IDAHOBIT : Aucun·e·x camarade n'est laissé·e·x pour compte

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La solidarité est un antidote à un monde en proie aux conflits et aux inégalités. Il est donc essentiel que nous nous unissions, que nous résistions et que nous contestions les employeurs et les gouvernements, tout en construisant des mouvements forts pour parvenir à une justice sociale et économique pour tou·te·x·s.

Nous sommes plus fort·e·x·s et plus efficaces lorsque nous nous unissons, quelles que soient nos différences. Le mouvement mondial contre l'apartheid, par exemple, a transcendé les frontières et les races pour mettre fin à un régime raciste. Fait révélateur, la constitution sud-africaine, adoptée après l'apartheid, a été la première au monde à garantir explicitement les droits des personnes LGBTI+.

La lutte pour l'égalité des LGBTI+ a été menée par de nombreux·se·x·s dirigeant·e·x·s courageux·euse·x·s, partageant nos valeurs syndicales et progressistes. Dans de nombreux pays, les syndicats continuent de jouer un rôle prépondérant dans la lutte, obtenant souvent des avancées dans les négociations collectives qui influencent les changements politiques et législatifs. Lorsque les travailleur·euse·x·s LGBTI+ se sont organisé·e·x·s pour lutter contre l'homophobie, la biphobie et la transphobie dans le monde du travail et la société, nombreux furent les syndicats à se joindre à l’appel contre la discrimination et pour l'égalité de traitement. Notre éthique sous-jacente de solidarité nécessitant que nous nous tenions aux côtés des travailleurs et travailleuses confronté·e·x·s à l'exclusion, à la discrimination, au harcèlement et à la violence.

La solidarité reste à la fois la force motrice et le fondement de notre mouvement, nous guidant vers un avenir d'égalité, de justice et de liberté pour tou·te·x·s. A l’inverse, des forces puissantes cherchent à diviser les travailleur·euse·x·s et à vilipender les personnes LGBTI+ pour détourner l'attention de problèmes tels que la corruption, les inégalités et l'échec des politiques néolibérales. Elles ciblent souvent les communautés à faibles revenus, en utilisant leurs angoisses causées par les inégalités économiques et en présentant faussement les intérêts culturels des "élites" comme les valeurs des gens ordinaires. Cette rhétorique qui sème la discorde est véhiculée par les médias sociaux et des contributions financières non divulguées.

Nous nous sommes familiarisé·e·x·s avec les boucs émissaires de la droite que sont les migrant·e·x·s et les pauvres, avec l'islamophobie, le racisme et l'antisémitisme. La misogynie s'est intensifiée avec des attaques contre l'autonomie et l'intégrité corporelle des femmes. Tout cela fait partie d'un programme organisé de lutte contre les droits qui menace directement tout ce que les syndicats défendent et pour lequel ils se battent.

En cette Journée internationale contre l'homophobie, la biphobie et la transphobie, nous nous engageons à poursuivre la lutte pour les droits de tou·te·x·s les travailleur·euse·x·s et appelons nos affilié·e·x·s du monde entier à soutenir notre appel à mettre fin à la violence et à la discrimination sur le lieu de travail, en veillant à ce qu'aucun·e·x camarade ne soit laissé·e·x pour compte.

Un préjudice causé à l'un·e·x d'entre elleux, est un préjudice causé à tou·te·x·s.

La solidarité n'exige rien de moins de notre part.

S’unir en faveur de la justice pour TOUS les travailleurs

L’IDAHOBIT est reconnu depuis le 17 mai 2004. Cette journée vise à sensibiliser à la violence et à la discrimination dont sont victimes les personnes LGBTQI+ dans le monde entier et à défendre leurs droits.

Le lancement en janvier 2024 de la boîte à outils pour les travailleurs LGBTQI+ par les Fédérations syndicales internationales est une ressource clé dans le cadre de cette mission. Cette boîte à outils, découlant de la Convention 190 de l’OIT, vise à lutter contre la violence et le harcèlement sur le lieu de travail, en fournissant aux dirigeants et aux membres des syndicats les outils nécessaires pour promouvoir des environnements inclusifs et respectueux.

Guide de l’animateurManuel du participant

La boîte à outils comprend deux volets : le guide de l’animateur LGBTQI+ et le manuel du participant LGBTQI+. Le guide de l’animateur est conçu pour les moniteurs et les dirigeants syndicaux. Il propose des modules et des activités permettant d’approfondir la compréhension et de promouvoir les discussions sur la violence et le harcèlement à l’encontre des personnes LGBTQI+. Le manuel du participant fournit aux membres des syndicats, aux travailleurs LGBTQI+ et aux militants des stratégies pratiques pour créer des lieux de travail inclusifs et respectueux.

“Nous devons nous tourner vers l’avenir et renforcer notre engagement à soutenir tous les travailleurs, en particulier ceux qui sont confrontés à la discrimination. Les syndicats jouent un rôle crucial dans la création de lieux de travail où chacun peut s’épanouir. Cette boîte à outils est une ressource puissante pour nous aider à atteindre cet objectif et, bien que le 17 mai soit une excellente journée pour la promouvoir, nous ne devons pas nous arrêter là, chaque jour se prête à plaider en faveur de l’inclusivité”,

a déclaré Christine Olivier, Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL.

L’IDAHOBIT nous rappelle l’importance de la solidarité dans un monde remplis de conflits et d’inégalités. Il est essentiel de s’unir, de résister et de défier les employeurs et les gouvernements, en construisant des mouvements forts en faveur de la justice sociale et économique. En ce jour, IndustriALL renouvelle son engagement à lutter pour les droits de tous les travailleurs et de toutes les travailleuses et demande instamment à ses affiliés de soutenir l’appel à mettre fin à la violence et à la discrimination sur le lieu de travail, en veillant à ce que personne parmi nos camarades ne soit laissé pour compte.

Un syndicat proteste contre des pertes d'emplois massives dans les mines d'or d'Afrique du Sud

Le défilé a eu lieu à Carletonville, près de Johannesburg, et fait suite à l'envoi de préavis de licenciement à 3.107 travailleurs permanents et à 915 contractuels. Pour le NUM, ces pertes d'emplois vont accabler des mineurs dont dépendent des familles de parfois dix personnes.

Le syndicat se dit surpris que ces licenciements surviennent alors que le cours de l'or est élevé et que Sibanye Stillwater, cotée aux bourses de Johannesburg et de New York, verse des millions de dollars en salaire et primes à son CEO, Neal Froneman. Il a par exemple touché 291millions de rands (15,8 millions $) en 2021, 198 millions de rands (10.8 millions $) en 2022 et 56 millions de rands (3 millions $) en 2023. Selon le NUM, ces sommes sont trop importantes pour une entreprise invoquant des difficultés financières pour justifier les licenciements.

"Sibanye Stillwater licencie chaque année pour réduire ses coûts et engranger de plantureux bénéfices au détriment des mineurs, et cela alors même que les cours de l'or sont au plus haut. Nous nous étonnons qu'ils aient été annoncés juste avant l'ouverture des négociations salariales avec la direction,"

dit Mpho Phakedi, secrétaire général faisant fonction du NUM.

Le NUM, qui est affilié à IndustriALL Global Union, indique que depuis des années, certains puits de Sibanye Stillwater sont à l'arrêt pour "entretien et maintenance", une excuse pour justifier les licenciements, et le syndicat prie les ministères des Ressources minérales et de l'énergie (DMRE) et de l'Emploi et du travail d'enquêter sur cette pratique. Le NUM juge aussi que le gouvernement doit appliquer le principe "sans utilisation, disparition" aux permis d'exploitation que détient la multinationale.

Le NUM s'inquiète aussi de ce que Sibanye Stillwater figure parmi les pires compagnies minières d'Afrique du Sud en matière de santé et de sécurité, alors que huit mineurs ont été tués dans des accidents miniers sur ses sites en 2023. Le syndicat attribue cette situation au non-respect de la Loi sur la santé et la sécurité dans les mines, aggravé encore par une inspection du travail inefficace de la part du DMRE dont le nombre d'inspecteurs est inférieur aux nécessités.

"Sibanye Stillwater doit penser sérieusement au gagne-pain des travailleurs avant de se lancer dans des licenciements massifs. Le sort des travailleurs et des communautés doit être mis au premier plan avant de fermer une mine. Les multinationales minières ne doivent pas être guidées uniquement par le profit, mais aussi par des considérations environnementales, sociales et de gouvernance,"

a déclaré Glen Mpufane, le directeur d'IndustriALL en charge des mines.

Dans un message de solidarité au NUM, la section 11-0001 de l'United Steelworkers (USW), un syndicat américain affilié à IndustriALL, écrit :

"Ce traitement d'une main-d’œuvre qualifiée et dévouée par Sibanye Stillwater en Afrique du Sud est déplorable. Nous tenons à exprimer nos préoccupations ainsi que notre soutien devant la situation troublante dans laquelle Sibanye les a mis."

IndustriALL condamne le meurtre d’un membre de l’USO en Colombie

Jhon Jarry Vargas Sarabia a été tué le 9 mai dans la municipalité de Tibú, dans le département colombien de Norte de Santander. Il était un jeune ingénieur en mécanique travaillant pour Masa & Stork, une entreprise de maintenance pour Ecopetrol, et membre de l’USO. Il avait trois enfants et était apprécié, tant au sein de sa communauté qu’au travail.

L’USO a déclaré qu’on ne connaissait pas les motifs de son assassinat. Le Président de l’USO, César Loza a indiqué :

“Le collègue assassiné était membre de l’USO mais n’était pas un représentant syndical. Nous ne connaissons pas les motifs du meurtre, ni s’il s’agit d’un crime à motivation politique ou d’un crime de droit commun”.

Ce meurtre s’ajoute à la longue liste de militants sociaux et syndicaux qui ont perdu la vie à cause de la violence en Colombie. Selon un rapport de l’Observatoire des droits de l’homme et des conflits de l’Institut colombien d’études sur le développement et la paix (INDEPAZ), 64 défenseurs des droits de l’homme, dirigeants sociaux et signataires d’accords de paix ont été tués en 2024.

Le 12 mai dernier, la Commission nationale des droits de l’homme et de la paix de l’USO a appelé à une mobilisation à Tibú pour dénoncer l’assassinat de Jhon Jarry Vargas Sarabia, et a appelé toute la communauté, le pays, Ecopetrol, Masa & Stork ainsi que les forces sociales et politiques de Colombie à condamner cet assassinat.

Dans un communiqué, la Commission a déclaré :

“En aucun cas, nous, l’USO, les autorités ou les habitants de Tibú, ne pouvons permettre que le crime contre Jhon Jarry ouvre une brèche par laquelle une vague de violence pourrait éclater et briser l’unité pour la récupération de notre territoire, la reconstruction du tissu social et les transformations nécessaires pour assurer la paix avec une justice sociale et environnementale, qui est ce qui nous rassemble et nous unit autour d’un agenda régional et d’un horizon commun.”

Ecopetrol a appelé au respect des droits de l’homme, en particulier du droit à la vie et de la liberté d’association, et a réaffirmé son rejet de tout comportement contraire à la loi ou aux procédures et normes nationales et internationales.

Le Secrétaire général d’IndustriALL Global Union, Atle Høie, a déclaré :

“IndustriALL appelle les autorités compétentes à mener les enquêtes et poser les actes judiciaires nécessaires pour identifier et traduire en justice les auteurs de ce crime tragique. Nous déplorons l’assassinat de Jhon Jarry Vargas Sarabia et exigeons du gouvernement colombien qu’il fournisse toutes les garanties de sécurité à sa famille, aux membres du syndicat et à la communauté en général”.

Campagne pour un traité des Nations unies contraignant

Avec la CSI et d'autres syndicats mondiaux, IndustriALL Global Union appuie l'élaboration d'un traité des Nations unies ayant force obligatoire pour que les entreprises aient à rendre des comptes sur leurs violations des droits humains.

En juin 2014 à Genève, le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a adopté une résolution instituant un groupe de travail intergouvernemental (GTI) à composition non limitée chargé d'élaborer un instrument international juridiquement contraignant sur les sociétés transnationales et autres entreprises commerciales en rapport avec le respect des droits humains. Les Global Unions et la CSI participent directement aux négociations du GTI depuis 2016.

Dix années ont passé depuis et il est temps maintenant d'intensifier nos efforts pour combler une importante faille dans le droit humanitaire international et mettre un terme à l'impunité des entreprises dans les cas d'atteintes aux droits de l'homme. Les Global Unions et la CSI lancent une campagne publique de soutien au processus du traité afin d'obtenir un instrument juridique international qui tienne ses promesses pour les millions de travailleurs des chaînes d'approvisionnement mondiales.

"Ces négociations sont vitales,"

explique le secrétaire général adjoint d'IndustriALL Kemal Özkan.

Le plan d'action d'IndustriALL adopté par le Congrès de 2021 s'engage à

"poursuivre la lutte pour des instruments juridiques contraignants pour protéger les gens contre les violations des droits humains par les multinationales, notamment en réclamant un traité des Nations unies contraignant sur les entreprises et les droits de l'homme comportant des mécanismes de recours efficaces."

Dans le cadre de la campagne des Global Unions pour un traité contraignant, nous vous invitons à vous joindre à une séance d'information virtuelle, le 30 mai de 13 à 17 heures (CET), dont les détails figurent ci-dessous. Un service d'interprétation sera assuré en anglais, français et espagnol.

Les syndicats argentins paralysent le pays pour défendre les droits des travailleurs

Les centrales syndicales argentines ont appelé à une journée de protestation avec arrêt de travail pour lutter contre :

Selon les centrales syndicales, la grève générale a été observée dans tout le pays, faisant état “d’une participation presque totale dans l’industrie, de niveaux dépassant 90 % dans le commerce et de près de 100 % dans le secteur public. Les transports, aériens et terrestres, ont également connu un taux de participation élevé et, dans certaines provinces, les secteurs ruraux se sont joints à la mobilisation.”

Les syndicats ont déclaré que le succès de l’action reflétait le niveau d’engagement et la conscience syndicale et de classe des travailleurs et travailleuses argentins. Ils ont également souligné l’unité d’action entre les trois centrales syndicales, un facteur déterminant dans le soutien massif à l’arrêt de travail.

La grève devrait être un signal d’alerte pour le gouvernement Milei afin qu’il modifie ses politiques d’ajustement et qu’il cesse de faire reculer les droits. La grève était également un message aux sénateurs, dont le vote conditionne le rejet de la “loi sur les fondements et les points de départ (dite loi omnibus)” du gouvernement. À défaut, les syndicats ont déclaré qu’ils poursuivraient leur plan de lutte contre cette loi.

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Lucineide Varjão, Vice-présidente d’IndustriALL, Marino Vani, Secrétaire régional d’IndustriALL pour l’Amérique latine et les Caraïbes et les membres du Comité exécutif régional ont rencontré les affiliés d’IndustriALL en Argentine le 7 mai. Au cours de la réunion, ils ont approuvé un plan d’action pour faire face aux attaques du gouvernement Milei à l’encontre les travailleurs.

Le Comité exécutif régional d’IndustriALL s’est réuni le 8 mai et a approuvé le plan d’action. Dans une déclaration, le Comité a rejeté les réformes visant à promouvoir la désindustrialisation, à déréglementer l’économie, à réduire la taille de l’État et ses niveaux d’intervention et à abroger des centaines de lois qui affectent les droits individuels et collectifs du travail.

Le Secrétaire régional d’IndustriALL, Marino Vani, a déclaré :

“Les travailleurs et travailleuses argentins donnent à nouveau l’exemple en matière de résistance et de lutte. Ils ont clairement fait savoir au patronat et au gouvernement qu’ils n’acceptent pas les mesures et les politiques adoptées et ne sont pas d’accord avec elles.

Nous félicitons les travailleurs et travailleuses ainsi que leurs dirigeants syndicaux pour leur résistance et le message qu’ils portent, qui ne défend pas seulement le peuple argentin, mais aussi tous les travailleurs et travailleuses d’Amérique latine et des Caraïbes”.

Crédits photographiques : CGT

Italie : victoire syndicale pour les travailleurs d'Enel

En mars, les travailleurs d'Enel se sont mis en grève pour s'opposer aux changements des horaires de travail, à l'externalisation d'interventions sur le réseau électrique et au refus de reconduire un accord sur le télétravail concernant 30.000 salariés d'Enel. Un soutien massif à la grève et une négociation à laquelle ont participé plus de 300 délégués de toutes les branches d'Enel sont à l'origine de cet accord.

Après une mobilisation puissante des travailleurs, les activités ne seront pas externalisées et les centres opérationnels seront renforcés. Une demande de scission des postes sera suspendue et une commission paritaire sera constituée pour échanger les meilleures solutions qui seront testées au plus tôt en octobre prochain, il sera procédé à 2.000 nouvelles embauches, dont 1.600 seront des nouveaux postes (1.100 pour juin 2025 et 500 pour juin 2026).

S'agissant du plan social de l'entreprise, l'accord sur le financement sera arrêté avec pour objectif l'augmentation et l'amélioration des services aux membres.

S'agissant du "travail intelligent", les syndicats ont ajouté au texte de l'accord une déclaration confirmant qu'ils veulent entamer des négociations avec Enel afin de définir un nouvel accord qui prenne en compte les besoins de l'entreprise et des travailleurs.

Dans un communiqué, les syndicats se disent persuadés d'avoir obtenu de grands résultats et jeté les fondations qui permettront de rapprocher les travailleurs et l'entreprise et ils annuleront toutes les actions de grève et feront rapport aux travailleurs sur l'accord dans les semaines à venir.

La directrice d'IndustriALL en charge de l'énergie, Diana Junquera Curiel, a déclaré :

"Nous félicitons nos affiliés italiens pour ce résultat. La grève terminée et un accord obtenu, les travailleurs peuvent maintenant aller de l'avant et goûter les fruits de leur lutte. En février, IndustriALL et l'ISP avaient envoyé à Enel une lettre condamnant ses agissements et l'exhortant à agir de manière responsable. Ses actions contrevenaient à l'Accord-cadre mondial  (ACM) et à l'Accord de Comité d'entreprise européen en prenant des décisions sur les conditions de travail des travailleurs d'Enel sans les associer à la prise de décision. Nous sommes heureux qu'Enel ait réagi en conséquence et qu'un accord ait été trouvé."

Photo: Shutterstock 

Le syndicat libérien signe une convention collective

La convention collective bénéficiera à environ 700 travailleurs et travailleuses sur un effectif de plus de 1.200 personnes. Selon l’UWUL, certains des gains de la convention collective, qui courra sur la période allant de janvier 2024 à décembre 2026, comprennent une augmentation de 10 pour cent qui sera versée aux salariés les moins bien payés, dont les rémunérations moyennes sont l’équivalent de 250 dollars américains par mois. Il y aura également un paiement de l’équivalent de 50 dollars pour tous les travailleurs des deuxième et troisième équipes, une aide à l’éducation pour trois personnes à charge d’un montant équivalant à 110 dollars, des indemnités de disponibilité, des indemnités de déménagement et des prestations d’électricité.

La CCT prévoit également des primes pour la fête de l’indépendance, qui sont versées le 26 juillet, date à laquelle le pays d’Afrique de l’Ouest a obtenu son indépendance des États-Unis d’Amérique en 1847, ainsi que des primes annuelles. Pour la première fois, le syndicat a également négocié un congé payé de paternité de cinq jours.

Une clause de l’accord comprend également des dispositions sur les politiques propres au lieu de travail qui sont dérivées de la Convention 190 de l’Organisation internationale du travail concernant l’élimination de la violence et du harcèlement fondés sur le sexe dans le monde du travail. Il s’agit de la cinquième CCT signée par l’UWUL avec la compagnie publique d’électricité. Les femmes représentent environ 33 % de la main-d’œuvre.

Vacus Wilmont Kun, Directeur pour l’éducation et la formation, a déclaré :

“Les travailleurs et travailleuses sont satisfaits du résultat des négociations, en particulier de l’augmentation des prestations, car celles-ci ont une valeur monétaire. Par exemple, les avantages liés à l’électricité leur permettront d’obtenir des coupons d’électricité pendant six mois au cours de la saison des pluies, ce qui contribue de manière significative aux salaires de subsistance.”

Il a également expliqué que les CCT avaient progressé au fil des ans, ce qui avait permis d’améliorer les moyens de subsistance et que, pendant la saison des pluies, la capacité de production d’énergie hydroélectrique du pays était à son maximum et que les travailleurs et les travailleuses bénéficieraient de cette production d’énergie.

“Avec l’augmentation du coût de la vie, nous ne manquons jamais de nous réjouir lorsque les syndicats négocient des accords salariaux supérieurs à l’inflation et augmentent les avantages sociaux, car cela allège la pression financière sur les travailleurs et leurs familles. IndustriALL félicite l’UWUL de poursuivre la campagne pour des salaires décents dans le secteur de l’énergie au Libéria”,

a déclaré Paule France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne.

Les minéraux de la transition créeront-ils des emplois verts en Afrique ?

Pour les experts, la hausse de la demande de minéraux critiques pourrait stimuler la croissance économique et le développement en ASS. Est-ce là une chance de voir se développer des pays en butte à des taux élevés de pauvreté, de chômage et d'inégalité ?

Les minéraux critiques englobent un groupe de métaux constitué du cuivre, du cobalt, du lithium, du manganèse, du nickel et du platine, et des terres rares. Ils sont très recherchés pour la fabrication de produits nécessaires à la transition énergétique, allant des voitures électriques aux panneaux photovoltaïques et autres composants.

Les chercheurs Thomas MacNamara et Siziba ont, avec le soutien de La Trobe University et du bureau régional d'IndustriALL pour l'ASS, cherché à savoir comment les syndicats peuvent influencer le débat et l'engagement politique sur la transition juste et le potentiel de création d'emplois des minéraux de la transition en République démocratique du Congo, Afrique du Sud, Zambie et Zimbabwe. Ces quatre pays sont de gros producteurs de ces minéraux, la RDC extrayant jusqu'à 70 pour cent du cobalt mondial et le sol du Zimbabwe renfermant d'énormes réserves de lithium.

Pour les auteurs du rapport de base intitulé "Influencer une transition juste dans le secteur minier en Afrique subsaharienne ", les emplois verts doivent être évalués suivant leur qualité, leur durabilité et leur adéquation.

Ils affirment aussi que "presque tous ceux qui plaident pour la durabilité disent que l'abandon des combustibles fossiles créera plus d'emplois qu'il n'en supprimera. Or, un examen plus approfondi indique que ces emplois sont de qualité (bien payés, syndiqués et sûrs), durables (emplois de longue durée) et adéquats (dans des régions où l'emploi minier a disparu et/ou parce qu'ils nécessitent des qualifications similaires)."

Les chercheurs estiment que la plupart des emplois se créeront dans la phase de construction, comme par exemple dans l'installation des panneaux solaires. Ils citent une étude réalisée par Price Waterhouse Copper en 2021 en Afrique du Sud, qui estimait que si 800.000 emplois ont été créés dans la phase de construction, seuls 21.000 ont été conservés pour le fonctionnement et l'entretien. Au Zimbabwe, 7.000 emplois seront créés dans l'extraction du lithium mais d'autres pourraient être créés par son enrichissement plutôt que d'exporter de la matière première brute vers la Chine.

Des millions d'emplois pourraient voir le jour dans les secteurs miniers informels de RDC, Zambie et Zimbabwe, et en particulier dans l'extraction minière artisanale et à petite échelle (EMAPE). Rien qu'en RDC, l'EMAPE occupe plus de deux millions de travailleurs, mais parce qu'ils sont informels, ces emplois sont très éloignés de l'agenda pour le travail décent.

Le rapport de recherche, qui analyse les différentes définitions du terme transition juste et les complexités du processus de la COP, donne des exemples de divers modèles et de meilleures pratiques en matière de transition juste pris en Allemagne, en Australie, au Brésil, au Canada, en Inde, en Indonésie, en Italie et dans d'autres pays dont des enseignements peuvent être retirés pour l'Afrique subsaharienne.

Glen Mpufane, le directeur d'IndustriALL en charge des mines, déclare :

"Ce rapport montre que les syndicats doivent faire preuve d'un optimisme prudent à propos des emplois verts et continuer à réclamer des conditions de travail décentes dans le secteur des minéraux critiques. Les syndicats de mineurs n'ont pas cessé de lutter pour de meilleures conditions de travail et des salaires de subsistance et ils doivent rester vigilants pour la défense des droits et des intérêts des travailleurs."

Le rapport Influencer une transition juste dans le secteur minier en Afrique subsaharienne est publié à cette adresse et s'ajoute à d'autres publications d'IndustriALL telles que A Trade Union Guide of Practice for a Just Transition. 


 

La syndicalisation attaquée

Le droit à la syndicalisation est un droit fondamental qui stipule que les salariés ont le droit de peser collectivement sur des questions d’intérêt commun, comme les salaires et les conditions de travail. Aux États-Unis, la discrimination syndicale est monnaie courante dans les États du sud, même dans les entreprises qui s’engagent normalement dans la négociation collective et le dialogue social dans le reste du monde.

Il a fallu trois scrutins en dix ans pour que les travailleurs et travailleuses de l’usine Volkswagen de Chattanooga, dans le Tennessee, parviennent à obtenir un vote majoritaire en faveur d’un syndicat. Jusqu’alors, c’était la seule usine Volkswagen au monde sans représentation syndicale. L’une des raisons pour lesquelles les travailleurs ont finalement remporté les élections avec une majorité écrasante est que, cette fois, l’employeur a adopté une position presque neutre et ne s’est pas engagé dans la lutte contre les syndicats.

La semaine prochaine, les travailleurs et travailleuses de l’usine Mercedes Benz en Alabama se prononceront sur leur adhésion à l’UAW, affilié à IndustriALL. Ce vote est entouré d’attaques contre le syndicat, de désinformation et d’intimidation de la part de l’employeur, qui tente d’effrayer les travailleurs pour qu’ils votent contre l’adhésion au syndicat.

Alors que les recruteurs syndicaux n’ont pas accès au lieu de travail avant le vote, l’employeur fait feu de tout bois, engageant à grands frais des cabinets spécialisés dans les tactiques anti-syndicales dont la seule compétence est d’effrayer les travailleurs pour qu’ils votent contre le syndicat. Les travailleurs sont tenus d’assister à des réunions obligatoires avec les cadres, qui les encouragent directement à voter non. Ces mesures sont accompagnées d’un site web, de publicités à la radio et d’affichage sur la propriété de Mercedes Benz.

Les travailleurs sont bombardés de mensonges sur le syndicat, dépeignant l’UAW comme corrompu, ayant un programme secret de délocalisation des emplois des États-Unis vers le Mexique, affirmant que les grèves et les avantages syndicaux aboutissent souvent à des licenciements permanents, laissant entendre qu’un vote en faveur du syndicat équivaut à la fermeture de l’usine Mercedes Benz et que les gens seront privés d’emplois dont ils ont tant besoin.

Les travailleurs sont invités à “réfléchir aux conséquences” de leur adhésion à un syndicat. Sur son site web, le comité d’information des travailleurs de MBUSI prétend “éduquer les salariés sur l’agenda radical et égoïste de l’UAW”. Le message projeté est clair : nous sommes une grande famille pour l’instant, mais si nous votons pour l’UAW, ce ne sera plus le cas.

Et dans une démonstration flagrante d’irrespect des droits fondamentaux des travailleurs, les gouverneurs de l’Alabama et des États voisins ont exprimé une forte opposition dans une déclaration publique, avec des arguments infondés selon lesquels les syndicats pourraient compromettre la création d’emplois et la croissance économique dans la région.

Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL, a déclaré à ce sujet :

“L’entreprise veut que les travailleurs la considèrent comme leur famille. En réalité, ce qu’elle veut, c’est conserver autant que possible les valeurs créées par les travailleurs et les distribuer à ses actionnaires et dirigeants par le biais de leurs rémunérations. La seule famille qui se battra pour les salaires et les conditions de travail des travailleurs est le syndicat.”