Il faut une coopération constructive entre les syndicats, les gouvernements et les employeurs

Le Secrétaire général d’IndustriALL Global Union, Atle Høie, a déclaré à ce sujet :

“L’accroissement des inégalités et le recul de la démocratie au sein de la société civile et sur les lieux de travail sont des signes d’alerte sérieux et des raisons majeures du manque de confiance. Le thème de cette année est pertinent et il n’y a pas de solutions à long terme sans la participation des syndicats.

Nous avons besoin d’un développement mondial inclusif et durable et cela dépend d’une relation constructive entre les entreprises et les travailleurs. Les syndicats sont essentiels pour garantir une répartition équitable et doivent avoir un siège à la table des négociations. Aucun travailleur, aucune famille, aucune communauté ne doit être laissé pour compte alors que les emplois changent et que les industries évoluent. La coopération, une répartition équitable des revenus et des richesses ainsi que des négociations collectives menées de bonne foi sont les seules façons d’avancer. Une nouvelle augmentation des inégalités ne ferait qu’exacerber la crise”.

Ces problèmes mondiaux exigent des solutions mondiales. Aujourd’hui plus que jamais, les gouvernements, les entreprises et les syndicats doivent s’unir pour créer des sociétés équitables et durables. IndustriALL travaille avec des entreprises multinationales pour atteindre cet équilibre, par le biais d’accords-cadres mondiaux avec 46 entreprises, parmi lesquels les partenaires industriels du FEM H&M, AngloAmerican, Total, Engie et Aker.

Dans un récent billet publié en amont du Forum économique mondial sur les perspectives pour 2024, Atle Høie explique que les changements et les transformations majeurs nécessitent des syndicats forts et une coopération constructive entre les syndicats, les gouvernements et les employeurs, en s’appuyant sur l’exemple de la grève du syndicat américain de l’automobile UAW contre GM, Stellantis et Ford, au cours de laquelle le syndicat a obtenu des améliorations record de ses conventions.

“Le résultat en sera, espérons-le, un mouvement syndical plus fort aux États-Unis et, s’il se propage, un changement au niveau de la syndicalisation à l’échelle mondiale. Si cela se produit, il y a l’espoir de réaliser un certain nombre de percées sur quelques sujets importants tels que le changement climatique, la transition énergétique, la mobilité, les inégalités et bien plus encore. Ces changements et transformations majeurs nécessitent des syndicats forts et une coopération constructive, sur un pied d’égalité, entre les syndicats, les gouvernements et les employeurs. Les gouvernements et les employeurs semblent malheureusement enclins à devoir l’apprendre à la dure”.

Les travailleurs du vêtement de Maurice seront indemnisés par des grandes enseignes de la confection

En 2022 et 2023, l'organisme américain de défense des droits des travailleurs Transparentem a examiné les conditions en vigueur dans cinq usines de Maurice et a interrogé 83 travailleurs.

Transparentem a constaté de nombreux indices de travail forcé, que l'Organisation internationale du travail considère comme une forme moderne d'esclavage. Le rapport indique aussi que des travailleurs ont dû payer des honoraires de recrutement, ce qui est illégal, et ont été victimes de tromperies, d'intimidation et de conditions de travail insalubres, comme l'absence d'eau potable et des invasions de cafards et de punaises de lit.

Après avoir commandé leurs propres audits sur les conditions de travail dans ces usines, des marques de vêtements parmi lesquelles PVH et Barbour ont annoncé qu'elles vont rembourser à des  travailleurs de Real Garment, un des ateliers cités dans le rapport, 508.918 $ qu'ils ont dû verser illégalement en honoraires de recrutement.

À Maurice, les travailleurs migrants sont privés de leurs droits. Une fois arrivés sur l'île, ils deviennent souvent la propriété de leur employeur qui a le droit de résilier leur permis de travail et de les faire expulser par les services des passeports et de l'immigration. Aucune approbation de l'un ou l'autre service officiel n'est requise pour déporter un travailleur migrant.

La Confédération des travailleurs des secteurs public et privé (CTSP), qui est affiliée à IndustriALL, vient en aide aux travailleurs migrants à Maurice depuis 25 ans. Cette indemnisation est une grande victoire pour le syndicat et pour les travailleurs, mais beaucoup reste à faire.

Les industries d'exportation, comme l'habillement, le textile et les secteurs manufacturiers, emploient des travailleurs migrants. Or, la CTSP fait campagne pour une législation nationale qui applique la Loi sur les droits des travailleurs à la protection des migrants contre la discrimination salariale, le travail précaire en contrat de courte durée, les horaires de travail longs, les bas salaires, le manque d'accès à la protection sociale et autres formes de discrimination.

Reeaz Chutto, le président de la CTSP, déclare :

"Malheureusement, il n'est un secret pour personne que Maurice, comme d'autres pays, a choisi d'asseoir sa compétitivité sur la surexploitation des travailleurs migrants. Si l'un d'eux ose dénoncer son employeur pour mauvais traitement ou exploitation, il est déporté du jour au lendemain. La règle est : subir ou périr. Mais le succès de cette victoire réside dans la campagne de dénonciation publique que la CTSP a portée à l'échelon mondial et nous avons aussi dénoncé l'exploitation dans des interviews avec Transparentem."

"Nous nous réjouissons de la bonne nouvelle que des travailleurs seront indemnisés pour l'exploitation qu'ils ont subie et nous félicitons la CTSP pour la campagne qu'elle mène inlassablement  pour les droits des travailleurs migrants à Maurice,"

a déclaré la secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Afrique subsaharienne, Paule France Ndessomin.

En 2022, le Centre de ressources pour les migrants de Maurice, qui partage ses bureaux avec ceux de la CTSP, a lancé l'application Just Good Work Mauritius, en collaboration avec IndustriALL, Anti Slavery International et l'enseigne de vêtements en ligne ASOS. Elle informe les travailleurs migrants sur leurs droits et leur permet de signaler les abus. Les informations sont publiées en bengali, en anglais et en malgache. En outre, le syndicat organise régulièrement des activités pour aider les travailleurs migrants à s'intégrer dans la vie mauricienne.

Photo : Shutterstock 

L’UE doit cesser de soutenir les politiques MADE in Myanmar et TSA

L’UE a déclaré qu’elle soutenait pleinement les travaux de la commission d’enquête de l’OIT sur la liberté syndicale au Myanmar. Elle a appelé le Conseil administratif d’État (SAC) de la junte militaire à coopérer pleinement avec l’enquête et à veiller à ce que les organisations de travailleurs et d’employeurs puissent exercer leurs droits dans un environnement de liberté et de sécurité, à l’abri de la violence, des arrestations sans fondement et de la détention. Mais avec MADE et TSA, l’UE fait le contraire.

Le rapport de l’OIT, publié l’année dernière, fait état de violations massives des conventions relatives à la liberté syndicale et au travail forcé et demande instamment aux autorités militaires de mettre fin à la violence et à la répression à l’encontre des syndicalistes. Le rapport constate également que le SAC n’a pas veillé à ce que les travailleurs puissent exercer leurs droits en toute liberté et en toute sécurité. Les conclusions détaillent la violence contre les syndicalistes, l’émission de mandats d’arrêt et l’annulation de passeports, le travail forcé, l’utilisation de boucliers humains, le recrutement forcé dans l’armée et l’imposition de la loi martiale.

Dans une lettre adressée à la Commission européenne, IndustriALL Global Union et industriAll Europe indiquent clairement que dans ce contexte, il est impossible pour MADE in Myanmar d’atteindre son objectif déclaré d’amélioration des conditions de travail et des droits des travailleurs. Sans liberté d’association et d’expression, la diligence raisonnable en matière de droits de l’homme exigée par l’UE n’est pas possible.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Atle Høie, a déclaré :

“L’appui constant à ces politiques constitue une bouée de sauvetage vitale pour les militaires et leur permet de se maintenir au pouvoir. Plus vite cet appui sera interrompu, plus vite le régime pourra être remplacé par l’organe légitime qu’est le Gouvernement d’unité nationale.”

Les deux organisations demandent instamment à l’UE de reconsidérer sa politique.

Judith Kirton-Darling, Co-secrétaire générale par intérim d’industriAll Europe, a déclaré :

“Il faut mettre un terme aux initiatives MADE in Myanmar et TSA ! Nous demandons à l’UE d’œuvrer à la mise en œuvre des recommandations de l’OIT dans un Myanmar démocratique, comme le prévoit la structure tripartite.”

De plus en plus de marques européennes sont arrivées à cette conclusion et se sont engagées à quitter le Myanmar de manière responsable. En août dernier, H&M, le deuxième plus grand détaillant au monde, a annoncé qu’il avait décidé de cesser progressivement de s’approvisionner au Myanmar, en raison de la multiplication des rapports faisant état d’abus à l’égard de la main-d’œuvre dans les usines de confection du pays. L’enseigne qui a annoncé le plus récemment son retrait est le détaillant allemand Lidl.

Les syndicats préconisent et encouragent un dialogue mondial avec le groupe Saint-Gobain

Ce fabricant de miroirs qui a vu le jour il y a plus de 350 pour devenir le groupe Saint-Gobain, a diversifié ses activités et fabrique maintenant des matériaux de construction, des produits à hautes performances et autres matériaux et services. Le groupe est présent dans 75 pays et emploie 168.000 personnes dans quelque 900 sites de production et 2.700 points de vente et salles d'exposition. Depuis 2021, il affiche des résultats commerciaux remarquables, avec des liquidités en abondance et un chiffre de ventes annuel de 51,2 milliards d'euros en 2022.

Le réseau syndical mondial a discuté de la situation actuelle de l'entreprise et de sa position sur le marché. La priorité de la stratégie du groupe semble être d'améliorer la perception des investisseurs, dans le but d'améliorer la valeur du titre en suscitant un regain de confiance chez les actionnaires et les investisseurs. Cette volonté sert en partie les intérêts des salariés, qui composent environ 8 pour cent de son actionnariat. Mais les travailleurs s'inquiètent de ce que des objectifs purement financiers contribuent à affaiblir les droits des travailleurs, en particulier dans les pays à la législation du travail balbutiante.

Les délégués ont analysé les résultats de l'étude annuelle sur l'incidence d'Industrie 4.0 sur les travailleurs dans le monde. Ils révèlent que la plupart constatent un impact négatif se traduisant par la disparition de certains emplois et l'exigence de qualifications accrues. Les syndicats recourent à différentes stratégies pour s'assurer que les intérêts des travailleurs soient pris en compte. Les délégués ont décidé de continuer à suivre la situation et à échanger les meilleures pratiques et les revendications s'y rapportant afin de se seconder mutuellement face à ce défi.

Au cours de la réunion, les délégués syndicaux ont eu l'occasion d'entamer un débat avec le directeur de Saint-Gobain en charge des questions sociales, Régis Blugeon. Ils ont abordé des questions ponctuelles et discuté des possibilités d'un élargissement du dialogue social avec le groupe au niveau international.

Les délégués se sont plus particulièrement intéressés à la situation à Eupen, en Belgique, où l'annonce de la fermeture de Saint-Gobain Innovative Materials Belgium, avec le licenciement de 55 travailleurs, a choqué. La discussion a porté sur l'échec des stratégies de l'entreprise et l'impérieuse nécessité de trouver un repreneur pour le site d'Eupen. Le sort de ces travailleurs est devenu emblématique de problèmes plus vastes au sein du groupe, soulignant la nécessité d'un modèle d'entreprise plus durable et centré sur le salarié.

Alexander Ivanou, le directeur d'IndustriALL en charge du secteur des matériaux, a déclaré :

"Une fois encore, notre réseau nous a permis d'avoir une vision d'ensemble des enjeux qui se posent aux salariés de Saint-Gobain dans le monde et de faire la preuve de notre soutien. Les rapports présentés par les délégués ont montré l'importance du dialogue social mondial en tant que méthode efficace pour traiter les problèmes et les conflits et y apporter des solutions. Sans décrier l'intérêt des échanges occasionnels avec la direction de l'entreprise, nous lui avons toutefois réitéré notre invitation à mettre en place d'urgence un dialogue social institutionnalisé." 

Les syndicats indonésiens demandent une enquête sur l’explosion du four d’ITSS

L’entreprise est implantée dans le Parc industriel indonésien de Morowali (IMIP), dans le centre de l’île de Sulawesi. Ce gigantesque complexe industriel a la capacité de produire trois millions de tonnes de fonte brute au nickel ainsi que trois millions de tonnes d’acier inoxydable par an. Selon nos informations, il emploierait 28.500 travailleurs et couvrirait 3.000 hectares de terrain.

L’enquête initiale montre que l’explosion s’est produite alors que des ouvriers réparaient le four de la fonderie. La fuite au fond du four et la présence de réservoirs d’oxygène utilisés pour les réparations ont provoqué l’explosion.

Onze syndicats et ONG indonésiens, dont la SPN, affiliée à IndustriALL, ont publié un communiqué de presse condamnant ITSS pour sa négligence, à l’origine de cet accident industriel.

Ils ont souligné que le four de la fonderie aurait dû être arrêté avant que les réparations ne soient effectuées, que la recherche d’une productivité élevée par l’entreprise et le contournement des procédures de sécurité sont la cause de cette tragédie qui aurait pu être évitée.

“Nous demandons qu’une enquête approfondie soit menée contre ITSS pour avoir délibérément soumis des travailleurs à des conditions de travail dangereuses. L’entreprise doit assumer l’entière responsabilité de l’accident et indemniser les travailleurs et leurs familles. Toutes les entreprises situées dans l’IMIP doivent impliquer les syndicats dans l’amélioration des normes de sécurité. ITSS et l’IMIP doivent cesser d’intimider les travailleurs qui documentent les accidents du travail,”

a déclaré Iwan Kusmawan, Président du Conseil d’IndustriALL pour l’Indonésie et Responsable du département international de SPN.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Atle Høie, a envoyé une lettre de solidarité aux affiliés indonésiens du secteur minier, présentant les sincères condoléances du Secrétariat aux familles des travailleurs décédés dans l’accident et souhaitant un prompt rétablissement aux blessés.

“IndustriALL est prête à coopérer avec les affiliés indonésiens pour garantir le respect des droits de l’homme dans la chaîne d’approvisionnement des batteries. Toutes les multinationales doivent être tenues pour responsables des pratiques dangereuses et malsaines dans leur chaîne d’approvisionnement. Nous devons faire passer la vie des travailleurs et travailleuses avant le profit,”

a ajouté Atle Høie.

Illustration : SPN

Au Ghana, les mineurs veulent poursuivre la lutte pour de meilleures conditions de travail

Parmi ses réalisations, le syndicat cite l'indexation sur le dollar qui a porté le salaire minimum dans les mines à 500 $ au moins et la signature de conventions collectives qui ont donné aux travailleurs des prestations composées d'allocations et de primes d'incitation.

"Ces conditions de travail enviables expliquent l'attrait que connaît maintenant le travail dans les mines du Ghana", écrit le syndicat.

Ces réalisations sont à la base des résolutions qu'a adoptées la 13e Conférence quadriennale des délégués qui s'est tenue à Obuasi, à quelque 273 kilomètres d'Accra du 12 au 14 décembre, et à laquelle participaient plus de 200 délégués, sur le thème "Bâtir la résilience syndicale dans un monde du travail en constante évolution : Stratégies pour 2024 et au-delà". Ces résolutions portent sur la promotion de l'utilisation des outils numériques par les syndicalistes, comme les applications mobiles, les réunions en ligne, les webinaires, les forums et les réseaux sociaux. En outre, le syndicat a annoncé mettre en œuvre un programme d'éducation aux droits des travailleurs consacrés dans la Loi sur le travail de 2003 et les normes internationales du travail en tant que stratégies pour contrer les violations des droits des travailleurs et promouvoir la santé et la sécurité.

Le syndicat a aussi annoncé qu'il va déployer des efforts pour améliorer la sécurité sociale, les plans de pension, et rajeunir le syndicat par le recrutement de jeunes hommes et femmes. Cette démarche est censée pallier la baisse des effectifs et promouvoir une exploitation minière durable qui protège l’environnement et les intérêts de la communauté et génère des emplois verts. Le syndicat réclame une réglementation efficace des mines artisanales et de petite échelle.

"Bien que la transformation considérable du monde du travail suscite bien des défis, les attentes et les aspirations des travailleurs et de leurs syndicats pour des emplois décents et des existences épanouissantes restent inébranlables. La quête de salaires équitables et de meilleures conditions de travail se poursuivra sans relâche pendant ces quatre années. Le GMWU continuera de revendiquer la justice sociale et économique, de meilleures conditions de travail et d'existence pour ses membres et leurs familles et la transformation de la société pour le bien-être de tous ses membres,"

a déclaré Abdul-Moomin Gbana, qui a été réélu secrétaire général.

Dans ce qu'on peut qualifier de grande réalisation du programme pour la jeunesse d'Afrique subsaharienne (ASS), pour la première fois dans les 79 années d'existence du GMWU, une femme, Agnes Ama Agamasu, a été élue deuxième vice-présidente. Elle est aussi l'actuelle vice-présidente du comité régional jeunesse d'ASS.

La secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Afrique subsaharienne, Paule France Ndessomin, présente à la conférence, a déclaré :

"Je tiens à féliciter le GMWU qui a remarquablement organisé cette conférence quadriennale pendant laquelle ont été discutés des thèmes pertinents pour les travailleurs, notamment des campagnes contre le travail précaire et autres formes atypiques de travail, et qui a élu une nouvelle direction pour les quatre prochaines années. Un fait crucial est aussi la présence d'une jeune femme dans l'exécutif du syndicat. En outre, il est important de souligner que la démocratie participative est le fondement qui fait des syndicats les organisations collectives des travailleurs."

S’unir pour les droits des travailleurs : le partenariat entre États-Unis et Brésil

Valter Sanches, ancien Secrétaire général d’IndustriALL et aujourd’hui Conseiller au Ministère brésilien de l’emploi et du travail, s’est exprimé sur les origines de l’initiative :

“Le partenariat, proposé lors de la réunion du G7 au Japon, reflète un engagement mutuel sur les questions de travail au niveau mondial, renforcé par un protocole d’accord signé en juillet”.

Le PWR s’engage à créer des opportunités d’emploi significatives dans le secteur de l’énergie propre tout en protégeant les droits des travailleurs et travailleuses. Mark Mittelhauser, Sous-secrétaire adjoint aux affaires internationales du Ministère américain du travail, souligne les multiples facettes de l’approche du PWR.

“Il s’agit d’intégrer les lignes directrices de l’OIT sur la transition juste, d’encourager la coopération internationale et de promouvoir des chaînes d’approvisionnement responsables en énergie propre,”

explique Mittelhauser.

L’autonomisation des travailleurs et travailleuses est au cœur de la mission du PWR. Mittelhauser souligne l’importance du Partenariat pour permettre aux travailleurs et travailleuses de faire valoir leurs droits de manière efficace, en particulier le droit de se syndiquer et de négocier collectivement.

“L’autonomisation, en particulier des travailleurs et travailleuses qui sont vulnérables ou sous-représentés, est essentielle pour combler les écarts de rémunération, lutter contre la discrimination et faire progresser l’équité,”

poursuit-il.

Le PWR reconnaît que la promotion des droits des travailleurs va au-delà de la législation nationale. L’initiative tire parti de divers outils et ressources, tels que l’interdiction par les États-Unis des produits fabriqués par du travail forcé et des normes de travail strictes dans les accords commerciaux, afin d’encourager le travail décent dans les chaînes d’approvisionnement.

“Notre objectif est de travailler en collaboration avec le Brésil et d’autres partenaires pour soutenir un large éventail d’activités dans les principales chaînes d’approvisionnement,”

a indiqué Mittelhauser.

Pour le Brésil, Valter Sanches a expliqué que le succès de ce partenariat dépend de l’engagement actif des travailleurs et travailleuses ainsi que de leurs syndicats. Au Brésil, des mécanismes tels que le “Concilioū” et le Conseil national du travail revitalisé garantissent que leur voix est entendue. Nonobstant quelques difficultés, le dialogue permanent entre les différents ministères et les syndicats est essentiel à la mise en œuvre efficace de cette initiative.

Ce partenariat marque également une étape importante pour les États-Unis dans leur programme mondial en matière de droits du travail.

“L’engagement du Président Biden à être un président favorable aux travailleurs et le récent mémorandum présidentiel sur les droits du travail au niveau mondial soulignent nos efforts dans le cadre de ce partenariat,”

a déclaré Mittelhauser.

Ce partenariat entre États-Unis et Brésil en faveur des droits des travailleurs est plus qu’un accord, c’est un témoignage du pouvoir de la coopération internationale pour relever les défis mondiaux. Grâce à son approche globale de la promotion du travail décent et de la protection des droits des travailleurs, le PWR établit une nouvelle norme pour les initiatives mondiales en matière de travail.

“Ce partenariat ne concerne pas seulement les politiques, mais aussi les personnes : il s’agit de faire en sorte que chaque travailleur et chaque travailleuse ait voix au chapitre et ait la possibilité de s’épanouir dans un monde en mutation rapide,”

a déclaré Mittelhauser.

Le PWR est prêt à accueillir d’autres pays disposés à se joindre à cette cause.

“À l’avenir, le PWR aspire à soulever d’importantes questions relatives au travail sur la scène mondiale. La prochaine présidence brésilienne du G20 et la participation potentielle de pays comme le Canada, l’Argentine, le Mexique et l’Afrique du Sud soulignent les implications considérables de l’initiative,”

a indiqué Valter Sanches.

“Ce partenariat est encourageant et établit une nouvelle norme mondiale pour la protection des travailleurs et travailleuses. L’accent mis par cette initiative sur l’énergie propre et la transition juste est prometteur. Tout en nous félicitant de cet effort de collaboration, nous restons déterminés à faire en sorte que la voix des travailleurs et travailleuses soit au premier plan, afin de susciter des changements significatifs dans le paysage du travail à l’échelle mondiale,”

a déclaré Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL.

Bangladesh : des travailleurs licenciés sont réintégrés grâce au mécanisme ACT de règlement des litiges

En décembre 2021, des travailleurs de Dekko Designs Ltd., qui a pour clients des grandes marques comme ASOS, H&M, Inditex, Tchibo, Bestseller et Next, voulaient créer un syndicat sur leur lieu de travail avec le soutien de la BGIWF. Mais en janvier 2022, la demande d'enregistrement du syndicat a été rejetée par le Département du travail et les futurs dirigeants du syndicat, dont son secrétaire général et son président, ont été licenciés par la direction de l'usine.

Aidée par IndustriALL, la BGIWF a porté plainte dans le cadre du mécanisme ACT de règlement des litiges pour licenciements motivés par l'exercice du droit à la liberté syndicale et du droit d'organisation.

Après pratiquement deux années et de longues négociations dans lesquelles sont intervenus IndustriALL et des marques mondiales qui se fournissent auprès de Dekko Designs Ltd., un mémorandum d'accord a été signé entre la direction et le syndicat le 26 novembre 2023. Suivant ce document, trois travailleurs, dont le secrétaire général et le président du syndicat en gestation, seront réintégrés à partir de février et mars 2024 respectivement, avec versement des arriérés de salaires, tandis que deux autres recevront des indemnités de licenciement.

Apoorva Kaiwar, la secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Asie du Sud, a déclaré :

"C'est une victoire qui compte pour le syndicat et les travailleurs de Dekko Design. IndustriALL salue le combat mené par la BGIWF. La solution de ce litige va considérablement accroître la confiance des syndicats dans ce mécanisme de règlement."

L'ACT est le fruit d'un accord entre de grandes marques mondiales et IndustriALL Global Union qui a pour but de transformer le mode de fixation actuel des salaires et des conditions de travail dans le secteur du textile, du vêtement et de la chaussure dans le monde. Il est en vigueur au Bangladesh depuis 2020 et son mécanisme de règlement des litiges a un rôle majeur dans la solution des réclamations portant sur les droits des travailleurs, en matière notamment de liberté syndicale, de licenciements et de paiement des salaires et prestations.

Plusieurs recours pour des violations du droit des travailleurs à la liberté syndicale ont été introduits par des affiliés d'IndustriALL auprès du mécanisme de règlement des litiges de l'ACT. En novembre, l'Akota Garments Workers Federation (AGWF) a porté plainte contre le licenciement par Sung Kwang Apparels de quatorze travailleurs pour activités syndicales. La direction ne s'était pas contentée de licencier illégalement les intéressés, elle avait aussi porté plainte au pénal dans le but d'ébranler le syndicat. Le conflit a été réglé par un accord entre le syndicat et la direction qui a notamment retiré sa plainte au pénal.

En mars 2023, la Sommilito Garment Sramik Federation (SGSF) a introduit une procédure contre le harcèlement de dirigeants syndicaux par Mondol Intimate. Après des négociations, le litige a trouvé une issue en juin 2023. En juillet 2023, la Fédération Solidarité des travailleurs du Bangladesh a présenté un recours contre le licenciement de recruteurs chez Ananta Casual Ltd. Le litige s'est soldé par un accord octroyant aux travailleurs des indemnités de licenciement complètes.

La compagnie d’électricité du Malawi suspend 14 grévistes à la suite d’un conflit salarial

ESCOM a proposé une augmentation de 10 %, mais les salariés ont déclaré qu’ils voulaient une augmentation de 44 % pour protéger la valeur de leurs rémunérations contre l’augmentation du coût de la vie après la dévaluation du kwacha malawite par la banque de réserve du pays.

Le kwacha a été dévalué de 44 % en novembre et les détaillants de produits importés ont répercuté le coût sur les consommateurs, rendant ainsi les produits plus chers. Le Malawi importe des denrées alimentaires, des médicaments et des produits pharmaceutiques, des huiles d’hydrocarbure et des carburants qu’il utilise pour la production d’électricité et les transports, des engrais pour le secteur agricole, entre autres.

L’entreprise publique ESCOM, qui relève du ministère du travail et de la formation professionnelle du Malawi, a suspendu des dirigeants et des membres du Syndicat du personnel d'ESCOM (ESU) à la suite de l’action syndicale. Quatorze membres de l’ESU ont été suspendus. Sur un peu plus de 2.400 travailleurs de l’ESCOM, 2.040 sont des adhérents de l’ESU.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Atle Høie, s’est exprimé comme suit :

“Je demande instamment à ESCOM d’annuler sans délai les suspensions et de cesser de violer le droit à la liberté syndicale. En outre, il est important de rappeler que le Malawi a ratifié les normes fondamentales du travail de l’Organisation internationale du travail, en particulier la Convention 87 (liberté syndicale et protection du droit syndical) et la Convention 98 (droit à la syndicalisation et à la négociation collective), qui sont inscrites dans la loi sur les relations de travail du Malawi. IndustriALL appelle ESCOM à consulter l’ESU pour sortir de l’impasse et promouvoir l’harmonie sociale plutôt que les représailles.”

L’économie du Malawi repose principalement sur l’agriculture, le commerce de détail et la construction, tandis que les secteurs manufacturiers ont décliné. Toutefois, le secteur de l’énergie est considéré comme l’un des secteurs industriels susceptibles de créer des emplois et de contribuer à la croissance économique, notamment grâce à des investissements dans l’hydroélectricité, l’énergie solaire et d’autres formes d’énergie renouvelable. La dépendance à l’égard de l’hydroélectricité, qui représente 57 % du bouquet énergétique du pays, rend la production d’énergie du pays vulnérable au changement climatique, en particulier pendant les sécheresses.

Les syndicats affiliés à IndustriALL au Malawi regroupent les travailleurs et travailleuses dans les secteurs manufacturiers, notamment la chimie, les mines, le textile, la confection, la chaussure et le cuir.

COP28 : des avancées positives mais timides vers un avenir équitable et inclusif pour les travailleurs et travailleuses

Le Bilan mondial reconnaît, pour la première fois, la nécessité d’une transition juste pour s’éloigner des combustibles fossiles. Cette inclusion importante est conforme aux revendications de longue date des syndicats du monde entier. Toutefois, la présence de lacunes dans le texte a suscité des inquiétudes quant à l’engagement des parties à mettre en œuvre ces mesures de manière efficace. Le Bilan mondial reconnaît le manque d’ambition considérable pour atteindre l’objectif de 1,5 degré, mais ne fournit pas de feuille de route concrète pour combler ce fossé.

En ce qui concerne le financement de la lutte contre le changement climatique, si la création du fonds pour les pertes et préjudices marque un progrès, l’accord final ne parvient pas à mobiliser le niveau de financement requis par les pays en développement, en particulier pour les mesures d’adaptation. Cette lacune reste un sujet de préoccupation.

L’intégration de la “reconnaissance des droits des travailleurs” dans le Programme de travail sur la transition juste  (JTWP pour l’acronyme anglais couramment utilisé) et de la “protection sociale” dans les mesures d’adaptation constitue une avancée importante dans les négociations de la COP. Cette inclusion constitue une avancée significative pour les droits des travailleurs et travailleuses au niveau mondial. Cependant, l’absence de mention explicite des travailleurs et de leurs syndicats dans le document du Bilan mondial soulève des inquiétudes quant à l’occultation du point de vue du monde du travail dans le dialogue sur le climat.

Diana Junquera Curiel à la manifestation de la société civile lors de la COP28, le 10 décembre 2023

“Lors de la COP28, la délégation d’IndustriALL s’est activement engagée dans des discussions cruciales, allant de l’avenir des énergies renouvelables à la transition juste dans des secteurs tels que l’automobile et l’énergie. Notre implication dans les Partenariats pour une transition énergétique juste a particulièrement mis en évidence notre engagement envers le Sud. Nous avons veillé à ce que la voix des travailleurs et travailleuses dans les secteurs de l’énergie, de l’exploitation minière et de la fabrication industrielle soit entendue, en plaidant pour des transitions qui respectent leurs droits et leurs besoins.

Je suis fier du rôle joué par les syndicats lors de la COP28. Notre dévouement a consolidé notre position de défenseur influent des travailleurs et travailleuses. Même s’ils ne sont pas parfaits, nos acquis témoignent de notre travail acharné, de notre coordination et de notre collaboration permanente avec la société civile et marquent une étape importante dans notre lutte sans relâche en faveur des droits des travailleurs et travailleuses ainsi que d’une transition juste,”

a déclaré Diana Junquera Curiel, Directrice de la transition juste et de l’énergie auprès d’IndustriALL.

Malgré les défis, le rôle essentiel des travailleurs et travailleuses dans la transition vers un avenir durable est clair. La Confédération syndicale internationale (CSI), ainsi que les fédérations syndicales internationales et leurs syndicats affiliés, soulignent unanimement l’importance de la participation du monde du travail à la création et à la mise en œuvre de solutions climatiques. Sa participation est essentielle, qu’il s’agisse de construire des infrastructures d’énergie renouvelable telles que des panneaux solaires et des parcs éoliens ou d’offrir des services vitaux après des catastrophes liées au climat. Les contributions des travailleurs et travailleuses font partie intégrante d’un avenir durable.

Si les négociations de la COP ont permis de faire quelques timides avancées vers la reconnaissance et l’intégration des droits des travailleurs et de la protection sociale dans l’agenda climatique, il reste encore beaucoup à faire. L’appel lancé au plan mondial par les syndicats en faveur d’une transition juste rappelle qu’un avenir durable ne consiste pas seulement à réduire les émissions, mais aussi à garantir une transition équitable et inclusive pour tous les travailleurs et travailleuses du monde entier.

DJ Pohl et Dan Sherrell, s’exprimant lors de la séance plénière de clôture de la COP28 au nom du mouvement syndical international

“Nous sommes des milliards de travailleurs et travailleuses dans le monde. La CSI représente officiellement 200 millions d’entre nous, dans les économies formelles et informelles, au sein de 165 pays. Nous sommes aux côtés de tous les travailleurs et travailleuses pour réclamer une transition juste vers un avenir sans danger pour le climat, conforme à notre objectif de 1,5°C,”

a déclaré Dan Sherrell, du Conseil des syndicats australiens (ACTU), s’exprimant au nom du groupe des syndicats lors de la séance plénière de clôture de la COP28.