Atteinte aux droits des travailleurs en Inde

Ce code des relations sociales sape complètement le droit à la liberté syndicale et à la négociation collective. La grève, qui fait partie intégrante de la liberté syndicale, pourra être considérée comme illégale, car les conditions d’une “grève légale” seront draconiennes. Les travailleurs et travailleuses devront désormais donner un préavis de grève de deux mois, contre quatorze jours actuellement.

En 2020, le gouvernement indien a adopté quatre codes du travail qui consolident la législation du travail en vigueur dans le pays. Ces nouveaux codes portent gravement atteinte aux droits des travailleurs tout en favorisant les intérêts des entreprises.

Le gouvernement de l’État de Maharashtra a élaboré ses règles quant au code des relations sociales en 2021. Ces règles, à savoir le code des relations sociales de l’État de Maharashtra, ont été approuvées par son Cabinet ce mois-ci.

Les nouvelles règles stipulent qu’un syndicat doit représenter plus de 51 % de la main-d’œuvre pour être le représentant attitré dans une usine.

Auparavant, les entreprises de plus de 100 salariés devaient obtenir l’autorisation du gouvernement pour licencier, mais ce seuil a été porté à 300 salariés. Cela signifie que les entreprises comptant au moins 300 salariés peuvent désormais licencier sans l’approbation du gouvernement, ce qui permettra aux entreprises d’embaucher et de licencier plus facilement des personnes sans assurer la sécurité de l’emploi.

Les syndicats indiens, dont les affiliés d’IndustriALL, ont exprimé de sérieuses inquiétudes et ont protesté contre les réglementations du travail anti-ouvrières depuis 2020.

Sanjay Vadhavkar, membre du Comité exécutif d’IndustriALL et Secrétaire général de la Fédération indienne des travailleurs de la sidérurgie, de la métallurgie et de l’ingénierie (SMEFI), déclare :

“Nous condamnons la remise en cause constante des droits des travailleurs par le régime politique actuel. Les nouvelles règles du travail visent à faciliter les affaires. En tant que syndicats, nous devrons intensifier notre lutte pour sauvegarder les droits des travailleurs”.

Licenciement de travailleurs et travailleuses turcs pour avoir revendiqué une augmentation de salaire

Les membres du syndicat sont en grève depuis le 27 février pour réclamer une augmentation de salaire de 25 %, l’amélioration des conditions de travail et de meilleures conditions de santé et sécurité au travail.

Depuis le début de l’action syndicale, la direction de Mata Otomotiv s’est montrée réticente et hostile aux revendications des travailleurs et travailleuses. Elle a verrouillé les toilettes pour les empêcher de les utiliser et, au lieu d’entamer des négociations de bonne foi avec Birlesik Metal-Is, elle a licencié 650 membres du syndicat.

Les travailleurs et travailleuses, en collaboration avec leur syndicat et avec le soutien des communautés locales et des organisations de la société civile, demandent leur réintégration, ainsi que l’amélioration de leurs conditions de travail, comme ils l’avaient initialement revendiqué.

Dans un contexte d’inflation élevée et de faible pouvoir d’achat, de nombreux syndicats turcs ont mobilisé leurs forces pour obtenir des augmentations de salaire adéquates, notamment dans le vaste secteur de la métallurgie où opère Mata Otomotiv.

Dans le cadre de leur campagne, Birlesik Metal-Is et les membres du syndicat ont décidé de marcher d’Istanbul à Ankara pour exprimer leurs revendications. Cependant, les travailleurs et travailleuses ont été bloqués par la police anti-émeute le 27 mars.

Malgré ces perturbations, les travailleurs et travailleuses se sont rendus à Ankara pour discuter de leurs revendications avec les partis politiques et les autorités.

Adnan Serdaroğlu, Président général de Birleşik Metal-İş, a déclaré :

“La Turquie est devenue un « paradis pour les patrons », dirigé depuis de nombreuses années par un gouvernement dont la grande majorité des ministres et des députés sont les porte-parole du capital. C’est pour cette raison qu’ils nous ont empêchés de faire connaître nos justes revendications aux autorités d’Ankara en nous barrant la route”.

Le Secrétaire général d’IndustriALL Europe, Luc Triangle, a déclaré

“La Turquie est un pays candidat à l’UE, mais ce que nous voyons dans la pratique, comme l’obstruction concernant Mata Otomotiv en mars, va totalement à l’encontre des valeurs, des principes et des règles de l’Europe. Nous rejetons et contestons ce comportement antidémocratique. La manifestation pacifique est un droit de l’homme. Nous sommes solidaires de la résistance des travailleurs et travailleuses de Mata.”

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Global Union, a déclaré :

“Nous sommes solidaires de nos camarades de Mata Automotive et de Birleşik Metal-İş. Les syndicalistes licenciés doivent être immédiatement réintégrés et leurs revendications doivent être satisfaites. Nous ne pouvons tolérer que des travailleurs et travailleuses soient licenciés pour s’être battus en faveur de la santé et de la sécurité, pour de meilleurs salaires et pour leurs droits fondamentaux. Nous soutiendrons ce combat jusqu’à ce que justice soit faite.”

Mata Otomotiv fabrique des pièces pour des marques automobiles haut de gamme telles que Tesla, Bentley, Jaguar et Audi.

Les syndicats irakiens veulent être associés à la rédaction du projet de loi sur la sécurité sociale et les pensions

Les affiliés d'IndustriALL demandent que ce nombre soit porté à trois, issus des fédérations les plus représentatives. Le texte prévoit aussi un recul de l'âge de départ à la retraite, de 60 à 63 ans pour les hommes et de 55 à 58 ans pour les femmes, pour autant que la durée de cotisation au fonds n'ait pas été inférieure à 15 ans. Les femmes ayant 30 années d'ancienneté et ceux qui ont commencé à travailler avant 15 ans peuvent partir à la retraite s'ils le souhaitent. Une telle disposition ne figure pas dans la loi actuelle.

Hassan Juma, le président de la Fédération irakienne des syndicats du pétrole (IFOU), a déclaré :

"La loi sur les retraites a été adoptée il y a plus de 35 ans en Irak. Certains articles ne répondent plus à la situation actuelle et une nouvelle loi s'impose. Une préparation du projet sans la participation des parties prenantes entraînerait des carences. Notre mission est de déposer des amendements pour remédier à ces carences."

IndustriALL et ses affiliés ont organisé, les 10 et 11 mars, un atelier pour discuter du projet de loi. Kadhem Shamkhi Al-Sudani, ancien directeur du département des retraites et de la sécurité sociale du ministère du Travail, a présenté le projet de loi et expliqué ses principaux articles. Son exposé a aussi comparé le nouveau projet à l'actuelle loi 39 de 1971.

Les participants ont vérifié sa compatibilité avec la législation du travail et avec la Constitution irakienne. Les affiliés irakiens ont fait part de leurs observations à la commission parlementaire concernée, avec notamment les propositions syndicales venant de l'atelier. Ces observations consistent principalement à modifier plusieurs articles pour garantir les droits des travailleurs. Les dirigeants des syndicats ont insisté sur la responsabilité financière de l'État envers les travailleurs s'agissant du fonds et sur l'obligation pour l'État de le financer en cas de déficit. Ces observations portent également sur des aspects juridiques de forme traitant de principes nécessaires pour éviter toute confusion préjudiciable aux travailleurs.

La vice-présidente d'IndustriALL Hashmeya Alsaadawi a déclaré :

"L'adoption des observations des syndicalistes sur la nouvelle loi sera équitable pour les travailleurs et les retraités. La loi sera équitable pour les femmes si l'amendement sur la maternité est accepté. Les syndicalistes feront le maximum pour s'assurer que les nouveaux articles reflètent les amendements qu'ils ont proposés."

Le secrétaire général d'IndustriALL, Atle Høie, a dit :

"Que le parlement travaille à une nouvelle loi est positif. Nous espérons qu'elle répondra aux aspirations des travailleurs. Nous insistons sur la nécessité d'impliquer activement les travailleurs et leurs organisations dans la préparation de cette importante loi. Nous appelons aussi le parlement à adopter les observations formulées par nos affiliés irakiens. 

Anti-syndicalisme d’une compagnie d’électricité chinoise au Ghana

Depuis deux ans, le GMWU lutte contre Sunon Asogli Power qui viole les droits des travailleurs en toute impunité. La compagnie d’électricité, qui exploite une centrale de 560MW à Kpone, propriété pour partie du Fonds chinois de développement africain, prévoit d’étendre ses activités à d’autres pays d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique australe. Sunon Asogli Power est une filiale de Shenzen Energy Group, originaire de Guangdong, en Chine.

Le syndicat a recruté des travailleurs et travailleuses de l’usine et a obtenu une certification pour la négociation collective qui l’autorise à représenter le personnel, conformément au droit du travail ghanéen. Mais Sunon Asogli Power a refusé de reconnaître le syndicat. Elle a abusivement mis fin aux contrats de trois dirigeants syndicaux locaux lorsque ceux-ci ont informé la société qu’ils représentaient le syndicat au niveau de l’entreprise.

Dans une affaire portée devant la Commission nationale du travail, au travers de laquelle le GMWU souhaitait pouvoir bénéficier de ses droits syndicaux, la dite Commission a émis une directive le 27 avril 2022, selon laquelle Sunon Asogli Power devait reconnaître la certification en matière de négociation collective qui avait été octroyée au syndicat. En outre, les parties doivent constituer un comité de négociation permanent pour négocier et résoudre tout désaccord, faute de quoi elles doivent faire rapport à la Commission. Celle-ci a souligné que l’entreprise devait se conformer à la législation du travail et cesser de chercher des excuses pour ne pas le faire.

Le Secrétaire général du GMWU, Abdul-Moomin Gbana, déclare :

“Les actes posés par Sunon Asogli Power constituent une attaque contre le droit que constitue la liberté syndicale ainsi que contre le droit de négociation collective. Malheureusement, les autres travailleurs et travailleuses sont soumis à des actes quotidiens d’intimidation, de victimisation et d’abus pour avoir simplement décidé d’exercer librement leur droit à la liberté syndicale garanti par la Constitution de la République du Ghana et les Conventions 87 et 98 de l’OIT”.

La centrale syndicale TUC Ghana, à laquelle le GMWU est affilié, soutient sa campagne contre ces abus de droits.

“Cette évolution regrettable, si elle n’est pas freinée, constituerait une violation des droits des travailleurs tels qu’ils sont inscrits dans la Constitution et la loi sur le travail de 2003 et aurait un impact sur nos efforts de syndicalisation”,

déclare Joshua Ansah, Secrétaire général adjoint du TUC.

“Nous sommes aux côtés du GMWU dans son soutien sans faille à la défense des droits des travailleurs et travailleuses de la centrale électrique de Sunon Asogli. L’anti-syndicalisme de l’entreprise doit être condamné. Son mépris des normes du travail nationales et internationales est inacceptable”,

a pour sa part déclaré Paule France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne.

Bien que la Chine ait cessé de soutenir la construction de centrales à charbon à l’étranger dans le cadre de son initiative “Ceinture et Route” (Nouvelle route de la soie) en 2021, en faveur de projets énergétiques verts et à faible émission de carbone dans les pays en développement, elle continue de financer d’autres sources d’énergie non renouvelables, notamment le gaz, le gaz naturel liquéfié et le pétrole. Le Ghana est l’un des bénéficiaires de certains des prêts accordés aux pays africains.

L'Académie des jeunes installe un puissant réseau d'activistes en Asie du Sud-est

Cette formation a débouché sur un plan d'action tangible élaboré à partir de la résolution sur les jeunes adoptée par IndustriALL, sur un plan de campagne pour accroître l'implication des jeunes dans l'ensemble des activités syndicales, sur un renforcement des compétences des jeunes travailleurs et travailleuses pour en faire des négociateurs efficaces, et sur une campagne pour mettre fin à la violence et le harcèlement fondés sur le genre.

Pendant la pandémie de Covid-19, l'académie des jeunes s'est réunie en ligne pour discuter de l'évolution du monde du travail, des entreprises multinationales et des droits des travailleurs, des accords commerciaux et de la justice sociale, et de l'élimination de la violence fondée sur le genre.

"La continuité de l'académie des jeunes d'Asie du Sud-est a permis de mettre en place un réseau puissant d'activistes qui discutent et agissent collectivement. Nous prévoyons que ces futurs leaders syndicaux auront les capacités suffisantes pour gérer efficacement les syndicats et continuer à s'apporter un soutien mutuel,"

a déclaré Sarah Flores, la coordinatrice jeunesse d'IndustriALL Global.

La première réunion en présentiel a eu lieu du 13 au 16 mars à Manille, aux Philippines, et a rassemblé des jeunes travailleurs et travailleuses d'Indonésie, de Malaisie, de Thaïlande et des Philippines.

Les participants ont visité le monument Bonifacio et le Fort Santiago, s'inspirant du combat pour la libération des Philippines, faisant le lien entre l'histoire de leurs pays respectifs et l'activisme des jeunes et prenant conscience du grand rôle que jouent les jeunes dans l'agenda politique.

De retour à la salle de réunion, un débat dynamique s'est centré sur la notion de travail, les nouvelles formes de travail, la transition juste, l'organisation et les campagnes. Les jeunes syndicalistes ont également discuté de leurs politiques pour les jeunes.

"Nous devons continuer à organiser les jeunes travailleurs. Il faut que les syndicats élaborent des modules de formation à l'intention des jeunes et des campagnes de syndicalisation dans le but d'organiser dix pour cent au moins de tous les jeunes travailleurs et travailleuses du lieu de travail,"

a déclaré Intan Indria Dewi, la secrétaire du groupe de travail d'IndustriALL sur la jeunesse en Asie du Sud-est, Asie de l'Est et Pacifique.

Les participants ont décidé d'organiser une campagne sur les réseaux sociaux ainsi qu'une "flash mob" qui coïncidera avec la Conférence des jeunes d'IndustriALL Global du 19 juin.

"Les syndicats doivent faire en sorte que les jeunes travailleurs participent aux négociations qui détermineront leur avenir. Nous devons dispenser une formation à la négociation aux jeunes activistes. Il faut diffuser la résolution sur les jeunes après de tous les affiliés d'IndustriALL,"

a conclu Jean Faye Daguman, le coprésident du groupe de travail d'IndustriALL sur la jeunesse en Asie du Sud-est, Asie de l'Est et Pacifique.

Intensification des revendications pour la libération d’un syndicaliste malgache

Ils affirment que son arrestation et sa condamnation violent les droits de l’homme et les droits syndicaux qui sont protégés par la constitution et le code du travail de l’île. Elles violent également les normes internationales du travail, en particulier les droits à la liberté syndicale.

Sento, ouvrier de la confection et représentant des travailleurs et travailleuses d'E-toile, à Antananarivo, a été arrêté pour avoir rédigé un message sur les réseaux sociaux. Il s’agissait d’un rapport à ses collègues sur les résultats des réunions avec la direction. Selon Sento, les messages, que la direction lui a demandé de supprimer, concernaient des discussions sur l’amélioration de la mauvaise qualité de la nourriture dans l’usine, la formation sur le rôle de l’inspection du travail, conformément au code du travail, ainsi que les droits des travailleurs en matière de vacances, de jours de congé et de congés de maladie.

Sento, un délégué de Syndicalisme et Vie des Sociétés (SVS), affilié à IndustriALL, a été emprisonné le 28 août 2022 pour 12 mois et condamné à une amende de 400.000 Ariary (92 dollars). Il devrait être libéré à la fin du mois de mai 2023.

“Fin 2022, le Président de Madagascar a prononcé une grâce présidentielle pour les prisonniers. Le camarade Sento fait partie de ces bénéficiaires, avec une réduction de peine de trois mois. Cela réduit sa peine de 12 mois à 9 mois, mais le gouvernement malgache garde le silence. Même la demande de mise en liberté provisoire et d’appel du jugement, déposée par notre avocat, reste sans réponse”,

a déclaré le Secrétaire général du SVS, Barson Rakotomanga.

Les affiliés d’IndustriALL de la République démocratique du Congo, de l’Eswatini, du Gabon, du Ghana, du Nigeria et de la Zambie ont écrit des lettres au gouvernement malgache en solidarité avec SVS.

Les salariés du textile et de la confection ont déclaré que les employeurs du secteur sont connus pour dresser des listes noires de travailleurs et travailleuses licenciés afin de s’assurer qu’il ne leur sera pas possible d’être à nouveau employés dans le secteur. Les employeurs sont également connus pour donner d’horribles références, ce qui empêche que d’autres employeurs embauchent les travailleurs et travailleuses licenciés. Le fait d’avoir un casier judiciaire est pire parce qu’il sera utilisé pour victimiser Sento lorsqu’il sera libéré.

Le rapport 2023 de la Commission d’experts de l’OIT sur les conventions et recommandations demande au gouvernement de fournir des réponses quant à l’arrestation et la condamnation de Sento. La Commission prie le gouvernement de fournir ses commentaires sur ces graves allégations.

Dans une lettre adressée à ALSICO, qui s’approvisionne auprès d’E-toile, le Secrétaire général d’IndustriALL, Atle Høie, écrit ce qui suit :

“Nous dénonçons et protestons contre les graves violations des droits syndicaux dans le pays, comme en témoigne cet emprisonnement, et nous souhaitons exhorter ALSICO, E-toile SA et le gouvernement de Madagascar à prendre des mesures qui aboutiront à la libération immédiate du Camarade Sento Chang. Nous voudrions souligner auprès du gouvernement et d’E-toile SA l’importance de promouvoir une culture de dialogue social comme stratégie pour créer des relations de travail harmonieuses au lieu de recourir à l’intimidation, au harcèlement et à l’emprisonnement”.

Répression systématique en Biélorussie

Lors de sa session à Genève, le Conseil d’administration du BIT a de nouveau appelé le gouvernement de Biélorussie à respecter la liberté syndicale et à légaliser les syndicats indépendants ainsi que les organisations patronales.

Le Conseil d’administration a demandé instamment que tous les dirigeants et membres de syndicats emprisonnés pour avoir participé à des assemblées pacifiques ou mené des activités syndicales soient libérés et que toutes les charges retenues à leur égard soient abandonnées.

En outre, le Conseil d’administration a inscrit la Biélorussie à l’ordre du jour de la prochaine session de la Conférence internationale du travail, qui se tiendra en juin.

Le 17 mars, le Conseil des droits de l’homme des Nations unies a publié un rapport faisant état de violations généralisées et systématiques du droit international en matière de droits de l’homme en Biélorussie.

Dans ce rapport, le CDH exhorte le gouvernement biélorusse à “mettre fin à la répression systématique de ceux et celles qui sont perçus comme des détracteurs et à libérer immédiatement toutes les personnes détenues pour des motifs politiques”, concluant que “des violations flagrantes des droits humains sont commises dans tout le pays”.

Les défenseurs des droits de l’homme, les journalistes et les militants syndicaux ont été clairement pris pour cible dans ce que le rapport appelle une campagne de violence et de répression dirigée contre ceux qui expriment leur opposition.

“Le rapport du CDH suggère que les autorités biélorusses ne pourront pas simplement tourner la page. Le rapport offre l’espoir que tous les responsables de torture, de recours à la violence, y compris l’atteinte illégale à la vie et de nombreux cas de détention arbitraire, de mauvais traitements, ainsi que de violence sexuelle et sexiste, de violations des droits à la liberté d’expression, de réunion pacifique et d’association, de déni de procédure régulière et du droit à une égale protection de la loi, seront punis”,

a déclaré Maxim Pozniakov, Président du BNP, affilié à IndustriALL.

La campagne des autorités visant à réprimer les syndicats indépendants dans le pays est implacable. En mars, d’autres militants ont été arrêtés sur la base d’accusations forgées de toutes pièces.

“La communauté internationale met en lumière les violations commises en Biélorussie. Nous ne pouvons pas rester les bras croisés alors que nos camarades sont cruellement punis pour avoir exercé leurs droits fondamentaux”.

a déclaré Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL.

Au Pérou, les laboratoires SMA SAC intensifient la lutte antisyndicale

Les travailleurs du syndicat Laboratorios Smasac, qui est membre de la Fédération des travailleurs du secteur manufacturier et assimilés du Pérou (FETRIMAP-CGTP), elle-même affiliée à IndustriALL Global Union, est en butte à une discrimination syndicale incessante depuis sa création, en avril 2022.

Il y a peu, la secrétaire générale, Flor de María Aranda Surichaqui, a reçu un préavis de licenciement motivé par de fausses accusations de faute grave.

Laboratorios SMA SAC, une firme péruvienne de produits cosmétiques et autres produits de soins personnels et d'hygiène domestique, prétend qu'Aranda Surichaqui a trompé les adhérents sur ses discussions avec la direction.

Pour l'entreprise, la dirigeante a dit aux adhérents qu'ils n'auraient pas de répercussions s'ils participaient à la grève générale organisée par la Confédération générale des travailleurs péruviens (CGTP) le 9 février.

"C'est aberrant. La direction avait annoncé clairement qu'ils perdraient une journée de salaire s'ils décidaient de se mettre en grève, et ils ont choisi de le faire malgré tout,"

explique Tom Grinter, le directeur d'IndustriALL en charge du secteur de la chimie.

"La raison de cette menace de licenciement est claire : l'entreprise veut se venger parce que le syndicat a attiré l'attention de la communauté nationale et internationale sur ses pratiques en matière de travail. Le préavis est tombé juste une semaine après que des acheteurs multinationaux aient procédé à un audit sur le devoir de diligence pendant lequel ils ont posé des questions sur les relations entre la direction et le syndicat, et quelques jours à peine après une inspection des services de l'inspection du travail du Pérou."

Un des principaux acheteurs internationaux de Laboratorios SMA SAC est Unilever. Cette entreprise anglo-néerlandaise de produits de consommation a, avec IndustriALL, un mémorandum d'accord qui consacre le respect des droits syndicaux et reconnaît IndustriALL en tant qu'organisation représentative à l'échelon international. IndustriALL a informé Unilever de la situation au Pérou et Unilever répond maintenant à son devoir de diligence.

Selon la FETRIMAP-CGTP, cette menace de licenciement de la secrétaire générale est la dernière en date d'une longue série de violations des droits au travail, avec notamment de la discrimination antisyndicale, de l'ingérence dans les affaires du syndicat et le refus d'une négociation de bonne foi.

Pour la FETRIMAP-CGTP, Laboratorios SMA SAC impose des contrats temporaires plutôt que des contrats normaux et prive ainsi les travailleurs de leurs droits fondamentaux et de la liberté d'association notamment. Il viole aussi leurs droits fondamentaux à la santé et la sécurité au travail, notamment leur droit à connaître les risques du lieu de travail et à recevoir une formation et une éducation adéquates.

Les syndicats négocient une augmentation de 28 % du salaire minimum

La province du Pendjab a porté le salaire minimum de 25.000 PKR (88 dollars) à 32.000 PKR (113 dollars) pour les emplois non qualifiés à l’issue de la réunion tenue ce 20 mars à Islamabad par le Conseil provincial du salaire minimum, composé de représentants du gouvernement, d’employeurs et de syndicats. Le salaire minimum révisé entrera en vigueur dès que le gouverneur du Pendjab l’aura ratifié.

Avec une population de plus de 100 millions d’habitants, la province du Pendjab compte pour ses industries environ 10 millions de travailleurs et travailleurs employés dans 102 secteurs différents, dont le textile, la chimie et les mines, auxquels la révision des salaires s’appliquera. Les salaires des travailleurs et travailleuses semi-qualifiés, qualifiés et hautement qualifiés seront également augmentés pour atteindre 35.000 PKR (124 dollars).

La dernière révision du salaire minimum remonte à 2022. Les syndicats ont fait valoir lors de la réunion qu’en fonction de la montée en flèche des prix des produits de première nécessité, les salaires devaient être immédiatement augmentés pour refléter le taux d’inflation. L’inflation pakistanaise a atteint 31,5 % en février de cette année et l’inflation concernant les denrées alimentaires avoisine les 45 %, ce qui rend la vie des travailleurs et travailleuses extrêmement précaire.

En outre, le pays traverse une grave crise économique due à une pénurie de réserves de devises. Cette situation a gravement affecté l’industrie d’exportation, comme le secteur textile, qui connaît actuellement des pertes d’emploi massives.

Nadeem Parwaz, Secrétaire général de la PTGLWF, affiliée à IndustriALL, et membre de la commission du salaire minimum du Pendjab, a déclaré :

“La négociation réussie d’une augmentation salariale de 28 % est un grand succès pour les syndicats. Cela soulagera les travailleurs et travailleuses qui luttent actuellement pour satisfaire leurs besoins quotidiens dans un contexte d’inflation élevée. Nous espérons que d’autres provinces du Pakistan suivront cet exemple”.

Un syndicat indépendant signe une convention collective historique avec Saint-Gobain au Mexique

C'était la première fois depuis la création de l'usine de Saint-Gobain dans l'État de Morelos, au Mexique, il y a 24 ans, qu'un syndicat indépendant négociait une convention collective pour le compte de ses travailleurs. Ceux-ci ont toutes raisons de se réjouir : le processus de négociation fut une réussite et la nouvelle convention leur apportera de réels avantages.

Dans une déclaration officielle, le syndicat écrit :

"Nous avons obtenu un résultat historique dans la négociation collective et nous avons tenu notre engagement d'apporter des avantages tangibles à nos travailleurs."

Le syndicat a signé la convention collective le 4 mars, au terme d'une semaine de négociation. Elle doit maintenant être approuvée par les travailleurs de l'usine Saint-Gobain de la ville de Cuautla dans un scrutin libre, à bulletin secret et direct, suivant en cela les dispositions de la réforme du travail mexicaine de 2019.

L'accord prévoit une hausse des salaires de 9% et des prestations de 2%, deux taux supérieurs à l'inflation de 2023. Il aura effet rétroactif au 1er janvier 2023. Pour le syndicat, ces hausses amélioreront la qualité de vie des travailleurs. Parmi les autres grandes avancées :

Le Syndicat indépendant des travailleurs libres et démocratiques de Saint-Gobain Mexico avait obtenu le droit de représenter les travailleurs de l'usine par un scrutin en septembre 2022, l'emportant sur le Syndicat des travailleurs du verre, affilié à la Confédération des travailleurs et paysans, et qui avait négocié avec l'entreprise un accord de protection des salariés dans leur dos.

Pour finir, le secrétaire régional d'IndustriALL, Marino Vani, a déclaré :

"Nous félicitons le Syndicat indépendant des travailleurs libres et démocratiques de Saint-Gobain Mexico pour avoir conclu démocratiquement une convention collective qui profite réellement à ses travailleurs. Ils méritent d'être représentés par des syndicats qui négocient dans leur intérêt. C'est ce qui s'est passé à l'usine de l'État de Morelos au bout de 24 ans."