèlement sexuels et sexistes, en particulier lorsque les affaires étaient classées sans suite et que les femmes étaient frustrées et découragées de signaler les violations, car il n’y avait aucune conséquence pour les auteurs. En outre, il s’agit également d’une avancée importante vers la mise en œuvre des lois nationales et de la Convention n° 190 et de la Recommandation n° 206 de l’OIT.”

Photo : NUMSA

Les syndicats indiens fustigent la promulgation unilatérale du code du travail et déclarent le 21 novembre journée noir pour les travailleurs

Le 26 novembre, les syndicats indiens de tout le pays, à l'exception du Bharatiya Mazdoor Sangh parrainé par le gouvernement, se sont mobilisés dans de puissantes actions de protestation pour dénoncer la promulgation unilatérale du code du travail et exiger immédiatement un dialogue digne de ce nom et son retrait, déclarant que les travailleurs n'accepteront pas des réformes de la législation du travail imposées sans consultation.

La plateforme des syndicats CTUs condamne cette initiative du gouvernement du fait que ces codes violent les droits constitutionnels fondamentaux et sapent les principes de la démocratie et du fédéralisme. Ils les jugent structurellement biaisés, juridiquement malsains et conçus dans le but de diluer les protections des travailleurs.

Les CTUs accusent le gouvernement d'avoir court-circuité les mécanismes tripartites établis et font remarquer que la Conférence indienne du travail, l'instance tripartite nationale, ne s'est pas réunie depuis 2015.

Les affiliés d'IndustriALL craignent que ces nouveaux codes du travail affaiblissent des protections des travailleurs essentielles, en particulier sur la durée du travail, la main-d’œuvre contractuelle et la santé et la sécurité au travail (SST). Les représentants des syndicats avertissent que ces changements sont de nature à favoriser le travail précaire et éroder un peu plus encore les droits des travailleurs à une époque où il faudrait renforcer les garde-fous. En réaction, IndustriALL a écrit au gouvernement pour l'exhorter à retirer les codes et entamer un dialogue digne de ce nom avec les organisations syndicales pour préserver les droits des travailleurs et les normes de sécurité.

Les leaders syndicaux ont appelé le gouvernement à interrompre la mise en application des codes et à entamer des consultations transparentes et inclusives avec les syndicats. IndustriALL Global Union a assuré les travailleurs indiens et ses affiliés de sa totale solidarité, en appuyant ses revendications pour le dialogue social, la liberté syndicale et la protection des droits fondamentaux au travail.

Sanjay Vadhavkar, le secrétaire général du SMEFI (HMS), a déclaré :

"La promulgation unilatérale des codes du travail par le gouvernement est une attaque directe contre les droits des travailleurs et contre la gouvernance démocratique du travail. Les travailleurs ne peuvent être tenus à l'écart des décisions qui conditionnent leur existence. En court-circuitant la consultation et des pratiques tripartites de longue date, le gouvernement sape les valeurs constitutionnelles. Nous soutenons fermement le mouvement syndical uni pour réclamer l'abrogation de ces promulgations et le rétablissement d'un dialogue social authentique."

Sanjay Singh, le secrétaire général de l'INEWF (INTUC), a déclaré :

"Ces codes du travail affaiblissent des protections essentielles, en particulier pour ce qui est de la liberté syndicale, du droit de négocier collectivement, de la limitation de la durée du travail, de la santé et la sécurité au travail et de la sécurité sociale; ils vont précipiter plus de travailleurs dans la précarité. Nous prions instamment le gouvernement d'interrompre leur mise en application et nous associons aux organisations syndicales pour veiller à ce que toute réforme quelle qu'elle soit préserve les droits des travailleurs plutôt que les éroder."

Le secrétaire général d'IndustriALL, Atle Høie, a ajouté :

"Nous restons résolument solidaires du mouvement syndical indien et appelons le gouvernement indien à entamer avec les syndicats des consultations transparentes et inclusives. Nous répétons fermement que toute réforme de la législation du travail doit renforcer plutôt qu'affaiblir les protections des travailleurs et se conformer intégralement aux normes internationales du travail."

Victoire historique pour les métallurgistes italiens

En juin 2025, la FIOM, la FIM et l’UILM ont organisé une grève de huit heures accompagnée de manifestations régionales dans toute l’Italie, dénonçant ce qu’ils ont qualifié de refus irresponsable des employeurs de négocier. Les travailleurs et travailleuses de l’ensemble du secteur, y compris ceux des petites et moyennes entreprises, se sont joints à la grève et d’autres actions, comme le blocage des heures supplémentaires et de la flexibilité, ont été mises en œuvre. Les manifestations ont envoyé un message clair et unifié : les travailleurs et travailleuses n’accepteraient pas la stagnation, l’érosion des salaires ou de nouveaux atermoiements. Le mouvement de grève a renforcé la détermination des syndicats et démontré aux employeurs que les métallurgistes étaient mobilisés, unis et prêts à poursuivre la lutte pour défendre leur pouvoir d’achat et obtenir des conditions de travail équitables.

Les négociateurs syndicaux ont qualifié cette victoire de cruciale, car elle garantit la défense des salaires à long terme à un moment où de nombreuses familles sont confrontées à des difficultés financières croissantes. La structure salariale révisée maintient un système conçu pour préserver le pouvoir d’achat face à l’inflation. L’accord comprend également un quota salarial supplémentaire et une clause de sauvegarde au cas où l’inflation dépasserait les prévisions pendant la durée de la convention.

Les Secrétaires généraux Ferdinando Uliano, Michele De Palma et Rocco Palombella, de la FIM, de la FIOM et de l’UILM, ont déclaré que cet accord représentait non seulement une victoire dans les négociations, mais aussi pour la défense du système national de négociation collective italien lui-même. Ils ont souligné l’unité et la détermination des syndicats tout au long du processus :

“Les négociations ont été très difficiles, mais nous avons comblé le fossé et signé une convention solide. Nous avons protégé le pouvoir d’achat des métallurgistes et renforcé leurs droits et protections. L’augmentation salariale, le lancement d’un projet pilote de réduction du temps de travail et la stabilisation du travail précaire étaient nos incontournables et nous les avons atteints. Aujourd’hui, nous pouvons dire que nous avons sauvé la convention nationale, qui n’a jamais cessé d’être remise en cause. Cet accord garantit la dignité de ceux qui font battre le cœur industriel de l’Italie. Les métallurgistes écrivent une fois de plus l’histoire de ce pays à un moment où il a besoin de stabilité, de courage et de solutions durables.”

La convention apporte des avancées significatives dans la lutte contre la précarité de l’emploi et le travail précaire, des questions qui ont été au cœur du programme des syndicats. Les employeurs seront désormais tenus de stabiliser une partie des travailleurs et travailleuses à durée déterminée après 12 mois s’ils souhaitent prolonger les contrats temporaires dans des conditions spécifiques. Les travailleurs et travailleuses employés par des agences d’intérim auront le droit à un emploi permanent dans l’entreprise d’accueil après 48 mois, ce qui constitue une évolution importante vers des conditions d’emploi plus équitables et plus sûres pour des milliers de métallurgistes.

L’accord introduit également des changements tournés vers l’avenir, notamment un projet pilote structuré visant à réduire le temps de travail, sous la direction d’une commission spécialisée. Parmi les autres améliorations, citons le renforcement des mesures de protection en matière de santé et sécurité, l’élargissement des droits à la formation sur le lieu de travail, le renforcement des mesures de protection pour les travailleurs et travailleuses gravement malades et handicapés ainsi que de nouvelles dispositions visant spécifiquement à prévenir la violence à l’égard des femmes.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Atle Høie, a salué l’accord et la détermination des syndicats italiens :

“Il s’agit d’une victoire importante non seulement pour les métallurgistes italiens, mais aussi pour tous les travailleurs et travailleuses qui luttent contre la précarité, la baisse des salaires et l’érosion des droits fondamentaux. En garantissant une véritable protection des salaires, des voies vers un emploi stable et des progrès révolutionnaires en matière de réduction du temps de travail, la FIM, la FIOM et l’UILM ont montré ce que des syndicats forts et unis peuvent accomplir. Cet accord envoie un message clair : la négociation collective reste l’un des outils les plus puissants dont disposent les travailleurs et travailleuses pour construire des lieux de travail plus justes, plus sûrs et plus dignes.”

Photos : industriAll Europe  

COP30 de Belém : une COP plus ouverte et une nouvelle étape pour la Transition juste

Un contexte politique différent

Le Brésil a entamé la COP30 avec ambition. Ses priorités étaient des engagements mondiaux plus affirmés en matière de réduction des émissions, une augmentation significative du financement climatique et davantage de clarté s'agissant de la mise en pratique. Bien que toutes les propositions n'aient pas été retenues, dans l'ensemble le processus fut plus constructif que les années précédentes et les négociateurs ont témoigné d'une volonté d'éviter de faire machine arrière.

Les divisions entre pays ont subsisté sur plusieurs points, en particulier celui du financement climatique. Bien que le texte final préconise un financement accru, aucun objectif contraignant n'a été adopté. L'écart entre ce qu'il faudrait et ce qui est promis reste béant, surtout pour ce qui est des mesures d'adaptation et de Transition juste.

Transition juste : un pas vers la concrétisation

Un des débats suivis avec le plus d'attention à la COP30 fut celui sur l'avenir du Programme de travail pour une Transition juste (PTTJ). Pendant tout le sommet, les Parties ont longuement dialogué sur la manière de passer des discussions conceptuelles à une réalisation concrète.

La proposition d'un Mécanisme d'action de Belém (MAB) avait suscité un débat animé pendant l'année écoulée. De nombreux pays y voyaient un moyen d'accélérer la mise en œuvre, d'autres se disaient préoccupés des implications financières, des doubles emplois avec des institutions existantes et de la garantie d'une place suffisante aux travailleurs et autres acteurs non-étatiques.

Finalement, le résultat est le fruit d'un compromis. Plutôt que de mettre en place un mécanisme distinct, les Parties ont convenu d'élaborer un "mécanisme de Transition juste" au titre de l'article 25 du PTTJ, dont un avant-projet sera présenté à la réunion de la CCNUCC de juin 2026 à Bonn. La Conférence de Bonn sur le changement climatique est une conférence annuelle des Nations unies sur le climat faisant office de réunion semestrielle de l'Organe subsidiaire de mise en œuvre et de l'Organe subsidiaire de conseil scientifique et technologique. Le texte met en avant la coopération internationale, le renforcement des capacités, l'assistance technique et le partage des connaissances et précise que ce mécanisme doit s'appuyer sur les travaux de la CCNUCC et de l'Accord de Paris et les compléter.

Pour le monde du travail, ce texte continue de privilégier les mesures pratiques et à moyen terme tout en confirmant la pertinence des institutions existantes, en particulier celle de l'OIT avec ses Principes directeurs pour une Transition juste, des points de référence essentiels pour l'opérationnalisation de la Transition juste.

Plus de visibilité pour les travailleurs et leurs droits

Tout au long des négociations, la question des travailleurs a gagné en importance. La version finale du PTTJ souligne l'importance du travail décent, du dialogue social et de l'inclusion des travailleurs formels comme informels dans les processus de transition. Bien que les "organisations syndicales" ne soient pas mentionnées de manière explicite, les problèmes afférents aux travailleurs ont gagné en visibilité par rapport aux COP précédentes, ayant été mentionnés à plusieurs reprises dans les interventions de la présidence.

Le Plan d'action relatif aux questions de genre, tout d'abord incertain, a finalement été adopté, en mentionnant les travailleuses et une Transition juste sensible au genre. C'est là une des avancées les plus marquantes de la COP30.

La déclaration finale des représentants des travailleurs a elle aussi souligné l'importance d'un ancrage de la Transition juste dans les droits, la participation et le travail décent, comme on pouvait le lire dans la déclaration des syndicats et des ONG :

"Pour la toute première fois, les travailleurs et leurs syndicats, les groupes qui militent pour les femmes et les questions de genre, les communautés auront leur place à la CCNUCC pour traiter de nos problèmes et de nos droits. Les syndicats le réclamaient depuis de nombreuses années parce que la protection et la promotion des droits au travail, l'organisation de la participation des travailleurs et un dialogue social authentique pour l'obtention d'un travail décent et d'emplois de qualité, de pensions, de la santé et la sécurité, de concert avec des systèmes de protection sociale universels, sont des éléments essentiels d'une accélération de l'action pour le climat."

Technologie, commerce et réforme institutionnelle

L'adoption d'un nouveau cadre pour la coopération technologique s'est concentrée sur le soutien aux pays en développement, la promotion des technologies endogènes et favoriser une mise en œuvre inclusive et sensible au genre. Ce cadre démarrera en 2025 avant un réexamen en 2034.

Les discussions sur les échanges commerciaux n'ont pas progressé, les Parties ayant répété que les questions liées au commerce doivent relever de l'OMC. Les pourparlers sur une réforme institutionnelle de la CCNUCC n'ont pas progressé non plus, montrant la difficulté de dégager un consensus sur les questions de procédure.

Envisager l'avenir : Bonn et la COP31

La grande étape suivante se situera en juin 2026, lorsque les organes subsidiaires seront chargés de présenter le premier projet d'opérationnalisation du nouveau mécanisme pour une Transition juste.

Les négociations passeront alors à la COP31, coprésidée par la Turquie et l'Australie, où les conditions politiques détermineront les modalités de l'intégration des priorités des travailleurs dans l'ordre du jour.

S'agissant d'IndustriALL, la ligne reste la même :

"La COP30 n'a pas aplani tous les problèmes, mais elle a ouvert un nouvel espace de dialogue, accru la visibilité des travailleurs et arrêté des cibles claires pour les prochaines étapes de la Transition juste. Cela nous fournit un socle pour continuer de promouvoir les droits au travail et le travail décent au centre de l'action pour le climat,"

a déclaré le secrétaire général adjoint d'IndustriALL Kan Matsuzaki.

PHOTO: shutterstock Belem, Brazil- COP30- 17 novembre 2025- Marina Silva, le président de la COP Correa do Lago, Activités artisanales d'activistes et d'indigènes à la COP30