IndustriALL unit ses forces avec la Coalition mondiale pour la justice sociale

La Coalition mondiale pour la justice sociale est une initiative rassemblant diverses parties prenantes dans la bataille contre l'injustice sociale et pour l'accélération du Programme de développement durable à l'horizon 2030. En rapprochant des gouvernements, des organisations d'employeurs et de travailleurs, des institutions financières et des universités, cette coalition vise à promouvoir la solidarité mondiale, la cohérence politique et l'action concertée pour surmonter les déficits de justice sociale.

Atle Høie, le secrétaire général d'IndustriALL, a exprimé son enthousiasme devant la décision du syndicat de rejoindre la coalition :

"L'adhésion à la Coalition mondiale pour la justice sociale est une extension naturelle de la mission d'IndustriALL qui est de promouvoir les droits des travailleurs et la justice sociale partout dans le monde. Cette initiative nous offre une plateforme puissante pour collaborer avec d'autres organisations afin de combler les déficits sociaux et économiques pressants auxquels est confrontée notre communauté partout dans le monde."

La création de cette coalition survient à un moment critique alors que les crises qui se succèdent et les transformations économiques élèvent des obstacles majeurs sur la voie de la justice sociale et des objectifs de développement durable (ODD). La justice sociale est indispensable pour réduire la pauvreté, les inégalités et les tensions sociales, contribuant de la sorte à une prospérité partagée et à un développement socioéconomique durable.

Cette initiative a été développée sous la houlette du directeur général de l'OIT, Gilbert Houngbo, et a reçu un large soutien des dirigeants du monde, dont le secrétaire général des Nations unies. Elle entend s'appuyer sur la force de ses membres pour combler les lacunes de justice sociale de manière efficace et cohérente.

L'adhésion à la Coalition mondiale pour la justice sociale est volontaire afin de refléter l'engagement des partenaires à contribuer à l'avancement de la justice sociale et des ODD à l'échelle mondiale, régionale et nationale. Ses membres sont invités à élaborer et mettre en commun des initiatives qui promeuvent de manière significative la justice sociale en s'inspirant de leurs propres capacités et priorités.

Cette coalition ne constitue pas seulement un espace dans lequel les partenaires peuvent unir leurs forces pour élaborer des actions individuelles et collectives, elle est aussi un vecteur de l'action militante mondiale. En préconisant la justice sociale dans les enceintes internationales, régionales et nationales, elle vise à susciter des engagements politiques accrus et à stimuler des actions concrètes pour appuyer des priorités nationales.

En tant que membre de la coalition, IndustriALL veut faire en sorte que la voix des travailleurs soit entendue :

"Notre participation à la Coalition mondiale pour la justice sociale représente une occasion essentielle d'amplifier nos efforts pour la promotion de pratiques de travail équitables et du travail décent dans le monde entier,"

Ce partenariat a des potentialités de transformation et constitue un grand pas en avant pour la justice sociale,"

a ajouté Atle Høie. 

Inde : l’incendie d’une usine tue onze personnes

L’incendie a été provoqué par une explosion chez Om Sons Paint and Chemicals, une usine illégale de fabrication de peintures. Des matériaux inflammables ont provoqué l’intensification de l’incendie, qui s’est propagé aux maisons et aux magasins dans un rayon de 15 mètres. L’usine était située dans un quartier résidentiel à forte densité de population, où se trouvait un centre de réhabilitation pour toxicomanes.

Selon les médias, le bâtiment avait un toit en tôle et une seule porte d’entrée et de sortie, qui était verrouillée de l’intérieur au moment de l’incendie. Le personnel du centre de réhabilitation a informé les médias que le centre avait déposé plusieurs plaintes concernant le stockage de produits chimiques inflammables dans l’usine, mais que ces plaintes n’avaient pas fait l’objet d’une enquête.

Aucune information n’est disponible sur le nombre de travailleurs et travailleuses employés dans l’usine et sur les fournisseurs de l’usine. Ce type d’établissement ne dispose pas non plus de syndicat.

Dans une déclaration officielle, la municipalité de Delhi a reconnu que l’usine fonctionnait illégalement et la police enquête actuellement sur cette affaire. Les médias indiquent que la police va maintenant procéder à des contrôles dans d’autres usines de la région.

Le Ministre principal de Delhi a annoncé une indemnisation de 1.000.000 INR (10.609 dollars) pour les familles des travailleurs décédés, de 200.000 INR (2.122 dollars) pour ceux qui ont subi des blessures graves et de 20.000 INR (212 dollars) pour ceux qui ont subi des blessures légères.

Apoorva Kaiwar, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Asie du Sud, a déclaré :

“Cet horrible accident met en évidence l’importance des inspections et rappelle que le gouvernement doit prendre la sécurité industrielle au sérieux”.

Un incendie similaire s’est produit en mai 2022 dans une unité de fabrication de routeurs à Delhi, tuant 27 personnes. Le bâtiment n’avait pas reçu d’autorisation du service des pompiers et n’était pas équipé de dispositifs de sécurité incendie tels que des extincteurs.

Photo : Shutterstock

Inde : les travailleurs en grève à l'approche des élections générales

La Plateforme commune des centrales syndicales d'Inde ainsi que des fédérations sectorielles et indépendantes et des organisations d'agriculteurs ont appelé à une grève nationale aujourd'hui pour intensifier la lutte contre les politiques du parti au pouvoir hostiles aux travailleurs et au peuple. Les organisations syndicales n'ont cessé de faire campagne pour défendre les droits des travailleurs soumis aux attaques du régime.

En juin dernier, les syndicats indiens ont écrit au conseil d'administration de l'OIT afin d'attirer l'attention de l'organisation sur les dispositions hostiles aux travailleurs des quatre nouvelles lois sur le travail, toutes conçues pour satisfaire les entreprises. Le parti au pouvoir a aussi saboté le tripartisme en déprogrammant, dès son arrivée, une conférence sur le travail. Le gouvernement a choisi de ne pas laisser les syndicats indépendants participer au sommet du G-20, confiant la présidence du L-20 au syndicat de droite Bharatiya Mazdoor Sangh, muselant une fois de plus les travailleurs dans le pays. 

Sanjay Vadhavkar, le secrétaire général de la Fédération des travailleurs de la sidérurgie, la métallurgie et l'ingénierie d'Inde, affiliée à IndustriALL, a déclaré :

"Le gouvernement actuel n'a pas tenu les promesses qu'il avait faites avant les dernières élections. Ses politiques hostiles aux travailleurs détruisent le travail décent, plongeant des millions de travailleurs dans la détresse. Nous menons campagne pour sauver notre constitution et les droits fondamentaux au travail face aux attaques du gouvernement, et nous soutiendrons le parti qui nous promettra d'honorer ses engagements de protection de la législation du travail et de la constitution."

Le secrétaire général d'IndustriALL Kemal Özkan ajoute :

"IndustriALL Global Union est solidaire du mouvement syndical indien dans son combat pour la défense des droits des travailleurs ainsi que pour la protection et le renforcement des institutions et pratiques démocratiques. Nous condamnons les constantes attaques du gouvernement qui ébranlent la structure tripartite du pays."

En outre, les organisations syndicales réitèrent les revendications qu'elles défendent depuis longtemps pour la suppression des contrats à durée déterminée, la fin de l'emploi contractuel et demandent que la garantie d'emploi devienne un droit fondamental.

Des mineurs turcs portés disparus à la suite d’un glissement de terrain

Le glissement de terrain s’est produit le 13 février dans une mine d’or à ciel ouvert appartenant à Anagold Mining Company, une entreprise commune de SSR Mining et Lidya Madencilik. Les opérations de sauvetage pour retrouver les mineurs disparus sont en cours, rendues plus compliquées par les niveaux de cyanure hautement toxique dans le sol. Le cyanure est utilisé pour extraire l’or du minerai.

Selon les médias turcs, quatre hauts responsables de la mine ont été arrêtés dans le cadre de l’enquête. La société civile critique depuis un certain temps cette mine pour son utilisation du cyanure et son impact potentiel sur l’environnement et la vie humaine. On craint que le cyanure utilisé dans la mine ne s’écoule dans l’Euphrate, une importante source d’eau qui s’étend au-delà de la Turquie.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, a déclaré à ce sujet :

“Il ne s’agit pas d’un accident, mais d’un homicide. Il ne s’agit pas d’une coïncidence, mais d’une préférence claire.

L’industrie minière doit être sûre et durable. Cet homicide est un nouvel exemple de l’exposition des mineurs du monde entier à des risques très élevés. Il y a eu trop de décès dans les mines turques au fil des ans, mais aucune leçon n’en a été tirée. Cela doit cesser ; être tué au travail, ce n’est pas ça le destin des mineurs. Les gens doivent être la priorité, pas les profits”.

IndustriALL demande à Anagold Mining et aux autorités turques de mener immédiatement une enquête approfondie sur ce qui s’est passé dans cette mine, une fois les opérations de sauvetage terminées.

La Turquie a de mauvais antécédents en matière de sécurité minière. En octobre 2022, une explosion dans une mine de charbon à Amasra a tué 41 mineurs, et en 2014, plus de 300 personnes ont été tuées dans la pire catastrophe minière du pays à Soma.

Crédit photo : Sendika.Org

Au Sri Lanka, des travailleurs de l'habillement attaqués par l'employeur

Le syndicat avait organisé cette réunion pour discuter de la note de la direction disant que les travailleurs qui avaient reçu des lettres d'avertissement dans le courant de l'année ne verraient pas leurs salaires augmentés et que ceux qui avaient reçu deux avertissements n'auraient pas droit à une prime. Ce syndicat est affilié à IndustriALL par l'intermédiaire du Syndicat des salariés de la zone franche et des services généraux (FTZ&GSEU).

Devant cette répression organisée par la direction, les travailleurs présents à la réunion du 9 février ont décidé de se mettre en grève. La direction a rejeté le préavis de grève et essayé de forcer les travailleurs à démissionner du syndicat.

Lorsque les travailleurs sont arrivés à l'usine, le matin du 10 février, certains ont été agressés physiquement par la direction, dont les dirigeants de la section locale, une femme ayant été grièvement blessée, puis ils ont été emmenés de force à l'intérieur pour les contraindre de signer des lettres de démission, des syndicalistes ayant même dû porte plainte à la police.

Anton Marcus, secrétaire adjoint du FTZ&GSEU, a déclaré :

"Les actions de la direction de Sumithra sont une violation incontestable des droits fondamentaux des travailleurs garantis par la constitution nationale ainsi que par les conventions de l'OIT sur la liberté syndicale et le droit d'organisation et de négociation collective. Nous souhaitons poursuivre les négociations avec la direction pour autant qu'elle cesse tous actes de violence et de répression contre nos membres."

Pour le secrétaire général d'IndustriALL, Atle Høie :

"Le recours à la violence contre des travailleurs qui ne font qu'exercer leurs droits fondamentaux est totalement inacceptable. IndustriALL Global Union appelle le groupe Sumithra à mettre fin immédiatement à ces actes de violence et à négocier de bonne foi avec le syndicat."

Le groupe Sumithra est connu pour violer les droits des travailleurs. En septembre 2020, la direction a supprimé des droits fondamentaux aux travailleurs, notamment en n'assurant plus les repas et les services de transport en invoquant l'excuse du Covid-19. En plus, la direction a forcé des adhérents à démissionner de leur syndicat. 

Les journalistes de Gaza sont confrontés à la faim et aux bombardements

Le premier article de cette série est signé Tim Dawson, Secrétaire général adjoint de la Fédération internationale des journalistes. Il demande à tous de soutenir le Fonds de sécurité de la FIJ.

L’effroyable bilan des journalistes de Gaza est devenu un titre familier. Dix pour cent des professionnels des médias de l’enclave ont été tués depuis le 7 octobre, soit un taux de mortalité nettement supérieur à celui des soldats dans la plupart des guerres.

On connaît moins bien les privations des journalistes de Gaza qui continuent à travailler et qui, depuis l’exclusion des reporters internationaux de l’enclave, sont la seule source d’informations en provenance de Gaza.

“Tous les journalistes ont changé d’endroit pour passer la nuit au moins cinq fois depuis le début de la guerre,”

indique Nasser Abu Baker, Président du Syndicat des journalistes palestiniens (PJS) et Vice-président de la Fédération internationale des journalistes.

“La plupart d’entre eux vivent sous des abris de fortune et passent d’une tente à l’autre à mesure que le conflit engloutit une partie de plus en plus importante de la bande de Gaza. D’autres dorment dans des bâtiments scolaires, avec des milliers d’autres personnes déplacées”.

Les conditions sont déplorables. Baker décrit une école, conçue pour 500 élèves, dans laquelle vivent 30.000 personnes. On ne peut qu’imaginer la pression qui pèse sur les 30 toilettes.

La pénurie de nourriture est telle que le PJS finance désormais des livraisons de farine à ses membres, grâce aux dons de journalistes et de leurs syndicats dans le monde entier.

“Au cours des dernières semaines, nous avons fourni 7.000 colis alimentaires de base”,

précise Abu Baker.

“Outre les 1.300 journalistes, nous soutenons également leurs familles, soit environ 6.000 personnes au total.”

Le PJS espère fournir des tentes, du matériel de couchage et des vêtements chauds. Les restrictions sévères imposées à la circulation des marchandises dans la bande de Gaza rendent la tâche difficile, mais le syndicat collabore avec l’UNESCO pour tenter de trouver un moyen.

Avec la pénurie de nourriture, d’eau et de carburant, les conditions de travail des journalistes sont extrêmement difficiles. Tahseen Al-Astall, Vice-président du PJS, est basé à Gaza.

“Chaque jour, nous marchons, marchons, marchons, en portant notre équipement sur nos épaules”, dit-il.

“Il y a une histoire dans chaque centimètre carré de Gaza et nous, journalistes, sommes déterminés à toutes les raconter.”

Les fréquentes pannes d’Internet, qui coïncident souvent avec les moments où les combats sont les plus féroces, rendent également les communications ordinaires impossibles et retardent la diffusion des informations.

Les privations extrêmes auxquelles sont confrontés ses membres ne sont qu’un des défis du PJS. Le syndicat compte environ 2.300 membres (approximativement 80 % des journalistes palestiniens), dont 1.000 ont participé à son dernier congrès en mai 2022. Son conseil d’administration, politiquement pluriel, comprend des hommes et des femmes d’origine musulmane et chrétienne. Le personnel du syndicat, dont le siège se trouve à Ramallah, en Cisjordanie, est également confronté à des problèmes importants dans l’exercice de ses fonctions.

“Se déplacer en dehors de Ramallah est presque impossible”,

explique Rania Khayyat, Responsable des relations internationales du PJS.

“Les barrages routiers sont omniprésents et l’armée israélienne ainsi que les colons nous attaquent. Des trajets de 10 kilomètres peuvent durer des heures”.

Depuis le mois d’octobre, le PJS a recensé plus de 200 attaques contre des journalistes à Jérusalem-Est et en Cisjordanie.

Au-delà des difficultés pratiques, le nombre croissant de morts jette une lourde ombre sur tous les professionnels des médias palestiniens, dont la conviction largement répandue est qu’ils sont délibérément pris pour cible.

“Les forces de défense israéliennes téléphonent aux journalistes de Gaza pour leur dire qu’eux et leurs familles seront pris pour cible, puis les attaques ont lieu, des roquettes et des missiles étant délibérément destinés à nous tuer”, déclare Al Astall.

Avec un taux de mortalité des journalistes environ trois fois supérieur à celui des professionnels de la santé à Gaza, il y a certainement matière à justification.

La Cour pénale internationale s’est déjà engagée à enquêter sur le ciblage des journalistes à Gaza. La décision initiale de la Cour internationale de justice, rendue en janvier, selon laquelle Israël doit se conformer aux dispositions de la Convention sur le génocide, vient renforcer l’espoir des habitants de Gaza que le droit international puisse encore servir leurs intérêts. La FIJ soutiendra des actions en justice contre les responsables politiques et militaires israéliens s’ils ne se conforment pas à la décision de la CIJ.

La réponse des syndicats de journalistes du monde entier à la crise a été impressionnante. Peu d’entre eux peuvent être considérés comme bien nantis par rapport aux grands syndicats généraux, mais les dons sont venus du monde entier. Des journalistes ont également répondu à l’appel à titre individuel. Grâce aux fonds recueillis, la FIJ a notamment fourni des trousses de premiers soins, des blocs d’alimentation électriques, de la nourriture, des vêtements chauds et des trousses d’hygiène pour les femmes.

L’avenir nous dira si le nombre de morts augmentera et quelles seront les conditions de travail des journalistes palestiniens lorsque les combats cesseront. Pour l’heure, la solidarité internationale leur permet d’avoir un meilleur accès aux produits de première nécessité et l’assurance que leur travail est apprécié par leurs collègues du monde entier.

Vous pouvez faire un don au Fonds de sécurité de la FIJ.

Tim Dawson est Secrétaire général adjoint de la Fédération internationale des journalistes.

Le chef du bureau d’Al Jazeera à Gaza, Wael Al-Dahdouh, prie pendant les funérailles de son fils Hamza Wael Dahdouh, un journaliste de la chaîne de télévision Al Jazeera, qui a été tué lors d’une frappe aérienne israélienne à Rafah dans la bande de Gaza, le 7 janvier 2024.

Crédit photo : AFP.

Photo credit: Al Jazeera's bureau chief in Gaza, Wael Al-Dahdouh prays during the funeral of his son Hamza Wael Dahdouh, a journalist with the Al Jazeera television network, who was killed in a reported Israeli air strike in Rafah in the Gaza Strip on January 7, 2024. Credit: AFP.
 

Les travailleurs indiens du vêtement protestent contre le retard de la hausse des salaires

La Loi sur le salaire minimum impose aux gouvernements des États d'augmenter le salaire minimum tous les cinq ans. Or, cela n'a pas été fait pour les travailleurs de l'habillement de l'État du Tamil Nadu. La dernière révision date de 2014, soit un retard de dix ans. La hausse n'a pas eu lieu parce que plus de 500 fabricants ont porté l'affaire devant la justice en invoquant une impossibilité pratique de payer le nouveau salaire.

Les salaires des travailleurs du vêtement du Tamil Nadu vont de 9.875 roupies (119 $) pour les plus bas à 10.514 roupies (127 $) pour les mieux nantis. Avec l'augmentation, le salaire minimum mensuel oscillera entre 15.211 et 167.379 roupies (183-197 $).

En 2016, la justice a statué en faveur des travailleurs et confirmé la hausse salariale. Elle a ordonné aux fabricants de payer immédiatement le salaire révisé, augmenté de l'inflation et des arriérés depuis décembre 2014. Cela n'a pas été fait parce que les fabricants ont déposé plusieurs recours devant la Cour suprême.

En novembre dernier, lors de l'examen de la requête, la Cour suprême a constaté l'inaction du gouvernement de l'État pendant les neuf dernières années s'agissant de la révision des salaires dans l'industrie du vêtement. Elle a ordonné à ce gouvernement de remédier immédiatement à la situation.

Le 6 février, lorsque l'affaire est revenue devant la Cour suprême à la suite d'un recours spécial du GAFWU, les syndicalistes présents ont constaté que le juge était consterné de voir que le gouvernement n'avait toujours pas ordonné la révision du salaire.

En réponse aux protestations des travailleurs, le commissaire adjoint au travail leur a garanti que le salaire serait fixé conformément à la décision de 2014 avant la prochaine session de la Cour suprême.

Gautam Mody, le président d'Unions United, qui est aussi membre du comité exécutif d'IndustriALL, a déclaré :

"En Inde, les salaires minimums sont bas et rarement respectés, ce qui pénalise les travailleurs et les empêche de vivre décemment. Nous devons donner la priorité aux salaires de survie et veiller à ce qu'ils soient effectivement appliqués dans tous les États. Les travailleurs qui sont au bas de la pyramide sont acculés tandis que les employeurs raflent les profits et que les gouvernements détournent les yeux. Nous avons besoin de mécanismes plus forts et plus robustes pour offrir un salaire minimum juste pour mettre fin à l'arbitrage salarial dans les chaînes d'approvisionnement mondiales."

Le secrétaire général d'IndustriALL, Atle Høie, juge que :

"Le gouvernement indien doit imposer le nouveau salaire minimum dans l'industrie. Il est consternant de voir que l'industrie ait pu faire obstruction pendant tant d'années. IndustriALL réclame une action immédiate pour assurer le versement des salaires dus aux travailleurs et qui leur sont refusés."

Victoire syndicale chez Pontus Footwear

En octobre 2022, des travailleurs de Pontus avaient créé une section du CUMW qu'ils ont enregistrée auprès du ministère du Travail et de la Formation professionnelle. La direction de l'entreprise a riposté en menaçant de licencier quatre personnes si elles ne quittaient pas le syndicat, ce qu'elle a fait en janvier 2023.

Un mois plus tard, une lettre d'IndustriALL Global Union appelait Pontus à réintégrer ces travailleurs sans retard et à respecter le droit des travailleurs de s'organiser. Sans réaction concrète de l'entreprise, le CUMW, aidé par IndustriALL, a contacté des représentants de VFC au Cambodge pour organiser une médiation avec Pontus.

Près d'un an et plusieurs réunions plus tard, la direction de Pontus et le CUMW ont signé le 28 janvier un accord prévoyant la réintégration des quatre travailleurs début février, avec arriérés de salaire. Les deux parties se sont engagées à instaurer des relations de travail harmonieuses et à éviter toutes représailles.

Le président du CUMW, Pav Sina, a déclaré :

"Nous tenons à remercier chaleureusement IndustriALL pour avoir amené VFC à conduire une médiation avec la direction de Pontus Footwear jusqu'à sa conclusion, le 28 janvier, par un accord signé par les parties."

Christina Hajagos-Clausen, la directrice d'IndustriALL en charge de l'industrie du textile et du vêtement, a déclaré :

"Je félicite le CUMW pour sa victoire. Son combat montre qu'il est important de faire appel aux marques et aux fournisseurs pour régler les conflits du travail. IndustriALL continuera à soutenir ses affiliés pour protéger les droits de l'homme et les droits des travailleurs dans les chaînes d'approvisionnement mondiales."

Photo: Marcel Crozet / OIT

5 raisons pour lesquelles nous avons toujours besoin du droit de grève

Le droit de grève est un élément essentiel de la liberté syndicale et est protégé par la Convention 87 de l’OIT. Le refus de travailler est un outil de négociation crucial au cours du processus de négociation, son principal objectif étant de modifier le rapport de force entre les travailleurs et l’employeur.

Voici cinq raisons essentielles pour lesquelles on ne peut se passer du droit de grève :

  1. Faire grève est un dernier recours mais parfois le seul outil à disposition des travailleurs et travailleuses pour se protéger.
  2. Pour éviter d’être à l’entière merci des employeurs.
  3. Pour mieux équilibrer les forces entre patron et travailleur.
  4. Sans lui, de plus en plus de gouvernements interdiraient les arrêts de travail et puniraient ceux qui oseraient faire grève.
  5. La plupart des grèves concernent les salaires et les conditions de travail. Sans la menace d’une action de grève, les entreprises auraient l’occasion d’engranger davantage de bénéfices alors que les conditions de travail empireraient.

La limitation du droit de grève aurait de graves répercussions sur tout le monde

Le droit de grève est remis en cause dans de nombreux pays du monde. Il est également attaqué par les employeurs et les gouvernements au sein de l’Organisation internationale du travail (OIT), qui définit les normes mondiales en matière de droits du travail.

En 2015, les groupes des employeurs de l’OIT et certains gouvernements ont remis en question la Convention 87 de l’OIT sur la liberté syndicale, ratifiée par 153 pays, qui sous-tend le droit de grève. Les syndicats du monde entier ont protesté pour protéger ce droit fondamental.

Cependant, lors de la réunion du Conseil d’administration du BIT de novembre dernier, le groupe des employeurs a proposé d’inscrire à l’ordre du jour un point normatif sur le droit de grève. Dans cette proposition, le groupe des employeurs demande qu’un protocole soit annexé à la Convention 87 pour “réglementer” le droit de grève, tout en niant que cette convention protège le droit de grève.

IndustriALL, d’autres Fédérations syndicales internationales ainsi que la CSI, se sont fermement opposées à cette proposition du groupe des employeurs, qui a été renvoyée par l’OIT devant la Cour internationale de justice.

 

Photo 1 : Jack Quillin – Los Angeles, Californie, le 5 juin 2023, syndicat des auteurs Writers Guild of America. Grève dans le centre de Los Angeles, pancartes de grévistes
Photo 2 : Ringo Chiu – Personnes brandissant des pancartes lors d’une manifestation sur le campus de l’Université UCLA, le 15 novembre 2022 à Los Angeles.

Les travailleurs iraniens suspendent leur grève sur la promesse de l'employeur de répondre à leurs revendications

En décembre dernier, les travailleurs du Groupe de l'industrie sidérurgique nationale d'Iran (Insig) d'Ahvaz, dans le sud du pays, se sont mis en grève et, à la fin du mois, ils reprenaient le travail après que l'employeur ait promis de donner suite à leurs revendications.

Or, le 22 janvier, ils ont repris leur mouvement de grève parce que l'employeur n'honorait pas ses engagements. Six jours plus tard, des milliers de personnes défilaient dans les rues du centre d'Ahvaz en soutien aux grévistes.

Le 30 janvier, les métallos ont mis fin à leur grève après une nouvelle promesse d'accéder à leurs demandes. Le Syndicat des travailleurs de la métallurgie et des mécaniciens d'Iran (UMMI), affilié à IndustriALL, a appelé les travailleurs de l'industrie, leurs collègues et les retraités de toute l'industrie sidérurgique d'Iran à s'unir contre des pratiques d'exploitation et la cupidité des entreprises. Leur message est clair : ensemble, nous pouvons défier les forces qui tentent de ruiner notre bien-être collectif.

Le secrétaire général adjoint d'IndustriALL Kemal Özkan a déclaré :

"Les travailleurs iraniens luttent pour une vie meilleure. IndustriALL est solidaire des travailleurs iraniens. Nous exhortons les autorités à répondre à leurs revendications et à reconnaître les syndicats indépendants."

Photo: Shutterstock