Les syndicats ukrainiens s’engagent pour la paix et la reconstruction

Cette rencontre a eu lieu juste avant la réunion sous-régionale pour l’Est d’industriAll Europe. Les syndicats affiliés de Pologne, de République tchèque, de Slovaquie, de Hongrie et de Slovénie ont accueilli leurs camarades ukrainiens.

Les participants ont discuté des violations des droits de l’homme et des droits du travail dans les régions de l’Ukraine occupées par la Fédération de Russie. Des représentants de la mission de surveillance des droits de l’homme en Ukraine ont assisté à la réunion et ont partagé leur expérience de travail sur la meilleure façon de signaler les violations des droits syndicaux.

Casper Edmonds du département des politiques sectorielles (SECTOR) de l’OIT et Gocha Aleksandria du Bureau des activités pour les travailleurs de l’OIT (ACTRAV) ont participé à la réunion pour échanger sur les violations des droits des travailleurs concernant la liberté syndicale, le travail forcé et un environnement de travail sûr et sain.

“La guerre, l’occupation et l’agression de la Russie en Ukraine ont un impact négatif considérable sur l’économie de notre pays, et nous nous réjouissons de l’occasion qui nous est donnée, lors de cette réunion, de discuter des problèmes et de trouver des moyens de les résoudre”,

a déclaré Valeriy Matov, Président du Syndicat des travailleurs de l’énergie nucléaire Atomprofspilka.

Dans le secteur des machines agricoles, de nombreuses entreprises ont été détruites et ont vu leur logistique et leurs ventes bloquées. Dans le secteur de l’énergie, les infrastructures ont été délibérément détruites par des tirs d’artillerie, des bombardements et des drones, mais les travailleurs et travailleuses du secteur de l’énergie ont réussi à réparer les sous-stations et les lignes électriques, au péril de leur vie, dans des conditions extrêmement difficiles.

Dans le secteur du pétrole et du gaz, les entreprises ont été les premières à être détruites au début de la guerre et de nombreuses installations de stockage de pétrole et de produits pétroliers ont été incendiées. De même, vingt-et-une entreprises pétrochimiques ont été détruites, entraînant des risques élevés de catastrophes environnementales.

Avec cinq centrales, le secteur de l’énergie nucléaire a été une cible privilégiée et la centrale de Tchernobyl a été saisie, tandis que celle de Zaporijia, la plus grande d’Europe, est occupée. Les forces russes auraient pris le contrôle de la centrale et maltraité les travailleurs. Sur les 11.000 salariés que comptait la centrale avant la guerre, il n’en reste plus que 1.200.

Le secteur du charbon a connu de nombreuses difficultés et dans les régions de Donetsk et de Louhansk, dix mines ont été détruites. Le 21 novembre 2022, environ 2.000 mineurs sont restés sous terre au milieu des bombardements et des coupures d’électricité. 40 % de l’industrie sidérurgique ukrainienne a disparu et les usines sidérurgiques Azovstal et Ilyich à Marioupol ont été détruites. Avdiivka Coke, dans l’oblast de Donetsk, qui abrite la plus grande cokerie d’Europe, est encerclée par les forces russes.

Les participants se sont engagés à continuer à rapporter tous les faits aux agences internationales afin de défendre leurs membres sur le terrain. IndustriALL Global Union et industriAll Europe coopéreront avec l’OIT pour organiser une rencontre conjointe à Kiev dans les mois à venir afin de donner suite au plan convenu.

La réunion a également porté sur le redressement et la reconstruction de l’Ukraine en vue d’un avenir pacifique et prospère grâce à une économie durable dotée d’un secteur manufacturier solide, qui constituait autrefois l’épine dorsale de l’économie du pays. Il a été convenu de travailler ensemble pour développer une vision de la politique industrielle dans le contexte du programme de Transition juste, qui jouera un rôle important dans le travail de persuasion.

Les participants ont clairement indiqué que les investissements ne devaient pas se faire au détriment des droits des travailleurs et travailleuses. Dans ce contexte, les modifications apportées aux diverses lois du travail adoptées et prévues ont été débattues et des inquiétudes ont été exprimées. Des garanties sociales seront demandées lors des interactions avec les agences internationales et les autorités de l’Union européenne dans le cadre du processus d’adhésion de l’Ukraine.

“Notre engagement envers nos affiliés ukrainiens se poursuivra avec le soutien concret de notre famille industriAll Europe sachant que l’Ukraine s’est vue accorder le statut de pays candidat à l’adhésion à l’UE. Nous ferons tout notre possible pour préparer nos affiliés ukrainiens au processus d’intégration et il est certain que les droits sociaux et du travail resteront une priorité”.

a déclaré Luc Triangle, Secrétaire général d’industriAll Europe.

“Avec cette importante réunion, nous avons réitéré notre soutien indéfectible à nos camarades ukrainiens. Nos deux organisations continueront à répondre aux besoins de nos affiliés en Ukraine en mobilisant tous nos efforts et toutes nos ressources. Les syndicats ukrainiens joueront un rôle important dans la reconstruction de leur pays avec une vie sociale et économique viable et notre solidarité leur est acquise”,

a déclaré Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL.

Les syndicats thaïlandais exhortent le gouvernement à ratifier les Conventions 87 et 98 de l’OIT

Les affiliés d’IndustriALL, la Confédération du travail industriel de Thaïlande (CILT) et le Syndicat de PTT Public Company Limited (PTTLU), font campagne depuis longtemps en faveur de la ratification de la Convention 87 de l’OIT sur la liberté syndicale et de la Convention 98 de l’OIT sur le droit à la syndicalisation et à la négociation collective.

“Le gouvernement thaïlandais a, du point de vue international, l’obligation de protéger les droits des travailleurs et travailleuses à former et adhérer à des syndicats de leur choix. Le CILT exhorte le gouvernement à ratifier les conventions 87 et 98 de l’OIT afin de protéger la liberté syndicale et le droit à la négociation collective des travailleurs et travailleuses thaïlandais”.

a déclaré Apsorn Krissanasmit, Président du PTTLU.

Les obstacles juridiques et institutionnels en Thaïlande limitent la faculté des travailleurs et travailleuses à exercer leurs droits. Il existe également peu de protection contre la discrimination, le harcèlement et les représailles à l’encontre des travailleurs et travailleuses qui cherchent à exercer leurs droits en vertu des conventions 87 et 98 de l’OIT.

Le pays est confronté à une instabilité politique permanente et a connu plusieurs coups d’État militaires qui ont affaibli la législation du travail sous prétexte de maintenir la sécurité nationale.

La loi de 1975 sur les relations de travail (LRA), qui couvre les salariés du secteur privé, et la loi sur les relations de travail dans les entreprises d’État (SELRA), qui couvre les employés de l’État et des services publics, contiennent encore de nombreuses dispositions antisyndicales qui violent le principe de la liberté syndicale et de la négociation collective.

Moins de deux pour cent de la main-d’œuvre thaïlandaise est syndiquée et la législation actuelle a permis aux employeurs de perturber l’activité syndicale sans en subir de conséquences.

“Le gouvernement devrait réviser le projet de loi sur la base des recommandations des syndicats et adopter les amendements de la LRA et de la SELRA dès que possible”,

a déclaré Prasit Prasopsuk, Président de la Confédération du travail industriel de Thaïlande (CILT).

En 2015, IndustriALL a déposé une plainte auprès du Comité de la liberté syndicale (CLS) de l’OIT avec des preuves montrant comment les employeurs en Thaïlande ont violé à plusieurs reprises le droit des travailleurs et travailleuses à se syndiquer, à négocier collectivement et à mener des actions syndicales.

En octobre 2020, le gouvernement a déclaré qu’il était en train de réviser la LRA et la SELRA et que les amendements ouvriraient la voie à la ratification de la convention 98 de l’OIT. Le gouvernement a également envisagé de ratifier la convention 87.

La centrale syndicale américaine AFL-CIO a également déposé une plainte auprès du Représentant américain au commerce, demandant au gouvernement américain de retirer le système de préférences généralisées (SPG). Cette plainte a conduit à la suspension du SPG pour 573 produits thaïlandais en 2019.

En 2022, le gouvernement thaïlandais a publié un projet de loi d’amendement de la LRA, promettant une plus grande liberté syndicale. En réponse, le CILT, le PTTLU et le Comité de solidarité du travail de Thaïlande (TLSC) ont soutenu certains des amendements, mais n’étaient pas d’accord avec d’autres, arguant que ceux-ci n’étaient pas suffisants pour remédier aux violations persistantes.

“La Thaïlande doit passer par un processus de démilitarisation et de démocratisation afin de garantir que le pouvoir politique soit toujours entre les mains de dirigeants civils élus. L’élargissement de l’espace démocratique augmentera l’influence des syndicats dès lors que leurs libertés fondamentales seront protégées. Les dispositions antidémocratiques qui entravent le droit de grève en cas de loi martiale ou de crise économique doivent être supprimées,”

a déclaré le Secrétaire régional d’IndustriALL, Shinya Iwai.

L'Indonésie vote un décret d'urgence pour une Loi sur la création d'emplois

Le Conseil d'IndustriALL pour l'Indonésie se compose de 11 affiliés d'IndustriALL Global Union. Son président, Iwan Kusmawan, a déclaré que la nouvelle proposition de loi pour la création d'emplois est identique à la précédente, que la Cour constitutionnelle avait déclarée partiellement inconstitutionnelle en 2021.

"Nous sommes scandalisés que la procédure régulière n'ait pas été respectée; beaucoup de dispositions hostiles aux travailleurs restent inchangées. Tous les syndicats indonésiens, les étudiants et des organisations de la société civile s'opposent fermement à cette décision. Nous allons déposer prochainement un recours devant la Cour constitutionnelle,"

a ajouté Iwan Kusmawan.

Le 11 avril, cent membres du Parti du travail d'Indonésie se sont joints à une manifestation contre la nouvelle législation devant les grilles du parlement national.

Pour les syndicats, les dispositions de la Loi sur la création d'emplois portent atteinte aux droits des travailleurs. Le parti s'est engagé à organiser tous les mardis des actions de protestation. Une manifestation nationale est prévue pour le 1er mai; on attend plus d'une demi-million de travailleurs dans les rues.

La Loi sur la création d'emplois en Indonésie a été promulguée par le président Joko Widodo en réaction à l'impact économique de la pandémie; elle est censée stimuler la croissance économique et créer des emploi en facilitant l'investissement des entreprises et leur fonctionnement dans le pays.

Or, elle est systématiquement contestée par les syndicats qui affirment qu'elle affaiblira les droits des travailleurs et les protections de l’environnement. Elle contient des dispositions relatives à la durée de travail, aux indemnités de licenciement, au travail contractuel, à l'externalisation et aux possibilités pour les syndicats de recruter et faire grève.

"IndustriALL est solidaire de nos camarades dans leur lutte contre la Loi pour la création d'emplois. Étant élu démocratiquement par le peuple indonésien, le gouvernement a le devoir de protéger les droits des travailleurs; la crise mondiale et le ralentissement de l'économie ne doivent pas servir d'excuse pour s'attaquer aux droits des travailleurs,"

a déclaré Shinya Iwaï, le secrétaire régional d'IndustriALL pour l'Asie du Sud-est.

Le 3ème Congrès d'IndustriALL a adopté une résolution exhortant le gouvernement indonésien à abroger la Loi pour la création d'emplois.  

Le Kazakhstan a besoin d’un véritable dialogue social

“Au Kazakhstan, la situation au sein des entreprises et de la société est très tendue. Ni les autorités ni les employeurs n’ont tiré les leçons des événements tragiques survenus à Janaozen  lors des manifestations de décembre 2011, en raison d’un manque de dialogue social et de l’accumulation de problèmes sociaux non résolus”,

a déclaré le Président de Kazprofmetal, Asylbek Nuralin.

Au lieu de développer le dialogue social avec les travailleurs et travailleuses, représentés par leurs syndicats, les autorités ont ciblé les militants, adopté une loi régressive sur les syndicats en 2014 et interdit les syndicats indépendants.

Sous la pression de l’OIT, le gouvernement a été contraint d’apporter quelques modifications à la législation du travail, mais celles-ci sont restées superficielles.

Les nouvelles politiques ont entraîné des bouleversements sociaux et politiques et déclenché des manifestations de masse en janvier 2022. Le gouvernement a été contraint de promettre des réformes. Cependant, la redistribution des biens entre les élites locales se poursuit et rend difficile l’activité des entreprises. Les travailleurs et travailleuses ont régulièrement recours à des actions de protestation pour faire part de leurs préoccupations, car le dialogue social est impossible.

Les participants ont noté que le gouvernement kazakh politise les grèves, ce qui les rend presque impossibles, même si elles sont fondées sur des problèmes de travail non résolus au sein des entreprises.

Les syndicats ont proposé de simplifier les procédures relatives aux conflits collectifs du travail et œuvrent activement à la réforme de la législation du travail initiée par le gouvernement afin que les nouveaux projets de loi n’aggravent pas la situation pour les travailleurs et travailleuses.

Notre Secrétaire régional, Vadim Borisov, a proposé d’utiliser les mécanismes internationaux s’appliquant à la Commission d’experts de l’OIT, afin de pousser le gouvernement à s’assurer que les changements dans la législation du travail sont conformes aux normes et règles internationales, à la fois sur le papier et dans la pratique.

Il a été convenu d’organiser des sessions similaires de renforcement des capacités sur la syndicalisation au niveau de l’entreprise à l’intention des sections syndicales locales.

Le Président de Kazprofmetal, Asylbek Nuralin, a déclaré :

“Cela aidera nos militants à mieux percevoir les méthodes et les formes du travail syndical dans leur entreprise, permettant de remplir plus efficacement la mission de renforcement de l’équipe syndicale”.

Maroc : un protocole d'accord pour les travailleurs du secteur du phosphate

Le SNTP-CDT, un affilié marocain d'IndustriALL, a organisé une campagne afin de promouvoir le protocole d'accord signé avec le Groupe OSP en 2022.

Les autres avancées obtenues consistent notamment en d'importantes dispositions en matière de protection, de sécurité au travail et d'assurance-santé. Les femmes du secteur du phosphate ont obtenu des gains importants s'agissant de la flexibilité du travail, en particulier pour les travailleuses allaitantes.

Le secrétaire général adjoint du SNTP-CDT Khalil Kaanan, a déclaré :

"Cet accord est le 18ème depuis 2005. Le protocole représente une préservation sans précédent de la continuité du dialogue social. L'obtention d'un accord pour 2022 est un grand pas en avant parce qu'il survient dans un contexte difficile, compte tenu de la crise économique et des mutations que traverse le secteur du phosphate et des engrais, au niveau local comme international. Cet accord répond aux défis que rencontre le secteur, comme les défis environnementaux et technologiques et la réalisation du développement durable."

Ahmed Kamel, le secrétaire de la région MENA d'IndustriALL, ajoute :

"Un accord comme celui-là est un bon exemple d'un authentique dialogue social durable. Ce n'est que par une confiance de longue date et un dialogue solidement établi que les travailleurs et les entreprises peuvent affronter la crise dans de meilleures conditions. Nous félicitons la direction et les membres du SNTP-CDT pour un tel résultat."

Le phosphate, aussi appelé or blanc, est essentiel pour l'économie du Maroc alors que ce pays détient plus de 70 pour cent des réserves mondiales estimées. 

Stop à la répression en Eswatini

En soutien aux syndicats et aux organisations de la société civile, la CSI appelle à une Journée mondiale d’action pour l’Eswatini le 12 avril.

Les syndicats affirment qu’il ne semble pas y avoir de volonté politique de la part du gouvernement d’Eswatini d’entamer un dialogue. Au lieu de cela, les syndicats affirment que leurs dirigeants et ceux des organisations de la société civile vivent dans la peur depuis l’assassinat de Thulani Maseko, avocat et éminent militant des droits de l’homme, abattu le 21 janvier par des “mercenaires”.

Maseko était le président du Forum multipartite qui, avec l’Assemblée des partis politiques et d’autres organisations, appelle à des réformes démocratiques par le biais d’un dialogue facilité par la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC).

Des centaines de manifestants sont morts des suites de blessures subies lors de charges brutales menées par les services de sécurité de l’État, tandis que d’autres ont été hospitalisés ou contraints à l’exil. Certains ont été emprisonnés, dont deux parlementaires.

Le roi Mswati III, souverain absolu de l’Eswatini, qui, en tant que chef de l’État, dispose de tous les pouvoirs exécutifs pour nommer le premier ministre, les ministres et les juges, et qui a le pouvoir de dissoudre le parlement, ne semble pas intéressé par le dialogue proposé. Le roi, dont les avoirs nets s’élèvent à plus de 200 millions de dollars, est connu pour son style de vie somptueux. Par exemple, il a acheté en 2018 douze Rolls Royce, pour lui-même et la famille royale. Cet achat a suscité de vives critiques de la part des syndicats et de la société civile, qui ont fait valoir que l’argent aurait été mieux utilisé pour réduire la pauvreté, qui dépasse les 60 %.

IndustriALL soutient la Journée mondiale d’action de la CSI et son 3e Congrès, en 2021, a adopté une résolution en faveur de réformes démocratiques pour l’Eswatini dans laquelle elle s’engage à “soutenir le peuple de l’Eswatini qui poursuit sa lutte en faveur de réformes démocratiques” et exige “le respect et la protection des droits de l’homme, y compris le droit à la vie, les droits à la liberté d’expression, de réunion et d’association, ainsi que l’État de droit”. En outre, la résolution appelle au “dialogue national pour des réformes démocratiques qui permettront l’élection démocratique du premier ministre et la révision de la constitution du pays afin de permettre le transfert des pouvoirs exécutifs du gouvernement à des dirigeants démocratiquement élus”.

Lors d’une manifestation officielle organisée en marge du Sommet pour la démocratie en Zambie le 20 mars, le Congrès des syndicats sud-africains, la Fédération internationale des travailleurs domestiques, le Solidarity Center, la CSI-Afrique, la CSI et le Conseil de coordination des syndicats d’Afrique australe, ainsi que le Congrès des syndicats du Swaziland, ont adressé des messages de solidarité en faveur de la campagne pour la démocratie en Eswatini, sous le thème : “Faire entendre la voix des travailleurs pour sauvegarder la démocratie en Afrique”. Au cours des discussions, les organisations se sont accordées pour dire qu’il n’y aurait pas de démocratie sans droits des travailleurs.

Wander Mkhonza, Secrétaire général de l’ATUSWA (Syndicat mixte du Swaziland), a déclaré :

“Nous apprécions la solidarité mondiale qui soutient la lutte de la classe ouvrière en faveur de la démocratie au Swaziland. Le gouvernement doit reconnaître que nous avons un rôle à jouer dans la démocratisation et l’avenir de notre pays. Le roi doit entamer des négociations et respecter les libertés et les droits de l’homme”.

L’ATUSWA est affilié à IndustriALL.

Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL, a déclaré :

“Nous sommes préoccupés par l’absence de dialogue sur les réformes démocratiques en Eswatini. Il est triste qu’une culture de la peur ait remplacé l’optimisme que les syndicats et la société civile avaient il y a quelques années sur une possible transition vers un régime démocratique. Nous appelons le gouvernement d’Eswatini à entamer le processus de dialogue avec toutes les parties prenantes”.

Il faut poursuivre le travail de sécurisation des ateliers de confection

Cet accord juridiquement contraignant a transformé la sécurité dans l’industrie de la confection au Bangladesh, a donné aux travailleurs et travailleuses le droit de refuser une tâche dangereuse, a sauvé des vies, a soutenu la liberté syndicale et a renforcé la négociation collective.

Mais le travail en faveur d’usines de confection sûres se poursuit. D’autres marques doivent adhérer à l’accord, en particulier en Amérique du Nord, afin d’obtenir l’effet de levier dont nous avons besoin pour faire de cet accord un accord véritablement mondial.

Vers la fin de l’année dernière, l’accord a été étendu au Pakistan. À ce jour, 45 marques ont signé l’accord du Pakistan.

Les travailleurs et travailleuses qui produisent les vêtements que nous portons méritent un lieu de travail qui leur assure un salaire et des conditions de travail décents et non un environnement de travail qui menace de leur ôter la vie. Aidez-nous à élargir l’accord et à sauver des vies.

La lutte en faveur d’usines sûres pour les travailleurs et travailleuses de la confection est toujours d’actualité. À l’occasion de l’anniversaire de la catastrophe de Plaza Rana, rejoignez-nous sur les médias sociaux dans la lutte pour des usines sûres et pour soutenir la revendication d’un accord mondial sur la sécurité dans les usines.

Travailleurs et travailleuses de la confection, Bangladesh, mars 2023

Utiliser le devoir de diligence pour construire le pouvoir syndical en Asie-Pacifique

"La responsabilité sociale de l'entreprise n'a pas pu empêcher les violations des droits de l'homme et du travailleur et le mouvement syndical mondial mène campagne pour exiger davantage de redevabilité de la part des entreprises. À son Congrès de 2021, IndustriALL a réclamé un traité des Nations unies juridiquement contraignant; il faut des règles contraignantes pour susciter un cadre propice au travail décent dans les chaînes d'approvisionnement, où la liberté syndicale et le droit de négocier collectivement sont indispensables,"

estime Kemal Özkan, secrétaire général adjoint d'IndustriALL. 

Une Loi sur la diligence raisonnable dans les chaînes d'approvisionnement (LDRCA) a été promulguée en Allemagne en janvier 2023. Elle concerne les entreprises allemandes et étrangères ayant leur siège dans le pays et comptant plus de 3.000 salariés (ce nombre sera ramené à 1.000 en 2024).

Pour répondre à cette obligation, les entreprises devront procéder chaque année à une analyse des risques afin d'éviter les violations des droits de l'homme et du travailleur dans leurs sièges d'activité et ceux de leurs fournisseurs directs. Leur responsabilité sera engagée si elles ont une connaissance matérielle de violations des droits humains.

Les entreprises doivent respecter la liberté syndicale, la négociation collective libre, la santé et la sécurité, et éradiquer le travail forcé et le travail des enfants. Les travailleurs et les organisations syndicales pourront porter plainte directement contre des violations auprès de l'Office fédéral allemand du contrôle des activités économiques et des exportations (BAFA), ou par le biais d'IndustriALL ou de partenaires syndicaux en Allemagne.

"Les syndicats sont des parties prenantes de poids pour ce qui est de l'application de la loi et de s'assurer que l'accent est mis sur les risques pour les personnes plutôt que sur les risques pour les entreprises. Il faut qu'ils soient associés à la conduite des analyses de risques, aux mesures préventives, correctrices et de remédiation. La formation des délégués d'atelier est essentielle pour la constitution de dossiers contre les violations commises par des multinationales.

"Mais surtout, il faut que les syndicats utilisent la loi pour mener des campagnes d'organisation stratégique afin de constituer une base syndicale puissante tout au long des chaînes d'approvisionnement afin de développer une force de négociation puissante,"

a déclaré Claudia Rahman, directrice de la politique syndicale globale du syndicat allemand IG Metall, lors du webinaire qu'IndustriALL a organisé le 29 mars 2023 sur le thème de la compréhension et de l'utilisation du devoir de diligence en matière de droits humains pour bâtir le pouvoir syndical.

En septembre 2022, le gouvernement japonais a publié des Directives pour le respect des droits humains dans des chaînes d'approvisionnement responsables, qui concernent toutes les entreprises, indépendamment de leur taille et du secteur, leurs fournisseurs directs et indirects, au Japon comme à l'étranger.

Bien qu'il n'y ait pas d'obligation légale, le gouvernement invite les entreprises à publier une politique des droits humains dans le but d'identifier et d'évaluer tout risque susceptible d'un impact négatif sur ces droits. Les entreprises devraient prévenir ou atténuer des impacts négatifs et proposer des réparations aux parties concernées et lésées.

Le Conseil japonais des syndicats de travailleurs de la métallurgie (JCM) a exhorté le gouvernement à conférer aux travailleurs et aux syndicats le statut de parties prenantes spéciales. Il encourage ses affiliés à participer au processus de diligence raisonnable en s'impliquant dans ses comités et à solliciter les mécanismes de plainte et de réparation des entreprises.

"Le JCM a publié des brochures sur le devoir de diligence faisant référence à sa politique d'offensive de printemps (Shunto). Il continuera à réclamer du gouvernement qu'il améliore ses directives et vérifie leur application. Au cas où ces directives s'avéreraient inefficaces, les syndicats japonais réclameront une législation,"

a précisé le secrétaire général adjoint du JCM Hideyuki Hirakawa.

"Nous savons que les directives et les lois n'élimineront pas totalement les conflits du travail et les menées antisyndicales. Régler les problèmes par la négociation collective et la consultation nécessite davantage de compétences en négociation. Les syndicats doivent s'efforcer d'améliorer les capacités et les entreprises doivent s'engager sérieusement en faveur de la responsabilité sociale de l'entreprise, des normes internationales du travail et du devoir de diligence en matière de droits humains,"

a ajouté le vice-président d'IndustriALL Akira Takakura.

Quelque 130 syndicalistes de la région Asie-Pacifique participaient au webinaire.

Photo : Métiers à tisser dans la confection de tapis en Mongolie. © OIT 

Organiser tout au long d'une chaîne de valeur des minéraux en mutation

Glen Mpufane, le directeur d'IndustriALL en charge des mines, déclare :

"Les syndicats ont la possibilité d'augmenter les taux de syndicalisation chez South32. L'accent étant dorénavant sur les ESG, fruit de la législation contraignante sur le devoir de diligence dans les chaînes d'approvisionnement, la transition vers des ressources minières sobres en carbone ouvre aux syndicats une voie pour promouvoir les droits des travailleurs. Il s'agit là d'un changement majeur. Mais pour que la syndicalisation soit efficace, il faut que les syndicats cartographient les chaînes d'approvisionnement pour guider leur action. Cela implique de constituer des bases de données sur ces chaînes d'approvisionnement et sur les taux de syndicalisation.

Telles sont les grandes questions qui ont été discutées lors d'une réunion en ligne, le 23 mars, sur le thème Cartographier l'empreinte globale de South32, son taux de syndication et ses chaînes d'approvisionnement mondiales; durabilité et Critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG), carences de redevabilité; et perspectives pour le réseau mondial.

Pour Dominic Lemieux, coprésident du secteur des mines d'IndustriALL :

"La transition énergétique est une opportunité en matière de recrutement. Or, au Québec, les travailleurs affectés à l'abattage, au concassage et au transport sont employés par des sous-traitants, d'où la difficulté de susciter une solidarité ouvrière dans les mines. En outre, les travailleurs contractuels hésitent à se dresser contre l'employeur de crainte de perdre leur emploi."

On retrouve aussi ces conditions de travail précaires en Australie, quoique des avancées aient été obtenues par des modifications de la législation du travail susceptibles de bénéficier financièrement aux travailleurs. Dans certaines mines, les syndicats envisagent de recourir à la grève pour améliorer les conditions de travail, en particulier pour les travailleurs contractuels.

Greg Busson, secrétaire de district du Syndicat australien de la construction, la sylviculture, du secteur maritime, de la mine et l'énergie (CFMEU), explique :

"Les syndicats australiens du secteur minier ont mené des campagnes payantes chez South32. Mais beaucoup de combats ont été livrés en coulisse, ce qui a permis de meilleures relations avec l'employeur et la signature de conventions collectives."

Selon l'Agence internationale de l'énergie atomique, la transition vers l'énergie verte sera intense et la demande de véhicules électriques et de dispositifs de stockage devrait décupler. L'accent mis sur les ESG et l'adoption par les compagnies minières de normes relatives à la diligence raisonnable en matière de droits humains et d'exploitation durable doivent inciter les syndicats à réclamer le respect des droits fondamentaux au travail ainsi que le travail décent. Les fournisseurs et les sous-traitants doivent adhérer à ces normes sous peine de devenir la cible de rapports sur la durabilité en leur défaveur.

Actuellement, South32 extrait de l'alumine, de l'aluminium, de la bauxite, du cuivre, du manganèse, du nickel, du plomb, de l'argent et du zinc en Afrique du Sud, en Australie, au Brésil, au Chili, en Colombie et au Mozambique. Elle extrait aussi du charbon thermique pour ses raffineries et ses fonderies.

Israël : la pression des syndicats entraîne la suspension d'un projet de loi

Dans le nouveau texte, c'est le gouvernement qui déciderait dorénavant de la nomination des juges et le parlement serait habilité à passer outre aux arrêts de la Cour suprême. De tels changements menaceraient les fondements de la démocratie israélienne.

L'Histadrout a annulé son appel à la grève générale dès l'annonce, par le premier ministre Benjamin Netanyahou, de la suspension du projet de loi. Le premier ministre a ajouté que le parlement se penchera à nouveau sur sa décision après le congé débutant le 2 avril.

Le président de l'Histadrout a félicité tout le monde pour ce résultat en ces termes :

"Je remercie tous les partenaires du mouvement : les dirigeants de l'économie et les représentants des employeurs, les responsables des comités de travailleurs, les travailleurs eux-mêmes, la direction de l'Histadrout et ses adhérents. Ensemble, nous remettrons l'État d'Israël sur la bonne voie."

Le secrétaire général d'IndustriALL, Atle Høie, a dit pour sa part :

"Alors que nous nous préparions à manifester notre soutien et notre solidarité à nos camarades de l'Histadrout, nous avons appris la bonne nouvelle. IndustriALL est certain que c'est la pression de l'Histadrout qui a finalement emporté la décision, ce qui témoigne de sa force et de son influence. Le texte de loi doit être tout simplement abandonné. Cette proposition aurait provoqué un recul de plusieurs années du système judiciaire israélien et aurait privé la population d'un système judiciaire équitable. Nous sommes solidaires avec le peuple israélien et avec l'Histadrout dans leur combat pour la dignité et pour les droits."

IndustriALL Global Union compte cinq affiliés de l'Histadrout dans les secteurs du métal, de l'électricité, de l'électronique, du textile, de l'habillement, du cuir, de la pharmacie, de l'énergie et de l'emballage, ainsi que de l'ingénierie et des métiers techniques.