S'opposer à la répression antisyndicale en France

La décision consistant à cibler des dirigeants syndicaux, dont le secrétaire général de la FNME-CGT Sébastien Menesplier, fait suite aux grandes manifestations organisées au début de l'année contre la réforme du régime des retraites du gouvernement français, ainsi qu'à la suppression des régimes spéciaux des travailleurs de l'électricité et du gaz en France.

Renaud Henri, le secrétaire général des travailleurs de l'énergie de la CGT à Marseille, doit comparaître en justice en septembre en compagnie de ses collègues Mathias et Jean-Philippe. En novembre, c'est le leader des travailleurs de l'énergie de la CGT Gironde, Christophe Garcia, qui sera devant la justice à Bordeaux, avec son camarade Alexandre.

Les chefs d'inculpation invoquant la sécurité publique dans le contexte des grèves constituent une attaque directe contre les libertés syndicales fondamentales et le droit de grève. Ce droit est remis en cause partout en Europe et on voit apparaître dans des pays comme la France, la Belgique, le Royaume-Uni et l'Italie des lois réduisant la liberté d'action des syndicats.

"Les droits syndicaux sont attaqués partout dans le monde. Le mouvement syndical doit opposer une réponse ferme et unifiée face aux attaques du gouvernement français contre le droit de grève et l'action collective. Les attaques contre les droits syndicaux fondamentaux sont inacceptables et doivent cesser immédiatement,"

a déclaré le secrétaire général d'IndustriALL, Atle Høie.

La FNME-CGT manifestera devant le commissariat de police de Montmorency le 6 septembre à 9 heures. IndustriALL se joint à l'appel à la solidarité de la FSESP et d'IndustriALL Europe pour le 6 septembre.

Nous appelons nos organisations affiliées à :

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IndustriALL et Aker renouvellent leur accord-cadre mondial

L’ambitieux accord-cadre mondial (ACM) contient des dispositions sur les droits humains et syndicaux fondamentaux et fait référence aux normes internationales en matière de santé et de sécurité, de salaires décents, de transition équitable, d’égalité et de diversité, de questions environnementales, de temps de travail et de conditions d’emploi.

L’accord ainsi renouvelé a été approuvé lors d’une réunion du Conseil d’entreprise mondial (CEM) le 25 mai dernier, après consultation des affiliés d’IndustriALL. L’ACM comprend des dispositions plus strictes sur ce qui est exigé des entreprises de la chaîne d’approvisionnement d’Aker et s’appuie sur les accords précédents, dont le premier a été signé en 2008 et renouvelé en 2010 et 2013.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Atle Høie, a déclaré à ce sujet :

“Il s’agit d’un accord ambitieux et tourné vers l’avenir, qui aborde des domaines clés pour un lieu de travail décent et durable. Ce nouvel accord fixe une référence en matière d'ACM et de dialogue social, et l’approche sincère de la direction est exemplaire”.

Après sa réunion en mai, le Conseil d’entreprise mondial a visité l’installation du Château de la Rose à Oslo, qui commémore l’occupation nazie de la Norvège. Dans un discours émouvant annonçant son départ à la retraite, le Président sortant Atle Tranøy a parlé de la nécessité pour chaque génération de défendre la démocratie, en particulier dans le contexte de la guerre en Ukraine et de la montée des politiques autoritaires. Il a déclaré que le dialogue social et les accords tels que l’ACM Aker sont les éléments constitutifs d’une bonne société.

Tranøy a été déterminant dans l’ACM dès ses balbutiements et a joué un rôle déterminant dans sa renégociation.

Un mécanisme de résolution des conflits établit clairement la responsabilité pour Aker d’user de son influence pour garantir le respect des droits syndicaux tout au long de sa chaîne d’approvisionnement. L’accord est contrôlé par le Conseil d’entreprise mondial et tout salarié de l’écosystème d’Aker peut contacter directement le référant syndical s’il estime que l’accord n’est pas respecté.

Soulignant l’importance du dialogue social, le PDG d’Aker, Øyvind Eriksen, a déclaré :

“Cet accord est un élément important du travail d’Aker en matière de développement durable et de gouvernance d’entreprise responsable. Il fournit à tous les salariés un outil important pour s’assurer que les entreprises relevant d’Aker respectent leurs engagements et nos ambitions.”

Les affiliés norvégiens d’IndustriALL, Fellesforbundet, NITO et Tekna, sont cosignataires de l’ACM.

Ståle Johansen, représentant syndical au sein du conseil d’administration d’Aker, a déclaré :

“Je suis heureux qu’avec cet accord actualisé et renforcé, Aker reconnaisse les droits syndicaux fondamentaux et s’engage à les respecter, tout comme de bonnes conditions de travail dans l’ensemble de ses activités au plan mondial.”

Le renouvellement met l’accord en conformité avec les meilleures pratiques en matière de relations sociales en actualisant le nombre d’instruments de l’OIT auxquels il est fait référence après que la santé et la sécurité sont devenues le sujet de conventions fondamentales, en actualisant la politique relative à l’égalité entre hommes et femmes et à la nécessité d’éliminer la violence fondée sur le sexe par le biais de la Convention 190 de l’OIT, et en prenant un nouvel engagement en faveur d’une transition équitable.

Aker possède un portefeuille diversifié, comprenant des domaines tels que la construction navale et l’équipement maritime, les logiciels et les énergies renouvelables. Aker s’est récemment lancé dans les énergies renouvelables après avoir racheté la société irlandaise Mainstream. Le CEM se concentrera sur l’amélioration de la représentation syndicale dans les activités mondiales de Mainstream.

Photo : Elisabeth Haugsbø, Présidente de TEKNA, Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL, Øyvind Eriksen, PDG d’Aker, Christian Justnes, Secrétaire du syndicat Fellesforbundet, Audun Bøhn, Secrétaire général adjoint de la NITO.

Au Pérou, les Laboratorios SMA SAC signent leur première convention collective avec un syndicat

Le 18 août, le syndicat national des travailleurs des Laboratorios SMA SAC, membre de la Fédération péruvienne des travailleurs du secteur manufacturier et apparentés (FETRIMAP-CGTP), elle-même affiliée à IndustriALL, a signé sa première convention collective avec les Laboratorios SMA SAC, une firme péruvienne spécialisée dans les produits cosmétiques, de soins personnels et d'hygiène domestique.

Pour Gilmer Ibáñez Melendrez, le secrétaire général de la FETRIMAP-CGTP :

"Avec la signature de cette convention collective, le syndicat et l'entreprise ont jeté les bases de bonnes relations de travail, essentielles à la protection des droits fondamentaux des travailleurs. Elle renforcera la réputation des Laboratorios SMA SAC sur les marchés internationaux à l'export comme entreprise respectueuse des droits au travail."

Cette convention collective 2023-2024 prévoit des prestations financières et comporte un engagement à promouvoir un dialogue de bonne foi, avec notamment :

La secrétaire générale du syndicat local, Flor de María Aranda Surichaqu, a déclaré :

"Bien que nous n'ayons pas obtenu tout ce que nous demandions, c'est un grand pas en avant pour nous. Nous continuerons à rechercher des moyens d'améliorer les conditions de tout le personnel des Laboratorios SMA SAC. Nous sommes très reconnaissants à la FETRIMAP et à IndustriALL pour le soutien qu'ils nous ont apporté."

La signature du cahier de revendications 2022, que le syndicat veut voir aboutir, reste en attente.

Le secrétaire général adjoint d'IndustriALL Kemal Özkan a déclaré :

"IndustriALL félicite son affilié et le syndicat local pour cette grande victoire. Elle est un bon exemple du processus syndical. Le syndicat national des Laboratorios SMA SAC a su mobiliser les travailleurs tandis que la FETRIMAP a apporté tout le soutien nécessaire. IndustriALL a soutenu cette campagne qui cadre avec sa stratégie mondiale sur les chaînes d'approvisionnement. La lutte continue !"

La répression s’intensifie en Biélorussie

À la mi-août, Volha Brytsikava, l’ancienne Présidente du syndicat BNP des salariés de Naftan, a été arrêtée près de Navapolatsk. Dans la foulée, son ancien adjoint, Aliaksandr Balonkin, a été arrêté dans la soirée.
 
Aliaksandr Kukharonak, militant actif lors de la grève de Naftan, l’un des premiers à avoir déclaré une grève à l’entreprise en 2020, a été arrêté dans le village de Rositsa par la police anti-émeute, qui a fouillé son domicile et celui de ses parents.

Volha Brytsikava et Aliaksandr Kukharonak ont tous deux été détenus à plusieurs reprises entre 2020 et 2022, accusés d’avoir appelé à des sanctions et à d’autres actions qui viseraient à nuire à la sécurité nationale de la Biélorussie.

Le 15 août, trois salariés ont été arrêtés à l’usine d’équipement gazier de Navagrudak. Selon des militants des droits de l’homme, des arrestations dans cette usine ont lieu presque chaque semaine et sont souvent fondées sur des abonnements à des chaînes dites extrémistes. Les travailleurs sont sporadiquement invités à remettre leur téléphone pour inspection.

Au début du mois d’août, un soudeur de l’entreprise Gomselmash a été brutalement arrêté par les forces de l’ordre pour avoir prétendument envoyé des liens vers des sources extrémistes. Toutes les informations critiquant la politique du président Loukachenko sont considérées comme extrémistes.

Un autre travailleur de l’usine Gomel Maltal and Normal Molders a été arrêté pour avoir liké une publication évoquant la mise en place d’un modèle de gestion totalitaire en Biélorussie.

Maxim Pozniakov, Président de l’affilié d’IndustriALL BNP, a déclaré :

“La nouvelle vague de détentions dans les entreprises biélorusses montre que le régime de Loukachenko craint au plus haut point les manifestations de travailleurs. Je pense également que le régime n’a pas compris la gravité de la situation liée à l’application de l’article 33 du statut de l’OIT à la Biélorussie, puisqu’il a entamé une nouvelle vague d’escalade. Cette situation n’est pas propice à l’amélioration des relations avec l’OIT et pourrait conduire à l’application de mesures et de sanctions les plus graves”.

Ensemble avec d’autres Fédérations syndicales internationales, IndustriALL s’est toujours opposée aux actions menées contre les dirigeants syndicaux, les a condamnées et a demandé l’abandon de toutes les charges retenues contre eux. Le gouvernement biélorusse viole les conventions 87 et 98 de l’OIT sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical, ainsi que sur le droit d'organisation et de négociation collective. Il est également accusé de recourir au travail forcé.

En juin de cette année, la Conférence internationale du travail a adopté une résolution au titre de l’article 33 de la Constitution de l’OIT, contestant le mépris persistant de la Biélorussie pour les droits des travailleurs et l’arrestation d’innombrables syndicalistes. Il s’agit de la mesure la plus sévère possible, en vertu de la constitution de l’OIT, à l’encontre d’un État qui viole les droits des travailleurs.

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, a déclaré :

“L’escalade des arrestations en Biélorussie témoigne de la poursuite des violations des droits des travailleurs et des syndicats. IndustriALL soutient et aide les syndicats indépendants de Biélorussie dans leur lutte en vue de pouvoir fonctionner. IndustriALL continuera à soutenir publiquement le mouvement en faveur de syndicats indépendants et de la démocratie en Biélorussie et se fera entendre par tous les moyens au plan mondial pour condamner la lourde oppression à laquelle ils sont confrontés.”

Photo avec l’aimable autorisation de Salidarnast.info

Un tribunal kényan ordonne à Proto Energy de verser les cotisations syndicales

Le 5 juillet, le tribunal a décidé que Proto Energy devait verser au syndicat les cotisations de 722 travailleurs. Le tribunal a également ordonné à l’entreprise de signer un accord de reconnaissance avec le syndicat, conformément à l’article 54 de la loi de 2007 sur les relations de travail.

Le KPOWU a syndiqué les travailleurs et travailleuses en 2021 et a envoyé à l’entreprise des formulaires de retenue et un accord de reconnaissance qu’elle a refusé de signer. Proto Energy, qui emploie environ 1.000 travailleurs et travailleuses, a également ignoré les rappels écrits du syndicat l’invitant à signer cet accord.

Le syndicat a demandé au gouvernement kényan d’intervenir et s’est déclaré en conflit avec l’employeur. Après la conciliation, Proto Energy a commencé à intimider les syndiqués. Pour mettre fin à ces intimidations, le KPOWU a saisi les tribunaux.

George Okoth, Secrétaire général du KPOWU, a déclaré :

“Avant de saisir le tribunal, nous avons tenté de parlementer avec l’employeur par le biais de rappels écrits et du dialogue social. Après avoir déclaré un conflit social, nous avons eu recours à la conciliation, mais l’employeur n’a pas tenu compte des recommandations. Le syndicat a fini par intenter une action en justice après s’être rendu compte qu’il n’y avait en face de lui aucune volonté de résoudre le conflit à l’amiable.”

Paule France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique sub-saharienne, a déclaré :

“Nous félicitons le KPOWU d’avoir défendu les droits des travailleurs et travailleuses de Proto Energy. Les travailleurs et travailleuses du Kénya ont le droit d’adhérer à un syndicat et celui-ci a des droits quant à la syndicalisation et à la négociation collective. Les employeurs doivent se conformer à la législation nationale ainsi qu’aux normes internationales du travail et mettre fin aux pratiques qui portent atteinte aux activités syndicales et aux droits des travailleurs.”

La liberté d’association et de négociation collective est protégée par la Constitution du Kenya, qui stipule que les travailleurs et travailleuses ont droit à des relations de travail équitables, y compris le droit d’adhérer à des syndicats et de participer à leurs activités. La loi sur les relations de travail protège également les droits syndicaux et régit la résolution des conflits.

Proto Energy, une filiale d’Africa Oil and Gas Limited, livre du gaz de pétrole liquéfié à usage domestique et industriel.

Deux mois de grève à la mine de Peñasquito au Mexique

Les travailleurs de la section 304 du SNTMMSSRM, aussi appelé Los Mineros, ont entamé leur grève le 7 juin à la mine de Peñasquito, filiale de la compagnie américaine Newmont, pour forcer Newmont à respecter les clauses de la convention collective relatives à des matières telles que la santé, la sécurité et les salaires.

Pour les grévistes, l'employeur ne respecte pas des dispositions protégeant la sécurité des travailleurs et ne dispense aucune formation aux membres du comité de sécurité et d'hygiène. Ils affirment aussi qu'il n'informe pas immédiatement la représentation syndicale en direct lorsque surviennent des accidents.

"Pour nous, la santé et la sécurité sont d'une importance capitale; des vies humaines sont mises en danger pour atteindre les objectifs de production. Chaque fois que nous partons travailler pour deux semaines, nos familles s'inquiètent pour notre sécurité,"

déclare le syndicat dans une communication officielle.

D'après le syndicat, la compagnie contrevient aussi aux dispositions de la convention collective relatives au recrutement, des candidats locaux étant éconduits parce qu'ils sont proposés par le syndicat, pour un problème de santé mineur ou parce qu'il leur manquerait la formation nécessaire, alors même que la convention collective prévoit une formation de 120 jours.

Le syndicat prétend que la prime de participation aux bénéfices est très inférieure aux 10 pour cent des bénéfices de l'exercice comptable précédent, pourtant obligatoires, et que la compagnie sous-paie ceux qui travaillent les jours fériés. Il a exprimé à plusieurs reprises son souhait de régler le différend par le dialogue mais accuse la direction de refuser de négocier de bonne foi.

Dans une lettre adressée au P-DG de Newmont, Tom Palmer, le secrétaire général d'IndustriALL Atle Høie le prie instamment d'intervenir pour sortir de cette grève :

"L'industrie minière reconnaît de plus en plus qu'il est important d'instaurer une culture préventive de la santé et la sécurité et de promouvoir la durabilité par des initiatives positives pour les travailleurs et les communautés. Or, Newmont se montre intransigeante et refuse de se saisir de la question pour sortir de cette grève qui dure depuis deux mois.

"Nous vous exhortons à intervenir pour rechercher d'urgence une solution satisfaisante. Veuillez noter qu'au besoin, nous n'hésiterons pas à porter la question à l'attention de parties prenantes de poids soucieuses des problèmes d'environnement, sociaux et de gouvernance chez Newmont."

Le syndicat malaisien appelle à respecter la décision de l’OIT et à réintégrer les travailleurs

L’affilié d’IndustriALL a organisé une manifestation devant le bureau du Premier ministre à Putrajaya et a soumis un mémorandum demandant instamment que la discrimination antisyndicale à HICOM Automotive cesse et que les cinq syndicalistes soient réintégrés à leur poste d’origine avec des arriérés de salaire.

Gopal Kishnam Nadesan, Secrétaire général du NUTEAIW et membre du CE d’IndustriALL, a déclaré :

“Je demande instamment au nouveau Premier ministre de prendre des mesures énergiques à l’encontre de cette entreprise, car le Comité de la liberté syndicale de l’OIT a estimé que HICOM Automotive avait violé la liberté syndicale.

La Malaisie a l’obligation internationale de se conformer à la disposition relative à l’interdiction de la discrimination antisyndicale de la Convention 98 de l’OIT sur le droit à la syndicalisation et à la négociation collective. Le gouvernement a ratifié cette convention internationale en 1961”.

Haikhidil Bin Jamaludin, l’un des syndicalistes licenciés, a déclaré :

“Nous, travailleurs, avons le droit de participer à des activités syndicales en dehors des heures de travail. L’entreprise ne devrait pas pouvoir nous punir pour avoir participé à des activités syndicales légitimes protégées par la loi. Nous sommes au chômage depuis sept ans, ce sont des agissements injustes de la part de l’entreprise. Nous demandons instamment au Premier ministre d’intervenir et de protéger nos droits.”

Les cinq syndicalistes ont été licenciés en 2016 après avoir participé à une réunion d’information syndicale sur l’état des négociations collectives, à l’extérieur des locaux de HICOM Automotive et après les heures de travail. L’entreprise a accusé les syndicalistes de ternir son image.

En 2021, IndustriALL et NUTEAIW ont déposé une plainte auprès du Comité de la liberté syndicale de l’OIT. En juin 2022, l’organisme international a statué que HICOM Automotive avait violé la liberté d’association des travailleurs.

À la réception du mémorandum du NUTEAIW, le secrétaire politique du Premier ministre, Chan Ming Kai, a déclaré que le bureau du Premier ministre examinerait la plainte et répondrait au syndicat.

Le Secrétaire régional d’IndustriALL pour l’Asie du Sud-Est, Shinya Iwai, a déclaré :

“IndustriALL est solidaire de la lutte pour la protection des droits des travailleurs en Malaisie. Nous continuerons à suivre le conflit et à fournir des informations actualisées au Comité de la liberté syndicale de l’OIT”.

La campagne d'IndustriALL précipite le retrait de H&M du Myanmar

La marque a annoncé mener des enquêtes sur 20 accusations de mauvais traitements dans des usines de vêtements où elle se fournit, après la campagne menée par un collectif britannique qui dénonce la multiplication, depuis le coup d'État militaire de février 2021, des dénonciations d'abus tels que le vol des salaires et les heures supplémentaires imposées de force.

IndustriALL condamne avec énergie le coup d'État des militaires au Myanmar et collabore avec ses affiliés du Myanmar pour protéger des droits des travailleurs jusqu'au rétablissement de la démocratie. Il mène aussi inlassablement campagne pour convaincre les marques de désinvestir de manière responsable de ce pays.

En septembre 2021, pendant le troisième Congrès d'IndustriALL, 434 organisations syndicales de 111 pays ont adopté à l'unanimité une résolution en faveur de la démocratie au Myanmar. Son texte préconise des sanctions économiques globales contre la junte militaire. Les violations des droits de l'homme commises dans le pays rendent impossible tout commerce éthique car les entreprises ne peuvent garantir la sécurité de leurs personnels. En 2022, un rapport indépendant a confirmé l'impossibilité d'une diligence raisonnable sous une dictature militaire.

En novembre 2022, IndustriALL a entamé des discussions avec plusieurs marques de vêtements ayant des activités au Myanmar pour leur expliquer ce que serait une sortie responsable. Ces discussions ont abouti à des Principes directeurs pour un désengagement commercial responsable d'une marque du Myanmar.

Ce document n'est pas un engagement de ces marques à cesser leurs activités au Myanmar, mais un accord sur ce que serait une sortie responsable.

Les principes directeurs décrivent une sortie commerciale négociée avec les représentants des travailleurs qui garantirait la protection des droits des travailleurs, que ceux qui sont concernés reçoivent des indemnités de licenciement adéquates et qu'une solution sera apportée aux cas de violations des droits des travailleurs toujours en instance. Bien que ces principes directeurs aient été élaborés dans l'industrie du vêtement, ils peuvent s'appliquer à d'autres secteurs de l'économie.

Le bilan du géant suédois de la mode ESG est meilleur que ceux de beaucoup de ses homologues et les pratiques commerciales responsables de cette entreprise ont bâti une relation constructive avec IndustriALL qui pourtant se demande pourquoi elle refuse de cesser de s'approvisionner au Myanmar. À l'Assemblée générale annuelle de H&M, en mai dernier, IndustriALL avait interrogé le distributeur sur la poursuite de ses activités dans ce pays.

Pour le secrétaire général d'IndustriALL, Atle Høie,

"H&M a finalement compris qu'il n'est pas possible de faire des affaires au Myanmar sans fouler au pied les droits humains et syndicaux fondamentaux. IndustriALL poursuivra sa campagne jusqu'à ce que toutes les grandes marques fassent de même. Les profits ne doivent jamais passer avant les droits des travailleurs."

Marie Nilsson, la présidente d'IFMetall, a déclaré :

"Le départ de H&M du Myanmar est une bonne nouvelle. Ils ont fait ce que nous et notre fédération mondiale, IndustriALL Global Union, leur avons demandé. Il faut que les droits humains et syndicaux soient respectés partout dans le monde; hélas, ce n'est pas le cas au Myanmar."


 

Les syndicats bulgares se mobilisent pour une Transition juste

Le plan national de relance et de durabilité (PNRD) est en cours de révision pour être conforme à la décision de l’Assemblée nationale d’abandonner l’exigence d’une réduction de 40 % des émissions de carbone du secteur de l’énergie en 2026 par rapport à 2019. Les syndicats rappellent que l’abandon de cette exigence dans le plan est crucial pour maintenir la sécurité énergétique du pays et insistent pour que le gouvernement dialogue avec les partenaires sociaux sur les propositions, les procédures et les projets exacts lors de la planification de la renégociation du plan.

En ce qui concerne les plans territoriaux de transition juste, qui constituent un outil essentiel pour la transformation industrielle des régions minières, ils devraient être mis en œuvre dans le cadre d’un concept global et d’une approbation générale de la planification. Les syndicats ont suggéré que ce plan se concentre et s’élabore autour de la cartographie des compétences de la main-d’œuvre affectée, du soutien à la création de parcs industriels pour les technologies propres (avec zéro émission), du développement d’un schéma de soutien à l’utilisation intégrée de l’hydrogène vert, des projets intégrés à grande échelle et d’une stratégie énergétique.

Tsvetelina Milchalieva, Présidente de la Fédération de l’industrie légère, a déclaré :

“Nous pensons que le gouvernement devrait faire tout son possible pour mettre à disposition des fonds pour le lancement immédiat d’un projet de cartographie des compétences, afin que le soutien social et le soutien à l’emploi puissent être fournis. Nous insistons pour que l’aide du fonds de transition juste couvre les grandes entreprises qui ont le potentiel d’étendre leur croissance à d’autres entreprises locales sur la base de liens verticaux et horizontaux et de créer des emplois. Nous exigeons également des propositions concrètes d’initiatives développées par les fédérations industrielles en collaboration avec la confédération visant à mettre en œuvre le principe : créer un emploi avant de licencier une personne active. Ne faites rien nous concernant sans nous”.

“Les syndicats et leurs adhérents doivent participer au débat sur la Transition juste ; c’est le seul moyen de garantir que les travailleurs et travailleuses soient protégés et bénéficient d’un soutien. Nous félicitons les syndicats d’être actifs dans ces discussions et de faire des propositions concrètes”.

a déclaré Kan Matsuzaki, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL.

Les travailleurs de Goodyear Mexique choisissent d'être représentés par un syndicat indépendant

Un scrutin était organisé les 7 et 8 août à l'usine Goodyear du Mexique pour savoir quel syndicat représenterait les 1.144 travailleurs. 992 ont participé au vote et 899 se sont prononcés en faveur du Syndicat indépendant des travailleurs du pneu de Goodyear (SITGM), 30 pour un syndicat affilié à la Confédération des travailleurs mexicains (CTM) et 63 se sont abstenus. 

Lors de la conférence de presse qui a suivi l'annonce des résultats, Julio Cesar Flores Lopez, de la SITGM, a expliqué que ce scrutin et la victoire de son syndicat avaient été rendus possibles par les cinq années de lutte menées par les travailleurs.  

“Un groupe de travailleurs s'était déjà dressé en 2018 lorsqu'ils avaient constaté que Goodyear n'appliquait par la convention sectorielle de l'industrie du pneu. Ils ont alors été licenciés mais ont introduit un recours dans le cadre du mécanisme de réaction rapide sur les questions de travail de l'Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM) au motif que leurs droits n'avaient pas été respectés,”

déclare Julio Cesar Flores Lopez.
 
Au Mexique, une convention de travail sectorielle est un accord passé entre un ou plusieurs syndicats et plusieurs employeurs ou une ou plusieurs organisations d'employeurs pour régir les conditions de travail dans une branche d'industrie en particulier.

Parmi les griefs invoqués, citons diverses violations des droits collectifs par Goodyear pour son refus d'appliquer les conditions les plus favorables de la convention de travail sectorielle, une désinformation par l'entreprise et par le syndicat affilié à la CTM et qui avait négocié la précédente convention collective à propos de l'existence d'une convention sectorielle, et le fait que Goodyear n'ait pas sanctionné les responsables d'obstruction à la consultation d'avril ou d'ingérence dans celle-ci.

Julio Cesar Flores Lopez a aussi déclaré à la conférence de presse que leur plainte avait déclenché des enquêtes des gouvernements mexicain et américain, qui ont convenu d'un plan de réparation pour Goodyear en juin dernier, dont le scrutin syndical faisait partie.

“Ce plan profitera à plus de 1.140 travailleurs et 4.000 membres de leurs familles. Il dispose que Goodyear doit appliquer soit la convention de travail sectorielle, soit toutes autres dispositions plus bénéfiques déjà prévues. Il implique aussi un raccourcissement de la durée de travail, un accroissement des fonds d'épargne, davantage de primes et davantage de jours de congé. Il assure aussi que les travailleurs auront une meilleure qualité de vie avec leurs familles parce que le travail dans une usine de pneus est pénible.”

Pour conclure, le secrétaire régional d'IndustriALL, Marino Vani, a déclaré :

“Goodyear a eu un comportement déplorable tout au long de cette affaire. IndustriALL a condamné sa méconduite à plusieurs reprises ces dernières années. Nous attendons maintenant de Goodyear qu'elle respecte les droits de ses travailleurs, change d'attitude, recherche le dialogue et offre de meilleures conditions de travail. 

Nous félicitons les travailleurs qui ont décidé de se battre pour leurs droits et de créer un syndicat. Ils ont prouvé que seule la lutte permet de faire appliquer la loi. L'étape suivante sera d'organiser d'autres travailleurs dans ce secteur.”