Rejoignez l’appel à faire payer Amazon !

Amazon Fashion est une marque en pleine expansion au sein de la chaîne d’approvisionnement mondiale de l’habillement et est devenue le premier détaillant de vêtements aux États-Unis. La chaîne d’approvisionnement d’Amazon s’étend à travers le monde avec des productions au Bangladesh, en Chine, en Malaisie, en Inde, au Sri Lanka, en Turquie et au Vietnam.

La campagne “Make Amazon Pay – Faites payer Amazon” a été lancée il y a deux ans et pour le Black Friday de cette année, des actions, des grèves et des manifestations seront organisées dans plus de 30 pays à travers le monde.

Le syndicat britannique GMB a annoncé que plus de 1.000 travailleurs et travailleuses d’Amazon dans l’un des entrepôts du pays seraient en grève pendant quatre jours en novembre, y compris le Black Friday, le jour le plus chargé de l’année.

Rejoignez les travailleurs et travailleuses, les syndicats, les fédérations syndicales internationales et les militants qui mèneront des actions le 24 novembre, afin de montrer votre solidarité avec les travailleurs d’Amazon dans le monde entier.

#MakeAmazonPay

Le conflit autour de Tesla s’envenime en Suède

Dans le cadre d’une action de solidarité qui a débuté le 7 novembre, le Syndicat suédois du transport a interrompu le déchargement des voitures Tesla dans quatre des principaux ports du pays. Un blocage complet du chargement et du déchargement des voitures Tesla dans tous les ports suédois pourrait entrer en vigueur le 17 novembre.

Le Syndicat de l’électricité se joint à l’action de solidarité ; à partir du 17 novembre, ses membres ne fourniront aucun service pour la marque dans les 12 ateliers et les 213 stations de recharge de Tesla en Suède.

Le Syndicat des travailleurs de l’immobilier a annoncé des actions d’obstruction à partir du 17 novembre et ne nettoiera pas les quatre implantations de Tesla.

Le dernier syndicat à se joindre à l’action contre Tesla est le Syndicat suédois des employés des services et des communications, SEKO, qui cessera de livrer du courrier et des colis à Tesla :

“Le combat d’IF Metall est important pour le modèle suédois de négociation collective.”

Le soutien vient maintenant de Norvège. Le syndicat norvégien Fellesforbundet prévient qu’il empêchera les Teslas suédoises d’arriver en Norvège.

Depuis des années, IF Metall tente de négocier une convention collective pour ses membres qui entretiennent et réparent les véhicules Tesla chez TM Sweden AB. Malgré les efforts du syndicat, Tesla refuse de signer une convention, affirmant qu’elle ne correspond pas au modèle commercial de l’entreprise.

Face à l’impasse des négociations, IF Metall a lancé une action syndicale le 27 octobre dans 12 garages appartenant à Tesla, auxquels se sont ajoutés par la suite 20 autres garages qui assurent également l’entretien des voitures Tesla. Un bref retour à la table des négociations le 1er novembre n’a rien donné et IF Metall rapporte que Tesla a eu recours à des briseurs de grève pour maintenir le statu quo.

Le Secrétaire général d’IndustriALL Global Union, Atle Høie, a déclaré à ce sujet :

“Le modèle suédois, où employeurs et syndicats s’engagent dans un dialogue social, a donné naissance à un marché du travail stable dont tout le monde bénéficie et qui sert d’exemple à de nombreux pays dans le monde. L’aversion irrationnelle de Tesla pour les syndicats ne le dispense pas de respecter les règles et IndustriALL soutient fermement l’action d’IF Metall et des autres syndicats suédois”.

Isabelle Barthès, Co-secrétaire générale par intérim d’industriAll Europe, déclare :

“Nous assurons nos collègues suédois de notre soutien indéfectible dans leur lutte contre Tesla en vue de défendre leur droit à la négociation collective et, plus simplement, pour défendre leur modèle de relations sociales”.

De bons emplois industriels dans la transformation

Mais cette confrontation va au-delà de la défense des droits des travailleurs et travailleuses ainsi que de leurs syndicats dans une seule entreprise, dans un seul pays.

Alors que l’Europe soutient à juste titre les technologies propres telles que la mobilité électrique et les nouvelles industries émergentes telles que la production de batteries, il est essentiel que ces investissements débouchent sur de bons emplois industriels. Aucun soutien public ne devrait être accordé aux entreprises qui sapent les normes sociales et se livrent au démantèlement des syndicats.

“Cette confrontation s’inscrit dans le cadre d’une bataille plus large en faveur d’une transformation industrielle équitable pour les travailleurs et travailleuses, qui façonnera le paysage industriel et les relations sociales de l’Europe pour les années à venir,”

indique Isabelle Barthès.

“Soyez assurés que les travailleurs et travailleuses de l’industrie européenne sont à l’offensive pour de bons emplois industriels, en Suède et sur tout le continent.”

Illustration : grévistes d’IF Metall chez Tesla

Les manifestations autour du salaire minimum se poursuivent au Bangladesh

Les syndicats, y compris les affiliés d’IndustriALL, ont demandé que le salaire minimum d’une personne débutant dans la confection soit fixé à 23.000 BDT (206 dollars), avec une augmentation annuelle de dix pour cent. Plusieurs manifestations de protestation ont eu lieu, notamment après la quatrième réunion du Comité salarial, le 22 octobre, au cours de laquelle les propriétaires d’usines de confection avaient proposé de faire passer le salaire minimum à 10.400 BDT (93 USD).

Le nouveau salaire minimum de 12.500 BDT (112 dollars) est insuffisant pour répondre aux besoins quotidiens des travailleurs et travailleuses, compte tenu de l’augmentation du coût de la vie. L’augmentation est bien inférieure à ce que les travailleurs revendiquaient et correspond davantage à ce que les propriétaires d’usines de confection avaient proposé.

Atle Hoie, Secrétaire général d’IndustriALL, a déclaré :

“Il semble que le gouvernement du Bangladesh ait l’intention de maintenir sa main-d’œuvre sous le seuil de pauvreté. Les marques devraient remettre en question leur approvisionnement si les salaires minimums sont maintenus à des niveaux aussi bas et si les violations du droit à la syndicalisation et à la négociation collective ne sont pas traitées. Les travailleurs et travailleuses ont aujourd’hui désespérément besoin de syndicats capables de lutter pour des salaires plus élevés et qui n’ont pas besoin de se battre contre un gouvernement et des employeurs répressifs”.

Les manifestations se sont poursuivies après l’annonce du nouveau salaire et la police de Dacca a tenté de les réprimer violemment. Le 8 novembre, une ouvrière d’Islam Garment à Gazipur a été tuée et plusieurs autres ont été blessées par les policiers. Depuis l’annonce du nouveau salaire minimum, les dirigeants nationaux et locaux des affiliés d’IndustriALL sont harcelés par des appels téléphoniques répétés et des menaces d’arrestation de la part de la police et de la Direction générale du renseignement.

Apoorva Kaiwar, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Asie du Sud, a déclaré :

“IndustriALL appelle le gouvernement du Bangladesh à reconsidérer le salaire minimum pour les travailleurs de l’habillement pour le faire passer à 23.000 BDT”.

Les syndicats africains et américains réclament de l’emploi décent dans le cadre de la coopération commerciale et économique

L’AGOA est une loi américaine ratifiée en 2000 qui vise à permettre aux pays africains éligibles d’accéder aux marchés américains en franchise de droits. Les critères d’éligibilité comprennent l’adoption d’une économie de marché, l’État de droit, le pluralisme politique, la lutte contre la corruption, l’introduction de politiques de réduction de la pauvreté, l’amélioration de l’accès aux soins de santé et à l’éducation, ainsi que la protection des droits de l’homme et des droits des travailleurs.

Selon les rapports présentés au forum, la coopération commerciale et économique dans le cadre de la loi sur le commerce a créé des emplois, encouragé les investissements, fourni des opportunités commerciales et contribué au développement économique.

Récemment, certains pays africains, dont la République centrafricaine, le Gabon, le Niger et l’Ouganda, ont été suspendus de l’AGOA, à compter de l’année prochaine, pour avoir violé les droits de l’homme et ne pas avoir promu le pluralisme politique.

Ce forum, qui a réuni plus d’un millier de participants issus de gouvernements, d’entreprises, d’organisations de la société civile et de syndicats, a débattu de stratégies clés pour stimuler le développement économique durable et équitable, la création d’emplois décents et la stimulation de l’industrialisation sur le continent. Toutefois, des appels ont été lancés en faveur d’une prolongation de l’accord lorsqu’il expirera en 2025.

L’ambassadrice Katherine Tai, Représentante américaine au commerce, a souligné une fois encore le dynamisme, l’ingéniosité et le potentiel de l’AGOA.
 
Wamkele Mene, Secrétaire général de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA), a indiqué que les économies africaines étaient petites et fragmentées et qu’elles dépendaient trop de l’exportation de matières premières non transformées. La Zone de libre-échange continentale africaine a été créée pour fournir des opportunités pour les exportations intra-africaines de biens à valeur ajoutée grâce à l’intégration et à la création d’un marché unique. Il a souligné l’importance d’aligner la ZLECA sur l’AGOA.

Le Président sud-africain, Cyril Ramaphosa, a déclaré :

“L’Afrique ne doit pas être définie comme un producteur de marchandises, mais doit transformer les produits de son sol en biens de consommation.”

Il a souligné la nécessité de puiser dans les vastes réserves de minéraux de transition essentiels pour l’industrialisation.

Les participants des organisations syndicales comprenaient 21 participants de la CSI Afrique, d’organisations syndicales régionales ainsi que de centrales et de syndicats nationaux. Les affiliés d’IndustriALL qui ont pris part aux rencontres étaient originaires de Madagascar, d’Afrique du Sud et des États-Unis.

“Le mouvement syndical est diversifié, mais nous sommes unis dans notre soutien à l’AGOA en tant que syndicats du continent africain et des États-Unis. L’AGOA a contribué à la création de millions d’emplois, des usines de vêtements au Lesotho aux exploitations agricoles au Kenya. Il s’agit d’une relation mutuellement bénéfique, avec des composants produits au Botswana inclus dans des véhicules fabriqués en Afrique du Sud et des matériaux essentiels exportés vers des usines en Louisiane, soutenant ainsi l’intégration économique du continent et la croissance économique à la fois en Amérique et en Afrique,”

a déclaré Zingiswa Losi, Président du Congrès des syndicats sud-africains (COSATU).

Ben Davis, Directeur des affaires internationales des Métallos USW, a déclaré que la solidarité des travailleurs avec les syndicats africains ne date pas d’hier. L’USW a fait campagne contre les violations syndicales ensemble avec le NUM et le NUMSA en Afrique du Sud, l’UWUL au Libéria et le SVS à Madagascar, pour affronter des multinationales comme ArcelorMittal, Bridgestone, Firestone, Rio Tinto et Sibanye Stillwater.

“L’USW continue de lutter contre l’arrestation et l’emprisonnement de dirigeants syndicaux à l’usine QMM de Rio Tinto à Madagascar et fera pression sur l’AGOA pour mettre fin à ces violations. Les membres du Syndicat des Métallos USW du Québec, au Canada, qui traitent l’ilménite de Madagascar, se sont montrés solidaires de ces travailleurs et travailleuses,”

a déclaré Ben Davis.

Roxanne Brown, Vice-présidente internationale du Syndicat des Métallos USW, a déclaré :

“Les syndicats peuvent s’inspirer de l’accord États-Unis-Mexique-Canada sur la manière dont les droits des travailleurs et travailleuses et les emplois permettant de subvenir aux besoins des familles peuvent être inclus dans un accord commercial. En outre, les syndicats peuvent travailler avec des organisations de la société civile dans le cadre de ce que j’appellerais la pollinisation croisée, où la relation est basée sur la protection d’intérêts communs.”

“Sur un continent qui connaît une explosion démographique de la jeunesse, la création d’emplois décents est importante. Cela signifie que les industries manufacturières dans les secteurs de l’automobile, de l’énergie, de l’exploitation minière, du textile et de l’habillement ont un grand potentiel pour créer les emplois dont on a tant besoin et que les accords commerciaux de l’AGOA peuvent y contribuer de manière significative,”

a déclaré Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL.

Les syndicats de la construction et de la démolition navales réclament un secteur meilleur et plus sûr

Dans son allocution d’ouverture, Christina Olivier, Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL, a déclaré :

“La santé et la sécurité professionnelles dans ces deux secteurs sont notre priorité absolue, en particulier dans le secteur de la démolition des navires où les conditions dangereuses sont monnaie courante. Ce secteur est extrêmement exposé aux risques et le bien-être des travailleurs est toujours relégué au second plan par rapport aux coûts et à l’efficacité. Nous exigeons que les mesures de santé et de sécurité et leur application constituent une norme non négociable. Nous devons également mettre un terme à l’antisyndicalisme au sein des chantiers de démolition de navires. Les syndicats doivent pouvoir recruter et ensuite négocier collectivement pour obtenir des lieux de travail plus sûrs, de meilleurs salaires et des emplois permanents. Nous continuons à faire pression sur des pays comme le Pakistan et les Îles Marshall, pour qu’ils ratifient la Convention de Hong Kong.”

Eileen Yeo Chor Gek, Coprésidente du secteur, a souligné qu’il était important de travailler ensemble pour négocier les évolutions et que les syndicats devaient s’engager dans cette voie.

“Ce secteur est à forte intensité de main-d’œuvre, mais compte tenu de la forte demande, les constructeurs navals ont du mal à trouver une main-d’œuvre qualifiée et se tournent vers la robotique. Les robots sont conçus pour améliorer l’efficacité et j’encourage tous les camarades à accepter les évolutions et les formations qui les accompagnent.”

Le Coprésident Masao Tsumura, a souligné le besoin de présence syndicale et de collaboration.

“Les conflits actuels influencent la stabilité du secteur et, avec ces risques géopolitiques, nous rencontrons des difficultés en ce qui concerne les évolutions et la sécurité d’emploi. Nous, travailleurs et travailleuses, devons nous unir et renforcer notre collaboration. L’environnement de travail s’est considérablement amélioré et nous avons senti le besoin d’avoir des syndicats.

Nous devons continuer à nous concentrer sur l’amélioration des conditions de travail et de vie de tous les travailleurs. Tous les syndicats en Inde, au Bangladesh et au Pakistan s’efforcent d’assurer la sécurité des travailleurs dans ce secteur,”

a déclaré V.V. Rane, Vice-président du secteur.

Un exposé de l’OCDE a évoqué la croissance modeste que connaît le secteur, étant confronté à des défis pour s’adapter aux émissions zéro et aux nouveaux carburants, ainsi qu’à l’évolution des types de navires commandés.

La santé et la sécurité, les bas salaires, les travailleurs migrants, les pertes d’emploi, le dénigrement des syndicats, les violations des droits des travailleurs et le manque de main-d’œuvre qualifiée sont les problèmes mis en évidence lorsque les syndicats présentent le contexte du secteur dans leur pays.

“L’industrie de la construction navale est en bonne santé. Nous devons veiller à ce que cela se traduise par de meilleures conditions de vie et de travail pour les travailleurs et travailleuses. Pour ce faire, nous avons besoin d’une plus grande coopération entre les syndicats du secteur. Dans le secteur de la démolition navale, la ratification de la Convention de Hong Kong nous offre une occasion unique de remettre en cause l’équilibre des pouvoirs. Nous devons renforcer nos syndicats, y compris dans les activités d’aval, et exiger une transition juste vers une industrie meilleure,”

a déclaré Walton Pantland, Directeur d’IndustriALL pour la construction navale et la démolition des navires.

Photo : Shutterstock

Les enseignes s’engagent sur l’avenir à long terme et l’expansion de l’Accord international

L’accord juridiquement contraignant portant sur trois ans et qui prend effet à partir du 1er novembre 2023, se renouvelle automatiquement au bout de trois ans sans qu’il soit nécessaire de renégocier. Les enseignes s’engagent à poursuivre les programmes de santé et de sécurité au Bangladesh et au Pakistan et à mettre en place des programmes dans d’autres pays. Les conditions d’extension à d’autres pays sont basées sur des études de faisabilité et sur les progrès réalisés au sein des programmes nationaux existants pour l’Accord.

Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL, a déclaré :

“Depuis sa création il y a dix ans, l’accord a contribué à rendre le secteur de la confection plus sûr. Nous disposons désormais d’une solution durable et à long terme pour l’Accord, avec une marge de développement substantielle en ce qui concerne les nouveaux pays et l’inclusion des principes et droits fondamentaux du travail en tant qu’éléments de base dans le mécanisme de dépôt de plainte ainsi que dans les programmes de formation.”

Le nouvel Accord international continuera à s’appuyer sur les fondements qui l’ont rendu si efficace, notamment les inspections indépendantes des usines, les mesures correctives, la formation à la sécurité et un mécanisme efficace de dépôt de plaintes pour les travailleurs et travailleuses.

Pour renforcer les droits des travailleurs et travailleuses, à la suite d’une étude pilote, le mécanisme de réclamation sera étendu aux questions de sécurité et de santé non professionnelles, y compris la liberté syndicale.

Christy Hoffman, Secrétaire générale d’UNI, a déclaré :

“Ceci est la preuve que ce modèle Accord de régulation de la chaîne d’approvisionnement, qui est contraignant entre les enseignes et les fédérations syndicales internationales, a de l’avenir. Beaucoup considéraient qu’il s’agissait d’un feu de paille en réponse à la catastrophe de Rana Plaza. Mais aujourd’hui, les parties sont convenues d’un accord de six ans qui élargit à la fois la couverture géographique du programme et les questions relevant de son champ d’application. Avec la récente mise en place d’exigences en matière de diligence raisonnable dans la chaîne d’approvisionnement, les employeurs du monde entier devraient noter que cet accord est un modèle qui a fait ses preuves.”

Dans cette nouvelle mouture, l’Accord international agira comme un accord-cadre autonome, avec des avenants pour le programme de sécurité de chaque pays. Toutes les enseignes qui s’approvisionnent dans ces pays sont invitées à signer ces avenants en plus de l’Accord international. Il sera mis en œuvre par la Fondation de l’Accord international et son secrétariat, basé à Amsterdam, ainsi que par des bureaux nationaux.

L’accord prévoit également que l’Organisation internationale du travail (OIT) joue un rôle important dans le soutien des programmes nationaux afin d’en assurer la mise en œuvre et l’efficacité. L’OIT a longtemps assumé le rôle de la présidence neutre du Comité directeur de l’Accord.

Historique de l’Accord

Les employeurs s’attaquent au droit de grève

Le droit de grève est un élément essentiel de la liberté syndicale qui est protégé par la Convention 87 de l’OIT. Bien qu’il s’agisse d’un dernier recours, sans lui, les travailleurs et les syndicats n’ont pas le pouvoir de défendre leurs positions face au pouvoir économique et politique des employeurs.

En 2015, le groupe des employeurs de l’Organisation internationale du travail (OIT) et certains gouvernements ont remis en question la Convention 87 de l’OIT sur la liberté syndicale, ratifiée par 153 pays, qui défend le droit de grève. Les syndicats du monde entier ont protesté pour protéger ce droit fondamental, mais depuis, le droit de grève fait l’objet d’attaques croissantes.

Dans une nouvelle proposition présentée en vue de la 112e session de la Conférence internationale du travail de juin prochain, le groupe des employeurs demande qu’un protocole soit annexé à la convention 87 afin de “réglementer” le droit de grève, tout en niant que la Convention 87 protège le droit de grève.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Atle Høie, a déclaré à ce sujet :

“IndustriALL n’acceptera jamais cela ; la proposition des employeurs est fondamentalement biaisée et doit être rejetée. L’objectif constitutionnel et le mandat de l’OIT sont de protéger les droits des travailleurs et travailleuses.

L’établissement de normes visant à détricoter, inverser ou supprimer les droits existants dont jouissent et sur lesquels s’appuient l’ensemble des travailleurs et travailleuses est contraire à l’objectif et au mandat de la constitution et de l’objectif institutionnel de l’OIT”.

Photo : Travailleurs et travailleuses sur les piquets de grève autour de l’usine Wabtec aux États-Unis, à Érié, en Pennsylvanie, en juillet de cette année.

Rendre les syndicats pertinents pour les cols blancs

“Industrie 4.0 est en train de changer le monde du travail et le secteur des cols blancs est en pleine croissance, ce qui pousse IndustriALL à devenir plus proactive dans la syndicalisation et la prise en compte des problèmes auxquels ces travailleurs et travailleuses sont confrontés. Notre travail consiste à élaborer des stratégies sur la manière de relever ces défis, en particulier le droit à la déconnexion pendant le télétravail, la transformation vers un monde plus numérique et le fait de rendre le mouvement syndical attrayant pour les jeunes travailleurs et travailleuses. Nous devons être attractifs pour les jeunes, notre existence et notre pertinence en dépendent,”

a déclaré Christine Olivier, Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kan Matsuzaki, participant en ligne, a planté le décor en donnant un aperçu de la situation des cols blancs dans un monde en mutation. Il s’est concentré sur les tendances telles qu’Industrie 4.0, le changement climatique, l’économie de plateforme, les défis et les outils nécessaires pour rendre les syndicats plus attractifs.

“Le nombre de cols blancs augmente et celui des cols bleus diminue dans nos secteurs. Si nous ne pouvons pas recruter les cols blancs, notre mouvement syndical sera en difficulté. Nous devons examiner comment nous pouvons utiliser les règles de diligence raisonnable en matière de droits de l’homme comme un outil pour syndiquer les cols blancs,”

a expliqué Kan Matsuzaki.

Les débats ont porté sur le dépassement des obstacles et l’inclusion, les compétences, l’employabilité et la sécurité de l’emploi dans le monde numérique. Des participants venus d’Espagne, du Japon, d’Afrique du Sud, de Singapour, du Maroc et de Suède ont participé à des tables rondes, soulignant l’importance de changer le discours selon lequel les cols blancs ne peuvent pas se syndiquer, la nécessité de plaider en faveur des compétences de base, l’importance d’inclure les jeunes et de mettre en place des structures de garde d’enfants.

De son côté, industriAll Europe a évoqué son projet mené actuellement en collaboration avec une université finlandaise afin de mieux comprendre les aspirations des cols blancs. Ils développeront une boîte à outils pour les affiliés d’industriAll Europe sur la syndicalisation des cols blancs.

Le Dr Hamzaoui, expert auprès du BIT, a présenté les normes existantes de l’OIT en matière de santé mentale. La Présidente d’Eurocadres, Nayla Glaise, a présenté sa campagne pour l’adoption d’une directive européenne sur la protection de la santé mentale des travailleurs. Cette session s’est concentrée sur le temps de travail et la pression accrue sur les travailleurs et travailleuses, ainsi que sur l’inclusion du droit à la déconnexion dans les conventions collectives.

Le syndicat suédois Unionen a présenté un exposé sur l’accord suédois qui prévoit l’amélioration et la requalification des compétences des cols blancs. Cet accord est essentiel pour permettre aux travailleurs et travailleuses hautement qualifiés, qui sont exposés à de nouvelles évolutions, de se maintenir au niveau des compétences requises par les nouvelles technologies, de conserver leur employabilité et d’évoluer vers de nouveaux postes. Ce panel a notamment permis de trouver des stratégies pour aider les travailleurs et travailleuses âgés à s’adapter aux nouvelles technologies et à la santé mentale, en se concentrant sur l’inclusion du droit à la déconnexion dans les conventions collectives.

Le deuxième jour de la réunion a été consacré à la syndicalisation dans un monde numérique. Des syndicats d’Australie, du Ghana et du Brésil ont présenté des exposés sur la manière dont ils utilisent la technologie pour recruter. Les participants ont soulevé la difficulté d’atteindre les membres les plus éloignés, c’est pourquoi ils utilisent la technologie pour aider leurs membres. Les journaux numériques, les groupes WhatsApp et Telegram sont  ainsi utilisés pour recruter des adhérents.

Massimo Mensi, Conseiller politique sur la technologie numérique auprès d’UNI Global Union, a présenté les nouveaux défis pour les travailleurs et travailleuses ainsi que leurs syndicats en ce qui concerne l’intelligence artificielle et la gestion des algorithmes. Il a souligné que l’intelligence artificielle aura un impact sur la main-d’œuvre dans des secteurs tels que la technologie, les banques et l’éducation, notamment en termes de protection des données personnelles et de droit à la vie privée, et qu’il était important pour les syndicats de trouver des tactiques pour relever ces défis.

“Les cols blancs des STEM ont besoin d’une meilleure formation pour suivre l’évolution rapide des technologies. La requalification est essentielle pour les employés plus âgés afin de préserver leur employabilité. La santé mentale doit être une priorité. Ces travailleurs et travailleuses ont besoin d’un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée. Pour toutes ces questions, il est également important de développer une perspective de genre afin de répondre aux priorités des femmes dans les STEM. L’égalité entre les hommes et les femmes est essentielle,”

a déclaré Corinne Schewin, Coprésidente d’IndustriALL pour les cols blancs.

Appel urgent à la libération des travailleurs disparus de la centrale électrique ukrainienne

Trois travailleurs de ZNPP ont disparu dans des circonstances troublantes. Brazhnyk Oleksii Petrovych, lieutenant-colonel à la retraite du ministère de l’intérieur et ingénieur au service de protection physique de ZNPP, a été enlevé sur son lieu de travail le 21 septembre 2022.

De même, Korzh Sergiy Volodymyrovych, ingénieur à l’atelier électrique de ZNPP, a été enlevé le 4 septembre 2022 et n’a pas été retrouvé depuis.

Korzh Olexander Volodymyrovych, employé au Centre scientifique et technique d’État pour la sûreté nucléaire et radiologique de la centrale nucléaire de Zuid, a été fait prisonnier avec son frère Sergiy le 4 septembre 2022. Bien qu’il ait été brièvement libéré le 7 septembre 2022, il a été de nouveau arrêté le 16 décembre 2022 et transféré dans un lieu qui n’a pas été divulgué. L’endroit où il se trouve actuellement reste un mystère, ce qui renforce les inquiétudes croissantes concernant la sécurité et le bien-être de ces travailleurs disparus.

IndustriALL a envoyé des lettres urgentes à des organismes internationaux clés. Ces lettres, adressées au Directeur général de l’Organisation internationale du travail (OIT), au Directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, au chef de la mission de surveillance des droits de l’homme des Nations unies en Ukraine, aux membres du Comité des disparitions forcées, ainsi qu’au Premier ministre et au président de SE NNEGC Energoatom, appellent à une action immédiate pour obtenir la libération de ces travailleurs.

IndustriALL Global Union et IndustriALL Europe ont également envoyé une lettre commune aux représentants de l’Union européenne pour être aidés à les localiser et à les libérer.

Isabelle Barthès et Judith Kirton-Darling, Co-secrétaires générales par intérim d’industriAll Europe martèlent :

“Nous condamnons fermement la disparition forcée des travailleurs de la centrale nucléaire de Zaporijjia, qui constitue un crime et est tout simplement inhumaine. Ensemble avec notre organisation sœur internationale, nous appelons les Nations unies à intervenir d’urgence pour obtenir la libération des travailleurs disparus. Nous ferons tout notre possible pour surveiller et faire la lumière sur la situation des travailleurs dans les territoires occupés par la Russie et les entreprises en Ukraine et nous informerons les autorités de l’UE en conséquence”.

Ces courriers soulignent les cas de trois travailleurs affiliés au syndicat Atomprofspilka, qui ont mystérieusement disparu.

Cette disparition forcée d’individus constitue un crime contre l’humanité en vertu du statut de la Cour pénale internationale, ainsi qu’une violation de la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées.

La Fédération de Russie doit immédiatement et inconditionnellement cesser son agression, retirer ses troupes d’Ukraine et mettre fin aux souffrances qu’elle inflige au peuple ukrainien. Nous vous demandons de contacter le gouvernement de la Fédération de Russie afin de garantir la libération immédiate et en toute sécurité des travailleurs de la centrale nucléaire de Zaporijjia qui ont été victimes d’une disparition forcée.

“Nous sommes unis dans notre demande d’action immédiate. La disparition des travailleurs de la centrale nucléaire de Zaporijjia est une violation des droits de l’homme. IndustriALL n’aura de cesse que ces travailleurs disparus soient rendus à leurs familles en toute sécurité. Nous exhortons la communauté internationale à se joindre à nous dans cet appel à la justice, à l’unité et à la protection des droits des travailleurs dans le monde entier,”

a déclaré Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL.

Les syndicats élaborent des stratégies pour la diligence raisonnable en matière de droits de l’homme en Afrique

Les 60 participants, issus de 24 pays, comprenaient des délégués de la centrale syndicale kényane COTU-K, du bureau kényan de la Fondation Friedrich Ebert (FES), d’IG Metall, d’IG BCE, de l’IRMA (Initiative pour une Certification Responsable de l’Exploitation Minière), de la Commission Syndicale Consultative auprès de l’OCDE (TUAC), de Southern Africa Resource Watch et de la Zimbabwe Environmental Law Association. Les organisations syndicales apportant leur soutien et qui étaient représentées étaient la CSC-ACV de Belgique, 3F, International Lawyers Assisting Workers, SASK, Swedish Workplace Programme et Union to Union.

La conférence s’est penchée sur des enjeux complexes et multidimensionnels concernant la diligence raisonnable en matière de droits de l’homme et les chaînes d’approvisionnement en minerais essentiels dans les pays du Sud.

Les conclusions d’une étude sur la Transition juste en République démocratique du Congo, en Afrique du Sud, en Zambie et au Zimbabwe, rédigée par Tom MacNamara, de l’université australienne de La Trobe, à la demande du bureau régional pour l’Afrique subsaharienne, ont également été au centre des débats.

Les participants ont indiqué que les entreprises chinoises violaient le droit du travail dans plusieurs pays africains comme la RDC, le Ghana, l’Ouganda, la Zambie et le Zimbabwe. En réponse à ces préoccupations, un exposé du TUAC a indiqué que l’un des moyens de s’assurer que les multinationales chinoises respectent la diligence raisonnable en matière de droits de l’homme est d’utiliser les Principes directeurs de l’OCDE, car la Chine participe aux activités de l’OCDE en tant qu’observateur.

L’exposé de l’IRMA a souligné que la norme exige que les sites miniers adoptent une approche exhaustive pour identifier, évaluer, prendre en compte et traiter les impacts potentiels sur les droits de l’homme associés à leurs activités.

La conférence a également abordé la manière dont la législation allemande sur le devoir de diligence dans la chaîne d’approvisionnement influencera positivement la promulgation de lois contraignantes sur le devoir de diligence en matière de droits de l’homme en Afrique. Par exemple, le Kenya, l’Ouganda et le Nigeria ont déjà élaboré des plans d’action nationaux sur le devoir de diligence en matière de droits de l’homme. Les débats sur les dimensions de genre de la diligence raisonnable en matière de droits de l’homme ont porté sur la fin de la discrimination, de la violence et du harcèlement dans le monde du travail.

Cette conférence s’inscrivait dans la semaine de réunions organisée par le bureau d’IndustriALL pour l’Afrique sub-saharienne et qui a débuté par une réunion régionale des jeunes le 16 octobre, une réunion des femmes le 17 octobre ainsi qu’une réunion de l’Exécutif régional, le 18 octobre, qui s’est penchée sur la Transition juste et les minéraux de transition critiques.

S’exprimant lors de la réunion de l’Exécutif régional, Francis Atwoli, Secrétaire général de la COTU-K, a déclaré :

“Les syndicats doivent être vigilants et militants dans la défense des droits et des intérêts des travailleurs et travailleuses”.

Rose Omamo, Vice-présidente d’IndustriALL et Secrétaire générale du Syndicat uni des métallurgistes du Kenya (AUKMW), a déclaré :

“Lors du Forum africain sur les entreprises et les droits de l’homme qui s’est tenu en Éthiopie en septembre, le bureau d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne a revendiqué que les syndicats soient inclus dans les processus de l’Union africaine par le biais du dialogue social et que des clauses relatives au travail soient intégrées, notamment dans le projet de politique sur les entreprises et les droits de l’homme ainsi que dans les protocoles de l’Accord de libre-échange continental africain. Nous espérons que l’UA répondra favorablement à ces revendications”.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, a déclaré :

“En tant que syndicats, nous ne pouvons pas confier à d’autres notre lutte pour exiger le respect des droits des travailleurs et des salaires décents et nous devons continuer à lutter contre les employeurs et les gouvernements pour qu’ils respectent ces droits. Les syndicats doivent continuer à exiger des instruments juridiques contraignants pour protéger les travailleurs et travailleuses contre les violations de leurs droits par les entreprises multinationales et soutenir les campagnes en faveur d’un traité contraignant des Nations unies concernant les entreprises et les droits de l’homme”.