Des incendies criminels de l’armée du Myanmar laissent des travailleurs et travailleuses de la confection sans abri

Ces travailleurs et travailleuses sont employés dans des usines de vêtements et de textile de la région et ils affirment que les militaires ont détruit les maisons en se référant à une liste de personnes impliquées dans le mouvement de désobéissance civile.

L’ONG Data for Myanmar a signalé en août que pas moins de 28.434 maisons de civils avaient été incendiées par les militaires. La région de Sagaing est la plus touchée.

Le site d’information The Irrawaddy a cité une source de l’Organisation de défense et de sécurité civiles selon laquelle il n’y a pas eu d’affrontement entre le mouvement de résistance et l’armée dans ces villages. L’objectif de ces incendies criminels est de couper le soutien des villages au mouvement de résistance.

“Je pense que d’autres maisons de membres de l’IWFM pourraient être brûlées, car nous avons environ 900 membres de deux usines textiles dans ces zones. L’IWFM appelle la communauté internationale à cesser d’alimenter les militaires avec les profits des entreprises, les travailleurs et travailleuses souffrent et leur vie est en jeu sous le régime militaire”.

A déclareé Khaing Zar, Présidente de l’IWFM.

“Ces incendies criminels impitoyables montrent une fois de plus qu’il n’est tout simplement pas possible de faire des affaires de manière éthique au Myanmar. Les multinationales qui opèrent encore dans le pays devraient accélérer leur désinvestissement et quitter le Myanmar de manière responsable,”

a déclaré Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL.

En septembre, l’Ethical Trading Initiative a publié un rapport selon lequel il est impossible de mener des affaires de manière responsable au Myanmar. IndustriALL engage les enseignes de la confection à quitter le Myanmar de manière responsable.

Crédit photo : Nway Oo Naing

La Biélorussie doit respecter les droits de l’homme

La liste des droits et libertés violés comprend la liberté d’opinion et d’expression, la liberté de réunion et d’association pacifiques, le droit de fonder des syndicats et de s’y affilier pour la protection de ses intérêts, le droit à un procès équitable et public devant un tribunal indépendant et impartial.

Le prix Nobel de la paix 2022 a été décerné à Ales Bialiatski, qui œuvre à la promotion des droits de l’homme et de la démocratie en Biélorussie depuis les années 1980. Il ne pourra pas assister à la cérémonie de remise du prix à Oslo, en Norvège, ce 10 décembre, car il est en prison depuis juillet 2021.

Depuis 1901, les prix Nobel sont remis aux lauréats lors de cérémonies organisées le 10 décembre, date anniversaire de la mort d’Alfred Nobel.

En outre, la Journée des droits de l’homme est célébrée chaque année ce même 10 décembre, date à laquelle l’Assemblée générale des Nations unies a adopté la Déclaration universelle des droits de l’homme en 1948.

Ales Bialiatski a fondé le groupe de défense des droits de l’homme Viasna (qui signifie “printemps”) en 1996, après la publication de l’amendement constitutionnel qui a donné au président Alexandre Loukachenko des pouvoirs dictatoriaux, déclenchant des manifestations de masse. Viasna a fourni une aide aux manifestants emprisonnés et à leurs familles. Au fil des décennies, l’organisation a également documenté les abus et les tortures infligés par les autorités aux prisonniers politiques. Son principal objectif est de contribuer au développement de la société civile en Biélorussie, sur base du respect des droits de l’homme.

Les autorités ont tenté de faire taire Ales Bialiatski en raison de son travail. En 2011, il a été emprisonné pour une période de trois ans au motif présumé de fraude fiscale. En juillet 2021, à la suite des manifestations de masse contre la dictature de Loukachenko, qui ont éclaté après l’élection présidentielle d’août 2020, Ales Bialiatski a de nouveau été emprisonné, cette fois sans procès ni condamnation.

Ales Bialiatski partage le prix Nobel de la paix 2022 avec l’ONG russe Memorial et le Centre pour les libertés civiles d’Ukraine.

À ce jour, il y a 1.441 prisonniers politiques en Biélorussie, selon Viasna, et ce nombre ne cesse d’augmenter.

L’indice mondial des droits de la CSI 2022 classe la Biélorussie parmi les dix pires pays pour les travailleurs en raison des dispositions répressives du droit pénal, d’arrestations massives de dirigeants syndicaux et de la dissolution forcée de syndicats.

Le 18 juillet, la Cour suprême a décidé de liquider et de dissoudre le Congrès biélorusse des syndicats démocratiques (BKDP) et ses quatre membres, dont trois sont affiliés à IndustriALL : le Syndicat indépendant biélorusse (BITU ou BNP), le Syndicat des travailleurs de la radio et de l’électronique (REP) et le Syndicat libre des métallurgistes (SPM), ainsi que le Syndicat libre de Biélorussie (SPB).

Le 19 avril, des dirigeants et des militants du Congrès biélorusse des syndicats démocratiques (BKDP) et de syndicats affiliés ont été placés en détention massive pour avoir exercé leur droit légitime à la liberté d’association. La majorité des syndicalistes arrêtés sont toujours en détention. Certains ont déjà été condamnés à de longues peines de prison ou à des restrictions de liberté sans emprisonnement, tandis que d’autres procès sont sur le point de commencer.

Aliaksandr Yarashuk, Président du BKDP, Siarhei Antusevich, Vice-président du BKDP, et Iryna But-Husaim, Responsable de l’équipe média et comptable du BKDP, sont retenus dans un centre de détention provisoire depuis le 19 avril. Le procès doit s’ouvrir le 20 décembre.

Aliaksandr Mishuk, Vice-président du BITU chez JSC Belaruskali, a été condamné à deux ans et demi de prison le 15 novembre. Andrey Khanevitch, Président de la section locale du BITU à Hrodno Azot, a été condamné à cinq ans de prison le 16 novembre. Ihar Povarau et Yauhen Hovar, militants du BITU de l’usine métallurgique BMZ, ont été condamnés à trois ans et 2,5 ans de prison respectivement pour une tentative de grève d’avertissement en août 2020.

Le procès de Vasil Berasnieu, Président par intérim du REP, de Hennadz Fiadynich, Vice-président du REP, et de Vatslau Areshka, militant du REP, a débuté le 25 novembre. Ils sont emprisionnés dans un centre de détention provisoire depuis le 19 avril. Zinaida Mikhniuk, Vice-présidente du REP, a été arrêtée le 25 mars, accusée d’avoir insulté le président et condamnée à deux ans de prison.

Yanina Malash, Présidente adjointe et responsable de recrutement du SPM, a été condamnée à un an et demi de prison le 14 novembre. Artsiom Zhernak, Président du SPM à l’usine automobile de Minsk, a été arrêté le 17 novembre 2021 et condamné à quatre ans de prison. Vitali Chychmarou, membre du conseil du SPM et inspecteur du travail, Mikhail Hromau, Secrétaire du conseil du SPM, ainsi que Miraslau Sabchuk, militant du SPM, ont été arrêtés le 19 avril et récemment condamnés respectivement à trois ans, 2,5 ans et 1,5 an de restriction de liberté sans emprisonnement.

Le Comité exécutif de l’IndustriALL a adopté une résolution sur la Biélorussie en novembre qui

LabourStart a lancé une nouvelle campagne appelant à la libération immédiate des syndicalistes emprisonnés en Biélorussie, veuillez la signer et la partager.

 
 
 

Victoire syndicale contre une tentative d'ArcelorMittal pour museler le droit de grève

La Loi sur les relations de travail interdit aux travailleurs des services essentiels de participer à des actions de grève. Bien que la constitution sud-africaine reconnaisse le droit de grève, elle impose des limites lorsqu'il s'agit des travailleurs des services essentiels. Dans leur cas, par exemple, les grévistes ne jouissent pas des protections légales et risquent le licenciement.

Pour qu'une industrie soit déclarée service essentiel, elle doit en faire la demande que doit approuver l'ESC. Dans le cas présent, AMSA avait fait cette demande en espérant retarder la grève de six jours, ce qui lui aurait permis de mettre ses deux hauts-fourneaux à l'arrêt.

Mais le NUMSA a rétorqué qu'il s'agissait d'une tentative de reporter la grève et d'allonger les 48 heures de préavis imposé par la loi avant le départ d'une grève.

Le NUMSA, qui est affilié à IndustriALL Global Union, a présenté des arguments de poids à l'ESC, faisant valoir que :

"La seule possibilité pour changer un préavis de grève est de conclure une convention collective entre les parties, ou en modifiant la loi, parce que la Loi sur les relations de travail n'habilite pas l'ESC à le faire. En outre, il n'y a pas de lien de cause à effet entre l'arrêt des batteries de fours à coke et un danger imminent pour la vie, la sécurité ou la santé de l'ensemble ou d'une partie de la population."

L'ESC a conclu que, si les hauts-fourneaux et les fours à coke pouvaient occasionner des risques de sécurité si leur mise à l'arrêt n'était pas correctement menée, ils ne sont pas suffisamment graves pour justifier une entrave aux droits des travailleurs, et l'ESC a abondé dans le sens du NUMSA en concluant :

"Rien ne justifie de limiter le droit des salariés de faire grève en qualifiant ce service d'essentiel."

"C'est une victoire pour les travailleurs et leurs familles qui peuvent ainsi exercer librement leur droit de grève, qui est un élément de leur force de négociation. La tentative de la direction d'AMSA pour étouffer le droit de grève a échoué. Nous invitons les travailleurs d'AMSA à rejoindre les rangs du NUMSA parce que nous nous battrons toujours pour défendre leurs intérêts et nous tenons à remercier nos responsables qui n'ont pas ménagé leurs efforts pour nous obtenir gain de cause,"

a dit Kabelo Ramokhathali, le secrétaire régional du NUMSA pour le district de Sedibeng.

La secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Afrique subsaharienne, Paule France Ndessomin, a déclaré :

"AMSA devrait régler ses différends avec les travailleurs, plutôt que de chercher des voies détournées pour réduire leurs droits. L'entreprise doit améliorer les conditions de travail en remplaçant les contrats précaires par des contrats permanents, en adoptant de meilleures normes de santé et de sécurité et en payant le salaire minimum."

AMSA, qui est coté à la bourse de Johannesburg, est le premier fournisseur d'acier plat d'Afrique subsaharienne. L'acier est fabriqué à partir de minerai de fer, de coke et de dolomite.

Soutenez les syndicalistes emprisonnés lors de la Journée des droits de l’homme

Le 10 décembre est la Journée des droits de l’homme, qui commémore l’adoption de la Déclaration universelle des droits de l’homme des Nations unies. À cette occasion, nous tenons à rappeler au monde entier que les droits des travailleurs sont des droits de l’homme et nous renouvelons notre appel à la libération de tous les militants syndicaux emprisonnés.

Les poursuites judiciaires, pouvant aller jusqu’à l’arrestation et l’emprisonnement, sont une préoccupation majeure des militants syndicaux dans de nombreux pays. Les syndicalistes sont des défenseurs de première ligne de la démocratie. Parce qu’ils sont organisés et enracinés dans les lieux de travail et les communautés ouvrières, ils sont souvent les premiers à résister lorsque la démocratie est attaquée et, de ce fait, les premiers à être persécutés.

Aujourd’hui, les gouvernements oppresseurs et les employeurs exploiteurs travaillent ensemble à la répression des syndicats et les militants sont accusés de terrorisme, de sédition, d’être des agents à la solde de l’étranger, de rassemblement illégal, de créer des troubles, ou de détruire la propriété d’une entreprise ainsi que de saper les activités commerciales.

Le problème est particulièrement aigu dans certains pays : au Myanmar, les syndicats sont interdits et plus de 60 syndicalistes sont emprisonnés sur base d’accusations montées de toutes pièces depuis le violent coup d’État militaire de février 2021.

“Nous exigeons l’abandon immédiat des accusations montées de toutes pièces portées contre tous les militants pro-démocratie emprisonnés, des garanties fermes que leur santé et leur sécurité à l’intérieur des prisons sont assurées et leur retour rapide et sûr auprès de leurs proches.”

Déclaration de Global Union, octobre 2022

Les syndicats libres et indépendants de Biélorussie ont été dissous par la Cour suprême du pays. Seize dirigeants et militants syndicaux ont été arrêtés, certains sont en attente de jugement, d’autres ont été condamnés à des restrictions de liberté et au moins trois ont été condamnés à des peines de prison pour des grèves d’avertissement ainsi que pour diffamation envers le Président. Les syndicats se sont également vu confisquer leurs biens et les données relatives à leurs membres.

En novembre, le Comité exécutif d’IndustriALL a adopté une résolution, condamnant la dissolution de ces syndicats indépendants et exigeant la libération immédiate de tous les syndicalistes en Biélorussie.

À Madagascar, un syndicaliste est en prison pour avoir attiré l’attention sur les abus commis à l’encontre des travailleurs de l’usine où il travaillait.

En Iran, pays actuellement en proie à des manifestations pro-démocratie, les travailleurs et travailleuses qui tentent de former des syndicats libres et indépendants se retrouvent fréquemment en prison.

L’arrestation et l’emprisonnement de militants syndicaux sont également une caractéristique régulière des relations sociales en Turquie, en Égypte, en Colombie et dans de nombreux autres pays.

L’oppression exercée par les autorités crée un climat propice à d’autres crimes, dont le meurtre. Aux Philippines, où travailleurs et travailleuses risquent d’être arrêtés pour avoir participé à une action de grève, le gouvernement et d’autres acteurs pratiquent le “red-tagging” (littéralement : étiquetage rouge) à l’égard de syndicalistes, les qualifiant de terroristes et faisant d’eux la cible d’attaques, ce qui a conduit au meurtre de plusieurs d’entre eux.

Malheureusement, la liste des syndicalistes persécutés est trop longue, comme le souligne l’Indice CSI des droits dans le monde sur les violations des droits des travailleurs, le dernier en date démontrant que ces violations n’ont jamais été aussi nombreuses.

Ce que nous savons, en revanche, c’est que les campagnes de solidarité internationale visant à libérer les syndicalistes emprisonnés fonctionnent. En 2017, par exemple, 35 syndicalistes bangladais ont été emprisonnés dans le cadre d’une répression gouvernementale, encouragée par les propriétaires d’entreprises locales, contre la syndicalisation. En faisant pression sur le gouvernement, ainsi que sur les enseignes qui s’approvisionnent dans le pays, une campagne mondiale a réussi à faire libérer tous les syndicalistes emprisonnés.

Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL a déclaré :

“Nous devons être aux côtés de nos camarades emprisonnés et maintenir la pression, à la fois sur les gouvernements répressifs et sur les multinationales qui s’approvisionnent dans des pays où les droits des travailleurs et travailleuses sont violés. Nous devons veiller à ce que la diligence raisonnable en matière de droits de l’homme inclue les droits des travailleurs et que les entreprises soient tenues responsables des abus commis au sein de leurs chaînes d’approvisionnement.”

 
 

Le Comité mondial des salariés de Daimler Truck appelle à une transition équitable

Ces conclusions ont été tirées par les membres du Comité d’entreprise européen et Comité d’entreprise mondial (CEE/CEM) nouvellement mis en place lors d’une réunion de deux jours à l’usine Mercedes-Benz de Woerth, en Allemagne.

“L’organe nouvellement créé, en coopération avec IndustriALL Global Union et industriAll Europe, constitue une plate-forme solide pour faire respecter les droits des travailleurs jusqu’au sein des plus petits fournisseurs de Daimler Truck et pour protéger les droits de l’homme dans l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement.”

a déclaré Michael Brecht, Président du Comité général d’entreprise de Daimler Truck et Président du CEE/CME.

Le CEE/CME représente les intérêts de tous les salariés du groupe Daimler Truck, dans le monde entier. Actuellement, 23 pays sont représentés au sein de cet organe en fonction du nombre de salariés, avec un total de 34 représentants. Le CEE/CME est dirigé par un(e) Président(e) et un(e) Vice-président(e) élu(e)s par les membres. Un Présidium de six membres est chargé de coordonner les affaires européennes. Les questions mondiales sont coordonnées au sein d’un Comité exécutif composé de quatre membres.

“Nous avons créé un CEE qui s’applique à l’ensemble du monde de Daimler Truck. Par conséquent, les pays hors Union européenne ont les mêmes droits et obligations que ceux de l’UE auxquels la directive CEE s’applique directement. De notre point de vue, il s’agit d’une avancée remarquable et de la plus grande importance internationale en ce qui concerne l’application des droits de l’homme et des droits syndicaux,”

a indiqué Ralf Goetz, d'IG Metall.

Les participants à la réunion ont discuté des contraintes au niveau de la chaîne d’approvisionnement et de la production limitée qui en résulte, avec des conséquences sur les résultats financiers et l’emploi. Les délégués se sont inquiétés de l’inflation élevée et, dans certains cas, des fortes augmentations des prix de l’énergie. Les représentants des pays à faible niveau de revenus ont demandé une compensation pour les salariés afin de leur assurer un niveau de vie correct.

Les participants ont exprimé un besoin d’information sur les nouveaux investissements, le futur programme de production, notamment pour les véhicules zéro émission, et l’impact possible sur l’emploi. Selon Michael Brecht, on assiste à une course aux subventions pour les nouvelles technologies, alimentée par les États-Unis et la Chine, alors que l’Union européenne n’a actuellement pas grand-chose à mettre en face.

Les droits de l’homme et les obstacles au travail syndical étaient un sujet important à l’ordre du jour.

“Nous devons profiter de l’attention accrue portée à la diligence raisonnable en matière de droits de l’homme pour promouvoir les droits des travailleurs et des syndicats, car les droits des travailleurs sont des droits de l’homme. Nous devons nous assurer qu’il n’y a pas d’obstacles aux droits fondamentaux d’adhérer à un syndicat et de négocier collectivement, notamment dans les pays où cela se produit régulièrement, comme la Turquie, la Thaïlande, les États-Unis et certains pays d’Afrique du Nord.”

a déclaré Geort Leutert, Directeur d’IndustriALL pour le secteur de l’automobile.

“La nouvelle loi allemande sur la diligence raisonnable de la chaîne d’approvisionnement entrera en vigueur en janvier et un processus législatif est en cours au sein de l’Union européenne pour améliorer la protection des droits de l’homme et la protection des victimes dans les pays tiers. Avec le CEE/CME, nous, en tant que représentants des travailleurs chez Daimler Truck, sommes bien préparés. En outre, nous pouvons représenter les intérêts des salariés de manière solidaire au-delà des frontières nationales.”

a déclaré Joerg Lorz, membre du Comité d’entreprise général et Vice-président du Comité d’entreprise du groupe.

Le Comité d’entreprise général (CEG) de Daimler Truck AG représente les intérêts de plus de 33.000 salariés en Allemagne. Le CEG conclut des conventions collectives générales avec la direction de l’entreprise, qui s’appliquent ensuite à l’ensemble du personnel de Daimler Truck AG. L’organe est composé de 13 membres qui sont élus pour quatre ans. Le fondement en est la loi sur la constitution des entreprises.

La préoccupation centrale du CEG est la préservation et le développement des emplois et la création de bonnes conditions de travail, qui soient également équitables. Le CEG prend en outre position sur la conception de dispositions d’ordre général qui dépassent le cadre de la vie professionnelle quotidienne, ainsi que sur des questions d’ordre politique et social.

L’OCDE esquisse une voie de transition pour la construction navale

L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), le club mondial des démocraties développées, a accueilli en son siège parisien ces 28 et 29 novembre la réunion du WP6, réunissant des pays dotés d’une industrie de la construction navale et des experts du secteur, pour explorer les options politiques qui se présentent à lui. Les syndicats participent au WP6 par le biais du TUAC, la Commission syndicale consultative auprès de l’OCDE.

La réunion a été suivie, le 29 novembre, d’un atelier conjoint entre le WP6 et le Comité de l’acier sur l’économie de la construction navale et les prévisions concernant les modes de développement.

Les participants ont décrit la situation actuelle : les prix des nouvelles constructions sont élevés, en raison des crises, interdépendantes, de Covid, du climat et de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, ainsi que des tarifs pour le fret et des prix de l’acier élevés. Le secteur se trouve à un point d’inflexion, de nombreux investisseurs adoptant une attitude attentiste avant de commander des navires de nouvelle génération. Malgré cela, le secteur devrait connaître une croissance rapide au cours des 15 prochaines années. Une grande partie de la flotte mondiale a atteint l’âge où elle doit être remplacée et devra être recyclée et renouvelée. En outre, des milliers de navires se situant à mi-vie devront être modernisés pour répondre aux nouvelles normes environnementales et technologiques.

La construction navale est généralement cyclique, mais les forces du marché auront moins d’impact sur le secteur, qui sera de plus en plus guidé par la politique environnementale. La nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre sera le principal moteur du changement, grâce à des politiques telles que le programme Ajustement à l'objectif 55 de l’UE et la proposition de loi américaine sur la propreté des navires, le Clean Shipping Act.

L’Organisation maritime internationale (OMI) s’est fixée pour objectif de réduire de 50 % les émissions du transport maritime d’ici à 2050, mais cet objectif n’a pas été jugé suffisamment ambitieux, notamment à la suite de la COP27 et des projets visant à développer des corridors verts et à produire de l’hydrogène vert dans le cadre d’un plan d’industrialisation durable de six pays africains. L’OMI devrait publier des objectifs révisés en juin 2023.

Le défi actuel consiste à maintenir le secteur jusqu’à ce que la demande augmente. Il fonctionne actuellement à environ 65 % de sa capacité, qui est inégalement répartie.

Les participants ont observé que “les politiques industrielles sont de retour” et qu’il est nécessaire de coordonner ces politiques afin de donner des signaux clairs sur les voies à suivre pour débloquer les investissements. La prochaine génération de navires sera confrontée à la double transition de la numérisation et de la décarbonisation. Ces évolutions ont déjà un impact sur le secteur : actuellement, 44 % des navires en commande ont des exigences en matière de carburant alternatif, contre seulement 14 % en 2017. Le carburant alternatif dominant est le gaz naturel liquéfié (GNL), qui est considéré comme un carburant de transition jusqu’à ce que le méthanol, l’hydrogène et l’ammoniac soient suffisamment disponibles.

Des technologies d’économie d’énergie, comme la conception des coques et des hélices ainsi que la propulsion éolienne, équipent déjà 24 % du tonnage mondial. L’OCDE a observé une tendance à la hausse des demandes de brevets pour les équipements marins et s’attend à ce que la construction navale soit de plus en plus axée sur la technologie. Plutôt que de se concentrer sur le volume, nous assisterons au développement de navires dits “technomax”, à forte valeur ajoutée.

Le Directeur d’IndustriALL pour le secteur, Walton Pantland, a déclaré :

“La vision de l’industrie est celle d’un transport maritime vert de haute technologie, coordonné par une politique mondiale. C’est une vision que le mouvement syndical partage, car elle nécessitera une main-d’œuvre hautement qualifiée. Nous avons besoin d’une politique industrielle qui soutienne le développement du secteur, qui garantisse que les travailleurs et travailleuses disposent des compétences nécessaires et qui assure une transition équitable en cas de modification du processus de production.”

Judith Kirton-Darling, Secrétaire générale adjointe d’industriAll Europe, a ajouté :

“Les travailleurs et travailleuses sont au cœur des transitions verte et numérique du secteur de la construction navale et nous insistons pour voir leur implication à toutes les étapes de cette transformation. Nous avons besoin d’un véritable effort mondial pour décarboner l’ensemble du secteur ainsi que d’une concurrence loyale au niveau international. Nous appelons donc tous les États de l’OCDE à intensifier leurs efforts. Les syndicats sont prêts à jouer leur rôle dans les transitions et se battront pour une Transition juste pour tous les travailleurs et toutes les travailleuses, dans l’ensemble des régions.”

Les jeunes et les femmes du Bangladesh s’engagent à construire des syndicats plus inclusifs

Les dirigeants ont discuté de la nécessité de construire des syndicats inclusifs, démocratiques et plus forts lors de la réunion nationale des jeunes, des 12 et 13 novembre, ainsi que lors de la réunion nationale des femmes, des 17 et18 novembre, qui se sont tenues à Dacca et à laquelle quinze des affiliés d’IndustriALL au Bangladesh ont participé.

L’implication des femmes et des jeunes travailleurs sur le marché du travail est en constante augmentation mais on finit souvent par les retrouver dans des emplois précaires sans le bénéfice de prestations de sécurité sociale.

Bien que représentant une grande partie de la main-d’œuvre, les femmes et les jeunes travailleurs sont invisibles dans les espaces syndicaux, sans parler des rôles de direction. Les jeunes travailleurs et les femmes se sentent laissés pour compte et non pris en considération par les syndicats, ce qui se reflète parfois les problématiques soulevées ou non par les syndicats.

Lors de la réunion, les femmes syndicalistes ont insisté pour que les questions relatives aux femmes soient incluses dans les conventions collectives de travail et que les discussions sur la santé et la sécurité au travail ne restent pas aveugles aux questions de genre. Elles ont élaboré un plan d’action pour aborder la question de l’inclusion dans les syndicats, ainsi que l’écart de rémunération entre les sexes, la violence et la discrimination fondées sur le sexe et la ratification de la Convention 190 de l’OIT.

Au Bangladesh, seuls six pour cent des salariées ont accès à une crèche et à des toilettes séparées. Et en fonction de réglementations du travail récemment modifiées, les prestations de maternité ont encore été réduites.

“Notre gouvernement ne se soucie pas du tout des travailleuses. Il est important que les syndicalistes se penchent sur les problèmes rencontrés par les travailleuses, qui constituent une grande partie de la main-d’œuvre. Les problèmes des femmes doivent être pris au sérieux pour faire avancer la lutte des travailleurs en général. Nous ne pouvons pas construire des syndicats plus forts si nous n’incluons pas la parole des femmes,”

a déclaré Tehmina Rahman, SG de la Fédération de l'habillement du Bangladesh (BAWF).

 

Lors de leur réunion nationale, les jeunes syndicalistes ont largement insisté pour faire partie des organes de décision au sein de leurs organisations. Ils ont également décidé des priorités énoncées dans la résolution des jeunes d’IndustriALL, sur lesquelles travailler dans les années à venir :

Un groupe de travail national composé de quinze membres a été formé pour superviser la mise en œuvre de la résolution sur la jeunesse au Bangladesh.

Hasan Ali, jeune syndicaliste de la Fédération des travailleurs de la confection, du textile et du cuir du Bangladesh (BGTLWF), a déclaré :

“Chaque fédération doit avoir son propre comité des jeunes pour lutter en faveur des causes qui concerne les jeunes travailleurs et ainsi renforcer le mouvement syndical. Nous devons nous coordonner pour réussir à mettre en œuvre la résolution sur la jeunesse dans le pays.”

Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes

"La violence à l'égard des femmes et des filles est l'une des violations des droits de l'homme les plus répandues, persistantes et dévastatrices dans notre monde aujourd'hui, qui reste largement non signalée en raison de l'impunité, du silence, de la stigmatisation et de la honte qui l'entourent."

(ONU Femmes)

Il y a cinq ans, le mouvement #MeToo a suscité une mobilisation mondiale pour la prévention et la réponse à la violence contre les femmes et les filles. Dans ce contexte, l'adoption de la Convention 190 de l'OIT (C190) et de la Recommandation 206 (R206), den 2019, a généré un élan extraordinaire pour prévenir et éliminer la violence sexiste dans le monde du travail. Dans de nombreux pays, les syndicats, alliés à des organisations féministes et à d'autres organisations de défense des droits de l'homme, font campagne pour la ratification et la mise en œuvre de la convention.

22 pays ont ratifié la C190 de l'OIT, dont 13 au cours des douze derniers mois. Le rythme des ratifications s'accélère. La CSI prévoit que d'ici 2030, 50 pays auront ratifié cet instrument.

Les affiliés d'IndustriALL ont activement participé au mouvement et aux campagnes qui ont conduit à cette ratification dans de nombreux pays. En parallèle, IndustriALL et ses affiliés ont mené des actions d'éducation, de sensibilisation, de négociation collective et des campagnes pour la mise en œuvre de ces instruments sur les lieux de travail.

La Convention C190 de l'OIT – ainsi que la législation et les accords existants – doit être pleinement mise en œuvre afin d'empêcher l'impunité des auteurs de violence. Les syndicats doivent également créer des espaces sûrs pour que les femmes puissent dénoncer les cas de harcèlement, et surmonter la peur, la honte ou tout autre obstacle qui les empêche de s'exprimer.

La violence et le harcèlement basés sur le genre (VHBG) sont encore très répandus dans tous nos secteurs d'activité, malgré tous nos efforts et le travail accompli en termes de sensibilisation et d'éducation. Un monde du travail libre de violence ni harcèlement est encore loin d'exister. Cette lutte contre la VHBG doit être un combat quotidien, tout au long de l'année !

La lutte contre la violence liée au sexe dans le monde du travail est une question syndicale essentielle. Les efforts de tous sont nécessaires dans nos organisations. Les femmes ne doivent pas être laissées seules dans la lutte contre VHBG. Les syndicats doivent apporter un soutien continu aux femmes travailleuses et syndicalistes qui luttent pour leurs droits et se défendent, car il n'est pas possible de garantir que la violence ne se reproduira pas. Les hommes doivent être plus que de simples spectateurs, nous attendons d'eux qu'ils participent pleinement à la prévention et à la lutte contre la violence liée au sexe.

Le groupe de travail sur l'égalité des sexes d'IndustriALL, qui fonctionnera sous l'égide du comité des femmes, a été créé en octobre. Il est composée de 12 membres, dont six sont des hommes syndicalistes. Nous sommes convaincues que ce groupe de travail contribuera à renforcer la réponse d'IndustriALL à ce fléau.

Les 16 jours d'activisme nous donnent l'occasion de mettre en lumière la violence et le harcèlement basés sur le genre dans le monde du travail. Les 16 jours d'activisme sont l'occasion de faire campagne et de se mobiliser. Nous encourageons tous les affiliés d'IndustriALL à saisir cette opportunité pour aller sur les lieux de travail et pour sensibiliser leurs membres, y compris les hommes, à la VBGH et à la convention C190 de l'OIT.

Ces 16 jours devraient également être l'occasion pour les affiliés d'IndustriALL de partager leurs succès et leurs bonnes pratiques. C'est aussi l'occasion pour nous d'échanger sur les obstacles et les défis. En octobre, le Comité des femmes a souligné l'importance faire un suivi des résultats des efforts continus d'IndustriALL et de ses affiliés, de s'appuyer sur les progrès réalisés et de développer des stratégies qui permettront de surmonter les obstacles existants.

Profitons de ces 16 jours pour intensifier nos efforts contre la VHBG, et pour proposer des stratégies et des programmes renouvelés pour le reste de l'année !

Hashmeya AL SAADAWI & Ilvana SMAJLOVIC, coprésidentes du Comité des femmes d'IndustriALL

Christine Olivier, Secrétaire générale adjointe d'IndustriALL

Pourquoi se concentrer sur la violence sexiste en 2022 ?

En 2022, IndustriALL Global Union, le groupe H&M et le syndicat suédois IF Metall se sont attachés à mettre en place des moyens plus solides pour prévenir, détecter et traiter les cas de violence sexiste dans la chaîne d’approvisionnement. Ensemble, une enseigne de stature mondiale, une fédération syndicale internationale et un syndicat national ont un rôle clé à jouer dans la prévention de la violence basée sur le genre dans l’industrie du textile et de la confection.

Nous sommes convaincus que les conventions collectives qui prévoient une protection tenant compte de la dimension de genre, ainsi qu’une politique d’entreprise forte, une tolérance zéro de la part de la direction de l’usine, la sensibilisation et l’autonomisation des travailleurs et travailleuses au sein des structures représentatives et des syndicats, sont autant d’éléments essentiels pour créer un lieu de travail plus sûr pour tous et mettre fin à la violence et au harcèlement basés sur le genre dans le secteur de la confection.

Depuis le début de l’année, nous avons travaillé ensemble à la sensibilisation et à la mise à disposition des travailleurs et travailleuses ainsi que de la direction des bons outils, en créant un espace pour présenter et résoudre les problèmes grâce à des formations conjointes regroupant les principaux bureaux locaux du groupe H&M et les syndicats concernés sur place. Il est nécessaire d’accroître les connaissances sur la gestion de la violence et du harcèlement sur le lieu de travail, ainsi que d’en établir une compréhension et une définition communes, et de déterminer comment les prévenir et y remédier.

L’étape suivante consiste à établir des lignes directrices mondiales communes, indiquant clairement ce que l’on attend des fournisseurs dès lors qu’il s’agit de créer un environnement de travail sûr et de mettre fin à la violence et au harcèlement basés sur le genre.

Ces directives donneront des instructions claires sur la manière de détecter, de prévenir et de gérer les cas de violence et de harcèlement basés sur le genre pour les fournisseurs et pour les équipes du groupe H&M ainsi que les comités nationaux de suivi (CNS). Les directives seront ajoutées au code de conduite du groupe H&M ainsi qu’à l’accord-cadre mondial (ACM) conclu entre le groupe H&M, IndustriALL et IF Metall.

L’ACM témoigne d’un engagement en faveur des droits fondamentaux des travailleurs et travailleuses tout au long de la chaîne d’approvisionnement et concerne environ un million et demi de travailleurs et travailleuses de la confection dans les plus de 1.500 usines auprès desquelles le groupe H&M achète ses produits.

Les lignes directrices seront achevées au début de 2023 et seront déployées au cours de l’année avec des activités de renforcement des capacités, établissant ainsi une nouvelle norme pour ce que l’on attend d’un lieu de travail dans la chaîne d’approvisionnement.

L’éducation et l’autonomisation des travailleurs et travailleuses ainsi que des cadres en matière de violence et de harcèlement basés sur le genre constituent une étape cruciale vers la ratification de la Convention 190. En tant qu’acteurs forts de l’industrie du textile et de la confection, représentant ensemble des millions de travailleurs et travailleuses dans la chaîne d’approvisionnement, nous devons montrer l’exemple.

Nouveau rapport sur la Transition juste dans le secteur de l’énergie

Rapport : La Transition juste dans le secteur de l’énergie

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“Le rapport est basé sur l’Initiative sur la Transition juste dans le secteur de l’énergie. Nous voulons que le monde entier connaisse les conclusions et les recommandations après des mois d’organisation d’ateliers sur les nouvelles technologies et la manière dont elles affecteront les travailleurs et travailleuses du secteur de l’énergie,”

a déclaré Diana Junquera Curiel, Directrice d’IndustriALL pour le secteur de l’énergie.

“Les gouvernements fixent des objectifs nets zéro, mais les syndicats ne sont pas impliqués. Les travailleurs et travailleuses ont besoin de savoir ce qu’il va advenir de leurs emplois. Tous les membres de notre mouvement savent ce qu’est la Transition juste, ils savent qu’elle est en train de se produire et si nous ne la planifions pas, elle se produira sans nous.”

a déclaré Samantha Smith, Directrice du Centre pour une Transition juste de la CSI.

“Nos membres nous disent qu’ils veulent partager des expériences et des informations. Les syndicats en ont discuté à grande échelle et ont trouvé un terrain d’entente. L’expérience du dialogue social varie d’un pays à l’autre, mais le résultat montre clairement qu’une Transition juste n’est possible qu’avec le dialogue social et une main-d’œuvre syndiquée bien organisée.”

a déclaré Anne- Beth Skrøde, Conseillère spéciale de LO Norvège.

Dix réunions avec des experts, des syndicats de l’énergie et des confédérations nationales ont eu lieu entre avril et octobre 2022, et se sont concentrées sur ce que signifie le concept “net zéro” pour les emplois du secteur de l’énergie. Les participants se sont réunis du monde entier pour échanger des informations sur les technologies émergentes, sur ce à quoi ressemble la transition dans différentes régions du monde, ainsi que sur les stratégies syndicales visant à garantir de bons emplois et une transition juste.

Ateliers technologiques et nationaux en 2022 :