Les syndicats prient la Belgique de se pencher sur les activités de Sioen au Myanmar

Depuis le coup d'État militaire de février 2021, le Myanmar est devenu une dictature brutale qui a démantelé les institutions démocratiques et réprime les droits des travailleurs par la violence. Des syndicats ont été interdits, leurs leaders arrêtés ou contraints à l'exil et les travailleurs sont soumis à une surveillance constante, de l'intimidation et au risque d'être emprisonnés pour s'être exprimés ou organisés. Pour les syndicats, dans un tel climat de crainte, il est totalement impossible de promouvoir la liberté syndicale, la négociation collective ou les protections fondamentales du travail.

Malgré cela, Sioen continue de produire au Myanmar où elle emploie plus d'un millier de travailleurs. Pour les syndicats, fonctionner dans un régime militaire expose les travailleurs à de graves violations des droits de l'homme et va à l'encontre des responsabilités de l'entreprise au sens des normes internationales. Ils soulignent aussi que la poursuite des activités profite financièrement à la junte militaire par les taxes et autres versements, et soutient indirectement la répression. Selon les syndicats, Sioen ne s'acquitte pas de son devoir de vigilance en matière de droits humains, elle n'a pas de liens avec des organisations syndicales légitimes et ne fait rien pour protéger les travailleurs contre la répression.

"La situation au Myanmar rend une conduite responsable de l'entreprise impossible. Lorsque les travailleurs sont emprisonnés, les syndicats illégaux et que la crainte règne sur les lieux de travail, les entreprises ne peuvent prétendre poursuivre leurs activités comme si de rien n'était. La seule manière de respecter les normes internationales est de se désengager de manière responsable et veiller à ce que les travailleurs soient dûment protégés",

déclare Walton Pantland, le directeur d'IndustriALL en charge des campagnes.

La démarche est appuyée par les syndicats birmans CTUM et IWFM, actuellement en exil, et par des syndicats belges représentant les travailleurs de Sioen en Europe et présents dans la chaîne d'approvisionnement mondiale de l'entreprise. Le Myanmar n'étant pas membre de l'OCDE, les syndicats demandent aux autorités belges d'intervenir puisque Sioen a son siège social en Belgique et que c'est là que sont prises les grandes décisions affectant les travailleurs au Myanmar.

Les syndicats réclament une action d'urgence et responsable. Ils appellent Sioen à cesser ses activités au Myanmar en se désengageant de manière ordonnée et dans de bonnes conditions, en garantissant le versement de tous les salaires, des primes et indemnités, et dans le respect des normes internationales du travail. Ils demandent aussi au PCN belge de susciter un dialogue et d'aider à faire en sorte que l'activité de l'entreprise n'aggrave pas les souffrances mais promeuve au contraire les droits des travailleurs, leur dignité et leur sort à un moment des plus sombres de l'histoire du Myanmar.

"La poursuite des activités au Myanmar est inacceptable pour la Belgique, pour l'entreprise et pour ses travailleurs. Elle sape les valeurs démocratiques et témoigne d'un mépris flagrant pour les droits de l'homme. La masse des preuves recueillies ne laisse aucun doute : un retrait du Myanmar est la seule option responsable et défendable",

a déclaré Annelies Deman, secrétaire fédérale de l'AC-CG ABVV-FGTB.

Conventions collectives chez Renault Maroc

La cérémonie de signature a été présidée par Younes Sekkouri, Ministre de l’intégration économique, des petites entreprises, de l’emploi et des compétences, et Riadh Mezour, Ministre de l’industrie et du commerce. Mohamed Bachiri, Directeur général de Renault Maroc, y a assisté. Une délégation syndicale de l’UMT, conduite par son Secrétaire général, Miloudi Moukharik, et une délégation de la CDT, conduite par son Secrétaire général Khalid Alami Houir, étaient également présentes.

Cet accord améliorera les avantages sociaux et les conditions de travail des salariés. Il souligne également l’importance d’un dialogue permanent pour promouvoir les acquis des quelque 10.000 salariés et assurer le développement de l’entreprise. L’accord comprend également de nouvelles dispositions relatives à la transition juste, notamment en matière de sécurité de l’emploi grâce à la formation continue et à l’acquisition de compétences permettant de s’adapter aux technologies modernes et à l’automatisation.

L’accord concerne les travailleurs et travailleuses de l’usine Somaca de Casablanca, affiliés à la CDT, et de l’usine Renault de Tanger, affiliés à l’UMT, qui renouvellent l’accord pour la troisième fois consécutive. L’accord concerne également les travailleurs et travailleuses de Renault Commerce Maroc, affiliés à la CDT, par la signature de leur première convention collective.

IndustriALL a conclu un accord-cadre mondial avec Renault. Par cet accord, Renault s’engage à travailler avec ses fournisseurs pour garantir le respect des droits fondamentaux des travailleurs et des syndicats. Cette question a fait l’objet de plusieurs réunions entre les syndicats marocains et la direction de Renault en 2024 et 2025, ainsi qu’avec le Conseil syndical d’IndustriALL pour Renault en région MENA. IndustriALL mène également actuellement un projet sur la transition juste dans une usine Renault au Maroc, en collaboration avec l’entreprise et le syndicat.

Le Ministre de l’emploi, Younes Sekkouri, a déclaré : “Cet accord reflète l’approche du Maroc visant à trouver un équilibre entre les droits des travailleurs et les besoins de l’entreprise. Nous apprécions le dialogue social permanent au sein de l’entreprise en raison de son impact sur le capital humain, qui est essentiel à la réussite de l’entreprise.”

Le Ministre de l’industrie et du commerce, Riadh Mezour, a déclaré : “Ces accords visent à établir un cadre social solide et clair qui garantit les droits et les avantages des salariés et contribue à l’amélioration des conditions de travail au sein du groupe. Cette décision stratégique de Renault Maroc reflète son engagement ferme à renforcer son modèle social et sa confiance renouvelée dans la durabilité et l’efficacité du système industriel marocain.”

Miloudi Moukharik, Secrétaire général de l’UMT, a déclaré : “La convention collective est une revendication constante de l’UMT depuis la création de l’usine, compte tenu de son importance pour la défense des droits des travailleurs. Le droit du travail représente les normes sociales minimales et une convention collective est donc nécessaire pour améliorer la situation des travailleurs et travailleuses. Nous sommes fiers de cette convention collective exemplaire, qui réorganisera les relations entre les travailleurs, leurs représentants et la direction. En réponse à cet accord important, le bureau syndical et les ressources humaines devront motiver les travailleurs et travailleuses à accroître leur productivité et à garantir la qualité des voitures fabriquées au Maroc.”

Le Secrétaire général de la CDT, Khalid El Alami Houir, a déclaré : “La convention collective signée représente un changement qualitatif dans la structure des relations entre l’entreprise et ses salariés. L’accord garantit une meilleure protection des droits des travailleurs. Tout en tenant compte des droits des salariés, dans le même temps, il prend en considération les besoins de l’entreprise et de ses exigences en matière de compétitivité aux niveaux national et international. Un dialogue social permanent et responsable est un facteur important pour parvenir à une telle convention collective.”

Mohamed Bouchmal, Secrétaire général du syndicat UMT Renault Tanger et membre du conseil d’administration de la Fédération nationale de la métallurgie et des industries synthétiques métallurgiques et électroniques, FNMISME-UMT, a déclaré : “Cet accord constitue un exemple à suivre et nous appelons les autres entreprises à conclure des accords similaires, car les conventions collectives permettent de compenser les lacunes du droit du travail et permettent aux travailleurs et travailleuses d’obtenir de nouveaux avantages sociaux. L’accord-cadre entre IndustriALL et Renault a constitué une base importante pour la convention collective actuelle, qui prévoit un dialogue social durable.”

Mohamed Moufid, Secrétaire général du syndicat Renault Casablanca SOMACA-CDT et Secrétaire général du Syndicat national des industries de la métallurgie et de l’électromécanique, SNIME-CDT, a déclaré : “Cet accord marque une étape importante dans l’histoire du dialogue social et reflète la force du dialogue social au sein de l’entreprise et l’esprit de partenariat responsable.”

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Atle Høie, a déclaré :

“L’industrie automobile mondiale connaît actuellement une transformation majeure qui affecte les emplois et les conditions de travail. Nous félicitons les travailleurs et travailleuses, les syndicats et toutes les autres parties concernées pour cette importante réalisation, qui répond à cette transformation et est gérée avec sagesse grâce à un véritable dialogue social, conduisant à des accords qui maintiennent l’équilibre social et économique.”

Licenciements massifs dans l'industrie en Argentine

Le secteur manufacturier est un des plus durement touchés, d'après les chiffres du Centre d'économie politique argentin (CEPA). Notre affilié UOM indique que Whirlpool a fermé son usine de Pilar il y a quelques semaines, licenciant 220 travailleurs, tandis qu'à Santa Fe, un constructeur de motos a licencié 150 salariés ces derniers mois. En plus de ces pertes d'emplois directs, la situation de la métallurgie dans son ensemble affecte toute la chaîne d'approvisionnement, y compris les fournisseurs locaux dans plusieurs secteurs et sous-secteurs tels que les pièces pour automobiles ou les machines et équipements agricoles.

Le secteur textile est lui aussi en difficulté du fait de l'ouverture aux exportations et ne tourne qu'à 37 pour cent de ses capacités. Suivant les chiffres de la fondation Pro Tejer, 333 entreprises ont fermé entre décembre 2023 et août 2025, avec la perte de 14.000 emplois.

Le rapport d'octobre de l'INDEC, l'Institut national de statistique et du recensement, révèle aussi des reculs importants dans divers secteurs industriels comme l'habillement, le cuir et la chaussure (15,1 pour cent), le textile (24 pour cent), le caoutchouc et les plastiques (12 pour cent), la production métallique (8,1 pour cent), etc. Ce déclin d'un mois sur l'autre se retrouve aussi dans une baisse annuelle de 2,9 pour cent par rapport au même mois de 2024, année qui avait déjà connu une baisse notable par rapport à novembre 2023, dernier mois avant l'arrivée de l'actuel gouvernement.

D'après un article paru récemment dans le quotidien espagnol El País, 28 entreprises ferment en moyenne chaque jour en Argentine.

Le secrétaire régional adjoint d'IndustriALL Cristian Alejandro Valerio a déclaré :

"Le gouvernement répète les recettes néolibérales qui ont déjà échoué en Argentine et n'ont fait que dégrader le tissu industriel du pays, accroître encore sa dette extérieure et causer une profonde crise économique et financière. Selon le président lui-même, le plan du gouvernement se concentre sur trois secteurs, l'industrie minière, l'énergie et l'agriculture, comme moteurs de l'économie. Or, il est bien connu que ces secteurs ne demandent pas beaucoup de main-d’œuvre et ne suffisent évidemment pas pour donner du travail à tout le monde dans un pays de près de 50 millions d'habitants. C'est pourquoi nous, au bureau régional, sommes aux côtés de nos affiliés et de tout le mouvement syndical argentin dans leur combat pour préserver l'emploi et défendre le tissu industriel de la nation."

Les jeunes d’Asie-Pacifique approuvent la nouvelle structure jeunesse d’IndustriALL

Lors du forum virtuel de la jeunesse Asie-Pacifique qui s’est tenu le 11 décembre dernier, quarante-cinq syndicalistes ont salué le fait que l’attribution de deux sièges à des délégués de la jeunesse au Comité exécutif d’IndustriALL permettra aux jeunes de participer aux processus décisionnels. L’objectif de 30 % de participation des jeunes aux réunions et aux formations renforcera également leur statut au sein de l’organisation.

Les jeunes dirigeants syndicaux ont partagé leur expérience de la participation aux réunions statutaires régionales, aux activités de renforcement des capacités et aux formations sur les projets. Ils ont apprécié les deux groupes de travail sous-régionaux actuels qui offrent aux jeunes une plateforme pour échanger sur leurs problèmes, leurs défis et leurs visions.

Ils attendent avec impatience la possibilité de former un Comité régional des jeunes pour l’Asie-Pacifique, envisageant une plateforme efficace pour des échanges mutuels et des actions de solidarité sur les questions difficiles auxquelles sont confrontés les jeunes travailleurs et travailleuses.

Les jeunes syndicalistes se sont engagés à poursuivre leur campagne concernant le travail précaire, la sous-traitance rampante, les bas salaires, le changement climatique et l’évolution rapide du monde du travail.

Une réunion virtuelle du groupe de travail des jeunes d’IndustriALL en Asie du Sud-Est, Asie de l’Est et Pacifique a également eu lieu le 10 décembre dernier.

Le Secrétaire régional d’IndustriALL pour l’Asie du Sud, Ashutosh Bhattacharya, a déclaré :

“Les jeunes syndicalistes ne sont pas seulement l’avenir du mouvement syndical, ils en sont la force aujourd’hui. Leurs voix doivent être au centre de notre lutte pour un travail décent, l’égalité et la justice dans tous les secteurs. Les perspectives des jeunes ont été largement prises en considération entre 2021 et 2024 et ont fait l’objet de débats animés lors du Congrès en novembre. Ensemble, nous construisons et continuerons de construire un mouvement véritablement préparé en vue d’un avenir juste.”

Sanofi : renforcer le dialogue mondial par la voix collective des travailleurs

Le réseau a démontré son intérêt au cours de près de dix années d'existence. Pourtant, pour une entreprise mondialisée comme Sanofi, les participants ont convenu que des structures ad hoc ne suffisent plus. Ils ont lancé un message d'une seule voix : le temps d'un mécanisme structuré de dialogue mondial est venu.

Une solidarité entre les régions

Le représentant d'IndustriALL Tom Grinter a ouvert la réunion en souhaitant la bienvenue aux délégués du Japon, de Turquie, du Brésil, des Philippines et de toute l'Europe. Il a débuté en soulignant que Sanofi a reconnu IndustriALL en tant que partie prenante dans son dernier Document d'enregistrement universel. Cette reconnaissance est l'aboutissement d'années d'interaction, mais il est loin du dialogue mondial structuré qu'exige la dimension mondiale d'une entreprise comme Sanofi.

Tom Grinter a mis en avant la maturité du réseau, sa bonne organisation et le fait qu'il est prêt à passer à l'étape suivante.

"Une entreprise mondiale a besoin d'une structure mondiale de dialogue social. Le réseau est là. La relation est là. Il faut maintenant les formaliser."

Comprendre la réalité du changement

Aline Eysseric, la secrétaire du Comité d'entreprise européen (CEE) de Sanofi et coordinatrice de son réseau mondial, a résumé la transformation qu'a connue l'entreprise en 2024 et 2025. Le désinvestissement total d'Opelia, d'importantes délocalisations, réorganisations et suppressions d'emplois dans des pays tels que la Colombie et l'Espagne témoignent d'un basculement stratégique profond. S'agissant de la recherche et du développement, la recherche en oncologie a été abandonnée. Son orientation pour l'avenir est maintenant axée sur l'immunologie et les maladies rares, des choix qui vont reconditionner ses besoins et compétences pour la fabrication.

Aline Eysseric a aussi exprimé les préoccupations que suscite la nouvelle directive de l'entreprise concernant le télétravail, qui a fortement réduit la flexibilité des salariés.

"Les travailleurs s'adaptent à un changement énorme. Notre rôle, à l'échelon mondial comme local, est de veiller à ce que personne ne soit embarqué seul dans cette transformation."

Un moment stratégique pour le dialogue mondial

Le secrétaire général adjoint d'IndustriALL Kemal Özkan a replacé la réunion dans un contexte géopolitique et industriel plus large. Il a attiré l'attention sur le fait que, dans beaucoup de régions, le taux de syndicalisation est extrêmement faible dans l'industrie pharmaceutique, ce qui rend une action mondiale coordonnée essentielle. Il a insisté sur les pressions qu'engendrent les tensions commerciales à l'échelon mondial, les restructurations entre toutes les régions et l'érosion des capacités industrielles en Europe.

Kemal Özkan a souligné que la restructuration n'est pas un exercice technique mais un choix politique stratégique. Les travailleurs attendent donc de tous les processus de restructuration qu'ils soient menés en totale concertation et négociation avec leurs représentants. Il se félicite de la reconnaissance par Sanofi d'IndustriALL en tant que partie prenante tout en rappelant que le dialogue doit être structuré.

"Le dialogue ne peut pas reposer sur des personnes ou sur la bonne volonté. Les travailleurs ont besoin d'un mécanisme mondial structuré et fiable et Sanofi en a besoin aussi."

Travail décent et normes mondiales du travail

Les participants ont entendu une intervention de Shreya Goel, de l'Organisation internationale du travail (OIT), qui a mis en avant le mandat tripartite unique en son genre de l'OIT et l'importance du dialogue social pour garantir le travail décent. Elle a exposé les tendances mondiales dans le secteur pharmaceutique, avec l'automation, la transformation des compétences, la santé et la sécurité au travail et l'inégalité de genre.

Pour l'OIT, les travailleurs doivent participer à la gestion des transitions numérique et structurelle. Cela correspond parfaitement aux revendications d'IndustriALL pour une Transition juste et une implication étroite des syndicats dans toutes les restructurations et dans le changement technologique.

Pressions sur la production et nécessité d'une stratégie industrielle pour l'UE

Juan Jose Delgado, d'IndustriALL Europe, a exposé la situation des travailleurs de l'industrie pharmaceutique sur le continent. Il a mentionné tout particulièrement les pertes d'emplois des deux dernières décennies, les pressions de la politique commerciale des États-Unis et le besoin d'une stratégie industrielle européenne forte qui protège les qualifications et l'emploi de qualité.

Il a aussi exprimé les préoccupations que soulèvent les tentatives d'affaiblissement de l'Europe sociale, avec notamment les attaques contre la directive européenne sur le devoir de vigilance des entreprises en matière de durabilité et d'autres normes sur le travail. Juan Jose Delgado a insisté sur la nécessité d'une riposte coordonnée pour défendre les droits des travailleurs et orienter les prochaines initiatives européennes concernant les médicaments critiques et la biotechnologie.

La direction de Sanofi s'adresse à la réunion mondiale

La direction de Sanofi a présenté deux grandes initiatives : le programme Speak Up et le Bureau de l'Ombuds, un service interne. Tous deux ont pour but d'améliorer la sécurité psychologique, l'équité et le règlement des conflits au premier stade. Le réseau syndical se félicite de ces initiatives tout en soulignant qu'elles doivent compléter, et non remplacer les structures syndicales existantes et les comités d'entreprise. Les participants ont aussi soulevé la question du déséquilibre des forces et de la crainte des représailles. La direction a précisé que le programme est conçu pour appliquer les normes de manière équitable à tous les échelons, y compris celui des dirigeants.

Sanofi a également présenté son programme Cancer et Travail. Les délégués ont convenu de l'importance d'un soutien aux travailleurs pendant les périodes de maladie par la sécurité de l'emploi, la flexibilité et le soutien des collègues.

La direction de Sanofi a présenté sa nouvelle Labour Relations & Social Dialogue Position Statement qui réaffirme la liberté syndicale et le droit d'organisation. Les syndicats voient dans cette déclaration une étape importante, mais ils soulignent toutefois qu'une déclaration doit être suivie des nécessaires structures pour rendre le dialogue efficace dans la pratique.

Rapports mondiaux : les voix des travailleurs du monde entier

Des délégués du Japon, de Turquie, du Brésil, d'Italie, des Philippines, de Grèce et d'ailleurs ont présenté leurs bilans nationaux en matière de négociation collective, de restructuration, de conditions de travail et de grands changements organisationnels. Ces rapports ont mis en lumière les succès enregistrés dans la négociation, les préoccupations quant à la sécurité d'emploi et le besoin de canaux renforcés pour aborder les questions qui transcendent les frontières nationales.

Ces échanges ont montré clairement que de nombreux défis sont de nature globale tandis que les mécanismes existants sont régionaux ou locaux. Ce fait a renforcé la conclusion centrale de la réunion.

Une conclusion commune : le besoin d'engagement, de préférence un Accord-cadre mondial

Après d'intenses discussions, un message uni s'est dégagé : Sanofi et ses syndicats ont besoin d'une structure mondiale formelle pour le dialogue social, qui serait de préférence inscrite dans un Accord-cadre mondial.

Le réseau syndical mondial est solidement implanté et a produit des résultats depuis près de dix ans. Mais il manque un cadre qui assurerait un dialogue mondial soutenu, une pleine participation des syndicats et une solution structurée pour aborder les problèmes dans une entreprise qui se mondialise de plus en plus.

Renforcer la voix des travailleurs de Sanofi dans le monde entier

La réunion s'est achevée sur un sentiment puissant de solidarité globale et de détermination. Les travailleurs de tous les continents sont prêts à s'engager de manière constructive et à bâtir une relation mondiale forte avec Sanofi.

"Nous avons démontré qu'une coopération mondiale fonctionne. L'étape suivante consiste à l'ancrer de manière formelle, de sorte que le travailleur de Sanofi, où qu'il soit dans le monde, puisse faire entendre sa voix,"

a déclaré Aline Eysseric.

"Un dialogue structuré, avec son personnel syndiqué, est un atout de taille pour une entreprise multinationale comme Sanofi. Il est un gage de prévisibilité, de transparence et de partage de la responsabilité. C'est ce dont a besoin une entreprise mondiale,"

a déclaré Kemal Özkan.

Le réseau syndical mondial a quitté Paris plus uni que jamais. Les fondements sont en place et la dynamique est claire. La prochaine étape nécessitera un engagement de part et d'autre pour mettre en place un cadre mondial formel qui rend compte de la réalité de Sanofi aujourd'hui et assure un canal adéquat pour le dialogue.

Le NUMSA réclame l’intervention des organismes de prêt publics dans la crise sidérurgique

Le NUMSA, affilié à IndustriALL, qui représente plus de 80 % des membres de SASM et la majorité des membres d’AMSA, a remis un mémorandum à l’organisme public de financement du développement, principal créancier dans les deux cas. Le syndicat a donné à l’IDC jusqu’au 12 décembre pour répondre.
 
Chez SA Steel Mills, qui a été placée en redressement judiciaire en juillet 2024, les travailleurs ont presté pendant des mois sans être payés ou avec des salaires irréguliers. Le syndicat affirme que le processus a été affecté par des retards et un manque de transparence. Le NUMSA privilégie les soumissionnaires qui offriront une protection aux travailleurs conformément à l’article 197 de la loi sur les relations de travail. En outre, le NUMSA exige des calendriers contraignants pour la création d’emplois, la réembauche prioritaire du personnel existant et la création d’un forum conjoint de surveillance entre les syndicats et l’IDC.

“Le NUMSA ne restera pas silencieux alors que les travailleurs sont traités comme une considération secondaire dans un processus qui affecte directement leur vie, leur famille et leur communauté. Les travailleurs de SASM sont privés depuis longtemps d’un revenu et d’une sécurité adéquats. L’IDC, en tant que partie prenante et bailleur de fonds clé, doit intervenir de manière décisive et agir conformément à son mandat de développement”,

a déclaré Andrew Chirwa, Président du NUMSA.

Un tribunal du travail a récemment ordonné à l’AMSA de réintégrer plus de 3.500 travailleurs concernés et de leur verser leurs arriérés de salaire, mais l’entreprise a fait appel de cette décision et a refusé de payer les salaires dans l’intervalle, laissant les travailleurs et leurs familles sans revenu pendant la période des fêtes. Le syndicat affirme qu’il y a une mauvaise gestion au sein de l’AMSA qui, malgré les milliards de rands d’aide publique reçus par le passé, refuse de payer les travailleurs.

“Les travailleurs sont punis par la direction de l’AMSA parce que le syndicat les a traduits en justice. Ils utilisent les travailleurs pour contraindre l’État à leur donner plus d’argent, mais ils ne donnent rien en retour aux travailleurs”,

a déclaré le NUMSA dans sa requête.

Les revendications du syndicat auprès de l’IDC concernant l’AMSA comprennent une aide financière immédiate pour les travailleurs licenciés, la nationalisation de l’entreprise et son retour à la propriété exclusive de l’État. En outre, le syndicat soutiendra les acheteurs qui tiendront compte des revendications des travailleurs et d’un audit indépendant des actifs, ainsi que des mesures visant à mettre fin à tout nouveau démantèlement des usines, comme l’ont observé les délégués syndicaux du NUMSA.

Patrick Correa, Directeur pour l’ingénierie mécanique et les métaux de base auprès d’IndustriALL, a déclaré :

“Nous soutenons les revendications du NUMSA en matière de protection du travail et les initiatives visant à sauvegarder des emplois dans l’industrie sidérurgique d’Afrique du Sud et nous exhortons l’IDC à répondre rapidement à la requête du syndicat.”

L’industrie sidérurgique primaire d’Afrique du Sud a perdu des milliers d’emplois directs en raison des coûts élevés de l’électricité, des goulets d’étranglement logistiques ferroviaires et portuaires et des importations bon marché, tandis que des centaines de milliers d’emplois sont menacés tout au long de la chaîne de valeur.

Photos : NUMSA

Un tribunal kényan confirme les droits syndicaux

Le conflit a débuté en juillet 2025 lorsque la direction de Springtech, dans ce que le syndicat a qualifié de tentative délibérée de faire échouer une campagne de syndicalisation, a exigé que les salariés nouvellement syndiqués démissionnent de l’AUKMW. Onze travailleurs qui ont refusé de céder ont organisé un bref piquet de grève dans l’atelier, ce qui a conduit à leur arrestation par la police pour violence, des accusations qui ont ensuite été abandonnées par le procureur, faute de preuves. L’employeur a simultanément suspendu les travailleurs et suspendu le versement des cotisations syndicales collectées par le biais du système de prélèvement à la source, perturbant ainsi le processus de conciliation en cours. L’AUKMW a demandé et obtenu une décision en urgence qui a bloqué tout nouveau licenciement.

Dans un jugement rendu ce 8 décembre, le juge M. Mbaru du tribunal de Mombasa a statué que les salariés bénéficient d’une protection constitutionnelle explicite en vertu de l’article 41 pour adhérer à un syndicat ou participer à des activités syndicales légales, que ce soit en dehors des heures de travail, avec ou sans le consentement de l’employeur. Le juge a estimé que le licenciement pour ces motifs constituait une pratique déloyale en vertu des sections 46(c) et (d) de la législation sur l’emploi.

Le tribunal a ordonné à Springtech d’accorder au syndicat un accès immédiat au lieu de travail pour le recrutement jusqu’à ce qu’il obtienne la majorité simple de la main-d’œuvre, le seuil requis par la loi kényane pour la reconnaissance officielle, et de reprendre le prélèvement et le versement des cotisations dans un délai de 30 jours. Les 11 travailleurs suspendus doivent reprendre le travail immédiatement et recevoir l’intégralité de leur salaire rétroactif à compter du 15 juillet 2025.

Saluant ce jugement, Rose Omamo, Secrétaire générale de l’AUKMW et Vice-présidente d’IndustriALL, a déclaré :

“Cela rappelle opportunément aux employeurs que les droits de se syndiquer et de participer à des activités syndicales sans intimidation ni harcèlement sont fermement inscrits dans la Constitution et le droit du travail.”

Elle a ajouté que cette décision ouvrait la voie au syndicat pour atteindre le nombre d’adhérents nécessaire à sa reconnaissance légale dans l’usine.

Cette affaire est la dernière d’une série de victoires remportées devant les tribunaux du travail par l’AUKMW et d’autres syndicats, qui renforcent les droits syndicaux dans les zones de fabrication et de transformation du Kenya destinées aux exportations, où les employeurs recourent à des licenciements abusifs et à d’autres tactiques antisyndicales pour contrecarrer la syndicalisation.

Les travailleurs et travailleuses de GSK créent leur premier réseau syndical mondial

“Cette réunion montre ce qu’il est possible de faire lorsque les travailleurs et travailleuses refusent de rester isolés”,

a déclaré, en ouvrant la session, Tom Grinter, Directeur pour le secteur auprès d’IndustriALL.

“La direction agit à l’échelle mondiale, les travailleurs et travailleuses doivent donc eux aussi s’organiser à cette même échelle. Aujourd’hui, nous commençons à mettre en place la structure qui permettra à tous les travailleurs et travailleuses de GSK, quel que soit leur pays, de se faire entendre.”

Le Président du Comité d’entreprise européen (CEE), Denis Suire, a fait écho à ce message, soulignant que les syndicats se battent depuis longtemps pour établir des liens au-delà de l’Europe :

“Pendant des années, nous savions qu’il y avait des problèmes au Pakistan, en Asie, en Amérique latine, mais nous n’avions aucun espace officiel pour les aborder. Aujourd’hui marque le début de quelque chose de nouveau, une famille mondiale de syndicats GSK qui va se serrer les coudes.”

Pourquoi maintenant ? Une entreprise transformée par des évolutions

Les participants ont débuté la réunion en examinant la situation mondiale : les effectifs de GSK ont diminué dans toutes les régions et pour toutes les fonctions, alors même que les bénéfices augmentaient. Une restructuration majeure a touché le Royaume-Uni, la Belgique, l’Italie et les États-Unis, avec des changements dans la production, la transformation numérique, l’externalisation et la généralisation de nouveaux modèles opérationnels qui ont soumis les travailleurs et travailleuses à une pression intense. Avec seulement 32 % des effectifs couverts par des conventions collectives et une représentation syndicale inégale à l’échelle mondiale, le besoin d’une coordination internationale plus forte est devenu urgent.

Dans ce contexte, les syndicats sont convenus qu’une structure mondiale n’était plus une option, mais une nécessité.

Une carte mondiale de la réalité des travailleurs et travailleuses

La réunion a principalement porté sur l’échange d’informations actualisées provenant des syndicats du monde entier, révélant à la fois des points communs et des défis locaux uniques.

Europe : force, restructuration et besoin de cohérence

Au Royaume-Uni, les syndicats ont décrit un paysage industriel marqué par l’austérité, l’instabilité politique et les pressions post-Brexit. Les activités au Royaume-Uni de GSK sont confrontées à l’incertitude liée à l’évolution des investissements, aux droits de douane et aux restructurations constantes. Les participants ont ajouté des informations détaillées sur les défis liés à la transparence et à la protection des travailleurs.

En Belgique, autrefois l’une des bases les plus solides de GSK, les réductions d’effectifs se poursuivent à mesure que les rôles et la production se déplacent vers les États-Unis. Les syndicats ont souligné la nécessité de contrats de travail stables et d’une répartition équitable du travail, mettant en évidence les pressions géopolitiques croissantes.

Les délégués de France ont partagé leur expérience en matière de négociation d’accords unifiés entre les différents sites, garantissant la cohérence des salaires ainsi que les mesures d’égalité entre les sexes et utilisant les fonds sociaux pour soutenir le bien-être des travailleurs, démontrant ainsi la valeur de systèmes de relations sociales solides et structurés.

En Hongrie, le syndicat a expliqué comment sa convention collective garantit des protections solides, des primes, des rémunérations supplémentaires pour les tâches difficiles, des fonds culturels, mais a également décrit l’immense pression créée par les réductions d’effectifs et l’augmentation des exigences de production dans le cadre du modèle opérationnel standard.

Les représentants polonais ont souligné la forte coopération entre les employeurs et les syndicats dans le domaine des activités sociales, mais ont insisté sur la nécessité de protéger la représentation démocratique des travailleurs au sein du Comité d’entreprise européen, en veillant notamment à ce que les sièges polonais soient occupés par des travailleurs et travailleuses élus.

Alors que les échanges se déplaçaient vers l’est, les participants ont souligné comment les inégalités structurelles et la fragmentation du paysage syndical aggravent les difficultés rencontrées par les travailleurs et travailleuses.

Asie : fragmentation, inégalités et coût de la désunion

La situation au Pakistan a illustré pourquoi un réseau mondial est indispensable. Avec quatre conventions collectives distinctes affaiblissant l’unité des travailleurs, une main-d’œuvre externalisée, des inégalités entre les sites, des licenciements collectifs non résolus remontant à 2014 et l’incapacité à fournir des fonds statutaires, les participants ont considéré le cas du Pakistan comme l’un les plus urgents nécessitant un soutien international coordonné.

En Indonésie, les syndicats ont décrit les conséquences de la scission entre GSK et Haleon, qui a entraîné une réduction drastique du nombre d’adhérents et n’a laissé qu’une poignée de travailleurs représentant GSK sur le site de Pulogadung. Les questions salariales et les pressions liées à l’externalisation restent des préoccupations majeures qui nécessitent une escalade au niveau mondial.

Dans l’ensemble de l’Asie, les participants ont souligné que le modèle opérationnel standard, déployé à l’échelle mondiale, crée des risques pour la sécurité, une charge de travail plus importante et des problèmes opérationnels qui doivent être traités avec GSK au niveau mondial.

Amérique latine : sous-traitance et égalité des sexes

Les délégués brésiliens ont signalé le recours croissant à la sous-traitance, les grands acteurs pharmaceutiques, dont GSK, délocalisant leur production vers des installations tierces. Les initiatives en matière d’égalité des sexes progressent conformément aux exigences gouvernementales, bien que les tendances en matière de restructuration reflètent celles observées en Amérique du Nord.

Amérique du Nord : négocier sous la menace

En ce qui concerne le Canada, les représentants du SCFP ont décrit des négociations difficiles dans le contexte d’une restructuration de 15 % menée par GSK. Bien qu’il s’agisse d’un important producteur de vaccins contre la grippe et qu’il emploie des centaines de travailleurs et travailleuses hautement qualifiés, le site est constamment menacé de fermeture et soumis à des pressions pour accorder des concessions sur les salaires et les droits liés à l’ancienneté. Le manque de transparence de la direction a été un thème récurrent.

Les activités en tant que telles ont également été évoquées dans la discussion au plan mondial, les délégués soulignant l’expansion massive de 30 milliards de dollars de l’entreprise aux États-Unis et ses conséquences sur la sécurité de l’emploi dans d’autres régions.

Une vision commune : de l’isolement au pouvoir collectif

Chaque région, malgré des situations différentes, a exprimé le même message : les travailleurs et travailleuses de GSK ont besoin les uns et les unes des autres.

Julie Blondeel, Coordinatrice du CEE de GSK, s’est réjouie de la création d’un espace où les expériences, les stratégies et les solutions peuvent enfin être partagées au-delà des frontières. Elle a conclu en déclarant :

“La direction est mondiale. La restructuration est mondiale. Notre solidarité doit donc être mondiale elle aussi.”

Construire l’avenir : les prochaines actions du réseau

Au terme d’une discussion collective, les syndicats se sont mis d’accord sur des priorités concrètes qui guideront la prochaine phase du réseau.

Le réseau syndical mondial IndustriALL GSK va :

engager des discussions avec GSK sur la création d’un Comité d’entreprise syndical mondial, dans le cadre d’une stratégie mondialisée en matière de relations sociales,

rechercher le dialogue sur les cas urgents, notamment :

soumettre une demande d’informations détaillées à GSK concernant les données sur la main-d’œuvre, la stratégie et les performances pays par pays,

promouvoir la santé et la sécurité au travail en tant que pilier central de l’agenda mondial,

exprimer une solidarité active avec la campagne d’Unia pour défendre 700 emplois chez Novartis, les participants signant une pétition de solidarité et s’engageant à continuer à apporter leur soutien.

“Ce n’est que le début”,

a conclu Tom Grinter.

“Pendant trop longtemps, les travailleurs de GSK ont dû relever des défis mondiaux avec des outils locaux. Aujourd’hui, nous choisissons de construire quelque chose de plus grand, quelque chose qui nous appartient à tous. Nous ne nous contentons pas de réagir au changement, nous façonnons l’avenir.”

Un nouveau chapitre pour les travailleurs et travailleuses de GSK dans le monde entier

La réunion de Paris, était plus qu’un simple rassemblement, elle a posé les bases d’un nouveau mouvement mondial au sein de GSK. Les travailleurs et travailleuses sont repartis avec la conviction commune que la solidarité transfrontalière est la meilleure protection contre les restructurations, l’externalisation et l’insécurité.

Comme l’a déclaré l’un des participants à la fin de la réunion :

“Nous sommes arrivés en tant que syndicats distincts. Nous repartons en ayant tous le même discours au plan mondial.”

Les 16 journées d'action sont terminées, mais pas notre combat

Par Christine Olivier, secrétaire générale adjointe d'IndustriALL

Cette année, dans toutes les industries et sur tous les continents, les syndicats ont été confrontés à la violence et au harcèlement basés sur le genre (VHBG) sous toutes ses formes, y compris une des plus répandues et des plus insidieuses : la violence technologique. Ils ont organisé, éduqué, négocié, formé et amplifié la voix des survivantes.

Voici quelques exemples d'actions entreprises par nos affiliés cette année qui nous rappellent pourquoi nous nous battons et pourquoi nous devons continuer.

Arménie : l'accent sur la violence numérique et l'application de la C190

Le Syndicat de la Branche républicaine des travailleurs de l'industrie d'Arménie a rejoint la campagne d'UNITE pour la fin de la violence numérique envers les femmes et les jeunes-filles dans un séminaire marquant qui a rassemblé 19 organisations membres.

Le Syndicat de la Branche républicaine des organisations syndicales de travailleurs de l'industrie d'Arménie

Le syndicat sonne l'alarme devant le harcèlement par voie technologique, les menaces en ligne, le harcèlement, la diffusion d'informations personnelles et il relie son action à la récente ratification, par l'Arménie, de la convention 190 de l'OIT. Sa volonté de relèvement des politiques, de sensibilisation et de sécurisation des lieux de travail numériques constitue une grande première pour la région.

Pakistan : sensibilisation et engagement des travailleurs

Au Pakistan, les affiliés ont eu des discussions et des réunions avec des travailleurs et des membres pour faire la lumière sur la VHBG. Ces échanges sereins et continus, qui ont généré un contexte sûr, renforcé la confiance, rompu le silence, sont la base sur laquelle se bâtissent des mécanismes de signalement plus forts et des lieux de travail plus sûrs.

Allemagne : faire barrage au harcèlement par une campagne audacieuse, systémique

L'enquête menée par l'IGBCE a révélé des chiffres alarmants :

KlarkantIGBCE

Il a réagi par le lancement de l'énorme campagne KlarkantIGBCE et sa tolérance zéro pour le sexisme et le harcèlement sexuel. Il a créé des outils pour les travailleuses, soutenu des comités d'entreprise, fourni des clauses-type pour la négociation, des études et des mesures de sensibilisation figurant dans toutes ses manifestations et formations des effectifs. 

C'est ainsi qu'on suscite un changement de culture : par la clarté, le courage et le changement systémique. 

Israël : dénoncer la violence technologique et faire entendre la voix des survivantes

Na'amat, le mouvement des femmes de l'Histadrout, a consacré sa conférence annuelle à la violence technologique envers les femmes, qui va des images intimes générées par IA à la surveillance numérique et au contrôle coercitif. 

Des témoignages d'experts ont montré comment la violence évolue avec la technologie et pourquoi les protections doivent évoluer elles aussi. 

L'activiste Shira Isakov 

Une des contributions ayant le plus marqué fut celle de la survivante de violence domestique et activiste Shira Isakov, qui a courageusement raconté la tentative de meurtre dont elle a survécu et son choix pour la vie. Son courage, qui a transformé un traumatisme en activisme et en combat législatif, symbolise la force et la résistance des travailleuses partout dans le monde.

Mexique : le SITIMM promeut le leadership, la prévention et la négociation collective

Au Mexique, le syndicat de la métallurgie, de l'automobile et des industries connexes, SITIMM, a pratiqué une démarche multicouches pendant les 16 journées :

En poursuivant son Diplomado de Desarrollo y Liderazgo de la Mujer Trabajadora, intégrant la VHBG, le leadership et l'autonomisation dans sa formation de longue durée pour travailleuses;

En exposant des affiches dans 170 lieux de travail où le SITIMM a des conventions collectives, pour faire en sorte que tous les travailleurs voient le message disant que la violence et le harcèlement n'ont pas leur place sur le lieu de travail;

En reprenant dans leurs programmes de négociation des revendications pour l'ajout, dans toutes les conventions collectives, de protocoles tenant compte des considérations de genre et de mécanismes de réaction d'urgence.

C'est la puissance des syndicats en action : éducation, sensibilisation et engagements contraignants par la négociation collective.

Ensemble, ces actions montrent la force de notre mouvement

En Arménie, au Pakistan, en Allemagne, en Israël et au Mexique,nos affiliés ont lancé des actions qui reflètent le cœur de notre mission :

Beaucoup utilisent les outils d'IndustriALL, comme notre trousse d'outils sur la VHBG, le guide pour la négociation de la C190 et nos matériaux sectoriels sur l'égalité, ce qui prouve que le partage de ressources peut alimenter la force collective.

Nous ne sommes pas à la fin, mais bien au recommencement

La VHBG n'aura pas disparu le 10 décembre.

Les survivantes auront encore besoin de soutien.

Les inégalités sur le lieu de travail ne se mettent pas en pause.

La fin des 16 jours devrait renforcer notre détermination à agir plus activement encore :

À nos affiliés : vous construisez le travail sûr de demain

Nos actions, dans les ateliers de formation, les usines, les universités, les salles de conférence, les sièges des syndicats et les espaces numériques, changent les vies des travailleuses.

Vous prouvez, chaque jour, que la violence n'est pas inévitable.

Le silence n'est pas acceptable.

Et les syndicats sont essentiels.

Alors que se clôturent les 16 journées d'activisme de cette année, je tiens à proclamer clairement :

Nous n'en avons pas terminé.

Nous ne renonçons pas.

Et nous n'arrêterons pas tant que toutes les femmes, sur tous les lieux de travail, partout, ne seront pas en sécurité et à l'abri de la violence et du harcèlement.

Un webinaire pour les investisseurs souligne les inquiétudes croissantes concernant le travail chez Next plc

Khaing Zar, la présidente de la Fédération des travailleurs de l'industrie du Myanmar, a résumé sans complaisance la situation sous le régime militaire et les risques que courent ceux qui s'approvisionnent dans ce pays.

"Le Myanmar est frappé par une catastrophe humanitaire de grandes dimensions qui a des répercussions régionales … Il faudrait que les marques montrent qu'elles peuvent empêcher ces violations, mais c'est impossible, c'est pourquoi les entreprises doivent quitter ce pays."

Sa mise en garde vient de ce que Next continue de se fournir au Myanmar alors même que les travailleurs et les syndicats demandent aux multinationales de se retirer. L'OIT ayant invoqué en juin l'article 33 de sa Constitution – le plus haut degré de sanction de l'Organisation – ses mandants devraient prendre des mesures pour lutter contre ces graves violations, éventuellement en mettant fin à leurs relations commerciales. Outre la dégradation de son image, Next s'expose à des risques opérationnels et judiciaires que ferait courir l'acquisition de vêtements confectionnés en ayant recours au travail forcé au Myanmar, un danger qu'avait souligné le gouvernement américain en 2024.

Le webinaire a aussi mis en lumière les tensions qui montent au Sri Lanka. Anton Marcus, secrétaire général du Syndicat des salariés des zones franches & des services généraux (FTZGSEU), a relaté la fermeture brutale, en mai, d'une usine de sa filiale à 100%, Next Manufacturing Ltd (NML), dans la zone franche de Katunayakeoù plus de 1.400 travailleuses et travailleurs ont été licenciés par texto et expulsés de l'usine. Elle était la seule, au Sri Lanka, à avoir un syndicat et une convention collective.

"Plus de 1.200 travailleurs sont à la rue, encore plus désemparés après les dévastations causées par le cyclone. La seule chose juste à faire par Next serait de rouvrir l'usine,"

a-t-il déclaré, soulignant qu'auparavant ils entretenaient de bonnes relations.

Ces litiges internationaux surviennent alors que Next, une des plus grandes enseignes du Royaume-Uni en termes de capitalisation boursière, publie des résultats financiers sans précédent, dépassant le milliard de livres sterling (1,33 milliard $) de bénéfices alors que d'autres se débattent dans les difficultés. Ses détracteurs l'accusent de faire passer le profit avant les gens.

Les pratiques salariales de Next sont devenues un sujet qui fâche dans deux marchés essentiels. Au Cambodge, elle reste la dernière enseigne de l'initiative ACT on Living Wages à n'avoir toujours pas signé un accord contraignant déclarant que la négociation collective est la condition du salaire vital, revenant ainsi sur de précédents engagements pris dans le cadre de ce programme. Entretemps, au Royaume-Uni, Next est sur la sellette pour avoir refusé de verser un salaire vital à ses 40.000 salariés. Une résolution des actionnaires déposée en mai lui demandait de révéler combien de salariés et de contractuels travaillant régulièrement hors site gagnent moins que le salaire vital; elle a obtenu 27 pour cent des voix, un score élevé inhabituel pour une proposition sur une question de travail. Quoi qu'il en soit, le P-DG de Next l'a balayée d'un revers de main, disant que son personnel est composé en majorité de femmes et de jeunes qui ne sont pas des soutiens de famille.

Dans ses remarques aux investisseurs, le secrétaire général d'IndustriALL, Atle Høie, a déclaré que les revirements de cette entreprise dans de nombreux pays deviennent particulièrement préoccupants.

"IndustriALL a eu de bons rapports avec Next pendant des années, mais les choses se sont dégradées de manière inexplicable. Il est difficile de dire pourquoi, mais cela devrait inquiéter ses investisseurs."

IndustriALL a aussi publié à l'intention des investisseurs un dossier fournissant des informations détaillées sur chaque cas.

Photo : Travailleuses et travailleurs licenciés au Sri Lanka, juillet 2025