Des syndicats du monde entier demandent qu’il soit mis fin à la gestion irresponsable de GFG Alliance/Liberty Steel

Les usines européennes d’Alliance GFG / Liberty Steel traversent leur pire crise :

Malgré l’avertissement lancé par les syndicats aux autorités publiques nationales et européennes concernant la mauvaise gestion de M. Gupta, et après plusieurs demandes infructueuses de rencontre entre lui et une délégation syndicale mondiale, les syndicats de GFG Alliance / Liberty Steel passent à l’offensive pour faire pression :

Christina Olivier, Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL, a déclaré :

“La situation chez GFG Alliance / Liberty Steel n’est pas seulement une crise, elle constitue un appel tonitruant à une action collective urgente. Nous exigeons de la direction qu’elle rende des comptes immédiatement et de manière exhaustive afin d’éviter une catastrophe qui menace des milliers d’emplois et le fondement même de notre avenir industriel. Le temps de la solidarité est venu, nous devons nous unir à l’échelle mondiale pour défendre nos travailleurs et travailleuses et la survie de l’industrie sidérurgique”.

Judith Kirton-Darling, Secrétaire générale adjointe par intérim d’industriAll Europe, a déclaré :

“Les travailleurs des sites de GFG ont atteint le point de rupture. Notre industrie sidérurgique est stratégique, elle est vitale pour l’action climatique et notre sécurité. Elle ne doit pas être le jouet de propriétaires irresponsables, notre avenir industriel est trop important. Les sidérurgistes européens traversent actuellement une période difficile, mais sur les sites de GFG, les travailleurs et travailleuses sont les victimes de la mauvaise gestion des entreprises ainsi que du manque d’investissement et de respect”.

Une Cour se prononce en faveur des travailleurs sous-traitants indiens de la sidérurgie

Les travailleurs précaires en sous-traitance de BPSC sont membres du Syndicat Jharkhand Krantikari Mazdoor (JKMU), affilié à IndustriALL par le biais de Unions United. Le JKMU a mené une longue bataille juridique pour obtenir le paiement d’avantages sociaux complémentaires (ASC) sous la forme d’une allocation de présence de 1.000 INR (12 dollars) par mois aux travailleurs sous-traitants de BPSC. Il s’agit du même montant que celui versé aux travailleurs sous-traitants de l’usine sidérurgique SAIL (Steel Authority of India Limited) de Bokaro, active sur le même site que BPSC.

Le 22 février 2017, le tribunal du travail a statué en faveur de JKMU en qualifiant de discriminatoire et injustifié le non-paiement des ASC aux travailleurs en sous-traitance de BPSC. Le tribunal a décidé que la direction de BPSC devait payer à ses travailleurs en sous-traitance le même montant que celui versé aux travailleurs de l’usine SAIL, étant donné que les deux usines sont situées sur le même site et que BPSC est le seul fournisseur d’électricité de l’usine sidérurgique. Le tribunal a estimé que l’aciérie serait paralysée sans la centrale électrique de BPSC. Le tribunal a ordonné à BPSC de verser à ses travailleurs en sous-traitance une indemnité mensuelle de présence de 1.000 INR (12 dollars) à partir d’octobre 2009.

Le 3 janvier 2024, la Haute Cour de Jharkhand a soutenu la décision du tribunal du travail, annulant son jugement antérieur qui était en faveur de la direction de BPSC. Chaque travailleur en sous-traitance de la BPSC a désormais droit au versement de 172.000 INR (2.071 dollars). La valeur réelle du montant mensuel convenu a été pratiquement divisée par deux depuis 2009 en raison de l’inflation.

Gautam Mody, représentant de Unions United et membre du Comité exécutif d’IndustriALL, a déclaré :

“Les travailleurs en sous-traitance ne sont pas reconnus par les employeurs et sont soumis aux caprices et aux retards du système juridique qui leur refuse des droits syndicaux. Ils n’ont pas le droit à la négociation collective et ne sont pas couverts par les conventions collectives des travailleurs permanents. Ils font l’objet d’une discrimination dans tous les sens du terme”.

Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL, a déclaré :

“IndustriALL salue la lutte du Syndicat Jharkhand Krantikari Mazdoor. Nous sommes solidaires de tous les travailleurs en sous-traitance de BPSC. Nous pensons que la lutte contre le travail précaire n’est pas le combat des seuls travailleurs et travailleuses précaires, mais celui de l’ensemble de la classe ouvrière.”

Illustration : Shutterstock

Bélarus : libération d'une dirigeante syndicale

Zinaïda a été arrêtée le 25 mars 2022 après une perquisition de son domicile et des bureaux du syndicat. Les chefs d'accusation retenus contre elle se fondaient sur des écoutes téléphoniques alors qu'elle était activiste du syndicat.

Le Bélarus compte actuellement 1.414 prisonniers politiques, dont des dizaines de dirigeants, activistes et membres des trois affiliés d'IndustriALL dont la Cour suprême du Bélarus a ordonné la liquidation en juillet 2022.

La répression et les attaques de l'appareil d'État contre les syndicats indépendants, la société civile et les droits de l'homme sont une riposte aux protestations de masse qui ont suivi la réélection d'Alexandre Loukachenko en août 2020.

IndustriALL se félicite de la libération de Zinaïda Michniuk. Nous exigeons la libération de tous les leaders, activistes et adhérents syndicaux qui ont été condamnés en raison de leur combat pour la démocratie, les droits humains fondamentaux et les droits des travailleurs.

Les FSI demandent à l’UE de retirer l’initiative TSA et le programme MADE in Myanmar

En tant que représentants des syndicats du monde entier, nous vous écrivons pour demander à l’UE de réévaluer ses politiques à l’égard du Myanmar, en particulier la politique commerciale préférentielle “Tout sauf les armes” (TSA) et le soutien au programme de l’Alliance multipartite pour l’emploi décent dans l’industrie de l’habillement au Myanmar (MADE in Myanmar).

L’initiative TSA a été introduite en 2013 en reconnaissance du cheminement du Myanmar vers la démocratie. À l’occasion du troisième anniversaire du coup d’État militaire, nous pensons qu’il est désormais évident que ce cheminement s’est inversé et que l’initiative TSA devrait être retirée.

MADE in Myanmar est soutenu financièrement par l’UE en partenariat avec des marques de vêtements de l’UE et prétend soutenir les organisations de défense des droits des travailleurs et les syndicats et répondre aux doléances des travailleurs. Les syndicats du Myanmar, qui ont été interdits par la junte, ont condamné ce programme qu’ils considèrent comme une imposture, conçue pour blanchir les violations des droits des travailleurs et fournir une couverture politique aux marques de vêtements qui considèrent le Myanmar comme un lieu d’approvisionnement bon marché et pratique. Le régime continue d’arrêter des syndicalistes et de recourir à la force militaire pour réprimer les manifestations et l’activisme des travailleurs et travailleuses.

Le régime militaire a tué plus de 4.000 personnes, en a arrêté près de 26.000 et a suspendu les organisations de la société civile, y compris les syndicats libres. De nombreux fonctionnaires, dont 200.000 enseignants, ont refusé de travailler pour le régime et ont rejoint le mouvement de désobéissance civile. Nombre d’entre eux ont été tués ou emprisonnés, tandis que d’autres ont perdu leur emploi et vivent dans des conditions extrêmement difficiles. L’UE le reconnaît dans son récent programme d’aide de 10,5 millions d’euros destiné à lutter contre la crise de la faim.

L’UE a condamné le coup d’État en février 2021 et a imposé des sanctions ciblées à l’encontre de personnes et d’organisations liées aux pires abus. En janvier 2023, à la veille du deuxième anniversaire du coup d’État, l’UE a averti que des mesures supplémentaires seraient prises si la situation ne s’améliorait pas. Nous pensons qu’il est grand temps de prendre ces mesures.

Les syndicats du Myanmar affirment que l’interdiction de leurs organisations et l’absence de liberté syndicale signifient que les travailleurs et travailleuses sont confrontés à des conditions d’esclavage moderne. Cette constatation a été confirmée par la commission d’enquête de l’OIT, qui a fait état de graves violations des conventions sur la liberté syndicale et le travail forcé. Cela signifie que des vêtements fabriqués dans des conditions d’esclavage moderne sont vendus aux consommateurs de l’UE par des entreprises européennes, avec le soutien financier et politique de l’UE.

Avant la publication du rapport de l’OIT, l’UE a déclaré qu’elle examinerait ses politiques à la lumière des conclusions du rapport. Le rapport est sans équivoque et fait état de violences à l’encontre de dirigeants syndicaux, de l’émission de mandats d’arrêt et de l’annulation de passeports, de cas de travail forcé, de l’utilisation de boucliers humains, de l’enrôlement forcé dans l’armée et de l’imposition de la loi martiale. Étant donné l’impossibilité d’exercer une diligence raisonnable dans un environnement où la liberté syndicale n’est pas possible, le programme MADE au Myanmar est intenable.

La junte militaire est largement considérée comme étant dans une position précaire, perdant des territoires au profit de groupes armés et faisant face à une résistance soutenue dans les zones qu’elle contrôle. En raison du refus de nombreux fonctionnaires de travailler pour la junte, l’État fonctionne à peine. Le régime a désespérément besoin de devises étrangères pour acheter du carburant pour les transports et la production d’électricité, des armes et des munitions.

En soutenant le commerce avec le Myanmar par le biais de l’initiative TSA et les investissements de l’UE par le biais de MADE, l’UE fournit une bouée de sauvetage vitale à un régime despotique qui est à bout de souffle. L’extension des sanctions, le retrait des préférences commerciales et la fin du soutien aux marques de l’UE au Myanmar affaibliraient considérablement le régime et accéléreraient le retour à la démocratie.

Le gouvernement d’unité nationale (GUN), formé par les partis élus démocratiquement en novembre 2020, est prêt à reprendre le chemin de la démocratie dès la chute du régime. Le GUN a formé une structure tripartite, avec la principale fédération syndicale et une association d’employeurs démocratique, qui s’engage à mettre en œuvre les recommandations du rapport de l’OIT lorsque la démocratie sera rétablie.

Cette structure, qui reflète les valeurs de l’UE, mérite d’être soutenue. L’UE doit envoyer un message clair : il n’est pas acceptable de faire des affaires avec un régime répressif alors qu’une alternative démocratique attend dans les coulisses. Nous vous demandons instamment de retirer l’initiative TSA et le programme MADE in Myanmar.

Bien sincèrement.

Les Secrétaires généraux des organisations suivantes, qui sont membres du Conseil de Global Unions : UNI, IE, CSI, IBB, AIEA, IndustriALL, FIJ, ITF, UITA, ISP, TUAC.

Les FSI appellent à une action unifiée à la suite de l’arrêt de la CIJ dans l’affaire du génocide de Gaza

Les mesures provisoires contraignantes de la CIJ répondent au besoin urgent de protéger la population de Gaza et d’empêcher qu’elle ne subisse d’autres préjudices. La CIJ et la Convention existent pour protéger les droits de l’homme et la sécurité des personnes vulnérables et comptent sur le soutien de la communauté internationale. Le moment est venu de renforcer la confiance dans l’ordre juridique international.

Les FSI soulignent la gravité de la situation. Nos membres à Gaza sont tués dans l’exercice de leurs fonctions, notamment des enseignants, des travailleurs de la santé, des transporteurs, des journalistes, du personnel de l’ONU, des travailleurs humanitaires internationaux et bien d’autres encore.

Nous demandons instamment à Israël de se conformer à l’ordonnance de la CIJ et de prendre des mesures immédiates pour prévenir les actes de génocide, punir l’incitation au génocide et faciliter la fourniture de services de base et d’aide humanitaire aux Palestiniens de Gaza.

Les signataires demandent également à la communauté internationale de prendre les mesures suivantes :

Tout en exprimant notre soutien à l’enquête interne de l’ONU, la population de Gaza et nos membres dépendent de l’aide vitale apportée par l’UNWRA. Les FSI demandent instamment aux pays qui ont suspendu leur financement de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) de reconsidérer leur décision.

Les FSI ci-dessous représentent des millions de travailleurs et travailleuses dans tous les secteurs de l’économie à travers le monde. Nous nous engageons à promouvoir et à protéger les droits de l’homme et les droits syndicaux dans le monde entier et nous continuerons à faire entendre notre voix pour défendre les travailleurs et les travailleuses.

Internationale des travailleurs du bâtiment et du bois
Internationale de l’éducation
IndustriALL
Fédération internationale des journalistes
Fédération internationale des ouvriers du transport
Internationale des services publics
UNI Global Union

Photo : LA HAYE, PAYS-BAS – 21 AVRIL 2019 : Estrade de la Cour pénale internationale (CPI) – Friemann

Les syndicats préoccupés pour les travailleurs migrants en Israël

Avec le bombardement des territoires palestiniens occupés de Gaza et de Cisjordanie, le gouvernement israélien interdit aux travailleurs palestiniens d'entrer sur son territoire. Plus d'un million de travailleurs palestiniens avaient toutes sortes d'emplois précaires en Israël avant la résiliation de leurs permis de travail. Pour remédier à la pénurie de main-d’œuvre, Israël envisage de faire venir des travailleurs migrants d'Asie.

En Inde ont lieu des campagnes de recrutement pour l'envoi de travailleurs précaires en Israël. Le gouvernement du Sri Lanka encourage lui aussi ses travailleurs à postuler pour du travail en Israël. Beaucoup de travailleurs venus du Népal étaient déjà employés en Israël et certains ont perdu la vie pendant la guerre.

Les syndicats de ces deux pays critiquent leurs gouvernements qui encouragent les travailleurs à prendre des emplois dans une zone de guerre. Suivant un accord bilatéral signé par les gouvernements indien et israélien en mai dernier, 42.000 travailleurs indiens devraient être envoyés en Israël. Or, dans la situation actuelle, on estime qu'ils seront plus de cent mille à être envoyés dans ce pays.

La plateforme qui réunit des centrales syndicales indiennes a publié en novembre de l'an dernier un communiqué s'opposant à la décision du gouvernement indien d'exporter des travailleurs indiens vers Israël pour remplacer des travailleurs palestiniens. Les syndicats écrivent que "cette décision rendrait l'Inde complice de la guerre génocidaire qu'Israël mène contre les Palestiniens." 

Sanjay Vadhavkar, le secrétaire général de la Fédération des travailleurs de l'acier, du métal et de l'ingénierie d'Inde, affiliée à IndustriALL, a déclaré :

"Le gouvernement indien prend une très mauvaise décision en envoyant ses travailleurs travailler dans des conditions aussi dangereuses. La sécurité des travailleurs est très préoccupante en ce moment en Israël."

Anton Marcus, le secrétaire général du Syndicat du personnel de la zone franche d'exportation et des services généraux, affilié d'IndustriALL au Sri Lanka, joute :

"On ne peut que déplorer que le gouvernement sri-lankais soit incapable d'assurer la sécurité d'emploi et la protection sociale des travailleurs dans son pays et les incite plutôt à chercher du travail ailleurs, et cela dans une zone de guerre."

Apoorva Kaiwar, la secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Asie du Sud, déclare elle aussi :

"Il est effroyable que les gouvernements d'Asie du Sud incitent des travailleurs à partir travailler en Israël et dans les territoires palestiniens occupés plutôt que de contribuer à mettre fin à la guerre."

Photo : ILO Flickr

Appliquer l’accord social : pour une transition juste des bassins houillers polonais, maintenant !

Près de trois ans après la signature, le gouvernement polonais n’a pas encore notifié à la Commission européenne l’aide d’État qu’implique le plan. Cela laisse 83.000 travailleurs et travailleuses ainsi que leurs communautés dans l’incertitude quant à leur stratégie de transition.

Le plan social, signé en mai 2021, définit les modalités de l’abandon progressif de l’extraction de la houille d’ici à 2049 par un transfert graduel des effectifs (des mines qui ferment vers celles qui sont encore en activité). Il s’agit d’un accord historique dans le contexte polonais, conçu pour éviter les licenciements collectifs liés à la fermeture des mines. La Pologne est le pays d’Europe qui emploie le plus grand nombre de personnes dans le secteur de la houille, avec actuellement 83.000 salariés et des centaines de milliers d’emplois indirects liés à l’industrie minière dans ces régions.

Alors que la plupart des États membres de l’UE se sont engagés à abandonner progressivement le charbon d’ici 2030, l’ampleur de la transition en Pologne est incomparable, avec des défis majeurs pour gérer la transition vers un système énergétique décarboné tout en préservant les salariés du secteur et leurs communautés. Il est essentiel d’anticiper et de gérer ce changement au sein des bassins miniers. Nos syndicats affiliés polonais ont donc signé le plan social qui marque un tournant historique pour le secteur de l’énergie et la main-d’œuvre du pays.

Dans le contexte actuel de tensions socio-économiques croissantes, il est primordial de s’assurer que le gouvernement polonais et la Commission européenne restent déterminés à mettre en place un processus de retrait progressif socialement responsable, en collaboration avec les syndicats.

La CSI, IndustriALL Global Union, la CES et industriAll Europe lancent donc un appel :

La CSI, IndustriALL Global Union, la CES et industriAll Europe insistent pour que la Commission européenne et le gouvernement polonais s’engagent avec les syndicats en toute bonne foi et avec l’objectif de mettre en œuvre le plan social afin d’assurer une transition juste pour la main-d’œuvre minière polonaise et ses communautés tout en éliminant progressivement le charbon.

Nous sommes solidaires de nos affiliés polonais.

Crédit photo : Flickr, Mariusz Cieszewski

Les syndicats argentins en grève contre les réformes économiques de Milei

Les syndicats, dont les fédérations CTA-A, CGT, CTA-T et UTEP, et d'autres organisations de la société civile ont mené ensemble la première grève générale depuis 2019 en Argentine. D'après les fédérations syndicales argentines, plus de 700.000 personnes ont défilé jusqu'au Congrès national, à Buenos Aires, et un million et demi ont participé aux campagnes organisées dans tout le pays pour défendre les droits des gens, la séparation des pouvoirs, la démocratie et la constitution.

Arborant des banderoles avec des slogans tels que "On ne vend pas son pays, on le défend" et "Travailleurs unis", les manifestants protestaient contre les réformes proposées par le gouvernement ultralibéral de Javier Milei, qui ont pour but de déréglementer l'économie, réduire la taille et l'intervention de l'État et abroger des centaines de lois qui protègent les droits individuels et collectifs.

Ces réformes consistent notamment en un Décret de nécessité et d'urgence et un projet de loi intitulé "Bases et points de départ pour la liberté du peuple d'Argentine" (appelée Loi multiple). Dans leurs discours, les leaders syndicaux ont condamné le décret de nécessité et d'urgence qu'ils disent contenir des mesures qui violent les droits fondamentaux de la population et affectent directement l'action syndicale, et ils ont appelé la Cour nationale du travail à la déclarer inconstitutionnelle.

Les leaders syndicaux ont également condamné la loi multiple qui donnerait au gouvernement Milei le pouvoir de légiférer jusqu'en décembre 2025 pour privatiser les entreprises publiques, les chemins de fer, la poste et les médias officiels. Qualifiant le projet de loi d'attaque directe contre la souveraineté, ils ont déclaré que la grève a déjà eu un impact notable puisque le parti au pouvoir voulait faire voter la loi multiple mardi 25 janvier mais a dû reporter la séance d'une semaine.

Sous la pression de l'opposition, le gouvernement a déjà été forcé de supprimer un article disant que tout rassemblement public d'au moins trois personnes serait considéré comme une manifestation illégale assortie de peines d'emprisonnement. Les syndicats ont recouru à la grève générale, à une gigantesque campagne nationale et à des actions devant les ambassades d'Argentine de divers pays pour réclamer le respect du fonctionnement démocratique du pays et de sa constitution, ainsi que le retrait des réformes qui violent d'innombrables droits fondamentaux.

Le secrétaire régional d'IndustriALL, Mariano Vani, a déclaré :

"Nous félicitons les fédérations syndicales, nos affiliés et les travailleurs argentins pour leur excellente campagne et pour avoir protesté contre la législation imposée par le gouvernement Milei. IndustriALL continuera à collaborer avec ses affiliés pour encourager les travailleurs à s'élever contre l'injustice."

Crédits photographiques : CTAA

Le Kazakhstan doit respecter le droit de grève

Les travailleurs et travailleuses de West Oil Software (WOS) à Zhetybai, dans la région de Mangistau, ont lancé une grève le 11 décembre dernier en raison d’un conflit de travail en cours depuis onze mois avec l’employeur. WOS est un sous-traitant de la filiale de la compagnie pétrolière et gazière publique KazMunaiGas (KMG) qui fournit des services de transport.

Le Syndicat de l’industrie des travailleurs du complexe des combustibles et de l’énergie indique que les grévistes réclament des véhicules plus modernes et d’être embauchés par une filiale de KMG, estimant que cela leur garantirait des salaires plus élevés.

Le jour même de son déclenchement, un tribunal a déclaré la grève illégale. La décision a été prise sans procédure régulière, à huis clos, sans représentants syndicaux ni possibilité de fournir des informations pertinentes.

Un appel ayant été interjeté contre la décision du tribunal, une audience de la juridiction supérieure s’est tenue le 24 janvier. Quatre-vingts grévistes ont attendu devant le bâtiment du tribunal pour être autorisés à y entrer, mais ni eux ni leurs avocats n’y ont été admis. Le tribunal a de nouveau déclaré la grève illégale.

Alors que la grève se poursuit, la situation se détériore.

La direction de West Oil Software a annoncé la résiliation des contrats de travail des grévistes et, à ce jour, au moins 18 personnes ont reçu une notification de licenciement.

Des grévistes ont été convoqués pour être interrogés par la police et menacés de poursuites pénales. Le 13 janvier, sept des personnes licenciées ont été interrogées par la police. Les proches des grévistes, employés par des entreprises publiques, ont été menacés de licenciement.

Depuis la tragédie de Zhanaozen en 2011, le Kazakhstan a un lourd passif en matière de conflits du travail prolongés. Le conflit actuel est inquiétant, car il pourrait conduire à des tensions sociales regrettables. Des informations récentes montrent que ces protestations pacifiques commencent à susciter de l’irritation et que des forces destructrices se mobilisent, ce qui risque de provoquer une explosion sociopolitique.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Atle Høie, a déclaré :

“Nous considérons la décision du tribunal de déclarer la grève illégale comme une violation des obligations internationales du Kazakhstan conformément à la convention 87 de l’OIT, ratifiée par le Kazakhstan, et nous demandons l’annulation de cet arrêt du tribunal. Le Kazakhstan doit respecter le droit fondamental des travailleurs à faire grève.

IndustriALL appelle à nouveau à la fin des poursuites et des sanctions à l’encontre des travailleurs et travailleuses en grève ; toutes les personnes licenciées pour leur participation à la grève doivent être réintégrées. Ce conflit du travail doit être résolu par le dialogue social, de manière pacifique et dès que possible afin d’éviter une répétition de Zhanaozen en 2011.”

Crédit photo : KazTAG

Conditions de travail déplorables dans des usines de textile et de vêtement en Afrique du Sud

Il s'agit notamment de journées de travail de 12 heures avec à peine 30 minutes de pause pour le déjeuner. Les infractions à la santé et la sécurité au travail sont chose courante, les travailleurs ne pouvant pas aller librement aux toilettes et devant manger dans des locaux insalubres. Des produits chimiques utilisés dans les ateliers ne sont pas étiquetés et sont manipulés sans équipement de protection individuelle et, parfois, stockés devant le matériel de lutte contre l'incendie. Des issues de secours sont bloquées, ce qui est périlleux en cas d'incendie.

En outre, les employeurs paient moins que le salaire minimum du secteur. Certains paient 10 rands de l'heure (0,53 $) au lieu du taux minimum fixé par le Conseil national de négociation pour l'industrie de la confection, composé de représentants des syndicats et des employeurs. Les taux fixés par cette convention collective sont supérieurs au salaire minimum national, qui est de 25,42 rands par heure (1,40 $).

Selon le Syndicat des travailleurs de l'habillement et du textile d'Afrique australe (SACTWU), affilié à IndustriALL, ces usines se prétendent  parfois des coopératives non enregistrées pour se soustraire à la législation du travail et aux conventions collectives. Certaines pratiquent des salaires inférieurs au taux minimum fixé par les conventions et paient des salaires de misère basés sur le travail à la pièce.

En fonctionnant en tant que coopératives non enregistrées, ces entreprises enfreignent aussi la loi sur les coopératives et sapent les stratégies des syndicats qui défendent les salaires par le biais des conventions collectives. Le SACTWU a fait étendre la couverture des conventions collectives aux entreprises non signataires – celles qui ne sont pas représentées dans les conseils de négociation – comme moyen d'obtenir que tous les travailleurs aient des salaires de survie.

Le délégué central du SACTWU pour la province du KwaZulu-Natal, Patrick Mthembu, déclare :

"Le syndicat recrute et organise les travailleurs pour permettre notamment de déclarer des conflits du travail contre certaines entreprises contrevenantes. Il est difficile de déclarer un conflit quand les travailleurs ne sont pas affiliés au syndicat car c'est une condition requise par la loi pour soumettre les cas à la conciliation, la médiation et l'arbitrage."

Le SACTWU organise aussi les travailleurs des entreprises qui emploient des migrants.

"Les propriétaires doivent respecter les travailleurs et leur reconnaître les droits au travail dans les usines de textile et d'habillement. Les syndicats sud-africains, dont le SACTWU, ont combattu pour faire appliquer la législation nationale du travail et pour la ratification des conventions internationales du travail relatives aux droits des travailleurs et à la négociation collective et il faut que ces acquis soient protégés et respectés,"

ajoute la secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Afrique subsaharienne, Paule France Ndessomin.

Suivant la Loi sur les conditions d'emploi élémentaires, des inspections sont effectuées pour enquêter sur les plaintes et pour veiller à ce que soient respectés le temps de travail, les congés, les contrats d'emploi et les salaires, l'interdiction du travail forcé et du travail des enfants, l'aménagement de l'emploi conforme aux conventions collectives et aux accords sectoriels et autres conditions de travail. Ces inspections servent aussi à promouvoir les normes internationales du travail et les droits fondamentaux au travail.