Victoire syndicale : les travailleurs américains du pneu approuvent la convention de l’USW

Mais ayant lutté sans relâche pour leurs droits, plus de 325 employés de Kumho Tire Georgia ont ratifié ce 10 août la première CCT de cette usine de pneus. Ce vote a eu lieu plus de deux ans après que le Syndicat des Métallos USW a été accrédité en tant qu’agent de négociation des travailleurs et travailleuses.

“Nos membres de Kumho Tire se sont battus pendant des années pour obtenir les droits et les avantages d’une convention équitable. Grâce à leur solidarité et au travail acharné de notre comité de négociation, ils ont atteint cet objectif”.

a déclaré Tom Conway, Président international de l’USW.

Cette convention de quatre ans est historique, car elle concerne les premiers travailleurs et travailleuses du secteur des pneumatiques aux États-Unis à adhérer à un syndicat depuis 30 ans. Elle prévoit des améliorations salariales annuelles et d’autres augmentations de salaire. Elle comprend également des congés payés supplémentaires, un comité conjoint de santé et de sécurité et d’autres protections sur le lieu de travail, tout en maintenant l’accès à des soins de santé de qualité ainsi que d’autres avantages.

“Le pouvoir de la solidarité a permis d’obtenir une convention équitable et nous avons prouvé que nos voix sont plus fortes lorsque nous sommes unis dans l’intérêt de tous. Avec cet accord ratifié, nos emplois seront plus sûrs, plus prospères et plus sécurisés qu’auparavant”,

a indiqué Daniel Flippo, Directeur du district 9 de l’USW.

“Lorsque nous nous battons, nous gagnons. La convention conclue chez Kumho Tire est le résultat de la lutte acharnée menée par le syndicat pour défendre ses membres et leur avenir. Nous félicitons nos camarades qui démontrent que les syndicats ont leur place dans le Sud et qui ouvrent la voie à une syndicalisation accrue”,

a déclaré Tom Grinter, Directeur d’IndustriALL pour le caoutchouc.

Bulgarie : les actes contre une association syndicale dorénavant punis par la loi

Les syndicats bulgares, au nombre desquels les affiliés d'IndustriALL, ont remporté un combat long de trente années lorsque le parlement a approuvé ces changements qui font des actes dirigés contre la liberté syndicale des travailleurs et des salariés de Bulgarie des délits pénaux.

Ces amendements visent tout délit commis contre le droit des travailleurs d'adhérer à un syndicat, que ce soit par la violence, les menaces ou tout autre acte illégal, qui empêche quelqu'un d'exercer son droit de se syndiquer en le forçant à renoncer à son affiliation à une organisation syndicale ou en l'empêchant de créer une telle organisation. En cas de récidive, l'auteur encourt une peine de prison pouvant aller jusqu'à cinq ans ou une amende maximum de 5.000 $.

Tsvetelina Milchalieva, la présidente de la Fédération de l'industrie légère, a déclaré :

"Le droit d'association des travailleurs et salariés est régi par la Constitution de la République de Bulgarie, mais il n'est toujours pas garanti par la loi malgré les efforts constants de la CITUB et des fédérations d'industrie, et des annonces répétées en ce sens. C'est pourquoi notre dernière proposition de changer le Code du travail répond à la Directive 2022/2041 du Parlement européen et du Conseil du 9 octobre 2022 relative à des salaires minimaux adéquats et à la promotion de la négociation collective dans l'Union européenne. Tout changement de ce type, favorable à la liberté syndicale, est un énorme pas en avant pour autant qu'il aille dans la bonne direction, tel qu'il a été conçu."

Kemal Özkan, secrétaire général adjoint d'IndustriALL, déclare :

"IndustriALL Global Union félicite son affilié pour cette grande victoire. Toutes ces longues et difficiles années de campagnes et de combat pour les droits des travailleurs ont fini par payer. La défense des droits des travailleurs est une des grandes priorités du mouvement syndical. Nous avons besoin de plus de nouvelles comme celle-ci, qui changent notre vie."

Les amendements au Code pénal imposent aussi des peines plus lourdes pour les passeurs clandestins aux frontières, trois ans d'emprisonnement au moins et dix au maximum si des mineurs sont impliqués. Ces amendements portent aussi sur les droits au travail en prévoyant des sanctions pour ceux qui veulent forcer quelqu'un à adhérer à un syndicat ou l'empêcher de le faire.  

Les syndicats ougandais signent un protocole d’accord sur le dialogue social

Ce document apportera des améliorations à la vie des travailleurs et travailleuses et il existe actuellement un projet d’IndustriALL pour le renforcement syndical en Afrique de l’Est avec des affiliés en Ouganda qui se concentre sur un dialogue social plus systématique. Il améliore les conditions-cadres du marché du travail, accroît l’égalité et l’équité entre les hommes et les femmes et assure une transition juste vers une production respectueuse du changement climatique et de l’environnement.

Avant la signature, les droits syndicaux en matière de liberté d’association et de négociation collective étaient limités, ce qui permettait à de nombreux employeurs de ne pas reconnaître les syndicats.

L’équipe syndicale concernée, composée de membres des conseils nationaux, de secrétaires généraux, de facilitateurs et de présidents, se réunira en septembre pour élaborer une feuille de route quant à la manière d’aller de l’avant.

D’autres clauses du protocole incluent la promotion de bonnes relations sociales ainsi que de la justice économique et sociale.

“Le protocole d’accord est une avancée importante que nous attendions depuis un certain temps. S’il est bien mis en œuvre, il réduira la restriction des droits syndicaux en Ouganda, ce qui favorisera le travail décent et la promotion du dialogue social sur le lieu de travail”,

a déclaré le Secrétaire général du Syndicat des travailleurs de l’imprimerie, du papier, de la polyfibre et des branches connexes d’Ouganda (UPPPAWU).

La Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne, Paule Ndessomin, a pour sa part déclaré :

“La création d’un dialogue social entre les employeurs et les syndicats est essentielle pour améliorer les conditions de travail des travailleurs et travailleuses. Nous félicitons nos affiliés pour leur lutte permanente en faveur des droits de leurs membres.”

Les quatre affiliés ougandais d’IndustriALL sont le Syndicat des travailleurs des industries chimique, pétrolière et connexes d’Ouganda (UCPAWU), le Syndicat des travailleurs du textile, de l’habillement, du cuir et des secteurs connexes (UTGLAWU), le Syndicat des travailleurs de l’hôtellerie, du tourisme, des supermarchés et assimilés (HTS-U) et le Syndicat des travailleurs de l’imprimerie, du papier, de la polyfibre et des branches connexes d’Ouganda (UPPPAWU).


 

L’Ouganda ratifie la Convention 190 de l’OIT

En compagnie d’autres syndicats, les affiliés d’IndustriALL en Ouganda ont mené une campagne active pour la ratification de la C190, en participant au Comité consultatif officiel et en œuvrant directement avec les ministères concernés.

Les syndicats ont organisé une réunion des parties prenantes avec l’Organisation nationale des syndicats (NOTU) et l’Organisation centrale des syndicats libres (COFTU), la société civile, les parlementaires, les travailleurs, les dirigeants syndicaux et le ministère du travail.

Des affiches et d’autres supports de campagne ont été élaborés pour porter ce message : ratifier et intégrer la norme C190 de l’OIT sur la violence et le harcèlement dans le monde du travail en Ouganda.

 

L’implication des femmes et des jeunes dans la campagne était cruciale, car ils sont les plus touchés par la violence et le harcèlement dans le monde du travail. Pour sensibiliser le public à l’importance de la convention, les syndicats ont organisé plusieurs conférences de presse, auxquelles a participé la société de radiodiffusion ougandaise.

“La Convention favorisera un environnement de travail sûr et respectueux pour les travailleurs et les travailleuses une fois qu’elle aura été transposée au niveau national. Cependant, nous ne relâcherons pas nos efforts tant que C190 ne sera pas incorporée au paysage national”,

a déclaré Irene Faith Lanyero, Présidente du Comité national des femmes d’IndustriALL pour l’Ouganda et Trésorière nationale adjointe du Syndicat des travailleurs du textile, de l’habillement, du cuir et des secteurs connexes (UTGLAWU).

“La Convention 190 de l’OIT est essentielle pour un lieu de travail sans violence ni harcèlement, et nous nous félicitons de la campagne menée par nos affiliés, qui a contribué à la ratification de cette convention par l’Ouganda”,

a déclaré Paule Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL.

La Convention 190 est la première norme internationale du travail à traiter de la violence et du harcèlement dans le monde du travail. Avec la recommandation 206, elle offre un cadre d’action commun et une occasion unique de façonner un avenir du travail fondé sur la dignité et le respect.

Niger : les syndicats appellent à la démocratie, à la paix, à la stabilité et à la sécurité

Le 30 juillet, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a lancé un ultimatum et menacé d’intervenir par la force militaire pour rétablir le président déchu au pouvoir si la garde présidentielle ne le libérait pas. Les chefs d’état-major concernés se sont mis d’accord sur un éventuel plan d’action militaire, y compris sur le moment et le lieu où il faudrait frapper si le dirigeant détenu n’était pas libéré et rétabli dans ses fonctions d’ici dimanche.

Les affiliés d’IndustriALL, le Syndicat National des Travailleurs de l’Industrie du Niger (SNTIN) et le Syndicat National des Travailleurs des Mines du Niger, qui appartiennent à l’une des centrales syndicales, l’Union de Syndicats des Travailleurs du Niger (USTN), ont condamné ce coup d’État militaire et appellent la population à bannir tout acte de violence à l’encontre des personnes et de leurs biens.

Les syndicats ont appelé le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) à tout mettre en œuvre pour préserver la paix et la stabilité pour tous dans la région. Les syndicats ont déclaré qu’ils lutteront contre toute situation qui ne tient pas compte des intérêts généraux des travailleurs et du peuple nigérien. Les syndicats exigent du CNSP qu’il mette tout en œuvre pour alléger les souffrances des travailleurs et travailleuses en respectant les engagements pris par le précédent gouvernement.

Ces dernières années, la sécurité dans la région du Sahel, qui comprend les pays suivants : Burkina Faso, Cameroun, Tchad, Gambie, Guinée, Mauritanie, Mali, Niger, Nigeria et Sénégal, est devenue très instable.

Les extrémistes, les terroristes et les insurgés continuent de faire peser de réelles menaces sur les vies et les moyens de subsistance. Des milliers de personnes ont été tuées, des enfants ont été enlevés, des écoles ont été détruites et des agriculteurs ont été contraints de quitter leur exploitation. Ces attaques expliquent en partie pourquoi les pays de la région du Sahel affichent des taux élevés de pauvreté, de personnes déplacées à l’intérieur de leur pays, d’enfants non scolarisés et de morts civiles violentes.

Le plan d’action adopté par le Congrès de 2021 stipule : “IndustriALL et ses affiliés sont fermement opposés à toute tentative de coup d’État ou d’intervention antidémocratique contre le libre arbitre et le vote du peuple. Nous défendons une véritable démocratie fondée sur le respect des droits de l’homme et sommes solidaires des populations des pays concernés”.

Rose Omamo, Vice-présidente d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne, a déclaré :

“Si la CEDEAO réagit par une intervention militaire, cela affectera grandement la classe ouvrière et les pauvres qui sont déjà dans une position vulnérable. Nous appelons la CEDEAO à trouver des moyens diplomatiques et concrets pour résoudre cette catastrophe politique n’incluant pas la mobilisation pour un déploiement militaire. Nous encourageons également la CEDEAO et l’Union africaine à prendre les mesures nécessaires pour coordonner une plateforme de discussion sur la sécurité et les défis qui menacent la stabilité socio-économique et politique de la région du Sahel et du continent.

Les travailleurs et travailleuses ont besoin de démocratie, de paix, de stabilité et de sécurité et ce n’est pas en déployant l’armée que l’on y parviendra.”

Les travailleurs de Rieter India à nouveau en grève

Plus de 350 travailleurs de Rieter India avaient déjà arrêté le travail en janvier après que la direction eut refusé de répondre aux questions du syndicat à propos de pratiques déloyales du travail. Sept dirigeants du syndicat, dont son secrétaire général et son président, avaient été transférés dans le but d'affaiblir le syndicat après que celui-ci eut déposé plainte au du ministère du Travail contre l'utilisation illégale de travailleurs contractuels par l'entreprise.

Les travailleurs n'ont pu que repartir une nouvelle fois en grève puisque la direction n'a pas remédié à la situation et s'est, au contraire, lancée dans de nouvelles attaques contre le syndicat pour affaiblir les droits des travailleurs. Vingt travailleurs ont été suspendus d'un coup sur de fausses accusations. Vingt autres ont été transférés dans divers sites éloignés, prétendument à des fins de formation. Neuf syndicalistes, dont deux représentants syndicaux, ont aussi été licenciés sur-le-champ lorsque le syndicat a publié un préavis de grève.

Kishor Somwanshi, le président du Shramik Ekta Mahasangh, a déclaré :

"Plutôt que de remédier à la situation, la direction de Rieter fait preuve d'abus de pouvoir en faisant appel à la police et à des politiciens locaux pour briser la grève. C'est inacceptable. Nous poursuivrons la lutte tant que nos revendications ne seront pas satisfaites."

Apoorva Kaiwar, la secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Asie du Sud, s'est rendue aux côtés des grévistes par solidarité et elle a déclaré :

"IndustriALL est aux côtés des travailleurs de Rieter India. Nous appuyons sans réserve les revendications de notre affilié et nous exhortons la direction à apporter rapidement une solution."

Les syndicats nigérians protestent contre les politiques anti-pauvres

Ce sont les confédérations syndicales nigérianes NLC et TUC qui avaient appelé à cette action de masse. Elles ont depuis rencontré le Président nigérian, Bola Tinubu, pour discuter des revendications des syndicats, telles que l’adoption de mesures de politique économique qui protègent les travailleurs et les pauvres ainsi que la réduction des dépenses publiques.

Les syndicats affirment que les conditions socio-économiques actuelles, inflation élevée, chômage, pauvreté et augmentation de la dette nationale, provoquent une crise du coût de la vie, aggravée par la suppression de la subvention sur les carburants. En outre, les impôts augmentent, des frais de scolarité ont été introduits dans les universités publiques, les travailleurs et travailleuses paieront davantage de frais de scolarité pour leurs enfants et les hôpitaux universitaires ainsi que les centres médicaux fédéraux sont privatisés alors que les dépenses publiques augmentent. Les syndicats craignent que ces politiques anti-pauvres n’entraînent les travailleurs et travailleuses ainsi que la population au sens large dans la spirale d’une pauvreté encore plus grande.

Lai Brown, Secrétaire général de l’Association des cadres supérieurs de l’automobile, des chantiers navals, du transport, de l’équipement et des services connexes (AUTOBATE), a déclaré :

“Au cours des deux derniers mois, nous avons été témoins d’une série d’attaques socio-économiques contre les travailleurs et travailleuses, notamment une hausse astronomique du prix de l’essence, des augmentations arbitraires des frais de scolarité dans les établissements publics et la dévaluation du naira. Ces événements ont causé des difficultés inouïes aux membres d’AUTOBATE. Le mouvement syndical doit maintenir la pression jusqu’à ce que le gouvernement réponde aux revendications légitimes des travailleurs et travailleuses, notamment un salaire mensuel de 200.000 nairas (264 dollars)’’.

Le Coprésident régional d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne, John Adaji, a déclaré :

“Les affiliés d’IndustriALL au Nigeria ont participé aux manifestations contre les politiques anti-populaires de la nouvelle administration et appellent à des négociations sérieuses avec les organisations syndicales pour répondre à leurs revendications, notamment celles liées au mécontentement concernant la suppression de la subvention sur les carburants”.

“Nous appelons le gouvernement fédéral du Nigeria à dialoguer de manière significative avec les travailleurs et travailleuses sur leurs revendications et à trouver des solutions durables à la crise socio-économique. L’élaboration de politiques efficaces en faveur des pauvres et le dialogue social sont nécessaires pour améliorer les moyens de subsistance des travailleurs et travailleuses du Nigeria,”

a déclaré Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL.

Les syndicats affiliés à IndustriALL au Nigeria sont l’Association des cadres supérieurs de l’automobile, des chantiers navals, du transport, de l’équipement et des services connexes (AUTOBATE), l’Association des cadres des industries des produits chimiques et non métalliques (CANMPSSAN), le Syndicat national des salariés de l’industrie chimique, de la chaussure, du caoutchouc, du cuir et des produits non métalliques (NUCFRLANMPE), le Syndicat national des travailleurs de l’électricité (NUEE), le Syndicat national des travailleurs du pétrole et du gaz naturel (NUPENG), le Syndicat national des travailleurs du textile, de l’habillement et de la couture (NUTGTW), l’Association des cadres du pétrole et du gaz naturel (PENGASSAN) et le Syndicat des travailleurs de la sidérurgie et de l’ingénierie du Nigeria (SEWUN).

Les syndicats brésiliens défilent contre les taux d'intérêt élevés

D'après les chiffres de la Banque mondiale, les taux d'intérêt réels pratiqués au Brésil sont parmi les plus élevés au monde. Pour les travailleurs, des taux d'intérêt élevés creusent les inégalités, augmentent le niveau d'endettement de la population , compromettent la croissance économique, bloquent la création d'emplois et les privent de revenus.

C'est pourquoi ils sont descendus dans la rue devant le siège de la banque centrale, dans la vieille ville de Porto Alegre, alors que le Comité de politique monétaire (Copom) de la banque s'y réunissait pour deux jours. À cette réunion, le Copom a annoncé que le taux de base, appelé Selic, serait abaissé de 13,75% à 13,25%, à peine 0,5 point de pourcentage, ce que les syndicats jugent inacceptable et insuffisant.

Pour le président de notre affilié CNM/CUT, Loricardo de Oliveira, cette manifestation aidera la banque centrale à voir que la classe ouvrière brésilienne souffre de sa politique en matière de taux d'intérêt.

"Nous devons réduire les taux d'intérêt pour avoir une politique industrielle qui investit dans la production et pas uniquement dans le système financier. Il faut des taux d'intérêt d'un niveau compatible avec l'avenir du Brésil, un avenir dans lequel le développement stratégique contribue à l'amélioration de la production industrielle, du travail décent, des niveaux de revenus et des droits des travailleurs."

De son côté, Miguel Torres, le président d'un autre affilié d'IndustriALL, CNTM/Força Sindical, a averti que :

"Les taux d'intérêt élevés sucent le sang de notre pays et rendent le développement impossible. Les intérêts que doit payer le gouvernement limitent fortement le potentiel de croissance du pays."

Les manifestants ont réclamé le départ du président de la banque centrale, Roberto Campos Neto, l'accusant de maintenir des taux d'intérêt élevés pour saboter la croissance économique. Il avait été nommé par le précédent président, Jaïr Bolsonaro, et son mandat s'achève le 31 décembre 2024.

Un taux de base du Selic élevé coûte au Brésil des milliards de réaux qui, autrement, pourraient être investis dans des secteurs essentiels tels que la santé, l'éducation, le logement, l’environnement et le développement économique. 

Un sommet mondial complimente le Lesotho pour ses accords sur la VHBG

Les participants à ce sommet ont reconnu que les accords signés au Lesotho sont un modèle pour l'Afrique australe. Des accords ont été conclus en 2019 entre trois marques mondiales de vêtements – Levi Strauss & Co., Kontoor Brands (Lee and Wrangler Jeans) et Children’s Place – et des syndicats et des organisations féministes pour mettre un terme à la violence et au harcèlement basés sur le genre à l'usine textile Nien Hsing, qui emploie plus de 10.000 personnes.

Ces accords ont été conclus après qu'une enquête menée par le Workers’ Rights Consortium (WRC) ait mis en lumière des actes choquant de violence et de harcèlement basés sur le genre commis par la direction et des contremaîtres de cinq usines de Nien Hsing. Pour y mettre fin, ces accords recommandent des programmes comportant des mécanismes de signalement, des mesures disciplinaires contre les auteurs pouvant aller jusqu'au licenciement, et des programmes de sensibilisation, de formation et d'éducation à la VHBG. D'après certains participants, depuis la mise en œuvre de ces programmes en 2021, le nombre des cas a diminué et ils veulent qu'ils soient étendus à d'autres usines.

Dans ses commentaires, le premier ministre du Royaume du Lesotho, Ntsokoane Samuel Matakane, a dit : 

“Le Lesotho défend les droits des travailleurs et travailleuses qui sont inscrits dans la constitution et dans les conventions de l'OIT, notamment la convention 190. Le gouvernement préconise un cadre de travail exempt de violence et de harcèlement et met la dernière main à des principes directeurs visant à mettre fin à l'exploitation sexuelle.”  

Cette manifestation était organisée avec le soutien de plusieurs organisations, dont l'American Federation of Labour and Congress of Industrial Organizations (AFL-CIO), le Congrès des syndicats sud-africains (COSATU), la Fédération des femmes juristes du Lesotho (FIDA), la Fédération internationale des travailleurs domestiques (IDWF), la CSI, la CSI-Afrique, le WRC, La Fondation pour la recherche et l'éducation sur les femmes et le droit en Afrique australe (WLSA) et Workers Rights Watch.

Les syndicats présents, qui étaient aussi les signataires des accords, étaient le Syndicat démocratique indépendant du Lesotho (IDUL), affilié à IndustriALL, les Salariés unis du textile (UNITE) et le Syndicat national des travailleurs de l'habillement, du textile et apparentés (NACTWU). 

Shawna Bader-Blau, la directrice exécutive du Solidarity Center, a déclaré : 

“Après des années de combat, des syndicats et des travailleuses du monde entier en particulier, pour promouvoir des lieux de travail exempts de violence et de harcèlement basés sur le genre, il est réconfortant de voir, dans le cadre de l'initiative M-POWER, des gouvernements à l'écoute des travailleurs dire d'une même voix que la violence et le harcèlement basés sur le genre constituent une forme d'abus inacceptable qui doit cesser si les travailleurs et les travailleuses veulent pouvoir instaurer des lieux de travail justes et équitables.”

“Les syndicats et les organisations de défense des droits des femmes du Lesotho ont montré qu'il est possible de négocier des accords contraignants dans la chaîne d'approvisionnement mondiale du vêtement afin de protéger les droits fondamentaux des travailleurs.”

Le programme M-POWER a aussi été lancé en Zambie plus tôt dans l'année sur le thème “Amplifier les voix des travailleurs pour préserver la démocratie en Afrique.”

La secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Afrique subsaharienne, Paule France Ndessomin, ajoute : 

“L'élaboration de mécanismes et programmes de lutte contre la VHBG est une étape importante de la mise en application de la convention 190 pour mettre fin à la VHBG dans le monde du travail, tout comme l'adoption de politiques du lieu de travail, comme l'explique le recommandation 206. Surtout, ces programmes sont plus efficaces s'ils impliquent toutes les parties prenantes, dont les syndicats, comme c'est le cas au Lesotho. Nous espérons que le programme M-POWER sera étendu à d'autres pays d'Afrique australe.”

Les hôtes du sommet étaient le Partenariat multilatéral pour l'organisation, l'habilitation et les droits des travailleurs (M-POWER), la Fédération des syndicats du Lesotho (LFTU) et le Conseil du travail du Lesotho (LLC). 

Le Lesotho est le septième pays d'Afrique subsaharienne à ratifier la convention 190 après la République d'Afrique centrale, Maurice, la Namibie, le Nigeria, la Somalie et l'Afrique du Sud.

Un an plus tard, les syndicats biélorusses sont toujours en liquidation

Tout au long de l’année écoulée, IndustriALL a fermement condamné la décision de ce tribunal et ne la reconnaît pas. IndustriALL considère cette décision comme nulle et non avenue et continue à soutenir ses affiliés. Dans une lettre adressée au Directeur général de l’Organisation internationale du travail (OIT), IndustriALL a déclaré qu’elle continuerait à aider et à soutenir pleinement les syndicats indépendants de Biélorussie afin de garantir la continuité des activités syndicales. IndustriALL a également appelé à la libération des dirigeants syndicaux emprisonnés.

En novembre, le Comité exécutif d’IndustriALL avait adopté une résolution condamnant la dissolution des syndicats indépendants et exigeant la libération immédiate de tous les syndicalistes de Biélorussie.

En juin de cette année, des fédérations syndicales internationales, des militants syndicaux et des délégués ayant participé à la 111e Conférence internationale du travail (CIT) à Genève se sont rassemblés aux abords de la sculpture Broken Chair pour appeler à la libération immédiate des syndicalistes biélorusses emprisonnés et à la fin de la répression des droits des travailleurs. Les délégués présents à la manifestation ont exigé que toutes les charges retenues contre les dirigeants emprisonnés soient abandonnées et que les organisations internationales soient autorisées à se rendre dans le pays.

En début de cette même semaine, la CIT avait adopté une résolution au titre de l’article 33 de la constitution de l’OIT, mettant en cause le mépris persistant de la Biélorussie pour les droits des travailleurs et l’arrestation d’innombrables syndicalistes. L’article 33 s’attaque au non-respect des conclusions du rapport d’une commission d’enquête de l’OIT. Cette commission a été établie en 2003 concernant les violations des Conventions 87 et 98 de l’OIT. Cette adoption signifie que les États membres prendront toutes les mesures possibles pour que la Biélorussie mette en œuvre les recommandations de cette enquête. Cela pourrait se traduire par des sanctions, mais aussi par un soutien aux personnes persécutées par le régime et à leur lutte pour les droits des travailleurs au niveau international.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, a déclaré :

“IndustriALL s’engage à soutenir et à aider les syndicats indépendants de Biélorussie dans leur lutte pour opérer en toutes circonstances. Nous luttons contre un dictateur et sommes unis aux côtés des travailleurs et travailleuses de Biélorussie. Nous n’aurons de cesse que de voir les otages politiques libérés. Il s’agit d’une lutte pour la démocratie et pour les droits fondamentaux des travailleurs. La décision de la CIT sur l’article 33 est une avancée importante pour nous. Notre lutte continue et nous triompherons.”