Les dirigeants syndicaux au Cambodge doivent être réintégrés

Le droit du travail cambodgien permet aux employeurs d’embaucher des travailleurs dans le cadre d’un CDD pour une durée de deux ans, avec une possibilité de prolongation de deux années supplémentaires. Les travailleurs employés dans le cadre d’un CDD ne bénéficient pas de la sécurité de l’emploi et sont vulnérables à l’exploitation.

En juillet et août de l’année dernière, la direction de Shun Xin Luggage a mis fin aux CDD des dirigeants syndicaux locaux, refusant de renouveler leurs contrats, en affirmant qu’il n’y avait pas de violation du droit des travailleurs.

IndustriALL a exhorté Shun Xin Luggage à mettre fin aux pratiques anti-syndicales et à réintégrer tous les dirigeants syndicaux. Shun Xin Luggage produit pour Lacoste, qui a contribué à l’organisation d’une réunion entre syndicat et direction de l’entreprise en décembre de l’année dernière. Cependant, l’entreprise refuse de réintégrer les travailleurs, affirmant que les postes vacants ont déjà été pourvus.

Le Président de la CUMW, Pav Sina, explique :

“Nous exigeons de la direction de Shun Xin Luggage qu’elle réintègre tous les dirigeants et militants syndicaux locaux en leur versant des arriérés de salaire. Toutes les formes d’anti-syndicalisme doivent cesser immédiatement et les droits fondamentaux des travailleurs doivent être respectés ; laissez les travailleurs se syndiquer”.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Atle Høie, a déclaré :

“Shun Xin Luggage se livre à une discrimination antisyndicale et enfreint la législation cambodgienne relative aux syndicats. Shun Xin doit reprendre les négociations avec la CUMW et agir en pleine conformité avec les normes nationales et internationales du travail. Nous appelons Shun Xin à réintégrer immédiatement les adhérents concernés à leurs postes initiaux”.

IndustriALL soutient les syndicats argentins face aux attaques du président d'extrême droite Milei

Le 17 janvier, pendant une réunion d'IndustriALL avec ses affiliés argentins, leurs dirigeants ont exposé leur plan pour combattre les mesures et discuté des actions qu'IndustriALL Global Union peut mener pour promouvoir la solidarité internationale.

Javier Milei a pris ses fonctions en décembre et ses réformes néolibérales radicales n'ont pas tardé à prendre corps. Le Décret de nécessité et d'urgence (DNU) et la Loi multiple récemment déposés devant le Congrès prévoient l'abrogation de centaines de lois.

Ces mesures sont une tentative de démantèlement de l'État argentin et imposent d'un seul coup une réforme constitutionnelle et de la législation du travail qui entraînerait la suppression du droit de grève, la criminalisation des protestations sociales et la disparition d'autres droits fondamentaux.

Bien que les tribunaux argentins aient récemment suspendu la réforme de la législation du travail figurant dans le DNU à la suite d'une injonction déposée par les trois centrales nationales, les syndicats restent très inquiets.

"Il faut descendre dans la rue en masse pour stopper ces abus," déclarent-ils dans l'appel à la grève lancé pour le 24 janvier.

Le secrétaire régional Marino Vani leur a exprimé le soutien inconditionnel d'IndustriALL :

"Nous connaissons la force des syndicats argentins. Ils sont un bastion de résistance contre l'agenda de l'actuel gouvernement, un programme de privatisations, d'abolition des droits au travail et des droits constitutionnels, le renoncement aux ressources et l'abandon de la souveraineté, la désindustrialisation, le chômage et la pauvreté. Un programme dans lequel le grand gagnant est le grand capital".

"Dans cette bataille, l'unité dans l'action et la solidarité vont compter plus que jamais. IndustriALL sera à vos côtés à chaque instant,"

a-t-il ajouté.

La réunion s'est tenue au siège de l'AOMA, avec la participation de dirigeants des syndicats AOMA, CNTI, FATIQyP, FATLYF, FETIA, SMATA, STIGAN et UOM. 

Trois mineurs tués dans les exploitations meurtrières du Pakistan

Ces mineurs travaillaient au fond d’un charbonnage lorsque du méthane s’est accumulé et, en raison de l’absence de mécanismes de sécurité appropriés dans la mine, les travailleurs n’ont pas pu être avertis de ce phénomène d’accumulation. Selon les médias, les conditions dangereuses à l’intérieur de la mine ont retardé les opérations de sauvetage et il a fallu plusieurs heures pour récupérer les corps.

Il ne s’agit pas d’un cas isolé. Les mines pakistanaises sont caractérisées par des conditions de travail dangereuses. Le 14 janvier, un autre mineur a perdu la vie à la suite d’un éboulement. L’année dernière, plus d’une centaine de mineurs ont été tués dans des accidents du travail. Le nombre élevé de décès sur les sites miniers est le reflet d’une application défaillante des mesures de sécurité.

Les affiliés d’IndustriALL au Pakistan qui syndiquent les mineurs, signalent que ceux qui sont employés dans des mines non enregistrées ne reçoivent pas de formation professionnelle adéquate et que les protocoles de sécurité ne sont pas respectés sur ces sites miniers. En outre, aucun registre n’est tenu sur les travailleurs envoyés sur des chantiers souterrains, ce qui complique le cas échéant les opérations de sauvetage, car il est impossible d’estimer le nombre de travailleurs piégés à l’intérieur.

IndustriALL a toujours plaidé en faveur de mines sûres au Pakistan. L’année dernière, IndustriALL a organisé des formations professionnelles pour les mineurs afin de s’assurer qu’ils connaissent les pratiques minières sûres. IndustriALL a également mené une campagne active pour la ratification de la Convention 176 de l’OIT, sur la sécurité dans les mines.

La Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Asie du Sud, Apoorva Kaiwar, a déclaré :

“IndustriALL condamne fermement ces meurtres de mineurs dus au manque de sécurité sur leur lieu de travail. Les gouvernements du Pakistan et de la province du Baloutchistan, ainsi que les employeurs, doivent prendre la responsabilité de garantir des environnements de travail sûrs sur les sites miniers. Nous exhortons également le gouvernement pakistanais à ratifier immédiatement la Convention 176 de l’OIT”.

Illustration : Shutterstock

Un chantier de démolition navale dangereux fait deux victimes au Pakistan

Depuis des années, de nombreux accidents qui auraient pu être évités se produisent à cause des conditions de travail dangereuses qui règnent sur les chantiers de déconstruction navale du Pakistan. Cette fois, c'est au chantier n° 60, alors qu'ils démantelaient le vraquier vieux de 26 ans Catherine Bright, battant pavillon du Panama, que deux travailleurs, Qasim et Mustafa, ont succombé à cause de conditions de travail dangereuses.

La Fédération nationale syndicale (NTUF), affiliée à IndustriALL et qui représente les travailleurs des chantiers de déconstruction navale au Pakistan, indique que ces hommes sont forcés de travailler sans équipement de sécurité, ce qui est symptomatique des graves carences de la sécurité au travail dans le pays. Le syndicat ajoute que les corps des malheureux travailleurs ont été enterrés à la hâte au milieu de la nuit, sans qu'il y ait eu d'autopsie ou d'enquête de police.  

Nasir Mansour, le président du NTUF, déclare :

"Les chantiers de démolition navale de Gadani sont des zones de non-droit. Les protocoles de sécurité ne sont pas appliqués et la collusion règne fréquemment entre les propriétaires, la police et les autorités afin de cacher les causes réelles des incidents et empêcher que les véritables coupables soient punis. Nous exigeons une enquête en bonne et due forme sur l'incident survenu au chantier n° 60."

Le Pakistan a récemment ratifié la Convention de Hong Kong (HKC) qui entrera en vigueur en juin 2025. Pour se conformer à ses normes, les gouvernements devront améliorer les infrastructures, les installations sanitaires et les mécanismes de traitement des déchets dans les chantiers de démolition navale.

Le secrétaire général d'IndustriALL, Atle Høie, a déclaré :

"Que deux travailleurs aient perdu la vie par l'absence de mesures de sécurité sur leur lieu de travail est quelque chose d'effroyable. Il faut que le gouvernement prenne au sérieux la sécurité au travail dans les chantiers de démolition navale, surtout après avoir ratifié la HKC."  

Les FSI lancent une boîte à outils pour soutenir les travailleurs et travailleuses LGBTQI+ dans le cadre de la C190 de l’OIT

Cette initiative s’inscrit dans la lignée de la Convention 190 de l’Organisation internationale du travail (OIT), qui cible la violence et le harcèlement sur le lieu de travail et qui est entrée en vigueur le 25 juin 2021.

Guide de l'animateur Manuel du partricipant
 

Agir contre la violence et le harcèlement à l’encontre des travailleurs et travailleuses LGBTQI+ ainsi que d'autre groupes vulnérables; Guide de l'animateur / Manuel du participant (en anglais)

La Convention 190, premier traité international à reconnaître le droit de chacun à un monde du travail exempt de violence et de harcèlement, traitait de la violence fondée sur le sexe, ce qui a été au cœur de la campagne de ratification de cette convention. Avec la recommandation 206, elle constitue un cadre pour la création d’environnements de travail plus sûrs et plus respectueux à l’échelle mondiale.

Avec une pleine compréhension des défis uniques auxquels sont confrontées les personnes LGBTQI+, la nouvelle boîte à outils traite spécifiquement de la violence et du harcèlement à l’encontre de cette communauté. Elle comprend deux ressources clés : le guide LGBTQI+ de l’animateur et le manuel LGBTQI+ du participant.

Le guide LGBTQI+ de l’animateur est un outil destiné aux éducateurs et aux animateurs. Il comporte trois modules avec diverses activités conçues pour améliorer la compréhension de la violence et du harcèlement à l’encontre des travailleurs et travailleuses LGBTQI+. Ce guide vise non seulement à sensibiliser, mais aussi à favoriser des discussions sérieuses et des mesures proactives à l’intérieur les syndicats et sur les lieux de travail. Il est structuré de manière à répondre à différents niveaux de connaissances, ce qui le rend accessible et efficace pour un large public.

Complétant le guide de l’animateur, le manuel LGBTQI+ du participant est une ressource pour les membres des syndicats, les travailleurs et les militants LGBTQI+. Ce manuel est divisé en trois modules principaux : sensibilisation, action sur le lieu de travail et actions syndicales. Chaque module comprend des activités visant à comprendre les vulnérabilités uniques des personnes LGBTQI+, l’impact de la violence et du harcèlement ainsi que des stratégies pratiques pour lutter contre ces problèmes. Le manuel souligne l’importance de la mise en œuvre de la Convention 190 de l’OIT et favorise la création d’environnements de travail inclusifs et respectueux.

“IndustriALL s’engage à promouvoir la Convention 190 de l’OIT. Nous reconnaissons le rôle crucial que jouent les syndicats pour assurer la ratification et la mise en œuvre de la C190 au sein des législations nationales. L’outil de formation des animateurs et animatrices: pour les travailleurs et travailleuses LGBTQ+ et l’outil sur la violence et le harcèlement dans le monde du travail publié en 2022 font partie de cet effort plus large, développé en collaboration avec d’autres fédérations syndicales internationales pour sensibiliser et faciliter l’action autour de la convention,”

a déclaré Christine Olivier, Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL.

Grâce à ces ressources, les FSI visent à donner aux syndicats et à leurs membres du monde entier les moyens de défendre les droits des travailleurs et travailleuses LGBQTI+, en veillant à ce que les principes de la Convention 190 soient non seulement reconnus, mais aussi activement intégrés dans la culture des lieux de travail. La boîte à outils est l’une des nombreuses étapes importantes vers un monde où tous les travailleurs et toutes les travailleuses, quelle que soit leur orientation sexuelle, leur identité de genre ou leur appartenance ethnique, peuvent travailler sans crainte et sans discrimination.

Victoire syndicale pour les métallos turcs face à une inflation record

Au terme de mois de négociations, les trois affiliés turcs d'IndustriALL Global Union et d'IndustriALL Europe, Türk Metal, Birleşik Metal İş et Özçelik-İş, ont obtenu des hausses de salaires substantielles. Pour les six premiers mois, elle sera de 98 pour cent et, si on ajoute les prestations sociales, le total atteint le chiffre impressionnant de 105,1 pour cent.

Le président général de Türk Metal, Pevrul Kravlak, déclare :

"Nous avons tenu notre promesse et obtenu une augmentation de plus de 100 pour cent pour le 100e anniversaire de la république. La hausse du coût de la vie et la montée de l'inflation sont source de difficultés, surtout pour les salariés. Dans ces conditions, nous nous sommes battus dans la négociation pour que les travailleurs de la métallurgie que nous représentons puissent vivre dignement."

Yunus Değirmenci, le président général d'Özçelik-İş, ajoute :

"Après une longue et difficile bataille, nous avons signé avec le Groupe MESS une convention collective répondant aux revendications et aux attentes de nos adhérents et qui leur rendra, ainsi qu'à leurs familles, le sourire et une lueur d'espoir."

Le président général de Birleşik Metal-İş, Özkan Atar, conclut :

"Les travailleurs de la métallurgie ont obtenu de grandes avancées grâce à des mois d'une lutte acharnée et déterminée. Pendant des mois, nous avons clamé "Nous gagnerons, les métallos gagneront !" et nous avons dit "Si les métallos gagnent, tous les travailleurs gagneront". Les métallos ont gagné, toute la classe laborieuse a gagné ! NOUS AVONS GAGNÉ !"

En septembre 2023, les trois affiliés ont entamé ensemble des campagnes de négociation concernant plus de 150.000 travailleurs sur 400 lieux de travail. Mais en novembre, les négociations ont abouti à une impasse et ont capoté, entraînant le retrait des syndicats, principalement pour des désaccords insolubles sur des questions salariales.

Longtemps, pendant les négociations, l'association des employeurs MESS ne s'est pas montrée coopérante, poussant les syndicats à l'action revendicative. Les pourparlers ont tourné au conflit à cause du refus de la MESS de discuter de la baisse du pouvoir d'achat des travailleurs dans un contexte d'inflation record.

Suivant l'Office turc de statistique TÜIK, les prix à la consommation ont augmenté de 64,77 pour cent en 2023, bien qu'un scepticisme général entoure l'exactitude de ce chiffre. ENAGrup, un collectif de chercheurs indépendants, estime qu'il serait nettement plus élevé, à 127,21 pour cent.

Le 7 décembre 2023, des milliers de membres de Türk Metal ont exprimé leur mécontentement en accrochant des couronnes noires* au siège de la MESS, à Istanbul, et dans plusieurs de ses antennes régionales. Peu après, le 9 janvier, Türk Metal a organisé une journée de grève et, le 11, des actions de protestation pendant les changements d'équipes dans tous les sites de production couverts par la convention avec la MESS.

Birleşik Metal İş a lui aussi lancé une action collective avec des grèves d'avertissement. Il s'agissait d'arrêter la production une heure pendant trois postes, soit un total de six heures par semaine pendant un mois et demi. De plus, des membres de Birleşik Metal İş ont organisé des rassemblements aux centres de villes où des membres de la MESS ont des usines.

Les principaux éléments de l'accord du 17 janvier sont :

Une hausse des salaires pour compenser l'inflation extraordinaire que connaît le pays, assortie de garanties pour les deux années de la convention 

La secrétaire générale adjointe par intérim d'IndustriALL Europe, Isabelle Barthès, loue la force et l'esprit combatif des syndicats turcs et elle les félicite pour leurs grandes réalisations.

"Les travailleurs de la métallurgie turcs ne réclament rien de moins que la part de la productivité et des profits qui leur revient pour faire face à leurs besoins élémentaires, préserver un niveau de vie décent et leur dignité face à une inflation record. Avec des chiffres d'exportation et de ventes record, les entreprises peuvent clairement se le permettre."

Le secrétaire général adjoint d'IndustriALL Kemal Özkan s'est également exprimé sur les succès remarquables des métallos turcs :

"Quelle belle réalisation des travailleurs turcs de la métallurgie dans une situation économique et sociale difficile. Les métallos ont uni leurs forces et ils ont gagné. Ils ont montré leur unité de telle manière qu'une convention de cette importance a été obtenue sans même devoir faire grève. Bravo !"

*    Traditionnellement, en Turquie, une "couronne noire" est un symbole utilisé pour protester ou en signe de deuil. Lorsqu'il s'agit d'une protestation, elle exprime un grief ou un mécontentement face à une situation, une décision ou une entité particulières.

Le gouvernement indien continue d’attaquer le mouvement syndical

Le gouvernement indien a récemment reconstitué le Conseil central d’administration (CBT) de l’organisme de financement des retraites, l’EPFO, à l’issue de son mandat de cinq ans. Le nouveau conseil exclut les représentants syndicaux de l’INTUC, de l’AITUC et de l’AIUTUC, qui disposaient de sièges au sein de l’organe précédent.

Le CBT de l’EPFO est un organe statutaire tripartite constitué par le gouvernement central et composé de représentants des salariés, des employeurs et du gouvernement. Ce conseil d’administration est présidé par le Ministre du travail et de l’emploi de l’Union et compte dix sièges pour les représentants des salariés.

Sur les dix représentants des travailleurs, trois membres appartiennent au Bharatiya Mazdoor Sangh (BMS), contrôlé par le gouvernement, tandis que deux sièges ont été laissés vacants au sein du nouveau conseil d’administration. Le nombre de membres des syndicats détermine lesquels d’entre eux seront inclus dans le conseil d’administration et combien de sièges seront attribués à chacun des syndicats représentés.

Le dernier référendum pour connaître les effectifs des syndicats a eu lieu en 2002. Selon ce référendum, l’INTUC et l’AITUC sont devenus respectivement les deuxième et troisième centrales syndicales du pays, mais toutes deux ont été exclues du nouveau Conseil.

Sanjay Singh, Secrétaire général de la Fédération nationale indienne des travailleurs de l’électricité, affiliée à l’INTUC et à IndustriALL, a déclaré :

“Nous nous opposons fermement à l’exclusion de l’INTUC du Conseil d’administration. Nous représentons des millions de travailleurs et nous exclure signifie que le gouvernement exclut la voix des travailleurs. Les syndicats ont exigé du gouvernement qu’il organise un nouveau référendum pour déterminer la composition de chaque organisation.”

La plate-forme centrale commune des syndicats a adressé une lettre au Ministre du travail et de l’emploi pour lui faire part de sa désapprobation quant à la représentation discriminatoire et disproportionnée des syndicats au sein du Conseil d’administration.

La Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Asie du Sud, Apoorva Kaiwar, a déclaré :

“IndustriALL condamne l’affaiblissement constant des mécanismes tripartites par le gouvernement indien. Nous soutenons fermement nos affiliés dans leur lutte contre la décision arbitraire du gouvernement concernant la réorganisation de l’EPFO”.

Libérez le leader syndical kirghize Eldar Tadjibaev !

En décembre dernier, le Comité pour la sécurité nationale a emprisonné deux présidents adjoints de la Fédération des syndicats du Kirghizistan (FSK) ainsi que plusieurs présidents de syndicats de branche, dont Eldar Tadjibaev, le président de notre affilié, le Syndicat de la mine et de la métallurgie du Kirghizistan (SMMK). Le 28 décembre, une juridiction pénale a prolongé la détention d'Eldar Tadjibaev et d'autres dirigeants syndicaux jusqu'au 28 février.

La situation a continué à se dégrader le mois dernier et IndustriALL a attiré l'attention de la Commission européenne et réitéré sa démarche auprès de l'OIT.

Selon les syndicats kirghizes, après ces arrestations, les organes chargés de l'application des lois ont recouru à l'intimidation et aux menaces de nouvelles arrestations pour forcer tous les présidents de syndicats à se démettre. C'est pourquoi tous les présidents des syndicats de branche et tous les vice-présidents de la FSK ont démissionné.

Le 29 décembre, tous les membres du Conseil de la FSK ont voté, certainement sous la pression des autorités, le transfert des centres de santé que la FSK possède qui pourront être utilisés gratuitement à titre temporaire par l'administration présidentielle, pour répondre à un décret présidentiel du 22 novembre 2023.

En outre, la tenue d'un congrès extraordinaire de la FSK a été fixée au 15 février. Dans la situation actuelle, compte tenu de la pression énorme que subissent les syndicats au Kirghizistan, il serait étonnant que le congrès extraordinaire de la FSK puisse élire démocratiquement sa direction, sans ingérence de l'État.

Au prétexte de la lutte contre la corruption, les autorités kirghizes s'immiscent dans les affaires intérieures des syndicats, saisissent leurs avoirs et remplacent tous les dirigeants des syndicats de branche par des gens qui leur sont acquis.

Le secrétaire général d'IndustriALL, Atle Høie, déclare :

"Nous considérons l'arrestation d'Eldar Tadjibaev, dirigeant syndical actif et progressiste, qui a toujours été le fer de lance de la lutte contre les violations des droits au travail, comme une façon pour l'État d'empêcher les travailleurs de s'exprimer légitimement par l'intermédiaire de leurs syndicats et d'intimider leurs dirigeants."

Augmentation de 20 % des salaires des travailleurs et travailleuses du textile en Tunisie

L’accord, conclu à l’issue de négociations organisées par le siège de l’Inspection générale du travail et supervisées par le Ministère des affaires sociales, prévoit une augmentation salariale de 6,5 % pour 2024 et 2025 et une augmentation de 7 % pour 2026. Une prime d’ancienneté de 1 pour cent par deux années de service a été convenue.

L’accord comprend également la révision d’un certain nombre d’aspects réglementaires, parmi lesquels la modification des chapitres de l’accord sectoriel conjoint sur les textiles relatifs aux promotions. Ces révisions assurent le maintien du même grade pour les promotions, ce qui garantit un déroulement de carrière ascendant.

Habib Al-Hazami, Secrétaire général de la FGTHCC-UGTT, explique :

“L’augmentation est importante pour rétablir le pouvoir d’achat des travailleurs et travailleuses du secteur. Cet accord est le reflet d’un climat social sain dans le secteur et de négociations responsables”.

 

Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL, a déclaré :

“Il s’agit d’une victoire syndicale importante compte tenu des difficultés rencontrées par l’économie tunisienne. C’est le résultat du travail acharné de la FGTHCC-UGTT depuis de nombreuses années au niveau de la syndicalisation et de l’amélioration du dialogue social sectoriel. Nous félicitons tous les travailleurs et travailleuses du secteur en Tunisie ainsi que la direction du syndicat.”

Crédit photo : Marcel Crozet / OIT

Lutter pour l'égalité de genre dans un monde toujours plus inégalitaire

Les hommes possèdent 105 billions de dollars de plus que les femmes dans le monde, soit un écart de fortune égal à plus de quatre fois le chiffre de l'économie des États-Unis. Selon Oxfam, en 2019, pour 1 dollar en revenu du travail pour les hommes, les femmes touchaient à peine 51 cents.

Le rapport constate aussi qu'au total, seule une entreprise sur trois est la propriété d'une femme et que, sur les 1.600 plus grandes entreprises au monde, moins d'une sur quatre s'est engagée publiquement pour l'égalité de genre.

Selon Oxfam, "Les bas salaires font que beaucoup de travailleuses peinent de longues heures au travail sans arriver à sortir de la pauvreté, tandis que les inévitables écarts salariaux entre hommes et femmes et la lourdeur des charges familiales non rémunérées sont la marque d'une économie mondiale fondée sur une exploitation systématique des femmes."

Tous les travailleurs devraient avoir les mêmes droits; or, les femmes et les jeunes travailleurs sont discriminés et souvent privés de leurs droits fondamentaux. IndustriALL se bat contre cette discrimination au travail en préconisant une participation affirmée et équitable dans les organisations syndicales. Les femmes doivent avoir les mêmes salaires, les mêmes chances et un cadre de travail sûr. L'égalité de genre fait que les femmes aient la part qui leur revient d'emplois bien rémunérés et reçoivent un salaire égal pour un travail d'égale valeur.

L'an dernier, IndustriALL a lancé une boîte à outils (Pay Equity Toolkit) conçue pour aider les syndicats dans la négociation de l'équité salariale. Elle énonce cinq mesures que les syndicats peuvent prendre pour combler l'écart salarial entre femmes et hommes.

Ces mesures consistent à :

La secrétaire général adjoint d'IndustriALL Christina Olivier a déclaré :

"Ce que dénonce le rapport d'Oxfam est choquant et souligne la nécessité de briser le cycle des inégalités de genre qu'alimentent des rapports de forces inégalitaires entre hommes et femmes, et qui ont leurs racines dans le patriarcat, des normes sociales et culturelles nocives et la discrimination. Nous devons nous attaquer à ces causes profondes, par la gestion du risque, et mettre fin aux abus de pouvoir et à l'inégalité."