Des hommes armés assassinent des dirigeants syndicaux et des travailleurs au Honduras

Le 24 juin dernier, treize personnes ont été tuées par des hommes armés qui ont ouvert le feu dans une salle de billard de la ville de Choloma, au Honduras.

Parmi les personnes assassinées figurent Xiomara Cocas, Présidente du SITRAGSAM (affilié à la FESITRATEMASH-CGT), son jeune fils, Alexander Meléndez, et les dirigeants syndicaux Delmer García, José Rufino Ortiz et Lesther Almendarez.

Dans une lettre adressée à la Présidente, Xiomara Castro, condamnant l’attaque, le Secrétaire général d’IndustriALL, Atle Høie, a exhorté le gouvernement hondurien à mener une enquête approfondie afin d’identifier les responsables et de les traduire en justice. Il a également appelé le gouvernement à prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir que les syndicats et leurs représentants puissent agir sans subir d’intimidation ou de violence dans leur rôle de représentants élus des travailleurs et travailleuses.

La Coordination régionale des syndicats de l’industrie textile d’Amérique centrale, CRSMT, qui comprend les affiliés d’IndustriALL FITH (Honduras), FESTRAS (Guatemala), FESITEX/CST ZF (Nicaragua) et FEASIES (El Salvador), a également exprimé sa profonde inquiétude face à cette violente attaque.

La CRSMT a appelé le gouvernement à “veiller à ce que ces meurtres multiples ne restent pas impunis et à ce que justice soit rendue aux familles des victimes”.

Elle a également demandé à la société Gildan d’exprimer immédiatement sa solidarité avec les familles des victimes et de veiller à ce que le processus de négociation pour la fermeture de Gildan San Miguel se déroule dans les meilleures conditions possibles.

Atle Høie a déclaré :

“Nous espérons fermement que ces meurtres ne resteront pas impunis et que les familles des victimes recevront les indispensables indemnisations.

Nous demandons instamment au gouvernement hondurien de garantir le plein respect des droits de l’homme et des droits syndicaux fondamentaux consacrés par la Convention 87 de l’Organisation internationale du travail (OIT) sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical ainsi que la Convention 98 sur le droit d’organisation et de négociation collective.”

Les syndicats ghanéens en grève contre les attaques antisyndicales de Sunon Asogli Power

Le TUC Ghana exige la réintégration du président, du secrétaire et son adjoint du syndicat local. Tous trois sont membres du Ghana Mine Workers Union (GMWU), affilié à IndustriALL Global Union ainsi qu'au TUC Ghana. La Commission nationale du travail, dont le rôle consiste à enquêter sur les conflits du travail et leur trouver une issue, convient avec les syndicats que les licenciements ne se justifient pas au sens de la loi. Elle a porté l'affaire devant la Haute cour pour que celle-ci fasse appliquer sa décision ordonnant la réintégration des travailleurs. Quoi qu'il en soit, les syndicats ont fait savoir que, faute d'une solution rapide, la grève aura lieu.

"Les droits des travailleurs sont des droits de l'homme qui doivent être respectés, protégés et toujours promus. Il ne faut pas permettre aux employeurs comme Sunon Asogli de violer les droits des travailleurs. Le gouvernement doit faire appliquer la législation du travail pour protéger le droit des travailleurs de créer un syndicat de leur choix et d'y adhérer,"

a déclaré Abdul-Moomin Gbana, le secrétaire général du GMWU.

Yaw Baah, le secrétaire général du TUC Ghana, ajoute :

"Pour le monde du travail organisé du Ghana, les actions de Sunon Asogli Power violent les droits fondamentaux des travailleurs garantis par la Constitution du Ghana de 1992, la Loi sur le travail de 2003 et les conventions n° 87 (liberté syndicale et protection du droit syndical) et n° 98 (droit d'organisation et de négociation collective) de l'Organisation internationale du travail que le Ghana a ratifiées."

"IndustriALL soutient cette action collective et se félicite de l'unité des syndicats du Ghana qui s'exprime par l'appel à la grève auquel ont répondu 22 des 23 affiliés du TUC Ghana. Il est consterné par ces licenciements abusifs et par les violations de la législation nationale du travail et des normes internationales du travail. Comme le TUC Ghana, nous constatons que les violations des droits fondamentaux au travail de Sunon Asogli Power menacent les avancées obtenues par le mouvement syndical ghanéen. Or, comme la question est devant la Commission nationale du travail, nous continuons à privilégier le dialogue social qui aboutira à une solution juste pour les dirigeants syndicaux licenciés et pour les travailleurs,"

a déclaré le secrétaire général d'IndustriALL, Atle Høie.

Sunon Asogli Power est un producteur d'énergie indépendant détenu par les multinationales chinoises Shenzhen Group et China Africa Development Fund, à 60 et 40 pour cent respectivement. 

Sunon Asogli Power produit, dans ses centrales thermiques au gaz naturel de Kpone, de l'électricité qu'il fournit à la compagnie d'État Ghana Electricity Company.

Le syndicat sud-africain obtient des augmentations de salaire dans le secteur du cuir

Selon l’organisme officiel des statistiques d’Afrique du Sud, le taux d’inflation annuel des prix à la consommation du pays a ralenti à 6,8 % en avril de cette année, contre 7,1 % en mars. Il s’agit du taux le plus bas depuis mai 2022, lorsque le taux était de 6,5 %.

Dans le courant de la semaine dernière, le SACTWU a signé deux accords salariaux sous l’égide du Conseil national de négociation de l’industrie du cuir d’Afrique du Sud (NBCLI).

Les membres du SACTWU travaillant dans le secteur des articles d’usage courant et des sacs à main en cuir bénéficieront d’une augmentation de salaire de 7 %. Cette augmentation est entrée en vigueur le 1er juillet. L’accord a été conclu à l’issue d’un conflit salarial avec les employeurs représentés par l’Association des fabricants sud-africains de bagages, de sacs à main et d’articles d’usage courant.

Outre les dispositions actuelles en matière de congé payé pour responsabilités familiales, un jour supplémentaire de congé sans solde sera accordé aux travailleurs et travailleuses de ce secteur qui souhaiteront bénéficier, dans ce cadre, de cette option.

Les membres du SACTWU dans le secteur de la chaussure recevront également une augmentation de salaire de 7 %. Cet accord a été conclu après deux rounds de négociations salariales avec les employeurs du secteur de la chaussure représentés par l’Association sud-africaine des industries de la chaussure et du cuir (SAFLIA).

Le SACTWU, affilié à IndustriALL, va maintenant soumettre les nouveaux accords salariaux au ministère sud-africain de l’emploi et du travail pour qu’il les publie, les étendant ainsi à tous les lieux de travail de ces deux secteurs. Le droit du travail sud-africain permet aux conventions collectives qui remplissent certaines conditions d’être ainsi étendues à l’ensemble d’un secteur. Cela signifie qu’une fois ratifiées et publiées par le ministre sud-africain de l’emploi et du travail, ces conventions deviennent juridiquement contraignantes pour tous les employeurs et concernent tous les travailleurs et travailleuses de ces deux secteurs, à l’échelle nationale.

André Kriel, Secrétaire général du SACTWU, a déclaré :

“Les conventions collectives signées pour les secteurs des articles d’usage courant, des sacs à main et des chaussures en cuir vont maintenant être soumises à notre ministre, avec une demande de publication au journal officiel et d’extension aux employeurs qui n’y sont pas directement parties. Une fois que ce sera fait, cela donnera un nouvel élan à la campagne de notre syndicat en faveur du salaire vital”.

“La manière stratégique dont les équipes du SACTWU abordent les négociations permet de maintenir des salaires décents et de meilleures conditions de travail dans les secteurs du textile, de l’habillement, de la chaussure et du cuir. Cela illustre les avantages évidents d’une négociation centralisée. L’extension des accords permet aux membres non syndiqués d’en bénéficier également, ce qui renforce la solidarité et la puissance syndicale”,

a déclaré Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL.

Justice pour un dirigeant syndical assassiné

Devant la multiplication des attaques contre des dirigeants syndicaux, des centaines de travailleurs du vêtement, d'organisations syndicales, et de militants ouvriers, sont descendus dans la rue dans tout le pays après l'assassinat brutal de Shahidul Islam.

Shahidul Islam a été tué par des crapules à la solde de son employeur parce qu'il réclamait le paiement des salaires et de primes pour jours fériés aux travailleurs de Prince Jacquard Sweater Limited. Les dirigeants syndicaux Mostafa Kamal, Ahmed Sharif et Akkas Ali ont aussi été blessés au cours de l'agression.

IndustriALL Global Union et UNI Global Union ont publié un communiqué et écrit au premier ministre bangladais, Sheikh Hasina, pour condamner énergiquement cette horrible agression.

Leurs secrétaires généraux, Atle Høie et Christy Hoffman, y écrivent :

"les responsables de ce crime haineux doivent rendre des comptes et être poursuivis avec toute la rigueur de la loi. La liberté syndicale ne cesse d'être violée dans le pays et le gouvernement devrait veiller à ce que les organisations syndicales et leurs représentants puissent fonctionner à l'abri des intimidations et de la violence dans leur rôle de représentants élus des travailleurs."

Kalpona Akter, qui siège au comité exécutif d'IndustriALL et préside la Fédération des travailleurs de l'habillement et de l'industrie du Bangladesh, a déclaré :

"Shahidul a mobilisé des milliers de travailleurs, les a syndiqués et leur a permis de devenir des responsables d'atelier solides. Toute sa vie, il a aidé des milliers de travailleurs à obtenir les arriérés de paiement et les primes de licenciement que les patrons refusaient de leur payer. Toujours attentifs aux besoins des travailleurs, Shahidul et trois autres responsables syndicaux s'étaient réunis dans la soirée pour discuter d'un règlement à l'amiable d'un conflit salarial et de la prime de la fête d'Eid-ul-Azha. Il a trouvé la mort à cause de la sale habitude de l'industrie de mettre en avant les syndicats jaunes et de refuser d'entendre les travailleurs. Il faut que cela s'arrête. Il faut que les travailleurs puissent s'organiser et se syndiquer. Shahidul a apporté énormément au mouvement syndical; il sera profondément regretté. "

La Conférence d'orientation de mi-parcours arrête des objectifs stratégiques pour un avenir juste

"Si nous voulons défendre les droits humains et syndicaux, nous opposer au capital mondial et voulons une économie à visage humain s'accompagnant d'une transformation écologique, sociale et équitable, nous devons alors développer les ressources de notre force syndicale, principalement par l'organisation. Tous les thèmes sur lesquels nous travaillons, toutes les activités que nous entreprenons doivent concourir au renforcement de notre force d'organisation. Il n'y a pas d'autre solution,"

a déclaré le président d'IndustriALL, Jörg Hoffman, dans ses remarques liminaires.

Le président d'IndustriALL, Jörg Hoffman

L'ex-premier ministre de Suède, ancien président d'IF Metall et membre du comité exécutif d'IndustriALL, Stefan Löfvén, a dit dans son allocution :

"Il n'y a pas d'espace vide en démocratie. Nous avons besoin d'Ubuntu, de respect, de partage, de confiance, de communauté. J'existe parce que vous existez. Ce qui importe, c'est le changement que vous avez apporté dans les vies des autres."

Stefan Löfvén

Répartis en quatre sessions, les participants ont pu entendre des exposés et élaborer des stratégies sur la manière de lutter contre les inégalités croissantes, sur le renforcement du pouvoir des syndicats par le biais de l'organisation, sur l'élaboration de stratégies et la conception de plans dirigés sur des entreprises et des marques, et enfin sur la forme à donner à notre avenir grâce à une Transition juste.

La première session portait sur la manière de lutter contre les inégalités croissantes dans le monde. On y a parlé de rationalisation des stratégies, de recensement des sociétés multinationales et de leurs chaînes d'approvisionnement, d'utilisation des technologies numériques et du combat pour un salaire minimum mondial. Les participants ont convenu que les droits d'organisation et de négociation collective sont essentiels pour combattre les inégalités et déclaré que les pays du Nord doivent faire preuve d'une solidarité globale pour assurer une répartition équitable des richesses.

 

Le renforcement du pouvoir des syndicats par l'organisation était le grand thème de la deuxième session. La sous-traitance, le travail précaire et le développement incessant des chaînes d'approvisionnement constituent la menace principale pour l'organisation. L'organisation des jeunes travailleurs et travailleuses figurait en tête du programme de cette session. Des affiliés ont annoncé plus de collaborations constructives entre syndicats, et en particulier des soutiens du Nord au Sud. Des délégués ont énoncé des législations fortes, des outils internationaux et le rôle joué par IndustriALL en tant que bases solides pour l'organisation.

 

Rendre les multinationales responsables de leurs actes était le thème de la troisième session. Les multinationales recourent souvent à de nombreuses tactiques pour se soustraire à leurs responsabilités, en recourant aux menées antisyndicales, au changement d'identité, aux délocalisations et à l'évasion fiscale. Elles usent de toutes les manœuvres qui briment constamment les travailleurs. Le groupe a insisté sur la nécessité de mettre en place une campagne stratégique claire pour défendre la liberté syndicale, les droits de l'homme et imposer le devoir de diligence et les accords sur la santé et la sécurité pour toutes les marques et dans tous les pays.

 

Modeler notre avenir grâce à la Transition juste a suscité des idées inspirantes des affiliés qui participaient à la quatrième session. Pour les délégués, le dialogue social et la négociation collective sont la base d'une Transition juste. Les affiliés ont réaffirmé avec force que les syndicats doivent être à la pointe du débat sur la Transition juste et faire pression sur les gouvernements pour obtenir leur soutien. Ils ont réclamé des collaborations entre le Nord et le Sud pour un renforcement des réseaux syndicaux. Une autre conclusion marquante de cette session préconise des perspectives d'emplois décents pour tous, et en particulier pour les travailleuses.

 

 Le secrétaire général d'IndustriALL, Atle Høie, a déclaré :

"Cette conférence d'orientation de mi-parcours nous donne une bonne idée de la situation de nos affiliés. Nous avons eu des discussions qui ont souvent poussé à la réflexion et qui nous feront aller de l'avant, à la fois sur le plan politique et sur le plan organisationnel. Nous devons travailler ensemble pour mettre en œuvre les plans que nous avons arrêtés et améliorer les vies de nos travailleurs."

Atle Høie

Prochainement, un groupe de travail élaborera un document reprenant les conclusions de la conférence qui sera soumis à la prochaine réunion du comité exécutif de novembre prochain.

Les FSI IndustriALL et UNI exigent que justice soit faite dans l’assassinat d’un dirigeant syndical au Bangladesh

Shahidul Islam Shahid était Président de la section de Gazipur de la Fédération des travailleurs de l’industrie et de la confection du Bangladesh (BGIWF), affiliée à IndustriALL.

Shahidul Islam Shahid a été tué dans la région de Gazipur dans la nuit de dimanche à lundi. Selon les collègues de Shahid, des criminels locaux l’ont aggressé parce qu’il s’était exprimé en faveur du paiement des salaires aux travailleurs de l’entreprise Prince Jacquard Sweater Limited. Trois autres dirigeants syndicaux ont été blessés lors de cette aggression. Il s’agit de Md Mostafa Kamal, Ahmed Sharif et Akkas Ali.

Selon des sources locales, les travailleurs de Prince Jacquard Sweater Limited sont mécontents depuis quelques jours, car ils n’ont pas reçu leurs salaires, restés impayés depuis deux mois, ni la prime de l’Aïd. Shahidul Islam Shahid a discuté de la question, au nom des travailleurs et travailleuses, avec les propriétaires de l’entreprise. Les travailleurs et travailleuses étaient censés recevoir leurs salaires et leur prime dimanche. Après avoir attendu toute la journée de dimanche, rien n’a été versé.

Shahidul Islam Shahid et trois autres personnes sont sortis de l’usine vers 19 heures et se sont postés devant la porte principale. Soudain, dix à douze criminels les ont attaqués. Des habitants du voisinage les ont secourus et emmenés à l’hôpital de Gazipur, où un médecin de garde a constaté le décès de Shahidul Islam Shahid. Les trois dirigeants syndicaux blessés ont été soignés dans le même hôpital.

Nous nous associons au Conseil d’IndustriALL pour le Bangladesh, qui a organisé une chaîne humaine et une manifestation devant le bureau du commissaire du district de Gazipur, pour réclamer justice pour ce meurtre et cette attaque contre des dirigeants syndicaux. Les responsables de cette aggression odieuse doivent être tenus pour responsables et poursuivis avec toute la rigueur de la loi.

La liberté syndicale continue d’être violée dans le pays et le gouvernement doit veiller à ce que les syndicats et leurs représentants puissent agir sans intimidation ni violence dans leur rôle de représentants élus des travailleurs et travailleuses.

Malheureusement, ce meurtre est un nouveau rappel brutal de la situation des syndicats au Bangladesh. Alors que des personnes sont tuées pour avoir exercé leur droit constitutionnel de se syndiquer, nous voyons le gouvernement et les employeurs adoper une posture fuyante et dangereuse. Il incombe au gouvernement bangladais d’enquêter sur ce crime et de traduire le ou les auteurs en justice pour en assumer les conséquences juridiques.

La Tunisie glisse vers le totalitarisme; les Global Unions lancent l'alerte

En septembre 2022, le Président Kaïs Saïed a signé le décret-loi 54 qui réprime les délits liés aux systèmes d'information et de communication. Il s'est très vite avéré que cette nouvelle loi était conçue pour limiter la liberté d'expression et le débat public. Elle a été utilisée comme une arme pour emprisonner, menacer et harceler des journalistes, des personnalités et des citoyens qui ne font qu'exprimer des critiques. Parmi les journalistes victimes d'intimidation et de détention figurent le Président du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), Mohamed Yassine Jelassi, et le journaliste et dirigeant syndical Zied El-Heni. 

Le 16 juin 2023, le parlement a annoncé que les journalistes ne seront plus autorisés à couvrir les travaux et les débats des commissions parlementaires. Dorénavant, les informations relatives aux travaux de ces commissions ne seront plus communiquées que par les bulletins officiels du parlement. Cette décision empêche le public de comprendre les travaux du parlement et restreint leurs possibilités de contrôler le travail des parlementaires.

Le 17 juin 2023, la Cour antiterroriste, qui dépend de la Cour d'appel de Tunisie, a interdit aux médias de publier la moindre information sur 20 dirigeants de l'opposition, juristes, activistes et journalistes emprisonnés après leur arrestation sur des chefs d'accusation de "conspiration contre la sécurité de l'État". Il s'agit là d'une décision arbitraire qui empêche les journalistes et le public de contrôler l'action des enquêteurs dans une affaire sensible.

Au début de l'année, le Conseil des Global Unions a exprimé sa solidarité avec les activistes et dirigeants de la centrale syndicale nationale UGTT arrêtés et harcelés par les autorités en Tunisie.

Le Conseil des Global Unions répète une fois encore que les attaques systématiques contre la liberté d'expression, les restrictions à l'accès à l'information et au contrôle du fonctionnement du parlement et du pouvoir judiciaire ainsi que la détention arbitraire de journalistes et de dirigeants syndicaux sont autant de signes que la Tunisie glisse lentement dans le totalitarisme. Nous exprimons par ces lignes notre soutien et notre solidarité avec les collègues de Tunisie qui luttent pour leurs droits et pour l'avenir de la démocratie dans leur pays. Nous appelons le président, le parlement et le pouvoir judiciaire à faire marche arrière et à garantir la liberté d'expression pour tous en Tunisie.

Les Global Unions signataires de cette déclaration commune sont :

La Convention de Hong Kong va transformer le secteur de la démolition des navires

IndustriALL et ses affiliés font campagne depuis des années pour assainir le secteur de la démolition des navires, qui est le métier le plus dangereux au monde. Un élément clé de cette campagne a été de faire pression pour la ratification de la Convention de Hong Kong de l’Organisation maritime internationale.

Campagne d’IndustriALL

“Devoir rendre compte des décès liés à l’industrie de la démolition des navires est devenu une macabre routine pour nous. Enfin, les travailleurs et les syndicats de ce secteur ont entre les mains la Convention internationale, qui fixe des normes minimales et constitue un premier pas vers la création de conditions équitables pour un avenir sûr et durable. Il s’agit d’une victoire tangible pour les travailleurs que l’on doit à la solidarité internationale,”

a déclaré Kan Matsuzaki, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL.

“Les efforts permanents d’IndustriALL au travers de sa campagne visant à l’asainissement des chantiers navals dans divers pays, en particulier en Asie du Sud, ont été couronnés de succès. Les syndicats de démolisseurs de navires sont prêts à développer un dialogue social avec leurs gouvernements et leurs employeurs pour mettre en œuvre la convention sur le terrain,”

a déclaré Vidyadhar Rane, Secrétaire général de l’ASSRGWA ainsi que Vice-président du secteur de la construction navale et de la démolition de navires d’IndustriALL et dont la structure fait partie de l’affilié indien d’IndustriALL, SMEFI.

De manière générale, la Convention de Hong Kong joue un rôle crucial dans la promotion de pratiques durables et responsables en matière de recyclage des navires. En abordant les questions de santé, de sécurité et d’environnement au travail, elle vise à préserver le bien-être des travailleurs, à protéger l’environnement marin et à établir une norme mondiale pour l’industrie du recyclage des navires.

Pour que la Convention de Hong Kong entre en vigueur, il fallait qu’elle soit ratifiée par au moins 15 États, représentant 40 % de la marine marchande mondiale en termes de tonnage brut et un volume annuel maximum combiné de recyclage de navires d’au moins 3 % de leur tonnage combiné. L’un des plus grands États en termes de flotte, le Liberia, et l’un des plus grands États en termes de recyclage de navires, le Bangladesh, ont permis d’atteindre l’objectif.

Maintenant que ces conditions sont remplies, la convention entrera en vigueur dans un délai de 24 mois pour les États qui l’auront ratifiée et ils seront liés par ses dispositions.

“Désormais, tous les États maritimes ont la responsabilité de fournir des emplois sûrs, sains, propres et durables, et les travailleurs ont le droit de s’attendre à de tels emplois. Bien qu’il s’agisse d’une immense victoire, notre travail n’est pas encore terminé, nous devons poursuivre la campagne pour que d’autres pays ratifient cette convention. Les syndicats joueront un rôle important dans la promotion et l’application de ses dispositions,”

a indiqué Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL.

Faire entendre les voix des travailleurs pour le changement

La CIT a adopté des conclusions pour une transition juste. Soulignant la nécessité de faire progresser une transition juste pour réaliser la justice sociale, certaines des conclusions les plus pertinentes pour les affiliés d'IndustriALL sont :

"L'OIT préparera dans le courant de l'année une stratégie et un plan d'action sur une transition juste à l'intention du Conseil d'administration. Ces actions fourniront une nécessaire impulsion aux travaux sur une transition juste,"

a déclaré la directrice d'IndustriALL en charge de l'énergie et de la transition juste, Diana Junquera-Curiel.

S'adressant à la plénière, le secrétaire général d'IndustriALL, Atle Høie, s'est félicité de la discussion sur la transition juste. Dans son intervention, il a aussi souligné les attaques contre les droits des travailleurs, en particulier au Myanmar et au Bélarus où les autorités répriment à grande échelle les syndicats libres, démocratiques et indépendants.

Atle Høie a exprimé ses préoccupations devant le recul des droits syndicaux et des travailleurs en Ukraine. Il faut que les conventions 87 et 98 de l'OIT soient à nouveau respectées en Ukraine pour faire repartir sur une base solide la reconstruction du pays lorsque la guerre sera finie.

"IndustriALL appelle le gouvernement ukrainien à retirer tous les projets de loi soumis au parlement et imposer un moratoire; à abroger les lois hostiles aux travailleurs et aux syndicats en vigueur; à mettre fin aux expropriations des avoirs des syndicats et à cesser immédiatement ses intimidations et ses menaces contre leurs dirigeants."

IndustriALL a présenté plusieurs interventions devant la Commission de l'application des normes (CAN), un organe de contrôle essentiel du système normatif de l'OIT. IndustriALL a notamment appelé le gouvernement afghan à garantir l'égalité et à remédier au harcèlement et à la violence contre les femmes, et à mettre fin à la discrimination dans la formation professionnelle, l'emploi et la profession.

IndustriALL est aussi intervenu pour d'autres pays, dont l'Arménie (Convention 122), le Cambodge (Convention 105), El Salvador (Convention 144) et les Philippines (Convention 87). 

Dans ses conclusions, la commission a appelé le gouvernement britannique à limiter les pouvoirs du Certification Officer de telle sorte qu'ils ne puissent interférer avec l'indépendance syndicale, à organiser des scrutins électroniques pour les grèves et les élections, et elle a proposé l'assistance technique du BIT pour s'assurer que la législation britannique soit en conformité avec ses engagements internationaux.

Dans le cas de l'Indonésie, IndustriALL a invoqué la convention 98 pour exhorter le gouvernement à abroger la Loi sur la création d'emplois, dont certaines disposition touchent à la durée du travail, aux indemnités de licenciement, au travail contractuel, à l'externalisation et aux possibilités des syndicats de recruter et de faire grève, au détriment des conditions de travail en vigueur.

IndustriALL a réclamé la révision, à Madagascar, de la condamnation de Sento Chang et sa réintégration pleine et entière. Sento Chang a été emprisonné pour avoir exercé ses responsabilités syndicales sur le lieu de travail, alors qu'il est protégé par les normes internationales du travail et le code du travail de son pays.

S'agissant du Pérou, IndustriALL a mis en lumière l'utilisation abusive de la relation d'emploi – en particulier l'externalisation et les contrats temporaires – pour esquiver les responsabilités envers les travailleurs. Ces violations sont flagrantes dans le secteur du textile et de l'habillement représenté par la FNTTP affiliée à IndustriALL. 

La Conférence a adopté une résolution sur Bélarus au titre de l'article 33 de la Constitution de l'OIT. Elle dénonce le mépris constant du Bélarus pour les droits des travailleurs et les arrestations de très nombreux syndicalistes. Ce n'est que la deuxième fois en plus d'un siècle d'existence de l'Organisation que les délégués à la CIT prennent une telle mesure.

Pendant la CIT, IndustriALL ainsi que la CSI et l'IBB ont rencontré Myo Min, le ministre en charge des syndicats du ministère des Droits de l'homme pour le gouvernement d'unité nationale du Myanmar et se sont engagés à poursuivre leur soutien à la lutte pour un retour du pays à la démocratie.

Dans un entretien avec le ministre du Travail du Pakistan,  IndustriALL a insisté sur la nécessité pour son pays de ratifier la convention 176 de l'OIT sur la sécurité et la santé dans les mines et de changer la situation dans les mines meurtrières de ce pays.

Les Syndicats mondiaux ont aussi rencontré le ministre du Travail et de l'Emploi brésilien, Luiz Marinho. 

La Conférence mondiale des jeunes appelle à des structures syndicales inclusives

Quarante jeunes syndicalistes d’Afrique, d’Amérique, d’Asie, d’Europe et du Moyen-Orient ont tenu une réunion au Cap ce 19 juin pour souligner que des structures pour les jeunes travailleurs et travailleuses sont nécessaires à tous les niveaux ; les jeunes doivent faire partie des organes de décision et devraient être intégrés dans tous les comités d’IndustriALL.

La jeunesse s’est engagée à construire des syndicats plus forts par le biais du recrutement syndical et à inclure toutes et tous, indépendamment du statut de l’emploi, de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre. Personne ne doit être discriminé pour des raisons de sexe, de race ou de statut social.

Les jeunes travailleurs et travailleuses doivent être impliqués dans les actions de justice climatique et dans le plaidoyer pour une Transition juste. Les jeunes travailleurs et travailleuses seront gravement touchés, car leur génération sera confrontée à des conditions météorologiques plus extrêmes telles que la sécheresse, les inondations et les ouragans, ce qui pourrait entraîner des conflits sociaux sur les besoins vitaux. Les jeunes dirigeants souhaitent que les syndicats défendent des politiques industrielles durables et participent à créer des emplois de qualité pour les jeunes.

À la lumière des défis auxquels sont confrontés les jeunes travailleurs et travailleuses, les délégués ont adopté des recommandations pour la transformation des syndicats qu’ils ont transmises au Comité exécutif d’IndustriALL, qui se réunissait au même moment au Cap.

Un projet de politique des jeunes à adopter par IndustriALL a été débattu. Il contient quatre domaines prioritaires :

La conférence a mis en place un groupe de travail chargé d’élaborer une proposition de structures régionales et mondiales pour les jeunes et de poursuivre le travail sur le projet de politique de la jeunesse. Le groupe de travail sera composé de deux représentants des jeunes, une femme et un homme, de chaque région.

“Nous devons être pleinement intégrés dans les structures d’IndustriALL et participer aux processus de prise de décision. Un budget approprié est nécessaire pour mettre en œuvre des activités dans chaque région et résoudre les problèmes des jeunes travailleurs et travailleuses”,

a déclaré Geoffrey Akedi, Président du Comité des jeunes d’IndustriALL pour l’Afrique sub-saharienne.

“Le changement structurel prendra beaucoup de temps ; il est maintenant important de rechercher le soutien des Comités exécutifs régionaux qui devraient recevoir un mandat pour soulever la question au sein du Comité exécutif mondial”,

a déclaré Christine Olivier, Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL.