Les marques américaines doivent signer des accords contraignants pour protéger les travailleurs

Parmi les exemples aboutis et efficaces du nouveau modèle d'accord mondial entre syndicat et employeur figurent l'Accord international, qui a été étendu au Pakistan, ainsi que le mémorandum d'accord ACT sur le salaire vital.

"Nous avons mené une action de sensibilisation aux accords mondiaux entre entreprise et syndicat et sur les raisons pour lesquelles les entreprises devraient adhérer à ce modèle. Nous avons publié récemment une brochure à l'intention des investisseurs qui résume cette action,"

déclare la directrice d'IndustriALL en charge de l'industrie du textile et du vêtement, Christina Hajagos-Clausen.

Cette semaine, une délégation composée de dirigeants syndicaux d'affiliés d'IndustriALL du textile et du vêtement du Bangladesh, du Cambodge et de Turquie a rencontré aux États-Unis l'International Bureau for Labor, le ministère du Travail, l'Association américaine du vêtement et de la chaussure, la Fair Labor Association et le Conseiller spécial sur les questions internationales du travail du Conseil national de sécurité pour discuter de l'importance d'accords contraignants pour l'industrie.

Ces réunions, qui se tenaient à Washington, s'inscrivaient dans le cadre de la tournée de sensibilisation à l'action que mène IndustriALL à propos des relations du travail dans les chaînes d'approvisionnement et des accords mondiaux entre entreprise et syndicat, et faisaient suite à d'autres réunions avec des marques américaines, des investisseurs et des membres des milieux académiques à New York. 

À New York, la délégation a assisté à une cérémonie publique à la mémoire des 146 femmes et jeunes-filles qui avaient perdu la vie à la Triangle Shirtwaste Factory en 1911. Le secrétaire-trésorier de Workers United, Edgar Romney, a accueilli la foule composée notamment de descendants et membres des familles des victimes de cet incendie.

 

"L'incendie a fait rage du 7e au 9e étage. Les femmes et les jeunes-filles (la plus jeune victime avait 14 ans) n'ont pas pu s'échapper parce que les portes avaient été verrouillées par l'employeur pour empêcher les recruteurs du syndicat d'entrer. Nous continuerons notre travail d'organisation pour que de telles tragédies ne se répètent plus,"

a déclaré Edgar Romney.

La secrétaire au Travail des États-Unis par intérim, Julie Su, a rappelé aux participants que Frances Perkins, qui avait vu ces travailleuses mourir en sautant par les fenêtres pour échapper aux flammes, est passée de cette vision d'horreur à l'action en devenant la première femme secrétaire au Travail et à l'origine des systèmes de santé et de sécurité.

"La responsabilisation des entreprises est essentielle; il faut que les entreprises assument leurs responsabilités là où leurs vêtements sont confectionnés. N'attendons pas le prochain drame pour faire changer les choses."

Hélas, les conditions de travail dangereuses, la violence et le harcèlement au travail, le blocage du recrutement par les employeurs persistent, 112 ans après cet incendie. En signant l'Accord international, qui a force de loi, les marques de vêtements s'engagent résolument pour les droits des travailleurs et assument la responsabilité de leur chaîne d'approvisionnement. Sur les 200 marques qui l'ont signé, seule une poignée sont américaines.

La dirigeante syndicale bangladaise Nazma Akter en convient :

"L'industrie a beaucoup changé, mais elle reste dangereuse. Les pratiques déloyales du travail ont toujours largement cours au Bangladesh; il faut que plus de marques américaines signent l'accord."

 

Le Cambodgien Athit Kong insiste sur la nécessité pour les marques qui sont en haut de la chaîne d'approvisionnement de soutenir l'action en faveur d'un salaire vital de branche dans le pays.

"Avec ACT, on compte maintenant 20 mémorandums d'accord avec des marques mondiales préconisant un ACM qui favoriserait un salaire vital mais aussi davantage de protection pour les travailleurs et les syndicats."

Beaucoup de marques membres d'ACT se fournissent en Turquie où la liberté syndicale est souvent inexistante. Pour le dirigeant syndicale Rafi Ay :

"Les principaux défis sont le seuil d'adhérents élevé et la lenteur de la procédure de reconnaissance des syndicats nécessaire avant de pouvoir lancer une négociation collective ou une action de grève en Turquie. Cela donne un rôle important aux marques mondiales."

Afrique subsaharienne : un atelier se penche sur une Transition juste sensible à l’égalité des genres

Les principales questions ont porté sur les modèles de Transition juste durables qui sont bénéfiques pour les femmes travailleuses et qui peuvent être mis en œuvre par les pays d’Afrique subsaharienne, ainsi que sur le rôle que devraient y jouer les syndicats.

Les débats ont essentiellement porté sur la manière dont les syndicats peuvent sensibiliser aux dimensions de genre de la Transition juste et sur l’impact négatif du changement climatique et du développement sur les femmes. L’atelier s’est penché sur les compétences nécessaires dans les industries du futur, notamment dans le secteur des énergies renouvelables. En outre, des stratégies ont été débattues quant à l’engagement des syndicats auprès des décideurs politiques sur la Transition juste par le biais du dialogue social. Toutefois, les questions qui restent cruciales pour les femmes comprennent la violence fondée sur le genre, l’exploitation et le harcèlement sexuels, la discrimination et l’exploitation, la faible protection juridique, l’accès limité à la justice et les conditions de travail précaires, pour lesquelles l’atelier est convenu que les pays devraient élaborer des stratégies.

L’atelier s’est concentré sur le changement climatique et l’avenir du travail, les opportunités qui existent pour les femmes et la manière dont celles-ci vivent l’évolution des lieux de travail. Les participants ont discuté du fait qu’une Transition juste devrait inclure les questions soulevées par les femmes travailleuses, notamment la réduction de l’écart de rémunération entre les hommes et les femmes, l’inégalité entre les sexes, l’élimination de la discrimination
fondée sur le sexe, la sécurité de l’emploi pour les femmes grâce à un travail permanent, la mise en place de structures de garde d’enfants et la protection de la maternité. Les tâches domestiques non-rémunérées continuent d’empêcher les femmes de chercher un emploi salarié.

“Les femmes travailleuses doivent se conscientiser, se rassembler et faire entendre leur voix. Il est important de s’attaquer en priorité aux problèmes des femmes et de garantir l’égalité entre les hommes et les femmes dans le cadre de la Transition juste par le biais d’interventions politiques au niveau national,”

a déclaré Christian Ranji, qui préside la Commission féminine intérimaire de la SSA.

“Les femmes d’Afrique subsaharienne luttent contre le patriarcat, la discrimination et l’exclusion et sont vulnérables au changement climatique. C’est pour ces raisons que le cadre de Transition juste que nous soutiendrons en Afrique devra inclure les droits fondamentaux au travail de l’Organisation internationale du travail, son agenda du travail décent et sa Convention 190 sur l’élimination de la violence et du harcèlement dans le monde du travail,”

a déclaré Rose Omamo, Vice-présidente d’IndustriALL.

Un syndicat suédois lance un avis de grève chez Tesla

Depuis des années, IF Metall essaie d'entraîner la multinationale de l'automobile sur la voie de la négociation d'une convention collective, ce à quoi Tesla répond que les conventions collectives n'ont pas de place dans son modèle d'entreprise.

"Nos efforts n'ont pas abouti et nous n'avons plus d'autre option que l'action de grève,"

annonce la présidente d'IF Metall, Marie Nilsson.

La négociation collective est au centre du modèle des relations du travail suédois. Selon IF Metall, les mécaniciens couverts par une convention collective ont de meilleures conditions que ceux employés par Tesla qui, entre autres choses, n'ont pas d'assistance à la transition ni de pension complémentaire.

Réputé pour son antisyndicalisme, Tesla emploie 120.000 personnes dans le monde, qui n'ont pas de convention collective alors que toute tentative pour les organiser se heurte à une résistance acharnée de l'employeur. Dans le passé, le propriétaire de Tesla, Elon Musk, a publiquement menacé les travailleurs de représailles s'ils voulaient créer un syndicat.

Le syndicat suédois IF Metall serait le premier syndicat à lancer une action contre Tesla pour non-respect de ses travailleurs. Faute d'un accord, la grève démarrera le 27 octobre dans sept sites du pays.

Le secrétaire général d'IndustriALL, Atle Høie, a déclaré :

"Le modèle d'entreprise d'Elon Musk consiste à éviter de respecter les droits de l'homme. Maintenant, un de nos syndicats les plus forts va s'occuper de lui. Nous devrons vaincre le modèle d'entreprise de Tesla, et la Suède est le meilleur endroit où commencer."

Les travailleurs thaïs réclament la ratification des conventions 87 et 98 de l'OIT

Le réseau qui gère les conventions de l'OIT n° 87 sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical et n° 98 sur le droit d'organisation et de négociation collective veut que le gouvernement thaï ratifie ces conventions.

Ce réseau, qui regroupe 26 organisations syndicales et de travailleurs, s'est constitué lors d'un atelier au mois d'août, à l'initiative de deux affiliés d'IndustriALL, la Confédération du travail industriel de Thaïlande (CILT) et le Syndicat des employés de l'entreprise d'État PTT Public Company Limited (PTTLU).

Le président de la CILT, Prasit Prasopsuk, a déclaré :

"La Thaïlande fut un des membres fondateurs de l'OIT, en 1919, et elle devrait respecter ses normes et ratifier ces deux conventions fondamentales. Nous avons envoyé au premier ministre Srettha Thavisin une lettre pour réclamer sa ratification immédiate. Nous considérons que plus de 100 ans d'attente est trop long."

"La mise en œuvre de ces deux conventions renforcera le pouvoir de négociation des travailleurs, assurera la justice économique, réduira les inégalités et apportera une meilleure qualité de vie aux travailleurs thaïs. La coalition continuera à faire tout ce qui est possible pour pousser le gouvernement actuel à ratifier les deux conventions et réformer la législation du travail."

Apsorn Krissanasmit, la présidente du PTTLU et de la Fédération des travailleurs des entreprises de l'État de Thaïlande (SEWFOT), a déclaré : Le PTTLU a rejoint la coalition et a participé à la marche de la Journée mondiale pour le travail décent parce qu'il juge aussi que les deux conventions devraient être ratifiées et que le travail précaire devrait être aboli dans les secteurs public et privé.

"La délégation de la SEWFOT a rencontré le nouveau ministre du Travail, Pipat Ratchakitprakarn, le 3 octobre. Nous demandons que le gouvernement amende la Loi sur les relations de travail et la Loi sur les relations de travail dans les entreprises d'État, conformément aux dispositions des conventions 87 et 98,"

a ajouté Apsorn Krissanasmit.

Dans un courrier du 18 septembre, le secrétaire général d'IndustriALL, Atle Høie, a dénoncé auprès du premier ministre Srettha Thavisin des décennies de discrimination antisyndicale à l'encontre des travailleurs thaïs, ce qui a gravement affaibli leur pouvoir de négociation et a débouché sur une économie de bas salaires.

"Nous félicitons le nouveau gouvernement de coalition pour son engagement à augmenter le salaire minimum journalier de 354 bahts (10 $) à 600 bahts (16,9 $), mais le respect des conventions fondamentales est essentiel pour qu'un pays continue de bénéficier de préférences commerciales dans un contexte nouveau de devoir de vigilance des entreprises.

Une économie axée sur l'exportation, comme celle de la Thaïlande, devrait se conformer aux normes internationales du travail, ce qui serait certainement bien reçu par le monde des affaires, car profitable à l'économie thaïlandaise."

a ajouté Atle Høie.

Renforcer le réseau Coats

Au cours des deux jours de réunion, les participants ont partagé leurs expériences en matière de négociation collective, d’amélioration des clauses des conventions et de défis à relever.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Atle Høie, s’est adressé aux participants et a souligné la nécessité d’établir des relations constructives avec les entreprises multinationales et l’importance de créer des politiques communes ainsi qu’une solidarité entre les syndicats.

Les membres ont également discuté de l’importance des réseaux syndicaux dans le renforcement de leur pouvoir au sein de la chaîne d’approvisionnement, en soulignant que Coats, une grande entreprise multinationale, possède des installations dans plus de 50 pays et a récemment acheté Rhenoflex et Texon. Le rôle des membres de l’atelier a été souligné, ainsi que l’importance de leur faire prendre conscience qu’ils font partie d’un réseau plus large dans le cadre du pouvoir des travailleurs au sein de la chaîne d’approvisionnement.

Le site web du réseau est un outil précieux pour renforcer les liens transfrontaliers entre les membres des syndicats de Coats.

Le département des ressources humaines de Coats à l’échelle mondiale a présenté les initiatives de l’entreprise visant à accroître la diversité, en particulier en matière de genre, et à créer une culture d’appartenance. La réunion a également mis l’accent sur la nécessité de syndiquer toutes les usines Coats dans le monde, d’y améliorer la liberté syndicale et de renforcer les négociations collectives.

En outre, des plans ont été formulés en vue de formaliser le réseau en proposant les nominations de deux coprésidents. Le réseau a discuté de la nécessité de progresser vers un accord-cadre mondial avec l’entreprise et un groupe de travail a commencé à œuvrer sur un projet d’accord qui devrait être finalisé d’ici la fin de l’année 2023.

Christina Hajagos-Clausen, Directrice de la section textile et habillement d’IndustriALL, a déclaré :

“IndustriALL met en place des réseaux syndicaux pour relier tous les syndicats d’une même entreprise multinationale afin d’accroître l’échange d’informations, d’améliorer la communication entre les syndicats de différents sites et pays et d’accroître la présence syndicale au sein de l’entreprise.

Cette rencontre, la quatrième réunion annuelle du réseau Coats, démontre que le militantisme syndical transfrontalier et le dialogue social sont continuellement renforcés tout au long de la chaîne d’approvisionnement de Coats”.

Cette réunion a été organisée par le syndicat marocain UMT, qui a récemment syndiqué l’usine Coats de Casablanca.

Al-Arabi Hamouk,  Secrétaire général du SNTTC-UMT, a déclaré :

“Au cours de notre campagne de syndicalisation, soutenue par IndustriALL, nous avons recruté au sein de Coats au Maroc. Les travailleurs et travailleuses de l’entreprise ont encore des revendications légitimes en suspens qui sont discutées avec la direction locale. Notre appartenance au réseau mondial Coats est cruciale pour nos efforts visant à améliorer les conditions de travail sur le site marocain, ainsi que pour établir un dialogue social mondial efficace avec l’entreprise.”


Seize ans de solidarité indéfectible des travailleurs de Hyundai/Kia

Dressant l'historique de la solidarité mondiale des travailleurs de Hyundai/Kia, le directeur exécutif du département international du Syndicat coréen des travailleurs de la métallurgie (KMWU), Chong Hyewon, a dit que depuis le premier contact avec le Syndicat des travailleurs de la métallurgie de Turquie (Birleşik Metal-İş), en 2007, les travailleurs de Hyundai/Kia se sont généreusement offerts un soutien réciproque et ont traversé de nombreuses luttes.

La grève de la faim organisée par le Syndicat des salariés de Hyundai Motor d'Inde (HMIEU) en 2008 a déclenché une action mondiale de solidarité initiée par le KMWU et l'United Auto Workers (UAW).

Les travailleurs coréens et américains ont rassemblé des fonds pour aider les grévistes et la pression générale a permis de sortir de la grève de la faim.

La première réunion du réseau syndical Hyundai/Kia s'est tenue avec le soutien de la Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie (IMF) et du KMWU en 2009 en Corée, avec la participation du KMWU, de l'OZ KOVO de Slovaquie, de l'OS KOVO de République tchèque, du HMIEU indien, de l'américain UAW et du turc Birleşik Metal-İş.

Dans les années qui ont suivi, le réseau a interpelé les deux constructeurs automobiles pour le licenciement abusif d'une travailleuse coréenne victime de harcèlement sexuel sur son lieu de travail, pour du travail de nuit dans des conditions pénibles proches de l'exploitation et du travail précaire dans les usines de Hyundai/Kia, et pour la répression de dirigeants syndicaux locaux en République tchèque.

À la réunion du réseau syndical mondial des hybrides de Hyundai/Kia de 2023, trente participants ont accepté à l'unanimité de soutenir à l'avenir le réseau et la solidarité entre les travailleurs. Ils ont dit apprécier le rôle actif joué par le KMWU dans le soutien aux luttes syndicales et le partage de l'information sur la négociation.

"En tant que nouveaux-venus dans la famille des travailleurs de Hyundai/Kia, nous avons beaucoup appris de ce réseau dans l'année écoulée. Le mouvement syndical indonésien concentre toute son énergie contre la Loi multiple sur la création d'emplois (loi Omnibus). Mais nous continuerons à organiser davantage de travailleurs pour donner plus de pouvoir aux travailleurs dans nos industries,"

a déclaré Saïd Nuryasin, le vice-président de la Fédération syndicale des travailleurs indonésiens de la métallurgie (FSPMI).

"Les informations sur la négociation collective que nous recevons de nos camarades coréens sont précieuses. J'ai appris beaucoup en matière de bonnes pratiques par la discussion et la traduction. J'espère qu'à l'avenir nous pourrons nous concentrer sur des questions plus spécifiques, comme les travailleurs intérimaires et migrants,"  

a ajouté Martin Cech, le président de l'OZ KOVO de Kia.

"Le réseau devrait s'efforcer de nouer un dialogue social avec Hyundai/Kia pour parachever le système mondial de relations du travail.  IndustriALL continuera à préconiser des accords-cadres mondiaux avec ces deux firmes, tout en mettant l'accent sur une législation sur le devoir de vigilance en matière de droits de l'homme dans les pays respectifs,"

a dit Georg Leutert, le directeur d'IndustriALL en charge des industries de l'automobile et de l'aérospatial.

IndustriALL sur le piquet de grève avec l’UAW

Les négociations se poursuivent entre l’UAW et les trois grands constructeurs. Le Président de l’UAW, Shawn Fain, a déclaré que le syndicat s’était préparé à étendre sa grève à une grande usine de General Motors au Texas, mais que cette extension a été évitée dès lors que le constructeur automobile a accepté d’ajouter ses usines de fabrication de batteries pour véhicules électriques à la convention de l’UAW.

“Nous étions sur le point de bloquer la plus grande source de revenus de GM au Texas, Arlington. Nous connaissons leurs points faibles, nous connaissons leurs sources de revenus et nous connaissons les usines qu’ils ne veulent pas voir arrêter”.

Shawn Fain.

Depuis le début de la grève à la mi-septembre, le syndicat a donné rendez-vous tous les vendredis pour annoncer des mises à jour sur la grève et ajouter des travailleurs et travailleuses aux piquetx de grève. Vendredi dernier, pour la première fois, aucun membre supplémentaire de l’UAW n’a rejoint les piquets de grève après que les constructeurs automobiles ont réalisé des progrès suffisants dans les négociations.

Shawn Fain a indiqué que GM, Ford et Stellantis avaient tous trois réalisé des progrès en matière de salaires, d’adaptation au coût de la vie et de délai pour atteindre le statut de salarié à part entière, mais il a ajouté qu’il restait encore du travail à faire.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Atle Høie, ainsi que d’autres syndicalistes, ont rejoint les travailleurs et travailleuses sur le piquet de grève de Stellantis à Detroit, soulignant l’importance de la lutte de l’UAW non seulement pour leurs propres droits, mais aussi pour l’ensemble de la classe ouvrière américaine. Atle Høie a insisté sur la nécessité de veiller à ce que les salariés reçoivent leur juste part des bénéfices, en s’attaquant à la disparité des augmentations salariales imposée depuis des décennies par les trois grands.

“Cela fait 30 ans que les Big Three refusent d’augmenter les salaires et qu’ils réalisent des profits sur le dos de leur main d’œuvre. Il est temps d’ajuster les comptes et de s’assurer que travailleurs et travailleuses reçoivent leur juste part des bénéfices,”

a déclaré Atle Høie, qui a également a transmis les messages de soutien du Président d’IndustriALL, Jörg Hofmann, du comité des délégués syndicaux d’IG Metall et de Volkswagen Kassel/Allemagne. Ces messages soulignent la solidarité mondiale entre les syndicats :

“Indépendamment de l’entreprise, que ce soit en Allemagne ou à l’étranger, nous sommes solidaires en tant que syndicats et ne nous laissons pas diviser ! Nous sommes fiers de cette solidarité et de cette coopération. En tant que syndicalistes, nous savons à quel point les emplois, les bons salaires et la sécurité sociale sont importants. Votre action syndicale pour une augmentation de salaire de 36 % , contre la perte durable de pouvoir d’achat pour les quatre prochaines années et pour de meilleures prestations sociales, est justifiée”.

Jörg Hofmann a salué les efforts de l’UAW pour établir des normes pour les emplois futurs au sein de cette industrie et a appelé à une transformation socialement responsable du secteur automobile. Il a exprimé son soutien à la lutte de l’UAW contre la cupidité des entreprises et pour une représentation syndicale forte, soulignant l’importance mondiale de leur combat.

“L’UAW se bat pour établir des normes pour les futurs emplois dans la production de batteries et de véhicules électriques.

Nous félicitons l’UAW pour les progrès réalisés avec GM sur ce sujet. Nous devons tous veiller à ce que la transformation de l’industrie automobile soit gérée de manière équitable et socialement responsable.

Les travailleurs et travailleuses ainsi que leurs syndicats doivent avoir leur mot à dire pour que les nouveaux postes soient de bons emplois, avec de bons salaires et de bonnes prestations sociales. Ce combat est important pour les travailleurs et travailleuses des États-Unis ainsi que du monde entier. Vous envoyez un signal clair contre la cupidité et l’arbitraire des entreprises et en faveur d’une représentation syndicale forte qui unit les travailleurs et travailleuses qui défendent leurs droits. Nous sommes à vos côtés et vous souhaitons beaucoup de succès dans votre lutte audacieuse !”

a déclaré Jörg Hoffman, Président d’IndustriALL.

Le 11 octobre, dans le cadre d’une escalade massive, l’UAW a demandé à 8.700 de ses membres de l’emblématique et extrêmement rentable usine de camions de Ford dans le Kentucky de se joindre à la grève après que l’entreprise a refusé de s’engager davantage dans les négociations.

 
 

En Ukraine, les nouvelles dispositions sur le lockout violent les droits des travailleurs

L'ajout de ces dispositions sur le lockout légitime le droit des employeurs de recourir au lockout et réduit à néant les avancées obtenues en matière de grève. Pour la moindre violation de la propriété privée, la grève pourrait être déclarée illégale, donnant droit à une indemnisation pour l'employeur.

Ces dispositions ne promeuvent pas les droits des travailleurs; le nombre de travailleurs susceptible de faire grève légalement pourrait être limité, ne dépassant pas trois ou cinq personnes. Une grève d'avertissement ne pourrait être lancée qu'une seule fois et pour un maximum de 60 minutes pendant toute la durée du conflit du travail.

L'inadmissibilité du lockout mentionnée aux articles 48 à 52 de ce projet de loi est confirmée par les pratiques observées par le Comité européen des droits sociaux. En outre, le comité insiste sur le fait que le droit au lockout ne doit pas être vu comme offrant une protection totale et extensive, contrairement au droit de grève.

Soulignant en quelle manière les nouveaux ajouts menacent les simples travailleurs et les adhérents d'un syndicat, le KVPU a lancé une campagne dans laquelle des dirigeants syndicaux expriment leurs préoccupations et leurs positions aux députés.

Pour Isabelle Barthès, secrétaire générale adjointe par intérim d'IndustriALL Europe :

"Si l'avenir de l'Ukraine est au sein de l'Europe, comme l'affirme le président de la Commission européenne, nous insistons pour qu'elle fasse siens les éléments essentiels du modèle social européen.

Le droit de grève et la négociation collective sont des éléments essentiels du modèle social européen. Sans le droit de recourir à une action collective efficace, la négociation collective est désarmée, or nous avons besoin de la négociation collective pour obtenir un partage équitable de la richesse et de bonnes conditions de travail. Nous sommes aux côtés de nos collègues ukrainiens et nous continuerons à alerter l'UE sur les tentatives d'affaiblissement des droits des travailleurs."

"À l'échelon international, le droit de grève est régi par la convention 87 de l'OIT sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical. À l'échelon national, il est inscrit dans l'article 44 de la Constitution ukrainienne. Considérant que les dispositions sur le lockout violent la Constitution et les normes internationales du travail, IndustriALL réclame la suppression de ces dispositions du projet de loi sur les conflits collectifs du travail,"

a déclaré le secrétaire général d'IndustriALL, Atle Høie.

IndustriALL et IndustriALL Europe ont envoyé ensemble des lettres au président et au parlement ukrainiens pour marquer leur opposition à l'ajout de ces dispositions au motif qu'elles violent les droits des travailleurs.

IndustriALL et IndustriALL European Trade Union appellent l'Union européenne à soulever cette question auprès des autorités ukrainiennes dans le contexte du processus d'intégration.

IndustriALL appelle aussi l'Organisation internationale du travail (OIT) à intervenir pour s'opposer à l'ajout des dispositions sur le lockout dans le projet de loi.

Photo: Shutterstock

Les syndicats s’unissent pour une Transition juste dans le Caucase et en Asie centrale

Le séminaire a abordé les défis et les opportunités découlant de la transition vers les sources d’énergie renouvelables et le besoin pressant d’un changement juste et équitable dans la région.

Les syndicats ont présenté diverses points de vue d’acteurs clés de l’industrie, dont celui du Président de la Confédération géorgienne des syndicats (GTUC), Irakli Petriashvili. qui a souligné les difficultés rencontrées dans les interactions avec le gouvernement géorgien, notamment en ce qui concerne l’augmentation du salaire minimum. Il a souligné la nécessité d’une politique industrielle cohérente, en insistant sur la création de nouveaux emplois dans l’économie verte.

“Les résultats des conférences sur le climat soulignent l’urgence d’une Transition juste. Les principales revendications d’IndustriALL sont le dialogue social et les politiques industrielles durables. La création d’emplois verts est essentielle dans l’agenda syndical, mais si nous voulons une Transition juste, les syndicats doivent faire pression pour obtenir leur place à la table des négociations. IndustriALL, en collaboration avec d’autres fédérations syndicales internationales, soumettra au prochain C28 un programme de travail sur la Transition juste axé sur le travail, garantissant les droits des travailleurs et travailleuses avec une participation inclusive, la prise en compte des besoins d’adaptation pour la protection sociale ainsi qu’un engagement fort pour le financement climatique,”

a déclaré Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL.

Les participants ont collectivement exprimé leurs inquiétudes quant au manque de transparence des initiatives gouvernementales en faveur de la transition vers des sources d’énergie renouvelables. Ils ont identifié les questions clés qui doivent être abordées, notamment des éclaircissements sur les projets en cours, les calendriers de mise en œuvre, les ressources financières et les plans de création de nouveaux emplois verts et décents. Les affiliés ont également souligné la nécessité d’intégrer les revendications syndicales dans les projets gouvernementaux de transition, afin de garantir l’inclusion sociale.

En Géorgie, les syndicats appellent les employeurs à élaborer une stratégie de réorganisation de la production pendant la transition vers l’économie verte. Les syndicats, comme celui des mineurs de Tkibuli, ont souligné l’importance d’explorer des sites alternatifs en cas de fermeture des mines de charbon.

Les syndicats ont également identifié les maires et les gouverneurs comme des alliés potentiels, censés assumer la charge financière et la responsabilité sociale dans les régions touchées par les fermetures d’entreprises et le chômage de masse.

Les représentants des cheminots de Géorgie ont souligné les défis posés par les changements sur les marchés nationaux et étrangers, en mettant l’accent sur la diminution possible des volumes de transport ferroviaire, ce qui suscite des inquiétudes quant à la baisse des salaires et aux licenciements potentiels.

La réunion a également salué l’expérience de la Moldavie, en particulier après que le pays s’est vu accorder le statut de pays candidat par l’Union européenne (UE). Malgré des avancées positives dans le domaine des énergies renouvelables en Moldavie, Margareta Strestian a indiqué que les syndicats sont loin d’avoir la place qui leur revient à la table des négociations en vue d’une Transition juste.

Judith-Kirton Darling, Co-secrétaire générale par intérim d'industriAll Europe, s’est exprimée sur les implications de la législation climatique de l’UE sur le commerce international. Elle a souligné l’importance d’aligner les produits étrangers sur les normes écologiques européennes, de prévenir la concurrence déloyale et de maintenir l’intégrité du marché européen.

Contrastant avec défis rencontrés en Azerbaïdjan, en Géorgie, en Moldavie, au Kazakhstan et au Kirghizstan, les syndicats européens ont fait part de leurs réussites au cours de la rencontre, illustrant des exemples tangibles de transitions réussies et fournissant des indications précieuses sur la manière dont les syndicats peuvent parvenir à des succès similaires.

Arild Theimann, représentant d’Industri Energi en Norvège, a mis en avant les réalisations du pays en matière d’énergies renouvelables, en soulignant la création de nouveaux emplois verts et les investissements substantiels dans des projets d’hydrogène, renforçant ainsi l’engagement de la Norvège en faveur de la durabilité.

Cristina Hanson, du syndicat danois 3F, a présenté la feuille de route du Danemark vers la neutralité carbone d’ici 2050. Elle a souligné la participation active des syndicats sur cette voie du changement, en insistant sur la collaboration cruciale entre les syndicats et l’industrie.

Jakob Lykke, Président de 3F Esbjerg au Danemark, a présenté les perspectives du port d’Esbjerg, illustrant ses transitions réussies dans un contexte d’évolution des industries. Il a souligné le rôle clé joué par les syndicats dans l’accompagnement des travailleurs et travailleuses lors de ces changements, en plaidant pour des programmes de développement des compétences et une coopération étroite avec les établissements d’enseignement.

“La région est confrontée à la complexité d’une transition verte. Ces discussions montrent clairement que la transparence, la collaboration et les politiques inclusives sont cruciales. Les défis mis en évidence et la position proactive des syndicats de cette région soulignent leur détermination collective à faire en sorte que la transition ne soit pas seulement verte, mais aussi juste et équitable pour tous,”

a indiqué Vadim Borisov, Secrétaire régional d’IndustriALL.

Protestation syndicale contre la mortalité dans les mines d'Afrique du Sud

Le NUM s'élève contre le taux élevé d'accidents mortels dans le secteur minier, en particulier dans les mines d'or, et va organiser des piquets de grève devant les sites des multinationales Harmony Gold et Sibanye Stillwater.

74 mineurs ont perdu la vie dans des accidents en 2021 et 49 l'an dernier, et le NUM signale que le nombre arrêté en septembre est de 27.

"Le syndicat est vivement préoccupé par le taux élevé d'accidents dans le secteur. Les vies des mineurs sont ce qui compte le plus pour nous. Nous ne tolérerons pas que se poursuivent ces meurtres brutaux de nos membres pendant qu'ils travaillent pour s'efforcer de subvenir aux besoins de leurs familles. Les accidents mortels sont déjà au nombre de 27 cette année. Le secteur de l'or est en tête avec 15 morts, 4 dans le secteur du charbon, 4 également dans celui du platine et 4 aussi pour les autres secteurs,"

écrit le NUM dans un communiqué.

L'industrie minière sud-africaine adopte des technologies telles que les capteurs sismiques, le "big data" et les technologies de l'information pour améliorer l'exploitation, ce qui pourrait avoir un effet positif sur la santé et la sécurité au travail avec une nouvelle diminution des accidents mortels. Les technologies utilisées incluent l'extraction souterraine automatisée, qui réduit les accidents dans le forage, le dynamitage, le chargement et le transport. D'autres technologies sont la détection de proximité et les systèmes d'avertissement de collision pour des travailleurs comme les conducteurs d'engins et les systèmes de prévention de chutes de roches.

Glen Mpufane, directeur d'IndustriALL en charge des mines, a déclaré :

"Alors que le nombre des accidents miniers diminue, beaucoup reste à faire car des mineurs continuent de mourir. Mais avec les lois, les politiques et les technologies en vigueur, plus de vies peuvent être sauvées. Le rôle des délégués de santé et de sécurité dans les mines reste essentiel pour faire baisser le nombre de blessés et de morts."

Le Département des ressources minérales et de l'énergie annonce que le gouvernement reste déterminé à appliquer des politiques visant le zéro accident et à veiller à ce que des technologies et des pratiques minières plus sûres soient adoptées pour réduire les accidents. En outre, ce département contrôle et fait respecter la santé et la sécurité dans les mines par des inspections et des audits. Il collabore aussi avec les organisations syndicales, les compagnies minières et d'autres parties prenantes dans des campagnes de sensibilisation à l'importance du respect des protocoles de santé et de sécurité.

La Loi sur la santé et la sécurité dans les mines donne le droit aux travailleurs de refuser de travailler dans des zones dangereuses où leur santé et leur sécurité sont menacées. Elle promeut aussi la détection des risques et l'élaboration de mesures pour l'élimination, la maîtrise et l'atténuation des risques pour la santé et la sécurité au travail par des stratégies tripartites et multipartites et la constitution de comités et délégués de santé et de sécurité.