La réunion du Comité exécutif d’IndustriALL appelle à la paix et à la justice sociale

La réunion a appelé au retrait des troupes russes et à la restauration de l’intégrité territoriale de l’Ukraine, ainsi qu’à une campagne en faveur de la solidarité, de la justice sociale et de la paix pour les syndicats ukrainiens. Plus de 47 % de l’approvisionnement énergétique de l’Ukraine a été mis à mal par les forces russes depuis le début de l’invasion en février 2022. Leisa Semeniaka, du syndicat ukrainien Atomprofsilka, a fait part aux délégués de l’énorme souffrance des travailleurs, des travailleuses et du peuple ukrainiens. Les droits des travailleurs sont également restreints par de nouvelles lois qui contreviennent au droit du travail européen ainsi qu’aux conventions 87 (liberté syndicale et protection du droit syndical) et 98 (droit à la syndicalisation et à négociation collective) de l’OIT.

La réunion du Comité exécutif a mis l’accent sur les points chauds de la planète en matière de droits des travailleurs et de violations syndicales, notamment l’Afghanistan, où le gouvernement taliban assassine des femmes et viole les droits des travailleuses et les droits de l’homme, et la Biélorussie, où des syndicalistes ont été emprisonnés. La réunion a adopté une résolution pour la libération du Secrétaire général Kim Jun-young, qui condamne fermement la répression violente des travailleurs par le gouvernement coréen et sa police, leur comportement antisyndical et favorable aux entreprises, ainsi que le groupe POSCO pour avoir violé les droits syndicaux.

Au sujet du Myanmar, Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL, a déclaré :

“Nous devons être une voix internationale forte pour tous les travailleurs et nous faisons maintenant pression sur toutes les marques pour qu’elles planifient leur sortie de manière responsable. Nous avons reçu des signaux positifs de la part de grandes marques comme Primark, Uniclo et Inditex. D’autres, comme H&M, pensent encore qu’il est possible de faire preuve d’une diligence raisonnable suffisante dans le pays pour justifier leur maintien. De plus en plus de preuves indiquent le contraire et il n’y a pas lieu de chercher d’excuses.”

Abdelmajid Matoual, du syndicat marocain FNTE/UMT, a parlé aux délégués des relations précaires actuelles entre le gouvernement et les syndicats dans le pays, où le dialogue social est inexistant et où le gouvernement n’a pas encore mis en œuvre les accords conclus avec les syndicats.

S’exprimant sur le succès de l’accord du Bangladesh dans la mise en place d’un environnement de travail plus sûr dans le secteur du textile et de la confection dans le pays, Kalpona Akter, du syndicat bangladais BGIWF, a insisté sur la nécessité de conclure des accords juridiquement contraignants pour garantir les acquis des travailleurs et travailleuses. L’accord du Bangladesh est actuellement étendu au Pakistan.

Rendant compte des débats du Comité des femmes qui s’est tenu le 18 juin, Ilvana Smajlovic, de HIN BIH, Bosnie, a posé la question de savoir comment le féminisme pouvait changer les syndicats et a souligné la nécessité d’une politique forte en matière de violence et de harcèlement fondés sur le genre, de misogynie et de sexisme.

“L’Afrique est trop importante et on ne peut la laisser être détruite par les inégalités sociales et les conséquences du capitalisme mondial. Ce continent a besoin de formes de développement dignes grâce à des politiques industrielles et commerciales durables et à des emplois décents”,

a déclaré Jörg Hoffman, Président d’IndustriALL, lors de son discours d’ouverture. Il a remercié les affiliés sud-africains NUM, NUMSA, SACTWU et UASA pour leur soutien.

D’autres questions ont été abordées, notamment la participation d’IndustriALL à la Conférence internationale du travail, où elle a présenté des déclarations devant le Comité d’experts sur l’application des normes et recommandations internationales, ainsi que les débats sur la Transition juste. La réunion est convenue de coopter des jeunes en tant qu’observateurs pour les futures réunions du Comité exécutif jusqu’au prochain congrès d’IndustriALL en 2025. En outre, le Comité d’orientation des multinationales récemment constitué traitera des questions de diligence raisonnable dans les chaînes d’approvisionnement, ce qui viendra en complément des accords-cadres mondiaux actuellement en place. La réunion a également pris la décision de renforcer la coopération entre IndustriALL Global Union et industriAll Europe.

Le Comité des femmes d’IndustriALL élabore une perspective de genre pour la Conférence politique de mi-mandat

Plus de 100 femmes du monde entier ont participé à la réunion du 18 juin au Cap, en Afrique du Sud, la première d’une semaine de réunions précédant la Conférence politique de mi-mandat d’IndustriALL.

“Nous avons ici une tâche importante à accomplir. Nous luttons pour l’égalité des sexes et nous sommes fières d’avoir des camarades masculins forts qui nous soutiennent. Si nous voulons progresser, nous devons accroître nos connaissances et c’est ce que nous faisons ici”,

a déclaré Hashmeya Alsadawe, Vice-présidente d’IndustriALL.

La Secrétaire générale adjointe, Christine Olivier, a déclaré :

“Le féminisme est perçu de manière différenciée, il est vu comme relevant de femmes qui veulent prendre la place les hommes, mais nous devons changer cette perception. Nous ne sommes pas ici pour renverser les hommes, nous sommes ici pour déterminer comment inclure les femmes dans la construction de syndicats forts, comment nous assurer que les besoins des femmes soient pris en compte dans tous les secteurs et toutes les entreprises et nous sommes ici pour nous assurer que les femmes soient incluses dans le processus de Transition juste.”

Une session sur la manière dont le féminisme peut changer les syndicats a été présidée par Rose Omamo, Vice-présidente d’IndustriALL.

“Lorsque nous parlons de féminisme, les gens pensent que nous voulons prendre la place des hommes, ce qui n’est pas le cas. Le féminisme, cela signifie lutter contre la domination et les inégalités”,

a déclaré Rose Omamo.

Les femmes participant à la réunion ont partagé leurs expériences sur le féminisme et un dénominateur commun a été le manque de visibilité des femmes dans les syndicats et aux postes de direction, ainsi que le fait que l’égalité des sexes est une lutte permanente. De nombreuses femmes ont fait part de leur expérience : elles sont souvent considérées comme incapables de diriger et, pour parvenir à une syndicalisation féministe, tout le monde doit travailler ensemble.

La professeure Akuka O Britwum, experte ghanéenne en matière de genre et de travail, qui a fait un exposé sur la manière dont le féminisme peut changer les syndicats, a déclaré :

“Le féminisme pourrait aider à construire la démocratie dans les syndicats, c’est-à-dire rendre ces syndicats légitimes et pertinents. Nous devons amener les hommes au cœur de la discussion afin de démanteler le patriarcat et la masculinité toxique”.

Irati Bañuelos de l’ELA (Espagne) a partagé son expérience sur la façon dont son syndicat a travaillé pour devenir un syndicat féministe.

“Les femmes qui œuvrent dans mon syndicat voulaient le faire dans une organisation féministe. En 2017, nous avons procédé à un diagnostic participatif et nous avons constaté que notre syndicat reproduisait la discrimination existant dans la société à l’encontre des femmes. Oui, nous avons rencontré une certaine résistance de la part des hommes, et ce processus a été long et difficile, mais intéressant, et nous avons découvert que nous devions travailler différemment. Nous devons améliorer le recrutement et les négociations collectives concernant les femmes”,

a déclaré Irati Benuelos.

Armelle Seby, Directrice pour l’égalité hommes-femmes et les cols blancs, a déclaré :

“Nous devons nous assurer de la présence d’une perspective de genre lors de notre Conférence de mi-mandat. Les syndicats doivent collecter des données afin d’évaluer l’impact différent sur les femmes et les hommes des inégalités croissantes et des transformations en cours dans le monde du travail et élaborer des stratégies tenant compte de l’égalité entre les hommes et les femmes. Nous devons étendre la protection sociale aux femmes dans l’économie informelle. Nous devons promouvoir une approche sexospécifique de la diligence raisonnable en matière de droits de l’homme afin de transformer les normes sociales discriminatoires et nous devons veiller à ce que les entreprises rendent des comptes. Nous devons nous assurer que des plans de Transition juste permettront l’égalité des chances pour les femmes et les hommes dans l’accès aux futurs emplois”.

Tout le monde a besoin d’une protection sociale

En février, la Fédération indonésienne des travailleurs de la chimie, de l’énergie, des mines, du pétrole et du gaz (FSP KEP) a obtenu des dispositions en faveur des mères de famille, après cinq ans de négociations avec PT Garudafood Putra Putri Jaya Tbk (Garudafood). Sept cents travailleuses peuvent désormais bénéficier de nouvelles dispositions telles que l’accès à une salle d’allaitement et à un centre de garderie d’enfants ainsi qu’une allocation spéciale.

Ces travailleuses ont été recrutées par le FSP KEP par le biais de sa section des industries diverses. IndustriALL et le programme Union-to-Union lui ont offert une formation au développement syndical, ce qui leur a permis de faire inclure la salle d’allaitement dans la dernière convention collective.

En juin dernier, le ministère du travail et de l’emploi du Bangladesh a lancé, en collaboration avec l’Organisation internationale du travail, un projet pilote de régime d’indemnisation des accidents du travail. Ce régime couvre les quatre millions de travailleurs et travailleuses du secteur du prêt-à-porter du pays. Le régime des accidents du travail (EIS) est une forme de protection sociale qui prévoit une indemnisation pour les traitements médicaux et les services de réhabilitation, ainsi que pour la perte de revenu causée par les accidents du travail et les maladies professionnelles.

Ce projet vise à compléter les indemnités forfaitaires déjà versées au Bangladesh en cas de décès ou d’invalidité permanente dus à un accident du travail et à faire en sorte que les indemnités liées au travail soient conformes aux normes internationales du travail.

En septembre 2022, les affiliés d’IndustriALL au Maroc, en Jordanie, en Tunisie, en Égypte et en Palestine ont lancé une campagne de lutte en faveur de la protection sociale et de meilleures normes de santé et de sécurité dans les usines de textile, de confection et de chaussures de la région. Les syndicats du textile de la région MENA se sont joints à l’appel mondial en lançant la campagne ayant pour thème “Les travailleurs et travailleuses de la confection ont besoin d’usines sûres”.

Kan Matsuzaki, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, a déclaré :

“La protection sociale est indispensable, mais de nombreux travailleurs et travailleuses en sont privés parce que les entreprises s’y soustraient et que la loi n’est souvent pas appliquée correctement. Nombre sont ceux et celles qui se retrouvent sans pension au moment de prendre leur retraite et les femmes sont privées de leurs droits de maternité. Nous devons œuvrer ensemble pour nous assurer que tous les travailleurs et travailleuses aient accès à la protection sociale”.

Les fédérations syndicales internationales rencontrent des représentants du Gouvernement d’unité nationale du Myanmar

Le Ministre Aung Myo Min a salué les efforts déployés par les fédérations syndicales internationales pour mobiliser le mouvement syndical au plan mondial en faveur de la reconnaissance du GUN et de l’imposition de nouvelles sanctions économiques contre la junte militaire.

Le ministre a indiqué que l’armée perdait de plus en plus le contrôle, 52 % du territoire n’étant plus sous contrôle militaire, et qu’un mouvement de désobéissance civile résistant s’opposait au régime.

Les militaires sont coupables de génocide à l’encontre des Rohingyas. Cependant, le régime commet maintenant un démocide : il considère son peuple comme l’ennemi. Bien que l’armée perde des territoires, elle dispose de la suprématie aérienne et l’utilise pour mener des frappes contre les civils.

Il est essentiel que toutes les ressources financières qui bénéficient à l’armée soient coupées, ainsi que les fournitures et services essentiels, en particulier le carburant d’aviation et l’accès au réseau de paiement SWIFT. L’armée utilise les devises étrangères qu’elle reçoit pour acheter des armes et des munitions.

“Ensemble avec d’autres fédérations syndicales internationales, IndustriALL a réitéré son soutien au mouvement démocratique”,

a déclaré Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL.

“Cela fait deux ans que la junte militaire a pris le pouvoir et nous continuons à insister sur la nécessité urgente d’appliquer des sanctions économiques globales pour couper les ponts avec son gouvernement illégitime.”

Les syndicalistes demandent l’abandon de toutes les charges retenues contre les dirigeants syndicaux emprisonnés en Biélorussie

Les délégués présents à la manifestation ont exigé que toutes les charges retenues contre les dirigeants emprisonnés soient abandonnées et que les organisations internationales soient autorisées à se rendre dans le pays.

Maksim Pazniakou, Président en exercice du Congrès biélorusse des syndicats démocratiques (BKDP), a déclaré :

“Nous vous remercions d’être ici et de soutenir nos collègues biélorusses. Votre soutien est très important pour ceux qui sont en prison ; ils savent qu’ils ont le soutien de l’extérieur et qu’ils ne sont pas seuls. J’espère que l’adoption de l’article 33 poussera les autorités à respecter les droits des travailleurs et qu’elle contribuera à libérer nos camarades de prison et à restaurer le mouvement syndical indépendant dans le pays.”

En début de semaine, la CIT a adopté une résolution au titre de l’article 33 de la Constitution de l’OIT, contestant le mépris persistant de la Biélorussie pour les droits des travailleurs et l’arrestation d’innombrables syndicalistes. L’article 33 s’attaque au non-respect d’un rapport d’une commission d’enquête de l’OIT. Cette commission a été établie en 2003 concernant les violations des Conventions 87 et 98 de l’OIT. Cette adoption signifie que les États membres prendront toutes les mesures possibles pour que la Biélorussie mette en œuvre les recommandations de cette enquête. Cela pourrait se traduire par des sanctions, mais aussi par un soutien aux personnes persécutées par le régime et à leur lutte pour les droits des travailleurs au niveau international.

C’est la première fois, en plus de 100 ans d’histoire de l’OIT, que les délégués à la Conférence internationale du travail, représentant les gouvernements, les employeurs et les syndicats, prennent une telle mesure pour mettre fin à des violations de la liberté syndicale. Jusqu’à présent, cette procédure n’avait été utilisée qu’une seule fois, en 2000, à l’encontre du Myanmar, qui recourait au travail forcé.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, a déclaré :

“Nous luttons contre un dictateur et sommes unis avec les travailleurs et travailleuses de Biélorussie. Nous ne baisserons pas la garde tant que les otages politiques ne seront pas libérés. Il s’agit d’une lutte pour la démocratie et pour les droits fondamentaux des travailleurs. Nous avons fait un grand pas en avant avec la décision de la CIT sur l’article 33 et nous continuerons jusqu’à ce que nous obtenions justice pour la Biélorussie. Notre lutte continue et nous vaincrons.”

L’armée casse la grève dans une usine du Myanmar soutenue par l’UE

Au début du mois de juin, sept travailleurs et travailleuses de l’usine de confection Hosheng Myanmar à Rangoun ont été licenciés pour avoir réclamé une augmentation de salaire de 1,68 $ à 1,96 $. Six cents travailleurs et travailleuses de l’usine, qui produisent pour l’une des plus grandes marques mondiales, Zara, ont entamé une grève, qui a été brusquement interrompue après que l’employeur a fait appel à l’armée pour menacer sa main-d’œuvre.

Ce 14 juin, les sept travailleurs et travailleuses qui ont mené la revendication salariale, Ma Aye Thandar HTay, MA Thandar Htay, Ma May Thu Min, Ko Aung Aung, Ko Ye Naing, Ko Ye Thwe Hlaing, ont été licenciés et une dirigeante, Ma Thu Thu San, a été arrêtée. Il n’y a eu aucun contact avec Ma Thu Thu San depuis son arrestation et l’inquiétude concernant sa sécurité va croissant.

Plus de 300 syndicalistes et militants ont été arrêtés au cours des deux années qui ont suivi le coup d’État militaire. La junte militaire du Myanmar a interdit la quasi-totalité des syndicats, réduisant ainsi à néant le droit fondamental à la liberté syndicale.

Toutefois, pour contrer cette image, la junte a enregistré certaines organisations de travailleurs en tant que syndicats, un processus soutenu par le projet MADE in Myanmar de l’UE.

Ce projet, financé par l’UE et des marques de vêtements basées en Europe, prétend établir un dialogue social au niveau de l’usine dans l’industrie de la confection, mais il a été condamné par des syndicats indépendants et des organisations de travailleurs au Myanmar comme relevant du blanchiment d’argent.

“L’intervention de l’armée dans une grève et l’arrestation de travailleurs et travailleuses montrent une fois de plus que la liberté syndicale est une chose impossible au Myanmar. L’UE devrait sans hésiter mettre un terme au projet MADE in Myanmar, qui ne fait que donner au gouvernement de ce pays une légitimité qu’il n’a pas”,

a déclaré Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL.

“Les travailleurs et travailleuses licenciés doivent être immédiatement réintégrés et ne doivent pas faire l’objet de menaces ou d’attaques de la part de l’employeur, de la police ou des forces armées. Ma Thu Thu San doit pouvoir rentrer chez elle en toute sécurité, avec effet immédiat”.

Les forces de sécurité interrompent les manifestations syndicales à Casablanca

Khalid al-Huwair al-Alami, Secrétaire général adjoint de la CDT, a déclaré :

“Cette marche est légitime en raison de la réalité de la situation au Maroc. La marche est légale, car le droit de manifester, de protester est garanti par les conventions internationales et la Constitution”.

Les membres et les dirigeants de la CDT ont refusé la marche soit arrêtée, car il s’agit d’une violation de la Constitution. Ils ont déclaré que la manifestation était pacifique et que les travailleurs et travailleuses avaient le droit de s’opposer aux politiques gouvernementales et à la détérioration de l’environnement socio-économique du pays.

Les travailleurs et travailleuses ont exprimé leur refus catégorique des licenciements, de la privation de leurs droits et de l’accumulation de richesses aux dépens des pauvres. Ils ont souligné que cette interdiction ne les empêcherait pas de défendre leurs droits et une vie décente pour la classe ouvrière.

Dans un communiqué publié le 5 juin, le Bureau exécutif de la CDT a fait savoir que cette répression est une grave violation des droits et libertés et une violation des conventions internationales, sans parler de la Constitution. Ils appellent au respect des droits syndicaux et à l’intervention de l’État pour mettre fin à la vague d’augmentation des prix des matières premières et des carburants, ainsi que pour protéger le pouvoir d’achat des citoyens.

Ils demandent également une augmentation de l’emploi et la fin de la corruption. Ils soutiennent la mise en œuvre des accords signés avec le gouvernement en avril 2022. Ils continueront à se mobiliser face à ces défis.

“Nous appelons le gouvernement du Maroc à s’engager avec les syndicats dans un véritable dialogue social qui doit déboucher sur des solutions pratiques pour lutter contre la baisse du pouvoir d’achat des citoyens ainsi que des travailleurs et travailleuses dans le pays”,

a déclaré Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL.

Le gouvernement irakien retire sa proposition d’augmentation du prix des carburants face aux protestations des travailleurs

Les manifestations ont été organisées à l’initiative des salariés et des syndicats. Les travailleurs et travailleuses réclament l’annulation d’une proposition gouvernementale visant à augmenter le prix du baril de pétrole brut.

La commission des finances du parlement irakien a proposé d’augmenter le prix du baril de pétrole et d’approuver des taxes sur les produits pétroliers dans le cadre du budget de l’État pour les années 2023, 2024 et 2025. Les travailleurs et travailleuses protestataires ont appelé le gouvernement à revenir sur sa proposition d’augmentation des prix et à ne pas porter atteinte à leurs salaires ni à leurs droits.

Ils ont également appelé le gouvernement à soutenir le développement des entreprises de raffinage, ce qui permettra de réduire l’approvisionnement en carburant. Les manifestants ont mis en garde le gouvernement contre le fait de se laisser entraîner dans les politiques des institutions financières internationales en raison de leurs répercussions négatives.

La Fédération irakienne du pétrole et de la pétrochimie (IFOU) a déclaré dans un communiqué que l’augmentation représenterait un entérinement de la domination du Fonds monétaire international dans le but de remédier à un déséquilibre budgétaire. L’IFOU a critiqué la proposition d’augmenter les prix du pétrole et d’adopter des taxes sur les produits pétroliers. Elle a déclaré que cela entraînerait des manques à gagner pour les entreprises et des pertes d’emplois. Elle aurait également un impact sur le pouvoir d’achat des travailleurs et travailleuses et cette augmentation entraînerait une hausse des coûts de production.

Cela affecterait la compétitivité des entreprises, ce qui menacerait leur durabilité et leur capacité à fonctionner. L’IFOU a également exprimé son rejet de toutes les intentions visant à renvoyer des adhérents et des responsables syndicaux devant des commissions d’enquête et devant le pouvoir judiciaire dans le but de les faire taire.

Hassan Juma, Président de l’IFOU, a déclaré :

“Les manifestations de protestation ont été couronnées de succès et ont donné du fil à retordre au gouvernement, ce qui l’a amené à retirer sa proposition et à supprimer l’article du budget relatif à l’augmentation du prix du pétrole brut.”

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, a déclaré :

“IndustriALL Global Union félicite les travailleurs et travailleuses d’Irak. Vous avez défini une position et vous êtes battus face à quelque chose qui aurait un impact énorme sur votre vie quotidienne. Nous vous félicitons pour votre courage et votre détermination dans ce combat.”

La diligence raisonnable en matière de droits de l’homme est essentielle pour protéger les travailleurs

Les syndicats ont un rôle important à jouer en matière de diligence raisonnable, car les travailleurs sont souvent vulnérables à l’exploitation et aux abus dans diverses industries et régions.

Pour que les marques de stature mondiale et leurs fournisseurs pratiquent le devoir de diligence, il faut qu’il y ait un engagement mutuel significatif et qu’il soit abordé de bonne foi.

Début juin, le Parlement européen a adopté sa position sur une future directive européenne relative au devoir de diligence en matière de droits de l’homme et d’environnement. Le vote du rapport du Parlement sur la proposition de directive relative au devoir de diligence en matière de développement durable des entreprises est une étape importante pour faire passer les personnes et la planète avant les profits et pour responsabiliser toutes les entreprises.

Les accords-cadres mondiaux (ACM) constituent un autre moyen de protéger les intérêts des travailleurs et travailleuses dans l’ensemble des activités d’une entreprise multinationale. Ces accords-cadres mondiaux sont négociés au niveau international entre les syndicats et une entreprise multinationale. Ils mettent en place les meilleures normes en matière de droits syndicaux, de santé, de sécurité et de pratiques environnementales, ainsi que des principes de qualité du travail dans l’ensemble des activités d’une entreprise, que ces normes existent ou non dans un pays donné.

En signant un accord-cadre, une entreprise multinationale accepte la responsabilité de protéger et de respecter les droits fondamentaux des travailleurs et travailleuses, en particulier le droit à la syndicalisation et à la négociation collective, ainsi que d’exercer une diligence raisonnable concernant l’impact de ses activités sur les droits de l’homme dans ses installations de production et tout au long de sa chaîne d’approvisionnement. IndustriALL a conclu divers ACM avec de nombreuses multinationales.

Le Conseil japonais des métallurgistes (JCM) a publié à l’intention de ses affiliés un guide intitulé “Rôle des syndicats et attitudes face à la diligence raisonnable en matière de droits de l'homme”. Le syndicat a soumis ses commentaires sur les principes directeurs du vice-ministre parlementaire de l’économie, du commerce et de l’industrie (METI), Kazuchika Iwata, en juin 2022. Lors d’une réunion avec le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, en septembre 2022, le Vice-président d’IndustriALL et Président du JLC, Akira Takakura, a déclaré que les syndicats japonais jouaient un rôle essentiel en veillant à ce que les entreprises multinationales respectent les droits de l’homme dans leurs chaînes d’approvisionnement.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Atle Høie, a déclaré :

“La diligence raisonnable en matière de droits de l’homme doit toujours faire partie intégrante de notre travail. Nous devons tenir les entreprises responsables des infractions, mais nous devons aussi mettre en place des mesures pour nous assurer qu’il n’y en ait pas. L’époque où les entreprises, dans le monde entier, pouvaient faire des profits aux dépens de l’environnement et des droits fondamentaux de leurs travailleurs et travailleuses, ainsi que ceux de leurs fournisseurs, doit prendre fin”.

Six travailleurs tués dans l’effondrement d’une usine à Casablanca

L’accident s’est produit au cours de travaux de construction visant à agrandir le bâtiment en y ajoutant quatre étages. Trois des victimes travaillaient pour l’entreprise de construction et trois autres pour l’usine textile.

Selon le Syndicat National des Travailleurs du Textile et du Cuir – SNTTC-UMT, le chantier de construction n’était pas en conformité avec les normes légales. Le SNTTC-UMT insiste sur le fait que l’entreprise de construction doit être tenue pour responsable de l’accident en raison d’un manque de surveillance. La responsabilité incombe également aux fonctionnaires qui ont accordé l’autorisation.

Le Syndicat National de Textile Habillements et Cuirs – SNTHC-CDT a déclaré que l’usine ne remplissait pas les conditions minimales d’hygiène et de sécurité. Les ouvriers ont dû travailler malgré la présence d’un dispositif de construction mis en place au-dessus de l’usine. Le SNTHC-CDT tient les autorités pour responsables de ce qui s’est passé. Elles ont permis au propriétaire de l’usine de construire des étages supplémentaires dans un bâtiment abritant des ateliers sans prendre de mesures de protection.

Le SNTHC-CDT demande que les responsables de cette tragédie soient poursuivis et qu’ils répondent de leurs actes. Le syndicat dénonce l’absence de contrôle de l’usine qui ne respecte pas les conditions de santé et de sécurité. Le SNTHC-CDT a appelé à un débat national sur la santé et la sécurité au travail réunissant toutes les parties prenantes.

“Cet accident tragique n’était pas le premier du genre. On attendait une réaction gouvernementale après la mort par noyade de travailleurs à Tanger, mais les choses sont restées en l’état. Ces accidents fréquents impliquent la nécessité de contrôles stricts”,

a déclaré Al-Arabi Hamouk, Secrétaire général du SNTTC-UMT

Ahmed Hassoun, Secrétaire général du SNTHC-CDT, s’est exprimé en ces termes :

“Il est devenu nécessaire de structurer le secteur et de protéger les travailleurs et travailleuses contre les risques. Il faut travailler pour revoir la réalité des salariés du secteur textile et garantir leurs droits. Nous demandons au gouvernement de mettre en œuvre chez nous l’Accord international sur le sujet”.

“Il s’agit d’une tragédie inacceptable qui n’aurait jamais dû se produire. L’industrie de la confection doit être sécurisée pour les personnes qui contribuent à son énorme production. Si le gouvernement, les propriétaires d’usines et les marques veulent vraiment mettre fin à ces accidents, nous avons besoin d’un programme conforme à l’Accord pour le Maroc. IndustriALL est solidaire des victimes et de leurs familles”,

a déclaré Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL.