Le syndicat coréen des métallurgistes tient tête à son gouvernement antisyndical

Depuis janvier, le gouvernement coréen a lancé de sérieuses attaques contre les syndicats coréens et les interventions violentes la police dans les conflits du travail se sont multipliées. La police a dispersé par la force des assemblées et arrêté des participants, restreignant ainsi le droit démocratique à manifester.

Le KMWU et sa centrale, la Confédération coréenne des syndicats (KCTU), ont protesté contre le blocage de la réforme du droit du travail consécutive à la ratification des Conventions 87 et 98 de l’OIT par le précédent président coréen, Moon Jae-In. Les deux organisations syndicales exigent que les dispositions relatives à la criminalisation de la grève et à l’autorisation du travail précaire soient modifiées.

Bien que des représentants du bureau d’Anyang du ministère du travail se soit rendus dans les usines le 26 mai pour menacer les syndicalistes de poursuites pénales en cas de grève, le 31 mai, le KMWU a organisé des manifestations dans douze villes et provinces.

À Séoul, les membres du KMWU ont manifesté devant l’Agence de la police nationale, puis ont marché jusqu’à Gwanghwamun pour rejoindre la lutte nationale intersectorielle de la KCTU, tandis que les travailleurs de la construction marchaient depuis le district de Yongsan et les bureaux du ministère du travail à Séoul. Quelque 13.500 syndicalistes ont scandé à Séoul le slogan “Halte à la révision rétrograde du droit du travail et à la répression syndicale ! À bas le gouvernement de Yoon Suk-yeol”.

Dans la foulée de ces grèves d’avertissement, les affiliés d’IndustriALL à travers le monde ont entrepris des actions de solidarité. Le 30 mai, la Coalition pour la réforme du droit du travail en Malaisie (LLRC), composée d’affiliés malaisiens d’IndustriALL et de l’IBB ainsi que d’ONG, a soumis une lettre de protestation à l’ambassade de Corée à Kuala Lumpur, appelant le gouvernement coréen à cesser immédiatement ses attaques contre les syndicats coréens.

Dans une lettre de solidarité, l’Union collective cambodgienne du mouvement des travailleurs (CUMW) déclare par la voix de son Président, Pav Sina :

“Le CUMW condamne avec la plus grande fermeté l’intervention injuste du gouvernement dans les questions syndicales, l’utilisation abusive du pouvoir coercitif de l’État contre les syndicats, l’utilisation de la police, des procureurs et l’invocation de la sécurité nationale pour attaquer les syndicats ainsi que la pression pour des changements juridiques rétrogrades visant à saper les syndicats et leur indépendance par rapport à l’État”.

La lettre de solidarité de l’UAW fait état de la violente descente de police dans l’usine KWB appartenant à Denso et du grand nombre de syndicalistes convoqués par la police pour être interrogés, y compris le Président du KMWU YOON Jang hyeok, le vice-président du KMWU pour Auto SON, Deok Heon, et le Président de la section du KMWU d’Ulsan.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, a pour sa part déclaré :

“L’activité syndicale est un droit et non un crime. Nous demandons instamment au gouvernement coréen de mettre fin à la criminalisation des dirigeants et des membres des syndicats et de veiller à ce qu’un environnement stable existe pour que les travailleurs et travailleuses puissent jouir de leurs droits fondamentaux. Nous sommes solidaires de nos camarades sud-coréens dans leur lutte pour la défense de leurs droits.”

Les agressions contre les syndicalistes coréens doivent cesser

Alors qu’il visitait le 31 mai dernier un sit-in de protestation d’adhérents de son syndicat travaillant à l’aciérie POSCO à Gwangyang, le Président de la FKMTU, Kim Man-jae, a été malmené. Six policiers en civil l’ont plaqué au sol et se sont agenouillés sur son cou avant de le menotter.
 
Le lendemain, le Secrétaire général de la FKMTU, Kim Jun-yeong, a rejoint le sit-in de protestation sur un échafaudage de fortune, à sept mètres du sol. À l’aube, quatre policiers se sont approchés de Kim à l’aide d’une grue mobile et l’ont frappé avec une longue matraque jusqu’à ce qu’il tombe de l’échafaudage. Kim a subi de graves blessures au front et à la tête, une fracture du genou et des ecchymoses sur tout le corps. Il a été placé en garde à vue.
 
La Fédération des syndicats coréens (FKTU) a condamné la police pour son usage excessif de la force à l’égard les deux dirigeants de la FKMTU, appelant à la démission immédiate du chef de l’Agence nationale de police.

“Cet incident sanglant ternit l’image internationale de la Corée. Nous demandons au gouvernement coréen de respecter la liberté d’expression des travailleurs et travailleuses et de mettre fin aux attaques violente contre les syndicats coréens. IndustriALL est solidaire de la FKMTU”,

a déclaré Shinya Iwai, Secrétaire régional d’IndustriALL pour l’Asie du Sud-Est.

 

L’égalité des genres doit être une priorité

En avril, des participants en provenance du Népal, du Bangladesh, du Pakistan, du Sri Lanka et d’Inde se sont réunis pour réfléchir concrètement à la manière de renforcer leurs syndicats et de les rendre plus inclusifs pour les femmes et les jeunes travailleurs. Une grande partie des débats a porté sur le travail en sous-traitance, car les plus touchés sont les femmes et les jeunes. La réunion a également porté sur la violence et le harcèlement fondés sur le genre et sur le renforcement des capacités et de la sensibilisation à l’aide de ressources précieuses telles que le Manuel de formation concernant la C190 de l’OIT sur la violence et le harcèlement dans le monde du travail.

Le Nigeria a ratifié la Convention 190 de l’OIT, qui vise à éliminer la violence et le harcèlement dans le monde du travail, en septembre de l’année dernière. Cette ratification est intervenue après des campagnes soutenues et des efforts concertés, notamment un dialogue social impliquant les syndicats, la société civile et les organisations de soutien au monde du travail. Les syndicats ont indiqué que la ratification de la Convention 190 de l’OIT renforcera l’élaboration de politiques sur le lieu de travail visant à lutter contre la discrimination et l’inégalité entre les sexes, à améliorer les mécanismes de signalement et la confidentialité, à responsabiliser les auteurs et à les poursuivre en vertu des lois concernées.

L’année dernière, à l’occasion de la Journée internationale de la femme, les syndicats turcs ont mis en lumière la situation des femmes dans le pays, en soutenant les travailleuses qui se battent pour leurs droits. Les femmes subissent de plein fouet l’inflation croissante en Turquie. La pauvreté, la discrimination et l’écart de rémunération entre les hommes et les femmes sont des réalités quotidiennes pour un nombre croissant de travailleuses. Le 8 mars, Petrol-is a organisé une activité pour soutenir les travailleuses qui tenaient un piquet de grève devant l’usine PAS South East Europe à Çerkezköy. Les travailleuses protestaient après que la direction les a forcées à démissionner de leur affiliation syndicale.

Armelle Seby, Directrice d’IndustriALL pour les questions de genre, a déclaré :

“En tant que syndicats, nous devons briser le cycle de l’inégalité entre les hommes et les femmes parce qu’elle s’inscrit dans un continuum et qu’elle est causée par des relations de pouvoir inégales entre les hommes et les femmes. L’inégalité entre les hommes et les femmes est ancrée dans le patriarcat, des normes sociales et culturelles néfastes et la discrimination. Nous devons nous attaquer à ces causes profondes, gérer les risques et mettre fin aux abus de pouvoir.”

 

Les terribles neuf mois d’emprisonnement d’un syndicaliste mettent en lumière les violations des droits des travailleurs à Madagascar

Ces droits sont protégés par la Convention 87 sur la liberté syndicale et la protection du droit à la syndicalisation, ainsi que par le code national du travail. Les violations de la Convention 87 commises par Madagascar seront examinées par la CIT ce 9 juin.

Les syndicats saisissent la CIT du cas de l’emprisonnement injuste de Sento, représentant syndical de la filiale d’Alsico, E-Toile SA à Antananarivo. Sento a purgé sa peine à partir du 29 août 2022 et a été libéré le 30 mai 2023 après une grâce présidentielle.

Sento a été arrêté et emprisonné pour avoir publié sur les médias sociaux le résultat de discussions avec la direction d’E-Toile en vue d’améliorer les conditions de travail dans l’usine de confection où il travaillait comme machiniste. Les syndicats affirment que les charges retenues contre Sento ont été forgées de toutes pièces : violation de la confidentialité, protection des données et violation de la propriété de l’État. Le procès a été inéquitable et s’est achevé en un temps record de 48 heures sous l’égide d’un juge hostile qui était de connivence avec l’avocat d’E-Toile.

Un appel contre le jugement n’a jamais été entendu et le juge a ignoré le fait que les fonctions du représentant syndical étaient protégées par le code du travail malgache. Pour que justice soit faite, les syndicats demandent un réexamen judiciaire de la condamnation et soutiennent que le procès et la condamnation ont enfreint des articles de loi. Ils souhaitent également que Sento soit réintégré à E-Toile SA.

Pendant la période d’emprisonnement, les syndicats sont descendus dans la rue pour protester contre l’injustice et ont été soutenus par IndustriALL et la CSI Afrique qui ont écrit des lettres de protestation à E-Toile SA et à la direction d’Alsico.

Rafenoarimanana Leontine Mbolanomena, Secrétaire général de l’USAM, qui a fait alliance avec le SVS en tant que Randrana Sendikally, a déclaré :

“Au nom de l’alliance, de Sento Chang et de sa famille, nous sommes profondément reconnaissants à IndustriALL, à la CSI Afrique et aux autres parties prenantes, pour le soutien indéfectible qui a été apporté pendant la période de son emprisonnement. Cependant, malgré sa libération, notre combat se poursuivra jusqu’à ce que l’État malgache reconnaisse les violations qu’il a commises et y remédie en vidant le casier judiciaire de Sento et en prenant des mesures pour s’assurer qu’il retrouve son emploi. C’est pourquoi nous vous demandons de continuer à nous soutenir pendant la CIT, en particulier lorsque le cas de la violation par Madagascar des conventions 87 et 98 sera soulevé.”

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, a déclaré :

“Nous soutenons le SVS pour son engagement inébranlable en faveur des droits des travailleurs et des syndicats à Madagascar, comme en témoigne cette campagne pour la libération de Sento Chang et pour que le système judiciaire protège les syndicats au lieu de l’utiliser pour les démolir. Le fait d’être un représentant syndical n’est pas un crime et nous soutenons fermement les appels à l’annulation de la condamnation et de la peine.”

Les syndicats indiens demandent à l’OIT de discuter des atteintes aux droits des travailleurs

Les droits des travailleurs durement acquis et inscrits dans les anciennes lois sur le travail ont été dilués ou supprimés de manière antidémocratique et anticonstitutionnelle avec pour principe de “faciliter la pratique des affaires”.

Les fédérations syndicales d’Inde, parmi lesquelles les affiliés d’IndustriALL, ont fait entendre leur voix, notamment par des grèves générales, contre les politiques et les actions anti-ouvrières du gouvernement central.

En vertu du nouveau code du travail, le terme “usine” exclut toute responsabilité pour les employeurs comptant moins de 20 travailleurs. La durée quotidienne du travail est passée de huit à douze heures, les États du Maharashtra et du Karnataka étant déjà en train de la mettre en œuvre. Les employeurs qui comptent moins de 300 travailleurs dans leurs usines n’ont plus besoin de l’autorisation préalable des autorités gouvernementales compétentes pour procéder à des licenciements ou à des fermetures. Les syndicats craignent que l’introduction de “l’emploi à durée déterminée” dans la nouvelle loi n’augmente encore le travail précaire. La nouvelle loi ne garantit pas non plus la sécurité sociale à tous les travailleurs et travaillleuses.

En tant qu’État membre de l’OIT, l’Inde a l’obligation de respecter les normes internationales du travail, mais en réalité, le gouvernement mène des politiques contraires.

Cette lettre fait référence à la plainte déposée par les syndicats indiens auprès de l’OIT en 2015 concernant la violation de la convention 81 de l’OIT sur l’inspection du travail. La situation s’est depuis lors aggravée. La nouvelle loi sur la sécurité, la santé et les conditions de travail contredit les dispositions de la C81 qui appellent à la libre initiative des inspecteurs du travail pour entrer sur le lieu de travail sans préavis et à leur faculté d’engager à discrétion des poursuites judiciaires sans avertissement préalable. Dans le nouveau code, l’inspecteur du travail est un facilitateur qui ne peut pas engager de poursuites judiciaires contre un employeur, mais doit plutôt lui donner l’occasion de se conformer aux dispositions en matière de sécurité.

Les syndicats ont demandé que les violations délibérées et continues des normes internationales du travail par le gouvernement soient inscrites à l’ordre du jour de la CIT de cette année. Ils ont également demandé à l’OIT de prendre note de la plainte déposée par la CSI auprès du Comité de la liberté syndicale en 2019 concernant la violation de la liberté syndicale dans l’affaire Maruti Suzuki ainsi que le mépris du gouvernement pour les normes internationales dans l’organisation du G20 sous la présidence indienne.

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, a déclaré à ce sujet  :

“IndustriALL se tient fermement aux côtés de ses affiliés indiens et soutient leur demande en vue d’un débat au sein de la CIT sur les atteintes du gouvernement indien aux droits des travailleurs. Les gouvernements ont la responsabilité d’inclure les points de vue syndicaux lorsqu’ils prennent des décisions sur des questions liées au travail. Le mécanisme tripartite ne peut être ignoré”.

Illustration : CIT 2023, séance plénière, Crozet – Pouteau / OIT

La lutte pour des salaires décents se poursuit

Les salaires sont l’une des conditions d’emploi qui ont l’effet le plus direct sur la vie quotidienne des travailleurs et travailleuses. Une augmentation régulière et adéquate des salaires peut constituer un moyen de réduire les inégalités, d’accroître les exigences et de contribuer à la stabilité économique.

En mai, les syndicats indiens ont fructueusement négocié avec la direction de Coal India et ont obtenu une augmentation de 19 % des salaires et de 25 % des indemnités complémentaires. Le Comité bipartite conjoint sur l’industrie du charbon (JBCCI-XI), composé de centrales syndicales et de la direction de Coal India Limited (CIL), a signé le onzième accord national sur les salaires dans l’industrie du charbon (NCWA-XI). L’accord est valable pour une période de cinq ans. Environ 280.000 travailleurs et travailleuses permanents de CIL et de ses filiales, ainsi que de Singareni Collieries Company Limited (SCCL) bénéficieront de cet accord.

En Serbie, les syndicats de la mine de cuivre ZiJin Bor, appartenant à une société chinoise, ont signé une convention collective prévoyant une augmentation de salaire de 15 %. Dans la nouvelle convention, les salaires passeront de RSD177 (1,6 dollar) à RSD192 (1,7 dollar) de l’heure. Un montant forfaitaire de 4.000 dinars (36 dollars) a également été inclus dans le salaire de base. L’entreprise a accepté de maintenir la CCT existante à la suite d’une forte démonstration de solidarité entre tous les syndicats présents sur ce lieu de travail.

En juillet de l’année dernière, les syndicats sud-africains NUMSA (Syndicat national des métallurgistes) et NUM (Syndicat national des mineurs), ont signé un accord salarial avec le fournisseur d’électricité Eskom. L’accord, signé lors du Forum central de négociation (CBF), prévoyait une augmentation de salaire de 7 %, une augmentation de l’allocation de logement de 400 rands (24 dollars) et un engagement à poursuivre les négociations en vue d’améliorer les salaires et les conditions de travail.

Les travailleurs d’une usine automobile d’Iran Khodro à Tabriz ont entamé une grève sauvage pour protester contre le non-paiement des salaires. Iran Khodro est le principal constructeur automobile d’Iran, fabriquant des véhicules, des camions, des minibus et des autobus. Le Syndicat des métallurgistes et des machinistes d’Iran (UMMI) a indiqué que les conditions dans les usines étaient catastrophiques dans tout le pays, l’impact économique de la pandémie s’ajoutant aux conséquences des sanctions américaines. Les grandes usines automobiles et leurs fournisseurs ont été touchés et de nombreuses entreprises n’ont pas payé les salaires et les cotisations de sécurité sociale. Les travailleurs et travailleuses n’ont donc pas pu bénéficier d’avantages sociaux ou de soins de santé.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kan Matsuzaki, a déclaré :

“Les syndicats ont un rôle important à jouer dans la lutte pour des salaires décents. L’augmentation des salaires réels est rendue possible grâce au pouvoir de négociation collective et à la forte solidarité entre les travailleurs et travailleuses et leurs syndicats. Nous devons continuer à lutter pour un salaire décent pour tous et toutes”.

Une législation européenne sur le devoir de diligence est un pas dans la bonne direction, mais l’UE doit faire mieux

Le vote du rapport du Parlement sur la proposition de Directive relative au devoir de diligence en matière de développement durable des entreprises est une étape importante pour faire passer les personnes et la planète avant les profits ainsi que pour responsabiliser toutes les entreprises.

L’époque où les entreprises pouvaient faire des profits par le biais de l’exploitation de l’environnement et sur le dos des droits fondamentaux de leurs travailleurs et travailleuses, tout comme ceux de leurs fournisseurs de par le monde, est bientôt révolue.

Cependant, ce processus n’est pas encore abouti et les forces d’opposition restent actives. Le lobbying contre la directive européenne a été extrêmement important et lui a permis d’obtenir quelques victoires lors du vote final du Parlement européen : plus de référence au devoir d’un directeur d’entreprise d’agir dans l’intérêt des personnes et de la planète ; plus de marge de manœuvre pour les États membres pour aller au-delà des règles minimales de l’UE ; pas d’inversion de la charge de la preuve pour les victimes ; pas d’inclusion complète du secteur financier.

Maintenant que le Parlement européen a adopté sa position, les négociations triangulaires peuvent commencer avec le Conseil et la Commission européenne pour une adoption finale de la Directive de l’UE prévue pour la fin de 2023.

IndustriAll Europe, IndustriALL Global Union et leurs syndicats affiliés dans plus de 100 pays demandent instamment aux négociateurs de l’UE de combler les lacunes restantes et d’adopter les toutes premières règles transnationales contraignantes en matière de diligence raisonnable que réclament les 50 millions de travailleurs et travailleuses des industries qu’ils représentent.

Faire des affaires, à l’intérieur ou à l’extérieur de l’UE, doit signifier faire des affaires de manière responsable et les entreprises doivent assumer la responsabilité de leurs actes.

La Secrétaire générale adjointe d’industriAll Europe, Judith Kirton -Darling, a déclaré :

“Ce vote est un pas dans la bonne direction, mais l’Union européenne doit agir en faveur des travailleurs et travailleuses et tenir toutes les entreprises responsables de leurs actes. Les travailleurs et travailleuses méritent des conditions de travail adéquates et le respect de leurs droits ! Les entreprises européennes ne peuvent pas simplement détourner le regard de leurs chaînes d’approvisionnement. Les personnes avant les profits !”

Voici ce qu’a déclaré Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL :

“Il s’agit d’un grand pas en avant vers la responsabilité des entreprises et l’obligation de protéger les droits de l’homme dans les chaînes d’approvisionnement mondiales. L’UE doit prendre l’initiative en matière de respect, de protection et d’autonomisation des travailleurs et travailleuses. La lutte continue à cet égard. Notre prochaine étape sera de faire valoir la même position s’agissant d’un traité contraignant des Nations unies.”

 

Grève des verriers à l’usine Owens-Illinois de Montréal

“Notre pouvoir d’achat diminue rapidement. Nous refusons des réductions de salaires à un moment où nos familles souffrent de l’augmentation du coût des produits alimentaires, du logement et des prêts hypothécaires. Nous disons non ; cette fois-ci, nous mettons les pieds dans le plat”,

explique Éric Dumas, Président de la section locale 206G du Syndicat des Métallos USW, qui représente les travailleurs et travailleuses de l’usine O-I.

La convention collective a expiré en février. La grève est alimentée par un certain nombre de questions qui constituent depuis longtemps une source de mécontentement parmi les travailleurs et travailleuses. Le syndicat a fait valoir que les salaires stagnaient et ne correspondaient pas à l’augmentation du coût de la vie. En outre, des inquiétudes ont été exprimées quant à la détérioration des conditions de travail, qui met en péril le bien-être des salariés.

Les travailleurs et travailleuses de l’usine O-I sont déterminés à faire entendre leur voix et à obtenir des changements positifs. La grève a attiré l’attention de la communauté locale et du mouvement syndical, avec des messages de solidarité d’autres syndicats et organisations, soulignant l’importance pour les travailleurs et travailleuses de s’unir pour défendre leurs droits.

L’usine de Pointe-Saint-Charles est la seule verrerie au Québec qui fabrique des bouteilles pour bière brune et autres récipients en verre. Les piquets de grève ont perturbé les activités de l’usine et démontré la détermination inébranlable des grévistes. La grève affecte la chaîne d’approvisionnement qui dépend des produits de conditionnement en verre d’O-I, suscitant l’inquiétude des détaillants et des entreprises. Les travailleurs veulent être reconnus et respectés pour la contribution qu’ils ont apportée à cette entreprise et les sacrifices qu’ils ont consentis lors des précédents renouvellements de convention.

Le dernier round de négociations a eu lieu le 25 mai, mais aucune offre décente n’a été faite par l’employeur. Une date en vue d’une nouvelle réunion n’a pas encore été fixée.

“La grève à Montréal témoigne du pouvoir de l’action collective et de la détermination inébranlable des travailleurs et travailleuses à améliorer leurs conditions de travail. Nous exprimons notre solidarité et soutenons fermement la lutte de nos camarades de Pointe-Saint-Charles,”

a déclaré Alex Ivanou, Directeur de la section des matériaux d’IndustriALL.

 

Glencore continue à faire passer les profits avant les gens

Les nombreuses violations des droits des travailleurs et des droits de l’homme commises par Glencore ont dominé la réunion, tout comme les préoccupations exprimées par les communautés indigènes, tandis que l’entreprise sape la Transition juste et réduit au silence ses détracteurs.

Des syndicats, des ONG et des communautés indigènes ont fait part de témoignages effrayants sur l’impact du désengagement irresponsable de Glencore de la mine de charbon de Prodeco en Colombie.

Juan Carlos Solano, de l’affilié colombien d’IndustriALL, SINTRACARBÓN, a déclaré :

“De nombreux emplois sont délocalisés et les conditions de travail des travailleurs de ces entreprises sont moins bonnes. Ils sont harcelés et les salaires ne sont pas à la hauteur. Que va faire Glencore à ce sujet ?”

La communauté indigène Yukpa, de Colombie, vit aux abords d’El Cerrjón, la plus grande mine de charbon d’Amérique latine, propriété de Glencore depuis 2021. Cette communauté souffre de l’exploitation minière à ciel ouvert à grande échelle, les rivières étant détournées ou contaminées. Les dirigeants de la communauté ont expliqué devant l’AG que 40 enfants meurent chaque année à cause d’une eau empoisonnée.

Au cours de la réunion, les critiques n’ont cessé de fuser. Dominic Lemieux, Coprésident de la section des mines et DGOJP, a déclaré :

“Glencore continue de travailler avec des sous-traitants à la mine de cuivre Horne Smelter au Canada, mettant ainsi à mal la convention collective.”

Glencore privilégie un style de gestion non interventionniste, les responsables locaux étant encouragés à prendre des décisions de gestion sans se référer à une norme mondiale. Les questions posées lors de l’assemblée générale annuelle sur l’histoire mouvementée de Glencore, en contradiction avec l’importance croissante de l’ESG, n’ont jamais été directement abordées et ont souvent été renvoyées aux directions locales, responsables de la gestion des mines.

Malgré les critiques constantes, le président du conseil d’administration, Kalidas Madhavpeddi, a répondu à toutes les questions de manière générique et sans jamais présenter d’excuses :

“Glencore respecte les droits de l’homme et travaille en étroite collaboration avec les communautés autochtones. Nous respectons les syndicats et les droits des travailleurs. Nous condamnons toute violation commise à l’encontre des personnes qui travaillent dans les mines et dans les communautés”.

Glen Mpufane, Directeur de la section des mines d’IndustriALL, a déclaré :

“Nous sommes extrêmement déçus. Malgré les preuves, Glencore a tout nié. Elle renvoie aux activités locales ; le conseil d’administration n’étant responsable de rien. Rien de ce qui a un impact sur les travailleurs ainsi que les communautés riveraines et indigènes n’est la faute de Glencore”.
 
"Nous allons intensifier notre campagne mondiale : Glencore ne peut pas continuer à faire des profits au détriment du bien-être et de la viabilité des gens.

Cette AG est venue clôturer plusieurs journées de réunions, dont celle du réseau Glencore, ainsi que la pré-AG destinée à la communauté des investisseurs.

Principes directeurs de l'OCDE à l'intention des entreprises multinationales

Bien qu'ils n'aient pas force légale, les Principes directeurs de l'OCDE à l'intention des entreprises multinationales sont un des rares instruments internationaux que les organisations syndicales ont à leur disposition pour s'efforcer d'obtenir le respect des normes internationales du travail par les entreprises multinationales (EMN).

Ces Principes directeurs ont été considérablement renforcés dans l'édition 2011 par l'ajout d'éléments clés de l'action menée par les Nations unies sur les entreprises et les droits de l'homme et aussi par l'harmonisation du chapitre sur l'emploi et les relations professionnelles avec la Déclaration de l'OIT sur les EMN. De ce fait, les Principes directeurs s'appliquent sans conteste aux relations d'emploi indirect et aux chaînes d'approvisionnement.

Les gouvernements qui souscrivent à ces Principes directeurs doivent mettre en place des Points de contact nationaux (PCN) chargés d'aider au traitement des plaintes et accusations pour violation des Principes directeurs.

Les Principes directeurs peuvent être utilisés pour défendre les droits syndicaux de salariés, de travailleurs contractuels et de travailleurs dans d'autres maillons de la chaîne d'approvisionnement. La plupart des cas invoqués par des syndicats au titre des Principes directeurs portent sur les droits des travailleurs de créer des organisations syndicales ou d'y adhérer et de négocier collectivement, mais aussi sur une série d'autres questions telles que le travail précaire, la divulgation d'informations, le travail forcé, la discrimination, la santé et la sécurité, l’environnement et la corruption.

La Commission syndicale consultative (TUAC) auprès de l'OCDE a publié un guide intitulé Guide syndical pour les Principes directeurs de l'OCDE à l'intention des entreprises multinationales, pour aider les syndicats à utiliser les Principes directeurs de 2011 sur les lieux de travail et dans les campagnes pour la défense des droits des travailleurs et pour l'amélioration des conditions de vie et de travail. Il contient aussi une liste de contrôle à l'intention des syndicats.

Procédure de recours des PCN

Le Guide OCDE sur le devoir de diligence pour une conduite responsable des entreprises donne des informations précieuses en matière de diligence raisonnable et de mécanismes de réparation.