La démocratie doit être rétablie au Myanmar

La situation des travailleurs et travailleuses au Myanmar s’est considérablement détériorée après le coup d’État militaire de février 2021. La plupart des syndicats sont désormais interdits et de nombreux salariés qui étaient autrefois protégés par des conventions collectives ont été licenciés et remplacés par des travailleurs et travailleuses occasionnels sans droits.

Après le coup d’État, les militaires ont commencé à réprimer les syndicats et leurs membres, par des attaques et des arrestations violentes.

Actuellement, plus de 60 syndicalistes sont emprisonnés sur la base d’accusations forgées de toutes pièces et doivent être immédiatement libérés.

Les investissements ont un impact à long terme sur les droits des travailleurs. En septembre 2021, IndustriALL a lancé une campagne de désinvestissement, appelant toutes les entreprises présentes sur place à cesser leurs activités et à ne pas passer de nouvelles commandes.

Nous avons écrit à toutes les entreprises des secteurs que nous représentons et qui sont actives au Myanmar, en insistant sur le fait que la diligence raisonnable n’est pas possible dans un pays dirigé par un régime militaire et où les syndicats ne peuvent pas fonctionner. Certaines entreprises se sont retirées rapidement, parmi lesquelles Total, Chevron, Woodside, Telenor, Tesco, Benetton, Aldi Sud ainsi que C&A.

Vers la fin de l’année dernière, des discussions sur une sortie responsable du pays ont été entamées avec un certain nombre de marques de vêtements et plusieurs d’entre elles, dont Primark et New Look, ont cessé de passer de nouvelles commandes au Myanmar.

“Dans un certain sens, il y a des progrès”, commente Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL. “Mais les militaires sont toujours illégalement au pouvoir au Myanmar et continuent de violer les droits de l’homme et des travailleurs, nous devons donc maintenir la pression.”

Le mouvement syndical international appelle à une reconnaissance sans équivoque des pouvoirs du gouvernement d’unité nationale (GUN) du Myanmar aux niveaux international et national, en tant que seul et véritable gouvernement démocratique du peuple du Myanmar.

“En reconnaissant le GUN, nous sauvegardons les droits humains et syndicaux des travailleurs et travailleuses du Myanmar et, une fois pour toutes, nous mettons fin à la dictature brutale de la junte militaire et à sa fausse représentation du pays devant la communauté internationale.”

(Déclaration du Global Unions, octobre 2022)

Un an après le coup d’État militaire, le mouvement syndical international s’est engagé à ne pas relâcher la pression tant que le pouvoir ne sera pas rendu au peuple.

Atle Høie a déclaré :

“Une année de plus s’est écoulée au cours de laquelle le peuple du Myanmar a continué de payer un prix élevé en étant à la merci d’une junte militaire violente. En cet anniversaire, joignez-vous à nous pour réitérer l’appel au retour de la démocratie au Myanmar.”

 

Un pacte pour la fabrication des batteries qui stimule l'emploi décent en Afrique

Cet accord, signé à la fin de l'an dernier, vise à promouvoir le développement d'une chaîne de valeur de la voiture électrique allant de l'extraction minière jusqu'à l'utilisateur final en passant par le raffinage, la fabrication des éléments et celle des blocs de piles. Les signataires doivent réaliser des études de faisabilité, fournir une assistance technique, tandis que les États-Unis feront la promotion du projet auprès du secteur privé et des investisseurs américains.

Pour les syndicats, cet accord répond à leurs campagnes demandant que les ressources minérales servent à l'industrialisation et au développement économique qui vont de pair avec la possibilité de création d'emplois décents. À travers leurs campagnes pour l'industrialisation de l'Afrique et les réunions du réseau minier, les syndicats n'ont cessé de souligner la nécessité de concrétiser l'African Mining Vision, qui préconise "Une exploitation transparente, équitable et optimale des ressources minérales pour soutenir une croissance et un développement socio-économique diversifiés et durables."

La RDC produit plus de 70 pour cent du cobalt mondial, tandis que la Zambie est le deuxième producteur d'Afrique. En RDC, il est extrait par de grosses compagnies minières ainsi que par de petites exploitations artisanales. Parmi les autres minéraux présents dans les deux pays et pouvant servir à la fabrication des batteries figurent le cuivre, le lithium, le manganèse et le nickel.

L'accord veut promouvoir le "développement d'une chaîne de valeur transfrontalière intégrée pour la production de batteries pour véhicules électriques, qui favorise une prise de conscience des possibilités d'investissement et l'identification de possibilités de cofinancement dans des investissements connexes à la chaîne de valeur des véhicules électriques."

Pour Glen Mpufane, le directeur d'IndustriALL en charge du secteur minier,

"Cet accord suit certaines pistes envisagées pour la décarbonation alors que le monde abandonne les combustibles fossiles pour les énergies renouvelables. Quoi qu'il en soit, le travail décent reste un thème d'actualité pour les syndicats. Nous voulons une chaîne d'approvisionnement des véhicules électriques génératrice d'emplois décents. En outre, il faut que les droits au travail soient protégés conformément aux normes internationales du travail, avec une protection sociale et un dialogue social. La coopération doit comporter une dimension de diligence raisonnable ainsi que la promotion de l'égalité de genre dans la chaîne d'approvisionnement."

L'accord préconise le développement du secteur de l'énergie propre par une réduction des émissions de carbone et va dans le sens de l'objectif de l'Accord de Paris du maintien du réchauffement global en-dessous de 2 degrés. En outre, il engage à une adhésion aux conventions des Nations unies contre la corruption ainsi qu'aux législations nationales et aux normes internationales.

Lors d'une réunion sur les chaînes d'approvisionnement des batteries, en 2022 à Johannesburg, des Syndicats d'Afrique du Sud, du Botswana, de Guinée, du Kenya, de Madagascar et de Zambie ont convenu de recenser les entreprises rentrant dans la chaîne de valeur des véhicules électriques présentes dans leurs pays comme moyen de renforcer les capacités syndicales d'organisation et de recrutement dans ce secteur.

Les syndicats réclament justice pour 42 mineurs tués en Turquie

Dans le cadre d’une mission conjointe dans la région, le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Global Union, Kemal Özkan, et le Secrétaire général d’industriAll Europe, Luc Triangle, ont rencontré des représentants des syndicats locaux ainsi que du secteur.

L’incendie fait toujours rage sous terre et des efforts sont déployés pour l’éteindre et relancer la production de charbon. IndustriALL Global Union et Europe ont rencontré la nouvelle direction de la mine pour discuter de la situation ; les travailleurs et la population d’Amasra veulent que la mine soit rouverte et que la vie reprenne son cours normal.

Ils ont également rencontré le maire d’Amasra pour mieux appréhender l’aide mise en place pour les familles des mineurs tués.

Özkan et Triangle ont rendu visite à la famille de l’un des mineurs tués, Ridvan Acet, et lui ont transmis les condoléances des deux organisations.

“Il est du devoir du mouvement syndical de rendre hommage à nos collègues mineurs disparus et de protéger leurs droits. Nous sommes venus ici pour montrer notre solidarité et exprimer notre volonté de travailler ensemble pour prévenir de futurs accidents. Nous ferons de notre mieux pour que les mineurs puissent travailler dans des conditions saines et sûres”.

a déclaré Kemal Özkan.

L’opinion publique turque estime que l’explosion “n’était pas un accident, mais un homicide”. Une commission d’enquête spéciale s’est rendue dans la région et devrait publier un rapport dans les prochains jours.

Le procureur demande, pour deux crimes, de 16 mois à 1.062 ans de prison pour les 19 accusés, dont quatre sont emprisonnés, y compris le directeur de la mine. Le chef d’accusation est “avoir causé la mort et des blessures à plus d’une personne par négligence consciente”.

Dans l’acte d’accusation, le procureur révèle qu’une série d’omissions a provoqué l’explosion. Il indique également que la direction savait que le ventilateur de la cheminée était insuffisamment nettoyé mais n’a pris aucune mesure de précaution, ce qui a conduit à l’explosion.

L’acte d’accusation indique également que les valeurs de méthane ont dépassé 85 fois le seuil d’alerte de 1 % et 5 fois celui de 1,5 %. Les valeurs de monoxyde de carbone ont dépassé 47 fois le niveau d’alerte de 25 ppm et 13 fois le niveau d’alerte de 50 ppm.

“Nous sommes ici pour nous associer à la revendication de justice. Le mouvement syndical international et européen, l’opinion publique et les familles des victimes veulent savoir pourquoi ces 42 mineurs ont été tués. Nous continuerons à suivre cette affaire de près. Chaque mineur a le droit de rentrer chez lui sauf et en bonne santé”,

a martelé Luc Triangle.

IndustriALL Global et industriAll Europe ont également rencontré le syndicat représentatif de la mine, Genel Maden-Is, et se sont engagés à continuer à suivre le processus judiciaire et à organiser des activités conjointes avec le syndicat sur la santé et la sécurité, ainsi que sur une transition juste pour le secteur de la production de charbon.

Les syndicats demandent instamment à l’OIT d’intervenir en Algérie

Le gouvernement algérien a soumis des amendements à la loi 90/14, qui devraient être adoptés par le Parlement dans les prochains jours. Les syndicats indépendants n’ont pas été consultés par le gouvernement et les changements auront un impact sévère sur les droits syndicaux.

Les Fédérations syndicales internationales IndustriALL, ISP et UITA, ainsi que les syndicats algériens Confédération syndicale des forces productives (COSYFOP), Confédération générale autonome des travailleurs en Algérie (CGATA) et Syndicat national autonome des travailleurs de l’électricité et du gaz (SNATEG) ont envoyé un courrier commun adressé à l’OIT pour solliciter son intervention urgente.

Les amendements proposés auront un impact significatif sur les activités syndicales, comme la possibilité pour les syndicats d’appartenir à des partis politiques, le droit pour le gouvernement de refuser l’enregistrement d’un syndicat sans possibilité de recours, l’interdiction pour les syndicats d’investir leurs revenus ou d’acheter des biens immobiliers, les restrictions d’affiliation à des organisations internationales, etc. La liste est longue et rend impossible le fonctionnement de syndicats indépendants en Algérie.

“C’est la deuxième fois en moins d’un an que le gouvernement algérien modifie la législation qui affecte l’activité syndicale, sans aucune participation ni consultation des syndicats”.

indique Raouf Mellal, du SNATEG.

Depuis 2019, le gouvernement algérien a renforcé la répression des droits syndicaux, rendant difficile le recrutement et l’exercice d’activités syndicales. Les tribunaux continuent de recourir à des accusations de terrorisme pour poursuivre et détenir des militants de toutes les composantes de la société civile.

Dans le courrier signé par IndustriALL, l’UITA et l’ISP, on peut lire :

“Nous demandons à l’OIT d’intervenir très rapidement auprès du gouvernement algérien pour suspendre la modification de la législation 90/14. L’OIT doit inciter le gouvernement algérien à impliquer toutes les organisations syndicales dans un processus de consultation s’il est réellement déterminé à respecter ses engagements internationaux et à appliquer les recommandations et résolutions des organes de contrôle de l’OIT.”

Les syndicats français continuent de lutter contre la réforme des retraites

En plus d’ajouter deux ans à l’âge du départ à la retraite, la réforme proposée par le gouvernement supprime également les régimes spéciaux qui permettent à certains travailleurs et travailleuses, principalement dans le secteur public, de prendre une retraite anticipée.

Les syndicats critiquent vivement cette réforme, la jugeant inacceptable, car elle ne tient pas compte des intérêts de la population.

Une pétition conjointe des syndicats a reçu à ce jour plus de 600.000 signatures. Dans une déclaration commune, les syndicats ont indiqué vouloir que le gouvernement abandonne le passage de l’âge de la retraite à 64 ans ainsi que l’augmentation de la durée de cotisation. Les syndicats exigent que l’on prenne en compte d’autres solutions qui ont été tout simplement écartées. Les affiliés d’IndustriALL des centrales syndicales CFDT, CGT, FO, CFE-CGC et CFTC sont parties à cette déclaration commune.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Atle Høie, a déclaré :

“Nous soutenons nos affiliés dans ce combat portant sur la retraite et les droits des travailleurs. Nous nous tenons aux côtés de nos affiliés qui revendiquent la suppression de cette réforme injuste.”

Perquisitions de locaux syndicaux en Corée

Le 18 janvier, le NIS et la police nationale coréenne on effectué une descente qui a duré 10 heures au siège de la KCTU, accusant de violation de la Loi sur la sécurité nationale deux membres de ses affiliés, le Syndicat des travailleurs coréens du métal (KMWU) et le Syndicat des travailleurs coréens de la santé et de la médecine (KHMWU). 

Des membres du comité exécutif central de la KCTU ont donné une conférence de presse, le 19 janvier 2023, pour protester contre cette perquisition. Dès le lendemain, le 20 janvier, des dizaines d'agents du NIS ont investi pendant des heures le 13e étage de l'immeuble de bureaux qu'occupe la KCTU.

Par haut-parleurs, la police a annoncé aux passants qu'une perquisition et une saisie étaient en cours à la KCTU pour violation de la Loi sur la sécurité nationale. Le texte du mandat a aussi circulé sur les médias locaux.

Ces attaques se produisent sous l'égide du nouveau président élu issu du parti Pouvoir au peuple, Yoon Seok-youl. Celui-ci prône une ligne dure face aux syndicats. Il a récemment rejeté la demande de tarif minimum de transport pour les 25.000 camionneurs membres du syndicat Solidarité des routiers et transporteurs et a signé une ordonnance leur intimant de reprendre le travail.

La KCTU a critiqué le recours à cette loi draconienne et conteste cette campagne de dénigrement agressive s'appuyant sur des centaines de policiers, d'agents du renseignement et utilisant inutilement du matériel de lutte contre l'incendie. Un millier de policiers ont été déployés dans le pays pour enquêter sur ces prétendues infractions à la sécurité. 

"Il est désespérant de voir une démocratie qui a mis des décennies à se construire foulée au pied par un président démocratiquement élu. Les institutions des Nations unies en charge des droits de l'homme ont préconisé à plusieurs reprises l'abrogation de cette loi. Cette opération très médiatisée du NIS n'est pas seulement disproportionnée, elle vise aussi à intimider le mouvement syndical,"

a déclaré le président de la KCTU, Yang Kyeung-Soo

“IndustriALL Global Union appelle le président coréen à cesser ces intimidations contre les syndicats démocratiques coréens. Nous exhortons le président Yoon à se concentrer sur les revendications des syndicats pour une réforme de la législation du travail,"

a déclaré le secrétaire général d'IndustriALL, Atle Høie.

La syndicalisation est notre clé pour changer l’équilibre des forces

“Construire des syndicats forts est notre clé pour changer l’équilibre des pouvoirs. Et changer l’équilibre des pouvoirs est la seule voie vers une société juste,”

martèle Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL.

Chaque année depuis dix ans, l’organisation caritative Oxfam publie, à l’occasion de la réunion de Davos, un rapport sur l’inégalité croissante des revenus. Ce rapport montre invariablement que les riches s’enrichissent et que la concentration des richesses se resserre, tandis que pour tous les autres, les salaires et les services publics sont à la traîne.

Cette année, le rapport révèle que les 1 % les plus riches ont empoché 26.000 milliards de dollars de la nouvelle richesse créée depuis le début de la pandémie. 63 % de toutes les nouvelles richesses sont allées à ces 1 %, le reste devant être partagé, de manière inégale, entre tous les autres.

Même en temps de vaches grasses, ce serait pervers, mais dans le contexte de la crise climatique, de la guerre, de la crise du coût de la vie causée par une inflation hors de contrôle, de l’augmentation de l’âge de la retraite, de l’effondrement des services publics et de la récession mondiale, c’est obscène.

Chaque année, on entend des commentaires angoissés sur les inégalités croissantes et les politiciens de droite comme de gauche promettent des changements. Pourtant, chaque année, les inégalités augmentent.

Nous devons reconnaître que personne ne viendra nous sauver. Et nous devons nous rappeler qu’en fin de compte, toutes les richesses sont créées par les travailleurs et les travailleuses. Pour changer l’équilibre du pouvoir et la distribution des richesses, nous devons nous mobiliser.

Malgré ces gros titres peu réjouissants, il existe de nombreux exemples d’affiliés d’IndustriALL, du Royaume-Uni à l’Inde en passant par la Turquie et partout ailleurs, qui engrangent des victoires pour les travailleurs et les travailleuses. Nous avons besoin de beaucoup plus de victoires comme celles-là.

La syndicalisation doit être une priorité pour nous tous et le développement de la densité syndicale est l’un des éléments constitutifs d’IndustriALL pour un avenir juste. Cela signifie recruter beaucoup plus de nouveaux membres, mais cela signifie aussi être stratégique quant à l’endroit où nous mettons nos ressources et construisons nos structures.

Nous devons accroître notre densité auprès des employeurs et des secteurs clés. Plus nous avons de membres sur un lieu de travail, plus notre position de négociation est forte, plus nous pouvons obtenir de bons accords. Et l’obtention de bonnes conventions collectives crée un précédent qui améliore les conditions dans l’ensemble de l’économie. En fin de compte, plus nous regroupons de travailleurs et travailleuses sous le parapluie des conventions collectives, mieux c’est pour tout le monde.

Nous devons créer des comités syndicaux forts et réactifs sur les lieux de travail, avec des représentants capables de répondre efficacement aux besoins quotidiens des membres. Nous devons reconnaître que l’économie est en constante évolution et ne pas nous contenter des secteurs où nous sommes traditionnellement forts. Nous devons nous ouvrir à de nouveaux secteurs et recruter des travailleurs et travailleuses que nous avons peut-être négligés par le passé.

Pour quelques principes sur la façon de gagner de bonnes campagnes de syndicalisation, veuillez consulter notre publication Syndicaliser avec IndustriALL.

Construisez des syndicats forts, mobilisez-vous au niveau mondial, affrontez le capital mondial et faites pencher la balance en faveur du monde du travail.

Le Bélarus doit relâcher les dirigeants et militants syndicaux emprisonnés

Le 5 janvier, le tribunal de la ville de Minsk a condamné l'ancien président du Syndicat bélarusse des travailleurs de la radio et de l'électronique (REP), Hennadz Fiadynich, âgé de 65 ans, et le président par intérim du même syndicat, Vasil Berasnieu, âgé de 72 ans, à neuf ans de prison, et le militant Vatslau Areshka, âgé de 68 ans, à huit ans d'enfermement dans une colonie disciplinaire.

Les trois hommes ont été arrêtés le 19 avril 2022 et accusés d'avoir "appelé à des mesures restrictives destinées à nuire à la sécurité nationale de la République du Bélarus", "incité à la haine sociale", et "mis en place une formation extrémiste ou participé à celle-ci", autant de chefs d'accusation tirés du code pénal. 

En avril 2022, le Comité pour la sécurité de l'État (KGB) a inscrit le REP sur la liste des organisations extrémistes et lui a interdit toute activité.

Le 26 décembre 2022, le tribunal de la ville de Minsk a reconnu un autre dirigeant syndical coupable d'"actes violant gravement l'ordre public". Aleksandr Yarashuk, le président du Congrès bélarusse des syndicats démocratiques (BKDP), était également accusé d'avoir "appelé à des mesures restrictives et autres actions destinées à nuire à la sécurité nationale de la République du Bélarus" et a été de ce fait condamné à quatre ans de prison. Le vice-président du BKDP, Siarhei Antisevitch, a reçu deux ans de prison, et sa responsable des médias et de la comptabilité, Iryna But-Husaim, un an et demi.

C'est comme cela que l'État riposte au combat des syndicats indépendants pour la démocratie et les droits de l'homme au Bélarus. Depuis l'élection présidentielle contestée d'août 2020, les syndicats indépendants du Bélarus subissent des attaques incessantes, avec perquisitions de leurs locaux et des domiciles de syndicalistes, saisies de téléphones et d'ordinateurs portables, pressions sur leurs adhérents pour qu'ils se désaffilient, congédiements de membres de syndicats indépendants et, finalement, la liquidation de quatre syndicats indépendants et de leur fédération en juillet 2022.

le secrétaire général d'IndustriALL, Atle Høie, a déclaré :

"Condamner des dirigeants syndicaux pour avoir exercé leur droit légitime à la liberté d'association constitue une violation grave des principes de la liberté d'association. Les droits syndicaux perdent tous leur sens lorsque ne sont pas respectées intégralement les libertés civiles inscrites dans la Déclaration universelle des droits de l'homme et dans le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, en particulier pour ce qui est du droit à la liberté et à la sécurité de la personne, de l'absence d'arrestation et de détention arbitraires, de la liberté d'opinion et d'expression, du droit de se réunir, du droit à un procès équitable et du droit à la protection des avoirs syndicaux".

À la suite des récents jugements et incarcérations de dirigeants syndicaux au Bélarus, IndustriALL Global Union et IndustriALL Europe ont écrit à la Commission européenne, au Parlement européen, au Conseil européen et à l'OIT pour réclamer une action d'urgence, notamment pour exprimer un soutien public au mouvement syndical indépendant du Bélarus et pour exiger que les autorités bélarusses libèrent immédiatement et sans conditions les syndicalistes arrêtés et qu'elles mettent un terme à la répression des syndicats indépendants et des personnes qui revendiquent le respect de leurs droits humains.

IndustriALL Global Union et IndustriALL Europe réitèrent la requête de la Commission d'experts pour l'application des conventions et recommandations (CEACR) de l'OIT priant instamment le gouvernement de prendre des mesures pour faire "libérer tous les syndicalistes encore en détention et d’abandonner toutes les charges découlant de la participation à des manifestations pacifiques et à des actions revendicatives".

Le pouvoir syndical permet d’obtenir des conventions collectives

Pour Shramik Ekta Mahasangh, 2022 a été une année de luttes fructueuses. Les sections syndicales d’usine ont signé des conventions collectives avec des multinationales qui fabriquent des produits technologiques utilisés dans plusieurs secteurs comme l’électronique, l’automobile, la production d’énergie, la santé, les machines agricoles, le pétrole et le gaz.

L’accord négocié avec Avery Dennison, entreprise basée aux États-Unis, a augmenté les salaires des travailleurs et travailleuses de 29.400 INR (360 dollars). Avec la société suisse Hoerbiger, l’augmentation de salaire a été de 27.660 INR (339 dollars).

Les négociations ont été âpre pour inclure dans les conventions collectives les bilans de santé, les remboursements de frais médicaux, les indemnités de congé, les primes de poste, les primes de rendement, les augmentations annuelles, les prestations de retraite, les cantines, l’éducation des enfants, la formation professionnelle et les droits syndicaux.

Le syndicat a réussi à négocier avec une entreprise finlandaise, Wartsila, pour obtenir que les travailleurs et travailleuses soient autorisés à prendre une période d’absence d’une heure, pendant le temps de travail, pour des réunions syndicales d’urgence qui ne peuvent pas être tenues après les heures de travail officielles de l’usine. L’entreprise allouera également un bureau pour le travail syndical.

La multinationale coréenne Myung Sung a accepté de fournir une assistance pour l’éducation des enfants des travailleurs et travailleuses. Brembo Brakes India, une filiale de la société italienne Brembo, a accepté d’inclure les syndicats dans les processus de mise en place de nouvelles technologies ou de modernisation des ateliers.

Apoorva Kaiwar, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Asie du Sud, a déclaré :

“IndustriALL félicite ces syndicats et Shramik Ekta Mahasangh pour avoir signé avec succès ces conventions collectives. Ces accords montrent que des relations sociales saines sont absolument nécessaires pour faire progresser les droits des travailleurs.”

Renforcer le pouvoir syndical dans l'industrie du textile et de l'habillement

Renforcer le pouvoir des syndicats
Manuel sur les recherches et campagnes stratégiques visant les entreprises

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L'industrie du textile et de l'habillement est une industrie extrêmement mondialisée, avec des chaînes d'approvisionnement qui emploient des millions de travailleurs dans le monde. Elle génère quantités d'emplois précaires dans les pays en développement, pour un secteur occupant essentiellement du personnel mal rémunéré, en majorité des jeunes femmes et des migrants internes avec des contrats de courte durée.

Elle fonctionne principalement à la demande des acheteurs par des chaînes d'approvisionnement dans lesquelles les donneurs d'ordre – des marques et des agences – ont tout pouvoir sur leurs fournisseurs, qui sont les employeurs directs des travailleurs, d'où la difficulté d'identifier tous les maillons des chaînes d'approvisionnement.

La recherche stratégique sur les entreprises peut aider les syndicats à élaborer des campagnes stratégiques complètes portant à la fois sur l'organisation et sur la négociation collective.

"Ce manuel permet à nos affiliés de bien comprendre la recherche stratégique sur les entreprises et sur la manière dont elle peut être appliquée aux fabricants, aux marques, aux distributeurs et aux acheteurs du secteur du vêtement. Il donne aussi des pistes utiles sur la façon d'élaborer des campagnes stratégiques en matière d'organisation syndicale et sur la manière de combattre les pratiques déloyales du travail dans la chaîne d'approvisionnement mondiale,"

dit Christina Hajagos-Clausen, la directrice d'IndustriALL en charge de l'industrie du textile.

Le manuel est publié en anglais, ainsi que dans les langues des principaux pays producteurs de prêt à porter, comme l'arabe, le bengali, le bahasa, le khmer, le portugais, l'espagnol et le vietnamien.