IndustriALL appelle à une prévention proactive pour éliminer la violence à l’égard des femmes

Reconnaissant la nécessité d’un changement au sein des syndicats, le Président d’IndustriALL, Jörg Hoffman, a souligné en juin 2023 la nécessité de remettre en question les structures de pouvoir patriarcales.

“Il ne s’agit pas seulement d’inviter les femmes dans les syndicats, mais de favoriser un environnement dans lequel elles contribuent activement à l’élaboration des politiques”,

a déclaré Jörg Hoffman.

Au cours des prochains 16 jours d’activisme contre la violence basée sur le genre, les syndicats doivent jouer un rôle essentiel dans la prévention de la violence basée sur le genre dans le monde du travail. La Convention 190 de l’OIT (C190) souligne l’importance d’une approche inclusive, intégrée et sensible au genre pour prévenir la violence liée au genre, en s’attaquant à ses causes sous-jacentes telles que les stéréotypes de genre, la discrimination et les relations de pouvoir déséquilibrées au sein du monde du travail.

Si le devoir de diligence incombe en premier lieu à l’employeur, les syndicats ont un rôle important à jouer. L’importance de la négociation collective dans la prévention de la violence liée au sexe est soulignée par la Convention 190 et la Recommandation 206 de l’OIT, y compris dans la mise en place de politiques de lutte contre la violence liée au sexe et d’une gestion des risques tenant compte de la dimension de genre. L’étude d’IndustriALL identifie divers facteurs de risque dans les secteurs, y compris les déséquilibres de pouvoir entre les sexes, la culpabilisation des victimes, la ségrégation des emplois et le travail précaire.

Changer la culture du travail est essentiel pour prévenir la violence liée au sexe, le sexisme et la misogynie. IndustriALL souligne la nécessité de mesures ambitieuses, impliquant activement les syndicats dans le processus, pour éradiquer les comportements contribuant à des environnements hostiles, tels que les blagues sexistes.

L’appel à l’action collective encourage les hommes et les femmes dans les syndicats à s’unir contre la violence liée au sexe, le sexisme et la misogynie. IndustriALL exhorte ses affiliés à s’engager sur les lieux de travail, à éduquer leurs membres, en particulier les hommes, sur la violence à l’égard des femmes et sur la Convention 190 de l’OIT.

“Alors que le monde célèbre le 25 novembre et les 16 jours d’activisme, IndustriALL invite les syndicats à partager leurs actions et campagnes contre la violence à l’égard des femmes, la misogynie et le sexisme. L’appel vise à intensifier les efforts ainsi qu’à développer des stratégies et des programmes renouvelés pour la prévention tout au long de l’année.

Intensifions, tous ensemble, nos efforts pendant cette période et proposons tout au long de l’année des stratégies et des programmes renouvelés pour prévenir la violence liée au sexe, le sexisme et la misogynie,”

a déclaré Christina Olivier, Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL.

Transition juste : les syndicats exigent une démarche ambitieuse lors de la COP28

La 28e session de la Conférence des Nations unies sur le changement climatique (COP28) est prévue à Dubaï, aux Émirats arabes unis, du 30 novembre au 12 décembre. Les projecteurs seront braqués sur l’engagement des gouvernements à mettre en œuvre le Programme de travail pour une transition juste afin d’atteindre les objectifs énoncés dans l’Accord de Paris.

L’agenda syndical porté par la Confédération syndicale internationale (CSI) est un appel à la consolidation et au renforcement du Programme de travail pour une transition juste.

“Ce programme est basé sur les discussions antérieures de la COP. L’accent est mis sur l’obtention d’un espace dédié au sein des négociations sur le climat, sur l’affirmation de la dimension syndicale de la transition juste et sur la garantie de la participation active des syndicats par le biais d’un comité d’experts. Cet engagement reflète une position résolue en faveur de l’intégration des préoccupations des travailleurs et travailleuses au cœur des politiques climatiques”,

a déclaré Kan Matsuzaki, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL.

Les syndicats insistent sur la sauvegarde des droits du travail et des droits de l’homme dans le contexte des politiques climatiques. Sans une protection et une promotion appropriées de ces droits, les politiques climatiques censées être efficaces sont faibles. Cela correspond à une vision plus large des syndicats de créer un avenir durable et équitable, où le bien-être des travailleurs et travailleuses n’est pas sacrifié pour des gains environnementaux.

Les syndicats reconnaissent l’impact disproportionné du changement climatique sur les pays du Sud et plaident pour l’intégration de mesures de protection sociale dans les stratégies d’adaptation. Cette approche vise à répondre aux défis uniques auxquels sont confrontés les pays du Sud et souligne l’importance de la solidarité mondiale dans l’action climatique.

Les discussions sur le financement de la lutte contre le changement climatique sont axées sur les préoccupations relatives à la proposition d’un nouvel objectif mondial quantifié, avec un accent particulier sur le financement public et la création d’un fonds pour les pertes et préjudices. Les syndicats s’interrogent sur la gestion de ce fonds, en particulier sur le rôle de la Banque mondiale et les conditionnalités qui y sont associées. Un appel clair est lancé en faveur de la transparence et de la responsabilité dans l’attribution des fonds destinés aux projets d’énergie renouvelable, en particulier dans des pays comme l’Afrique du Sud.

Le succès de la COP28 repose sur une approche collaborative impliquant toutes les parties, les syndicats jouant un rôle central dans les négociations.

Diana Junquera Curiel, Directrice d’IndustriALL pour la Transition juste, insiste sur ce point :

“Il est crucial d’interpeller les négociateurs gouvernementaux avant la COP, car les décisions sont prises au niveau national avant que les délégués n’entrent dans les salles de négociation. Il est impératif que les syndicalistes connaissent bien les délégations de leur gouvernement, qu’ils recherchent les négociateurs et qu’ils pèsent sur leurs décisions afin qu’elles s’alignent sur la vision du syndicat pour une transition juste”.

Le message du syndicat est clair : il est temps de prendre des mesures ambitieuses et transformatrices et c’est à la COP28 à Dubaï que ces revendications doivent être satisfaites.

Restez informés grâce au site web d’lndustriALL et à nos plateformes de médias sociaux #Unions4ClimateJustice #UnionsAtCOP28.

L’OCDE se penche sur les questions de travail dans la construction navale

Il a été donné à connaître à l’atelier que la construction navale est un secteur volatile qui passe par des phases de croissance spectaculaire suivies de profonds effondrements. Une politique industrielle peut contribuer à tempérer ce cycle, mais les syndicats ont estimé que la plupart des gouvernements et des institutions internationales n’ont pas réussi à élaborer de politiques appropriées.

En raison des volumes commerciaux prévus et de la nécessité de remplacer une grande partie de la flotte existante par des navires plus écologiques, on s’attend généralement à ce que le secteur soit à l’aube d’une période d’essor. Cependant, il existe une pénurie mondiale de travailleurs qualifiés. L’atelier a examiné les raisons de cette pénurie et les moyens potentiels d’y remédier. La filière des compétences dans le secteur est souvent inadéquate et les employeurs n’ont pas réussi à rendre le secteur suffisamment attrayant pour les nouveaux venus.

Avant la réunion, IndustriALL a mené une enquête auprès des syndicats de la construction navale afin de connaître leur point de vue sur les questions les plus urgentes. Les représentants des travailleurs ont identifié les principaux problèmes comme étant la sous-traitance à grande échelle, l’utilisation de travailleurs migrants avec des conditions de travail inégales et le développement subséquent d’une main-d’œuvre à deux vitesses. Les employeurs remédient à la pénurie de main-d’œuvre en recourant aux migrants et aux sous-traitants comme solution à court terme. Cependant, ils n’investissent souvent pas dans le développement d’une main-d’œuvre de base bien formée. Il y a également des inquiétudes concernant le débauchage de main-d’œuvre entre les pays et la concurrence pour les migrants. Notre homologue industriAll Europe réclame dans sa campagne de bons emplois industriels qui prennent en compte le dialogue social, les droits des syndicats et l’égalité des conditions de travail pour tous.

Dans l’ensemble du secteur, il existe de nombreux exemples de migrants employés dans le cadre de contrats inférieurs aux normes en vigueur, voire illégaux, et, dans le cas de la Corée du Sud, de migrants utilisés pour remplacer une main-d’œuvre de base syndiquée. Toutefois, il existe également des exemples de migrants employés dans le cadre des mêmes conventions collectives que la main-d’œuvre de base. Outre le recours aux travailleurs migrants, les entreprises de construction navale doivent s’efforcer d’attirer de nouveaux travailleurs dans le secteur, en particulier des femmes et d’autres candidats non traditionnels.

Isabelle Barthès, Secrétaire générale par intérim d’industriAll Europe, a déclaré :

“Mettre le secteur mondial de la construction navale sur la voie de navires durables et écologiques dépend de la disponibilité de travailleurs et travailleuses possédant les compétences adéquates. Les employeurs doivent donc prendre leurs responsabilités et investir dans le secteur, dans la main-d’œuvre, sa formation et son recyclage.

Le discours des travailleurs et travailleuses doit être entendu dans ce processus. L’écologisation ne sera couronnée de succès que s’il y a un bon dialogue dans les chantiers et si tous les changements sont anticipés ensemble. Rien sur nous, sans nous !”

Walton Pantland, Directeur d’IndustriALL pour la construction navale et de la démolition des navires, a déclaré :

“Nous avons besoin de signaux à long terme de la part des gouvernements concernant l’avenir du secteur et nous avons besoin que les employeurs s’engagent à maintenir une main-d’œuvre de base. S’ils veulent profiter des opportunités actuelles, les employeurs devront payer davantage pour la main-d’œuvre et offrir des opportunités plus attrayantes.”

Illustration : Usine Royal IHC, Rotterdam, Pays-Bas

Le syndicat uruguayen des métallurgistes obtient une réduction de la semaine de travail

L’UNTMRA a signé un accord historique lors du dixième cycle de négociations du Conseil salarial, un processus de négociation collective tripartite utilisé en Uruguay pour fixer au plan national les salaires et autres conditions de travail par catégorie et par secteur. Cette convention collective comprend plus de 15 mesures, dont la réduction du temps de travail.

Pour l’UNTMRA, cette réduction du temps de travail est une grande victoire. C’est l’une des revendications qu’elle a décidé de soumettre à la négociation du Conseil salarial lors de son assemblée générale en juillet. Elle a également lancé des appels à la réduction du temps de travail lors d’une marche organisée avec d’autres fédérations syndicales en septembre.

L’accord stipule que la semaine de travail dans le secteur de la métallurgie sera ramenée de 48 heures à 46 heures maximum à compter du 1er janvier 2024. Il stipule également que les travailleurs et travailleuses bénéficieront d’une augmentation de salaire équivalente à environ 8,9 % par heure de travail.

Les travailleurs et travailleuses qui bénéficieront de ces conditions améliorées sont ceux et celles qui sont occupés sur les chaînes de montage industrielles et dans les usines de fenêtres en aluminium, les usines de chaudières, la maintenance industrielle et la construction de machines, d’outils et de meubles en métal. Dans le cadre du nouvel accord, les descriptions de poste des travailleurs et travailleuses de la métallurgie seront également mises à jour.

L’accord prévoit l’égalité des chances, de traitement et de conditions de travail, sans discrimination ni exclusion fondée sur le sexe, la race, la couleur de peau, l’orientation sexuelle ou autres formes de discrimination. En outre, les victimes de violences domestiques se verront accorder jusqu’à dix jours de congés payés par an et un certain nombre d’heures seront payées chaque mois pour un soutien psychologique.

Les entreprises concernées ont également accepté de fournir une formation professionnelle appropriée et adéquate afin que leurs travailleurs et travailleuses puissent progresser dans leur carrière et s’approprier les nouvelles technologies adoptées dans le secteur.

Le Secrétaire régional d’IndustriALL, Marino Vani, a déclaré :

“Nous félicitons les métallurgistes uruguayens et les dirigeants de notre affilié UNTMRA. Il s’agit d’une avancée majeure pour l’industrie métallurgique, qui servira d’exemple aux autres secteurs du pays.

Les travailleurs et travailleuses ont besoin d’un temps de travail plus court, ce qui est également un moyen de maintenir, voire d’augmenter, le nombre d’emplois disponibles. Nous devons continuer à nous battre pour obtenir de nouvelles réductions du temps de travail, compte tenu des niveaux élevés de productivité industrielle enregistrés au cours des dernières décennies. Les négociations tripartites représentent une grande victoire pour la classe ouvrière uruguayenne et les syndicats et accords nationaux du pays sont un exemple pour le reste de notre région. La lutte continue !”

Renforcer la syndicalisation de la jeunesse en Indonésie

Quatre-vingt-cinq jeunes syndicalistes se sont réunis lors d’un festival de la jeunesse à Jakarta, la capitale du pays, pour discuter de la tendance à la baisse du taux de syndicalisation en Indonésie. Le désintérêt des jeunes travailleurs et travailleuses pour les syndicats est l’un des principaux problèmes auxquels le mouvement syndical doit s’attaquer.

Les jeunes demandent aux syndicats de renforcer leur campagne syndicalisation ciblant les jeunes travailleurs et travailleuses, en s’appuyant sur les questions qui les touchent, telles que la santé et la sécurité, la violence sexiste, l’avenir du travail et la transition juste.

Le Président nouvellement élu du Comité national de la jeunesse, Yanti, a déclaré :

“Nous devons offrir davantage d’opportunités de formation aux jeunes afin de renforcer leurs capacités. La formation des jeunes au leadership est essentielle pour préparer la prochaine génération de dirigeants syndicaux.”

Le Président du Conseil d’IndustriALL pour l’Indonésie, Iwai Kusmawan, a déclaré :

“Je suis heureux qu’un Comité national des jeunes ait été créé. Il apportera certainement une nouvelle énergie au Conseil d’IndustriALL pour l’Indonésie et assurera la durabilité du mouvement syndical indonésien.”

Le Secrétaire régional d’IndustriALL pour l’Asie du Sud-Est, Shinya Iwai, a déclaré :

“Le bureau régional d’IndustriALL s’est engagé à soutenir le développement d’une expression efficace des jeunes au sein de l’organisation, que ce soit au niveau national ou régional.”

 

Les syndicats protestent contre les brutalités policières à l’encontre des syndicalistes au Nigeria

La Commission nationale des droits de l’homme du Nigeria a déclaré que cette attaque violait les droits des citoyens et des syndicats à la liberté d’expression.

Le 14 novembre, les syndicats nigérians ont entamé une grève illimitée pour protester contre l’attaque des dirigeants syndicaux, qu’ils ont décrite comme une menace pour la liberté et les droits syndicaux. Toutefois, le NLC et le TUC Nigeria ont suspendu la grève le lendemain, après avoir rencontré le Conseiller à la sécurité nationale.

“Après que le gouvernement fédéral a répondu à nos demandes cruciales concernant l’enlèvement et les mauvais traitements du Président du NLC, le camarade Joe Ajaero, et d’autres personnes, certains des auteurs ont été arrêtés et nous avons reçu l’assurance que tous les autres seraient retrouvés et poursuivis en justice,”

ont déclaré les syndicats.

“Nous réaffirmons que les travailleurs, en vertu de la Constitution nigériane, de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples ainsi que des Conventions de l’Organisation internationale du travail, en particulier les conventions 87 et 98 sur le droit à la liberté syndicale et à la négociation collective, ont le droit de se syndiquer et de s’engager dans la négociation collective et le dialogue social. Il est donc étrange que le gouverneur de l’État d’Imo, Hope Uzodimma, répudie un accord de 2021 sur les salaires et les pensions,”

a déclaré John Adaji, Coprésident régional pour l’Afrique subsaharienne et Président du Syndicat national des travailleurs du textile, de la confection et des vêtements sur mesure du Nigeria.

“IndustriALL dénonce les graves menaces que ces attaques physiques font peser sur la liberté syndicale, les droits de l’homme et les droits syndicaux. Il est inacceptable que les autorités de l’État recourent à la violence et à l’intimidation au lieu de s’engager dans un dialogue social pour répondre aux préoccupations légitimes des travailleurs et travailleuses, qui réclament notamment des salaires décents. Ces revendications sont dues à l’inflation élevée et à l’augmentation du coût de la vie à la suite de l’introduction par le gouvernement fédéral du Nigeria de politiques économiques dures qui sont hostiles au monde ouvrier et qui exposent les communautés vulnérables à la pauvreté”,

a déclaré Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL.

Illustration : Drapeau nigérian, jbdodane, Flickr

Les syndicats du Bangladesh exigent la révision du nouveau salaire minimum

Suite à l’annonce par le gouvernement d’un nouveau salaire minimum fixé à la moitié de ce que les syndicats revendiquaient, les affiliés d’IndustriALL au Bangladesh ont organisé une conférence de presse ce 15 novembre pour réaffirmer ce que sont leurs revendications de longue date.

Les dirigeants syndicaux exigent du premier ministre Sheikh Hasina qu’il intervienne dans ce dossier pour réviser le salaire minimum nouvellement fixé à 12.500 BDT (112 dollars). Ils revendiquent notamment que le salaire de base représente 65 % du salaire total, contre 51 % actuellement, et qu’une augmentation annuelle de 10 % leur soit accordée.

Les syndicats exigent que les responsables arrêtés soient libérés immédiatement et que le harcèlement des dirigeants syndicaux par la police locale et les services de renseignements cesse immédiatement. Les meurtres des travailleurs protestataires doivent faire l’objet d’une enquête approfondie et les coupables doivent être traduits en justice. Les familles des personnes décédées doivent être indemnisées de manière adéquate et les blessés doivent recevoir immédiatement des soins médicaux de qualité.

Les dirigeants syndicaux exigent également que les usines qui ont été fermées en raison des manifestations soient rouvertes immédiatement et que les travailleurs et travailleuses reçoivent leur salaire complet. Les dirigeants ont souligné que les travailleurs et travailleuses sont également mis à l’index pour avoir participé à des actions de protestation et que cela doit cesser.

Le Comité directeur d’IndustriALL pour le secteur du textile et de la confection a publié une déclaration dans laquelle il réitère les revendications de ses affiliés au Bangladesh.

Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL, a déclaré :

“Le syndicalisme n’est pas un crime, mais dans le cas présent, au Bangladesh, il est sanctionné par l’emprisonnement, la mise à l’index et les brutalités policières. Quatre travailleurs ont même été tués. Les travailleurs et travailleuses méritent un salaire et un traitement décents et c’est ce que nous exigeons du gouvernement et des employeurs du Bangladesh.”

Une offre salariale médiocre aggrave le conflit dans l’industrie métallurgique autrichienne

Les syndicats, affiliés à industriAll Europe et IndustriALL Global Union, ont décidé de prolonger les débrayages précédemment annoncés, car la dernière offre des employeurs était bien en deçà de l’inflation, malgré les bénéfices records enregistrés dans le secteur. Des grèves temporaires journalières d’au moins huit heures auront lieu dans les entreprises métallurgiques de toute l’Autriche jusqu’au 17 novembre. L’objectif de ces grèves est de réclamer une augmentation salariale de 11,6 % et le paiement des heures de grève.

Six cycles de négociations tenus sur sept semaines, des grèves d’avertissement de trois heures du 6 au 8 novembre dans plus de 400 entreprises, des rassemblements ainsi que des barrages routiers n’ont pas encore conduit à des résultats acceptables.

Les syndicats ont rejeté la dernière offre des employeurs parce qu’elle était bien inférieure au taux d’inflation. Les employeurs avaient proposé une augmentation salariale de 2,7 %, assortie d’une augmentation fixe supplémentaire de 130 € et d’un versement unique de 1.200 euros. Comme alternative, ils ont proposé une augmentation salariale de 6,0 %, assorti d’un versement unique de 1.200 euros. Les deux offres sont à peu près équivalentes et bien inférieures au taux d’inflation moyen de 9,6 % enregistré au cours des douze derniers mois.

Les employeurs ont déjà menacé de licencier des effectifs pour les intimider les travailleurs et travailleuses, mais les syndicats sont convaincus qu’ils peuvent continuer à se battre pour obtenir une augmentation de salaire qui reflète la hausse vertigineuse du coût de la vie en Autriche et pour garantir une vie décente aux 200.000 métallurgistes du pays.

Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL Global Union, a déclaré :

“Les travailleurs et travailleuses, qui jouent un rôle essentiel dans la création de richesses, méritent de recevoir leur part du gâteau et de gagner décemment leur vie. Nous soutenons les grévistes autrichiens et demandons instamment aux employeurs de respecter le modèle de relations sociales et de trouver une solution”.

L’Autriche est connue pour son bon système de relations sociales et les dernières grèves dans l’industrie métallurgique remontaient à 2018. Cette année marque une exception préoccupante.

Isabelle Barthès, Secrétaire générale par intérim d’industriAll Europe, a déclaré :

“Malgré des bénéfices records, les employeurs de l’industrie métallurgique autrichienne proposent des salaires qui entraîneraient une forte baisse du pouvoir d’achat. C’est irresponsable et honteux.

Nos collègues autrichiens peuvent compter sur la solidarité et le soutien d’industriAll Europe dans leur lutte pour une part équitable de la richesse que travailleurs et travailleuses ont contribué à créer. Nous demandons instamment aux employeurs de revenir à la raison et de présenter une offre améliorée susceptible de mettre fin au conflit et d’aider les familles ouvrières à joindre les deux bouts en ces temps difficiles.”

Le dirigeant de la FKMTU libéré sous caution

Le 31 mai, Kim Jun-yeong s’était joint au sit-in de protestation des membres de la FKMTU devant l’aciérie POSCO à Gwangyang sur un échafaudage de fortune, à sept mètres du sol. Il a été frappé à plusieurs reprises par des policiers, est tombé de l’échafaudage et a été placé en garde à vue.

Kim Jun-yeong a été inculpé en vertu du code pénal, de la loi sur la circulation routière et de la loi sur les rassemblements et les manifestations, pour avoir causé des dommages corporels, entravé l’exercice d’une fonction publique et violé les procédures de rassemblement et de manifestation. Le Président du syndicat, Kim Man-jae, qui a également participé à cette manifestation, a été inculpé en vertu de la loi sur la circulation routière et de la loi sur les rassemblements et les manifestations.

Lors de sa libération sous caution, Kim Jun-yeong a remercié pour la solidarité affichée à son égard pendant son incarcération et a souligné que la FKMTU ne s’inclinerait pas devant la répression de l’État à l’encontre des travailleurs et des travailleuses.

“Je ne regretterai jamais ce que j’ai fait. Je continuerai à lutter contre l’utilisation illégale de la force par la police à l’égard du président de notre syndicat Kim Man-jae et de moi-même. Je demande aux camarades de faire preuve de solidarité pour défendre le droit des travailleurs coréens en sous-traitance à se syndiquer et à négocier collectivement.”

“Nous sommes heureux que notre camarade Kim Jun-yeong ait été libéré sous caution. Nous continuerons à suivre le procès et à réaffirmer que l’activité syndicale n’est pas un crime,”

a pour sa part déclaré Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL.

Les syndicats tchèques protestent contre les mesures gouvernementales

Le gouvernement tchèque propose ce qu’il appelle un train de mesures, comprenant l’introduction d’une contribution de 0,6 % des travailleurs et travailleuses à l’assurance maladie, une limitation de la réduction d’impôt pour les conjoints à faibles revenus, l’abolition de la taxe pour les jardins d’enfants et la suppression de la réduction d’impôt pour le paiement des cotisations syndicales.

Fortement opposés à ces mesures, les syndicats affirment que ce train de mesures aux effets secondaires inflationnistes aura un impact négatif sur la population active et les familles. On estime qu’il y aura une augmentation annuelle des prix à la consommation de 3 à 3,5 pour cent, avec un taux d’inflation global estimé à six pour cent.

En outre, le gouvernement prévoit de mettre fin aux subventions pour la transmission et la distribution de l’électricité ainsi qu’à son soutien aux énergies renouvelables, ce qui entraînerait une augmentation significative du prix de l’électricité.

Dans une lettre commune, IndustriALL Global Union et industriAll Europe appellent le gouvernement de la République tchèque à dialoguer avec les syndicats.

“Le gouvernement doit s’engager dans un dialogue social pour aborder les changements fiscaux, en gardant à l’esprit le bien-être des travailleurs et travailleuses ainsi que de leurs familles.

Nous vous soutenons dans votre lutte et nous soutenons votre manifestation du 27 novembre, ainsi que votre grève d’avertissement d’une heure”.