En novembre dernier, après dix années d'efforts pour rendre l'industrie textile et du vêtement plus sûre, les syndicats mondiaux, des grands noms de la mode et leurs distributeurs ont signé un nouvel Accord international pour la santé et la sécurité dans l'industrie textile et du vêtement. La nouvelle version garantit les acquis de cet accord juridiquement contraignant jusqu'à la fin de la décennie, renforce le mécanisme de dépôt de plaintes pour les travailleurs et comporte des engagements pour son élargissement à d'autres pays.
En le signant, les marques s'engagent à poursuivre les programmes pour la santé et la sécurité au Bangladesh et au Pakistan, et à en créer de nouveaux dans d'autres pays.
La liste complète des signataires de l'Accord international a été dévoilée aujourd'hui, et leur nombre se situe actuellement à 56. Sur l'ensemble des marques mondiales, 48 ont signé l'accord sur le Bangladesh et 88 celui sur le Pakistan.
Le secrétaire général d'IndustriALL, Atle Høie, a déclaré :
"Pour les marques de vêtements, signer cet accord légalement contraignant témoigne d'un engagement clair en faveur des droits des travailleurs; nous nous en félicitons et nous réjouissons de continuer à travailler ensemble. Cependant, nous constatons aussi l'absence de marques américaines dans la liste des signataires et leur apparente réticence à assumer la responsabilité de leurs chaînes d'approvisionnement. Nous appelons toutes les marques de vêtements à souscrire à cet accord qui a changé en profondeur l'industrie textile et de l'habillement en la rendant plus sûre et plus transparente."
Les Philippines ratifient la Convention 190 de l’OIT
La campagne des femmes syndicalistes d’IndustriALL aux Philippines s’est inspirée de l’engagement mondial d’IndustriALL de 2017 contre la violence et le harcèlement sur les lieux de travail et dans les syndicats. Cette campagne couronnée de succès s’accompagne de l’extension du congé de maternité de 65 à 105 jours avec garantie du versement intégral des salaires.
Après l’adoption de la Convention 190 et de la Résolution 206 de l’OIT lors de la Conférence internationale du travail de 2019, les affiliés philippins d’IndustriALL ont basé leur campagne de ratification sur tout ce qui a pu être rapporté quant à l’incidence, aux formes et à la gravité de la violence et du harcèlement, ainsi qu’aux lacunes des lois philippines spécifiques aux femmes et des lois connexes ou encore au niveau des priorités du gouvernement.
En 2022, la police nationale philippine a signalé 16.158 cas de violence à l’égard des femmes, contre 12.492 en 2021 et 15.828 en 2020.
Des actions de lobbying de grande envergure, telles que l’envoi de courriers et la tenue de réunions avec des responsables gouvernementaux, des sénateurs et des députés, ont été menées. Un document de synthèse sur la C190 et du matériel pédagogique au niveau national ont été élaborés. La campagne en faveur de la C190 a été intégrée à la célébration de la Fête du Travail, à la Journée mondiale pour un monde décent et à la Journée internationale de la jeunesse.
“Le président Marcos et les sénateurs peuvent être félicités pour la priorité qu’ils accordent à la dignité humaine et aux vies menacées, pour leur engagement à améliorer les lois, réglementations et programmes existants en vue de mettre un terme à la violence et au harcèlement ainsi que pour leur volonté de rendre compte de l’application de cette nouvelle norme mondiale,”
a déclaré Eva Arcos, membre du Comité exécutif d’IndustriALL et de son exécutif régional pour l’Asie-Pacifique ainsi que Vice-présidente nationale des Syndicats ouvriers réunis (ALU).
Arcos espère que la ratification de la C190 par les Philippines renforcera la position internationale du pays en matière de protection des travailleurs et travailleuses et estime que cette décision offrira un emploi décent et humain aux travailleurs et travailleuses, en particulier à ceux et celles qui sont vulnérables aux abus, à la négligence, à la cruauté, à l’exploitation et à la discrimination.
“Les Philippines seront ainsi le premier pays d’Asie à ratifier la convention qui protégera nos travailleurs, hommes et femmes, contre la violence et le harcèlement dans le monde du travail,”
a déclaré Alma Certeza, Coprésidente de CLASS et d’IndustriALL Philippines.
“Le rôle des affiliés d’IndustriALL et des femmes syndicalistes a été déterminant dans l’obtention de la ratification de la C190 aux Philippines. Il s’agit d’une victoire pour tous et notamment pour les travailleuses affectées de manière disproportionnée par la violence liée au sexe.
Cette convention, qui confère un rôle central à la négociation collective dans la lutte contre la violence et le harcèlement sur le lieu de travail, donne aux syndicats philippins des moyens d’action supplémentaires pour garantir le respect du droit des travailleurs et travailleuses à un environnement exempt de toute forme de violence et de harcèlement,”
a pour sa par indiqué Armelle Seby, Directrice pour l’égalité des genres auprès d’IndustriALL.
Les dirigeants doivent être libérés immédiatement au Kirghizistan
Sous le prétexte de la lutte contre la corruption, les organes en charge de l'application des lois kirghizes s'ingèrent dans les affaires intérieures des syndicats, confisquent leurs avoirs et remplacent les cadres de leurs sections par des personnes dévouées aux autorités.
En sa qualité de président adjoint de la Fédération des syndicats du Kirghizistan (FTUK), une fonction qu'il exerce à titre bénévole, Eldar Tadjibaev a travaillé sur des questions liées à la réforme du système syndical. Ce faisant, il a été accusé "de corruption, d'avoir suscité une menace pour les intérêts de la société ou de l'État et d'avoir causé un grave préjudice".
Des poursuites pénales ont été engagées contre lui à cause de sa participation à la vente aux enchères d'un terrain qui appartenait au FTUK. Or, comme les syndicats peuvent disposer librement de leurs avoirs, les accusations contre un dirigeant syndical agissant dans le respect des statuts d'un syndicat sont sans fondement.
IndustriALL considère les arrestations de dirigeants syndicaux et les pressions pour qu'ils démissionnent comme des ingérences illégales dans les affaires des organisations syndicales pour restreindre la liberté syndicale, ce qui est une violation flagrante de la législation nationale comme des conventions de l'OIT que le Kirghizistan a ratifiées. À ce propos, nous considérons aussi que l'arrestation du président du MMTUK, Eldar Tadjibaev, en fait un prisonnier politique.
Avec le soutien du mouvement syndical international, les syndicats kirghizes combattent un projet de loi antisyndicale depuis 2019.
En 2020, le MMTUK a déposé plainte (cas n° 3386) au Comité de la liberté syndicale de l'OIT pour dénoncer les violations systématiques des droits syndicaux commises dans le pays, plus particulièrement les violations de la liberté d'association et le harcèlement des dirigeants syndicaux. C'est pourquoi le Président du Kirghizistan a opposé son véto au projet de loi sur les syndicats à trois reprises en 2021. Si elle était adoptée, cette loi compromettrait gravement la liberté d'association au Kirghizistan et priverait les syndicats de leur indépendance.
La situation s'est détériorée en 2023 avec de nouvelles tentatives pour prendre le contrôle des syndicats. En octobre, les forces de l'ordre ont effectué des descentes aux sièges des syndicats pour saisir les archives comptables des dix dernières années, ce qui a eu pour effet de paralyser leur activité et constitue une violation flagrante de la législation nationale et du droit international.
Le 11 octobre, de nouveaux amendements à la loi sur les syndicats ont été soumis au débat public. Les syndicats ont signalé de nombreuses contradictions avec la Constitution kirghize et avec la convention 87 de l'OIT que le Kirghizistan a ratifiée.
Le secrétaire général d'IndustriALL, Atle Høie, a déclaré :
"IndustriALL réclame la libération immédiate d'Eldar Tadjibaev qui est détenu illégalement, l'abandon de toutes les charges retenues contre lui, et qu'il soit mis fin à l'ingérence de toute tierce partie dans les affaires des syndicats, conformément à la législation nationale et aux conventions de l'OIT que le Kirghizistan a ratifiées."
COP28 : la Plénière des peuples réclame la justice climatique et une action urgente
Venus du monde entier, des groupes féministes, des défenseurs de la protection de l’enfance, des communautés autochtones, des représentants de la jeunesse et des syndicats ont transmis des messages prônant une action climatique fondée sur les droits de l’homme.
Au 11e jour de la COP28 à Dubaï, la Plénière des peuples, qui rassemble des représentants de la société civile venus exprimer leurs attentes à l’égard de la COP28, a livré un message fort :
“Il n’y a pas de justice climatique sans droits de l’homme.”
Malgré les efforts déployés, une question urgente se pose : pourquoi continuer à participer à la COP alors que les progrès semblent minimes ? La réponse assourdissante est que les gouvernements et les entreprises n’assument pas leurs responsabilités. Les militants présents en plénière ont insisté sur le fait que leur présence à la COP servait à pousser les gouvernements à agir de manière décisive.
“Nous venons à la COP pour nous battre, comme nous le faisons tout au long de l’année. Nous souffrons déjà des dévastations. Comment voulez-vous que nous construisions notre avenir alors que nos droits sont bafoués ?”
a déclaré un jeune garçon soudanais, exprimant ainsi le sentiment d’urgence.
Bert de Wel, Responsable de la politique climatique de la CSI (Plénière des peuples de la COP28)
Représentant les travailleurs et les syndicats, Bert De Wel, de la Confédération syndicale internationale (CSI), a souligné que les syndicats relèvent pleinement le défi du climat. Tout en plaidant pour des politiques climatiques urgentes, il a insisté sur le fait que les travailleurs et travailleuses ne soutiendront pas des mesures qui les mèneront à la misère et à la pauvreté. M. Bert a souligné l’essence d’une Transition juste, un concept étroitement lié à la solidarité, à la justice, à des vies et des emplois décents pour tous dans le monde entier. Il a souligné le besoin de justice dans différents domaines, notamment un cessez-le-feu immédiat en Palestine, la justice pour les femmes, qui sont parmi les plus touchées par le changement climatique, et la protection des droits des populations autochtones.
Évoquant le rôle critique des droits du travail dans la justice climatique, Bert a souligné la grève en cours des travailleurs de Tesla en Suède. L’employeur refuse d’entamer des négociations en vue d’une convention collective, ce qui montre l’importance de pratiques de travail équitables dans le cadre de la transition vers un avenir durable.
Joy Hernandez, CSI Asie-Pacifique (Plénière des peuples COP28)
Joy Hernandez, de la CSI, région Asie-Pacifique, a mis en lumière la vulnérabilité des pays de sa région face au changement climatique. Pour les travailleurs et travailleuses, les catastrophes climatiques se traduisent par des pertes d’emploi et de moyens de subsistance, soit une question de survie. Joy Hernandez a souligné la lutte des migrants climatiques qui, déplacés par les catastrophes naturelles, s’installent dans des villes où les garanties d’emploi font défaut. En l’absence de politiques de protection sociale, les travailleurs et travailleuses sont laissés pour compte.
Soulignant la marginalisation des travailleurs dans les politiques climatiques, Joy Hernandez a fait valoir qu’une transition sans implication du monde du travail exacerbe les inégalités et renforce les politiques néolibérales. Elle a souligné la nécessité des droits du travail pour parvenir à une transition juste, mettant en garde contre le fait que les politiques climatiques ne deviennent un champ de bataille propices aux attaques contre les droits des travailleurs.
Lors de la conclusion de la Plénière des peuples a résonné un appel collectif à la justice climatique, exigeant des engagements concrets et une inclusion dans l’élaboration des politiques afin de sauvegarder les droits et les moyens de subsistance de tous. Les participants se sont engagés à poursuivre leur lutte pour un avenir durable, lors de la COP28 et au-delà.
La grève chez Tesla s'étend par-delà les frontières
Alors que l'opposition à l'antisyndicalisme de Tesla fait tache d'huile, les syndicats suédois de plusieurs secteurs industriels mènent des actions de solidarité pour défendre le droit à la négociation collective qui se traduisent, par exemple, par le refus de livrer les plaques d'immatriculation des véhicules neufs.
Et le 5 décembre, le premier syndicat du Danemark, 3F, a annoncé qu'il rejoignait la grève, faisant que les voitures Tesla ne sont plus déchargées par les dockers ni conduites par les chauffeurs. Le lendemain, c'était le syndicat norvégien Felleforbundet qui annonçait qu'il entamerait des actions de solidarité si Tesla n'avait pas signé une convention collective avec IF Metall pour le 20 décembre.
Pour le secrétaire général d'IndustriALL, Atle Høie,
"Tant que Tesla ne comprendra pas qu'il doit suivre les règles en vigueur dans un pays, le conflit s'étendra. Le mouvement syndical international ne tolérera par un mépris aussi flagrant pour les règles et traditions nationales élémentaires."
Le modèle suédois, dans lequel les conditions de travail sont fixées par la négociation entre représentants des travailleurs et des employeurs depuis plus d'un siècle, s'est traduit par une stabilité du marché du travail qui fait que 90 pour cent des travailleurs sont couverts par des conventions collectives.
Or, malgré de multiples tentatives au cours des dernières années, Tesla refuse d'entamer des négociations avec IF Metall.
Isabelle Barthès, la secrétaire générale par intérim d'IndustriALL Europe, a déclaré :
"Nous restons aux côtés de nos collègues suédois et, par-delà les frontières, les syndicats d'Europe se battront contre les tentatives pour affaiblir les syndicats et la négociation collective. Tesla ferait bien d'apprendre ce qu'est le modèle social européen et d'accepter les syndicats en tant que partenaires de la transformation de l'industrie automobile dont elle s'est fait le héraut".
Crédit photographique : IF Metall
Des gains substantiels pour les syndicats autrichiens par la négociation collective dans la métallurgie
Tous les salariés de la métallurgie obtiennent une hausse des salaires irrévocable à dater du 1er novembre 2023. Elle sera de 10 pour cent, plafonnés à 400 € mensuels.
Cet accord profite à toutes les catégories d'âge et répond à des besoins divers, avec une attention particulière pour les groupes à faible et moyen revenu. Il y aura aussi des hausses marquées des salaires minimums, des prestations, remboursements et salaires des apprentis.
La convention prévoit aussi des clauses de pénibilité pour les entreprises en difficulté économique, mais le recours à ces clauses devra être justifié et approuvé par les organisations de travailleurs et d'employeurs.
Ce résultat fait suite à un combat acharné qui a débuté, en septembre, avec des revendications syndicales visant principalement à atténuer l'impact de la crise du coût de la vie. La revendication principale, qui était une hausse des salaires de 11,6 pour cent, assortie d'améliorations qualitatives aux conventions en vigueur, a servi de toile de fond à la campagne de négociation qui a fait apparaître un fossé énorme entre les revendications des syndicats et l'offre initiale des employeurs.
Rompant avec la technique habituelle consistant à lier les salaires à l'inflation sur les 12 mois précédents, les employeurs proposaient même des réductions des droits existants, pour les primes d'heures supplémentaires par exemple. Pro-GE et GPA ont répliqué en dressant un plan d'action global pour faire pression sur les employeurs.
Sept conférences régionales, rassemblant plus de 2.300 délégués d'entreprise, ont appuyé sans équivoque la décision d'organiser des rassemblements et des arrêts de travail tant qu'un accord ne serait pas obtenu. L'élan de solidarité qui a suivi a été impressionnant, plus de 100.000 travailleurs participant à des grèves dans tout le pays, dans les grands groupes comme dans les petites et moyennes entreprises.
Le secrétaire général d'IndustriALL Atle Høie a déclaré :
"Nous félicitons les syndicats pour leur victoire dans ce cycle de négociation collective. Cette fois, il a fallu passer par la grève, mais par l'unité et la force, les syndicats ont montré aux employeurs de la métallurgie que rien ne peut entamer leur détermination."
Des arrêts de travail stratégiques ont eu lieu dans 140 entreprises, auxquels se sont ajoutés des défilés de protestation dans des grandes villes comme Vienne et Salzbourg. Les syndicats ont reçu des messages de solidarité de fédérations internationales et de syndicats frères, témoins d'un soutien total à leur cause.
La secrétaire générale par intérim d'IndustriALL Europe, Isabelle Barthès, a conclu en ces termes :
"En plus de répondre aux préoccupations immédiates des travailleurs, cet accord constitue un précédent positif pour la négociation collective dans le pays. Cela montre la force de l'action collective, de la solidarité internationale et la détermination de Pro-GE et GPA à obtenir des conditions équitables et justes pour les travailleurs de l'industrie métallurgique autrichienne."
La première semaine de la COP28 s’achève et les syndicats se préparent en vue de la seconde
Qu’il s’agisse des affirmations du Président de la COP28, Sultan al-Jaber, sur le déni du défi climatique, des rumeurs sur l’utilisation du sommet pour conclure des accords sur le pétrole et le gaz ou des questions sur la possibilité pour les militants de la société civile de manifester ou non, les syndicats vont de l’avant pour s’assurer que cette COP reste sur la bonne voie malgré les difficultés rencontrées.
Lors de la COP28, les syndicats défendent des positions clés visant à garantir que les droits des travailleurs, les principes de transition juste et les protections sociales fassent partie intégrante des politiques et des accords sur le climat.
Plus de 60 syndicalistes sont présents dans la délégation dirigée par la CSI. Ils veillent à ce que tous les aspects de la COP28 soient suivis et à ce que les questions syndicales soient constamment mises en avant dans les négociations. La COP28 accueille de nombreux événements parallèles, offrant aux syndicats la possibilité de s’impliquer auprès d’acteurs clés dans les débats sur le changement climatique. Ce mélange diversifié comprend des organisations de la société civile, des fonctionnaires gouvernementaux, des acteurs du secteur financier et des représentants d’entreprises, créant ainsi un mélange unique de perspectives.
Grâce à une implication coordonnée et stratégique, les militants syndicaux veillent à ce que les préoccupations des travailleurs soient entendues, en dépit de temps de parole limités.
Diana Junquera, Directrice d’IndustriALL pour la Transition juste, est présente à la COP et souligne l’importance de celle-ci dans la prise de décisions transformationnelles :
“Le Programme de travail sur la transition juste (JTWP pour son acronyme anglais couramment utilisé) est important et les syndicats ici à la COP travaillent dur pour le négocier. S’il est si important, c’est parce qu’il doit fournir un cadre pour les transitions justes internationales et nationales. Il doit prendre en compte l’équité, les dimensions sociales, économiques et environnementales, en s’alignant sur les lignes directrices de l’OIT adoptées par les gouvernements lors de la Conférence internationale du Travail de juin sur la transition juste. Les droits du travail, le dialogue social et la protection sont mis en avant par les syndicats dans les discussions sur le climat, soulignant la nécessité d’une justice internationale pour une transition juste.”
IndustriALL continuera à suivre les discussions et a communiqué activement sur les médias sociaux au sujet des négociations et des événements parallèles organisés lors de la COP28.
#Unions4JustTransition.
COP28 : les attentes des syndicats d’Afrique subsaharienne
Les défis en Afrique subsaharienne
La région est confrontée à des défis pour répondre aux demandes d’industrialisation, assurer l’accès à l’énergie et aborder la question de l’accessibilité financière, en particulier pour les ménages vulnérables gérés par des femmes et des enfants. La COP27 en Égypte a suscité des attentes pour relever les défis historiques, mais les résultats n’ont pas été à la hauteur des espérances des syndicats.
Revendications critiques pour la COP28
Les syndicats soulignent la nécessité d’une plateforme officielle de débat multipartite et demandent instamment des interactions plus équilibrées entre le Nord et le Sud. Ils appellent à une plus grande inclusion des syndicats dans les plateformes régionales et les cadres politiques, tels que la politique de l’Union africaine sur les entreprises et les droits de l’homme, afin d’y garantir une intégration significative des intérêts des travailleurs et travailleuses.
Le Programme de travail sur la transition juste (JTWP)
Les syndicats se félicitent de la mise en place du Programme de travail sur la transition juste (JTWP pour l’acronyme anglais couramment utilisé), soulignant l’importance d’identifier les parties prenantes essentielles. Bien que certains pays d’Afrique subsaharienne impliquent la société civile et les syndicats dans les positions nationales auprès de la CCNUCC/COP, leur influence reste en deçà des niveaux souhaités. Le discours se concentre principalement sur les aspects environnementaux, négligeant les questions structurelles cruciales liées au travail.
Évaluations de l’impact sur le travail et la protection sociale
Les syndicats soulignent la nécessité de procéder à des évaluations complètes de l’impact sur l’emploi, notamment en ce qui concerne les pertes, les créations et les restructurations d’emplois, et de mettre en place un cadre solide pour la requalification. L’insuffisance des mécanismes de protection sociale fait peser des risques sur les marchés du travail, aggravés par les défis actuels liés à la pandémie de COVID-19 et la nécessité d’une réforme de la formation et du recyclage professionnels.
Financement de la lutte contre le changement climatique ainsi que des pertes et préjudices
Le financement de la lutte contre le changement climatique, en particulier s’agissant des pertes et préjudices, est un point essentiel de l’ordre du jour des syndicats africains. Des désaccords persistent quant au rôle de la Banque mondiale, avec des préoccupations concernant la transparence, la consultation et l’affectation des fonds. Les débats sur l’annulation ou la restructuration de la dette des pays en développement, en particulier l’absence d’une définition concise de la “Transition juste” dans les CDN, soulèvent des inquiétudes.
Les attentes de la COP28
Les syndicats s’attendent à ce que l’accent soit mis sur le “bilan général”, en comparant les résultats avec la position africaine présentée lors de la COP27. L’accent sera mis sur le financement de la lutte contre le changement climatique, les “pertes et préjudices”, les défis socio-économiques et la dynamique de développement Nord-Sud. Des inquiétudes persistent quant à l’équité des délais de transition et à la mobilisation des ressources pour atteindre les objectifs de développement de l’Afrique.
Un tribunal sud-africain se prononce en faveur de l’égalité des sexes en matière de congé parental
Grâce à cet arrêt, les parents qui travaillent auront désormais droit à ce congé après avoir informé leur employeur, avant la naissance de l’enfant, des dates auxquelles ils ont l’intention de prendre ce congé. Avant cet arrêt, les pères ne pouvaient demander qu’un congé de paternité de 10 jours après la naissance de l’enfant.
Dans son jugement du 25 octobre, la Cour a déclaré que certaines clauses de la loi sur les conditions de base de l’emploi (BCEA) de 1997 et de la loi sur le fonds d’assurance chômage (UIF) de 2001 étaient invalides. Le tribunal a indiqué que certaines clauses de ces lois violaient la Constitution sud-africaine en raison d’une discrimination injuste. Par exemple, la Cour a énuméré les formes de discrimination injuste, dont celle “entre les mères et les pères” et “entre un groupe de parents et un autre sur la base du fait que leurs enfants sont nés de la mère, ont été conçus par maternité de substitution” ou “ont été adoptés”.
Pour éliminer ces inégalités, le tribunal a accepté les arguments de Werner Van Wyk et d’Ika Van Wyk selon lesquels “tous les parents, quels qu’ils soient, bénéficient collectivement d’un congé parental de quatre mois consécutifs. En d’autres termes, chaque couple de parents d’un enfant remplissant les conditions requises doit partager les quatre mois de congé comme il l’entend”. La Cour a donné deux ans au parlement national pour apporter des modifications à la loi afin d’en “corriger les défauts”.
L’affaire a été portée devant le tribunal par les Van Wyk, un couple marié et parents d’un enfant, Sonke Gender Justice, une organisation de la société civile qui défend l’égalité des sexes et la Commission pour l’égalité des sexes, une institution relevant du chapitre 9 et chargée de protéger et de soutenir la démocratie conformément à la constitution nationale, qui ont contesté des clauses de la BCEA et des lois UIF et ont poursuivi le ministère de l’emploi et du travail. La requête a été soutenue par des Amicus Curiae (littéralement : amis de la cour), notamment le Centre des droits de l’homme de l’université de Pretoria, le Centre de solidarité d’Afrique du Sud, le Réseau international des avocats assistant les travailleurs, le Service de recherche sur le travail. L’Association nationale des employeurs d’Afrique du Sud, a soutenu le ministère du travail.
Susan Khumalo, Coprésidente d’IndustriALL pour l’Afrique sub-saharienne et Présidente du SACTWU, a déclaré :
“Il s’agit d’une décision de justice progressiste que les syndicats applaudissent et qui vise à aligner le droit du travail sur la Constitution sud-africaine. Le partage des jours de congé de maternité entre les parents favorise l’égalité des sexes et allège la charge des femmes qui travaillent. Il est important que les tribunaux reconnaissent et valorisent l’égalité des sexes et les responsabilités partagées des deux parents dans l’éducation des enfants, en particulier au cours des premiers mois qui suivent la naissance.”
Victoire syndicale en Australie avec une législation sur le travail en sous-traitance
La législation a reçu le soutien du Parlement fédéral le 7 décembre 2023 et vise à empêcher les employeurs de saper les taux de rémunération négociés par les syndicats, en particulier dans l’industrie minière, où certains grands employeurs paient les travailleurs en sous-traitance moins que leurs homologues permanents pour le même travail.
Grahame Kelly, Secrétaire général du syndicat des mines et de l’énergie (MEU), affilié à IndustriALL, a remercié les sénateurs d’avoir soutenu ces mesures de bon sens qui s’attaquent à l’utilisation abusive des travailleurs et travailleuses en sous-traitance pour faire baisser les salaires.
“Cette exploitation est hors de contrôle dans l’industrie minière et les travailleurs soulèvent cette question depuis de nombreuses années,”
a déclaré Kelly.
“C’est un soulagement d’avoir un gouvernement qui a écouté les préoccupations des travailleurs et qui a élaboré une législation ciblée en réponse à celles-ci.”
Les dispositions de la législation relatives au principe “à travail égal, salaire égal” prévoient un mécanisme empêchant les entreprises de payer les travailleurs et travailleuses en sous-traitance moins que les salariés permanents effectuant les mêmes tâches lorsqu’une convention collective est en vigueur sur le lieu de travail.
En Australie, ces lois affecteront surtout le secteur minier et le secteur du transport aérien, où l’externalisation vers des sous-traitants est très répandue.
Les dispositions relatives au principe du même salaire pour un même emploi faisaient partie du projet de loi 2023 modifiant la législation sur le travail équitable (pour en combler les lacunes), qui prévoit également la criminalisation du vol de salaire, le renforcement des droits des délégués sur le lieu de travail, un meilleur soutien aux premiers intervenants diagnostiqués comme souffrant du syndrome de stress post-traumatique, le renforcement des protections contre la discrimination pour les salariés confrontés à la violence familiale et domestique, l’inclusion des maladies et des dispositions de sécurité liées à la silice au niveau de l’Agence pour la sécurité et l’éradication de l’amiante ainsi que la criminalisation de l’homicide industriel involontaire.
Grâce à ces nouvelles mesures, les travailleurs concernés en Australie peuvent espérer un traitement plus équitable et des protections renforcées, ce qui constitue une étape positive vers un environnement de travail plus juste et plus équitable.
“Cette législation est une excellente nouvelle pour IndustriALL ; elle promet non seulement une rémunération plus juste et plus équitable pour les travailleurs et travailleuses, mais elle témoigne également d’un engagement plus large à rectifier les inégalités systémiques, en particulier dans le secteur minier. Ce type de victoires syndicales est encourageant et présente un impact positif pour la vie des travailleurs et travailleuses précaires dans toute l’Australie,”
a déclaré Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL.
Illustration : Syndicat des mines et de l’énergie (MEU) d’Australie