L’UAW conclut un accord de principe avec les trois grands de l’automobile

Au 40e jour de la grève tournante, le premier accord de principe avec Ford a été conclu. Trois jours plus tard, l’UAW a conclu un accord de principe avec Stellantis et aujourd’hui un accord a été conclu avec le dernier des trois grands, GM.

Shawn Fain, Président de l’UAW, a déclaré :

“Depuis des mois, nous soutenons que des bénéfices records doivent signifier des conventions records. Nous avons obtenu ce qu’on nous disait impossible il y a quelques semaines à peine.

Chez Stellantis en particulier, nous n’avons pas seulement obtenu une convention record, nous avons commencé à inverser la tendance dans la guerre menée contre la classe ouvrière américaine”.

En vertu de cet accord, les travailleurs et travailleuses de Ford bénéficieront d’une augmentation générale des salaires de 25 %, à laquelle s’ajouteront des augmentations liées au coût de la vie qui porteront l’augmentation salariale à plus de 40 dollars de l’heure pour les travailleurs de l’usine d’assemblage de haut niveau à la fin de la période de validité de la convention.

Les accords conclus avec Stellantis et GM font suite à celui conclu avec Ford, où les salaires de la plupart des travailleurs et travailleuses augmenteront de 25 % au cours des quatre années et demie à venir.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Atle Høie, a déclaré :

“IndustriALL félicite l’UAW pour cette victoire. C’est une journée importante, non seulement pour vous, mais aussi pour tous les autres travailleurs et travailleuses de l’industrie des États-Unis et du reste du monde. Votre courage, votre détermination et votre ténacité ont porté leurs fruits.

Nous vous soutenons fermement dans votre lutte pour un niveau de vie équitable et des augmentations de salaires qui reflètent les profits records des constructeurs automobiles”.

Les accords de principe seront soumis à l’approbation des adhérents du syndicat avant d’entrer en vigueur.

Les travailleurs débattent des réponses à apporter aux défis de l’industrie des semi-conducteurs

Les discussions ont porté sur l’évolution du secteur, la taille du marché promettant d’atteindre le chiffre record de 1,9 billion de dollars dans dix ans. La pénurie de semi-conducteurs lors de la pandémie de Covid a mis en évidence les vulnérabilités de la chaîne d’approvisionnement.

La guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine a entraîné une limitation des ventes de puces haut de gamme et des restrictions à l’exportation de métaux essentiels à la fabrication des puces, ce qui risque de provoquer de nouvelles ruptures dans la chaîne d’approvisionnement. L’industrie des semi-conducteurs, bien qu’ayant sa part dans la réduction des émissions de carbone, contribue de manière significative aux émissions de CO2 et autres gaz à effet de serre au stade de la production. Cette production nécessite par ailleurs une grande consommation d’eau et d’énergie. Aussi, on connaît un manque de concepteurs alors que la demande de semi-conducteurs haut de gamme ne cesse de croître.

Aurora Rossi, Conseillère politique auprès d’industriAll Europe, a présenté un exposé sur l’industrie européenne des semi-conducteurs, son rôle essentiel dans divers secteurs et les défis auxquels elle est confrontée. Le Règlement européen sur les semi-conducteurs a été mis en place pour faire passer la part de marché de l’Europe de 9 à au moins 20 % en s’attaquant à la fragmentation des chaînes d’approvisionnement et aux perturbations de l’offre.

Jeroen Merk, du Good Electronics Network, a décrit la croissance rapide du secteur et la concentration des capitaux entre quelques entreprises. Des questions telles que la pénurie de main-d’œuvre, la santé et la sécurité au travail et la résistance à la syndicalisation ont également fait partie de son exposé. Le contexte géopolitique et la lutte de l’industrie pour sécuriser la chaîne d’approvisionnement en semi-conducteurs ont également été soulignés.

En s’appuyant sur l’exemple de la France et de l’Espagne, les participants ont débattu des systèmes de santé et de sécurité dans l’industrie des puces, en soulignant l’importance de protéger les travailleurs et travailleuses contre les produits toxiques et autres risques. Il est nécessaire de renforcer les normes dans les pays riches, ce qui profitera aux travailleurs et travailleuses des pays moins favorisés.

Sur base de l’exemple de la Corée du Sud, l’importance de la reconnaissance et du traitement des maladies professionnelles dans l’industrie des semi-conducteurs et de l’électronique, y compris leur reconnaissance par les autorités et un système de compensation pour les travailleurs et travailleuses affectés, a été soulignée. La difficulté de prouver les problèmes de santé liés au travail et la nécessité d’une sensibilisation et d’une recherche accrues restent problématiques.

Les défis et les efforts liés à la syndicalisation des entreprises de semi-conducteurs en Malaisie, ainsi que les discussions sur la prochaine réforme du droit du travail et l’impact du Règlement européen sur les semi-conducteurs et de la législation américaine équivalente ont également fait l’objet de discussions lors de la réunion.

Les participants souhaitent continuer à débattre des campagnes de syndicalisation, de la santé et de la sécurité, ainsi que du soutien aux travailleurs et travailleuses de l’industrie électronique. La réunion a souligné l’importance de partager les informations et de travailler ensemble à un avenir meilleur pour la main-d’œuvre du secteur des semi-conducteurs.

Alexander Ivanou, Directeur d’IndustriALL pour les TIC, l’électricité et l’électronique, a déclaré :

“Ce réseau évolue. Une meilleure connaissance de l’implantation des entreprises et de la présence syndicale est essentielle dans la mesure où de nouveaux emplois sont créés dans l’industrie des semi-conducteurs. En tant que syndicats, nous pouvons offrir aux travailleurs et travailleuses notre expérience et nos connaissances considérables afin de garantir leur santé et leur sécurité et de protéger leurs droits humains et du travail.”

Les syndicats des mines donnent la priorité à leur renforcement au sein des chaînes d’approvisionnement en minerais essentiels

Réunissant des représentants syndicaux d’une trentaine de pays, cette dernière réunion est parvenue à un point de vue commun sur le fait que l’extraction de minerais de transition critiques (MTC) et de matières premières critiques (MPC), notamment le cobalt, le cuivre, le lithium, le nickel et les terres rares utilisées dans les technologies énergétiques propres pour la fabrication de batteries, confère aux syndicats la responsabilité de recruter les travailleurs et travailleuses dans les secteurs nouvellement apparus tout au long des chaînes d’approvisionnement.

La demande croissante de matériaux utilisés pour la transition énergétique entraîne une augmentation des investissements et de l’emploi. Dans le même temps, dans un autre segment de l’industrie minière, l’industrie du charbon est en cours d’élimination progressive et des millions d’emplois devraient y être perdus d’ici 2050, selon différentes sources.

Les participants ont souligné que ces changements ont eu des répercussions sur la demande des travailleurs et travailleuses ainsi que de leurs syndicats d’une transition juste en leur faveur dans le processus de migration vers les énergies renouvelables. Les syndicats veulent une transition juste comprenant le concept de travail décent de l’Organisation internationale du travail autour de la création d’emplois, des droits fondamentaux au travail, de la protection sociale et du dialogue social avec une forte dimension de genre, en particulier autour de la Convention 190 de l’OIT, pour mettre fin à la violence et au harcèlement dans le monde du travail.

En ce qui concerne la santé et la sécurité, plus de 200 personnes continuent de mourir chaque année dans des accidents miniers au Pakistan, l’un des pays qui n’a pas ratifié la Convention 176 de l’OIT sur la sécurité et la santé dans les mines. La campagne d’IndustriALL, en collaboration avec ses affiliés, se poursuit activement.

Les performances environnementales, sociales et de gouvernance (ESG) des compagnies minières, selon les participants, doivent inclure la protection des intérêts des communautés concernées dans une approche de développement durable. La diligence raisonnable en matière de droits de l’homme, telle que définie au sein des Principes directeurs des Nations unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme, a également été soulignée comme étant importante dans le cadre des MTC et MPC afin de garantir les droits fondamentaux des travailleurs, en particulier la liberté syndicale et le droit à la négociation collective.

En outre, nos réunions mondiales ont débattu de la convergence et de l’interconnexion des différents secteurs industriels par le biais des chaînes de valeur des MTC et MPC. Les participants ont indiqué que ces convergences offraient des opportunités au secteur minier, notamment en augmentant le taux de syndicalisation. Toutefois, les pertes d’emploi et les violations des droits des travailleurs peuvent constituer des risques pour les syndicats. Des cas de violations commises par BHP, Cerrejón, Glencore, Prodeco, Rio Tinto, Vale ainsi que de multinationales chinoises en Bolivie, au Brésil, en Colombie, en République démocratique du Congo (RDC) et à Madagascar ont été cités.

L’accord sur les minéraux critiques pour la fabrication de batteries entre la RDC et la Zambie a été cité comme un exemple de coopération entre les syndicats des deux pays pour la syndicalisation des travailleurs et travailleuses des mines. Une étude sur les minerais de transition en RDC, en Afrique du Sud, en Zambie et au Zimbabwe a identifié le potentiel de création d’emplois dans les secteurs des MTC et MPC.

La réunion des femmes de l’industrie minière du 24 octobre a conclu que les femmes étaient sous-représentées dans ce secteur, mal payées, victimes de discrimination et qu’elles avaient moins de chances de recevoir une formation en cours d’emploi. Il existe un écart de rémunération entre les hommes et les femmes. La réunion a recommandé de meilleures conditions de travail, des emplois décents et de qualité pour les femmes dans les mines, la fin du harcèlement sexuel endémique et la ratification et l’intégration de la Convention 190 de l’OIT dans les législations nationales du travail et les politiques sur le lieu de travail.

La réunion du réseau mondial des syndicats des mines de charbon, qui s’est tenue le 25 octobre sur le thème du changement climatique et de l’avenir du charbon, a exhorté les mineurs concernés, par l’intermédiaire de leurs syndicats, à exiger un dialogue social et des consultations multipartites afin de protéger leurs intérêts lors des discussions relatives à la fermeture des charbonnages. En outre, le financement de la lutte contre le changement climatique par la Banque mondiale et d’autres institutions financières internationales doit inclure le dialogue social. Les participants à la réunion ont été informés des préparatifs de la COP28 et de la manière dont les syndicats feront pression en faveur d’une transition juste protégeant les intérêts des travailleurs et travailleuses.

Ben Davis, du Syndicat des Métallos USW, a indiqué que les lois étaient parfois inefficaces pour lutter contre les violations en matière de santé et de sécurité, la discrimination salariale et les problèmes de sous-traitance dans le secteur de l’exploitation des MPC à l’échelle mondiale. Toutefois, en ce qui concerne les États-Unis, il a déclaré que les clauses relatives au travail contenues dans les accords commerciaux constituaient un outil efficace. Par exemple, le “mécanisme de réaction rapide en matière de travail” de l’accord États-Unis-Mexique-Canada permet aux travailleurs de déposer des plaintes conduisant à des sanctions commerciales potentielles lorsque la liberté syndicale ou de négociation collective sont violées. Ce mécanisme a également permis d’améliorer les salaires et les conditions de travail.

“Les affiliés du secteur minier ont besoin d’un plan d’action MTC et MPC avec des stratégies de syndicalisation et des campagnes. Ce plan doit inclure une diligence raisonnable en matière de droits de l’homme et la promotion de la justice sociale et environnementale. Inclusif pour les femmes et les jeunes travailleurs, le plan doit constituer une stratégie visant à renforcer le pouvoir syndical tout au long de la chaîne d’approvisionnement,”

a déclaré Lucineide Varjao Soares, Coprésidente sectorielle d’IndustriALL.

Dominic Lemieux, également Coprésident du secteur, a pour sa part souligné :

“IndustriALL doit revoir ses stratégies et soutenir ses membres et leurs communautés face aux défis de la décarbonisation. Les compagnies minières doivent inclure les travailleurs et les communautés concernées dans leurs plans de décarbonisation par le biais du dialogue social.”

Glen Mpufane, Directeur des mines pour IndustriALL, a déclaré :

“Il est important de se concentrer sur les politiques minières nationales, car l’accès aux matières premières critiques (MPC) est un champ de bataille majeur dans les pays du Sud. Le défi est de savoir comment réaliser le transfert de technologie et l’ajout de valeur dans la chaîne d’approvisionnement pour le traitement des minerais, ce qui est essentiel pour maximiser les bénéfices de l’exploitation minière pour les pays en voie de développement. En Europe, il est nécessaire d’apporter une réponse coordonnée aux politiques de l’UE, notamment par le biais de la Battery Alliance, de l’EIT Raw Material Alliance et d’une campagne au niveau de l’UE.

L’établissement de normes et de lignes directrices spécifiques au travail tout au long de la chaîne d’approvisionnement qui relie la consommation à la production sont des revendications clés pour les syndicats.”

Un ouvrier tué par la police alors que les manifestations autour du salaire minimum s’intensifient au Bangladesh

Les manifestations se sont intensifiées à Dacca depuis la quatrième réunion du comité salarial du 22 octobre au cours de laquelle les propriétaires d’usines de confection ont proposé d’augmenter le salaire minimum à 10.400 BDT (94 dollars). Compte tenu de l’augmentation du coût de la vie, la proposition d’augmentation salariale des propriétaires d’ateliers de confection est insuffisante pour répondre aux besoins quotidiens.

Rasel Howlader, qui travaillait à l’usine de vêtements Design Express à Gazipur, a été tué par balle, tandis qu’Amirul Islam, un travailleur de Columbia Garments, a été blessé par d’autres tirs policiers plus tôt dans la journée. Design Express et Columbia Garments sont des usines syndiquées et leurs sections locales sont affiliés à la SGSF, elle-même membre d’IndustriALL. Ces derniers jours, trois recruteurs syndicaux, Masud Rana de la BGTLWF, Mossarrof Hossain de la BMCGTWF et Jewel Miya de la BIGUF, ont été arrêtés. La police a porté plainte contre plusieurs autres recruteurs et travailleurs pour vandalisme et agression.

L’action brutale de la police contre les travailleurs et travailleuses au Bangladesh coïncide avec la réunion du Conseil d’administration du BIT à Genève, qui examinera le dernier rapport d’avancement soumis par le gouvernement du Bangladesh sur la mise en œuvre de la feuille de route de l’OIT. L’un des domaines prioritaires de cette feuille de route, pour lequel le gouvernement doit montrer qu’il a pris des mesures, est la discrimination antisyndicale et la violence à l’encontre des travailleurs et travailleuses.

Apoorva Kaiwar, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Asie du Sud, a déclaré :

“Il est horrible que les revendications légitimes des militants en faveur d’un salaire minimum plus élevé se heurtent à la violence policière. Le rapport du gouvernement sur la mise en œuvre de la feuille de route de l’OIT, en particulier en ce qui concerne la discrimination antisyndicale et la violence à l’encontre des travailleurs et travailleuses, ne reflète pas la réalité. IndustriALL appelle le gouvernement du Bangladesh à s’assurer que la police ne fasse pas usage de la force contre les travailleurs et travailleuses qui manifestent. IndustriALL demande également au gouvernement d’augmenter le salaire minimum dans la confection à 23.000 BDT”.

Les syndicats de la confection au Bangladesh, notamment les affiliés d’IndustriALL, réclament depuis le début de l’année une augmentation du salaire minimum, qui est de 8.000 BDT (72 dollars), pour le porter à 23.000 BDT (207 dollars). Le gouvernement a révisé le salaire minimum pour la dernière fois en 2018, lorsqu’il a été fixé à 8. 000 BDT (72 dollars) pour un travailleur ou une travailleuse de la confection en début de carrière.

Le Comité exécutif d’IndustriALL Asie-Pacifique a publié une déclaration condamnant fermement, d’une part, l’attaque brutale de la police de Dacca contre des travailleurs et travailleuses qui protestaient contre le bas niveau du salaire minimum, et d’autre part appelant le gouvernement à garantir le droit de manifester démocratiquement et à augmenter le salaire minimum, ce qui n’a que trop tardé.

Photo : Le 22 octobre, plus de 65 fédérations de travailleurs de la confection, sous l’égide de l’Alliance des travailleurs de la confection, ont défilé du Club national de la presse au bureau du Conseil du salaire minimum, rejetant la proposition des propriétaires d’usines de confection de faire passer le salaire minimum de 8.000 BDT (72 dollars) à 10.400 BDT (94 dollars).
Le Conseil d’IndustriALL pour Bangladesh fait partie de l’Alliance des travailleurs de la confection et revendique que le salaire minimum soit de 23.000 BDT (207 dollars).


 
 

Violation des droits syndicaux au Kirghizstan

Selon les affiliés d’IndustriALL, les documents ont été saisis dans le cadre d’une procédure pénale contre la Fédération des syndicats du Kirghizistan. Et toute personne s’y opposant ferait également l’objet d’une procédure pénale.

Certains craignent que les dossiers saisis ne soient altérés, ce qui pourrait conduire à des poursuites pénales pour “spoliation des fonds du syndicat”.

Les syndicats du Kirghizistan estiment que ces attaques font partie d’un plan visant à déposséder les syndicats de leurs biens. Pour tenter de contrer cette situation et de la dissocier de l’ingérence dans la liberté d’association, les syndicats sont prêts à concéder de transférer à l’État des biens syndicaux tels que les sanatoriums et les lieux de villégiature, car ce sera une raison de moins pour les autorités de s’immiscer dans les affaires syndicales. Si, après cela, la pression sur les syndicats se poursuit, cela relèvera de la compétence de l’OIT et des fédérations syndicales internationales en tant que violations de la Convention 87 de l’OIT.

En 2021, le MMTUK a déposé une plainte auprès du Comité de la liberté syndicale de l’OIT  (dossier n° 3386), exposant les violations systématiques des droits syndicaux dans le pays, en particulier la violation de la liberté syndicale et le harcèlement des dirigeants syndicaux. Cependant, les droits fondamentaux des travailleurs et travailleuses continuent d’être remis en question au Kirghizstan.

Dans une lettre adressée au Directeur général de l’OIT, le Secrétaire général d’IndustriALL, Atle Høie, demande une intervention urgente pour empêcher la liquidation des syndicats indépendants au Kirghizstan, compte tenu de la situation extraordinaire en matière de droits syndicaux et de l’ingérence du gouvernement dans les affaires syndicales.

“Le gouvernement du Kirghizistan doit tenir ses engagements et respecter pleinement les droits des syndicats et des travailleurs. Des syndicats libres et indépendants sont les pierres angulaires d’une société qui fonctionne et, en tant que fédérations syndicales internationales, nous exprimerons notre opposition et utiliserons notre influence pour défendre les droits fondamentaux des travailleurs,”

a déclaré Atle Høie.

Crédit photo : Flickr, Naika Lieva

Y-Tec viole les droits des travailleurs en Thaïlande

En août, Y-Tec a introduit une procédure pour diffamation contre le président de la Confédération du travail industriel de Thaïlande (CILT), Prasit Prasopuk. Elle l'accuse de propos diffamatoires dans une interview donnée en mai de cette année.

Dans cette interview, Prasit Prasopuk critiquait les menées antisyndicales de Y-Tec. Lorsque le syndical local, affilié à la CILT a lancé une nouvelle campagne d'organisation et a recruté plus de 100 adhérents, l'entreprise a licencié cinq activistes du syndicat.

Dans une lettre à Y-Tec et à sa société-mère, Yamashita Rubber, le secrétaire général d'IndustriALL Global Union, Atle Høie, les exhorte à cesser leurs actions antisyndicales et à réintégrer les cinq activistes.

"Y-Tec s'adonne de manière répétitive à des pratiques déloyales du travail. Sa discrimination antisyndicale va à l'encontre du code de bonne conduite de Yamashita Rubber, qui proclame des principes de respect des droits de l'homme, de non-discrimination et de rapports harmonieux avec la communauté locale. Nous appelons Y-Tec à abandonner immédiatement son recours en diffamation,"

écrit Atle Høie.

Prasit Prasopuk avait rappelé à Y-Tec l'obligation de respecter l'article 34 de la constitution du royaume de Thaïlande qui garantit la liberté d'opinion, d'expression, d'écrire, d'imprimer et de publier et de s'exprimer par d'autres moyens.

"Yamashita Rubber et ses filiales doivent cesser de poursuivre les dirigeants syndicaux en justice. Aux termes de la Loi sur les relations du travail, les travailleurs thaïs ont parfaitement de droit de se syndiquer. Cet antisyndicalisme constant montre combien il est important que les conventions 87 et 98 de l'OIT soient ratifiées."

La Confédération thaïe des travailleurs de l'appareillage électrique, l'électronique automobile et la métallurgie (TEAM), affiliée à la CILT, a organisé les travailleurs de Y-Tec en 2016. Lorsque le Syndicat Prachinburi des travailleurs des pièces pour automobiles s'est créé, Y-Tec a immédiatement affecté les travailleurs syndiqués au travail de nuit et en a forcé 90 à démissionner.

Malgré la plainte déposée par des travailleurs au Comité des relations du travail (CRT), Y-Tec a assigné le président du syndicat, Ruangsak Klaimala, pour un message posté sur un réseau social et a soudoyé quelques adhérents en augmentant leurs indemnités de licenciement. Le CRT a statué en faveur du syndicat, mais l'employeur refuse de se soumettre.

Y-Tec fabrique des composants tels que des supports de moteur, des coussins de suspension et des durites pour voitures et motos. La société a son siège au Japon et des usines aux États-Unis, au Mexique, en Inde, en Chine et en Thaïlande.

137 jours de piquet de grève des travailleurs du papier et de l'emballage

La convention du personnel de cette firme de cartons d'emballage est venue à expiration en décembre 2022. La négociation a débuté en novembre de l'an dernier et, au bout de six mois, l'UAW a appelé à la grève.

Les négociations sont dans l'impasse et, alors que les bénéfices de l'entreprise ont bondi depuis la pandémie, elle exige des réductions considérables des prestations d'assurance-santé de la part de travailleurs loyaux qui travaillent pour elle sous le même régime depuis 25 ans. La direction prétend qu'ils bénéficient d'un régime syndical gonflé qui leur accorde des prestations excessives. Pour le syndicat, le plan privatisé que l'entreprise veut imposer comporte une franchise élevée et fonctionne sur le principe du malade-payant. 

La direction propose aussi une hausse des salaires de 12,5 pour cent sur cinq ans, inférieure au taux de l'inflation et aux normes pratiquées dans l'industrie de la région. Le refus d'une diminution des soins de santé est une des grandes priorités des travailleurs dans ce conflit.

"Aujourd'hui est le 137ème jour de piquet de grève. Nos camarades sont déterminés dans leur lutte pour l'équité, la dignité et l'égalité sur le lieu de travail. Toute aide quelle qu'elle soit sera la bienvenue et payée de retour,"

a déclaré Raymond Jensen, le directeur adjoint de la Région 9 de l'UAW.

Tom Grinter, le directeur d'IndustriALL chargé du secteur de la pâte et du papier, ajoute :

"Nous sommes solidaires des travailleurs de WestRock. Leurs revendications sont justes et une entreprise dont les bénéfices gonflent devraient partager de manière équitable avec les travailleurs."

WestRock compte 94 syndiqués sur ce site, représentés par l'UAW depuis plus de 30 ans. Les travailleurs fabriquent des cartons d'emballage pour toutes sortes d'entreprises, dont Amazon et Frito Lay. 

Les syndicats sud-coréens mettent leur gouvernement en cause auprès de l’ONU

Le gouvernement coréen est mis en cause en vertu du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), un traité multilatéral qui oblige les pays à respecter les droits civils et politiques. Les syndicats ont soumis à la 139e session du Comité des droits de l’homme des informations sur le cinquième rapport périodique de la République de Corée, affirmant que les lois restrictives sur le travail, les limitations du droit de grève et les nombreuses violations de la liberté d’association étaient contraires aux engagements de la Corée au titre du traité.

Le quatrième examen consacré à la Corée, réalisé en 2015, avait constaté des “restrictions déraisonnables” à la liberté d’association et recommandé au gouvernement coréen de garantir le droit de réunion pacifique. Toutefois, le gouvernement n’a pas fait grand-chose pour que son cadre juridique soit conforme aux normes internationales du travail inscrites aux articles 21 et 22 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, ainsi qu’aux conventions 87 et 98 de l’Organisation internationale du travail (OIT).

En théorie, les travailleurs coréens ont le droit de se syndiquer, de négocier collectivement et de mener des actions collectives, tel qu’il est prévu par la Constitution. Mais en réalité, les dispositions de la loi sur l’ajustement des syndicats et des relations de travail restreignent considérablement les droits des travailleurs. Cette loi rend pratiquement impossible pour les travailleurs et travailleuses de mener des actions de grève légales et, s’ils enfreignent la loi, ils peuvent être poursuivis par l’entreprise pour des dommages et intérêts et par l’État pour le coût du maintien de l’ordre pendant la grève.

Dans des secteurs tels que la sidérurgie et la construction navale, 70 à 80 % des travailleurs et travailleuses sont des sous-traitants et la définition du terme “employeur” figurant dans la loi empêche la main d’œuvre en sous-traitance de négocier avec l’employeur principal. Daewoo Shipbuilding (DSME), par exemple, compte plus de 100 sous-traitants sur un même chantier naval. Lorsque qu’une grève a eu lieu en 2022 pour faire annuler une réduction de 30 % des salaires introduite par DSME pendant la pandémie, l’entreprise a refusé de négocier, affirmant qu’elle n’était pas partie au conflit. Toutefois, les sous-traitants n’ont pas pu répondre aux revendications des travailleurs et travailleuses, car les salaires avaient été fixés par DSME.

Les grévistes ont été violemment attaqués et, après la fin de la grève qui a duré 51 jours, des dirigeants syndicaux ont été poursuivis en justice pour un montant de 32,3 millions d’euros de dommages-intérêts en raison de la perte d’objectifs de production.

Une trentaine de syndicalistes coréens sont actuellement emprisonnés pour leurs activités syndicales.

La délégation syndicale était soutenue par des experts juridiques de la CSI, qui ont présenté une soumission d’informations (voir le lien) au Comité. Les syndicats ont cité un certain nombre de cas de répression violente et de poursuites judiciaires malveillantes comme preuves et ont demandé au Comité des droits de l’homme d’appeler le gouvernement coréen à mettre fin à ses activités antisyndicales et à aligner son cadre juridique sur les normes internationales du travail.

Christina Olivier, Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL, a déclaré :

“Le gouvernement coréen viole les droits des travailleurs et travailleuses à se syndiquer, à se réunir pacifiquement et à faire grève. Les syndicalistes sont passés à tabac, poursuivis en justice et emprisonnés pour avoir mené des activités syndicales. IndustriALL est solidaire de ces camarades qui demandent au Comité des droits de l’homme des Nations Unies de réclamer des comptes à la République de Corée. La Corée est partie au Pacte international relatif aux droits civils et politiques et doit en respecter les obligations.”

Nous voulons un traité sur les entreprises et les droits de l’homme avec une meilleure protection des travailleurs

Les progrès réalisés au niveau des législations nationales sur les droits de l’homme et les principes environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) obligent les entreprises à rendre compte des violations des droits de l’homme, mais la mosaïque de règles différentes aux niveaux national et régional permet à de nombreuses entreprises de contourner leurs responsabilités en matière de droits de l’homme.

Après avoir examiné le projet de texte, les FSI lancent un appel pour :

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, a déclaré à ce sujet :

“Nous ne pouvons pas permettre que le modèle d’exploitation actuel tout au long des chaînes d’approvisionnement mondiales se poursuive. Il est nécessaire de mettre en place une réglementation assortie de responsabilité, d’obligation de rendre compte et de transparence.

Le neuvième cycle de négociations en vue d’un traité contraignant des Nations unies sur les droits de l’homme doit prévoir des règles strictes en matière de recours et de responsabilité contre la cupidité et l’impunité des entreprises. Cela doit être fait immédiatement et le mouvement syndical international, ensemble avec ses alliés de la société civile, est uni par rapport à cette revendication cruciale.”

Vers une semaine de quatre jours pour l’industrie sidérurgique

Cette réduction du temps de travail serait un premier pas vers la semaine de quatre jours, selon IG Metall. En outre, les conventions collectives sur le travail à temps partiel pour les travailleurs âgés, le recours à des contrats de travail en bonne et due forme ainsi que la sécurité de l’emploi pour plus de 80.000 travailleurs doivent être étendues.

Ces revendications sont le résultat de discussions au sein d’IG Metall et d’une enquête menée auprès de plus de 11.000 travailleurs et travailleuses.

Selon cette enquête, 72 % des travailleurs et travailleuses ont déclaré qu’une augmentation de salaire était particulièrement importante compte tenu de la persistance d’une inflation élevée. 75 % des répondants ont déclaré que la question de la réduction du temps de travail avec compensation intégrale était assez importante et 65 % considèrent qu’il s’agit d’un moyen important de garantir l’emploi et des postes de travail.

Les principales raisons d’une réduction du temps de travail à 32 heures par semaine avec compensation salariale sont les suivantes : la sécurité d’emploi en période d’incertitude sera nécessaire, le maintien des niveaux d’emploi dans le secteur sidérurgique, les gens seront en meilleure santé à l’âge de la retraite, un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée et c’est un moyen de rendre l’industrie sidérurgique plus attrayante alors qu’elle souffre d’une pénurie de main-d’œuvre qualifiée.

La semaine de quatre jours pourrait facilement être mise en œuvre dans les emplois des cols blancs de l’industrie sidérurgique, mais pas chez les cols bleus qui travaillent en équipe. C’est pour cette raison que les sidérurgistes préfèrent demander une réduction du temps de travail avec compensation. Mais une réduction hebdomadaire du temps de travail peut également être mise en œuvre au niveau des horaires de travail en équipe de l’industrie sidérurgique, des modèles volontaires déjà mis en œuvre le prouvent.

Les employeurs ont affirmé qu’une réduction du temps de travail accompagnée d’une augmentation des salaires entraînerait une baisse de la compétitivité, que la réduction du temps de travail était trop coûteuse et que les modèles de travail en équipe seraient perturbés.

Christine Olivier, Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL, a déclaré :

“La réduction du temps de travail avec une compensation salariale complète n’est pas seulement un objectif en soi. Elle représente une répartition plus équitable de la richesse créée par les gains de productivité dans l’industrie et créée par les travailleurs et travailleuses.

Pendant trop longtemps, la part du lion des bénéfices de notre efficacité accrue est allée au sommet, mettant à l’écart ceux et celles qui sont au cœur même de cette production.

Il est temps d’uniformiser les règles du jeu et de veiller à ce que nos membres bénéficient directement de ces avancées en leur offrant de meilleures conditions de travail et une meilleure qualité de vie.

L’avenir de l’acier ne se mesure pas seulement en chiffres, mais aussi dans la manière dont nous valorisons et soutenons ceux qui le façonnent chaque jour.”

La Commission des négociations collectives de l’industrie sidérurgique du nord-ouest de l’Allemagne a pris la décision de la revendication le 6 septembre, l’industrie sidérurgique de l’Allemagne de l’Est l’a suivie le lendemain. La première négociation aura lieu à la mi-novembre.

Photo : IG Metall