Promouvoir l'application de la C190 dans le secteur textile au Nigeria

Il s'agit de deux journées de formation organisées par notre affilié NUTGTWN pour renforcer la capacité des dirigeantes syndicales à combattre la VHFG. Selon le syndicat, ce programme de renforcement des capacités vise à fournir des informations, sensibiliser, promouvoir l'apprentissage, acquérir les connaissances et les compétences nécessaires pour faire progresser l'égalité hommes et femmes sur le lieu de travail. La formation est centrée sur la participation à la mise en place d'un réseau syndical d'activistes militant pour l'égalité de genre au travail. Ces activistes combattront aussi les schémas sociaux, culturels et traditionnels qui perpétuent l'oppression des travailleuses.

Des représentants de la FES Nigeria, de l'ACTRAV de l'OIT, du Congrès du travail du Nigeria et du Centre de solidarité ont souligné l'importance de se servir de la C190 et de la recommandation 206 comme outils de traitement des plaintes en matière de VHFG et de reconnaître la violence domestique comme problème lié au lieu de travail.

Le Nigeria a ratifié la convention en 2022. Les thèmes soumis à la discussion portaient sur le traitement en temps utile des plaintes et litiges liés à la VHFG, la reconnaissance de la violence domestique en tant que problème du lieu de travail, la création sur le lieu de travail de mécanismes de réaction aux problèmes de genre pour protéger les lanceurs d'alerte et les victimes et l'implication des délégués d'atelier et des comités de sécurité et d'hygiène dans le soutien aux victimes.

L'atelier a formulé des recommandations en vue d'une meilleure représentation des femmes dans les postes à responsabilités aux échelons local et national, d'une identification des priorités des femmes, d'un appui à des programmes de mentorat, de la création d'espaces réservés aux travailleuses et de l'inclusion des femmes dans les équipes de négociation. En outre, la présence de services de prise en charge des enfants et autres services de soutien est mise en avant pour faciliter une présence accrue des femmes sur le lieu de travail.

Pour Remi Ihejirika, le directeur du programme de la FES au Nigeria, 

"la construction des syndicats ne va pas sans inclusivité. C'est pourquoi il est important de traiter de l'égalité de genre. La VHFG met en question l'abus de pouvoir qui nuit aux femmes et les pousse parfois au suicide. La VHFG ne peut être tolérée parce que beaucoup de femmes souffrent en silence."

"Les syndicats peuvent adopter des stratégies féministes pour promouvoir l'égalité de droits pour les travailleuses. Certaines de ces stratégies portent sur la diversité, le respect, la tolérance, la compréhension, l'expression et l'agencement,"

a déclaré Bashiratu Kamal, une expert des questions de genre et de travail du Ghana.

Medinat Balogun, responsable des questions de genre au NUTGTWN et membre du comité régional des femmes de l'Afrique subsaharienne d'IndustriALL, a déclaré : 

"Les femmes syndicalistes ont réalisé des progrès pour assurer la non-discrimination au travail, l'égalité de rémunération pour un travail d'égale valeur et l'application des conventions de l'OIT que le Nigeria a ratifiées. Quoi qu'il en soit, il faut que les femmes soient de plus en plus conscientes de leurs droits au travail et elles doivent lutter contre la VHFG pour sécuriser les lieux de travail."

John Adaji, coprésident régional d'IndustriALL pour l'Afrique subsaharienne, a ajouté :

"Au fil des ans, et avec le soutien d'IndustriALL, les syndicats ont mené à bien des programmes visant à intégrer les questions liées aux travailleuses par la mise en place de structures, par une action positive et par un appui aux activités d'organisation. Mais il faut que les hommes participent aux discussions sur l'éradication de la VHFG car la recherche a démontré qu'ils sont les principaux auteurs de ces actes."

Avec le soutien de la FES Nigeria, cet atelier fait suite aux recommandations adoptées à la conférence féministe d'Afrique subsaharienne qui s'est tenue en juin au Cap, avec l'aide précieuse du Centre de compétence syndicale pour l'Afrique subsaharienne de la FES. Les avancées obtenues en matière d'égalité de genre dans le secteur du textile et de l'habillement du Nigeria par la formation à la C190 sont un jalon important pour rendre les lieux de travail plus sûrs et plus inclusifs.

 
 
 

Sri Lanka : les syndicats contestent la restructuration de la dette et les modifications du droit du travail

La décision du gouvernement d’introduire le plan de restructuration de la dette intérieure, qui fait partie du plan de “sauvetage” du Fonds monétaire international (FMI) et qui implique l’utilisation du fonds de prévoyance durement engrangé par les travailleurs et travailleuses, intervient à un moment où la population active du pays vit déjà dans des conditions terribles en raison de l’inflation extrêmement élevée et de la dévaluation de la devise, qui ont entraîné une baisse significative de son revenu réel.

Dans le cadre du processus de restructuration de la dette visant à garantir la “viabilité de la dette”, qui est la principale préoccupation du FMI, la majeure partie du fardeau sera supportée par les travailleurs et travailleuses du Sri Lanka, étant donné que la part de l’allègement de la dette du fait des détenteurs internationaux d’obligations souveraines, y compris les banques multilatérales de développement, n’est que de 35 %.

Dans le cadre de l’optimisation de la dette intérieure, les bons du Trésor détenus par la Banque centrale et les obligations du Trésor détenues par les fonds de pension, y compris le Fonds de prévoyance des salariés et le Fonds fiduciaire des salariés, seront utilisés pour restructurer la dette en abaissant les taux d’intérêt appliqués à ces obligations. Toutefois, cette mesure ne concerne qu’une petite partie de la dette intérieure totale, 61 % du total étant exclus du programme, notamment les emprunts contractés auprès des banques commerciales nationales.

Anton Marcus, Co-secrétaire du syndicat des salariés des zones franches et des services généraux, affilié à IndustriALL, a fait part de son inquiétude en déclarant :

“Par cette mesure, le gouvernement tente de faire peser tout le fardeau sur la classe ouvrière de ce pays. C’est inacceptable. Les syndicats ont demandé au gouverneur de la Banque centrale du Sri Lanka, dans une lettre commune, d’organiser une réunion avec tous les syndicats afin d’examiner les avantages et les inconvénients du plan.”

En juin, quatre syndicats, dont les affiliés d’IndustriALL, ont été exclus du Conseil consultatif national du travail reconstitué. Cela s’est produit alors que le gouvernement tentait de faire passer des amendements au droit du travail qui vont à l’encontre des intérêts des travailleurs et travailleuses. Le projet de fusion de 48 lois sur le travail en une seule a suscité des inquiétudes parmi les syndicats, car il pourrait abolir des normes internationalement reconnues concernant le temps de travail, les heures supplémentaires, la liberté syndicale et de négociation collective, ce qui pourrait rendre les travailleurs et les travailleuses vulnérables. Les employeurs pourraient également être autorisés à licencier ceux et celles qui s’organisent pour former des syndicats.
 
Swasthika Arulingam, Présidente du Syndicat des travailleurs du commerce et de l’industrie, affilié à IndustriALL, a déclaré,

“Les modifications proposées par le gouvernement sri-lankais à la législation du travail érodent considérablement les droits des travailleurs et suppriment toute protection dont ils auraient pu bénéficier en vertu des lois précédentes. En outre, en excluant les syndicats indépendants du NLAC, il est clair que le gouvernement veut affaiblir la représentation des travailleurs et les priver de tout pouvoir.”

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, a exprimé sa solidarité avec les affiliés sri-lankais, exhortant le gouvernement à retirer les réformes controversées du droit du travail et à protéger l’épargne des travailleurs contre son utilisation à des fins de restructuration de la dette.

De jeunes dirigeants renforcent l’action syndicale grâce aux échanges internationaux

Soutenu par la FES (Fondation Friedrich Ebert), le programme s’est concentré sur l’étude du système syndical allemand et de la structure d’IG Metall.

Pendant une semaine, les participants ont étudié les caractéristiques du système syndical allemand, en se concentrant plus particulièrement sur la structure organisationnelle d’IG Metall, à l’instar des modèles argentin et brésilien étudiés les années précédentes.

Animé par une équipe de formateurs et d’experts syndicaux d’IndustriALL et d’IG Metall, le programme a mis l’accent sur une approche comparative, permettant aux jeunes dirigeants d’avoir un aperçu des différents modèles de représentation des travailleurs et des pratiques syndicales dans les trois pays.

Un intérêt particulier a été porté au système allemand de co-détermination, impliquant les comités d’entreprise, et au système de formation en alternance pour les apprentis. Ces réalisations ont été reconnues comme le résultat des luttes collectives des organisations syndicales pour l’amélioration des conditions de travail, plutôt que d’un simple hasard ou de la bonne volonté des employeurs.

Un aspect essentiel du programme d’échange était l’élaboration et la mise en œuvre de plans d’action visant à syndiquer les jeunes travailleurs et travailleuses sur leurs lieux de travail.

Tout au long des trois années du programme, les participants ont travaillé sur ces plans d’action et, lors de la dernière journée de l’échange, ils ont partagé les résultats et l’état d’avancement de leurs initiatives.

Les plans d’action présentent un large éventail d’approches, adaptées aux réalités, aux besoins et aux ressources propres à chaque syndicat participant. Certains syndicats ont organisé des tournois de football accompagnés de discussions sur la mission et l’objectif du syndicat, tandis que d’autres se sont concentrés sur l’autonomisation des travailleuses et travailleuses par le biais de séminaires de formation ou sur l’amélioration de leur vie quotidienne grâce, par exemple, à des vestiaires réservés aux femmes.

En outre, certains syndicats se sont concentrés sur la création d’écoles syndicales et de séminaires de formation pour permettre à leurs membres d’acquérir des connaissances sur les droits des travailleurs et la législation du travail.

Malgré la diversité des méthodes, l’objectif ultime de tous les plans d’action est resté le même : renforcer les organisations syndicales auxquelles appartiennent les participants.

Les participants ont unanimement reconnu que, quel que soit le contexte dans lequel ils évoluent, le cœur de la lutte reste le même. Ils reconnaissent que la langue peut les séparer, mais leur engagement commun à faire progresser les droits des travailleurs et à plaider pour de meilleures conditions les unit.

Le programme a non seulement favorisé la compréhension mutuelle, mais a également encouragé la camaraderie entre les jeunes dirigeants syndicaux au-delà des frontières.

“Au cours des 12 dernières années, ce programme d’échange a permis de favoriser la collaboration et le partage des connaissances entre les jeunes dirigeants syndicaux d’Amérique du Sud et d’IG Metall. De nombreux anciens participants ont accédé à des postes importants au sein de leurs syndicats respectifs, en tant que secrétaires généraux, présidents ou secrétaires internationaux.

Le succès de ce programme a démontré l’importance des échanges internationaux dans le renforcement des syndicats et la construction d’un réseau mondial de jeunes dirigeants engagés dans la défense des droits des travailleurs et travailleuses ainsi que de la justice sociale,”

a déclaré Sarah Flores, Coordinatrice mondiale des jeunes pour IndustriALL.

Les syndicats coréens protestent contre l’escalade de la répression

Au cours des rassemblements, les dirigeants du KMWU ont présenté plusieurs revendications, notamment la réforme de la loi sur l’ajustement des relations syndicales et professionnelles (TULRAA), en commençant par les articles 2 et 3. Ils ont également réclamé des augmentations de salaire pour tous les travailleurs et travailleuses, en commençant par une augmentation du salaire minimum. En outre, le syndicat a demandé le rejet du projet de semaine de travail de 69 heures, craignant son impact sur le bien-être des travailleurs et travailleuses. Parmi les principales revendications figuraient l’arrêt de la répression syndicale par le gouvernement et la démission des tenants du régime de Yoon Suk-Yeol.

Le Président du KMWU, Yoon Jang Hyeok, a souligné l’urgence des revendications, déclarant que la réforme proposée du droit du travail rendrait les travailleurs et travailleuses vulnérables et les priverait d’une protection adéquate. Il a insisté sur le fait que la grève ne concernait pas seulement les droits des travailleurs, mais aussi la démocratie, la paix et les moyens de subsistance des citoyens ordinaires. Le syndicat s’est engagé à s’unir avec d’autres forces sociales pour faire face à l’escalade de la répression.

La grève nationale, qui s’est déroulée du 3 au 15 juillet, s’inscrivait dans le cadre de la protestation générale de la Confédération coréenne des syndicats (KCTU) contre les mesures prises par le gouvernement à l’égard des syndicats. Plus de 100.000 membres du KMWU, dont des travailleurs et travailleuses de Hyundai Motor, Hyundai Mobis, Daewoo Shipbuilding et Hyundai Heavy Industries, ont participé à la grève.

La situation dans le pays s’est aggravée quand le gouvernement coréen a effectué des descentes dans les bureaux des syndicats, conduisant à l’arrestation et à l’inculpation de nombreux syndicalistes. Cette répression a tragiquement abouti à l’auto-immolation du syndicaliste Yang Hoe-Dong.

“IndustriALL est solidaire du KMWU et de la classe ouvrière coréenne, nous demandons fermement au gouvernement coréen de respecter pleinement les droits des travailleurs. La condamnation de la répression syndicale en Corée par le Directeur général de l’OIT, associée aux quatre plaintes déposées contre le gouvernement auprès du Comité de la liberté syndicale de l’OIT, souligne l’urgence d’aborder ces questions”,

a martelé Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL.

Trois travailleurs tués par une explosion dans une cimenterie en Inde

Les victimes sont Lakesh Kumar Gayakwad (21 ans), Shatruhan Lal Verma (27 ans) et Umesh Kumar Verma (26 ans). Ils étaient employés par un sous-traitant privé et effectuaient des réparations sur une canalisation à l'usine Ultratech.

Cet incident a attiré l'attention sur le problème de l'emploi précaire dans l'industrie du ciment en Inde. D'après la Fédération nationale indienne des travailleurs du ciment (INCWF), 83 pour cent des travailleurs de cette industrie travaillent dans des conditions précaires. Cet événement tragique souligne combien il est important d'assurer la sécurité des lieux de travail pour tous les travailleurs, en particulier ceux engagés contractuellement.

À la suite de cet accident, l'INCWF réclame une indemnisation équitable pour les familles des défunts à titre de secours d'urgence.

"Nous réclamons que l'emploi précaire soit limité dans l'industrie cimentière et le nombre des emplois permanents augmenté. Nous exhortons la direction d'Ultratech à imposer des mesures rigoureuses pour améliorer la sécurité au travail, en particulier pour les travailleurs contractuels, afin d'éviter une répétition de tels incidents à l'avenir,"

a déclaré Deoraj Singh, le secrétaire général de l'INCWF.

Ultratech Cement est un des leaders de la production de ciment en Inde; il appartient à Aditya Birla Group (ABG) présent dans 26 pays. Or, de récents incidents suscitent des inquiétudes à propos de la sécurité dans l'entreprise et des appels à de meilleurs protocoles et pratiques de sécurité.

En 2021, dix-sept incidents au moins se sont produits dans l'industrie du ciment coûtant la vie à 21 travailleurs et causant des blessures graves à 20 autres. En 2022, dix accidents au moins ont fait 9 tués et 29 blessés graves. La plupart de ces travailleurs étaient des contractuels.

"Un des dangers de l'externalisation est que les procédures de sécurité sont négligées. Cet incident n'est pas un cas isolé. Il incombe à la direction d'Ultratech Cement de faire en sorte que tous les travailleurs aient accès à des mécanismes de sécurité,"

a déclaré Apoorva Kaiwar, la secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Asie du Sud.

Travailler dans une Ukraine dévastée par la guerre

Pourquoi est-il important de discuter de la protection des droits des travailleurs en Ukraine maintenant, en pleine guerre ?

"C'est important parce que les travailleurs souffrent de la guerre, de l'occupation et de l'agression. Des travailleurs perdent leur emploi et leur source de revenu, des travailleurs doivent fuir avec leur famille, à l'intérieur de leur pays et à l'étranger, mais les travailleurs doivent aussi défendre et sauver leur pays. Tous, nous attendons que les droits des travailleurs soient respectés, que leurs syndicats soient soutenus et puissent épauler leurs membres. Mais la réalité est fort différente.

"Alors que le pays a besoin d'unité, la priorité des décideurs ne devrait pas être de changer la législation du travail au détriment des travailleurs, alors qu'ils luttent pour la souveraineté, l'intégrité, la démocratie et la prospérité de leur pays. C'est à tout le moins extrêmement décevant et frustrant.

"Quand on parle des droits des travailleurs, il faut distinguer deux zones. La première est celle qui est illégalement et temporairement occupée et où se commettent de graves violations. Nous recevons des nouvelles effrayantes parlant d'assassinats, de tortures, de détentions arbitraires, de travail forcé et de déportation forcée. L'autre est celle où de récentes modifications de quasiment toutes les lois portant sur le travail, à titre individuel ou collectif, provoquent un énorme retour en arrière."

Comment les travailleurs font-ils pour continuer, avec cette guerre ?

"Ils travaillent, courageusement. Imaginez un mineur qui descend sous terre tandis que les bombes tombent. Les travailleurs de l'énergie s'efforcent de produire de l'électricité pour que la vie des gens puisse continuer, ou essaient de réparer les réseaux électriques endommagés au péril de leur vie. Ils le font même en étant moins payés et même sans recevoir de salaire, et sans la moindre protection.

"Si l'économie continue de tourner, c'est grâce aux travailleurs de l'industrie, de l'agriculture et des services. Ils méritent bien plus que ce qu'ils ont aujourd'hui. Il faudrait leur donner plus de droits plutôt que leur en retirer.

"Notre fonction principale, en tant qu'organisation syndicale internationale, est de les soutenir; nous devons être leur porte-parole. Leur gouvernement ainsi que la communauté internationale doivent comprendre la réalité de la situation des travailleurs. C'est pourquoi nous continuons à nous battre, à l'intérieur comme à l'extérieur du pays."

Pour certains travailleurs, ceux des centrales nucléaires par exemple, la situation en matière de santé et de sécurité est effroyable. Ne peuvent-ils simplement refuser de travailler, comme ils en ont le droit ?

"Les travailleurs sont davantage exposés à des attaques de missiles et aux mines terrestres que le reste de la population. Ils sont contraints de travailler dans un environnement dangereux et malsain où les infrastructures et les lieux de travail sont endommagés, les systèmes de gestion de la santé et la sécurité hors service et où les procédures de sécurité normales ne sont pas suivies.

"Les travailleurs du nucléaire sont davantage exposés aux radiations. Des informations sur leurs risques de santé et de sécurité auraient été refusées à des travailleurs en raison de changements dans leur cadre de travail et de l'invasion. Il est très difficile d'obtenir des informations sur ces lieux de travail; nous ne savons donc pas si les travailleurs ont la possibilité de s'éloigner en cas de danger imminent et de situations dangereuses au travail.

"Nous sommes extrêmement préoccupés par le fait que les travailleurs reçoivent maintenant des équipements de protection individuelle de moindre qualité. Chaque travailleur a droit à un cadre de travail sûr et sain. La possibilité de refuser de travailler dans des conditions dangereuses est un droit fondamental; or, dans la situation actuelle, des travailleurs doivent souvent agir contre leur gré. C'est la réalité sur le terrain qui doit être dévoilée et rectifiée."

 

Comment la législation du travail a-t-elle changé en Ukraine et quel sera l'impact sur les travailleurs ?

"Dès le début de la guerre, en mars 2022, le parlement ukrainien a adopté la Loi sur l'organisation des relations de travail sous la loi martiale, qui limite considérablement l'exercice par les travailleurs de leurs droits individuels et collectifs.

"En outre, le parlement a adopté en 2022 une autre série de lois qui se sont traduites par un recul énorme des droits au travail dans le pays, faisant peser une lourde menace sur les fondements des relations du travail et, d'une manière plus générale, sur le dialogue social, dont le pays a pourtant désespérément besoin en ces temps très difficiles.

"Ces textes s'inscrivent dans la ligne de ce qu'on appelle la réforme pour la libéralisation du marché du travail et la déréglementation des relations du travail en Ukraine. Hélas, plutôt que d'améliorer le code du travail en vigueur, les décideurs ukrainiens changent la législation du travail en supprimant la quasi-totalité des droits acquis par les travailleurs.

"Il en résulte une absence de protection des travailleurs. C'est la version ukrainienne d'un nivellement par le bas conforme aux prescriptions des institutions financières internationales. Mais c'est faire fausse route."

Pourquoi est-il important de dénoncer les violations des droits des travailleurs en temps de guerre ?

"C'est important parce que c'est la raison d'être de notre mouvement. Quelles que soient les circonstances, la défense des droits des travailleurs est notre responsabilité première.

"C'est important parce que, dans une guerre, la voix des travailleurs n'est pas entendue, surtout dans les territoires occupés. Nous, en tant que syndicats internationaux, devons être le porte-parole de ceux qui sont réduits au silence. Il faut que les organisations internationales connaissent la réalité de la situation des travailleurs pour pouvoir prendre les mesures nécessaires. C'est pourquoi nous publions des échos des secteurs avec l'OIT par exemple.

"C'est important parce qu'il faut garder la trace de ce qui a été fait et de ce qui se fait actuellement pour pouvoir demander des comptes aux responsables. La communauté internationale ne peut tolérer qu'aucun crime reste impuni. Dans le monde du travail, notre responsabilité est de dénoncer une telle situation."

Protéger les droits des travailleurs en Ukraine pendant la guerre et la reconstruction du pays

"Le peuple, les travailleurs et les syndicats d'Ukraine ont notre indéfectible  soutien,"

a dit le secrétaire général d'IndustriALL Kemal Özkan en ouvrant les deux journées consacrées à des discussions sur la question de savoir quel type de pays l'Ukraine veut devenir après la guerre et comment elle veut traiter sa population, en associant les syndicats au débat en tant qu'acteurs majeurs.

"Il est impératif de remédier aux violations des droits de l'homme et des travailleurs. Nous devons partager les réalités sur le terrain et fournir des preuves concrètes aux instances internationales, en particulier à l'OIT. Même en temps de guerre, il faut que la voix des travailleurs soit entendue sur la scène internationale."

"Nous devons aussi nous tourner vers l'avenir et nous préparer pour la reconstruction du pays, avec les syndicats si nous voulons que l'Ukraine d'après-guerre reparte d'un bon pied démocratique,"

a souligné Isabelle Barthès, secrétaire général adjointe d'IndustriALL Europe.

"Il faudra investir massivement et nous devons veiller à ce que ces investissements respectent les droits des travailleurs."

La réunion tripartite du 13 juillet a rassemblé des syndicats ukrainiens affiliés à IndustriALL Global Union et IndustriALL Europe, des représentants de l'OIT, des Nations unies, du gouvernement et des employeurs ukrainiens. Les organisations syndicales s'étaient réunies la veille avec leurs centrales nationales, la Fédération des syndicats ukrainiens (FUP) et la Confédération des syndicats indépendants (KVPU).

Valeriy Matov (président du Syndicat des travailleurs de l'énergie et l'industrie nucléaires, Atomprofspilka); Mykhailo Volynets (président du Syndicat indépendant des mineurs NPGU et de la Confédération des syndicats indépendants d'Ukraine KVPU, député); Kemal Özkan; Alexander Bercht (membre du Conseil de l'IGBCE); Felix Hett (représentant de la Fondation Friedrich Ebert en Ukraine)

Les droits des travailleurs en temps de guerre – témoignages

Dans des interventions émouvantes, des représentants syndicaux de secteurs tels que la mine, l'électronique et l'ingénierie, l'aéronautique, le pétrole, le gaz et la chimie ont décrit la réalité que vivent les travailleurs dans une Ukraine ravagée par la guerre, subissant quotidiennement les bombardements d'usines, le manque de personnel spécialisé et les arrêts de production.

L'extraction du charbon est cruciale pour l'économie du pays et son approvisionnement en énergie. Des dirigeants syndicaux du secteur minier ont parlé du manque de main-d’œuvre qualifiée, beaucoup de jeunes ayant été enrôlés dans l'armée ou ayant fui le pays.

La situation sanitaire et sécuritaire est précaire dans les mines. Les mineurs travaillent sans équipement de protection individuelle adéquat. À titre d'exemple, il arrive que les niveaux de poussière soient trois fois supérieurs aux maxima autorisés. Beaucoup de mines étant lourdement endettées, les cotisations sociales ne sont pas versées, rendant impossible tout départ à la retraite anticipée pour des mineurs qui travaillent dans des conditions périlleuses.

Dans les régions occupées de Donetsk et de Lougansk, la situation des travailleurs est extrêmement pénible. Il est difficile de s'informer parce que ceux qui communiquent avec les syndicats en dehors des territoires occupés s'exposent à de lourdes représailles des oppresseurs. 

On a cité des cas de personnes forcées de prendre la nationalité russe, d'incorporation de force dans l'armée, de mines illégales qui ne respectent pas les normes environnementales, de femmes et d'enfants forcés de travailler à la mine, de mines inondées qui sont un désastre pour l’environnement.

Les deux représentants des Nations unies, Noël Kalhoun et Denise Brown, ont insisté sur la difficulté mais aussi sur la nécessité de rassembler des témoignages sur les violations.

"Il est de plus en plus difficile de trouver des gens à qui parler, mais il le faut, sinon l'oubli s'installera. Nous parlons à des victimes et à des témoins, par téléphone ou en direct, pour faire la lumière sur ce qui se passe. Ces témoignages figurent dans le dossier permanent que les Nations unies tiennent sur ce qui se passe en Ukraine et ils sont entendus à Genève et à New York."

"Les droits des travailleurs sont des droits de l'homme, et ces droits doivent être protégés en temps de guerre aussi. Vous pouvez et vous devez aider vos membres à signaler les violations de leurs droits,"

a déclaré Casper Edmonds, chef d'équipe du Secteur manufacturier, énergie et mines du BIT.

"Nous devons tenir un registre de ce qui se passe dans les zones temporairement contrôlées par la Fédération de Russie. Les viols, les assassinats, le travail forcé et les violations de la santé et la sécurité au travail et de la liberté syndicale doivent être répertoriés pour que nous puissions demander des comptes à leurs auteurs."

Les changements de la législation du travail sapent les droits des travailleurs

Dès le début de la guerre, en mars 2022, le parlement ukrainien a adopté la Loi sur l'organisation des relations de travail sous la loi martiale, qui limite considérablement l'exercice par les travailleurs de leurs droits individuels et collectifs.

Une série d'autres lois adoptées en 2022 se sont traduites par un recul énorme des droits au travail dans le pays, faisant peser une lourde menace sur les fondements des relations du travail et, d'une manière plus générale, sur le dialogue social, dont le pays a pourtant désespérément besoin en ces temps difficiles de guerre et d'occupation.

Ces textes s'inscrivent dans la ligne de la soi-disant réforme pour la libéralisation du marché du travail et la déréglementation des relations du travail en Ukraine. Hélas, plutôt que d'améliorer le code du travail en vigueur, les décideurs ukrainiens suppriment la quasi-totalité des droits obtenus par les travailleurs.

Il en résulte une absence de protection des travailleurs et un nivellement par le bas conforme aux prescriptions des institutions financières internationales.

Parmi ces changements figure une nouvelle loi qui exclut les travailleurs des petites et moyennes entreprises de la protection légale par un nouveau "régime contractuel de régulation des relations du travail". Par cette loi, l'ensemble des conditions de travail est déterminé par un contrat d'emploi plutôt que par la législation du travail.

Les conventions collectives restent en vigueur sous la loi martiale, mais elles ne sont pas respectées, et les employeurs peuvent en supprimer certains chapitres sans devoir consulter les syndicats. Une suspension des prélèvements à des fins récréatives et sportives s'est soldé par une suspension des cotisations syndicales. Quant à la loi sur le budget, elle exclut toute hausse des salaires.

"Les récents changements apportés à la législation du travail en Ukraine sont très éloignés des normes internationales. Ils sont néfastes et injustes. Les changements doivent être le fruit du dialogue social,"

a déclaré Kemal Özkan.

La reconstruction d'après-guerre

Depuis l'invasion de février de l'an dernier, près de 5 millions de personnes ont fui le pays, où l'on compte également 4 à 5 millions de personnes déplacées. À cela s'ajoutent les anciens combattants, toute une génération d'enfants et d'adolescents traumatisés, 120.000 handicapés de plus pour les six premiers mois de 2023.

Des centaines de milliers de femmes ont vu leur rôle changer lorsque ce sont elles qui sont devenues chef de famille. Or, rien n'est prévu pour la prise en charge des parents et/ou des enfants qui, historiquement, incombait aux femmes.

"La question de la reconstruction de l'après-guerre en Ukraine exige toute notre attention. Comment et qui va la financer ? Comment imposer des critères sociaux aux investisseurs ? Comment les syndicats seront-ils associés aux discussions ? Il ne peut y avoir de reconstruction sans justice sociale et sans un renforcement des droits des travailleurs et des syndicats",

insiste Isabelle Barthès.

La reconstruction du pays ne consiste pas seulement à reconstruire des routes et des logements. Elle doit aussi prendre en considération les pensions, le recyclage et l'apport d'une Transition juste pour les travailleurs, parce qu'une économie moderne ne repose pas uniquement sur l'extraction et l'agriculture, mais aussi sur l'activité manufacturière.

La transition vers une énergie verte sera un défi énorme pour l'Ukraine. De nouvelles mines ne cessent d'être mises en exploitation et le charbon reste la source d'énergie la plus répandue et la plus abondante. Les mineurs ukrainiens ont besoin d'une Transition juste et d'une vision d'avenir pour le charbon. Le projet de coopération entre les syndicats de mineurs ukrainiens et l'IGBCE sera riche d'enseignements. Le syndicat allemand de la mine et de l'énergie a une longue expérience de la participation syndicale à la transformation du secteur houiller allemand.

Il faut que les syndicats commencent à faire valoir leurs revendications pour jouer un rôle dans la reconstruction du pays, qu'il soit question de politique macroéconomique ou de politique du marché du travail. S'ils ne font pas entendre leurs revendications, les travailleurs, qui auront joué un rôle crucial pendant l'occupation, seront réduits au silence.

Commentant le récent rapport d'IndustriALL et de l'OIT sur les violations des droits fondamentaux des travailleurs, Casper Edmonds a déclaré :

"Sans les 1.200 travailleurs qui font consciencieusement leur travail, on aurait probablement déjà eu un accident nucléaire majeur."

"Ces deux journées ont été très fructueuses, chargées d'émotion et très constructives. Il faut que les travailleurs soient au centre de la reconstruction du pays,"

a ajouté Kemal Özkan.

"Nous devons donner aux gens une raison de rentrer en Ukraine. Les salaires et la protection doivent être garantis."  

Les syndicats indiens de la chimie et du pneumatique réclament de meilleures conditions de travail

L’Inde devrait connaître une croissance considérable dans les secteurs de la chimie, de la pharmacie et des pneumatiques. La part mondiale de l’industrie chimique indienne devrait tripler d’ici 2040. L’augmentation de la consommation intérieure est l’un des principaux facteurs de cette croissance.

Dans le domaine pharmaceutique, l’Inde se classe actuellement au troisième rang mondial en termes de volume de production. Le pays est considéré comme la pharmacie du monde et représente 60 % de la production mondiale de vaccins et 20 % de l’offre mondiale de médicaments génériques. De même, dans le secteur des pneumatiques, l’Inde figure parmi les principaux fabricants et le pays devrait doubler son chiffre d’affaires d’ici à 2032.

Alors que ces industries devraient générer d’énormes revenus, les facteurs sous-jacents à la croissance doivent être soigneusement examinés. Selon un rapport publié par McKinsey en mars 2023, les coûts d’infrastructure de l’Inde pour la construction, les matériaux et les machines sont jusqu’à 70 % inférieurs à ceux d’autres centres mondiaux de fabrication de produits chimiques. Cela signifie que les dépenses consacrées à l’infrastructure de sécurité sont également très faibles, comme en témoigne le nombre élevé d’incidents industriels signalés chaque mois. Les conclusions du rapport renforcent les préoccupations exprimées lors de la réunion par les affiliés d’IndustriALL.

Des représentants syndicaux de Berger Paints, Solvay, BASF, Fresenius, TTK Pharma, Nerolac Kansai, Kores, Foseco, MRF et JK Tire ont participé aux réunions. L’engagement croissant de travailleurs et travailleuses contractuels et les salaires de misère qui leur sont versés constituent une préoccupation majeure pour les syndicats. Le faible coût de la main-d’œuvre est l’un des moteurs de l’émergence du pays en tant que plaque tournante de la fabrication de produits chimiques. Afin d’attirer les capitaux, les employeurs versent de faibles salaires aux salariés et embauchent davantage de contractuels qui ne bénéficient d’aucune sécurité d’emploi ou de prestations de sécurité sociale. Les fusions et acquisitions posent des défis importants aux syndicats en matière de recrutement et de fidélisation des membres. Les adhérents des syndicats ont indiqué que l’externalisation des emplois syndiqués et l’informalisation de l’économie, associées à l’automatisation, ont également un impact négatif sur les travailleurs et travailleuses ainsi que leurs syndicats.

Tom Grinter, Directeur des sections de la chimie, de la pharmacie et du caoutchouc d’IndustriALL, a déclaré :

“Alors que l’Inde se développe en tant que pôle majeur de fabrication de produits chimiques, pharmaceutiques et pneumatiques, la situation des travailleurs et travailleuses employés dans les usines ne fait qu’empirer. Nous devons construire des réseaux plus solides et faire preuve d’une plus grande solidarité pour protéger les droits des travailleurs. Les politiques des entreprises doivent être remises en question pour garantir aux travailleurs et travailleuses des emplois syndiqués de qualité, avec de meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail.”

Les syndicats du secteur pharmaceutique ont cité un exemple de la manière dont l’industrie sape le pouvoir syndical en créant des divisions au sein de la classe ouvrière. Les employés de l’industrie pharmaceutique et chimique, y compris ceux chargés de la promotion des ventes, ont été transformés en cadres afin de les soustraire au champ d’action des syndicats et de la législation du travail.

Les syndicalistes ont appelé à des syndicats inclusifs et à la nécessité d’une plus grande collaboration entre ceux-ci en établissant des réseaux d’entreprises et sectoriels, en particulier dans les régions marquées par les investissements dans le pétrole, la chimie et la pétrochimie.

Apoorva Kaiwar, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Asie du Sud, a déclaré :

“Les secteurs de la chimie, de la pharmacie et des pneumatiques sont très importants en Inde. Il est essentiel de renforcer le pouvoir des syndicats dans ces secteurs pour garantir la promotion des droits des travailleurs et travailleuses, alors même que les industries évoluent vers de nouvelles technologies et que la nécessité d’une transition juste devient impérative”.

Les syndicalistes malgaches arrêtés dans le cadre des manifestations contre QMM doivent être libérés !

QMM, détenue à 20 % par l’État malgache et à 80 % par Rio Tinto, exploite l’ilménite, qui sert à fabriquer du dioxyde de titane, utilisé dans les peintures, les encres, les tissus, les plastiques, le papier et d’autres produits. La communauté affirme avoir perdu les moyens de subsistance que lui procuraient les forêts, notamment la nourriture, l’eau, les abris et les médicaments. En outre, il est désormais extrêmement difficile de pêcher du poisson dans la lagune en raison des activités minières.

Le Syndicat des Métallos USW, qui représente 850.000 membres au Canada et aux États-Unis et a établi des partenariats étroits avec les syndicats malgaches Syndicalisme et Vie des Sociétés (SVS) et Sendika Kristanina Malagasy (SEKRIMA), qui représentent les travailleurs et travailleuses de QMM, a déclaré que ces manifestations “s’inscrivent dans le contexte d’autres épisodes de troubles civils qui ont été, dans le passé, alimentés par ce qui est perçu comme un manque d’efforts de la part de Rio Tinto pour entamer des consultations ou un dialogue significatif avec les communautés affectées”.

Marty Warren, Directeur national des Métallos USW pour le Canada, a indiqué :

“Notre syndicat condamne fermement ce que nous considérons comme des attaques ciblées contre des militants syndicaux et donc contre la liberté syndicale et le droit de manifester. Les actions de la police malgache envoient un message clair de peur et d’intimidation aux travailleurs et travailleuses qui souhaitent exercer leurs droits dans un contexte déjà difficile pour la syndicalisation”.

L’USW souhaite également que le gouvernement abandonne les mandats d’arrêt contre Eugène Chrétien et Laurent Manjary et qu’il “ouvre des canaux de communication avec les manifestants afin de trouver une solution pacifique et durable à ce conflit en cours”.

Glen Mpufane, Directeur de la section des mines d’IndustriALL, a déclaré :

“Nous réitérons nos appels en faveur d’approches pacifiques et non-conflictuelles pour répondre aux préoccupations sincères de la communauté riveraine et des syndicats de QMM concernant les effets néfastes de l’exploitation minière à Fort Dauphin. L’engagement dans un dialogue social est nécessaire pour que les parties prenantes trouvent une solution à l’amiable. Cependant, l’intimidation, les arrestations et l’emprisonnement sont préjudiciables à la résolution des conflits communautaires et sociaux”.

Le partenariat entre l’USW et les syndicats de Madagascar est ancré dans un projet visant à renforcer les capacités internes des syndicats malgaches en matière de stratégies de syndicalisation, de formation, de droits des travailleurs et de droits de l’homme ainsi que de syndicalisme efficace. L’USW et SEKRIMA sont affiliés à IndustriALL.

Le Brésil adopte une loi pour garantir l’égalité de rémunération entre les femmes et les hommes

Au Brésil, les femmes gagnent 21 % de moins que les hommes, selon les données du Département des statistiques et des études socio-économiques de l’Union interprofessionnelle (DIESSE). Dans les secteurs où les femmes prédominent (comme la santé, l’éducation et les services sociaux), l’écart de rémunération est encore plus important : 32 % par rapport au salaire des hommes.

En réponse à cette situation, le Président Lula da Silva a promulgué ce 3 juillet dernier la loi 1085 visant à garantir l’égalité de salaire et de rémunération entre les femmes et les hommes, afin de lutter contre les inégalités sur le marché du travail, d’accroître l’autonomie financière des femmes et d’améliorer leur situation générale.

La législation prévoit des mesures visant à promouvoir et à mettre en œuvre des programmes de diversité et d’inclusion sur le lieu de travail, y compris une formation sur la question pour les cadres, les dirigeants et les salariés.

Elle impose également aux entreprises employant au moins 100 personnes de fournir des rapports semestriels transparents sur les salaires et les critères de rémunération. Ces rapports doivent contenir des informations permettant une comparaison objective des salaires et rémunérations des hommes et des femmes.

En cas d’irrégularités, des sanctions administratives seront appliquées et des procédures judiciaires visant à corriger l’inégalité seront mises en œuvre. La nouvelle législation multiplie par dix l’amende dans les cas où une femme est moins bien payée qu’un homme pour le même travail et la double encore en cas de récidive. La loi prévoit également l’indemnisation du préjudice moral en cas de discrimination fondée sur le sexe, la race, l’ethnie, l’origine ou l’âge.

“La nouvelle loi établit que les critères d’égalité de salaire et de rémunération sont obligatoires pour les femmes et les hommes effectuant un travail de valeur égale ou le même travail.

Nous avons le ministère du travail, le ministère de la femme, le ministère public du travail, et tout le monde doit s’efforcer d’assurer le respect de la loi.”

a déclaré le Président le jour de la signature.

Mónica Veloso, Vice-présidente d’IndustriALL pour l’Amérique latine et les Caraïbes, souligne l’importance de la situation des travailleuses au Brésil :

“Il est essentiel que nous nous appropriions cette victoire historique dans la lutte pour l’égalité des sexes et que nous fassions de cet instrument public une réalité pour les femmes dans le monde du travail. Nous devons étendre son application dans les conventions collectives.

Le mouvement syndical, avec la force des travailleuses, peut et doit être un allié solide de cette politique publique permettant une transformation sociale et économique dans la vie des travailleuses.”