Déclaration sur l’annonce par la Fédération de Russie qu’IndustriALL Global Union est une “organisation indésirable”

IndustriALL Global Union conteste catégoriquement cette décision. Elle va à l’encontre du respect des droits humains et syndicaux fondamentaux, ainsi, notamment, que des conventions du travail fondamentales de l’OIT.

IndustriALL Global Union représente 50 millions de travailleurs et travailleuses dans 130 pays dans les secteurs de l’exploitation minière, de l’énergie et de l’industrie manufacturière. Son objectif est de syndiquer et de renforcer le pouvoir collectif des travailleurs et travailleuses du monde entier ainsi que de promouvoir et défendre leurs droits et leurs intérêts communs auprès des entreprises et des gouvernements.

IndustriALL Global Union se bat pour promouvoir le respect des droits syndicaux fondamentaux et des droits de l’homme. IndustriALL défend la liberté, la paix, la démocratie et la justice sociale dans le monde entier.

Depuis le début des années 1990, IndustriALL et ses organisations fondatrices, la FIOM, l'ICEM et la FITTHC, ont travaillé en étroite collaboration avec les syndicats russes pour plaider en faveur d’une structure économique démocratique, équitable et durable qui assure une juste répartition des richesses, de bonnes conditions de travail, l’emploi et la sécurité pour tous les travailleurs et travailleuses, tout en préservant l’environnement.

IndustriALL Global Union attend de la Fédération de Russie qu’elle revienne sur sa décision incompréhensible et injuste, qui prive les travailleurs et travailleuses russes de toute représentation au plan international alors que la conjoncture internationale est compliquée.

RDC : syndiquer dans la chaîne de valeur des minéraux de transition

Les minéraux critiques sont demandés pour la transition vers les énergies renouvelables et sont utilisés dans la fabrication de batteries pour les véhicules électriques, de pièces de véhicules et de smartphones.

La RDC possède d’importants gisements de cuivre, de cobalt, d’étain, de tantale et de lithium, entre autres.

Selon le ministère congolais des mines, le pays compte 61 sites d’extraction de cobalt en activité, dont 76 % sont exploités par des entreprises chinoises et 10 % par le négociant suisse en matières premières Glencore. Les autres sociétés minières présentes dans le pays sont australiennes, kazakhes et indiennes. La société GECAMINES, détenue par l’État, exploite également des mines de cobalt.

Une étude réalisée en 2023 par l’organisation non gouvernementale basée au Royaume-Uni RAID, qui dénonce les violations des droits de l’homme et des droits des travailleurs commises par les entreprises, et par le Centre d’Aide Juridico-Judiciaire (CAJJ), un organisme d’aide juridique basé à Kolwezi, a calculé que le salaire de subsistance s’élevait à 480 dollars, un montant que ne versent pas la plupart des sociétés minières, bien qu’elles aient déclaré d’énormes bénéfices à leurs actionnaires.

La plupart des travailleurs mal payés étaient employés par des sous-traitants dans des conditions de travail précaires, avec de faibles rémunérations, sans sécurité d’emploi en raison de contrats à court terme, et se voyaient également refuser des avantages sociaux. Les compagnies minières ont également violé les droits des travailleurs en matière de santé et de sécurité.

Pour améliorer les conditions de travail, les affiliés d’IndustriALL en RDC, Organisation des Travailleurs Unis du Congo (OTUC), Secrétariat des Syndicats IndustriALL de la CDT (CDT), Travailleurs Unis des Mines, Métallurgies, Énergie, Chimie et Industries Connexes (TUMEC), Confédération des Syndicats du Congo (CSC) et Union Nationale des Travailleurs du Congo (UNTC), qui comptent des membres dans les secteurs des mines et de l’énergie, se sont réunis à Kinshasa à la mi-février pour élaborer une stratégie de syndicalisation tout au long de la chaîne de valeur critique des minéraux de transition.

La réunion, organisée avec le soutien de la FES RDC et du Centre de compétence syndicale de la FES pour l’Afrique subsaharienne, a discuté de la manière dont les syndicats peuvent mieux recruter au sein de la chaîne de valeur et ne pas galvauder les opportunités de syndicalisation. Il est important de noter que l’unité des syndicats demeure l’une des questions clés de la syndicalisation.

La rencontre a débouché sur un plan prévoyant la mise sur pied de réunions permettant de traiter avec les multinationales où les conditions de travail sont mauvaises. L’une de ces entreprises est Glencore.

Les enquêtes précédentes menées par IndustriALL dans les mines de Glencore ont révélé le non-respect des réglementations en matière de santé et de sécurité, ainsi que les difficultés rencontrées par les syndicats en matière de négociation collective et de recrutement syndical en raison de la répression exercée par la direction à l’encontre des syndicats.

Les syndicats ont indiqué qu’ils voulaient promouvoir la formalisation de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle pour y permettre la syndicalisation. Des rapports indiquent que plus de 200.000 mineurs artisanaux en RDC exploitent le cobalt et que s’ils pouvaient être syndiqués, cela augmentera les effectifs des syndicats.

Les syndicats ont souligné les défis auxquels ils étaient confrontés, comme le blocage des activités syndicales par certains inspecteurs du travail, l’incapacité du gouvernement à impliquer les syndicats dans la question des minerais critiques et les difficultés d’accès à certaines mines éloignées. Il est également difficile pour les syndicats d’impliquer les mineurs artisanaux dans les questions de santé et de sécurité, car certains d’entre eux n’ont pas un emploi formel. Les syndicats ont exprimé leur inquiétude quant à la violence et au harcèlement fondés sur le genre, qui sont endémiques dans les mines.

Glen Mpufane, Directeur pour l’industrie minière auprès d’IndustriALL, a déclaré :

“La RDC est un pays producteur de minerais important et les entreprises multinationales sont au centre de la campagne d’IndustriALL pour améliorer les conditions de travail dans les mines. Les syndicats doivent s’engager sur la diligence raisonnable en matière de droits de l’homme, le changement climatique et les discussions sur la transition juste, car il s’agit là de sujets importants dont la maîtrise serait bénéfique pour les travailleurs du secteur minier en RDC”.

Illustration : Shutterstock

Les syndicats des chantiers navals du Bangladesh jouent un rôle clé dans le soutien aux travailleurs

La situation sur les chantiers de démolition de navires du Bangladesh est loin d’être différente. L’année dernière, plus de trente accidents ont eu lieu ces chantiers, tuant au moins cinq travailleurs et en blessant plusieurs autres. IndustriALL et ses affiliés ont travaillé sans relâche pour rendre les chantiers de démolition de navires du Bangladesh plus sûrs pour les travailleurs. La syndicalisation des travailleurs dans ce secteur est une tâche ardue, car le travail est saisonnier et le concept de main-d’œuvre permanente n’existe pas.

En outre, les employeurs découragent les efforts de syndicalisation au sein de leurs chantiers, s’engageant souvent dans des activités de démantèlement des syndicats, car ils ne veulent pas qu’une main-d’œuvre syndiquée protège ses droits. Malgré ces défis, les affiliés d’IndustriALL continuent à syndiquer les travailleurs et à faire valoir leurs droits à un lieu de travail sûr.

Au cours des trois dernières années, nos affiliés ont enregistré et signalé les accidents et sont parvenus à faire en sorte que les employeurs versent des indemnités aux travailleurs et à leurs familles en cas de blessure ou de décès sur le lieu de travail. La Fédération des métallurgistes du Bangladesh (BMF) a réussi à obtenir une indemnisation de 50.000 BDT (450 dollars) pour un travailleur blessé et à garantir des frais médicaux de 20.000 BDT (180 dollars) pour un autre.

La Fédération des travailleurs de la métallurgie, de la chimie, de l’habillement et de la couture du Bangladesh (BMCGTWF) a aidé un opérateur de SN Corporation à recevoir une indemnité de 100.000 BDT (900 USD). Elle a également aidé la famille d’un contremaître à recevoir une indemnité de 632.000 BDT (5.700 dollars), le travailleur étant décédé chez Motalab Steel.

Les syndicats ont également poursuivi activement les cas de violation des droits des travailleurs devant les tribunaux du travail. La BMCGTWF a déposé deux nouveaux dossiers concernant le licenciement de travailleurs de Crystal Shippers Ltd. Le BMF a également réussi à obtenir une ordonnance en faveur de syndicalistes de Janata Steel alors que de fausses accusations avaient été portées à leur encontre.

En 2023, le BMF et la BMCGTWF ont réussi à assurer la réintégration de 78 travailleurs et ont obtenu des indemnités de licenciement et des primes à l’occasion de fêtes religieuses pour certains travailleurs qui avaient perdu leur emploi. Les syndicats ont également aidé 97 travailleurs à obtenir leurs indemnités de licenciement auprès des employeurs.

L’année dernière, les efforts de la campagne d’IndustriALL pour amener le gouvernement du Bangladesh à ratifier la Convention de Hong Kong ont porté leurs fruits, puisque le pays l’a ratifiée. La Convention de Hong Kong devrait entrer en vigueur l’année prochaine. Cette convention est un instrument essentiel pour garantir la sécurité des travailleurs sur les chantiers navals.

Walton Pantland, Directeur pour la construction navale et la démolition des navires auprès d’IndustriALL, a déclaré :

“La démolition de navires est un environnement difficile et dangereux pour les syndicats. Nos affiliés du Bangladesh répondent aux besoins des travailleurs en luttant contre l’injustice, en obtenant leur réintégration ou en réclamant des indemnisations. La prochaine étape consiste à s’organiser collectivement au plan syndical et à obtenir une reconnaissance officielle auprès des propriétaires de chantiers navals, de l’association des employeurs et du gouvernement.”


 

#ZéroExcuse

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Poster#NoExcuse

(Japanese)

Cette politique vise à élaborer une culture de dignité et de respect au sein d’IndustriALL et de ses affiliés, en soulignant l’importance d’éradiquer la violence liée au sexe, la misogynie et le sexisme. Elle met l’accent sur l’éducation et la sensibilisation à ces questions, en s’alignant sur les dispositions de la Convention 190 de l’Organisation internationale du travail (OIT). Elle établit également des procédures claires pour traiter les plaintes liées au harcèlement sexuel, à la misogynie et au sexisme qui se produisent dans le cadre des activités d’IndustriALL.

“Ce 8 mars, Journée internationale de la femme, IndustriALL renforcera sa position selon laquelle la violence liée au sexe, la misogynie et le sexisme sont inacceptables. Notre campagne intitulée “ZÉRO EXCUSE” vise à promouvoir cette politique auprès de nos affiliés, en soulignant notre engagement en faveur de la sensibilisation et de la prévention,”

a déclaré Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL.

IndustriALL élabore des lignes directrices et des modèles pour donner la priorité à la sensibilisation et pour soutenir les affiliés qui doivent encore adopter des politiques et des procédures en matière de violence à l’égard des femmes. Dans le cadre de cette politique, il a été élaboré une série de recommandations pour les affiliés leur permettant de prévenir la violence liée au sexe, la misogynie et le sexisme.

Comme l’indique la Convention 190 de l’OIT, seule une approche inclusive, intégrée et sensible au genre, qui s’attaque aux causes sous-jacentes et aux facteurs de risque, y compris les stéréotypes de genre, les formes multiples et croisées de discrimination et les relations de pouvoir inégales fondées sur le genre, nous permettra de mettre un terme à la violence liée au sexe dans le monde du travail.

Selon l’OIT, les écarts salariaux entre les hommes et les femmes persistent et même se creusent dans certaines professions. Malgré les progrès réalisés, des défis subsistent, tels que la discrimination persistante et les disparités salariales entre les hommes et les femmes dans divers secteurs, en particulier dans les professions exigeant des niveaux de compétences élevés et dans les domaines des STIM. IndustriALL a répondu à ces préoccupations en publiant des ressources sur l’équité salariale, la Boite à outils sur l’équité salariale, en anglais, français, espagnol et turc, et prévoit de publier une boîte à outils sur l’utilisation de la diligence raisonnable en matière de droits de l’homme pour prévenir la violence à l’égard des femmes au sien des chaînes d’approvisionnement.

IndustriALL se concentre également sur le futur paysage du travail pour les femmes, y compris les effets potentiels de l’intelligence artificielle (IA) sur l’égalité des sexes et la nécessité pour les femmes d’acquérir des compétences numériques ainsi qu’en matière d’IA.

Selon l’OCDE, les femmes restent à la traîne des hommes en ce qui concerne le développement des compétences numériques et liées à l’IA. Dans les pays de l’OCDE, plus de deux fois plus de jeunes hommes que de jeunes femmes de 16 à 24 ans savent programmer, une compétence essentielle pour le développement de l’IA.

Compte tenu du climat géopolitique actuel, où les femmes sont affectées de manière disproportionnée par les conflits armés et la montée de l’extrémisme, IndustriALL souligne l’importance de se mobiliser pour l’égalité des sexes, en particulier le 8 mars. IndustriALL appelle ses affiliés à être proactifs dans la promotion de l’égalité, de la diversité et de l’inclusion, reconnaissant que ces valeurs sont cruciales pour l’avenir.

Cette lutte pour l’égalité doit continuer à être un combat quotidien pour notre organisation. Nous devons être des agents du changement en faveur de l’égalité, de la diversité et de l’inclusion. L’avenir de nos organisations en dépend.

Faites-nous savoir ce que votre syndicat fait le 8 mars. Vous pouvez également rejoindre notre groupe Facebook des femmes d’IndustriALL et rendre compte de vos actions, ou envoyer des photos à [email protected]. Veuillez utiliser les hashtags #ZéroExcuse et #TouteslesFemmes.

#NoExcuse Policy

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Les travailleurs de Saint-Gobain Eupen ne connaissent toujours pas leur sort

Le syndicat a organisé une série de manifestations afin d’attirer l’attention sur le sort des travailleurs, dont certains sont actifs depuis 20 à 40 ans dans l’usine. Parallèlement, le syndicat a tenté de négocier avec la direction locale toutes les possibilités de sauvegarder les emplois ou, au moins, de trouver un racheteur pour l’usine. Toutefois, le syndicat estime que l’entreprise n’a pas l’intention de sauver les emplois.

Lors d’une récente réunion du conseil d’entreprise, Vincent Lamberigts, représentant principal de la CSC bâtiment – industrie & énergie auprès de Saint-Gobain Eupen, a déclaré que malgré la demande d’informations auprès de l’entreprise de la part d’un candidat acheteur sérieux, aucune réponse n’a été transmise depuis cinq semaines. Le syndicat estime que la direction n’a pas traité cette question avec l’urgence nécessaire.

Le syndicat prévoit une action à Paris ce 8 mars afin d’exposer les droits des travailleurs d’Eupen en matière d’emploi, ainsi que d’obtenir une rencontre avec les hauts responsables de Saint-Gobain.

À la suite de cette annonce, IndustriALL a écrit à l’entreprise en novembre pour exprimer sa forte opposition à la décision de fermer l’usine, qui affecterait gravement les moyens de subsistance des travailleurs concernés ainsi que de leurs familles.

En décembre de l’année dernière, les délégués du réseau syndical mondial Saint-Gobain, qui représente les travailleurs et travailleuses de l’entreprise dans le monde entier, se sont intéressés de près aux stratégies infructueuses de l’entreprise et à la nécessité pressante de trouver un repreneur pour le site d’Eupen. Les membres du réseau ont exprimé leur solidarité avec les travailleurs d’Eupen.

Dans une lettre adressée récemment à la direction de Saint-Gobain, le Secrétaire général d’IndustriALL, Atle Høie, a insisté pour que des négociations soient menées et qu’une solution réalisable soit trouvée :

“Il est impératif que la direction du siège et la direction responsable pour le Benelux prennent contact avec les syndicats, notamment la CSC bâtiment – industrie & énergie, pour engager des négociations de bonne foi et avec l’engagement de Saint-Gobain d’agir de manière socialement responsable dans l’ensemble de ses activités, afin de trouver une solution viable et équitable pour les travailleurs de l’usine d’Eupen”.

Photos : CSC Liège

Les syndicats thaïlandais font avancer la campagne de ratification des conventions de l’OIT

En remettant une lettre demandant la ratification des Conventions 87 et 98 de l’OIT au ministre thaïlandais du travail, Phiphat Ratchakitprakarn, dans les locaux du ministère du travail à Bangkok, le coordinateur du réseau et Président de la CILT (Confédération du travail industriel de Thaïlande), Prasit Prasopsuk, a déclaré que la ratification de ces conventions était susceptible de créer un système de relations sociales équitable et offrir une meilleure qualité de vie aux travailleurs et travailleuses thaïlandais :

“L’adoption des normes internationales du travail et la protection des droits des travailleurs donneront une bonne image de la Thaïlande au niveau international. Cela renforcera sans aucun doute notre compétitivité commerciale, attirera davantage d’investissements et stimulera la croissance économique.”

Le même jour, vingt syndicalistes de la CILT et du syndicat PTTLU ont également remis au Parlement une lettre au Président de la commission du travail, Saritphong Khruang, demandant au gouvernement d’accélérer la ratification de ces conventions de l’OIT.

En octobre 2023, le gouvernement thaïlandais a mis en place un comité tripartite et deux groupes de travail pour étudier la faisabilité de la ratification de la C87 et de la C98, ainsi que sa cohérence avec le droit du travail thaïlandais. L’étude de faisabilité devrait être achevée d’ici un an.

Toutefois, la Fédération des industries thaïlandaises s’est fermement opposée à la ratification des deux conventions, affirmant que la liberté syndicale entraînerait une augmentation du nombre de grèves. Le ministère de l’intérieur craint que si les travailleurs migrants sont autorisés à former des syndicats, cela ne constitue une menace pour la sécurité et ne dévaste l’économie.

Apsorn Krissanasmit, Président de la SEWFOT (Fédération des travailleurs des entreprises d’État de Thaïlande) et du PTTLU, a déclaré :

“En tant que membre du comité tripartite, j’engagerai continuellement les parties prenantes à ratifier les conventions et à amender le droit du travail, si l’on y trouve des obstacles à la ratification des conventions par le gouvernement et le parlement. Je m’engage à faire en sorte que les avantages que le pays tirera de la ratification soient mieux compris.”

Ramon Certeza, Secrétaire régional d’IndustriALL pour l’Asie du Sud-Est, a déclaré :

“IndustriALL apportera son soutien pour permettre à ses affiliés en Thaïlande de s’engager de manière significative dans le dialogue social en vue de la ratification de ces deux conventions que les travailleurs et travailleuses thaïlandais appellent de leurs vœux”.

À l’avenir, le réseau de pilotage 8798 des conventions de l’OIT prévoit de produire davantage de contenus de communication et à destination des médias afin d’améliorer la compréhension des deux conventions par les travailleurs et la société dans son ensemble.

Ce réseau, qui comprend 26 syndicats et organisations de travailleurs, a été créé lors d’un atelier en août dernier.

La Suisse accepte une initiative historique de solidarité sociale

Cet ajustement, qui reflète le concept de 13e salaire mensuel pour les travailleurs, vise à apporter un coup de pouce nécessaire au niveau de vie des retraités actuels et futurs. Il représente une augmentation de 8,3 % de leur pension mensuelle.

Cette initiative est une victoire importante pour la solidarité sociale en Suisse, car elle garantit une approche plus équilibrée et plus équitable de la prévoyance vieillesse. Lors d’une votation populaire décisive le 3 mars dernier, les citoyens suisses ont donné la priorité à la protection sociale plutôt qu’aux tentatives d’assouplissement de l’âge de la retraite dans le cadre d’une initiative distincte, qui a fait l’objet d’un rejet massif, 75 % des votants s’étant prononcés contre un relèvement de l’âge de la retraite.

UNIA, affilié à IndustriALL, a mobilisé ses membres dans tout le pays autour de cette campagne :

“Le jeu en valait la chandelle. Ce résultat constitue une avancée sociale majeure pour la Suisse et nous donne confiance dans l’avenir de notre régime de prévoyance vieillesse. Il contribue à notre lutte pour de meilleurs salaires, des primes d’assurance maladie abordables et notre combat contre le vol des pensions du deuxième pilier”, a déclaré Vania Alleva, Présidente d’UNIA.

Ce mandat public met en évidence une demande généralisée d’action immédiate pour se prémunir contre l’érosion du pouvoir d’achat des retraités et appelle à des mesures compensatoires plus larges pour d’autres groupes touchés par les disparités économiques.

Cette décision, approuvée par une majorité grâce à un taux de participation plus élevé que d’habitude, envoie un message fort quant à la confiance de la population dans un système de pension solidaire.

Le soutien apporté à cette initiative visant un 13e versement de rente reflète un large consensus sur la nécessité d’adopter des politiques progressistes qui garantissent la dignité de la retraite sans compromettre le tissu social du pays.

“Nous sommes solidaires de nos affiliés suisses et célébrons ce triomphe comme un témoignage du pouvoir de l’action collective et de l’importance des initiatives syndicales dans la défense des droits et du bien-être des travailleurs et des retraités. Cette victoire ne renforce pas seulement la confiance dans le système de retraite suisse, mais pourrait également servir d’exemple pour des efforts de plaidoyer similaires à l’échelle mondiale, réitérant le besoin d’un système économique juste et équitable qui sert réellement les besoins de tous ses citoyens”, a déclaré Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL.

Victoire syndicale au Sri Lanka

En septembre 2023, le FTZ&GSEU a créé une section syndicale dans l’usine. Lorsque la direction a eu connaissance de son existence, elle a immédiatement suspendu les membres du bureau syndical, les membres de leur famille et toute personne associée. Cinq de ces dix-huit personnes suspendues étaient des femmes.

Au cours des six mois de lutte, le FTZ&GSEU a déposé une plainte auprès du ministère du travail et s’est adressé au groupe Interloop au Pakistan, à Nike et aux affiliés d’IndustriALL au Pakistan afin d’obtenir une intervention. L’usine Texlan appartient au groupe Interloop, originaire du Pakistan et fournisseur de Nike.

Le 15 février 2024, la direction de Texlan et le syndicat ont signé un accord stipulant que les dirigeants syndicaux et les travailleurs et travailleuses suspendus reprendraient le travail à partir du 19 février et que toutes les mesures disciplinaires seraient abandonnées, de même que seraient versés les arriérés de salaire et autres avantages accumulés pendant les mois de suspension.

Le Commissaire adjoint au travail qui a mené l’enquête a demandé à l’entreprise de ne pas interférer dans la conduite des affaires syndicales. La section syndicale de Texlan a également été reconnue par le ministère du travail.

Anton Marcus, Co-secrétaire du FTZ&GSEU, a déclaré :

“C’est une grande victoire pour les travailleurs et travailleurs de Texlan et leur syndicat. Les salariés suspendus ont été privés de travail pendant six mois, mais ils n’ont pas perdu leur détermination et se sont battus avec acharnement pour inverser la tendance. Aujourd’hui, tous sont de retour au travail et la direction reconnaît l’existence de la section syndicale.”

Le Secrétaire régional d’IndustriALL pour l’Asie du Sud, Ashutosh Bhattacharya, a déclaré :

“Nous saluons la lutte des travailleurs et travailleuses de Texlan ainsi que celle de notre affilié, le FTZ&GSEU. Nous sommes solidaires des syndicats du Sri Lanka qui luttent contre les attaques croissantes à l’égard du droit à la liberté syndicale.”


 

Sintracarbón signe un accord avec Cerrejón Colombia et évite la grève

Le 22 février, le comité de négociation de Sintracarbón, l’une des organisations affiliées à IndustriALL en Colombie, a fait part de sa nouvelle convention collective avec Cerrejón. Cette convention régira les relations de travail de 4.000 travailleurs et travailleuses syndiqués de la mine à ciel ouvert exploitée par Glencore à La Guajira et Puerto Bolivar.

Le syndicat a ensuite annulé le scrutin qui avait débuté le 20 février et au cours duquel les travailleurs et les travailleuses devaient se prononcer sur l’opportunité de se mettre en grève ou de recourir à l’arbitrage. La possibilité d’une grève était envisagée, les parties ayant passé le cap de 40 jours de négociations sans parvenir à un accord.

Le 27 février, l’entreprise et le syndicat ont signé la nouvelle convention collective, valable pour quatre ans, du 1er janvier 2024 au 31 décembre 2027. Voici quelques-unes de ses principales dispositions :

La concession minière devant prendre fin en février 2034, l’implication du syndicat dans le plan de fermeture de la mine a été l’un des principaux résultats du processus de négociation. Les parties ont signé un document distinct prévoyant la création d’un comité bipartite chargé de rendre compte de l’avancement du plan de fermeture de la mine et de recevoir un retour d’information à ce sujet.

“Cet accord a été conclu après 49 jours de travail acharné, au cours desquels nos membres ont joué un rôle clé. Nous avons réussi à trouver un équilibre entre l’offre de l’entreprise, notre proposition et les besoins de ceux et celles que nous représentons. Nous tenons à remercier nos collègues pour leur engagement et leur dévouement tout au long du processus de négociation”,

a fait savoir le comité de négociation par le biais un communiqué officiel.

Le Secrétaire régional d’IndustriALL, Marino Vani, a déclaré :

“Nous félicitons Sintracarbón pour la signature de cette nouvelle convention collective avec Cerrejón. Cette convention améliore les conditions de travail à l’issue d’un long processus de dialogue et de négociation collective. Nous sommes heureux qu’un accord décent qui respecte les mineurs de Sintracarbón ait négocié”.

Un caractère exécutoire des accords est nécessaire à des relations sociales saines

IndustriALL et nombre de ses affiliés des secteurs concernés étaient présents et ont fait valoir l’importance d’accords contraignants en tant qu’outils permettant d’aller au-delà de l’autorégulation des chaînes d’approvisionnement mondiales par les entreprises. Le principe de l’audit social volontaire s’est révélé être un échec, tant en termes de protection des droits des travailleurs que de réduction des risques pour les acheteurs que sont les enseignes multinationales ainsi que pour leurs investisseurs.

Lors de la séance d’ouverture du forum, intitulée “Les accords contraignants entre entreprises et syndicats et leur rôle dans la diligence raisonnable”, le Secrétaire général d’IndustriALL, Atle Høie, a souligné que les accords contraignants jouent un rôle essentiel dans les relations sociales :

“Si nous n’avons pas de force exécutoire, il n’y a pas de relations sociales. Sans ces accords, les travailleurs et les employeurs se situent sur des planètes différentes. Les employeurs détiennent tous les pouvoirs économiques et ils les utiliseront s’ils ne sont pas soumis à des contrôles. Sans réglementation juridique et sans accords contraignants, travailleurs et travailleuses seraient toujours des esclaves”.

Le panel a abordé la façon dont les accords contraignants peuvent être des outils importants pour la diligence raisonnable et la façon dont ils promeuvent des codes favorables aux travailleurs et travailleuses ainsi qu’à la liberté syndicale et qu’il est essentiel d’avoir des gouvernements qui y sont favorables ainsi que des enseignes responsables.

“IndustriALL a réussi à amener les enseignes à la table des négociations et à signer des accords, dont certains sont juridiquement contraignants. L’accord sur le Bangladesh, désormais appelé Accord international sur la santé et la sécurité dans le secteur du textile et de la confection, a changé le sort des travailleurs et travailleuses. Cet accord a permis d’assainir l’industrie de la confection et du textile au Bangladesh par rapport à ce qu’elle était avant l’effondrement du Plaza Rana”,

a indiqué Atle Høie.

Il est essentiel qu’un plus grand nombre d’enseignes signent ces accords, car plus elles seront nombreuses, plus ils seront applicables. Plus il y a de pays qui font partie de l’accord, plus il y a de pays que les syndicats peuvent assainir. Ces accords seront toujours nécessaires pour garantir aux travailleurs et travailleuses ce qu’il y a de mieux.

Les accords-cadres mondiaux ont été présentés comme un outil permettant d’améliorer les conditions des salariés tout au long des chaînes d’approvisionnement. À ce jour, IndustriALL a signé six accords contraignants avec des enseignes et des détaillants mondiaux et, à l’approche de la renégociation de ces accords, des pressions seront exercées sur les multinationales pour qu’elles incluent un mécanisme de résolution des litiges comprenant un arbitrage contraignant.

Une table ronde de l’OCDE sur les relations sociales a réuni des entreprises (enseignes, fabricants) et des syndicats représentant les travailleurs et travailleuses des chaînes d’approvisionnement de la confection et de la chaussure afin d’étudier l’importance d’un dialogue actif avec les syndicats. La mise en place d’une structure entre les syndicats, les enseignes et les fabricants, l’organisation de réunions régulières, éventuellement dans les pays de production, et la publication du document d’orientation dans plusieurs langues ont été quelques-uns des principaux sujets abordés lors de la table ronde. L’OCDE examinera ces questions et reviendra vers les participants.

Une session parallèle sur des chaînes d’approvisionnement responsables au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (région MENA) ainsi qu’en Turquie s’est concentrée sur le lancement du programme de renforcement des capacités du secteur de la confection et de la chaussure de l’OCDE. Ce programme triennal a été lancé en décembre 2023 et se concentre sur la manière dont les gouvernements peuvent créer un environnement politique favorable à la conduite responsable des entreprises (CRE), renforcer les Points de contact nationaux (PCN) pour la CRE et améliorer la compréhension et la capacité des entreprises à mettre en œuvre la diligence raisonnable.

Le Secrétaire régional d’IndustriALL pour la région MENA, Ahmed Kamel, a participé à ce panel :

“Avec nos affiliés de la région MENA, nous avons commencé avec le PCN, les enseignes et les fournisseurs à utiliser les instruments internationaux pour renforcer le dialogue social, au niveau de l’entreprise, de la chaîne d’approvisionnement et du secteur. Nous essayons de mettre en place de nouveaux outils dans les régions, comme les ACM, l’Accord international et les accords ACT, afin que la région puisse les utiliser et les mettre en œuvre. L’engagement des parties prenantes est essentiel pour aller de l’avant.”

Les principaux enseignements tirés du forum sont les suivants : une approche plus globale de la diligence raisonnable, avec des aspects juridiques et non juridiques, un soutien plus direct aux groupes vulnérables, notamment les groupes touchés par le changement climatique et les travailleurs et travailleuses à faible niveau socio-économique, ainsi que la prise en compte des disparités existant au sein de l’industrie de la mode ; les participants ont insisté sur la nécessité d’uniformiser les règles du jeu afin de garantir la justice et l’équité dans tous les domaines.