Le NUM demande une interdiction judiciaire à l’encontre d’AngloAmerican concernant les lois sur la santé et la sécurité

La multinationale minière, qui exprime dans ses déclarations de principe son engagement envers les droits fondamentaux au travail de l’OIT, souhaite que les mineurs relèvent de la loi sur la santé et la sécurité au travail (OHSA, 1993), qui ne couvre pas le secteur minier et offre moins de protection aux travailleurs.

En mai 2021, IndustriALL et AngloAmerican ont signé un protocole d’accord sur le cadre d’un dialogue mondial. L’une de ses priorités affichées est qu’il s’agisse d’un forum permettant d’identifier les possibilités de collaboration sur les questions de sécurité et de santé sur le lieu de travail, y compris la santé et la sécurité professionnelles.

“Les actes posés par AngloAmerican sont en contradiction avec l’esprit du protocole d’accord. Celui-ci s’efforce d’atteindre la norme la plus élevée, soit la MHSA, et le fait d’opter pour une norme qui n’est pas censée s’appliquer à l’industrie minière est déconcertant”,

explique Glen Mpufane, Directeur d’IndustriALL pour l’exploitation minière et responsable pour l’organisation de la santé et de la sécurité au travail.

Le syndicat souhaite que les mineurs restent soumis à la MHSA, qui leur offre une meilleure protection, et affirme qu’ils perdront leurs droits si le changement a lieu. Il s’agit notamment du droit de refuser une tâche dangereuse, du pouvoir des inspecteurs de traiter les conditions dangereuses et de recommander des amendes, de l’ouverture d’enquêtes et du signalement des blessures graves et des décès, ainsi que du droit de participer à des investigations et à des enquêtes conjointes. Le NUM affirme que ces droits sont absents de l’OHSA.

Le NUM craint également que la mise en œuvre n’entraîne l’exclusion des travailleurs de Waterval Smelter, Anglo Converter Plant, Precious Refinery, Rustenburg Base Metal Refinery et Mortimer Smelter, qui n’entrent pas dans le champ d’application de la MHSA. Le syndicat n’est pas convaincu par les raisons invoquées par AngloAmerican, qui a vendu les droits miniers aux fonderies tout en conservant les droits de surface et les opérations de traitement.

Selon la loi, le non-respect des réglementations ne peut se faire qu’après avoir obtenu une dérogation du Ministre des ressources minières et de l’énergie. Le NUM indique que la MHSA est la seule législation applicable aux mines, car l’OHSA ne s’applique pas à une “mine, une zone minière ou tout ouvrage tel que défini dans la loi sur le développement des ressources minières et pétrolières”.

Mpho Phakedi, Secrétaire général adjoint du NUM, a déclaré :

“La promulgation de la MHSA a été une grande victoire pour les mineurs et ces acquis ne peuvent pas être annulés par cette migration illégale d’AngloAmerican. La raison de celle-ci est simple : AngloAmerican cherche à s’éloigner du régime réglementaire strict du département des ressources minières et de l’énergie pour se tourner vers le département, inefficace et incompétent en la matière, de l’inspection du travail. En raison de cette migration, les mineurs perdront les droits qu’ils ont obtenus de haute lutte dans le cadre de la loi sur les ressources minières et l’énergie.”

À terme, le NUM et d’autres syndicats souhaitent que les deux lois soient fusionnées, car aucune loi ne permet aux sociétés minières de passer de l’une à l’autre.

Au Pakistan, des mines dangereuses continuent de tuer

Les mines pakistanaises ont la sinistre réputation d'être des lieux de travail parmi les plus meurtriers au monde, faisant plusieurs victimes tous les mois. Les souffrances des travailleurs sont encore aggravées par l'absence d'état de droit dans les mines où des travailleurs sont souvent tués ou enlevés par des groupes militants.

Le gouvernement pakistanais et les propriétaires des mines ne font rien pour assurer la sécurité des travailleurs. Le Pakistan doit encore ratifier la convention 176 de l'OIT de 1995 sur la sécurité et la santé dans toutes les mines.

Selon les affiliés pakistanais d'IndustriALL, au cours des deux dernières années, 300 mineurs au moins ont été tués et plus de 100 grièvement blessés. À la date du 10 mars, 30 mineurs au moins avaient été tués et plus de 20 blessés depuis le début de l'année.

Les mineurs perdent autant la vie dans les mines de l'État que dans les mines privées. Les effondrements, les électrocutions, les coups de grisou et les intoxications sont les causes les plus fréquentes. Les mineurs ne reçoivent aucune indemnisation à cause de l'absence de registres de présences et d'un régime de sécurité sociale.

Le Pakistan importe du pétrole et du gaz d'Ukraine et la situation actuelle a provoqué une grave crise de l'énergie dans le pays. Les réserves de devises étrangères se sont effondrées et le Pakistan n'est pas en mesure d'importer du pétrole et du gaz d'autres pays. La crise provoque une pénurie massive d'électricité.

Cette situation soumet l'industrie charbonnière à une pression énorme, car il faut du charbon pour alimenter les centrales électriques. Or, cette industrie est en difficulté en raison des restrictions aux importations et du refus des banques d'honorer des lettres de crédit. Les mineurs, qui travaillaient déjà dans des conditions dangereuses, doivent maintenant augmenter la production au prix de la sécurité au travail.

Les employeurs ne dépensent rien pour former les mineurs à la sécurité et le gouvernement n'impose par le respect des normes de sécurité. Tel est souvent le cas dans les mines privées clandestines.

Sultan Khan, le secrétaire général de la Fédération du travail des mines centrales du Pakistan, affiliée à IndustriALL, a déclaré :

"La situation dans les charbonnages s'aggrave parce qu'on n'y fait pas respecter la législation du travail à cause de la négligence du département du travail. Nous demandons que le ministère des Mines procède à une enquête en profondeur sur les accidents et que des poursuites pénales soient entamées contre les propriétaires de mines."

Apoorva Kaiwar, la secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Asie du Sud, ajoute :

"IndustriALL appelle le gouvernement pakistanais à ratifier immédiatement la convention 176 de l'OIT. Les employeurs doivent veiller à ce que les travailleurs travaillent en sécurité." 

Les syndicats de Glencore en Amérique latine réclament une transition équitable

IndustriALL a récemment relancé sa campagne appelant Glencore à respecter le droit du travail sur tous ses sites d’activité. Le 3 mars, le réseau régional des syndicats de Glencore a organisé une réunion en ligne, l’Amérique latine étant l’une des régions où l’on rencontre le plus de difficultés.

Les travailleurs et travailleuses ont rendu compte de la situation de l’emploi dans chaque pays et sont convenus que le plus gros problème était le manque de responsabilité de Glencore vis-à-vis des communautés riveraines et de l’environnement. La multinationale réorganise ses activités dans le cadre de sa stratégie de décarbonisation, mais n’a pas de plan clair pour assurer une transition équitable pour les salariés et les communautés locales.

Juan Carlos Solano, de Sintracarbón en Colombie, a déclaré que Glencore n’avait mis en place aucun processus pour assurer une transition juste et digne lorsqu’elle a renoncé à la mine Prodeco.

“En conséquence, la région d’El Cesar a été laissée à l’abandon. C’est comme une ville fantôme, il n’y a plus de travail et il est devenu impossible de répondre aux besoins de base de la communauté locale”.

Solano a déclaré que son syndicat avait exigé que Glencore s’assoie avec les travailleurs, les membres de la communauté de La Guajira et le gouvernement pour discuter d’un plan de fermeture de la mine du Cerrejón. L’objectif est d’éviter une répétition de ce qui s’est passé à la mine de Prodeco et de veiller à ce que “la transition cause le moins de dommages possible”.

Victor Rodriguez, du Chili, a déclaré que, bien que Glencore aime donner l’image d’une entreprise qui s’engage auprès des communautés riveraines de ses sites au Chili, elle ne se préoccupe pas vraiment de ses travailleurs et travailleuses ou des habitants de ces régions. Par exemple, le rapport entre les salariés externalisés et les salariés permanents est de trois pour un, avec 2.400 externalisés et seulement 800 permanents.

Héctor Laplace, d’Argentine, a déclaré qu’en pleine pandémie Glencore a fermé inopinément la mine d’Aguilar sans en informer le syndicat, laissant 700 travailleurs et travailleuses sans emploi.

Les représentants d’IndustriALL ont parlé des efforts de l’organisation pour favoriser le dialogue social avec Glencore afin de l’amener à donner la priorité aux droits du travail et aux droits syndicaux ainsi qu’aux politiques de développement.

IndustriALL défend également les questions liées au genre. La responsable régionale pour l’égalité des sexes, Laura Carter, a expliqué :

“Nous savons qu’il existe encore des discriminations à l’encontre des femmes chez Glencore. Il n’y a pas d’équité salariale, il y a eu des incidents de harcèlement, les femmes enceintes ne se sentent pas en sécurité et certaines travailleuses n’ont pas d’équipement de protection approprié. Nous voulons que l’entreprise prenne ses responsabilités sur ces questions de genre également.”

Glen Mpufane, Directeur d’IndustriALL pour l’industrie minière, a déclaré :

“Glencore est une entreprise très insaisissable. Il nous est difficile d’aborder avec elle des questions de fond telles que la transition juste, le dialogue au plan mondial et les préoccupations politiques à l’échelle de l’entreprise, en plus d’essayer de résoudre les différends. L’entreprise veut contrôler les choses. C’est un défi énorme, qui nécessitera une coordination entre le réseau syndical et les communautés locales.

La stratégie de l’entreprise consiste à fermer ses mines de charbon d’ici le milieu des années 2040, ce qui ne nous laisse pas assez de temps pour mener une réflexion sur une transition juste. Nous devons mener une campagne mondiale et mettre en place des actions pour réclamer des comptes à Glencore et favoriser le dialogue social.”

Comité de l'acier de l'OCDE : investissez dans les travailleurs !

Les enjeux de la sidérurgie mondiale ont fait l'objet des discussions entre les gouvernements, les employeurs, les organisations syndicales et d'autres parties prenantes à la 93e session du Comité de l'acier de l'OCDE des 13 et 14 mars à Paris.

Les syndicats y ont exprimé leurs préoccupations à propos des réformes du marché du travail en Ukraine et elles ont appelé les entreprises et les gouvernements à soutenir et investir dans leurs travailleurs et à veiller à ce que la transition du secteur soit une Transition juste.

La session a débuté par un point sur la situation en Ukraine et sur les impacts sur le marché mondial de l'acier de la guerre que mène illégalement la Russie. Alors que le marché mondial de l'acier continue de souffrir des pénuries d'énergie et de problèmes d'accès aux matières premières, le TUAC a évoqué l'impact sur l'ensemble des travailleurs des tentatives du gouvernement pour réformer la législation du travail et entraver les activités des syndicats, notamment en affaiblissant la négociation collective.

Veronica Nilsson, la secrétaire générale par intérim du TUAC, a déclaré :

"Les travailleurs et les syndicats ukrainiens sont en première ligne face à l'agression illégale de la Russie en Ukraine. Nous exhortons le gouvernement ukrainien à garantir les conditions de travail et les droits à la négociation collective de ceux qui ont conservé un travail et de ceux qui rentreront au pays. Ils ne peuvent être affaiblis par des réformes du marché du travail hâtives. Le droit d'être représenté dans la négociation collective et le dialogue social est une des valeurs fondamentales européennes et il doit être préservé et promu sur la voie de l'adhésion de l'Ukraine à l'Union européenne."

Plusieurs experts ont dressé l'état de la demande et la production mondiales d'acier et des perspectives pour 2023, qui restent incertaines après les deux années globalement positives de 2021 et 2022. Bien que la Chine, premier producteur mondial, ne soit pas membre de l'OCDE, les syndicats se sont félicités de l'évolution de l'industrie sidérurgique du pays, tout en constatant que la surcapacité mondiale continue de poser problème.

Le risque d'une crise de surcapacité s'est accru avec un écart entre la capacité mondiale et la production d'acier brut se situant à 632 mmt en 2022, contre 516,9 mmt en 2021. La surcapacité mondiale tirant les cours vers le bas et créant des distorsions de concurrence, les organisations syndicales réclament une nouvelle fois une action conjointe au niveau international.

La secrétaire générale adjointe d'IndustriALL Global Union, Christine Olivier, a déclaré :

"La transition ne peut pas et ne doit pas peser sur les épaules des travailleurs. Les multinationales doivent assumer totalement leurs responsabilités en investissant dans la décarbonation et dans les travailleurs. C'est une question de justice sociale et environnementale."

Après l'exposé du TUAC sur la nécessité d'une Transition juste au dernier Comité de l'acier de l'OCDE, la question de la décarbonation de la sidérurgie était de nouveau à l'ordre du jour avec des interventions de représentants du G-7 et du G-20. IndustriALL Europe a rappelé aux gouvernements et aux employeurs des pays de l'OCDE que la transition verte doit être une Transition juste et a déposé, au nom des syndicats, des revendications concrètes pour faire que les travailleurs ou certaines régions ne soient pas oubliés.

Judith Kirton-Darling, la secrétaire générale adjointe d'IndustriALL European Trade Union, a déclaré :

"La décarbonation de la sidérurgie à l'échelon mondial est un défi global, et nous nous félicitons de ce que l'OCDE s'y intéresse de plus en plus. Les travailleurs de la sidérurgie sont au centre de la transition verte et ils doivent être associés à toutes les étapes de la transition, ce qui implique un dialogue social de qualité à tous les niveaux ainsi qu'une planification et une anticipation adéquates du changement pour s'assurer qu'aucun travailleur et qu'aucune région ne seront laissés de côté. Rien de ce qui nous concerne sans nous !"

Le Comité de l'acier de l'OCDE a aussi discuté de la possibilité de mettre sur pied un observatoire de la chaîne d'approvisionnement, en raison des crises de l'énergie et des matières premières qui continuent de susciter des incertitudes, des hausses de prix, des déroutements de matières premières et parfois des arrêts de la production d'acier. L'OCDE voudrait déposer un projet d'ici la fin 2023.

La campagne pour la ratification de la C190 se poursuit

L’Uruguay a été le premier pays au monde à ratifier la convention. Les affiliés d’IndustriALL dans le pays ont joué un rôle important en organisant des ateliers pour expliquer le contenu de la convention et pourquoi elle est un outil utile pour les syndicats.

Les syndicats philippins ont exhorté le gouvernement à lutter contre le harcèlement et à ratifier la convention. Dans le cadre de la campagne syndicale, les travailleurs et travailleuses ont brandi des affiches portant la mention “Ratifiez la convention C190 de l’OIT”. Pour sensibiliser davantage les travailleurs et travailleuses, leurs masques et leurs t-shirts portaient la mention “Ratifiez la convention C190”.

La loi indienne oblige les employeurs à former des comités de lutte contre le harcèlement. Toutefois, ces comités ne sont pas efficaces. Dans le cadre de leur campagne de ratification, les syndicats réclament des comités efficaces et sensibilisent les travailleurs et travailleuses à la convention. Le gouvernement n’a pas encore entamé le processus de ratification.

Les syndicats bangladais ont mené des actions dans les rues pour revendiquer la ratification de la C190. Le gouvernement a promis à plusieurs reprises de se pencher sur la ratification, mais rien ne s’est concrétisé.

Au Sri Lanka, les syndicats ont organisé des sessions de dialogue entre les syndicats et d’autres groupes d’intérêt sur la ratification de la convention C190. Les syndicats font partie du comité consultatif national du travail, qui discute des droits au travail et ont souligné l’importance de la ratification. Le précédent ministre du travail s’était engagé à ce que le pays ratifie rapidement la convention, mais compte tenu des changements politiques actuels, le gouvernement n’a pas bougé.

En Ouganda, les syndicats ont organisé des réunions conjointes avec le gouvernement, une conférence de presse et une campagne médiatique à l’aide d’affiches portant le slogan “Ratifier et s’approprier la Convention 190”. Ces activités ont permis de sensibiliser le public à la convention et à l’importance de sa ratification.

À Madagascar, des conversations sont organisées à chaque activité des femmes avec l’intervention d’experts de l’OIT. Après une étude comparative de l’OIT sur les dispositions existantes en faveur des femmes, les partenaires sociaux ont accepté d’entamer le processus de ratification. Les employeurs ont des doutes, mais le processus se poursuit. Une proposition de refonte du code du travail a été faite et la C190 a été incorporée dans le texte.

Au Nicaragua, les syndicats ont fait campagne pour la C190, mais le gouvernement tarde à réagir.

À Trinité-et-Tobago, les syndicats ont procédé à une analyse des lacunes de la législation actuelle et ont identifié la ratification comme une priorité. Un forum sur la convention a été organisé et les syndicats ont été invités à s’y exprimer.

En Colombie, les syndicats et les politiques ont organisé une audition publique sur la convention et le président s’est engagé à ratifier la convention.

“IndustriALL félicite ses affiliés pour les campagnes portant sur la C190. La violence et le harcèlement fondés sur le sexe sur le lieu de travail ont un effet domino sur chacun d’entre nous. Nous exhortons les syndicats à poursuivre leurs campagnes jusqu’à ce que les gouvernements aient ratifié cette convention”, a déclaré Christine Olivier, Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL.

IndustriALL, en collaboration avec la Fondation Friedrich Ebert (FES), a élaboré un schéma de formation, les modules 1, 2 et 3, sur la violence basée sur le genre, intitulés “Violence. Pas sur notre lieu de travail”.

Une formation pour mettre fin à la fracture numérique sur le lieu de travail en Afrique

Le bureau d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne forme les syndicats aux technologies de l’information et de la communication (TIC) et à la numérisation depuis 2021. L’objectif est de former les syndicats à l’utilisation des technologies numériques pour la protection des droits des travailleurs, le recrutement syndical, la négociation collective et le dialogue social. Cette formation hybride a été facilitée par la Fédération internationale des associations pour l’éducation des travailleurs (IFWEA) et a réuni des participants du Kenya, d’Afrique du Sud, de Zambie et du Zimbabwe.

Tracy Adhiambo, Secrétaire du Syndicat uni des métallurgistes du Kenya (AUKMW), utilise les compétences acquises en matière de recrutement syndical en ligne, de campagnes, de négociations collectives, de création d’alliances et de dialogue social. Grâce à la formation, elle a commencé à convertir pour le syndicat des fichiers papier en fichiers numériques. Le syndicat a également développé une application.

“Notre appli facilite l’adhésion des travailleurs et travailleuses. Après avoir reçu les informations, nous assurons le suivi et les orientons vers la section la plus proche. Les artisans du secteur informel qui travaillent dans des zones éloignées des bureaux syndicaux peuvent télécharger l’application sur leur smartphone,”

indique Tracy.

Abigail Moyo, porte-parole de l’UASA, qui a participé au premier atelier de formation au Cap en 2021, écrit dans une déclaration à l’occasion de la Journée internationale de la femme :

“Nous devons prendre en compte l’évolution rapide du monde du travail avec la numérisation et l’automatisation, en particulier l’impact du fossé numérique entre les hommes et les femmes, qui continuera à creuser les inégalités fondées sur le sexe dans la société.”

Saliem Patel, Responsable du programme de l’IFWEA, explique :

“Le partenariat stratégique entre l'IFWEA et le bureau régional d’IndustriALL a permis des avancées positives pour les jeunes et les femmes qui militent dans les syndicats. Les participants ont été impliqués dans l’éducation en ligne, le développement d’outils de recrutement syndical en ligne et la création de bases de données de conventions collectives basées sur le cloud. Les jeunes et les femmes se sont ainsi retrouvés au cœur du travail syndical et apportent désormais innovation et rajeunissement au mouvement syndical grâce à leur engagement en faveur de l’unité et du pouvoir des travailleurs”.

“Si elles sont pleinement utilisées par les syndicats, les compétences numériques peuvent jouer un rôle important dans la réduction de l’écart de rémunération entre les hommes et les femmes, dans la lutte contre la discrimination fondée sur le sexe et dans les campagnes de ratification de la convention 190 de l’OIT visant à éliminer la violence et le harcèlement fondés sur le sexe dans le monde du travail. En outre, il est possible de mettre fin à la marginalisation des femmes et des jeunes, qui constituent le groupe le plus actif sur les plateformes numériques, y compris les médias sociaux. Le bureau régional continuera à aider les syndicats en leur apportant un soutien en matière de TIC afin de leur permettre de passer à une gestion sans papier,”

a déclaré Paule France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne.

Les partenaires qui soutiennent cette formation sont le Centre de compétence syndicale pour l’Afrique subsaharienne de la Fondation Friedrich Ebert (FES) et Union to Union. l'IFWEA est le partenaire technique.

Poursuite de la répression contre les militants syndicaux en Biélorussie

Le 6 mars, Mikalai Sharakh, Président du Syndicat libre biélorusse (SPB), a été arrêté par la police à son domicile de Polatsk. Il vient d’être condamné à 15 jours d’arrestation administrative pour diffusion de matériel extrémiste.

Cela s’est produit une semaine après que Sviatlana Stukava, mariée à Viktar Stukau, militant du SPB, a été arrêtée et détenue pendant 15 jours, accusée d’avoir suivi un groupe sur Facebook.

Au début du mois, le lauréat du prix Nobel et Directeur du centre des droits de l’homme Vyasna, Ales Bialiatski, a été condamné à dix ans de prison par un tribunal de Minsk.

En février, dix prisonniers politiques, membres du mouvement Rabochy Rukh, ont été reconnus coupables de haute trahison et condamnés à de longues peines de prison et à des amendes. Parmi les condamnés, six sont actifs au sein du Syndicat indépendant biélorusse.

En janvier, un tribunal a condamné des dirigeants de syndicats indépendants à des peines excessivement sévères, pouvant aller jusqu’à neuf ans d’emprisonnement, pour des motifs politiques.

“IndustriALL continuera à soutenir publiquement le mouvement en faveur de syndicats indépendants et de la démocratie en Biélorussie et se fera entendre au plan mondial pour condamner la lourde oppression à laquelle ils sont confrontés. Les lourdes peines de prison imposées à Ales Bialiatski et Gennady Fedynich, respectivement dix et neuf ans, sont en fait des peines de mort, compte tenu de leur âge, de leur état de santé et des conditions de détention dans les prisons biélorusses”,

a déclaré Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL.

Trois dirigeants syndicaux du Congrès biélorusse des syndicats démocratiques (BKDP), condamnés à des peines de prison en décembre dernier, ont été notifié d’une date, le 24 mars, pour leur appel devant la Cour suprême de Biélorussie. L’audience de la Cour suprême pour les dirigeants du REP aura lieu le 31 mars.

Le Conseil d’administration de l’OIT se réunira à Genève du 13 au 24 mars et a inscrit la Biélorussie à son ordre du jour. Le Conseil d’administration examinera “les possibilités de mesures en vertu de l’article 33 de la Constitution de l’OIT, ainsi que d’autres mesures, pour assurer le respect par le gouvernement de Biélorussie des recommandations de la Commission d’enquête concernant les conventions n° 87 et 98”.

IndustriALL Global Union et industiALL Europe ont écrit à la Commission européenne, au Parlement européen, au Conseil européen et à l’OIT, appelant à une action urgente, y compris pour exprimer un soutien public au mouvement syndical indépendant de Biélorussie ainsi que pour exiger que les autorités biélorusses libèrent immédiatement et sans condition les syndicalistes arrêtés et cessent la répression des syndicats indépendants et des personnes exigeant le respect de leurs droits humains.

IndustriALL Global Union et industriAll Europe réitèrent la demande de la Commission d’experts pour l’application des conventions et recommandations de l’OIT (CEACR) de “libérer tous les syndicalistes qui restent en détention et d’abandonner toutes les charges liées à la participation à des manifestations pacifiques et à des actions syndicales”.

Agissez et soutenez les syndicalistes emprisonnés en Biélorussie

  • Signez et partagez la campagne LabourStart
  • Soutenez les militants de Biélorussie en demandant à vos gouvernements de maintenir la pression. Voici un modèle de lettre qui peut être utilisé
  • Demandez aux ambassades à Minsk d’envoyer des observateurs au procès en appel
  • Organisez des actions de solidarité devant les institutions de Biélorussie (ambassades) dans votre pays
  • Informez le monde sur les prisonniers syndicaux en Biélorussie, publiez à ce sujet dans vos canaux syndicaux
  • Diffusez les messages et le matériel de Salidarnast-BKDP sur les médias sociaux, en utilisant les hashtags #WeStandByYou #Salidarnast
  • Envoyez des lettres ouvertes à l’administration présidentielle de la République de Biélorussie pour qu’elles soient publiées dans les médias syndicaux et envoyées par courrier ordinaire à cette adresse postale au Belarus et/ou par fax :

Administration présidentielle de la République de Biélorussie
Rue Karl Marx, 38
220016 Minsk
Biélorussie

Des emplois décents pour les femmes et un accès égal aux nouvelles technologies

Lors de la CSW 67, les fédérations syndicales internationales demandent aux gouvernements d’engager un dialogue social pour l’adoption et la mise en œuvre de plans novateurs en matière de genre pour un accès équitable pour tous à la technologie, à une éducation publique de qualité, à la formation et à l’apprentissage tout au long de la vie. Des plans novateurs en matière de genre dans l’ensemble des systèmes d’éducation et de formation, garantissant l’accès des femmes à l’éducation, la formation et les emplois liés aux STEM ainsi que l’accès à la reconversion et au développement des compétences pour les femmes dont les emplois sont affectés par la numérisation et l’automatisation.

Un dialogue social autour de l’impact de la numérisation et d’Industrie 4.0 est essentiel pour une mise en œuvre efficace des Conventions 100 et 111 de l’OIT, permettant l’équité salariale et l’égalité de traitement et de chances pour les femmes dans un monde toujours plus numérisé.

Les politiques à mettre en œuvre doivent garantir des droits numériques, reposant sur les normes fondamentales de l’OIT et soutenus par la mise en œuvre de ces normes, qui sont essentielles pour soutenir le travail décent, surmonter les disparités entre les sexes, y compris dans l’accès et l’utilisation des technologies ainsi que pour garantir la santé et la sécurité des travailleurs et travailleuses, la vie privée et un équilibre décent entre vie professionnelle et vie privée.

Des investissements adéquats et des plans de transformation en faveur des femmes doivent être élaborés pour la création d’emplois décents et accessibles à tous dans les énergies et industries vertes, ainsi que dans les soins et la santé, avec des politiques et des mesures visant à surmonter la ségrégation sectorielle et professionnelle persistante.

Les gouvernements doivent adopter des législations pour garantir que les travailleurs et travailleuses engagés dans l’économie de plateforme soient reconnus comme des salariés ayant droit à un travail décent et que les personnes occupées par les plateformes et autres entreprises liées à la technologie et à la communication numérique aient accès de plein droit à la syndicalisation et à la négociation collective.

Des politiques et une législation efficaces pour sanctionner les abus en ligne sont nécessaires pour lutter contre les discours de haine, le harcèlement et la violence en ligne, y compris la violence liée au sexe.

Les gouvernements doivent garantir le droit de chacun et chacune à un monde du travail exempt de violence et de harcèlement, y compris de violence liée au sexe, par la ratification universelle et la mise en œuvre effective de la Convention 190 de l’OIT ainsi que de sa Recommandation 206.

La CSW 67 durera deux semaines, du 6 au 17 mars. Vous pouvez suivre son actualité syndicale sur le blog syndical de la CSW.

 

Le rôle déterminant des syndicats dans la diligence raisonnable

Dans son discours d’ouverture, Nazma Akter, de la Fédération Sommolito Sramik, affiliée à IndustriALL au Bangladesh, a parlé de la nécessité d’un changement systémique dans le secteur, où les marques ont le plus de pouvoir et les travailleurs et travailleuses le moins.

“Nous avons fabriqué vos vêtements. Nous ne voulons pas la charité, nous voulons le respect et la dignité. Les travailleurs et travailleuses ne devraient pas mendier ; nous devons être en mesure de gagner notre vie. Nous respectons l’entreprise, mais l’entreprise doit respecter les travailleurs et travailleuses.”

Nazma Akter

Les syndicats ont un rôle important à jouer dans la diligence raisonnable, car les travailleurs et travailleuses doivent être conscients de leurs droits. Le guide recommande en outre que pour que les enseignes internationales et leurs fournisseurs fassent preuve de diligence raisonnable, il faut un engagement significatif, de part et d’autre, de bonne foi et réactif. En outre, les travailleurs et travailleuses doivent recevoir des informations fidèles à la réalité et complètes, et leur contribution doit être prise en compte avant toute décision importante qui les concerne.

De nombreux intervenants ont appelé le secteur à se débarrasser de l’approche de l’audit social, qui a échoué, et selon laquelle les entreprises engagent des intervenants privés externes pour inspecter les usines des fournisseurs. Il est désormais impératif d’évoluer vers un modèle fondé sur la diligence raisonnable en matière de droits de l’homme. IndustriALL a appelé les enseignes et les fournisseurs à s’engager dans des négociations collectives pour résoudre les problèmes systémiques des chaînes d’approvisionnement mondiales.

Les discussions ont porté sur la difficulté de mettre en place des processus de diligence raisonnable dans les pays dépourvus de dialogue social traditionnel, car il s’agit d’un outil essentiel pour l’atteindre. Sans syndicats indépendants, il ne peut y avoir de diligence raisonnable. Cette question a occupé le devant de la scène lors de la dernière journée du forum, lorsque la diligence raisonnable dans les contextes de conflit et à haut risque a été évoquée.

“Les syndicats sont déterminants dans le cadre de la lutte pour la démocratie,”

a déclaré Christina Hajagos-Clausen, Directrice d’IndustriALL pour le textile et la confection, évoquant les problèmes auxquels sont confrontés les travailleurs et travailleuses et leurs syndicats dans les zones de conflit.

“La question n’est pas de savoir si une entreprise doit rester ou partir, mais si l’on peut exercer une diligence raisonnable au Myanmar. Si le code de conduite d’une entreprise exige le respect de la liberté syndicale, les conditions qui prévalent dans le pays doivent être jugées inacceptables.”

Christina Hajagos-Clausen

Les salaires dans le secteur ont stagné alors que la productivité est en hausse. Un salaire minimum n’équivaut pas à un salaire vital, qui est un droit humain reconnu. Plusieurs pays de la chaîne d’approvisionnement du textile et de l’habillement n’ont pas de salaire minimum national ou sectoriel et même dans les pays où il existe, il n’est pas toujours respecté.

Que faut-il donc faire pour combler les écarts de salaire vital dans les chaînes d’approvisionnement de l’habillement ? Certaines des sessions ont abordé des initiatives visant à remédier aux déséquilibres et à redistribuer plus équitablement les coûts et les bénéfices de la chaîne d’approvisionnement. La collaboration entre les enseignes et les syndicats par le biais de l’initiative ACT vise spécifiquement des questions telles que les pratiques d’achat et le salaire vital, en cherchant à atteindre un salaire vital par le biais de négociations collectives sectorielles.

Le 14 février dernier, IndustriALL a organisé une session parallèle au forum sur un nouveau modèle de relations sociale pour la chaîne d’approvisionnement du secteur. La table ronde a exploré comment les accords de collaboration entre les enseignes et les détaillants de stature mondiale et les fédérations syndicales internationales contribuent à un nouveau modèle de relations sociales dans la chaîne d’approvisionnement et comment la responsabilité partagée est nécessaire pour combler les lacunes dans les chaînes d’approvisionnement mondiales, telles qu’un salaire vital et une protection sociale pour les travailleurs et travailleuses de la confection.


Dans une autre session parallèle, organisée par l’Accord international, IndustriALL et les fournisseurs du Bangladesh ont souligné l’impact positif de l’Accord du Bangladesh. Son successeur, l’Accord international, offre une transparence accrue, assure une présence syndicale internationale et nationale dans la prise de décision et la gouvernance, garantit que le programme est financièrement réalisable grâce aux contributions des enseignes, contient un mécanisme de résolution des conflits qui tient les enseignes et les fournisseurs responsables et est juridiquement contraignant pour les parties.

Santé et sécurité dans l’industrie du textile et de l’habillement au Maroc

Au début du mois, IndustriALL et le Point de contact national de l’OCDE au Maroc ont organisé une réunion parallèle sur les défis et les perspectives en matière de santé et sécurité dans le secteur du textile, de l’habillement, de la chaussure et du cuir au Maroc, dans le cadre du Forum de l’OCDE.

Des représentants du gouvernement, des syndicats, des employeurs, des ONG, de l’OIT, d’IndustriALL, des enseignes et de l’Accord ont discuté de la situation actuelle de la santé et de la sécurité dans le secteur au Maroc. La mise en œuvre de la législation du travail et des accords sur le terrain est un défi majeur. Tous les participants ont exprimé leur volonté de s’engager dans des efforts conjoints en faveur de la santé et de la sécurité au travail comme condition préalable à un travail décent.

Naima Tchiche, du ministère de l’Emploi, a déclaré :

“La stratégie nationale du ministère pour la promotion de la santé et de la sécurité est basée sur la réhabilitation du cadre juridique, le renforcement et le développement de la surveillance, la promotion de la culture de la prévention des accidents et la promotion du dialogue social dans le domaine de la santé et de la sécurité au travail. Ce dialogue a permis de surmonter de nombreux problèmes pendant la crise de Covid-19.”

“Des accidents se sont produits tant dans les entreprises à vocation locale que dans les entreprises exportatrices. La législation contient les exigences, mais la mise en œuvre achoppe”,

a déclaré Hassan Lachoubi, de l’association patronale du secteur privé Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) et de l’Association marocaine des industries du textile et de l’habillement (AMITH).

Les dirigeants des affiliés d’IndustriALL, Larbi Hamouk, Secrétaire général du Syndicat National des Travailleurs du Textile et du Cuir (SNTTC-UMT) et Ahmed Hassoun, Secrétaire général du Syndicat National du Textile, Habillement et Cuir (SNTHC-CDT), ont souligné la nécessité d’un dialogue social sectoriel sur la santé et la sécurité au travail, notamment à la lumière des décès tragiques de travailleurs et travailleuses à Tanger en 2021 et à Casablanca en 2008.

Beatriz Cunha, spécialiste sectorielle de l’OIT, a présenté une vue d’ensemble du programme de travail de l’OIT sur la santé et la sécurité. Elle a débattu du recueil de directives pratiques de l’OIT sur la santé et la sécurité pour l’industrie du textile et de l’habillement et a exhorté les partenaires sociaux marocains à travailler ensemble à sa mise en œuvre.

L’Accord International permet le développement le dialogue social au niveau de l’entreprise. Véronique Camerer, en charge de la politique et de la responsabilité de l’Accord International, a déclaré que l’étude de faisabilité de l’Accord sur le Maroc progresse de façon régulière.

 

La réunion s’est inscrite dans la continuité de celle de l’année dernière. Assia Besaad, responsable du PCN de l’OCDE au Maroc, a souligné l’importance de trouver un programme de travail précis sur la santé et la sécurité au travail.

Les parties prenantes ont créé un groupe chargé de suivre l’évolution des travaux sectoriels conjoints.

Ahmed Kam Secrétaire régional d’IndustriALL, a déclaré :

“La santé et la sécurité ne sont pas un luxe, ce sont des choses essentielles étant donné les accidents fréquents dans le secteur. Nous rejoignons les partenaires sociaux au Maroc sur le besoin de coordination et de dialogue entre tous les acteurs. C’est un secteur mondialisé avec des réseaux de production en expansion ; la compréhension des outils internationaux est utile aux partenaires sociaux locaux pour réellement améliorer la santé et la sécurité au travail.”

Une forte solidarité est nécessaire pour les victimes du tremblement de terre

Le 6 février dernier, deux séismes dévastateurs d’une magnitude de 7,7 et 7,6 sur l’échelle de Richter ont fait plus de 50.000 victimes en Turquie et en Syrie. 13,4 millions de personnes, soit 15,7 % de la population turque, vivent dans les dix villes touchées par le séisme ; Kahramanmaraş, Gaziantep, Şanlıurfa, Diyarbakır, Adana, Adıyaman, Osmaniye, Hatay, Kilis et Malatya ainsi qu'Elazığ.

La région touchée par le séisme génère 9,3 % du produit intérieur brut (PIB) de la Turquie. La région représente environ 11 % des entreprises et des contribuables turcs, avec une contribution de 8,5 % aux exportations globales du pays. La part des salariés couverts par le régime de sécurité sociale dans la région est de 11,7 %.

Dans ses premières estimations, la Banque mondiale a déclaré que le tremblement de terre avait causé des dommages directs pouvant atteindre 34,2 milliards de dollars, soit 4 % du PIB de la Turquie en 2021. Selon différentes estimations, la reconstruction des villes et des maisons pourrait coûter le double ou le triple de ce montant.

Du 21 au 24 février, la mission conjointe a visité sept des provinces touchées, soit un trajet de 1.500 km entre Adana et Malatya, et a constaté avec une grande tristesse les énormes dégâts, la plupart des villes ayant été transformées en tas de décombres.

La mission a été choquée constater l’effondrement complet de la ville antique d’Antakya, proche de la frontière syrienne. Les 114 secondes du premier tremblement de terre ont été bien plus destructrices que la guerre pour la ville située juste de l’autre côté de la frontière, en Syrie, qui a maintenant perdu tout son patrimoine historique.

La solidarité des communautés, en provenance d’autres régions du pays et du monde entier, s’est manifestée par l’arrivée dans la région de sauveteurs, d’une aide humanitaire sous forme de nourriture, de vêtements et d’abris. Des banques alimentaires proposant des repas chauds gratuits sont en place et des tentes ainsi que des conteneurs continuent d’être installés pour l’hébergement dans des conditions hivernales difficiles. Cependant, les gens ont encore besoin de davantage de tentes pour survivre.

Iskenderun

La mission a visité douze lieux de travail syndiqués et a rencontré des travailleurs, des travailleuses et des représentants syndicaux locaux. La région joue un rôle important dans l’industrie manufacturière, notamment dans les secteurs du textile et de la confection, de l’acier, de l’ingénierie, du pétrole et du gaz ainsi que des mines. Certains lieux de travail ont déjà recommencé à fonctionner, mais sans atteindre leur pleine capacité.

Les syndicats affiliés, comme Petrol-İş, Teksif, Tes-İş, Öziplik-İş et Özçelik-İş, font état de pertes directes de membres. La plupart des travailleurs et travailleuses survivants ont perdu des membres de leur famille immédiate, des parents et des amis proches. Les membres du syndicat font état d’effondrements et de dommages importants à leurs maisons. Les lieux de travail proposent des logements temporaires, tandis que certains travailleurs et travailleuses ont cherché refuge dans d’autres villes. On rapporte que 2 millions de personnes ont demandé au gouvernement de les aider à quitter la région.

Les syndicats turcs se sont mobilisés pour aider leurs membres et leurs communautés. Les syndicats ont formé leurs propres équipes de sauvetage, ou se sont joints à d’autres, pour sauver des vies. Des milliers de mineurs d’autres régions se sont rendus dans la zone touchée et ont joué un rôle important dans les opérations de sauvetage. Le pays tout entier a reconnu les efforts extraordinaires des mineurs.

Depuis le 8 février, l’état d’urgence a été déclaré pour 90 jours dans la région concernée. Pendant cette période, les employeurs ne pourront pas licencier ou annuler des contrats de service.

Pour Luc Triangle, Secrétaire général de la Fédération syndicale européenne industriAll,

“Cette mission a été le moment le plus tragique de ma vie, avec ce que j’ai observé.

Il est de la responsabilité de tous de retrouver les corps de ceux qui sont encore coincés sous les décombres. Les villes et les maisons peuvent être reconstruites, mais malheureusement, nous ne pouvons pas ramener ceux que nous avons perdus. Il est temps de montrer une forte solidarité avec nos affiliés, en faveur de leurs membres touchés dans la région.”

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Global Union, déclare :

“Ce dont nous avons été témoins pendant notre mission est impossible à oublier et laisse un gros traumatisme dans nos esprits. La réalité est bien pire que ce que nous avons vu sur n’importe quel écran.

Il est temps pour nos familles syndicales mondiales et européennes de faire preuve de solidarité avec nos camarades dans les zones touchées. Nous devons nous tenir à leurs côtés en ces temps difficiles.”

Les syndicats qui souhaitent apporter une aide financière peuvent contribuer au fonds de solidarité :

Nom de la banque : Cler Bank

Adresse de la banque : 6-8 Place Longemalle, CH – 1204, Genève, Suisse

Nom du titulaire du compte : IndustriALL Global Union

Adresse du titulaire du compte : 54bis, route des Acacias 1227 Carouge Genève, Suisse

Code Swift : BCLRCHBB

Code Iban : CH70 0844 0145 2523 1139 0

Numéro de compte bancaire : 145252.311390-0

Devise : Euros