Une industrie de la pâte et du papier sûre est une priorité essentielle

Le syndicat suédois Pappers était l'hôte de cette réunion qui rassemblait des syndicalistes d'Indonésie, du Royaume-Uni, du Brésil, du Canada, de France, des États-Unis, de Belgique, d'Australie, d'Uruguay, d'Allemagne, du Japon, d'Autriche et de Finlande.

Dès le début de la réunion, des participants ont rendu hommage au travail effectué par la coprésidente sortante, Leeann Foster de l'USW, qu'ils ont remerciée pour son engagement, et à la nouvelle coprésidente élue, Breahn Quigley Knackert, de l'USW elle aussi. Le vice-président de Pappers, Mikael Lilja, est l'autre coprésident.

La pandémie de Covid a eu pour effet d'arrêter pendant plusieurs années les réunions en présence physique, et ses effets ont été discutés pendant la réunion.

Les conditions de travail ont été horribles au Brésil pendant la pandémie, mais toutes les usines de pâte et de papier sont restées ouvertes. Au Japon, l'industrie renoue avec les niveaux d'avant la pandémie. En Suède, elle s'est avérée très rentable pour l'industrie de la pâte et du papier, puisque le pays produit des articles très demandés, comme les mouchoirs en papier et le papier de toilette.

Faisant rapport sur l'Indonésie, Rahmat Hendra, du FSP2KI, a dit que bien que la pandémie n'ait eu virtuellement aucun impact sur l'industrie indonésienne de la pâte et du papier, les employeurs en ont profité pour reporter les hausses de salaires. Les syndicats du pays se battent aussi contre la très controversée loi Omnibus qui, entre autres choses, supprime le salaire minimum sectoriel, autorise un recours excessif à la sous-traitance et réduit les indemnités de licenciement nominales.

 

Le syndicat allemand IGBCE a succédé à plusieurs orateurs pour mettre l'accent sur la pénurie et le besoin de travailleurs qualifiés, un problème qui ne peut que peser toujours plus lourdement dans cette industrie.

Denise Campbell-Burns, du CFMEU Industrie manufacturière d'Australie, a expliqué aux participants que son syndicat se concentre sur le maintien des droits et des conditions des travailleurs.

"Mais nous voyons apparaître des problèmes dans la formation et la santé et la sécurité. Les entreprises veulent alléger leurs coûts, ce qui compromet la santé et la sécurité. En Australie, notre secteur n'a connu aucun accident mortel depuis 2010, mais nous craignons une véritable tempête.

Parlant de l'industrie aux États-Unis, Luis Mendoza, le vice-président international de l'USW, a souligné le fait que la pâte et le papier est un secteur dangereux et que la santé et sécurité reste une priorité majeure.

"Nous ne pouvons plus oublier les risques. Nos adhérents et leurs familles comptent sur nous en tant que syndicats pour cela."

Des délégués du syndicat britannique Unite the Union ont répété combien il est important de mettre l'accent sur la santé et la sécurité dans le secteur, en rappelant la campagne menée il y a quelques années pour sa promotion et en insistant sur le droit des travailleurs de participer à la gestion de la sécurité au travail.

La 3R campaign (campagne des 3D), est centrée sur trois droits fondamentaux :

Les syndicats ont discuté des enjeux et des victoires pour assurer une place aux femmes dans le secteur de la pâte et du papier.

Le syndicat canadien UNIFOR a évoqué les accords obtenus dans le pays par lesquels les femmes enceintes peuvent cesser le travail si elles le jugent dangereux pour le bébé. Des accords similaires permettent aux femmes allaitantes de partir plus tôt sans perte de salaire.

En Australie, avec le nouveau gouvernement travailliste, la législation nationale prévoit maintenant dix jours de congé en cas de violence familiale. Les syndicats ont obtenu l'ajout dans les conventions collectives de clauses disant que toute personne subissant une violence familiale peut arrêter sans devoir répondre à des questions, sans perte de salaire.

Les femmes représentant moins de dix pour cent de la main-d’œuvre de cette industrie, l'USW s'efforce d'augmenter cette proportion. Le syndicat insiste aussi, dans la négociation, pour que les conventions collectives traitent aussi des questions de violence domestique.

Breahn Quigley Knackert a déclaré :

"L'action menée sur les dispositions en matière de santé et de sécurité pour les travailleuses est importante et nous progressons. Mais il faut aussi veiller à ce que les promesses soient tenues et ne soient pas seulement de pure forme."

Les participants ont convenu de la nécessité de syndiquer plus de femmes et qu'IndustriALL a un grand rôle à jouer.

Håkan Juholt, ancien premier ministre de Suède et actuellement ambassadeur de Suède en Afrique du Sud, a pris la parole pour souligner l'importance du travail effectué par les syndicats.

"Les pays qui ont des syndicats forts et peuvent faire changer les choses sont des pays où il fait bon vivre.

Une visite de l'usine de papier et d'emballage de la firme Billerud à Skärblacka a permis aux participants d'en apprendre davantage sur les relations du travail en Suède. Marie Olsén, représentante syndicale à plein temps et membre du conseil d'administration de Billerud, a expliqué le modèle suédois de négociation entre employeur et syndicat sur les salaires et les conditions de travail.

Dans l'usine de Skärblacka

Pour conclure ces réunions à Stockholm, les coprésidents sectoriels ainsi que les affiliés suédois représentés chez Essity, spécialisée dans les produits d'hygiène et de santé, Pappers, IF Metall et Unionen, ont rencontré la direction pour évaluer ce qui a été fait dans le cadre de l'accord-cadre mondial. Cet accord a été signé en 2018 et il garantit les droits des travailleurs dans toute la chaîne d'approvisionnement d'Essity.

Le directeur d'IndustriALL en charge du secteur, Tom Grinter, a déclaré :

"Avoir pu rassembler tout le monde pour une réunion en face-à-face tant attendue a insufflé au groupe de travail de l'énergie, de la résilience et de la détermination pour continuer à lutter pour une industrie de la pâte et du papier sûre et durable. Cette réunion en Suède réaffirme notre engagement pour faire en sorte que nous soyons autour de la table lorsqu'on discute de nos problèmes, pour nous battre pour nos membres."

Les sidérurgistes réclament de meilleures conditions de travail et un plan clair pour la transition écologique

Une importante délégation syndicale de 15 pays a participé à la réunion du Comité de l’acier de l’OCDE à Paris ces 25 et 26 septembre. Cette réunion s’est penchée sur les préoccupations et les défis croissants auxquels sont confrontés les travailleurs et travailleuses du secteur, portant notamment sur les bas salaires, la qualité de l’emploi, la santé et la sécurité ainsi que la nécessité de protéger l’emploi alors que le secteur se prépare à la décarbonisation et à l’acier vert.

En ce qui concerne l’Ukraine, la discussion a porté sur le rôle de l’OCDE dans le soutien à la reconstruction du pays après la fin de la guerre. La délégation ukrainienne a présenté son “Plan Marshall vert” pour les secteurs du fer et de l’acier et le TUAC a souligné l’importance du dialogue social et de l’implication des syndicats dès les premières étapes du plan, afin de s’assurer que les travailleurs et travailleuses ne soient pas laissés pour compte.

Veronica Nilsson, Secrétaire générale du TUAC, a déclaré :

“Le plan Marshall avait montré à son époque l’importance d’impliquer les syndicats dans les décisions relatives au déploiement des ressources pour la reconstruction au profit des travailleurs et travailleuses européens et de leurs familles. Le gouvernement ukrainien doit s’inspirer de cette leçon, en veillant à ce que les points de vue des travailleurs et travailleuses ukrainiens soient reflétés dans le plan de reconstruction et à ce que les conditions sociales, la négociation collective et la liberté syndicale soient respectées en tant qu’ingrédients essentiels de la reconstruction de l’Ukraine”.

Le marché mondial de l’acier est confronté à de profonds défis. D’une part, la production et la consommation sont en baisse, en raison de la hausse des prix et de l’augmentation des taux d’intérêt qui freinent les investissements. D’autre part, de nombreux pays d’Asie, du Moyen-Orient et d’Afrique insistent sur l’expansion de leur capacité de production, ce qui entraîne une augmentation continue de la surcapacité mondiale de production d’acier. En outre, la crise du coût de la vie a exercé une pression supplémentaire sur les sidérurgistes, dont les salaires n’ont pas suivi l’inflation, alors que leurs tâches sont exigeantes et parfois exercées au péril de leur vie.

Christine Oliver, Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL Global Union, a ainsi commenté la rencontre ;

“Les syndicats s’opposent fermement à la réduction des coûts au détriment du bien-être des salariés et de l’environnement. Compte tenu des bénéfices et des dividendes substantiels enregistrés dans le secteur de l’acier au cours des derniers trimestres, il est plus que temps que les multinationales du secteur consacrent des investissements importants à des salaires équitables, à l’amélioration des conditions de travail, à la santé et à la sécurité, au développement des compétences de la main-d’œuvre et à la décarbonisation”.

La nécessité de réduire l’empreinte carbone de l’industrie sidérurgique constitue un défi urgent, mais aussi un autre facteur d’incertitude pour le marché de l’acier et l’emploi dans le secteur. Les syndicats ont insisté pour qu’une transition socialement juste soit incluse dans le mandat du Comité de l’acier, qui doit être révisé, et ont souligné que les politiques d’investissement et de requalification ne suffiront pas à préserver les niveaux d’emploi et à garantir des emplois décents dans le secteur à tous les sidérurgistes. Les gouvernements de l’OCDE ont été invités à jouer leur rôle en mettant en place une politique industrielle et des plans de développement économique adéquats, ainsi qu’une protection sociale, afin d’assurer une transition écologique durable et un avenir aux sidérurgistes et à leurs familles.

Judith Kirton-Darling, Co-secrétaire générale faisant fonction d’industriAll Europe, a conclu :

“Il est important d’évaluer les besoins futurs en matière de compétences pour se préparer à la double transition verte et numérique, mais il faut aller beaucoup plus loin pour garantir une transition juste. Les syndicats appellent à une cartographie de l’emploi et à des discussions approfondies entre les syndicats, les employeurs ainsi que les autorités régionales et nationales pour s’assurer que personne ne soit laissé pour compte. Les métallurgistes sont au cœur de la transition vers une industrie sidérurgique décarbonisée et ils doivent être impliqués dans ce processus du début à la fin”.

La réunion a malheureusement coïncidé avec le décès du Président international du syndicat des Métallos USW, Tom Conway, une voix importante au sein du mouvement syndical et un fervent défenseur du commerce équitable dans l’intérêt des travailleurs. Le Comité de l’acier s’est souvenu de son travail et de l’héritage qu’il nous laisse, tandis que la délégation américaine a reconfirmé l’engagement de son gouvernement à collaborer avec les syndicats.

La région MENA crée un réseau de la chimie

Le 5 septembre, une quarantaine d'organisations syndicales de Tunisie, de Jordanie, d'Irak, du Liban, de Palestine, du Maroc, de Bahreïn et du Koweït assistaient à cette réunion en compagnie de représentants du syndicat allemand de la chimie, la mine et l'énergie IGBCE, du syndicat turc Petrol-Is et de dirigeants syndicaux représentant les travailleurs de multinationales telles qu'Unilever, Sanofi et Dow.

Tom Grinter, le directeur d'IndustriALL en charge du secteur de la chimie, a déclaré :

"Le secteur s'étend et c'est là une excellente occasion pour accroître nos effectifs et multiplier les emplois. Le secteur va connaître une évolution technologique majeure, avec le développement de l'industrie des bioplastiques, la numérisation et l'intelligence artificielle et les syndicats doivent s'y préparer."

Ahmed Kemal, le secrétaire régional d'IndustriALL pour la région MENA, a ajouté :

"Ce secteur s'étend dans la région MENA. Les syndicats sont extrêmement actifs au niveau national, ce qui incite fortement à développer l'action régionale et à améliorer la mise en réseaux et la solidarité."

Hannes Hauke Kühn, le secrétaire international de l'IGBCE, a déclaré :

"L'expérience de l'Allemagne dans le domaine de la loi sur le devoir de vigilance pourrait s'avérer très utile pour les travailleurs parce qu'elle garantit de nombreux droits et rend les entreprises responsables de la réalité des travailleurs dans les chaînes d'approvisionnement."

Riza Köze, le représentant du syndicat turc Petrol-Is, a dit :

"Il est essentiel que les entreprises négocient avec les syndicats et reconnaissent l'importance de leur rôle. L'organisation et la participation à ces réunions nous sont bénéfiques."

Le représentant du Syndicat national des travailleurs du phosphate, de la Confédération marocaine du travail, a déclaré :

"Le secteur du phosphate connaît un dialogue social stable, mais aussi des problèmes liés à la numérisation et aux fluctuations du marché. Le plus grand défi est de former 50.000 travailleurs indirects (manutentionnaires). Les défis ne peuvent être relevés qu'en changeant les mentalités et les méthodes de travail."

Hakimi Youssef, du Syndicat national du groupement des phosphates, a déclaré :

"Les changements dans le monde du travail posent de nombreux défis aux syndicats, comme l'absence de conditions de travail décentes dans les multinationales au Maroc."

Le président de la Fédération des syndicats du pétrole et de la pétrochimie d'Irak a déclaré :

"Pour l'instant, la tâche la plus importante pour les syndicats est la remise en route du complexe pétrochimique géant qui regroupe cinq usines. Cela aura des répercussion positives pour les travailleurs et pour l'économie irakienne."

Marwa Farja, du Syndicat des travailleurs de la pétrochimie du Liban, a dit :

"La situation économique se reflète dans le syndicat parce que la poursuite de l'action syndicale est un défi."

Sohar Abdo, du Syndicat national de la pétrochimie de Palestine :

"Plusieurs problèmes se posent pour les femmes, comme la loi sur le salaire minimum. Une forte proportion de femmes employées dans la pétrochimie ne perçoit pas le salaire minimum."

Abdelmajid Al-Amouri, un dirigeant de la Confédération marocaine du travail :

"Le secteur de la pétrochimie va se développer fortement dans les années à venir, ce qui oblige les syndicats à allier une augmentation du nombre d'adhérents avec de l'efficacité et une bonne organisation."

Hassan Baji, lui aussi de la Confédération marocaine du travail :

"Les affiliés du secteur vivent aussi des moments difficiles à cause de la hausse des prix. Le recours à la sous-traitance a un impact négatif sur les droits des travailleurs, d'autant plus que la législation marocaine ne sert pas les intérêts des travailleurs."

Salouan Smiri, secrétaire général du Syndicat général du pétrole et de la chimie :

"La Tunisie connaît des fluctuations, mais les syndicats ont pu obtenir des avancées. Il faut qu'ils s'efforcent de développer le réseau régional commun du secteur de la chimie."

Kemal Özkan, secrétaire général adjoint d'IndustriALL, a déclaré :

"Le renforcement du pouvoir des syndicats par le biais de réseaux dans nos secteurs est une stratégie importante pour IndustriALL. La création d'un réseau syndical régional dans la chimie est une étape majeure parce que l'unité et la solidarité pèsent beaucoup lorsqu'il s'agit de changer le rapport de forces en faveur des travailleurs face au capitalisme. Les syndicats n'ont pas d'autre alternative s'ils veulent être maîtres de leur avenir de telle sorte qu'il n'y ait aucune facette de cet avenir à laquelle ils ne participent pas."


 

L’UAW menace d’étendre la grève à l’approche de la date limite

Shawn Fain a souligné que les sections syndicales de trois nouvelles usines se joindraient en celles déjà en grève si des progrès substantiels n’étaient pas réalisés dans les négociations d’ici vendredi midi.

“Nous n’allons pas attendre indéfiniment pendant qu’ils font traîner les choses en longueur et nous n’allons pas perdre notre temps. J’ai été clair avec les trois grands constructeurs à chaque étape et je vais l’être à nouveau. Si nous ne faisons pas de progrès sérieux d’ici vendredi midi, d’autres sections locales seront appelées à se mobiliser pour se joindre à la grève. Cela fera plus d’une semaine que nos premiers membres ont débrayé et cela fera plus d’une semaine que les trois groupes n’ont marqué aucun progrès dans les négociations en vue de parvenir à un accord qui soit juste pour nos membres,”

a déclaré Fain.

Le 15 septembre, le Sénateur Bernie Sanders s’est adressé aux travailleurs et travailleuses de Détroit, les exhortant à se solidariser avec la grève en cours. Il a vivement critiqué les trois grands groupes automobiles, qui devraient engranger des bénéfices dépassant les 30 milliards de dollars cette année, selon les prévisions.

“Il est temps pour vous de mettre fin à votre cupidité et de traiter vos salariés avec le respect et la dignité qu’ils méritent. Il est temps de s’asseoir et de négocier une convention équitable. Ce que nous voyons dans l’industrie automobile est ce que nous voyons dans l’ensemble de l’économie. L’avidité au sommet, la souffrance de la classe ouvrière et les gens qui en ont assez,”

a déclaré le Sénateur Sanders.

Les actions ne se limitent pas aux membres de l’UAW chez les trois grands constructeurs. Les travailleurs et travailleuses de l’automobile dans l’ensemble de sa chaîne d’approvisionnement, à travers tout le pays, ont également entamé des grèves. Par exemple, en Alabama, les travailleurs de ZF qui fabriquent des pièces pour Mercedes ont rejeté la dernière proposition de convention de l’entreprise et attendent des conditions plus favorables. Dans le même temps, plus de 1.000 salariés de Blue Cross Blue Shield of Michigan ont entamé une grève pour obtenir une nouvelle convention répondant à diverses préoccupations, notamment l’externalisation des emplois, les disparités salariales et les pratiques de travail déloyales.

D’autres travailleurs attendent d’être appelés à participer à la “Stand Up Strike”, une nouvelle approche de la grève. Au lieu de faire grève dans toutes les usines en même temps, certaines sections locales ont d’abord été appelées à se mobiliser et à faire grève. Si les constructeurs automobiles ne progressent pas dans les négociations et ne négocient pas de bonne foi, d’autres sections locales seront alors appelées à se joindre à la grève. Le syndicat réclame un niveau de vie décent, des salaires qui augmentent en vertu de l’inflation, une retraite digne, la protection des travailleurs et la lutte contre les fermetures d’usines.

L’une des principales revendications de l’UAW est également la fin du système de salaires à deux vitesses dans l’industrie automobile. À l’heure actuelle, les salariés de l’échelon 2 ont des rémunérations horaires nettement inférieurs à ceux de l’échelon 1 et bénéficient de moins d’avantages, ce qui divise les membres du syndicat. Ce système se traduit également par des périodes prolongées avant que les salariés de l’échelon 2 n’atteignent les salaires les plus élevés. L’UAW affirme que la suppression de ce système est une priorité absolue dans ses négociations avec les trois grands constructeurs automobiles, afin de créer une plus grande égalité salariale et une plus grande unité parmi ses membres.

“IndustriALL soutient fermement la lutte de l’UAW pour un niveau de vie équitable et des augmentations de salaires qui reflètent les profits records que ces entreprises ont accumulés ces dernières années. Il est temps que Ford, General Motors et Stellantis collaborent activement avec le syndicat et s’engagent dans des négociations de bonne foi. Les travailleurs et travailleuses, y compris ceux et celles qui sont affectés par l’injuste système salarial à deux vitesses, jouent un rôle déterminant dans la prospérité de ces entreprises, et il n’est que juste qu’ils en reçoivent la part qui leur revient de droit,”

a déclaré Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL.

Un syndicat conteste un jugement injuste contre un syndicaliste malgache

Sento Chang, représentant syndical du SVS chez Etoile SA, a été condamné à 12 mois de prison et une amende de 400.000 ariary (89 $) pour avoir posté sur un réseau social un commentaire sur une réunion avec la direction de Etoile SA, un fabricant de vêtements, filiale du groupe ALSICO. Les sujets de cette réunion étaient le non-paiement des heures supplémentaires, les congés de maladie, la piètre qualité des repas à la cantine et le résultat des élections sociales.

Sento Chang, qui a été condamné en août 2022, a purgé neuf mois à la prison d'Antamimora, une des pires au monde, avant de bénéficier d'une grâce présidentielle de trois mois. À sa libération, il espérait être réintégré pour pouvoir répondre aux besoins de sa famille, durement éprouvée pendant son incarcération. Mais le rejet du recours en appel a détruit ses espoirs de reprendre une vie normale.

"Je n'ai guère le choix; je dois chercher des emplois temporaires et occasionnels. Avec un casier judiciaire, je peux difficilement retrouver un emploi normal. Travailler pour mon compte dans l'économie informelle semble être une des rares options pour moi,"

confie Sento.

Bien que ALSICO se proclame ouvert au dialogue social, pour le SVS, ses avocats ont tout fait pour que l'appel soit rejeté; mais le syndicat va se battre contre cette décision.

Le SVS a mené une campagne virulente pour la libération de Sento. Ce syndicat, IndustriALL et la CSI ont dénoncé cette condamnation à la Conférence internationale du travail (CIT), où la Commission de l'application des normes a reconnu que le gouvernement malgache viole la Convention 87 sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical de l'Organisation internationale du travail.

Le rapport de la commission recommande que le gouvernement malgache remédie d'urgence à cette situation par les mesures suivantes :

"Annuler immédiatement et sans condition la condamnation de M. Zotiakobanjinina Fanja Marcel Sento, s'abstenir d'utiliser le droit pénal pour cibler les syndicalistes, modifier toutes les dispositions du code pénal qui entravent le droit à la liberté syndicale des travailleurs et des employeurs."

Atle Høie, le secrétaire général d'IndustriALL, a déclaré :

"Nous soutenons le SVS dans sa longue lutte pour les droits des travailleurs à Madagascar. Le groupe ALSICO nous trompe lorsqu'il parle de responsabilité de l'entreprise tandis qu'il persécute des responsables syndicaux. IndustriALL s'associe à la CIT pour réclamer l'annulation du jugement et de la condamnation."

Dans les réponses à ALSICO dans le cadre du Business and Human Rights Resource Centre, IndustriALL a écrit :

"Cette injustice vise à intimider et à instiller la crainte chez les représentants syndicaux dans l'intention de les dissuader de défendre les droits des travailleurs que protègent la Constitution de Madagascar et son Code du travail."

La syndicalisation au Bangladesh reste un défi

Le tableau est sombre s’agissant de s’organiser syndicalement ou de négocier collectivement dans un secteur dont les bénéfices à l’exportation génèrent 85 % du PIB du Bangladesh. Les employeurs tirent profit de la violation systématique des droits des travailleurs et de l’étouffement du discours syndical, car si ce n’était pas le cas, leurs salariés commenceraient à exiger de meilleurs salaires et conditions de travail, ce qui coûterait de l’argent que les employeurs ne sont pas disposés à dépenser. Pendant ce temps, le gouvernement bangladais ne parvient pas à garantir que les employeurs respectent les droits des travailleurs et que la feuille de route de l’OIT soit correctement mise en œuvre.

La syndicalisation des travailleurs et travailleuses de la confection au Bangladesh est rendue difficile par un réseau complexe d’organismes d’État et d’acteurs privés. Bien qu’il ait promis de faire respecter le droit à la liberté syndicale et à la négociation collective, le gouvernement ne le fait pas. Des syndicalistes ont été tués pour avoir recruté des membres et avoir dénoncé les employeurs dans le but de protéger les droits des travailleurs.

Justice pour le dirigeant syndical assassiné Shahidul Islam Shahid, chaîne humaine de protestation – BGIWF – Juin 2023

Récemment, pour avoir protesté contre le non-paiement des salaires un recruteur syndical de la Fédération des travailleurs de l’industrie et de la confection du Bangladesh (BGIWF) a été battu à mort à Gazipur par des hommes de main embauchés par l’usine. Un autre recruteur, de la Fédération nationale de la confection (NGWF), a été assassiné, manifestement pour avoir tenté de syndiquer des travailleurs et travailleuses à Ashulia.

Si les assassinats de syndicalistes retiennent l’attention, le harcèlement quotidien auquel sont confrontés les recruteurs pour leur travail syndical passe souvent inaperçu. Selon les affiliés d’IndustriALL au Bangladesh, les employeurs, les hommes de main, les politiciens locaux et la police travaillent ensemble pour harceler et faire pression sur les syndicalistes qui tentent de recruter les travailleurs et travailleuses. Des hommes de main locaux agissant pour le compte des employeurs menacent et agressent régulièrement les dirigeants syndicaux basés dans les usines. Dans plusieurs cas, la direction de l’usine a forcé les dirigeants syndicaux à démissionner en échange de maigres indemnités. Si cette tactique échoue, les dirigeants syndicaux sont tout simplement licenciés.

Les propriétaires des maisons que les travailleurs et travailleuses louent posent également des problèmes, par exemple en interdisant qu’y soient organisés des cercles d’étude. En outre, la police locale perturbe les réunions publiques organisées par les dirigeants syndicaux. Les propriétaires d’usines sont également complices des activités antisyndicales, avertissant constamment leurs salariés qu’ils risquent de perdre leur emploi s’ils tentent de former des syndicats ou d’y adhérer. Pour attiser le sentiment antisyndical au sein de leur main-d’œuvre, les employeurs tentent également d’associer les dirigeants syndicaux à des actions qui semblent nuire aux intérêts des travailleurs.

Dans certains cas, les employeurs et la police ont porté de fausses accusations contre des dirigeants syndicaux locaux. Un recruteur de la BGIWF, affiliée à IndustriALL, rapporte ainsi :

“Nous avons recruté les travailleurs et travailleuses de l’une des usines d’Ashulia et déposé la demande d’enregistrement du syndicat. Dès que la direction en a eu connaissance, elle a licencié les dirigeants syndicaux après avoir échoué à les convaincre de démissionner en échange d’un maigre dédommagement. Les salariés de l’usine se sont mis en grève. Par la suite, le directeur général de l’usine a non seulement agressé physiquement les syndicalistes, mais il a également menacé de porter plainte contre eux. Les grévistes ont été harcelés par des hommes de main et une procédure pénale est en cours contre ces dirigeants syndicaux.”

Il est difficile pour les syndicalistes licenciés de trouver un emploi dans une autre usine, car ils sont inscrits sur la liste noire tenue par l’Association des fabricants et exportateurs de vêtements du Bangladesh (BGMEA). Les licenciements pour motif de syndicalisation sont utilisés comme tactique d’intimidation en vue de décourager les travailleurs et travailleuses de se syndiquer.

Les fédérations syndicales peuvent déposer des plaintes pour pratiques déloyales de travail ou discrimination antisyndicale auprès du tribunal du travail ou du ministère du travail. Toutefois, le traitement des plaintes prend beaucoup de temps. Les fonctionnaires sont souvent réticents à l’idée même d’enregistrer une plainte, alléguant parfois que les dirigeants syndicaux tentent de détruire l’économie du pays.

Un recruteur de la Fédération Sommilito Garments Sramik, affiliée à IndustriALL, confie :

“Nous avions syndiqué environ 500 travailleurs dans une usine de 1.100 travailleurs à Gazipur. Dès que nous avons déposé la demande d’enregistrement du syndicat, la direction a licencié le président de la section syndicale. Celui-ci a également été menacé par des hommes de main locaux sur ordre de la direction pour qu’il démissionne volontairement. Mais il n’a pas cédé à la pression et a été licencié. Nous avons porté plainte devant le tribunal du travail et envoyé une lettre au ministère du travail, mais nous n’avons reçu aucune réponse.”

Les recruteurs sont fréquemment convoqués par la Direction générale du renseignement (DGFI) et la police industrielle, parfois de nuit, à des heures indues. Ils sont interrogés, dissuadés de faire leur travail syndical et souvent menacés de mort. Les cas d’agression physique de syndicalistes pendant leur garde à vue au Bangladesh ne sont pas rares.

Image d’archive d’une usine de confection – IndustriALL

Un recruteur de la NGWF, affiliée à IndustriALL, a fait part d’un incident concernant la violation des droits syndicaux et des droits des travailleurs dans la Zone franche d’exportation (ZFE), où la formation de syndicats est illégale :

“Lorsque je travaillais dans l’une des usines de la zone franche, j’ai essayé de syndiquer les travailleurs. Il est interdit de protester ou de faire grève et il n’y a pas de syndicats. Il existe des comités de protection des travailleurs. J’ai tenté une fois de poser ma candidature pour l’un d’entre eux. Mais la BEPZA (Administration des zones franches d’exportation du Bangladesh) ne voulait pas que je fasse partie de ce comité et a préféré y placer son propre candidat. C’est alors qu’ont commencé les tactiques de pression pour me forcer à démissionner. La moindre erreur me valait une engueulade, mes congés n’étaient pas accordés et le fait d’aller aux toilettes plus d’une fois par jour était remis en question. L’usine a fini par fermer ses portes, mais nous avons protesté et obtenu tous les avantages légaux prévus à la suite de la fermeture d’une usine. Pendant tout ce temps, des voyous locaux ont menacé de me tuer. J’ai même été interrogé par les services de renseignement de la sécurité nationale pour avoir tenté de recruter syndicalement dans la zone franche.”

Non seulement les efforts de syndicalisation sont perturbés par les employeurs, mais le processus de négociation collective est également très difficile. Les affiliés ont connu des situations où la direction n’a pas négocié de bonne foi et a simplement rejeté le cahier de revendications du syndicat.

Apoorva Kaiwar, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Asie du Sud, a déclaré :

“Nous sommes d’avis qu’il incombe non seulement au gouvernement de veiller à ce que le droit des travailleurs à la liberté syndicale soit respecté, mais qu’il appartient aussi aux employeurs et aux marques qui s’approvisionnent au Bangladesh de s’assurer que les droits des travailleurs et travailleuses sont respectés et que les dirigeants syndicaux ne sont pas ciblés en raison de leur volonté de recruter syndicalement.”

Il faut, tout de suite, des lois contraignantes sur le devoir de vigilance en matière de droits humains

Un consensus se dégage pour dire que les mesures volontaires de diligence raisonnable en matière de droits de l'homme et les pratiques responsables des entreprises ne suffisent pas pour imposer la redevabilité des entreprises parce qu'elles ne sont pas contraignantes.

Ces Speaker Series se veulent une plateforme à l'intention des militants spécialisés dans les questions liées aux entreprises et aux droits de l'homme, issus du monde de l'entreprise, des sociétés d'investissement, de la société civile et des gouvernements, qui militent pour que cesse l'impunité des entreprises et pour donner aux travailleurs et aux communautés les moyens de s'opposer à leurs violations. Ces séries se tenaient au Business and Human Rights Resource Centre.

Mary Robinson, première femme présidente d'Irlande, a posé la question :

"Sommes-nous à un point charnière pour les entreprises et les droits de l'homme ? Sommes-nous finalement au moment où des gouvernements puissants du nord et du sud ont assez de confiance en eux pour dire aux entreprises, par le biais de nouvelles lois et mesures d'incitation, de remédier aux insupportables inégalités et perturbations du climat dans leurs activités et leurs chaînes d'approvisionnement ? Un nouveau pacte social pour les entreprises et les droits humains s'impose."

Kalpona Akter, directrice exécutive du Centre pour la solidarité des travailleurs du Bangladesh et présidente de la Fédération des travailleurs de l'habillement et de l'industrie du Bangladesh, affiliée à IndustriALL, a déclaré :

"L'organisation des travailleurs, la protection de leurs droits, la liberté syndicale et des conditions de travail plus sûres seront renforcées par une obligation de diligence raisonnable. Elle ferait contrepoids au recul que subit la sphère de l'organisation syndicale."

Elle ajoute que les approches de la gouvernance environnementale et sociale sont devenues des outils de blanchiment écologique et éthique parce qu'elles n'ont pas su mettre fin à l'exploitation des travailleurs par les bas salaires, les longs horaires de travail, le travail des enfants et autres violations des droits de l'homme.

Glen Mpufane, le directeur d'IndustriALL en charge des mines, qui était un des orateurs, a déclaré :

"Les travailleurs sont, par le biais des syndicats, la formation la plus organisée de la société civile et ce sont des partenaires puissants pour assurer la durabilité. Les syndicats affichent un optimisme prudent devant la législation allemande sur le devoir de vigilance dans les chaînes d'approvisionnement, qui devrait changer les données."

Il a cité plusieurs cas dans lesquels la loi a servi à contester des violations des entreprises, notamment contre les constructeurs automobiles VW, BMW et Mercedes Benz, des fabricants de vêtements et Amazon, pour avoir enfreint leur devoir de vigilance.

Pour renforcer les capacités syndicales, selon Glen Mpufane :

"IndustriALL organise des actions de sensibilisation au devoir de vigilance en matière de droits humains avec IndustriALL Europe. Récemment, des formations ont été dispensées aux syndicats du secteur automobile en Turquie et une est prévue, en octobre, pendant la conférence sur le secteur minier au Kenya qu'organise le bureau régional d'IndustriALL pour l'Afrique subsaharienne."

Les participants au webinaire ont appris que l'Union africaine intègre le devoir de vigilance en matière de droits humains dans la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples, de même en Amérique latine et dans les Caraïbes où de semblables initiatives visent à stopper les violations des droits de l'homme et des travailleurs commises par les entreprises.  

Renforcer le pouvoir de syndicalisation en Asie du Sud-Est

Le programme a été élaboré en réponse à la nécessité de construire des syndicats plus forts dans la région et de recruter syndicalement tout au long de la chaîne d’approvisionnement mondiale. Au cours des trois années, les participants à l’ODP ont été formés aux campagnes de syndicalisation stratégiques, à l’identification des militants et des syndiqués potentiels, à faire face aux stratégies anti-syndicales, aux outils de syndicalisation en ligne, à la construction d’une base solide et à différents aspects visant à aider les syndicats à renforcer leur faculté à recruter.

“Alors que je suis recruteur syndical depuis 20 ans, l’ODP m’a rappelé qu’il fallait cartographier, planifier stratégiquement et analyser chaque étape, ainsi que nos propres ressources,”

a confié Paitoon Bangrong, de la CILT, Thaïlande.

Le programme a débuté en 2021, se concentrant sur les entreprises multinationales et leurs chaînes d’approvisionnement afin d’identifier comment les syndicats peuvent s’y attaquer en explorant l’approche des ressources permettant de se donner du pouvoir. À l’issue de la première année, les participants ont été invités à commencer à travailler sur leurs objectifs de syndicalisation en s’appuyant sur les connaissances acquises.

Leurs campagnes de syndicalisation stratégiques individuelles et leurs progrès ont été suivis et évalués par le projet. De nombreux participants ont réussi à créer une section syndicale dans l’entreprise qu’ils visaient.

“Nous apprécions grandement notre participation à l’ODP. Nous avons appris à mener une campagne de syndicalisation efficace, ainsi que tous les éléments nécessaires à constituer un syndicat stable et fort,”

a déclaré Elvira Castro Panes, PIGLAS, Philippines.

De nombreux participants ont déclaré avoir appris qu’il était plus efficace d’écouter un travailleur ou une travailleuse que d’expliquer les positions du syndicat. Beaucoup ont commencé à identifier pour la première fois les leaders naturels, réalisant que la puissance du syndicat vient de ses membres.

“De la communication personnelle à la gestion structurelle, le mélange de stratégies micro et macro introduit dans le programme était très tangible et complet. Ce programme est sans aucun doute optimal pour contribuer au développement des compétences en matière de recrutement syndical,”

a déclaré Hiromitsu Takagi, JCM, Japon.

Le dernier atelier, cofinancé par la FES Thaïlande, s’est tenu du 21 au 25 août. Il a permis d’approfondir les techniques et les connaissances en matière de syndicalisation stratégique et comprenait une session sur la diligence raisonnable en matière de droits de l’homme. Les participants ont souligné que la réflexion stratégique et les différentes compétences et connaissances acquises grâce à l’ODP les ont aidés à obtenir de meilleures conditions de travail pour les membres de leur syndicat.

“Sans l’ODP, nous pouvions constituer un syndicat, mais avec lui, nous savons maintenant comment gagner plus de pouvoir et faire valoir nos revendications,”

a déclaré Sifa Nurul Azmi, FARKES, Indonésie.

 

Cinq mesures à prendre par les syndicats pour combler l’écart de rémunération entre les hommes et les femmes

Pay Equity Toolkit

(ENGLISH)

Guía práctica sobre igualdad salarial (SPANISH)Ücret Eşitliği Araç Kiti (TURKISH)

Boite a outils sur l'équité salariale (FRENCH)

COMING SOON

    

Au niveau mondial, les femmes sont payées environ 20 % de moins que les hommes (OIT, 2022). L’écart de rémunération entre les hommes et les femmes persiste, même si de nombreux pays ont adopté une législation sur l’égalité de rémunération et ont également ratifié la Convention n° 100 de l’OIT sur l’égalité de rémunération, datant de 1951 et dont le taux de ratification est de 93 %.

Jane Pillinger, détentrice d’un doctorat, est l’auteure de cette Boîte à outils sur l’équité salariale. Elle est une experte mondiale de l’équité salariale et de la violence sexiste au travail et collabore avec les syndicats sur l’égalité des sexes depuis 35 ans.

Mme Pillinger résume en cinq étapes la manière dont les syndicats peuvent contribuer à combler l’écart de rémunération entre les hommes et les femmes :

  1. Sensibiliser aux inégalités salariales entre les femmes et les hommes, aux causes de l’écart de rémunération entre les genres et aux raisons pour lesquelles il s’agit d’une question syndicale essentielle.
  2. S’attaquer aux causes structurelles de l’écart de rémunération entre les hommes et les femmes, telles que la charge des responsabilités familiales des femmes et la question cruciale de la sous-évaluation du travail et des compétences des femmes.
  3. Disposer de transparence en matière de rémunération. Les syndicats ne peuvent pas négocier sur l’écart de rémunération entre les hommes et les femmes s’ils ne disposent pas de données. Les syndicats doivent rechercher des données sur l’écart de rémunération entre les femmes et les hommes et élaborer des stratégies de négociation en fonction de ces données.
  4. Aborder la question des travailleurs et travailleuses faiblement rémunérés, dans l’économie informelle, en élaborant des stratégies autour de salaires minimums décents, à la fois dans la loi et dans les stratégies de négociation avec les employeurs et les autorités publiques. Et pour les travailleurs et travailleuses informels, renforcer leurs droits à la protection sociale et à la reconnaissance du travail effectué.
  5. Trouver des outils et des structures permettant d’intégrer l’écart de rémunération entre les femmes et les hommes dans les négociations syndicales de base, plutôt que d’en faire une question secondaire de niveau d’égalité entre les femmes et les hommes, et de par exemple le placer au centre des négociations salariales, ce qui constituerait une stratégie importante pour l’avenir des syndicats.

“La décision d’élaborer cette boîte à outils sur l’écart de rémunération entre les hommes et les femmes est le fruit de nombreux débats au sein de notre Comité des femmes.

Nous sommes conscientes qu’il subsiste un malentendu dès lors qu’il s’agit d’exiger un salaire égal pour un travail égal et un salaire égal pour des emplois de valeur égale, ce que la boîte à outils aborde de manière remarquable. Nous encourageons nos affiliés à l’utiliser pour les assister dans leurs efforts visant à combler l’écart de rémunération”,

a déclaré Christine Olivier, Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL.

 

 

L'United Auto Workers en grève pour une part des bénéfices

Les syndicats réclament un niveau de vie décent, des salaires qui suivent l'inflation, des départs à la retraite dignes, une protection des travailleurs et l'arrêt des fermetures d'usines. L'UAW estime que les compagnies peuvent facilement satisfaire leurs revendications parce que les bénéfices cumulés sur ces dix dernières années représentent un quart de billion $, un résultat net combiné de 21 milliards $ au premier semestre 2023 auxquels s'ajoute le 1,25 milliard d'aides fédérales qu'une usine de batteries pourrait recevoir chaque année.

Suivant les conventions signées en 2019 avec les constructeurs, les salaires n'ont progressé que de 6 % alors que le taux d'inflation a bondi de 18 % sur la même période. Malgré les énormes profits de ces compagnies, les fermetures d'usines continuent, des emplois sont déplacés et les conditions des travailleurs ne cessent de se dégrader.

Cette campagne de négociations est celle qui sera la plus lourde de conséquences depuis des décennies pour le syndicat. Étant donné la transition accélérée vers l'électrique que connaît l'industrie automobile, c'est maintenant que se décide l'avenir de l'industrie.

Le président de l'UAW, Shawn Fain, a déclaré :

“Les Big Three n'ont cessé de constituer des coentreprises pour contourner nos conventions cadres et leurs engagements envers nos membres. Dans le même temps, le gouvernement des États-Unis continuer de verser des milliards d'argent du contribuable pour subsidier la transition vers l'électrique, sans aucune protection pour les travailleurs. Je ne pourrai jamais trop insister sur le fait que la transition vers l'électrique doit être une transition juste dans laquelle les emplois et le niveau de vie sont protégés.” 

“Aujourd'hui, nos membres ne demandent pas la lune. Nous demandons simplement la part qui nous revient. Je suis persuadé que nous sommes en position de force pour obtenir un avenir dans ce cycle de négociations, mais uniquement si nous sommes organisés, prêts à partir en grève et décidés à tenir bon aussi longtemps qu'il faudra. Ce sera un tournant décisif pour notre génération. Ce que nous obtiendrons deviendra la norme, non seulement pour nos membres mais pour toute la classe laborieuse. Cette Stand-Up Strike démarre dans toutes nos sections locales, depuis les centres de distribution des pièces jusqu'aux chaînes de montage, prêtes à se mettre en grève. Ensuite, en fonction de ce qui se passera dans la négociation, j'annoncerai que d'autres sections sont prêtes à suivre le mouvement. Le moment est venu de se battre; pour nos familles, pour nos communautés et pour tous les travailleurs.”

Atle Høie, le secrétaire général d'IndustriALL, a déclaré :

“IndustriALL félicite l'UAW pour son courage et sa détermination dans la défense de ses membres. Nous sommes solidaires, à vos côtés pour obtenir une convention solidaire. Il est impératif que Ford, General Motors et Stellantis négocient de bonne foi avec l'UAW et reconnaissent que les travailleurs sont un élément essentiel de la création de la richesse des entreprises.” 

Photos: site web de l'UAW