28 avril, Journée mondiale de la sécurité et la santé au travail

On estime que plus de 3 millions de travailleurs meurent chaque année à cause de leur travail et que des dizaines de millions d'autres sont blessés. Le 28 avril est la Journée internationale à la mémoire des travailleurs, une journée pour nous rappeler que la santé et la sécurité au travail n'est pas un avantage en nature à négocier ni une faveur à demander. C'est notre droit; sur le lieu de travail.

Bien que le nombre des accidents mortels ait diminué, leur taux de fréquence – le nombre d'accidents mortels par million d'heures travaillées – n'est pas réparti de façon égale entre les secteurs et les régions, alors que l'exploitation minière, la construction navale, le démantèlement des navires, le textile, l'électronique, la production chimique affichent des taux disproportionnés. En revanche, les maladies professionnelles continuent de tuer plus de travailleurs, tous secteurs confondus, aussi à des taux disproportionnés suivant le secteur et le pays, davantage que le taux de fréquence des accidents mortels.

En juin dernier à Genève, la Conférence internationale du travail a ajouté la santé et la sécurité aux Principes et droits fondamentaux au travail de l'OIT. Cela signifie que les États Membres de l'OIT s'engagent à respecter et promouvoir le droit fondamental à un milieu de travail sûr et sain, qu'ils aient ou non ratifié les conventions de l'OIT correspondantes.

La démolition des navires est considérée comme une des activités les plus dangereuses au monde. Cette année est cruciale pour l'amélioration de la sécurité parce que le Bangladesh s'est engagé à ratifier la Convention de Hong Kong pour le recyclage sûr et écologiquement rationnel des navires (CHK). Son entrée en vigueur instaurera un référentiel de santé et de sécurité qui relèvera les conditions et transformera les vies des travailleurs sur le sous-continent et partout ailleurs.

Lorsque le jaugeage flottant de la flotte mondiale atteint la fin de sa durée de vie utile, les navires – et autres bâtiments basés en mer, comme les plateformes de forage – doivent être démantelés et recyclés.

La plupart des navires sont démantelés en Inde, au Bangladesh et au Pakistan par des travailleurs migrants, avec des contrats précaires, un minimum de formation et un équipement rudimentaire. Le travail est extrêmement pénible, très dangereux et, à l'exception relative de l'Inde, fait généralement à la main.

Les navires sont échoués puis halés sur la plage au moyen de chaînes par les travailleurs jusqu'au site de démolition. Ils sont découpés manuellement en sections au moyen de chalumeaux et démantelés à la masse. Les accidents mortels sont fréquents; une cause de décès répandue est la chute de hauteur avec une plaque d'acier venant d'être découpée. À Gadani, au Pakistan, en 2016, le travail avait débuté alors que les réservoirs de carburant n'avaient pas encore été démontés, ce qui a provoqué une explosion qui a tué 28 ouvriers.

Les travailleurs sont exposés à des substances cancérigènes et toxiques de toutes sortes, ainsi qu'à la contamination de l’environnement. Le logement et les soins médicaux sont insuffisants, de même que l'accès à une eau pure.

Alang shipyard, India

Le chantier Alang, en Inde

En Inde, la situation des travailleurs des chantiers de démolition de navires évolue; grâce à un syndicat puissant, l'ASSRGWA, membre de notre affilié SMEFI, et à la ratification par le pays de la CHK, les choses se sont fortement améliorées. Plutôt que de démanteler les navires sur les plages, la plupart des chantiers ont maintenant des sols imperméables. Les sections sont déplacées au moyen de grues et certains chantiers ont des comités de sécurité et d'hygiène composés de membres du personnel et de la direction qui ont le droit de refuser un travail dangereux.

Et pourtant, même en Inde, le taux d'accidents reste à un niveau inacceptable, avec huit accidents mortels en 2022. IndustriALL est persuadé que seul un comité de santé et de sécurité paritaire couvrant l'ensemble de la zone portuaire relevant du Conseil maritime du Gujarat sera à même d'arrêter les pratiques dangereuses.

Au Bangladesh et au Pakistan, le démantèlement des navires reste une activité manuelle. Et si l'Inde a ratifié la CHK, elle n'est pas encore entrée en vigueur, ce qui veut dire que des armateurs peu scrupuleux peuvent recycler leurs navires dans des chantiers dangereux. Tous les yeux sont tournés vers le Bangladesh, et sur la possibilité d'utiliser la CHK pour transformer cette industrie.

Des mines dangereuses au Pakistan

Un autre prétendant au titre de travail le plus dangereux au monde est l'exploitation minière au Pakistan, où des mineurs périssent chaque semaine dans des charbonnages primitifs. En 2021-2022, plus de 300 décès ont été signalés. Les syndicats sont persuadés que beaucoup ne sont pas déclarés.

Ces décès trahissent d'énormes carences à plusieurs échelons : des propriétaires et exploitants des mines, de l'État et de la société qui en est venue à accepter ces coûts en vies humaines comme inévitables. Malgré des protocoles de sécurité minière bien connus, des accidents qui auraient pu être évités se produisent presque quotidiennement. La Loi sur les mines au Pakistan a un siècle d'existence, ce qui n'empêche que beaucoup de mines ne s'y conforment pas. Le Pakistan n'a pas les moyens ni la volonté de faire appliquer ses lois, avec des inspections du travail et des contrôles de sécurité inadaptés.

Beaucoup de mines sont exploitées en toute illégalité, dans des zones tribales qui échappent à la juridiction du gouvernement. Les propriétaires sont souvent à l'étranger et paient des sous-traitants locaux pour extraire un charbon utilisé dans l'industrie du pays. Les travailleurs – beaucoup de migrants afghans – sont employés comme journaliers, n'ont aucun droit et pas d'équipement de sécurité. Ce sont des milices locales qui assurent la sécurité. Lorsqu'un accident survient, il y a rarement une intervention d'urgence et ce sont les mineurs qui doivent creuser eux-mêmes pour secourir leurs collègues. Incapables de changer la situation, les syndicats locaux s'efforcent de signaler le nombre croissant de décès comme une litanie de destruction.

Pour que la situation change, il faut dénoncer le fatalisme qui paralyse le gouvernement et la société. Il faut que le gouvernement pakistanais ratifie et applique la convention 176 de l'OIT sur la sécurité et la santé dans les mines. Il doit mettre en place, avec le soutien de l'OIT, d'IndustriALL et d'autres acteurs, un service d'inspection du travail qui puisse endiguer cette crise. Et le gouvernement doit affirmer son autorité en fermant et saisissant les mines qui fonctionnent dans l'illégalité ou contreviennent aux normes de sécurité.

Il faut une législation forte sur le devoir de diligence pour protéger les travailleurs, l’UE peut y contribuer

Accompagnés par IndustriALL Global Union et industriAll Europe, Nazma Akter, Présidente de la Fédération Sommilito Garments Sramik du Bangladesh, Athit Kong, Président du Syndicat démocratique des travailleurs de la confection du Cambodge, Habib Hazami, Secrétaire général de la Fédération tunisienne du textile, de l’habillement, de la chaussure et du cuir et Khaing Zar Aung, Présidente de la Fédération des travailleurs industriels du Myanmar, ont participé à une réunion organisée par les députés européens Heidi Hautala et Agnes Jongerius le 27 avril, dans les locaux du Parlement européen.

Athit Kong a insisté sur le fait que l’UE dispose de moyens de pression. Dans les pays producteurs de vêtements, les travailleurs et travailleuses ainsi que leurs syndicats attendent de l’UE qu’elle adopte une législation rigoureuse et contraignante en matière de diligence raisonnable, assortie d’un accès à des voies de recours efficaces. Les relations commerciales peuvent être utilisées pour améliorer la situation des travailleurs et travailleuses des pays producteurs.

Les dirigeants syndicaux ont présenté trois revendications clés qui dépendent de l’action et du soutien de l’Europe

Khaing Zar Aung, a déclaré aux députés que le projet MADE in Myanmar de l’UE, en dépit d’être bien intentionné quant à la promotion du travail décent, légitimait l’armée et servait de façade à des violations des droits des travailleurs et que les revenus du projet contribuaient à financer l’armée. L’UE doit y mettre fin.

L’Accord a fait une énorme différence pour les travailleurs de la confection au Bangladesh en améliorant la sécurité au niveau des bâtiments et en matière d’incendie, mais les efforts en matière de santé et de sécurité doivent désormais se concentrer sur les maladies professionnelles, a souligné Nazma Akter. Elle a rappelé que toutes les enseignes qui s’approvisionnent au Bangladesh devaient signer l’Accord international.

Habib Hazami, Coprésident d’IndustriALL Global pour le secteur du textile et de la confection, a également souligné l’importance de l’Accord et la nécessité de l’étendre à la région MENA.

Christina Hajagos-Clausen a déclaré :

“Les syndicats des pays producteurs doivent être entendus et pris en compte dans le débat sur la nécessité d’une diligence raisonnable contraignante.”

Judith Kirton-Darling, Secrétaire générale adjointe d’industriAll Europe, a déclaré :

“Il est déprimant de constater qu’en dépit de progrès indéniables, nous entendons encore des histoires poignantes de conditions de travail dangereuses et précaires, de salaires de misère, de travail des enfants et de travail forcé. L’Europe a certainement un rôle à jouer. Nous avons besoin d’un ensemble de mesures au niveau de l’UE, y compris une obligation de diligence raisonnable et une stratégie de l’UE quant au textile, qui interdise les pratiques commerciales déloyales.”

IndustriAll Europe et IndustriALL Global Union s’engagent à poursuivre leurs efforts conjoints pour responsabiliser les entreprises tout au long de leurs chaînes de valeur.

La réunion de Bruxelles s’inscrivait dans le cadre d’une tournée européenne de sensibilisation à l’obligation de diligence dans le secteur et à la nécessité de créer des usines sûres, qui a également conduit les dirigeants syndicaux à l’OIT, à Genève, et à une conférence organisée par le Ministère fédéral allemand de la coopération économique et du développement, à Berlin.

Grève des travailleurs du secteur pétrolier et gazier en Iran

Les travailleurs employés par des sous-traitants dans divers projets de raffineries et de complexes pétrochimiques dans les champs de pétrole et de gaz du sud de l’Iran se sont mis en grève le 21 avril, réclamant une augmentation de salaire de 79 %. Les grévistes réclament également de meilleures conditions de vie et un meilleur cycle de travail, où ils travailleraient 20 jours et auraient dix jours de congé payés. Les travailleurs parcourent de longues distances pour se rendre au travail et souhaitent avoir suffisamment de temps libre pour s’occuper de leur famille.

Les grévistes représentent une variété de métiers, tels que tuyauteurs, électriciens, échafaudeurs, etc. La plupart d’entre eux sont employés dans le cadre de contrats précaires.

Les grèves se sont étendues à plus de 80 lieux de travail et les travailleurs promettent de continuer jusqu’à ce que leurs revendications soient satisfaites.

Une offre du gouvernement de 27 % a été rejetée, les prix des biens et des services ayant augmenté de 40 % au cours du seul mois de janvier, selon l’Agence iranienne d’information sur le travail (Iranian Labor News Agency).

Les revendications des travailleurs sont formulées par un Comité de coordination, auquel contribue le Syndicat des travailleurs de la métallurgie et de la mécanique d’Iran (UMMI), affilié à IndustriALL, ainsi que d’autres organisations. L’UMMI fait partie de ce Comité de coordination et soutient les revendications des travailleurs, mais n’organise pas la grève.

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, a déclaré :

“IndustriALL est solidaire des travailleurs sous-traitants en grève en Iran et de leurs revendications en vue d’une augmentation de salaire alors que le coût de la vie monte en flèche dans le pays. Nous saluons votre courage et votre détermination à améliorer vos conditions de travail”.

Crédit photo : Iranwire

Lutter pour un travail décent dans l’industrie mondiale des produits miniers

La demande de ces produits a entraîné une ruée des gouvernements et des entreprises multinationales pour acquérir des gisements, les exploiter et les traiter, le Chili, l’Australie et la République démocratique du Congo en étant les principales sources d’approvisionnement.

Cette ruée vers ces produits et l’exploitation minière qui en découle posent un large éventail de problèmes en matière d’environnement et de droits du travail au niveau des chaînes d’approvisionnement. La course à l’approvisionnement en ressources minières s’accompagne d’impacts environnementaux potentiellement graves, d’une augmentation de l’exploitation minière artisanale à petite échelle et de la sous-traitance par les multinationales à des entrepreneurs locaux qui peuvent ne pas connaître les normes de l’OCDE et autres normes internationales en matière d’environnement et de sécurité, ou qui ne respectent pas les droits des travailleurs.

Le géant minier australien BHP a déclaré 7.700 salariés à temps plein et 17.083 sous-traitants pour ses activités en Amérique du Sud. Une main-d’œuvre fragmentée comprenant des milliers de sous-traitants pour les activités liées à l’exploitation minière telles que le dynamitage, le concassage et le transport rend beaucoup plus difficile pour les travailleurs et travailleuses d’organiser des syndicats et de négocier collectivement pour obtenir des salaires décents et des conditions de travail sûres.

Même après l’effondrement du barrage de la mine de Brumadinho au Brésil, qui a tué 270 personnes en 2019, BHP, qui détient une participation de 50 % dans cette mine, a ignoré la recommandation du Point de contact national au Brésil de fournir la preuve d’un accord de diligence raisonnable avec les syndicats.

Mais les sociétés minières ne peuvent pas ignorer les syndicats et les appels de plus en plus nombreux en faveur d’une exploitation minière responsable et durable. De plus en plus de pays adoptent des législations sur le devoir de diligence qui rend les grandes entreprises responsables des normes d’emploi et d’environnement tout au long de leur chaîne d’approvisionnement. Cela concerne non seulement les entreprises impliquées dans l’exploitation minière, mais aussi les sociétés financières qui investissent dans ces entreprises, ainsi que les celles qui fabriquent des produits utilisant les produits miniers.

Ces pressions se sont reflétées au niveau de la réunion des gouvernements de l’OCDE sur la conduite responsable des entreprises qui s’est tenue au début de l’année et qui a abouti à l’accord suivant :

“le rôle indispensable de ces produits miniers dans la transition vers une économie à faible émission de carbone ainsi qu’une conduite responsable de la part des entreprises seront primordiaux pour permettre un approvisionnement durable, diversifié et fiable à la lumière de l’augmentation de la demande mondiale.”

 

Judith Kirton-Darling, Kemal Özkan, Liz Umlas et Blake Harwell

Dans ce contexte, le TUAC et IndustriALL ont organisé une réunion pour les représentants des gouvernements et des entreprises, donnant le coup d’envoi du Forum de l’OCDE sur les chaînes d’approvisionnement en minerais responsables.

“Un dialogue constructif avec les syndicats est la façon dont l’OCDE définit une diligence raisonnable efficace. Les syndicats sont ici à l’OCDE pour insister sur le fait que les compagnies minières respectent les normes de l’OCDE et garantissent un travail sûr et décemment rémunéré pour tous,”

a déclaré Blake Harwell, du TUAC.

“Alors que l’importance de la demande en produits miniers pour la transition vers une énergie à faible teneur en carbone annonce un nouveau boum des matières premières, c’est l’occasion de changer le discours de nivellement par le bas, qui a caractérisé les premiers cycles d’essor, en un discours de nivellement par le haut pour les travailleurs et les communautés. Les normes de diligence raisonnable de l’OCDE offrent une voie essentielle vers la course à l’excellence,”

a déclaré Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL.

Judith Kirton-Darling, Secrétaire générale adjointe d’industriAll Europe, a déclaré :

“IndustriAll Europe réclame depuis longtemps une politique industrielle européenne active, au sein de laquelle les matières premières critiques sont cruciales pour les transitions verte et numérique. Les conditionnalités sociales et la diligence obligatoire en matière de droits de l’homme sont fondamentales pour garantir le respect du travail décent tout au long des chaînes de valeur mondiales ! Des propositions législatives sont désormais sur la table en Europe, mais elles doivent être renforcées pour garantir la promotion d’une exploitation minière, d’un traitement et d’un recyclage responsables, ainsi que de la recherche et de l’innovation en matière de matériaux. Les travailleurs et travailleuses doivent être au cœur de la transition juste et doivent avoir leur mot à dire dans chaque débat. Il ne doit rien y avoir à notre sujet sans nous”.

Le KMWU annonce des grèves nationales contre des politiques anti-travailleurs

"C’est une déclaration de guerre contre les syndicats. Pour les institutions gouvernementales, les syndicats sont des organisations corrompues et violentes et les syndicalistes sont des rouges,"

a déclaré Yoon Jang Hyeok en s'adressant aux travailleurs pendant la manifestation.

Les membres du KMWU à la manifestation du 19 avril à Séoul

Plus de 10.000 adhérents du KMWU étaient rassemblés dans le centre de Séoul où son président, Yoon Jang Hyeok, a invité les activistes et militants à organiser, le 31 mai, une grève d'avertissement suivie d'une grève nationale en juillet, pour protester contre les politiques hostiles aux travailleurs votées par le régime de Yoon Seok-youl.

"Le gouvernement veut faire adopter une loi qui instaurerait une semaine de travail de 69 heures et permettrait de déroger à la structure salariale, y compris au salaire minimum, tout en déréglementant les chaebols (conglomérats d'entreprises familiaux) et leur accordant des exonérations fiscales. Le président bloque la réforme de la législation du travail pourtant nécessaire pour protéger les droits au travail inscrits dans la constitution,"

poursuit Yoon Jang Hyeok.

Le KMWU appelle aussi le gouvernement à réformer les articles 2 et 3 de la Loi d'adaptation sur les syndicats et les relations de travail (TULRAA), comme l'y oblige le fait que la Corée ait ratifié les conventions 87 et 98 de l'OIT en avril 2021.

Le syndicat insiste sur le fait que ces amendements sont essentiels pour élargir la définition de la notion de travailleur et pour protéger les droits des travailleurs en sous-traitance de négocier avec l'employeur principal. Les dispositions actuelles, qui n'offrent qu'une protection limitée aux grévistes, doivent aussi être soumises à révision.

Les députés ont préparé leur proposition de loi à partir d'une version édulcorée des articles 2 et 3 révisés de la TULRAA. Le texte est maintenant devant une commission de l'Assemblée nationale composée en majorité de membres du parti au pouvoir. Même si la commission adoptait la proposition de loi, le président coréen Yoon Seok-youl a annoncé qu'il opposerait son véto.

Pour le KMWU, bien que la proposition de loi élargisse la définition du terme employeur, elle reste muette sur d'importants aspects, comme la perturbation du droit de grève. Il affirme que les droits fondamentaux des travailleurs ne sont pas pleinement pris en considération, mais que cette proposition de loi est un pas dans la bonne direction et que le combat pour la révision de la TULRAA continuera.

"IndustriALL Global Union est solidaire des syndicats coréens dans leur lutte contre des politiques hostiles aux travailleurs et soutient inconditionnellement la grève générale. Nous exhortons le gouvernement à honorer ses obligations internationales en rapport avec le droit de grève et la négociation collective, après la ratification des deux conventions de l'OIT,"

a déclaré Kemal Özkan, secrétaire général d'IndustriALL.

Davantage de marques doivent signer l’Accord, indiquent les FSI à l’occasion du 10e anniversaire de la catastrophe du Rana Plaza

Plus d’un millier de travailleurs et travailleuses ont été tués et plus de 2.500 autres ont subi des blessures lors de l’effondrement, le 24 avril 2013, du Rana Plaza, un immeuble de huit étages situé dans la banlieue de Dacca, la capitale du Bangladesh. La veille de la tragédie, de profondes fissures structurelles avaient été découvertes dans le bâtiment, qui abritait des ateliers fabriquant des vêtements pour des marques internationales. Malgré leurs inquiétudes quant à la stabilité du bâtiment, ces ouvriers et ouvrières du secteur de la confection avaient reçu l’ordre d’entrer dans le complexe d’usines le lendemain matin, sous peine de perdre leur emploi.

Dix ans plus tard, les travailleurs et travailleuses des usines signataires de l’Accord du Bangladesh sont indéniablement plus en sécurité. Cet accord juridiquement contraignant, orchestré par IndustriALL et UNI en 2013 et signé avec des enseignes et des détaillants de stature mondiale, a depuis lors transformé la sécurité des usines dans l’industrie de la confection au Bangladesh, donné aux travailleurs et travailleuses le droit de refuser des tâches dangereuses, sauvé des vies, soutenu la liberté syndicale et favorisé la négociation collective.

Actuellement, 194 enseignes et détaillants ont signé l’accord, qui couvre environ 2,4 millions de travailleurs et travailleuses au Bangladesh. D’autre part, 46 enseignes et détaillants, et ce n’est pas fini, ont signé l’accord du Pakistan, qui concernera 750.000 travailleurs et travailleuses dans ce pays, une fois que le programme d’inspection sera mis en œuvre.

Toutefois, il existe des exceptions notables de marques qui doivent assumer une plus grande responsabilité en matière de sécurité au travail dans leur chaîne d’approvisionnement, en particulier des entreprises américaines comme Levi’s, Gap, Walmart et Amazon qui ont refusé de signer l’Accord. La signature de telles marques permettrait de protéger davantage de travailleurs et travailleuses de l’habillement et du textile contre des conditions dangereuses et renforcerait la pression en faveur du renouvellement de l’Accord, dont l’expiration est prévue en octobre 2023.

“Bien que des progrès significatifs ont été réalisés dans l’industrie de la confection au Bangladesh, il est toujours utile se battre pour des usines plus sûres”,

a déclaré Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL.

“Les travailleurs et travailleuses qui produisent les vêtements que nous portons méritent un milieu professionnel qui leur assure un salaire et des conditions de travail décents et non un lieu de travail qui menace de leur ôter la vie. Davantage d’enseignes doivent adhérer à l’Accord, en particulier en Amérique du Nord, afin d’obtenir l’effet de levier nécessaire pour l’étendre à d’autres pays et en faire un accord véritablement mondial.”

Christy Hoffman, Secrétaire générale d’UNI, a déclaré à ce sujet :

“En cet anniversaire solennel, nous pleurons les vies perdues et altérées à jamais par la tragédie du Rana Plaza et nous leur rendons hommage en veillant à ce qu’une autre catastrophe de ce type ne se reproduise jamais. Le meilleur moyen d’y parvenir est d’élargir le champ d’action de l’Accord et le nombre de marque signataires.

L’Accord a prouvé qu’il rendait le travail plus sûr, ce qui est davantage que ce que l’on peut dire des audits soutenus par les entreprises. En fait, certaines marques, comme Walt Disney, exigent que leurs usines respectent les normes de l’Accord, mais elles ne se sont pas engagées à soutenir sa mise en œuvre en le signant.”

À ce jour, près de 56.000 inspections de sécurité ont été effectuées dans plus de 2.400 usines de confection au Bangladesh. Plus de 140.000 problèmes de sécurité ont été corrigés et le taux d’avancement total des mesures correctives dans les usines actuellement concernées par l’Accord est de 91 %.

Le travail doit figurer en meilleure place dans un traité contraignant des Nations unies

Les syndicats mondiaux préconisent un instrument qui ait force légale et qui règlemente, en droit international humanitaire, les activités des sociétés transnationales et autres entreprises commerciales.

Dans leur contribution écrite, les syndicats mondiaux revendiquent une meilleure place pour les droits au travail dans le traité, en particulier en précisant le type de responsabilité applicable à la négligence. Ils sont convaincus que l'on risque de perdre de précieux détails qui permettraient d'instaurer une véritable redevabilité pour les violations des droits humains commises par les entreprises.

"Les négociations sont cruciales, cette année. L'an dernier, on a beaucoup essayé de négocier un texte édulcoré, en mettant en avant l'idée d'une convention cadre, avec laquelle le traité aurait beaucoup perdu de sa substance. Nous y sommes opposés,"

a confié le secrétaire général adjoint d'IndustriALL Kemal Özkan.

En réaction aux arguments de certains pays qui voudraient rouvrir le débat sur la portée du traité pour en exclure les entreprises publiques, les syndicats mondiaux font savoir clairement que tout écart de nature à réduire sa couverture transnationale serait un retour en arrière.

Pour les syndicats mondiaux :

"Sur le fond, nous estimons que la démarche présidant au troisième projet révisé, qui consiste à centrer les dispositions opérationnelles d'un instrument juridiquement contraignant sur les activités transnationales des entreprises commerciales tout en conservant un large champ d'application, englobant les entreprises transnationales et autres, correspond au mandat donné par la résolution 26/9 de 2014 du Conseil des droits de l'homme."

"Dans ce contexte, la future directive européenne sur le devoir de vigilance en matière de droits de l'homme jouera un grand rôle, en ce qu'elle donne à l'Union européenne un mandat clair et des orientations dans les négociations,"

ajoute Kemal Özkan.

"L'étape suivante consistera à contacter nos affiliés pour qu'ils pressentent leurs gouvernements et nous mènerons une action conjointe avec IndustriALL Europe pour interpeler les autorités européennes quant à leur position."

 
 
 

Augmentation record des salaires des métallurgistes japonais

Au Japon, les négociations salariales entre les syndicats et le patronat ont lieu chaque année au printemps. Le Conseil japonais des syndicats de métallurgistes (JCM), qui représente deux millions de métallurgistes issus de plus de 3.000 syndicats affiliés, fixe la norme d’une revendication unifiée sur les salaires et les conditions de travail pour les cycles annuels de négociations collectives à l’échelle du secteur.

Cette année, les grandes entreprises du secteur de la métallurgie ont très rapidement fait connaître leurs décisions concernant les négociations salariales, et nombre d’entre elles ont accepté de satisfaire pleinement les revendications syndicales, compte tenu de la hausse de l’inflation et de la pénurie de main-d’œuvre dans l’industrie.

Le Président du JCM, Akihiro Kaneko, a déclaré :

“Nous avons réussi à créer une grande synergie lors des négociations annuelles de printemps. Les syndicats ont rapidement reçu des réponses qui correspondaient à leurs revendications. Cela contribue non seulement à la stabilité et à la sécurité dans la vie quotidienne des membres des syndicats, mais aussi à l’amélioration des lieux de travail et de la compétitivité de l’industrie métallurgique.”

Akihiro Kaneko, Président du JCM

Pendant de nombreuses années, les salaires au Japon ont stagné en raison de la déflation. Mais à partir de 2014, lorsque des augmentations salariales supplémentaires ont été obtenues pour la première fois en dix ans, elles ont atteint 2.801 yens (21 dollars) en 2015 et l’augmentation de cette année est la plus élevée depuis 2020.

Outre l’augmentation des salaires, le JCM souligne les résultats suivants des négociations de printemps :

Les syndicats du Myanmar condamnent l'initiative de l'UE dans le secteur de l'habillement

L'Alliance multipartite pour l'emploi décent dans l'industrie du vêtement au Myanmar (MADE in Myanmar) affirme promouvoir les mécanismes de dialogue social et de négociation collective.

Elle affirme soutenir la mise en place de comités paritaires et l'élaboration de programmes de formation et de renforcement des capacités pour les travailleurs et la direction dans un but d'amélioration de la communication et de la collaboration. Or, une telle initiative est impossible dans un pays où les militaires au pouvoir depuis le coup d'État de février 2021 répriment férocement les syndicats.

Dans une lettre à l'Union européenne, l'Alliance du travail du Myanmar explique, avec d'autres, que l'interdiction des syndicats indépendants au Myanmar est une insulte à la liberté d'association et que MADE in Myanmar aide la junte militaire dans sa quête de légitimité.

IndustriALL Global Union et IndustriALL Europe ont aussi envoyé une lettre à l'Union européenne pour exprimer leurs préoccupations devant cette initiative européenne :

"Les employeurs profitent de la situation politique pour priver les travailleurs de leurs droits. Les violations graves des droits de l'homme et des travailleurs continuent au Myanmar."

La liberté d'association est un droit humain fondamental et un principe fondamental de l'Union européenne; les restrictions imposées aux syndicats et à la négociation collective dans un Myanmar sous régime militaire sont très préoccupantes et mettent en question la légitimité de cette initiative européenne.

La lettre adressée à l'Union européenne souligne aussi que :

"Grâce au soutien de MADE in Myanmar, des organisations non-représentatives sont homologuées par le mécanisme d'enregistrement des syndicats du Conseil administratif de l'État (CAE). Par la mise en place de comités de coordination du lieu de travail – avec des représentants des travailleurs triés sur le volet par l'employeur – MADE in Myanmar offre aux employeurs et au CAE un outil de propagande faisant croire à l'existence d'un dialogue social. Cela suscite l'illusion que le Myanmar autorise la liberté d'association, que les syndicats sont reconnus, enregistrés, qu'ils peuvent fonctionner librement et que les droits au travail sont respectés."

Un rapport commandé par la Ethical Trading Initative (ETI) en septembre 2022 démontre l'impossibilité pour les marques de s'acquitter de leur devoir de diligence au Myanmar et d'adhérer à des normes d'activité responsable mondialement reconnues.

Le message est très clair : le mouvement syndical international appelle l'Union européenne à ne plus soutenir le programme SMART Myanmar / MADE in Myanmar.

"IndustriALL Global Union et IndustriALL European Trade Union contestent l'imposture de MADE in Myanmar qui prétend protéger les droits des travailleurs et ses activités qui soutiennent et légitiment le CAE,"

a déclaré le secrétaire général d'IndustriALL, Atle Høie.

Afrique du Sud : 300.000 travailleurs de l’automobile touchés par le report de l’accord salarial

Les accords salariaux collectifs ne deviennent contraignants pour quiconque n’y est pas directement partie qu’une fois que le Ministre de l’emploi et du travail les a publiés au Journal officiel. C’est à partir de ce moment que tous les travailleurs et travailleuses peuvent en bénéficier. Tout retard dans ce processus retarde leur accès aux avantages prévus par l’accord.

Le Ministre du travail a mis plus de quatre mois à publier officiellement l’accord qui a été signé en novembre 2022, après de longues négociations. Selon l’accord, les pompistes ont obtenu une augmentation de salaire de 5 %, les salariés des concessionnaires automobiles de 6,5 % et ceux de fournisseurs de composants de 7,5 %. Au cours des négociations, le NUMSA avait envisagé de se mettre en grève pour faire valoir ses revendications salariales.

“Les employeurs doivent immédiatement appliquer l’augmentation et cesser de léser les travailleurs. Les employeurs du secteur de la vente au détail de carburant et du reste du secteur de l’industrie automobile n’ont aucune raison de retarder l’augmentation depuis que l’accord a été signé par le Conseil de négociation de l’industrie automobile (MIBCO) en novembre de l’année dernière. Ils ont agi ainsi pour maximiser leurs profits aux dépens des travailleurs. Le NUMSA condamne les actions des employeurs qui ont retardé cette application de l’augmentation. Le syndicat prendra les mesures nécessaires pour s’assurer qu’à l’avenir, le ministère du travail publie immédiatement l’accord de règlement dans le journal officiel”,

a déclaré Irvin Jim, Secrétaire général du NUMSA.

Le droit du travail sud-africain autorise l’extension des accords conclus au sein des conseils de négociation à des secteurs entiers, à condition que cette extension soit soutenue par la plupart des syndicats et des employeurs. Les conseils de négociation sont formés par les organisations patronales et les syndicats et les dispositions qui étendent son application sont publiées au journal officiel par le Ministre du travail. L’extension de l’accord à des tierces parties améliore les salaires dans l’ensemble du secteur.

“Ces retards inutiles dans la publication de l’accord ont eu pour conséquence que les travailleurs et travailleuses ont continué à lutter pour faire face à l’escalade du coût de la vie tandis que les employeurs refusaient de payer ce qui leur était dû. Nous soutenons le NUMSA dans ses revendications visant à mettre fin à ce préjudice”,

a déclaré Paule France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne.