Le Pakistan ratifie la Convention de Hong Kong

La ratification par le Pakistan de la Convention de Hong Kong (CHK) signifie qu’elle a maintenant été ratifiée par tous les principaux pays concernés par le recyclage de navires dans le monde.

Au début de cette année, le Bangladesh et le Liberia l’ont officiellement ratifiée, ce qui a permis de remplir les critères d’entrée en vigueur de la Convention de Hong Kong. Pour cela, il fallait qu’elle soit ratifiée par au moins 15 États, représentant 40 % de la marine marchande mondiale en termes de tonnage brut et un volume annuel maximal combiné de recyclage de navires d’au moins 3 % de leur tonnage combiné.

Les objectifs de la convention vont au-delà des préoccupations environnementales et englobent la sauvegarde des droits des travailleurs. La Convention de Hong Kong est un outil essentiel pour garantir la sécurité des travailleurs sur ces chantiers, qui sont connus pour être les lieux de travail les plus dangereux au monde.

Pour que les chantiers de démolition de navires pakistanais se conforment aux normes de la CHK, les employeurs devront moderniser leurs installations et le gouvernement pakistanais devra veiller à cette mise en œuvre. En vertu de la convention, les chantiers doivent disposer d’installations sanitaires de base, d’infrastructures adéquates et de mécanismes appropriés d’élimination des déchets. Le recyclage des navires devrait augmenter au cours des dix prochaines années, ce qui rend encore plus impérative la mise en œuvre appropriée de ces normes.

La Fédération nationale des syndicats NTUF, l’affilié d’IndustriALL au Pakistan, syndique les travailleurs du démantèlement des navires et a contribué à promouvoir la ratification de la convention auprès du gouvernement provincial du Baloutchistan et du gouvernement fédéral. Bien que les volumes de démantèlement de navires aient été très faibles en 2023, le syndicat a réussi à faire inscrire les travailleurs à la sécurité sociale.

Nasir Mansoor, Président de la NTUF, explique :

“Nous pensons que la ratification de la convention permettra au Pakistan de tirer parti du boom attendu du recyclage et donnera aux travailleurs la possibilité d’améliorer les conditions qui leur sont proposées. Nous avons déjà soumis un projet de proposition de loi sur le démantèlement des navires au gouvernement du Baloutchistan et nous le soumettrons au gouvernement fédéral après les élections de l’année prochaine”.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Atle Høie, s’est exprimé comme suit :

“La catastrophe survenue sur la parcelle 54 des chantiers de démolition navale de Gadani en novembre 2016 a tué au moins 28 travailleurs et en a blessé beaucoup d’autres. La ratification de cette convention signifie que des homicides industriels comme celui-là appartiendront au passé. Nous félicitons notre affilié, la NTUF, pour son travail inlassable en vue d’améliorer la condition des travailleurs. Nous avons maintenant l’occasion d’établir un dialogue social dans les chantiers de démantèlement de navires et de veiller à ce que le travail y soit sûr et décent.”

Illustration : Flickr-Adam Cohn

Les jeunes syndicalistes réimaginent le syndicalisme international

Au cours de la première journée, les jeunes leaders se sont concentrés sur l’histoire et les approches de la syndicalisation. Les participants ont souligné la nécessité de renouveler les méthodes de syndicalisation qui revitalisent l’identité ouvrière et de s’éloigner du syndicalisme de service traditionnel pour adopter une approche plus proactive.

Les jeunes syndicalistes ont indiqué que l’un des principaux défis consistait à syndiquer dans l’économie informelle. Cette économie porte atteinte aux droits des travailleurs et travailleuses et les syndicats ont du mal à s’implanter et à négocier de meilleures conditions, car il n’y a souvent personne avec qui négocier.

Recruter au sein de l’économie informelle offre aux syndicats la possibilité d’élargir leurs effectifs et d’assurer la protection de ces travailleurs et travailleuses.

La session sur le thème “Nous sommes le syndicalisme de demain” s’est concentrée sur l’importance d’autonomiser les jeunes travailleurs et travailleuses dans les syndicats par le biais de la participation et de l’implication dans les activités syndicales. Les participants se sont fait l’écho de la nécessité de donner aux jeunes les moyens de jouer un rôle de premier plan dans les structures syndicales et de les former spécifiquement aux postes de direction.

Au cours d’une session sur la manière de faire face à la répression syndicale, des expériences en provenance de Hong Kong et du Pakistan ont été partagées. Les syndicats de Hong Kong sont sous haute surveillance. La loi chinoise sur la sécurité nationale, applicable sur le territoire de Hong Kong, permet d’arrêter les syndicalistes qui protestent, sous prétexte que la sécurité nationale est menacée puisqu’ils sont considérés comme relevant d’activités politiques.

Toutefois, le gouvernement chinois ne définit pas ce que sont les activités politiques. Au Pakistan, les droits syndicaux sont limités. Un appel a été lancé en faveur de mobilisations de masse, dont les fédérations syndicales internationales prendraient la tête, et d’une utilisation plus active des médias sociaux pour la défense de nos intérêts, le partage d’informations et la solidarité.

Les discussions sur les défis posés par le changement climatique se sont concentrées sur la création d’alliances entre le Nord et le Sud et ont reconnu que le Sud est fortement touché par les habitudes de consommation du Nord. Le lien entre le syndicalisme et l’environnement, la recherche d’un monde plus sûr et plus vert qui inclut des environnements de travail sûrs et sécurisés ont également été soulignés.

Cela inclut de nouvelles stratégies de production, car la nature de la production dans nos secteurs est en train de changer.

“Les syndicats doivent syndiquer tous les travailleurs et travailleuses. Les aspirations des jeunes actifs doivent être prises en compte parce que l’avenir est aux jeunes et que nous devons être capables de diriger les différentes structures syndicales. Nous devrions tous être des militants du changement, qu’il s’agisse de protéger l’environnement, de défendre les droits des femmes ou de protéger les travailleurs et les travailleuses,”

a indiqué Lesedi Seboni, qui représentait le Syndicat des travailleurs de la confection et du textile d’Afrique australe (SACTWU), affilié à IndustriALL.

Faye Daguman du PIGLAS, un affilié d’IndustriALL aux Philippines, a déclaré :

“Face aux défis et aux problèmes auxquels nous sommes confrontés dans le monde du travail, la solidarité est une force. Nous sommes le nouvel espoir. Nous continuons à nous battre. Les syndicats doivent éduquer davantage de jeunes et les syndiquer pour construire des organisations plus fortes et plus solidaires.”

Sarah Flores, Responsable pour les jeunes et les projets d’IndustriALL, a déclaré :

“L’échange international avec de jeunes militants de différents secteurs et pays est une occasion fantastique de nouer des liens. La jeune génération appelle au changement et présente des idées très intéressantes. Sa participation aux activités syndicales profitera grandement au mouvement.”

IndustriALL et Safran renouvellent leur accord cadre mondial sur la Responsabilité Sociétale de l’Entreprise

Il a pour objectifs de :

« Safran renouvelle avec IndustriALL Global Union cet accord qui reflète notre engagement continu envers des conditions de travail justes, la diversité, l'égalité et des pratiques commerciales éthiques. Avec l’ensemble des salariés, nous poursuivons la mise en oeuvre de notre stratégie RSE démontrant ainsi notre détermination à contribuer positivement aux évolutions sociétales et environnementales mondiales,»

souligne Olivier Andriès, Directeur général de Safran

Le secrétaire général d'IndustriALL, Atle Høie, a déclaré :

« Les accords-cadres mondiaux sont des instruments importants pour IndustriALL Global Union afin de garantir et de promouvoir les droits des travailleurs et des syndicats au sein des entreprises multinationales et de leurs chaînes d'approvisionnement. Safran, en tant que l'un des plus grands équipementiers aéronautiques mondiaux, joue un rôle clé dans des économies aéronautiques émergentes où les droits de l’homme, le dialogue social et la protection de l’environnement prennent une importance croissante. Avec cet accord, nous espérons travailler en collaboration avec Safran pour améliorer les conditions de travail dans l'intérêt mutuel des deux parties. »

Le comité de suivi mondial, établi par le précédent accord, poursuivra l’évaluation de la façon dont les engagements sont mis en oeuvre concrètement. De plus, l'accord-cadre mondial est structuré et présenté selon la stratégie de responsabilité sociétale d'entreprise (RSE) du Groupe afin de faciliter le suivi et la surveillance.

Plus de 100 mineurs tués au Pakistan cette année

L’exploitation minière au Pakistan est tristement célèbre pour ses conditions de travail dangereuses et le nombre élevé d’accidents du travail entraînant des décès et des blessures. La situation est encore plus effroyable dans les mines exploitées sans licence d’exploitation. Rien que cette année, dans la zone minière de Duki, au moins dix-sept travailleurs ont été tués.

Les mécanismes de sécurité, prévus par la législation du pays, sont inadéquats dans les mines ne disposant pas d’une licence d’exploitation. Il n’y a pas d’hôpitaux ou de cliniques à proximité des sites miniers, ce qui entraîne la mort de mineurs blessés alors qu’ils sont en route pour recevoir des soins et un traitement. La législation nationale exige qu’un médecin et une ambulance soient stationnés dans les zones minières, mais dans la réalité, les travailleurs ne bénéficie pas de ce type de disposition.

En plus des installations et des infrastructures extrêmement inadéquates, la main-d’œuvre des mines sans licence d’exploitation ne reçoit aucune formation lui permettant de mener à bien des opérations minières en toute sécurité. Les lampes frontales fonctionnent fréquemment mal et les sites miniers ne disposent pas de systèmes d’alerte pour prévenir des dangers potentiels tels que les émanations de gaz ou les inondations. En cas d’effondrement de galeries, aucun système n’est en place pour avertir les travailleurs. L’absence totale de supervision adéquate du travail accroît encore les risques professionnels.

La situation des travailleurs dans les mines contrôlées par les autorités est légèrement meilleure, mais au moins quatorze personnes sont mortes cette année dans des mines gérées par la Société de développement minier du Pakistan, ce qui indique que la sécurité sur le lieu de travail reste compromise même dans les mines contrôlées par les autorités.

Au cours de l’année écoulée, IndustriALL a organisé des ateliers sur la santé et la sécurité à l’intention des mineurs, que leur lieu de travail dispose d’une licence d’exploitation officielle ou non. Des inspecteurs des mines du ministère compétent ont été invités à parler des pratiques minières sûres. La présence d’inspecteurs des mines est cruciale, car elle met les travailleurs des mines sans licence d’exploitation en contact direct avec le département gouvernemental compétent, ce qui renforce les efforts de plaidoyer en faveur de pratiques minières sûres.

IndustriALL a organisé une table ronde avec des représentants du gouvernement, des employeurs et des syndicats pour discuter de la meilleure façon d’assurer la sécurité sur le lieu de travail dans les zones minières. La nécessité d’une ratification de la Convention 176 de l’OIT par le gouvernement pakistanais a également été discutée. IndustriALL a plaidé auprès du gouvernement pakistanais pour la ratification de la Convention 176 de l’OIT.

Les affiliés d’IndustriALL ont organisé des campagnes pour que les mineurs s’inscrivent aux régimes de sécurité sociale du pays, la majorité d’entre eux en étant actuellement exclus.

Apoorva Kaiwar, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Asie du Sud, a déclaré :

“La plupart des décès qui surviennent dans les mines pakistanaises pourraient être évités si les employeurs et les services gouvernementaux assumaient leurs responsabilités et garantissaient un lieu de travail sûr pour les travailleurs. IndustriALL estime que la ratification de Convention 176 de l’OIT par le Pakistan peut contribuer à une meilleure mise en œuvre des dispositions en matière de sécurité sur les sites miniers. Nous demandons avec insistance au gouvernement de ratifier immédiatement la Convention 176 de l’OIT afin de prévenir les pertes de vie chez les travailleurs.”

Le CE d’IndustriALL adopte une nouvelle politique sur la violence à l’égard des femmes, la misogynie et le sexisme

Cette politique définit les engagements d’IndustriALL pour prévenir et mettre fin à la violence à l’égard des femmes, à la misogynie et au sexisme lorsqu’ils se produisent dans le cadre du travail et des activités d’IndustriALL, en lien avec ceux-ci ou en découlant.

Favoriser un changement de culture au sein d’IndustriALL et de ses affiliés, accroître la sensibilisation et la compréhension de la violence à l’égard des femmes, du harcèlement sexuel, de la misogynie et du sexisme, assurer une tolérance zéro à l’égard de la misogynie et du sexisme et établir des procédures standard pour le traitement des plaintes par IndustriALL, tels sont les objectifs de la présente politique.

Les prochaines étapes pratiques comprennent un plan d’action pour la formation à tous les niveaux de l’organisation, la formation des dirigeants élus, des coordinateurs et du personnel sur la politique de lutte contre la violence à l’égard des femmes ainsi qu’une campagne “Pas d’excuse” qui sera lancée l’année prochaine, afin de sensibiliser le public à cette question et à la nouvelle politique.

La Directrice pour l’égalité des genres d’IndustriALL, Armelle Séby, a déclaré :

“Cette politique, rédigée par une experte en genre, Jane Pillinger, sous l’étroite supervision du groupe de travail sur l’égalité des genres d’IndustriALL, permettra à IndustriALL et à ses affiliés de mettre en œuvre les dispositions de la Convention 190 de l’OIT dans nos syndicats et nos secteurs d’activité. Nous espérons que cette politique servira de modèle aux affiliés pour développer leurs propres politiques et renforcer les mécanismes existants. Cette politique confère un rôle important aux dirigeants masculins dans la prévention et la lutte contre la violence liée au sexe. Elle rappelle que la violence à l’égard des femmes est une question syndicale fondamentale”.

Christina Olivier, Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL, a déclaré :

“Cette politique nous aidera à construire ensemble des espaces plus sûrs dans nos syndicats et nos secteurs, sans violence liée au sexe, sans misogynie et sans sexisme. IndustriALL aura besoin du soutien et de l’expertise de ses affiliés qui ont déjà mis en place de tels mécanismes et s’appuiera sur l’expertise et les bonnes pratiques existantes au sein de ses affiliés pour mettre en œuvre cette politique.”

Cette politique met en œuvre la résolution du Congrès de 2021. Elle intègre également la politique d’IndustriALL en matière de harcèlement sexuel lors de réunions et d’événements et garantit la poursuite de la mise en œuvre de l’engagement pris par IndustriALL : “Pas sur notre lieu de travail, pas dans notre syndicat.”


 

Le Comité exécutif d’IndustriALL élit une femme à la présidence

“La démocratie, la paix et le changement climatique sont étroitement liés et les syndicats jouent un rôle très important à cet égard. La syndicalisation est l’un des principaux outils dont nous disposons,”

a déclaré Marie Nilsson en acceptant le rôle de Présidente par intérim jusqu’au 4e Congrès d’IndustriALL à Sydney, en Australie, en 2025.

Le Comité exécutif a adopté la déclaration de la Conférence politique de mi-mandat, tenue en juin, et a approuvé la création d’un Comité préparatoire du Congrès chargé d’examiner les amendements aux statuts et de rédiger un nouveau Plan d’action. Le 4e Congrès d’IndustriALL se tiendra du 4 au 9 novembre, sous l’égide des affiliés australiens.

Le Comité exécutif a adopté une politique générale sur la violence et le harcèlement basés sur le genre, la misogynie et le sexisme. Cette adoption coïncide avec les 16 jours d’activisme contre la violence sexiste.

Cette politique définit les engagements d’IndustriALL pour prévenir et mettre fin à la violence et au harcèlement fondés sur le genre, à la misogynie et au sexisme lorsqu’ils se produisent dans le cadre du travail et des activités d’IndustriALL, qu’ils y soient liés ou qu’ils en découlent.

IndustriALL applique une tolérance zéro s’agissant de la violence à l’égard des femmes, de la misogynie et du sexisme et souligne qu’il n’y a pas d’excuse à la violence à l’égard des femmes, à la misogynie et au sexisme. Sous la bannière d’une campagne “Pas d’excuse” qui sera lancée en 2024, IndustriALL sensibilisera à cette politique et la diffusera auprès de tous ses affiliés.

Lors de l’examen du projet de stratégie de campagne, il a été décidé qu’un groupe de travail poursuivrait l’élaboration des lignes directrices et des stratégies, y compris la mise en place d’une campagne d’entreprise dans le secteur de l’énergie éolienne ciblant les cinq plus grands fabricants.

Les participants ont discuté d’une résolution sur le conflit entre la Palestine et Israël. Après un débat très animé, une résolution appelant à une solution juste et durable au conflit israélo-palestinien par des moyens pacifiques a été adoptée.

Pour clore les deux journées de réunions en ligne, Jörg Hoffman a conclu ses sept années de présidence d’IndustriALL avec ces mots :

“Je souhaite tous vous remercier pour votre coopération et votre engagement au sein du Comité exécutif et j’ai hâte de tous vous revoir”.

Afrique du Sud : 12 travailleurs tués à la mine de platine d’Impala

Selon Implats, les travailleurs se trouvaient dans la cage de mine qui les hissait jusqu’à la surface de la mine depuis une profondeur d’environ 1.000 mètres lorsque l’accident s’est produit. La cage de mine a soudainement inversé son sens de marche et a commencé à plonger pour aller s’écraser au fond du puits.

Le Département des ressources minérales et de l’énergie a annoncé que l’enquête sur l’accident rendrait ses conclusions dans trois mois.

La réglementation relative aux machines et équipements stipule que les ascenseurs doivent faire l’objet d’un contrôle et d’un entretien réguliers. Si, à la suite d’un examen, on constate une faiblesse ou un défaut susceptible de présenter un risque pour la santé et la sécurité des personnes, l’ascenseur ne doit plus être utilisé tant que le risque n’a pas été corrigé, stipule une partie de la réglementation.

Les affiliés d’IndustriALL Global Union, le Syndicat national des mineurs (NUM) et le Syndicat national des métallurgistes d’Afrique du Sud (NUMSA) ont exprimé leur émotion face à cette horrible nouvelle.

Le NUM, qui mène une campagne en faveur de la santé et de la sécurité dans les mines et qui a intenté un procès à Anglo-American pour exiger que la législation sur la santé et la sécurité dans les mines (Mine Health and Safety Act) reste la principale loi régissant l’industrie, a déclaré :

“Nous continuerons à manifester notre mécontentement face au nombre croissant d’accidents mortels et de blessures dans les mines. Une fois de plus, nous demandons aux entreprises de faire preuve de leur implication pour résoudre les problèmes de santé et de sécurité, car la vie des mineurs est ce qu’il y a de plus important. Le régulateur doit tenir les entreprises pour responsables”.

Jerry Morulane, Secrétaire régional du NUMSA pour Hlanganani, qui comprend la région de Rustenburg, explique :

“Le NUMSA déplore la perte de ces travailleurs. Ce ne sont pas que des chiffres, ce sont des soutiens de famille, ils ont des foyers qui les aiment et dépendent d’eux. Nous adressons nos plus sincères condoléances à leurs familles et à leurs amis pour cette perte tragique. Cet accident est très préoccupant et soulève de nombreuses questions en matière de santé et de sécurité”.

Les membres du NUMSA chez Implats comprennent des travailleurs en sous-traitance qui travaillent au puits 11 où l’accident s’est produit et qui sont employés par Triple M, Reagetswe, Platchro, Oteng et Newrak mining.

Glen Mpufane, Directeur d’IndustriALL pour l’industrie minière, a déclaré :

“Nos pensées vont aux familles des travailleurs décédés, auxquelles nous présentons nos sincères condoléances, et nous souhaitons un prompt rétablissement à ceux qui sont hospitalisés. Une fois de plus, nous nous rappelons, de la manière la plus douloureuse qui soit, qu’il faut constamment exiger des sociétés minières, y compris d’Implats, qu’elles respectent les protocoles de santé et de sécurité les plus stricts. Les sociétés minières ont l’obligation de fournir des conditions de travail sûres aux mineurs et ne doivent pas faire preuve de négligence”.

L’Afrique du Sud a ratifié la convention 176 (santé et sécurité dans les mines) et les syndicats se sont félicités de l’inclusion de la convention sur la santé et la sécurité au travail et du cadre promotionnel pour la santé et la sécurité au travail parmi les conventions fondamentales de l’Organisation internationale du travail.

Illustration : Shutterstock


 

Les syndicats d’ArcelorMittal exigent que l’entreprise donne la priorité aux travailleurs

La réunion s’est déroulée au lendemain d’un horrible événement à la mine de charbon de Kostenko au Kazakhstan, où 46 travailleurs ont perdu la vie dans un incendie dévastateur. Cet accident n’est pas isolé et reflète une plus vaste tendance à la négligence et au sous-investissement au niveau des normes de santé et de sécurité au travail (SST) de la part d’ArcelorMittal.

Les syndicats ont souligné la nécessité d’être inclus dans la commission d’enquête indépendante actuellement mise en place au Kazakhstan pour se pencher sur ces décès.

Au cours des dix dernières années, 307 travailleurs ont perdu la vie sur des sites d’activité d’ArcelorMittal à travers le monde, les chiffres les plus élevés étant enregistrés au Kazakhstan, en Ukraine et en Afrique du Sud.

L’approche financière de l’entreprise, qui prend souvent le pas sur la santé et la sécurité des travailleurs, a été mise en évidence. Cette priorité, associée à un déficit flagrant en matière d’investissement et d’engagement dans le domaine de la santé et de la sécurité au travail, expose systématiquement les travailleurs à des risques excessifs.

Les syndicats ukrainiens ont exprimé leur frustration face au refus d’ArcelorMittal de prolonger les conventions collectives, déclarant qu’il s’agissait d’une forme de chantage à la convention collective.

Les syndicats du Mexique, du Canada, du Brésil, de la République tchèque et d’Afrique du Sud ont fait part de leurs inquiétudes quant au manque de volonté de l’entreprise en matière de dialogue social et de consultation des syndicats, ce qui met à rude épreuve les relations. Les syndicats brésiliens et sud-africains ont insisté sur l’exposition des travailleurs à des conditions de travail dangereuses et à une chaleur extrême.

De nombreux appels ont été lancés à ArcelorMittal pour que la priorité soit donnée à la santé et à la sécurité des travailleurs plutôt qu’à des objectifs financiers. Les syndicats ont déclaré qu’il était urgent d’investir massivement dans les infrastructures de sécurité et de mettre en place un dialogue social efficace.

Christina Olivier, Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL, a déclaré :

“Cette récente réunion a révélé les dures réalités et les défis auxquels les travailleurs et travailleuses sont confrontés chez ArcelorMittal. En tant que fédération syndicale internationale, nous sommes unis et déterminés à exiger des changements immédiats et substantiels.

ArcelorMittal doit prendre nos revendications au sérieux et répondre positivement à nos appels en faveur de mesures de sécurité renforcées, d’un véritable investissement dans le bien-être des travailleurs et d’une implication significative auprès des syndicats. Si l’entreprise continue d’ignorer ces questions cruciales, elle doit se préparer à faire face à une réponse mondiale forte et coordonnée.

Nous n’hésiterons pas à prendre des mesures énergiques pour garantir le respect de la sécurité et des droits de tous les travailleurs et travailleuses. Le moment est venu pour ArcelorMittal d’agir et de faire preuve d’un véritable engagement envers sa main-d’œuvre.”

IndustriALL prévoit de rencontrer la direction d’ArcelorMittal pour discuter de l’amélioration des mesures de sécurité et de l’implication des syndicats, ainsi que d’une éventuelle campagne mondiale de sensibilisation à la sécurité et de la poursuite du dialogue entre les syndicats afin d’élaborer des stratégies et de coordonner les actions futures.

La réunion a rassemblé 80 participants de 37 syndicats de pays tels que l’Argentine, le Brésil, la Belgique, la France, l’Italie, l’Espagne, la Pologne, l’Ukraine, le Kazakhstan, les Fidji, le Canada, le Suriname, le Liberia, la Zambie, l’Afrique du Sud, le Mexique, le Maroc et le Luxembourg.

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Les membres de l’UAW ratifient des conventions records

Chez les trois grands constructeurs, 64 % des membres votants se sont prononcés en faveur des accords.

“Après des années de restrictions, des mois de campagne et des semaines sur des piquets de grève, nous avons renversé la vapeur pour les travailleurs et travailleuses américains de l’automobile,” a indiqué le Président de l’UAW Shawn Fain. “L’UAW a remis les pendules à l’heure. Maintenant, nous apportons notre force de frappe et notre esprit combatif au reste des secteurs que nous représentons ainsi qu’à des millions de travailleurs et travailleuses non syndiqués prêts à se dresser et à se battre pour un meilleur mode de vie.”

Grâce à ce l’on appelle maintenant le “Bump” de l’UAW (l’obtention par l’UAW d’une hausse spectaculaire des salaires), ces conventions bénéficieront à davantage de travailleurs et travailleuses de l’automobile qu’aux seuls membres de l’UAW. Les entreprises automobiles non syndiquées, dont Volkswagen, Nissan, Toyota, Hyundai, Subaru et Honda, suivent le mouvement et ont augmenté les salaires de leurs salariés depuis l’annonce des accords avec l’UAW.

Voici ce qu’en dit Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL :

“Il s’agit d’une victoire importante pour l’UAW, qui aura un effet profond sur ses adhérents, mais aussi d’une victoire stimulante pour le mouvement syndical dans le monde entier. Lorsque nous nous unissons, nous gagnons !”

Crédit photo : UAW

Renforcer le pouvoir des syndicats tout au long de la chaîne d’approvisionnement de Pou Chen

Pou Chen est l’une des plus grandes multinationales de fabrication de chaussures au monde, fournissant des marques sportives de premier plan telles que Nike, Adidas, Puma, New Balance, VF et Asics.

Des dirigeants syndicaux du niveau des usines et des dirigeants de fédérations affiliées à IndustriALL d’Indonésie, du Cambodge et du Bangladesh ont participé à la réunion et ont discuté des salaires, des contrats, des congés de maternité, de la reconnaissance et de la négociation syndicales, de la santé et de la sécurité au travail ainsi des conventions collectives.

Si, dans certains pays, les travailleurs et travailleuses des chaînes d’approvisionnement de Pou Chen sont bien syndiqués, ce n’est pas le cas partout. Dans certains pays, les travailleurs et travailleuses ne sont même pas légalement autorisés à former des syndicats si leur usine est située dans des zones franches d’exportation.

Les participants au réseau sont convenus d’intensifier le travail de solidarité entre les syndicats des différents pays afin de garantir de pouvoir jouir du même droit à la liberté syndicale et à la négociation collective tout au long de la chaîne d’approvisionnement de Pou Chen.

À côté de la direction de Pou Chen, Adidas et VF ont participé à la réunion et discuté des priorités en matière de développement durable, d’approvisionnement responsable, de santé et sécurité sur le lieu de travail ainsi que de l’établissement d’une coopération avec les syndicats représentatifs des travailleurs et travailleuses. Ils se sont tous engagés à travailler au sein du réseau en améliorant la communication afin d’établir des relations sociales durables.

Christina Hajagos-Clausen, Directrice d’IndustriALL pour le secteur, a déclaré :

“IndustriALL et ses affiliés de la chaîne d’approvisionnement de Pou Chen sont impatients de collaborer avec la direction et les enseignes mondiales de vêtements de sport pour développer des relations sociales saines et garantir que tous les travailleurs et travailleuses de Pou Chen soient en mesure de se syndiquer et de négocier collectivement.”

La réunion s’est terminée par une visite, dans une usine, du bureau syndical du SPN, qui est l’un des plus grands affiliés d’IndustriALL dans le secteur du textile et de la confection en Indonésie. Cette usine emploie 48.000 travailleurs et travailleuses, dont 45.000 sont syndiqués.