Le droit de grève protège travailleurs et travailleuses

En 2015, les groupes des employeurs de l’Organisation internationale du travail (OIT) et certains gouvernements ont contesté la Convention 87 de l’OIT sur la liberté syndicale, ratifiée par 153 pays, qui défend le droit de grève. Les syndicats du monde entier ont protesté pour protéger ce droit fondamental.

Même avec cette Convention, le droit de grève est toujours menacé dans le monde entier.

Au Royaume-Uni, le gouvernement tente de faire adopter des lois qui limitent les grèves pour des revendications salariales légitimes, malgré la baisse des salaires des travailleurs et travailleuses britanniques. Sous la houlette du Premier ministre du parti conservateur, Rishi Sunak, une nouvelle législation anti-grève vise à imposer des niveaux de service minimum pendant les grèves.

Ces lois seront appliquées dans des secteurs publics clés tels que les services de santé nationaux (NHS) et l’éducation. Les employeurs de ces secteurs pourront poursuivre les syndicats et licencier des salariés si les niveaux de service minimum ne sont pas atteints. Les syndicats britanniques ont qualifié cette nouvelle loi sur la grève d’attaque frontale contre les droits des travailleurs et les syndicats. Les syndicats ont clairement fait savoir qu’ils défendront les travailleurs et travailleuses malgré les nouveaux dispositifs du gouvernement.

Au Zimbabwe, les Conventions 87 et 98 de l’OIT sur le droit à la syndicalisation et à la négociation collective sont ratifiées, mais le gouvernement a adopté deux lois qui violent ces conventions.

Parmi les deux lois adoptées, la loi d’amendement des services de santé stipule que les grèves dans le secteur de la santé publique ne peuvent dépasser 72 heures. Si les syndicats ne respectent pas cette disposition, les organisateurs seront condamnés à une amende et à trois ans de prison. En outre, le projet de loi d’amendement du droit pénal rendra légales les arrestations et les poursuites pour atteinte volontaire à la souveraineté de l’État et à l’intérêt national du Zimbabwe. Les syndicats du Zimbabwe demandent instamment au gouvernement de modifier ou d’annuler ces lois.

En Turquie, une entreprise a utilisé un décret gouvernemental faisant référence à la “sécurité nationale” comme stratégie pour restreindre une grève. Les travailleurs et travailleuses et leurs syndicats ont contesté cette stratégie et ont finalement obtenu une augmentation de salaire.

Le droit de grève est fondamental et constitue souvent un dernier recours. Dans un système capitaliste, refuser de travailler est un outil de négociation crucial pendant le processus de négociation, son objectif principal étant de modifier l’équilibre des forces entre les salariés et l’employeur.

Si le droit de grève était supprimé, les gouvernements pourraient interdire les actions syndicales. La plupart des grèves visent à obtenir une augmentation des salaires et de meilleures conditions de travail. Si le droit de grève est supprimé, les entreprises feront davantage de profits et les conditions de travail se détérioreront.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Atle Høie, a déclaré :

“la grève est l’un des outils les plus importants dont disposent les travailleurs et travailleuses et leurs syndicats pour améliorer les salaires et les conditions de travail. Appeler à la grève est une décision qui ne se prend pas à la légère, mais c’est un outil essentiel si les négociations ne mènent nulle part. Si ce droit est limité, les travailleurs et travailleuses n’auront qu’une marge de manœuvre très réduite et tous les discours sur la démocratie ne seront que des mots vides de sens. Nous devons continuer à protéger les travailleurs et travailleuses et leur droit de grève.”

La négociation syndicale obtient des avancées pour les mères

Ces travailleuses étaient représentées par la section de l'industrie générale de la FSP KEP. IndustriALL et Union-to-Union leur ont dispensé une formation de structuration syndicale qui leur a permis d'obtenir l'ajout d'une clause sur une salle d'allaitement dans la dernière convention collective.

“Nous remercions IndustriALL, Mondiaal FNV et Union-to-Union pour la formation aux projets et les activités de campagne. Nous avons été à même d'élaborer nos revendications et de négocier avec les employeurs un meilleur encadrement sur les lieux de travail, surtout pour les femmes,”

a déclaré Mbajeng Hersan Utami, la présidente du syndicat de Garudafood Putra Putri Jaya.

Le projet de structuration syndicale permet aux affiliés d'IndustriALL de différents secteurs d'industrie d'Indonésie de renforcer et d'améliorer la négociation collective et le dialogue social. Il se concentre sur la santé et la sécurité, la protection de la maternité, les droits syndicaux, etc.

“Ces activités de projet donnent une connaissance élémentaire des droits syndicaux et des intérêts sur le lieu de travail. Elles facilitent la négociation et la mise en application des négociations collectives en faisant appel aux normes internationales du travail et à de bonnes législations du travail pour améliorer les lieux de travail,”

dit Indah Saptorini, la coordinatrice des projets d'IndustriALL en Indonésie.

“C'est une grande réussite pour le syndicat qui a négocié sans relâche avec la direction et a su mobiliser le soutien de ses membres. Je tiens à exprimer notre gratitude à Union-to-Union et à la FNV qui ont soutenu le projet. Nous espérons que les activités de projet continueront à obtenir de grandes avancées, non seulement en Indonésie, mais aussi pour d'autres affiliés dans d'autres pays,”

a déclaré Shinya Iwai, la secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Asie du Sud-est.

En novembre de l'an dernier, le ministère de la Santé indonésien a récompensé Garudafood pour sa contribution à la lutte contre la crise sanitaire et au renforcement des services de santé en promouvant la santé reproductive des femmes.

Le projet de GRI de normes pour le secteur minier publié et soumis aux commentaires

Le projet de normes sectorielles pour l’exploitation minière a été publié ce 7 février, pour coïncider avec l'Indaba minier pour l'Afrique et sa version alternative, qui se sont tenus en Afrique du Sud, au Cap. Un atelier sur le projet de normes sectorielles a été organisé lors de l’Indaba alternatif des mines, un important forum parallèle à celui organisé par les entreprises, pour recueillir des commentaires sur son contenu et ainsi lancer la période de consultation publique, qui se termine le 30 avril.

“Nous nous félicitons de cette publication, tout en étant conscients que le nombre croissant de normes en la matière risque d’avoir pour conséquence involontaire de peser sur la charge de travail qu’elles impliquent. Dans la mesure où la notification des impacts doit être transparente et efficace en termes d’atténuation de leurs conséquences, elle nécessitera l’implication et la participation des travailleurs et des communautés riveraines des exploitations, envers lesquels les sociétés minières sont finalement responsables”.

A indiqué Glen Mpufane, Directeur pour les mines et responsable SST chez IndustriALL.

Ce projet de normes est exhaustif et son contenu couvre l’ensemble du spectre environnemental, social et de gouvernance, avec des questions relatives aux travailleurs telles que les résidus, les fermetures et les réhabilitations, les pratiques d’emploi, la gestion des incidents critiques, la santé et la sécurité au travail, le travail des enfants, l’esclavage moderne, la liberté syndicale et de négociation collective, la non-discrimination et l’égalité des chances, ainsi que des questions relatives aux communautés telles que les droits des communautés indigènes, les pratiques en matière de sécurité, les communautés riveraines, l’usage de l’eau et les eaux usées, les déchets, les droits sur les terres et les ressources ainsi que l’exploitation minière artisanale et à petite échelle, une question qui intéresse également les syndicats.

Bien que les normes GRI soient un ajout important aux normes minières volontaires existantes, il ne s’agit pas de normes de performance qui nécessiteront des audits indépendants par des tiers, comme l’Initiative pour une Certification responsable de l’Exploitation minière (IRMA). Il faudra donc que les travailleurs, les syndicats et les communautés se mobilisent et demandent des comptes aux sociétés minières, en utilisant le rapport sectoriel de GRI pour chaque société minière et en le comparant à leur réalité, en particulier en ce moment critique pour la demande de produits miniers de transition à faible teneur en carbone, nécessaires pour atténuer le changement climatique.

Glen Mpufane a déclaré :

“Ces normes minières constituent une ressource supplémentaire pour dénoncer l’écoblanchiment des sociétés minières. Nous exhortons nos affiliés du secteur minier à s’impliquer et à donner leur point de vue sur ce projet pendant la période où il est ouvert aux commentaires, soit jusqu’au 30 avril. Il y a à cet égard un formulaire de commentaires en ligne.”

Neuf travailleurs blessés à l'aciérie Visakhapatnam

Ces travailleurs nettoyaient un canal de coulée avant de déplacer une poche lorsque s'est produit l'accident. Trois d'entre eux ont été grièvement brûlés et un est dans un état critique. L'incident est survenu dans l'entreprise Rashtriya Ispat Nigam Limited (RINL), une division de la Visakhapatnam Steel Plant.

Pour la Fédération nationale indienne des salariés de la sidérurgie, la métallurgie, les mines métalliques et l'ingénierie (INMMS&EEF) et la Fédération des travailleurs de l'acier, du métal et de la sidérurgie d'Inde (SMEFI), toutes deux affiliées à IndustriALL, l'accident est dû à la négligence de la direction qui n'a pas mis en place des mécanismes de sécurité adéquats dans l'usine. Elles lui ont envoyé une lettre lui demandant d'investir dans une bonne formation des travailleurs, y compris pour les contractuels. Il faudrait aussi qu'elle fasse siéger des membres de chaque département au comité de sécurité.

En outre, l'hôpital général de l'usine manque des moyens nécessaires pour soigner ce genre de blessures graves.

Rajshekar Mantri, le président en fonction de l'INMMS&EEF, explique :

"L'hôpital général de Visakha Steel doit être modernisé et doté des ressources nécessaires pour traiter les lésions consécutives à des accidents. Plutôt que d'envoyer les travailleurs dans des cliniques très spécialisées, il faudrait plutôt que les services des grands brûlés aient des installations adaptées aux traitements et qui ne se limitent pas aux premiers secours d'urgence."

Le gouvernement indien projette de privatiser l'usine dans un avenir proche. Les affiliés d'IndustriALL ont exprimé leurs préoccupations à ce sujet et ont même organisé, l'an dernier, une action de protestation et remis à la direction un mémorandum dans lequel ils s'opposent à la privatisation de cette entreprise publique rentable.

Apoorva Kaiwar, la secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Asie du Sud, a déclaré :

"La santé et la sécurité au travail est un droit fondamental des travailleurs mais, en Inde, la sécurité des travailleurs reste problématique. La direction de RINL doit veiller à ce que des mécanismes de sécurité adéquats soient en place pour éviter que des travailleurs perdent la vie."

Les syndicats ukrainiens déterminés à lutter contre les violations de droits

Des représentants de l’OIT et de la Mission de surveillance des droits de l’homme des Nations Unies en Ukraine (HRMMU) ont évoqué les principales violations des droits, la manière de les détecter et de les signaler, ainsi que l’utilisation des outils disponibles.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, a déclaré :

“Nous sommes ici pour discuter des violations des droits de l’homme et des droits du travail et recevoir des informations sur la manière dont elles ont été commises, ainsi que pour élaborer une stratégie permettant de soutenir et d’aider nos camarades en Ukraine.”

Les affiliés ukrainiens ont rapporté comment la guerre a provoqué des pertes d’emplois et détruit des industries. Les participants ont été informés sur le travail forcé (par exemple dans le secteur nucléaire), les normes de santé et de sécurité dangereuses dans les mines ainsi que sur les difficultés des travailleurs et travailleuses syndiqués dans les zones occupées. Il est difficile de garder le contact avec les membres ou de s’engager dans le dialogue social.

Natalie Levytska du Syndicat indépendant des mineurs d’Ukraine, NPGU, a déclaré :

“Les mines ont été détruites et des milliers de travailleurs et travailleuses ont perdu leur emploi. Nous devons penser à reconstruire et à protéger les droits des travailleurs.”

“Je vous félicite pour votre solidarité interne entre syndicats en Ukraine, tout au long de la guerre vous êtes restés unis pour lutter pour les travailleurs et travailleuses, nous savons que vous êtes souvent en réunion alors que des bombardements ont lieu. En dépit de tout cela, vous avez continué le travail. Nous vous aiderons autant que nous le pourrons, nous savons que vous vous imposerez en tant que nation indépendante et que vous créerez un environnement juste pour votre peuple”.

a pour sa part déclaré Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL.

L’OIT a fait un exposé sur les violations des droits des travailleurs et la manière de les détecter. L’importance d’établir les faits dans des rapports a été expliquée à la session. Les conventions de l’OIT sont très claires, si un de ses éléments est contredit, il s’agit d’une violation. Les rapports peuvent être utilisés pour intenter une action en justice contre les auteurs de violations et ils servent de preuves lors de leur examen.

Le Secrétaire général d’industriAll Europe, Luc Triangle, a salué les affiliés de son organisation ainsi que la candidature de l’Ukraine à l’UE en tant que futur État membre. Il a promis qu’industriAll Europe ferait tout son possible pour soutenir le processus d’adhésion à l’UE, mais aussi pour contribuer à la lutte contre le recul de la législation du travail ukrainienne, notamment en soulevant la question auprès des institutions européennes.

“Nous et tous les travailleurs européens avons le plus grand respect pour le peuple ukrainien. Vous vous battez pour nos valeurs démocratiques et humaines communes. Nous sommes à vos côtés et nous vous soutiendrons, ensemble avec IndustriALL Global Union. Dans les mois à venir, les affiliés ukrainiens seront intégrés dans notre travail syndical européen. Cela nous rapprochera encore davantage”,

a dit Luc

La mission des Nations unies pour les droits de l’homme travaille à l’élaboration de rapports sur les violations des droits de l’homme. Ces rapports sont élaborés à partir d’entretiens confidentiels avec des victimes ou des témoins. Les syndicats peuvent apporter une aide considérable à l’élaboration de ces rapports, en permettant à leurs membres de partager leur vécu.

Les prochaines étapes, dans le cadre du travail conjoint d’IndustriALL Global et d’industriAll Europe avec les affiliés ukrainiens, comprendront la sensibilisation aux violations, la manière de les signaler et la sauvegarde des droits des adhérents.

La solidarité syndicale permet une augmentation salariale significative

Les négociations qui ont conduit à cet accord ont été marquées par des actions de protestation. Lorsqu’elle a racheté la mine à l’État, la société chinoise avait accepté de laisser la convention collective existante en place. Mais au lieu de cela, l’employeur a introduit un code de conduite unilatéral. Le syndicat a tenté à plusieurs reprises de négocier un nouvel accord, mais en l’absence de réponse de l’employeur, les travailleurs et travailleuses sont passés à l’action et ont lancé des actions de protestation et des grèves.

En décembre dernier, IndustriALL Global Union et industriAll Europe ont envoyé une lettre de soutien à SSMS, GS RIE Nezavisnost et ISS dans le cadre de leurs négociations.

Et la persévérance des travailleurs et travailleuses ainsi que de leurs syndicats a porté ses fruits. Le 8 février, les affiliés d’IndustriALL SSMS et GS RIE Nezavisnost ont signé une convention collective avec la direction de la mine, ayant pu compter sur le total soutien de l’ensemble des syndicats présents sur ce lieu de travail, parmi lesquels l’affilié d’IndustriALL ISS (Syndicat de l’industrie de Serbie).

“Les syndicats sont satisfaits de l’accord conclu à la fin des négociations, après plusieurs actions de protestation dues à l’adoption arbitraire du règlement de travail, qui avait précédé le début des négociations.”

a déclaré Časlav Garić, Président du GS RIE Nezavisnost.

Le salaire horaire était l’une des questions centrales des négociations. Dans le nouvel accord, il a été augmenté de 15 %, passant de 177 dinars (1,6 dollar) à 192 dinars (1,7 dollar) de l’heure. Le salaire horaire a été augmenté et un montant de 4.000 dinars (36 dollars) est inclus dans le salaire de base.

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL a déclaré :

“IndustriALL félicite les travailleurs et travailleuses de la mine de cuivre de ZiJin Bor ainsi que leurs syndicats pour cette importante victoire. C’est une solide démonstration de solidarité et cela montre une fois de plus que lorsque nous nous unissons, nous gagnons.”

La convention collective a été signée en présence du ministre du travail, de l’emploi et de la politique sociale, Nikola Selakovic.

Appel à la solidarité avec les syndicats de Turquie

Dans les zones touchées par les tremblements de terre, les affiliés d’IndustriALL Global Union et Europe ont des membres dans les secteurs de la fabrication, de l’énergie et des mines. Nous recevons des nouvelles indiquant que de nombreux syndicats comptent des adhérents qui ont été tués ou qui ont perdu des membres de leur famille. Les bâtiments et installations de certains de nos syndicats affiliés dans la région touchée ont été sérieusement endommagés.

“Des affiliés du monde entier nous ont contactés pour nous demander comment ils pouvaient nous aider. Pour montrer notre solidarité et notre soutien immédiats, nous vous encourageons à envoyer des messages de solidarité à nos camarades turcs.”

a déclaré Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL.

“Après le tremblement de terre dévastateur qui a frappé la Turquie, des milliers de personnes ont besoin de notre soutien. IndustriAll Europe est aux côtés de nos camarades turcs en ces temps difficiles et vous encourage tous à envoyer des messages de solidarité et toute aide possible.”

a déclaré Luc Triangle, Secrétaire général d’industriAll Europe.

Les syndicats qui souhaitent apporter une aide financière peuvent contribuer au fonds de solidarité que nous venons de mettre en place, voir les détails ci-dessous.

Nom de la banque : Cler Bank

Adresse de la banque : 6-8 Place Longemalle, CH – 1204, Genève, Suisse

Nom du titulaire du compte : IndustriALL Global Union

Adresse du titulaire du compte : 54bis, route des Acacias 1227 Carouge Genève, Suisse

Code Swift : BCLRCHBB

Code Iban : CH70 0844 0145 2523 1139 0

Numéro de compte bancaire : 145252.311390-0

Devise : Euros

Crédit photo : Öz İplik İş

Des fonctionnaires du gouvernement uruguayen surveillent illégalement le président d’un syndicat

Le 1er février, la PIT-CNT a publié une déclaration dénonçant la surveillance illégale du dirigeant syndical Marcelo Abdala par l’ancien chef de la sécurité présidentielle Alejandro Astesiano.

Les médias uruguayens ont publié des enregistrements audio d’Alejandro Astesiano confirmant qu’il a utilisé des caméras de surveillance du ministère de l’Intérieur pour suivre le parcours d’Abdala sur une voie publique après que celui-ci a été impliqué dans un accident de la circulation en février 2022.

Le secrétariat exécutif de la PIT-CNT affirme que cela “viole les droits individuels et les libertés civiles et remet en question le caractère démocratique de l’Uruguay”.

Dans une déclaration, il a qualifié l’incident d’“extrêmement grave”, étant donné que les ressources et les équipements de l’État ont été utilisés à des “fins fallacieuses” et en totale contradiction avec les intérêts qui devraient guider les actions des responsables gouvernementaux.

Le secrétariat exécutif étudie la possibilité d’entreprendre des actions politiques ou juridiques au niveau national et international pour défendre la démocratie, la République et les libertés.

L’UNTMRA a également publié une déclaration officielle, exprimant sa solidarité avec le dirigeant syndical Abdala :

“Nous condamnons les pratiques antidémocratiques menées par le gouvernement du président Luis Lacalle Pou. Nous dénonçons avec force ces pratiques, qui violent les droits individuels et les libertés civiles.”

Le Secrétaire régional d’IndustriALL pour l’Amérique latine et les Caraïbes, Marino Vani, a déclaré :

“Nous sommes solidaires de notre collègue métallurgiste et dirigeant syndical uruguayen, Abdala, ainsi que des organes dirigeants des syndicats et de la centrale syndicale uruguayenne. Il s’agit d’une attaque contre les libertés individuelles et collectives des travailleurs.

Nous déplorons le fait que des hommes politiques et des fonctionnaires du gouvernement uruguayen utilisent l’appareil d’État pour des pratiques illégales et antidémocratiques. Nous espérons que cela ne se répétera pas et que les responsables, à tous les niveaux, auront à rendre des comptes.”

Le panel d'IndustriALL à Mining Indaba réclame le travail décent pendant la transition énergétique

Glen Mpufane, le directeur d'IndustriALL en charge du secteur minier, présidait ce panel qu'il a défini comme "une conversation avec les syndicats, qui dépasse le seul changement climatique, sur les autres moteurs de l'impact sur le monde du travail dans la transition actuelle et les propositions des organisations syndicales pour une voie qui les atténuerait". On a pu aussi entendre des exposés d'affiliés d'IndustriALL : le Botswana Mine Workers Union (BMWU), le National Union of Mineworkers (NUM), le National Union of Metalworkers of South Africa (NUMSA) et UASA – the Union.

IndustriALL a souligné l'importance du rôle du travail dans une exploitation minière durable et dans les stratégies environnementales, sociales et de gouvernance. Ces panels témoignent de la reconnaissance qu'ont obtenue les syndicats au Mining Indaba par l'engagement d'IndustriALL auprès des compagnies minières et des organisateurs de la conférence pour que le monde du travail soit reconnu comme une partie prenante essentielle dans l'industrie minière.

Phestus Motshabi, un délégué syndical du NUMSA, a déclaré :

"Les travailleurs sont très préoccupés par la transition. Il est à craindre que des mines à cause de la décarbonation. Nous voulons une Transition juste basée sur le travail décent et le respect des droits fondamentaux au travail inscrits dans les conventions de l'Organisation internationale du travail. Nous voulons, avec les compagnies minières, une conversation transparente dans laquelle elles dévoilent leurs plans et leurs stratégies. Ces plans doivent porter sur l'ensemble de la chaîne de valeur."

Tebogo Moepeng, un délégué syndical du NUM, a ajouté :

S'agissant du travail décent, l'avenir est sombre parce qu'il faut s'attendre à ce que des emplois permanents disparaissent, remplacés par des emplois précaires, aléatoires. Mais nous, syndicats, ne cesserons de réclamer des emplois décents, permanents.

Pour Kitso Phiri, le secrétaire exécutif du BMWU, un dialogue social qui associe les parties prenantes essentielles est important.

"Le dialogue social renforce le consensus entre les parties prenantes et peut servir d'outil d'atténuation du risque. Pour être efficace, il faut que la voix des travailleurs y soit forte. Au Botswana, le processus de dialogue social est bancal parce que la voix des travailleurs manque, en particulier au forum consultatif de haut niveau de l'échelon sectoriel, où se prennent les décisions. Les travailleurs ne participent qu'au niveau de l'entreprise."

Towards Sustainable Mining, une norme mondiale pour la durabilité du secteur minier, a été citée comme un des outils disponibles pour promouvoir le dialogue social au Botswana.

Melanie Roy, directrice de la recherche à l'unité de recherche et de politique économiques du NUMSA, a souligné :

"Il faut que les revendications des syndicats portent sur les deux aspects de l'emploi : la création d'emplois et la reconversion/recyclage pour de nouveaux emplois. Il faut prendre en compte la transition des emplois dans l'automobile, l'énergie et les secteurs miniers, de la cohésion de politiques, de l'équité et la diversité. Dans le secteur automobile, par exemple, les travailleurs doivent acquérir les compétences nécessaires à la production des véhicules électriques."

Pour Franz Stehling, directeur de département à l'UASA, le gouvernement doit dégager des ressources pour aider au recyclage des travailleurs en vue des emplois futurs.

"S'agissant de l'Afrique du Sud, la Transition juste devrait être discutée au Conseil national du développement économique et du travail, et des ressources pourraient être affectées à la reconversion par les autorités responsables de l'éducation et de la formation."

Glen Mpufane a déclaré :

"La durabilité du marché du travail est un élément important du débat sur la question de savoir où créer des emplois décents. Les discussions de la journée fait écho aux recommandations de la Commission mondiale sur l'avenir du travail de l'OIT, qui doivent être notre élément de référence lorsque nous discutons d'une Transition juste. Ces recommandations portent sur l'innovation technologique, le changement climatique et environnemental, les changements démographiques, les inégalités mondiales et autres facteurs."

 Glen Mpufane, directeur en charge des mines chez IndustriALL

Le Mining Indaba a été inauguré officiellement par les présidents de l'Afrique du Sud et de la République démocratique du Congo, Cyril Ramaphosa et Félix Tshisekedi, qui ont souligné l'importance des minerais pour le développement socio-économique des deux pays et de la coopération dans les échanges commerciaux. Ces pays ont des minerais utilisés pour la fabrication des véhicules électriques comme le cobalt, le lithium, le manganèse, le nickel et autres terres rares.

La conférence mondiale du textile s’engage à renforcer les conventions collectives

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Atle Høie, a déclaré :

“Nous intensifions notre campagne pour des sanctions économiques complètes contre le Myanmar et nous travaillons dur avec les enseignes pour qu’elles sortent du pays de manière responsable, tout en protégeant les travailleurs et travailleuses.”

Les discussions ont porté sur l’apport d’un soutien fort aux campagnes de syndicalisation, notamment en utilisant les accords-cadres mondiaux pour protéger les droits des travailleurs à former des syndicats et à négocier collectivement. Le Migrant Resource Center de l’île Maurice a fait le point sur l’application mobile Just Good Work Mauritius. Cette application, développée l’année dernière en collaboration avec IndustriALL, Anti Slavery International et la marque de vêtements en ligne ASOS, fournit des informations et des ressources éducatives sur les droits des travailleurs. Les travailleurs migrants sont informés de leurs droits et peuvent signaler les cas d’abus. Les informations sont accessibles en bangladais, en anglais et en malgache.

La campagne en faveur d’usines sûres est fondamentale pour le secteur et, en décembre 2022, l’Accord international a été étendu au Pakistan. Les affiliés de la région MENA ont ajouté qu’une campagne régionale pour des usines sûres a été lancée et ont appelé à l’extension de l’Accord international à leur région.

Les affiliés se sont engagés à soutenir les réseaux syndicaux constitués auprès des multinationales de la confection. Les interventions du Bangladesh ont évoqué les avantages de faire partie du réseau syndical mondial de Coats et la manière dont ce réseau a soutenu la réduction du travail en sous-traitance, a contribué à garantir que les salaires soient supérieurs au niveau minimum national et a promu les relations sociales.

Dans son rapport intitulé “Risques de violence et de harcèlement fondés sur le sexe : réponses syndicales dans les secteurs de l’exploitation minière, de l’habillement et de l’électronique”, Jane Pillinger a mis en évidence les risques auxquels sont confrontées les femmes dans le secteur de l’habillement, tels que l’insécurité de l’emploi, les bas salaires, les inégalités et la discrimination fondées sur le sexe, ainsi que les dangers liés aux déplacements entre le domicile et le lieu de travail. Pour lutter contre ces risques, les femmes doivent être fortement présentes aux postes de direction afin de sensibiliser le public et les conventions collectives doivent inclure des clauses relatives à la violence liée au sexe et à la création de systèmes de dépôt de plainte sûrs pour les femmes.

Les réseaux des femmes d’Indonésie et de la région MENA ont présenté la campagne “Tolérance zéro”. Les syndicats et les employeurs des chaînes d’approvisionnement de H&M, Nike et Adidas ont participé à une conférence de dialogue social pour un engagement commun, signé par dix syndicats et entreprises. Grâce à cette politique, les syndicats et les employeurs élaboreront des stratégies pour s’assurer que les cas de harcèlement sexuel signalés ne restent pas sans suite. Cette politique sera intégrée aux conventions collectives et garantira des espaces de travail sûrs. Elle sensibilisera également à la tolérance zéro en matière de violence et de harcèlement sexuel.

Un plan d’action sectoriel de quatre ans a été débattu et approuvé. Le plan d’action sur la négociation collective sectorielle se concentre sur la promotion de cette démarche afin de réduire les inégalités, d’améliorer les salaires et les conditions de travail et d’empêcher que des normes inférieures soient utilisées pour donner un avantage concurrentiel à certaines entreprises. Le Syndicat des travailleurs de l’habillement et du textile d’Afrique australe (SACTWU) a évoqué son processus de négociation collective, indiquant que celui-ci était mandaté par les membres et que les mandats étaient collectés auprès des membres avant les négociations. Le SACTWU a mis en avant l’accord Covid-19, dans le cadre duquel les travailleurs ont reçu intégralement leur salaire pendant le confinement, ce qui a été obtenu grâce à des négociations entre syndicats et employeurs.

Christina Hajagos-Clausen, Directrice d’IndustriALL pour le textile, a déclaré :

“L’action collective, la marque de fabrique et ce qui fait la force du mouvement syndical international, nous a donné la capacité et les outils pour transformer la chaîne d’approvisionnement mondiale. Nous devons nous assurer que les conditions de vie de nos membres s’améliorent. IndustriALL s’engage à favoriser une solution sectorielle en faisant pression et en obtenant l’engagement des enseignes de stature mondiale, des fournisseurs et des gouvernements dans notre lutte pour le travail décent. Nous poursuivrons notre campagne pour un système de relations sociales qui modifie l’équilibre des pouvoirs dans la chaîne d’approvisionnement.”

Les participants ont choisi d’élire quatre coprésident(e)s pour le secteur. Il y aura deux hommes et deux femmes, deux des vice-président(e)s seront issus des pays producteurs et deux des pays des consommateurs et des enseignes.