DOSSIER: La crise des bas salaires appauvrit les travailleurs asiatiques et africains du textile et de l’habillement

Dossier

De Global Worker

no 2 Novembre 2022

  

Région: Afrique & Asie

Thème: La crise des bas salaires   

Texte: Kalyani Badola & Elijah Chiwota

Les travailleurs et travailleuses du textile et de l’habillement d’Asie du Sud et d’Afrique subsaharienne subissent de plein fouet la crise des bas salaires et vivent dans la pauvreté malgré un emploi à temps plein. Leur rémunération ne suffit pas pour acheter de la nourriture, payer le logement, le transport pour se rendre au travail, la garde des enfants et les frais de scolarité ainsi que les autres dépenses quotidiennes dont les prix montent en flèche. Le taux d’inflation moyen dans le monde est actuellement d’environ sept pour cent, un bond énorme si on le compare aux quatre et trois pour cent prévus respectivement pour 2020 et 2021. Dans des cas extrêmes comme le Zimbabwe, l’inflation atteint le chiffre astronomique de 280 %.

La crise des salaires est antérieure à la pandémie de Covid-19. En 2018, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a publié un rapport sur la stagnation sans précédent des salaires dans le monde. Ce constat a été confirmé par le Rapport mondial sur les salaires 2020-2021 de l’Organisation internationale du travail (OIT), qui indique que le taux d’inflation dans la région Asie-Pacifique s’est établi à 4,52 % en 2017, à 3,33 % en 2018 et à 3,63 % en 2019. Cependant, l’augmentation moyenne des salaires réels, pour la période correspondante, était de 1,8, 1,6 et 1,7 pour cent, ce qui montre clairement que les augmentations de salaires n’ont pas suivi l’inflation.

Mais ces travailleurs et travailleuses sous-payés ont été productifs, car les entreprises ont fait des bénéfices alors que les salaires ont diminué de manière générale. Le rapport de l’OIT souligne que dans la région de l’Asie du Sud, la croissance de la productivité du travail a augmenté entre 2010 et 2019, mais la croissance réelle des salaires minimums est restée à la traîne. Au Sri Lanka et au Bangladesh, par exemple, l’évolution des salaires a été négative au cours des dix dernières années. Le rapport souligne également qu’en 2019, le salaire minimum au Bangladesh n’a même pas atteint le seuil de pauvreté international le plus bas, soit 2,15 dollars américains par personne et par jour.

La situation est désormais plus précaire pour les travailleurs et travailleuses avec la forte inflation qui sévit dans toute la région. L’inflation des denrées alimentaires a atteint 95 % au Sri Lanka en septembre. Au Pakistan, l’inflation des denrées alimentaires a atteint 32 % alors que le pays continue de lutter contre les destructions causées par les inondations massives qui ont grevé des prix déjà en hausse. Au Bangladesh et au Népal, le taux d’inflation est d’environ neuf pour cent.

Les femmes travaillant dans les industries de la confection et du textile ont été les plus touchées par les bas salaires et l’inefficacité et l’inadéquation des réglementations ont conduit à une sécurité sociale médiocre. La plupart des travailleurs ont dû sauter des repas, retirer leurs enfants de l’école ou emprunter à des taux d’intérêt très élevés. Un autre rapport de l’OIT a également révélé que le revenu médian des travailleurs et travailleuses de l’habillement a chuté en termes de salaires réels lorsqu’ils ont repris le travail à la réouverture des usines après les confinements pour cause de Covid-19, ce qui a rendu presque impossible le respect des normes du coût de la vie dans toute l’Asie du Sud et du Sud-Est. La situation ne s’est pas améliorée depuis.

Au Sri Lanka, par exemple, le salaire des travailleurs et travailleuses de l’industrie de l’habillement ne dépassent pas 16.000 LKR (44 dollars), le salaire minimum national qui n’a pas été révisé pour suivre le rythme de l’inflation croissante. Au Bangladesh, le salaire minimum national a été révisé pour la dernière fois il y a quatre ans et s’élève actuellement à 8.000 BDT (79 dollars). Ces salaires minimums sont loin de correspondre aux salaires de subsistance requis pour maintenir un niveau de vie décent.

Au Pakistan, après une campagne soutenue par les affiliés d’IndustriALL et les travailleurs de l’industrie du tapis, le gouvernement du Pendjab a annoncé une augmentation de salaire de PKR 2.500 (11 dollars) pour les travailleurs de l’industrie en juin 2021. Mais comme les employeurs ont refusé de se conformer aux instructions du gouvernement, les syndicats ont dû recourir à des actions directes et, pendant plus de six mois, les travailleurs ont lutté pour obtenir les salaires imposés par le gouvernement. 

Au Sri Lanka, les affiliés ont revendiqué que le salaire minimum soit porté à 26.000 LKR (71 dollars) par mois. Les syndicats ont soumis plusieurs mémorandums au gouvernement sri-lankais, mais leurs revendications n’ont toujours pas été satisfaites. Les affiliés organisent des programmes de cuisine communautaire pour faire face à l’énorme inflation des denrées alimentaires. Les syndicats sont également descendus dans la rue au Népal et au Bangladesh, pour exiger que, dans un contexte d’inflation aussi élevée, les gouvernements s’attaquent à la crise des salaires et que les travailleurs reçoivent un salaire décent.

L’expérience des syndicats dans la région montre que sur les lieux de travail où les travailleurs négocient des accords salariaux à long terme, les employeurs tardent à les conclure et, au moment de la signature, l’augmentation salariale est largement inférieure à l’inflation, rendant ainsi les travailleurs perdants.

De l’autre côté de l’océan Indien, en Afrique subsaharienne, depuis de nombreuses années, les salariés du textile et de l’habillement, dont plus de 80 % sont des femmes, font campagne pour obtenir des salaires décents, mais avec un succès limité, car les salaires sont restés bas.

Les principaux pays producteurs de textiles et de vêtements exportant vers les États-Unis dans le cadre de l’African Growth and Opportunity Act sont le Kenya, le Lesotho, Madagascar, l’Île Maurice, la Tanzanie, l’Afrique du Sud, le Ghana, le Nigeria et l’Eswatini. L’Éthiopie est suspendue à cause de la guerre dans la région du Tigré. Comme en Asie du Sud, la stagnation des salaires s’est aggravée pendant la pandémie de Covid-19, qui a vu certaines usines réduire leur production ou fermer leurs portes alors que les salaires minimums légaux dans la plupart des pays étaient inférieurs aux salaires de subsistance que les travailleurs exigent pour vivre décemment.

Selon les affiliés d’IndustriALL en Éthiopie, à Madagascar et au Zimbabwe, les travailleurs gagnent moins de 2,15 dollars par jour. Avec moins de 30 dollars par mois, l’Éthiopie a les salaires les plus bas du monde dans l’industrie du textile et de l’habillement. Souvent, les bas salaires s’accompagnent de l’absence d’avantages sociaux et de sécurité sociale. En outre, la plupart des employeurs qui versent des bas salaires violent en permanence les droits des travailleurs à la liberté syndicale et à la négociation collective. Les travailleurs soient malmenés et mis sous pression pour atteindre les objectifs de production et restent cependant sous-payés.

“Nous sommes tellement mal traités… J’ai du mal à croire que je gagne un salaire de débutant après 15 ans comme opérateur sur machine”, déclare un ouvrier du textile malgache qui gagne 200.000 Ariary, soit 46 dollars par mois.

Les délégués syndicaux et les membres des syndicats sont souvent la cible de licenciements et d’autres formes d’intimidation et de harcèlement s’ils réclament de meilleurs salaires. En outre, les jeunes femmes sont victimes de violence et de harcèlement sexistes, comme cela a été signalé en Éthiopie, au Lesotho et à Madagascar. Les superviseurs profitent de la crise des bas salaires pour exploiter sexuellement les travailleuses en leur demandant des faveurs sexuelles en échange d’heures supplémentaires et de promotions à des contrats permanents. Des relations sexuelles en échange d’un emploi pendant les entretiens d’embauche sont également courantes et ont été signalées dans de nombreux pays de la région.

En Éthiopie, les jeunes femmes partagent leur logement et il n’est pas rare que quatre travailleuses partagent une seule chambre pour faire durer leurs maigres gains jusqu’au prochain jour de paieCette situation est attribuée au modèle de bas salaires que le pays utilise pour attirer les investissements directs étrangers.

Des cas de sous-paiement et de vol des salaires ont été signalés au Zimbabwe, où les travailleurs passent des mois sans recevoir de salaire. Avec une inflation qui dépasse les 280 %, plus de 60 % de la main-d’œuvre gagne moins de 51 dollars par jour, selon les statistiques l’agence nationale chargée de la collecte des données au Zimbabwe. Pour ne rien arranger à la situation, certains employeurs ont fermé boutique et ont disparu sans payer les salaires et les indemnités de licenciement aux travailleurs.

Les syndicats continuent à se constituer et à faire campagne pour des salaires décents, en renforçant la négociation collective au niveau des entreprises et des secteurs et en exigeant une fixation légale des salaires qui tienne compte des revendications des travailleurs pour des salaires décents. Les syndicats luttent également contre les conditions de travail précaires et encouragent l’emploi direct de travailleurs permanents. Ils s’attaquent aussi au travail sous contrat précaire, au courtage de main-d’œuvre, à la sous-traitance et à d’autres formes d’emploi atypiques qui contribuent à la crise des bas salaires. Les syndicats veulent que les réglementations sur le salaire minimum incluent le salaire vital.

Les travailleurs se sont mis en grève et ont organisé des piquets de grève pour obtenir de meilleurs salaires dans le secteur du textile et de l’habillement en Eswatini et au Lesotho. Les salaires minimums dans ces pays sont faibles. Selon le Journal officiel du gouvernement du Lesotho, un opérateur sur machine gagne 2.307 LSL (126 dollars), alors qu’en Eswatini, il gagne 2.000 SZL (109 dollars). En Eswatini, le gouvernement est de connivence avec les employeurs et a recours à la violence contre les travailleurs en grève, y compris le recours aux gaz lacrymogènes contre les travailleurs et aux incendies criminels des maisons des dirigeants syndicaux.
 

Stratégies possibles pour protéger les travailleurs contre les bas salaires

En Afrique du Sud, le SACTWU (Syndicat des travailleurs de l’habillement et du textile d’Afrique australe) a négocié avec succès des accords dans les secteurs du textile et de l’habillement avec les conseils de négociation de l’industrie et les associations d’employeurs afin de lutter contre les salaires de misère.

Les politiques gouvernementales qui favorisent la prise en charge du travail décent, création d’emplois, droits des travailleurs, dialogue social et protection sociale, peuvent également contribuer aux campagnes en faveur du salaire vital. Les salaires minimums légaux qui tiennent compte du coût de la vie et de l’inflation sont également importants pour l’obtention de meilleurs salaires.

Au niveau mondial, l’initiative ACT, un accord entre des enseignes de stature mondiale et des syndicats, vise à instaurer des salaires décents dans les secteurs du textile, de l’habillement, de la chaussure et du cuir en encourageant la négociation collective au niveau sectoriel, une stratégie qui peut être utilisée pour instaurer des salaires décents en Asie du Sud et en Afrique subsaharienne. ACT opère actuellement dans trois pays producteurs de vêtements : le Bangladesh, le Cambodge et la Turquie. Au Bangladesh, un mécanisme de résolution des conflits a été mis en place et des réunions sont prévues avec les marques, l’Association des fabricants et exportateurs de vêtements du Bangladesh (BGMEA) et les syndicats.

De plus, dans les usines qui approvisionnent les entreprises et qui ont signé des Accords-cadres mondiaux s (ACM) avec IndustriALL, dont Asos, H&M, Inditex et autres, des efforts sont faits pour engager un dialogue social afin d’améliorer les salaires et les conditions de travail. Le dialogue social et la négociation collective visent à assurer un niveau de vie décent et à promouvoir les droits des travailleurs au sein de la chaîne d’approvisionnement. Les ACM devraient atténuer la crise des bas salaires dans certains pays comme l’île Maurice et Madagascar, les marques souhaitant que leurs fournisseurs versent de meilleurs salaires.

Les ACM se sont avérés utiles en poussant les marques de vêtements de stature mondiale à faire en sorte que les fabricants de la région d’Asie du Sud négocient de meilleurs salaires avec les syndicats. Ils ont vocation à contribuer à renforcer le pouvoir de négociation collective des syndicats.

Les travailleurs turcs du papier en grève pour les salaires

C'est l'affilié d'IndustriALL Global Union Selüloz-İş qui a appelé à la grève après l'échec de la négociation d'une nouvelle convention collective vers la fin de 2022. L'employeur proposait des salaires très proche du minimum légal, même pour les travailleurs ayant quatre années d'ancienneté, alors que l'usine de Kocaeli affichait un bénéfice de 666 millions de livres turques (35 millions $) pour le premier trimestre 2022. Par ailleurs, le pouvoir d'achat des travailleurs avait fortement baissé sous l'effet d'une inflation galopante.

"Avec les syndicats des travailleurs du papier du monde entier, IndustriALL affiche sa solidarité avec les travailleurs du papier de Kartonsan. Cette grève tisse des liens particuliers et suscite une conscience de classe entre les travailleurs, 21 ans après la dernière grève dans cette usine," 

a déclaré le directeur d'IndustriALL en charge de la pâte et du papier, Tom Grinter.

D'autres syndicats viennent rendre visite au piquet de grève pour exprimer leur soutien aux grévistes, encouragés par la récente victoire chez Bekaert, dont les salariés ont obtenu une hausse de salaire de 84 pour cent après avoir contesté l'interdiction de leur grève.

L'usine Kartonsan est la propriété du groupe Pak qui se distingue depuis longtemps par son antisyndicalisme. Il possède plusieurs entreprises spécialisées dans le carton et le recyclage et exporte vers une douzaine de pays.

Le secrétaire général adjoint d'IndustriALL Kemal Özkan a déclaré :

"Lorsque j'étais auprès des grévistes de Selüloz-İş qui faisaient le piquet devant Kartonsan le 23 décembre, ils m'ont fait part de leur frustration devant la maigreur des propositions de contrat de la direction. J'ai été enthousiasmé par la détermination des travailleurs à poursuivre leur action jusqu'à obtenir une convention équitable. IndustriALL soutient leur grève pour un traitement équitable pour les salariés de Kartonsan. Solidarité toujours !"

La bannière d'IndustriALL flotte fièrement sur le piquet de grève devant les grilles de l'usine, où s'est tenu le 14 janvier un festival de musique de soutien à la grève.

Suivez les derniers développements de la grève sur Twitter : @KartonsanGrev  

 

Des chantiers de démantèlement de navires dangereux continuent de coûter la vie à des travailleurs au Bangladesh

40-year old Rashedul Islam was killed at Tanseen Steels Ltd. after a rope used to pull a part of the ship from the sea, snapped and a heavy iron part hit him on the head. The accident took place at night which is against the safe work practices for shipbreaking.

In another accident, at APS Corporation, 35-year old Delwar was severely injured after a fire erupted while gas pipes were being cut inside the ship.

IndustriALL affiliates in Bangladesh, Bangladesh Metal Workers Federation (BMF) and Bangladesh Metal, Chemical, Garment and Tailor Workers Federation (BMCGTWF), are concerned about the safety of workers at the yards. Unions are currently assisting workers’ families to receive adequate compensation.

A. M. Nazimuddin, BMF president, says:

"Frequent accidents at the yards are taking away workers’ lives but the employers and the government are not taking any safety measures. It’s their responsibility to ensure workplace safety. National and international laws for safer yards must be strictly implemented.”

Shipbreaking is one of the world’s most dangerous jobs, where workers toil in precarious and unsafe working conditions, involving low wages and long hours. According to data compiled by IndustriALL in 2022, there were at least 35 accidents in the shipbreaking yards, killing at least six workers and severly injuring 31.

IndustriALL shipbreaking industry director Walton Pantland, says:

“These preventable and tragic accidents show why it is essential that Bangladesh ratifies the Hong Kong Convention this year. When the Convention comes into force, we can build a safe and sustainable ship recycling industry in South Asia.

“Workers need to be represented by strong unions so that they have the power to refuse unsafe work and establish workplace safety committees.”

Photo: Chittagong, Bangladesh. Credit: Adam Cohn, Flickr

Appel public à l'annulation de la dette du Sri Lanka

Faisant écho à l'appel lancé par plus de 180 économistes et experts du développement du monde entier, qui demandent l'effacement de la dette du Sri Lanka, les affiliés d'IndustriALL veulent que tous les bailleurs de fonds bilatéraux, multilatéraux et privés se partagent le fardeau que représente la restructuration d'un pays qui ne peut le faire seul et exigent davantage de solidarité et de soutien international.

Les principaux créanciers du Sri Lanka sont notamment la Banque asiatique de développement, le Japon, la Chine et la Banque mondiale. Dans une lettre adressée au Fonds monétaire international (FMI), à des organisations syndicales mondiales et des groupes de défense des droits des travailleurs, Anton Marcus, le co-secrétaire du Syndicat des salariés des zones franches d'exportation et des services généraux, a écrit :

"Le Sri Lanka a besoin d'une aide d'urgence pour sortir de cette crise de la dette extérieure. Il faut que le FMI pressente les bailleurs de fonds et crée un forum responsable pour aider le pays. Les classes laborieuses du Sri Lanka sont dans une situation pitoyable et on ne peut que déplorer que le gouvernement n'ait rien prévu pour secourir les démunis dans son budget 2023."

Lors d'une réunion de solidarité organisée par IndustriALL, les affiliés ont exprimé leur inquiétude devant l'accroissement de la pauvreté à laquelle s'ajoute la malnutrition infantile et les décrochages scolaires dus à des difficultés économiques insoutenables.

Les affiliés réclament du gouvernement :

Le secrétaire général adjoint d'IndustriALL Kemal Özkan a déclaré :

"IndustriALL est résolument aux côtés de ses affiliés srilankais et appuie totalement leurs revendications. Il est temps que la communauté internationale manifeste son soutien en annulant les dettes d'un pays où les travailleurs ne peuvent se permettre deux repas par jour, écrasés par l'envolée du coût de la vie."

Photo d'une manifestation au Sri Lanka en 2022

Les syndicats indonésiens rejettent la réglementation d’urgence remplaçant la loi omnibus

La loi omnibus controversée, officiellement connue sous le nom de Loi sur la création d’emplois, a été adoptée par le Parlement en octobre 2020, mais ensuite déclarée inconstitutionnelle par la cour constitutionnelle indonésienne.

Fin décembre 2022, le président Joko Widodo a promulgué un règlement d’urgence sur la création d’emplois pour remplacer la loi omnibus, sous prétexte de faire face aux risques de récession mondiale en 2023 et d’attirer davantage d’investissements étrangers, au détriment des droits des travailleurs.

La Confédération des syndicats indonésiens (KSPI), la Confédération des syndicats de tous les travailleurs indonésiens (KSPSI), la Confédération des travailleurs unis d’Indonésie (KPBI) et d’autres, ainsi que le Parti du travail indonésien, ont rejeté cette nouvelle réglementation.

Les syndicats et le parti affirment que certaines dispositions du règlement ont donné aux gouverneurs un pouvoir discrétionnaire pour déterminer le salaire minimum. Par exemple, l’insertion du mot “peut”, l’utilisation d'un indice variable vague et le pouvoir donné au gouverneur d’adopter une formule différente pourraient exclure certains secteurs du règlement sur le salaire minimum et porter atteinte aux droits des travailleurs.

“Le règlement d’urgence ne répond pas aux revendications des syndicats. Nous en rejetons le contenu sur la base de neuf conditions défavorables, notamment l’externalisation, les indemnités de licenciement, le recrutement de travailleurs étrangers et les sanctions pénales contre les employeurs qui désavantageront les travailleurs.”

a déclaré Iwan Kusmawan, Président du conseil d’IndustriALL pour l’Indonésie.

Les syndicats et le parti travailliste prévoient un rassemblement devant le palais présidentiel le 14 janvier. C'est la Confédération des syndicats pour la prospérité de l’Indonésie (KSBSI) a porté le Perppu devant la Cour constitutionnelle.

“Nous demandons instamment au gouvernement indonésien d’abroger le règlement d’urgence condamné par les syndicats indonésiens. Le gouvernement doit respecter la décision de la Cour constitutionnelle et prendre en considération les préoccupations des travailleurs”.

Shinya Iwai, Secrétaire régional d’IndustriALL, a déclaré :

“Les affiliés indonésiens ont fait campagne contre la loi sur la création d’emplois depuis son introduction, en organisant de nombreuses manifestations, en déposant des recours juridiques auprès de la cour constitutionnelle et en faisant pression sur les parlementaires pour obtenir leur soutien. IndustriALL va continuer à soutenir la lutte de ses affiliés indonésiens contre les réglementations anti-ouvrières préjudiciables aux droits des travailleurs.”

Le 3e Congrès d’IndustriALL a adopté une résolution exhortant le gouvernement indonésien à abroger sa loi sur la création d’emplois.

 

L’académie de leadership d’IndustriALL pour la MENA diplôme 53 syndicalistes

“IndustriALL est très fière des résultats de l’académie de formation au leadership dans la région MENA et nous tenons à féliciter les 53 syndicalistes qui y ont obtenu leur diplôme en décembre 2022.”

a déclaré Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL.

Depuis 2018, plus de 150 syndicalistes issus de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA, pour l’acronyme anglais couramment utilisé) ont été diplômés de l’académie de leadership. L’académie a commencé initialement en collaboration avec les jeunes et Sarah Flores, Responsable d’IndustriALL pour les jeunes. Désormais, elle se concentre également sur l’implication de davantage de femmes et sur les questions intersectorielles.

Le Secrétaire régional d’IndustriALL pour la région MENA, Ahmed Kamel, explique que traditionnellement, la formation syndicale se concentre sur la syndicalisation.

“Nous voulions aller plus loin et parler de questions spécifiques comme les secteurs, les chaînes d’approvisionnement, Industrie 4.0, les ACM, la Transition juste et l’avenir du travail. Il était difficile de trouver des personnes formées à ce sujet au sein du syndicat, c’est pourquoi nous avons développé l’académie.”

La formation s’articule autour de quatre domaines principaux :

  1. Formation syndicale de base (normes de l’OIT, législations nationales)
  2. Sécurité sociale et négociations collectives
  3. Syndicalisation à travers la chaîne d’approvisionnement
  4. Les chaînes d’approvisionnement et l’avenir du travail (Industrie 0, numérisation, Transition juste, économie de plateformes)

Les cours, qui durent deux ans, commencent par une formation de 12 à 15 jours. Ensuite, les participants élaborent un projet de fin d’études sur un sujet lié à leur syndicat, en utilisant les connaissances acquises pendant la formation.

Après avoir présenté le projet, il est proposé au syndicat concerné, où IndustriALL et le syndicat discutent de son intégration dans ses activités. Cela peut se faire par le biais d’une campagne de syndicalisation, de l’élaboration d’un dépliant, de l’élaboration de matériel de formation pour le syndicat, etc.

En 2019, plusieurs syndicalistes du syndicat du textile de Tunisie, la Fédération Générale du Textile, de l’Habillement, Chaussure et Cuir – FGTHCC-UGTT, ont rejoint l’académie. Le syndicat a créé des comités et mené une campagne massive de syndicalisation, parvenant à recruter 7.000 travailleurs et travailleuses en un an.

“Depuis le lancement de l’académie, nous avons vu un grand nombre de jeunes militants syndicaux s’impliquer davantage et accroître leur participation aux activités syndicales. Nous avons plusieurs cas de jeunes militants et de femmes qui ont obtenu des postes de direction au sein des structures syndicales nationales. C’est un résultat encourageant et nous sommes reconnaissants aux experts et aux formateurs qui ont rendu cela possible”,

a indiqué Ahmed Kamel.

L’Académie et ses activités connexes sont soutenues par la FNV (Pays-Bas), Union to Union (Suède) et la FES (Allemagne).

 

 

En Turquie, des grévistes obtiennent une augmentation de salaire de 84%

Ce succès est le résultat d’une action de grève qui a débuté le 22 décembre de l’année dernière lorsque 400 travailleurs et travailleuses se sont réunis devant l’usine Bekaert pour réclamer une augmentation de salaire équitable afin de compenser la montée en flèche de l’inflation en Turquie.

Après une longue grève soutenue par des syndicats de l’Europe entière, ainsi que par industriAll Europe et IndustriALL Global Union, Bekaert a accepté d’accorder à ses salariés une augmentation de salaire de 84,83% en moyenne, qui s’appliquera pendant six mois.

Au cours des dernières années, l’inflation en Turquie est montée en flèche, entraînant une baisse considérable du pouvoir d’achat des travailleurs et travailleuses ainsi que des salaires loin d’être suffisants pour joindre les deux bouts. Bekaert avait refusé d’accorder à ses salariés une augmentation de salaire équitable. Pleinement dans leurs droits selon la législation en vigueur, les salariés de l’usine Bekaert d’Izmit, représentés par Birleşik Metal İş, ont appelé à la grève le 13 décembre après l’échec des négociations en vue d’une convention collective.

Toutefois, le président Erdoğan a publié un décret invoquant des problèmes de sécurité nationale, obligeant à reporter la grève de 60 jours. On peut supposer que le décret a été pris à l’initiative de la direction de Bekaert. L’ajournement de la grève équivaut à une interdiction. Birlesik Metal-Is et les salariés ont fait fi de l’interdiction et ont poursuivi la grève.

Les syndicats de l’Europe entière ainsi que les représentants de l’opposition politique en Turquie ont condamné l’interdiction tout en exprimant leur soutien à Birleşik Metal-İş et en félicitant les travailleurs et travailleuses pour leur détermination à organiser leur grève malgré la décision d’Erdoğan.

Une détermination qui a rapporté une augmentation salariale de 84 pour cent au niveau de la convention collective, antidatée à septembre 2022 pour une période de six mois. En mars de cette année, il y aura une autre augmentation conforme au taux d’inflation officiel sur six mois plus deux pour cent.

“Nous félicitons les travailleurs et travailleuses ainsi que leur syndicat d’avoir tenu tête à un employeur qui tentait d’éviter toute responsabilité et de s’être mis en grève, en totale conformité avec la loi, pour obtenir une victoire syndicale aussi importante.

L’action déterminée et concertée des travailleurs et travailleuses de Bekaert est un excellent exemple de ce que la classe ouvrière du monde entier devrait faire à une époque où les salariés perdent de leur pouvoir d’achat. Partout dans le monde entier, on a besoin sans délai d’une augmentation significative des salaires.”

a déclaré Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL.

Luc Triangle, Secrétaire général d’industriAll Europe, a pour sa part déclaré :

“C’est un excellent résultat qui compense une inflation déraisonnablement élevée en Turquie. Il est également temps que les élus mettent en place des politiques adéquates pour lutter contre l’inflation et augmenter le pouvoir d’achat afin de diminuer le niveau de pauvreté des gens ordinaires. Une fois de plus, nous condamnons la décision de priver les travailleurs et travailleuses de leur droit fondamental à la grève. Nous félicitons les salariés de l’usine Bekaert d’Izmit, représentés par Birleşik Metal İş pour leur immense succès.”

Crédit photo : Birleşik Tarım-Orman İşçileri Sendikası

Solidarité avec les travailleurs de Bekaert en Turquie

400 grévistes étaient rassemblés devant l'usine Bekaert d'Izmit. La grève a démarré il y a 10 jours, après l'échec de la négociation d'une nouvelle convention collective.

Depuis plusieurs années, la Turquie connaît une inflation massive, cause d'une baisse énorme du pouvoir d'achat des travailleurs. Les salaires ne suffisent plus et les travailleurs n'arrivent plus à joindre les deux bouts.

Bekaert refuse une hausse équitable des salaires. Les travailleurs demandaient une hausse qui compense l'inflation et soit le reflet des bons résultats financiers obtenus grâce aux travailleurs de Bekaert Turquie.

Le décret gouvernemental cite la "sécurité nationale" comme motif d'interdiction de la grève, bien que le secteur n'ait aucun lien avec quoi que ce soit en rapport avec la sécurité nationale. Birleşik Metal İş, le syndicat qui représente les travailleurs de Bekaert à Izmit, refuse cette interdiction et poursuit la grève.

Le président de Birleşik Metal İş, Adnan Serdaroglu, a déclaré :

"Le seul moyen pour les travailleurs de faire valoir leurs droits est la grève. Cette interdiction est illégale, c'est pourquoi nous sommes là aujourd'hui, devant l'usine Bekaert, pour exiger que nos voix soient entendues et nos droits respectés.

"Nous disons à la direction de Bekaert qu'il faut que la direction internationale de l'entreprise intervienne pour régler ce problème et reconnaître aux travailleurs leurs droits fondamentaux.

Le directeur général de l'usine a envoyé aux travailleurs des courriels les menaçant de les licencier, alors que leur grève est légitime, et de dommages et intérêts qu'ils devront payer de leur poche."

Le secrétaire général d'IndustriALL Europe, Luc Tiangle, a dit aux travailleurs de Bekaert :

"Vous avez notre soutien total et notre solidarité. Ce que Bekaert fait en Turquie est totalement inacceptable. Nous savons tous que l'inflation perce les plafonds en Turquie, et vous méritez d'avoir une bonne convention collective. La direction fait preuve de faiblesse en s'abritant derrière le régime Erdogan pour bloquer une grève. Les employeurs doivent négocier et vous avez le droit de faire grève ! Le groupe Bekaert doit assumer sa responsabilité sociale, pas seulement en Belgique mais partout ailleurs, y compris en Turquie. Ensemble, nous allons suivre ce cas de près et nous lui donnerons une large publicité si une solution n'est pas trouvée rapidement. La nouvelle convention collective doit être signée dès que possible. Nous sommes à vos côtés dans ce combat !"

Le secrétaire général adjoint d'IndustriALL Global Union Kemal Özkan a déclaré :

"Le droit de grève est un élément essentiel d'une société démocratique et un droit social et économique fondamental. Sa reconnaissance et sa protection doivent être la règle et toute limitation ne pourrait être qu'une exception. La législation turque est donc en contradiction avec ces normes internationalement reconnues. Et de fait, le Comité de la liberté syndicale de l'Organisation internationale du travail a déjà exprimé plusieurs fois ses regrets devant les pratiques systémiques du gouvernement consistant à interdire des grèves en invoquant la sécurité nationale. C'est totalement inacceptable aux yeux des syndicats et cela engendre une situation dans laquelle le droit de grève est inexistant dans les faits en Turquie. Nous exhortons la direction locale et la haute direction de Bekaert à ne pas s'abriter derrière le décret présidentiel, mais plutôt à reconnaître le droit de grève et à revenir sans délai à la table pour négocier de bonne foi avec les représentants de Birleşik Metal İş.

Notre combat continuera jusqu'à ce que la justice reprenne ses droits dans cette usine."

Le réseau des syndicats de Sanofi établit des relations constructives avec la direction

Lors de la réunion du réseau syndical mondial d’IndustriALL pour Sanofi dans les bureaux de l’entreprise à Paris ce 16 décembre, les représentants des salariés de Sanofi venus d’Asie, d’Amérique latine et d’Europe ont invité la direction à discuter des politiques de l’entreprise en vue d’activités qui soient respectueuses des personnes et de l’environnement.

Alors que les affiliés d’IndustriALL dans certains pays sont confrontés à des questions épineuses chez Sanofi, l’ensemble du réseau a accueilli favorablement le message constructif de la direction concernant l’établissement d’une relation avec IndustriALL et son réseau syndical.

Aline Eysseric, Présidente du réseau syndical mondial d’IndustriALL pour Sanofi, a déclaré :

“Les salariés de Sanofi dans le monde entier voient leur coût de la vie augmenter et s’efforcent de faire croître leurs salaires pour suivre l’inflation. Notre réseau comprend des représentants des travailleurs qui ont fait état d’un éventail de réalités, allant de relations sociales matures à des négociations dans l’impasse. Nous nous engageons à travailler ensemble pour améliorer la vie des salariés de Sanofi partout dans le monde.”

Sanofi est un leader mondial de l’industrie pharmaceutique, dont le siège social est situé en France. Les performances financières récentes de la société ont été très solides, avec un chiffre d’affaires de près de 38 milliards d’euros l’année dernière et une croissance de plus de 17 % cette année. L’effectif mondial de l’entreprise a été réduit au cours des six dernières années, passant de 106.000 à 95.000 personnes, la plupart des réductions étant effectuées au niveau des fonctions commerciales.

La société dispose de 69 sites industriels dans 32 pays et de 21 sites de recherche et développement dans 7 pays.

Dans différents pays d’Asie, les affiliés d’IndustriALL chez Sanofi sont confrontés à des réductions ou des cessions d’activités. Ces cas, en particulier, nécessitent un suivi entre la direction et le réseau mondial.

Tom Grinter, Directeur du secteur pharmaceutique d’IndustriALL, a déclaré :

“C’est un progrès pour le réseau syndical d’IndustriALL Sanofi. La direction travaille de manière constructive avec nous et nous assurerons le suivi des questions prioritaires du groupe. Notre réseau bénéficie d’une forte unité, d’une présidente expérimentée, d’une communication fluide entre les membres à travers les régions ainsi que d’un engagement commun à travailler ensemble pour résoudre les problèmes auxquels sont confrontés les travailleurs et travailleuses de Sanofi.”

PROFIL: Le syndicat ukrainien fonctionne pendant la guerre

Profil d'un syndicat

Global Worker

no 2 novembre 2022

  

Pais: Ukraine

Syndicat: Nuclear Power and Industry Workers of Ukraine     

Text: Nazmia Leite

Une occupation russe de neuf mois et le bombardement des centrales nucléaires ont conduit de nombreux travailleurs et travailleuses à perdre leur emploi, voire leur vie. L’affilié d’IndustriALL, le Syndicat des travailleurs de l’industrie et de l’énergie nucléaires d’Ukraine, Atomprofsilka, a réussi, non sans difficultés, à servir ses adhérents pendant cette période destructrice. Au cours d’une conversation avec le Président de ce syndicat ukrainien, Valeriy Matov, et sa responsable internationale, Lesia Semeniaka, nous découvrons comment le syndicat a fonctionné en temps de guerre.

Les travailleurs et travailleuses du nucléaire souffrent. Plus de 200 travailleurs ont été kidnappés et beaucoup ont été torturés à mort. Les soldats russes ont occupé les centrales nucléaires et les travailleurs et travailleuses subissent une pression physique et psychologique constante. Avant la guerre, la centrale nucléaire de Zaporijia (ZNPP) comptait plus de 11.000 salariés et en compte aujourd’hui moins de 10.000.

“Cette guerre russe nous prend tellement de choses : il y a neuf mois nous avions encore une belle ville. Là où les centrales électriques étaient construites était le lieu de vie des travailleurs et travailleuses de l’énergie. Les familles pouvaient vivre ensemble et les enfants pouvaient aller à l’école. Les travailleurs et travailleuses avaient de bons salaires et pouvaient subvenir aux besoins de leurs familles. Tout cela a disparu maintenant”,

dit Lesia.

Atomprofsilka continue à fonctionner pendant la guerre. En fonction des menaces de bombardement ou des tirs d’obus, les syndicalistes travaillent dans leur bureau ou le personnel opère à distance, également en fonction de l’approvisionnement en électricité et du service Internet. Le travail syndical quotidien a changé et le premier objectif est d’aider les membres qui ont été affectés par la guerre.

“Parfois, nous pouvons nous connecter avec des membres à Kiev via des téléphones portables. Ces membres luttent pour nous donner des informations. Nous avons été dépouillés de nos droits syndicaux fondamentaux et nous fonctionnons sous la loi martiale, ce qui signifie que nous ne pouvons pas faire grève”,

explique Lesia.

Le syndicat a prélevé de l’argent sur les salaires pour aider les forces armées ukrainiennes.

“Nous avons utilisé l’aide extérieure pour accueillir les personnes déplacées qui fuient vers les régions occidentales de l’Ukraine. Une partie de l’argent est destinée à aider l’armée et à fournir des traitements médicaux”,

explique Valeriy.

Le syndicat s’est efforcé de rendre service à ses membres pendant cette calamité.

“Il y a quelques semaines, nous avons acheté des vêtements pour 167 personnes, prisonniers militaires et civils, qui ont pu revenir de la captivité russe. Nous fournissons un logement aux femmes avec des enfants en bas âge qui ont eu la possibilité de quitter la ville d’Enerhodar. Nous avons reçu un soutien considérable de la part de nos salariés. Ils ont donné de leur temps et les employés de la centrale nucléaire de Rivne ont transféré trois pour cent de leur salaire mensuel pour nous aider”,

explique Valeriy.

La guerre s’aggrave de jour en jour. En mars, la centrale ZNPP a été capturée par les forces russes. Les travailleurs de la centrale ne sont pas autorisés à quitter Enerhodar et la ZNPP. Cette centrale nucléaire a été transmise en sous-traitance à une entreprise nucléaire russe et les travailleurs subissent des pressions pour signer des contrats avec elle.

“Nos gens sont tellement sous pression, ils ont peur. Enerhodar n’a pas d’électricité, pas de chauffage. L’hiver arrive et beaucoup de gens vont mourir. Les problèmes ne cessent de croître et on semble pas pouvoir en voir la fin. On demandera aux travailleurs de partir en retraite anticipée, les salaires seront réduits, le manque de recettes fiscales donnera un coup énorme au budget ukrainien. On ne voit tout simplement pas le bout”,

déclare Valeriy.

La solidarité est importante en ces temps. Les gens fuient la guerre, perdent leur emploi et les syndicats doivent soutenir leurs membres.

“Nous sommes très reconnaissants de l’aide financière apportée par IndustriALL et ses affiliés. Nous apprécions également le fait qu’IndustriALL soutienne nos demandes auprès de la communauté internationale de créer une zone démilitarisée autour de ZNPP et de libérer les travailleurs”,

déclare Valeriy.

Atomprofsilka sert les travailleurs du secteur nucléaire, de la production d’uranium (Skhid GZK, le Complexe minier et de transformation de l’Est), de la zone d’exclusion de Tchernobyl, les travailleurs des parcs nationaux d’Ukraine, les travailleurs du secteur public et une petite partie des travailleurs de la santé. À la fin de l’année 2021, le syndicat comptait plus de 50.000 membres, dont des retraités, des jeunes et des femmes. En raison des bombardements quotidiens, il est difficile de connaître le nombre actuel de membres. De nombreuses usines ont été endommagées et des équipements détruits. Reconstruire l’emploi et les vies prendra des années.