Sur la voie d’une transition juste dans le secteur du textile et de la confection

Des intervenants de la Commission européenne, de l’OIT, du géant suédois de la confection H&M ainsi que des syndicalistes du monde entier ont partagé leurs points de vue sur l’évolution de l’industrie du textile et de la confection, où l’accent n’est plus mis sur les problèmes de santé et de sécurité liés à l’effondrement du Rana Plaza, mais sur la lutte contre le changement climatique et l’essor de la mode ultra-rapide, grâce à la durabilité et à la circularité.

Un nombre croissant de gouvernements et d’enseignes adoptent des objectifs de circularité et de durabilité et introduisent des mesures visant à préserver des ressources importantes telles que l’eau et l’énergie. Ce virage vert s’accompagne souvent de nouvelles technologies qui modifient les rôles professionnels et requièrent de nouvelles compétences. Toutefois, les travailleurs ne peuvent acquérir de nouvelles compétences et obtenir ces nouveaux emplois “verts et numériques” que s’il existe des systèmes de formation pour les emplois à venir.

Mikael Garellick, Conseiller principal de la Commission européenne pour le secteur textile, a souligné le double rôle de l’UE en tant que grand exportateur et importateur de textiles et de vêtements. La stratégie textile de l’UE contient 16 textes législatifs européens qui auront un impact sur tous les produits textiles mis sur le marché au sein de l’UE. Cette nouvelle législation, comme l’introduction de règles d’éco-conception et l’interdiction de détruire les vêtements invendus, constitue un pas en avant vers la durabilité et vise à modifier la fabrication des textiles dans le monde entier.

Face au défi des compétences, Casper Edmonds, Chef de l’unité des industries extractives, de l’énergie, de la fabrication et du point focal pour l’économie circulaire à l’OIT, a souligné que les solutions doivent être centrées sur l’humain, en insistant sur la nécessité de donner la priorité aux personnes dans l’industrie, en veillant à ce que les travailleurs et travailleuses fassent toujours partie de son avenir. Le passage à une industrie axée sur les services risque d’entraîner des pertes d’emplois dans des secteurs aujourd’hui comptant aujourd’hui une bonne syndicalisation, poussant les travailleurs vers des environnements moins réglementés.

“Nous risquons de perdre de bons emplois syndiqués et nous devrons à nouveau nous battre pour nos droits fondamentaux”,

a déclaré Casper Edmonds.

“Tous les travailleurs et toutes les travailleuses du secteur ont droit à un environnement de travail sain et sûr et les nouvelles technologies soulèvent de nouvelles questions en matière de santé et de sécurité. Les syndicats jouent un rôle crucial et doivent continuer à recruter, y compris auprès des travailleurs et travailleuses qui occupent des emplois créés par l’économie circulaire.”

La syndicalisation est cruciale, en particulier pour les emplois nouvellement créés dans le cadre de l’économie circulaire. Les lignes directrices de l’OIT préconisent une coopération totale entre les employeurs et les gouvernements pour garantir les droits et la sécurité des travailleurs et travailleuses. Ce sentiment a été partagé par Hannah Croner du département de développement durable de H&M, qui s’est fixé des objectifs ambitieux de réduction des émissions de gaz à effet de serre de 90 % d’ici à 2040.

La transition ne doit pas exacerber les vulnérabilités existantes ; la pauvreté est un risque pour la prospérité partout dans le monde et il est essentiel de s’y attaquer pour assurer un avenir véritablement durable. Les femmes et les travailleurs migrants, qui sont au cœur de la circularité, sont particulièrement menacés. Kalpona Akter, dirigeante syndicale bangladaise, a insisté sur la nécessité d’une transition incluant des salaires décents et une protection sociale afin d’éviter l’exacerbation de la pauvreté.

Les points de vue régionaux ont mis en évidence divers défis. Au Bangladesh, SM Morshed, de la Fondation OSHE, a constaté un manque de compréhension de la part des parties prenantes. Pour la région MENA, l’experte en politique Diana Kaissy a souligné que des questions telles que la pénurie d’eau représentaient un défi pour le secteur. Marta Zaldaña, Coordinatrice régionale des syndicats du secteur textile au Salvador, a souligné que les usines vertes n’étaient pas toujours synonymes d’emplois verts. Au Nigeria, la prévalence des vêtements de seconde main constitue une menace pour l’industrie locale, tandis qu’au Soudan, en Amérique latine et dans les Caraïbes, les droits du travail et la pénurie d’eau restent des questions pressantes.

“Une transition juste dans l’industrie du textile et de la confection nécessite une approche à multiples facettes. Les mesures environnementales doivent être accompagnées de mesures sociales visant à lutter contre l’emploi informel et à garantir une transition exhaustive”,

a déclaré Diana Kaissy.

En conclusion de ce webinaire, le premier des deux consacrés à la transition juste dans l’industrie du textile et de la confection, Diana Junquera Curiel, Codirectrice du Centre pour une transition juste de la CSI, a déclaré :

“La voie vers une transition juste dans ce secteur est complexe et varie selon les régions. Un effort unifié axé sur la durabilité, les droits des travailleurs et la croissance inclusive peut conduire à une industrie du textile et de la confection plus équitable et plus résiliente.”

Crédit photo : Travail dans une usine de vêtements à la périphérie de HCM City, au Vietnam. OIT/Aaron Santos

S’atteler aux droits des LGBTI face à la montée des attitudes réactionnaires

Le Professeur Graeme Reid, universitaire sud-africain et actuel expert indépendant des Nations unies sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre (OSIG), prononcera le discours d’ouverture. Sa carrière s’est concentrée sur le genre, la sexualité et les droits de l’homme, et il a dirigé le programme des droits LGBT auprès de Human Rights Watch.

Clément Nyaletsossi Voule, Rapporteur spécial des Nations unies sur les droits à la liberté de réunion pacifique et d’association pour le Togo, partagera son expérience depuis son entrée en fonction en avril 2018. L’expertise de M. Voule porte sur le soutien aux défenseurs des droits de l’homme et la coordination des efforts de plaidoyer en Afrique.

Les intervenants représentent un large éventail du mouvement syndical mondial et nous entendrons également des représentants d’organisations communautaires LGBTI afin de garantir un dialogue passionnant, reflétant de nombreuses perspectives et expériences du monde entier, visant à promouvoir une compréhension plus profonde et un plaidoyer plus fort pour les droits des LGBTI au sein du mouvement syndical.

Janina Henkes, Conseillère politique principale pour les femmes, l’égalité et le genre auprès du GEW, le syndicat allemand de l’éducation affilié de l’Internationale de l’éducation, livrera le résultat de ses recherches approfondies sur le genre et le travail. Ses expériences internationales enrichissent sa compréhension des changements sociétaux vers des modèles non hétéronormatifs.

Keturah Johnson, Vice-présidente internationale de l’AFA-CWA (syndicat du personnel de bord du transport aérien), membre de la Fédération internationale des transports (ITF), n’est pas seulement une pionnière en tant que première femme de couleur homosexuelle à occuper ce poste, mais aussi une ancienne combattante. Le leadership de Mme Johnson a joué un rôle déterminant dans la promotion de pratiques de travail inclusives dans l’industrie du transport aérien.

Laya B. Ferrer, de la centrale syndicale philippine ALU-TUCP, affiliée à IndustriALL, se concentre sur l’amélioration des conditions de travail et la défense de l’égalité des sexes sur le lieu de travail. Son travail est essentiel pour protéger les jeunes travailleurs et travailleuses de l’exploitation et du harcèlement.

Linda Bogle-Mienzer, organisatrice des relations de travail au sein du Syndicat des services publics des Bermudes, gère les questions LGBTQI+ au sein de la sous-région Caraïbes de l’Internationale des services publics. Son engagement profond en faveur des droits du travail et de l’égalité se reflète dans sa longue carrière de dirigeante syndicale.

Marvellous Tawomhera, Présidente nationale des jeunes travailleurs et travailleuses pour le Syndicat de l’hôtellerie et de la restauration du Zimbabwe, affilié à l’UITA, est une ardente défenseuse des droits du travail et de la justice sociale, qui s’intéresse tout particulièrement aux défis auxquels sont confrontés les jeunes travailleurs et travailleuses de l’hôtellerie et de la restauration.

Rafael Mesquita, Président du syndicat des journalistes de Ceará au Brésil et Secrétaire organisateur de la Fédération nationale des journalistes (FENAJ), affiliée à la FIJ au Brésil, a mené des initiatives visant à formaliser les normes de travail pour les journalistes LGBTQIA+. Ses efforts vont jusqu’à l’organisation de la Parade pour la diversité au Brésil, ce qui constitue une avancée significative dans le domaine de la défense des droits au niveau régional.

Kimberly Frost, membre du conseil d’administration d’OUTreach et trésorière mondiale d’ILGA, apportera sa riche expérience en matière d’élaboration d’initiatives éducatives et de défense des droits du travail des LGBT en Amérique du Nord et dans les Caraïbes.

La conférence “Aller de l’avant malgré les attitudes réactionnaires : les droits des LGBTI et la liberté syndicale” vise non seulement à mettre en évidence la résilience nécessaire pour défendre les droits des LGBTI+, mais aussi à favoriser un dialogue susceptible de déboucher sur des stratégies réalisables au sein du mouvement syndical. Dans le cadre de l’éthique collective “Un préjudice pour l’un est un préjudice pour tous”, ce webinaire servira de phare à la solidarité, à l’éducation et au plaidoyer.

Détails de la rencontre
Date : 26 juin 2024
Heure :  de 14h00 à 15h00 CEST
Lieu : En ligne via Zoom
Inscription : https://itf-org-uk.zoom.us/webinar/register/WN_tb0ZIekTRHm6ZS4HlYNnFg#/registration

“Ce webinaire nous donne l’occasion d’apprendre et de partager nos expériences sur les défis auxquels sont confrontés les travailleurs et travailleuses des communautés LGBTI+ et sur la manière dont nous pouvons y répondre. En tant que syndicalistes, nous avons le devoir de nous battre pour les travailleurs et travailleuses de la communauté LGBTI+, nous devons nous assurer que leurs voix sont entendues et que nous créons des environnements sûrs et inclusifs, exempts de discrimination et de harcèlement”,

a déclaré Christina Olivier, Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL.


 

 

Les syndicats du Sri Lanka appellent au dialogue social à propos d’un projet de loi controversé

Bien que l’inflation se soit calmée, le Sri Lanka connaît sa pire crise économique depuis 2022, ce qui se traduit par des conditions de vie déplorables pour les travailleurs du pays. Le mois dernier, le président du Sri Lanka, Ranil Wickremesinghe, a présenté un projet de loi sur la transformation économique, qui vise à supprimer l’institution qu’est le Conseil de l’investissement du Sri Lanka et à créer quatre autres entités subsidiaires ainsi que la Commission économique du Sri Lanka.

Les syndicats, parmi lesquels les affiliés d’IndustriALL, ainsi que les organisations de la société civile du Sri Lanka s’opposent avec véhémence à ce projet de loi. Selon les affiliés d’IndustriALL, il a été introduit sans engager de dialogue social avec les représentants des travailleurs, en violation des normes et règles établies par l’Organisation internationale du travail. Le Conseil consultatif national du travail, un mécanisme tripartite chargé de débattre des questions liées au travail, ne s’est pas réuni depuis septembre de l’année dernière.

Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL, a déclaré :

“Nous sommes solidaires de nos affiliés du Sri Lanka dans leur lutte pour la sauvegarde des droits des travailleurs. Nous appelons le gouvernement sri-lankais à engager immédiatement un dialogue social avec les syndicats et à répondre à leurs préoccupations légitimes concernant le bien-être des travailleurs”.

Les syndicats ont organisé des manifestations de protestation et ont déposé un dossier juridique contre les dispositions mentionnées dans le projet de loi. Les syndicats prévoient également d’organiser une session pour discuter des défis posés par la loi proposée, suivie d’un point de presse et d’une discussion avec des parlementaires d’autres partis politiques sur la question.

Ashutosh Bhattacharya, Secrétaire régional d’IndustriALL a déclaré :

“Les travailleurs sri-lankais sont déjà confrontés à des problèmes multiples et ce projet de loi s’attaque encore davantage à leurs droits fondamentaux tout en renforçant le capitalisme. Nous exprimons notre soutien indéfectible aux syndicats sri-lankais qui s’opposent à ce projet de loi. Le gouvernement doit respecter les valeurs démocratiques, veiller à ce que les travailleurs puissent se faire entendre et protéger leurs droits. La justice sociale et des politiques économiques équitables sont essentielles pour le bien-être de tous les Sri-Lankais”.

Photo d’illustration : Shutterstock

Les syndicats argentins condamnent le projet de réforme qui aurait un impact majeur sur les travailleurs

Après un débat long et passionné, le Sénat argentin a adopté le 12 juin le projet de réforme connu sous le nom de “Loi pour les bases et les points de départ de la liberté des Argentins”. Le jour du vote, des milliers de travailleurs se sont rassemblés devant le Congrès national pour demander aux sénateurs de voter contre le projet de loi, qui va à l’encontre des intérêts du peuple argentin.

Dans une réponse brutale du gouvernement, six députés de l’opposition se sont retrouvés à l’hôpital après avoir été aspergés de gaz poivré. Des gaz lacrymogènes ont également été utilisés contre les manifestants pacifiques.

Les journalistes et les manifestants ont été repoussés par des balles en caoutchouc et plus de 200 personnes ont dû recevoir des soins médicaux. Au moins 36 personnes ont été arrêtées, emprisonnées et accusées de sédition et de terrorisme, des chefs d’accusation passibles de lourdes peines de prison, un autre signe clair que les manifestations ont été criminalisées par la ministre de la sécurité nationale, Patricia Bullrich.

Le projet de loi avait déjà été adopté par la Chambre des députés et devait encore être approuvé par le Sénat. Au cours du débat, les sénateurs ont apporté quelques amendements et le projet de loi va maintenant retourner à la chambre basse pour que ces amendements soient approuvés, avant qu’il soit promulgué par le gouvernement. Si les deux tiers de la Chambre des députés votent pour le rejet des amendements, le texte original, qui est encore plus préjudiciable aux travailleurs, deviendra loi.

Avant l’annonce du résultat du vote, les représentants syndicaux ont lu une déclaration préparée par les organisateurs de la manifestation, selon laquelle le projet de loi encourageait des politiques qui éroderaient le pouvoir d’achat des travailleurs, détruiraient les capacités de production, créeraient du chômage et réduiraient à néant les progrès accomplis en faveur de la création de relations de travail plus équitables.

Le projet de loi adopté par le Sénat donne au président le pouvoir, pour une période d’un an, de réformer ou d’adopter des lois sans passer par le Congrès. Pour les syndicats, il s’agit d’une violation de la Constitution du pays et du principe républicain de la séparation des pouvoirs.

Les sénateurs ont également raccourci la liste des entreprises publiques que le gouvernement peut privatiser et réduit le nombre d’agences publiques qu’il peut fermer. Toutefois, le gouvernement pourra toujours vendre un certain nombre d’entreprises publiques.

Les sénateurs ont également approuvé le régime d’incitation aux grands investissements (RIGI), qui, selon les syndicats, inondera le pays de capitaux étrangers et multinationaux sans aucun contrôle de l’État et permettra l’exploitation de ressources publiques et naturelles stratégiques, ce qui entraînera une désindustrialisation accrue.

La réforme de la sécurité sociale a également été adoptée. Elle a été condamnée par les syndicats parce qu’elle créera davantage de travail informel, réduira la couverture sociale et augmentera l’âge de la retraite pour les femmes.

Le Secrétaire régional d’IndustriALL, Marino Vani, a déclaré :

“C’est une honte et un affront à la démocratie, aux électeurs et au peuple argentin. Les partisans de la démocratie dans le monde entier devraient s’alarmer du fait que le président argentin se soit vu accorder des pouvoirs aussi étendus pendant un an.

Le projet de loi a été adopté à une voix près, ce qui signifie que le gouvernement Milei ne dispose pas d’une large majorité. Nous sommes solidaires du peuple argentin qui lutte et nous continuerons à soutenir nos affiliés dans leur combat pour l’abrogation de ces lois.”

Grève pour des conditions de travail équitables chez ArcelorMittal au Mexique

Les travailleurs de la section 271 de Los Mineros, affiliée à IndustriALL, sont en grève pour exiger d’ArcelorMittal un accord de partage des bénéfices équitable ainsi qu’une prime spéciale. Dans un communiqué, le syndicat indique que bien que les niveaux de production et de prix soient restés les mêmes entre 2021 et 2023, l’aciérie a enregistré une baisse de ses bénéfices.

Cette baisse des bénéfices, liée à l’impôt, signifie que la part de ces bénéfices à laquelle les travailleurs ont droit en vertu de la loi est également plus faible. Pour manifester son désaccord, le syndicat a décidé de bloquer les quatre lignes de production de l’aciérie afin d’amener l’entreprise à reconsidérer sa position et à négocier un accord plus conforme à sa situation financière réelle.

Selon le représentant des travailleurs, Eduardo Lopez, l’entreprise a été informée de la grève, les drapeaux rouge et noir du syndicat ont été installés dans le strict respect des délais légaux et la grève a été lancée conformément aux exigences procédurales et au droit du travail mexicain.

Cependant, ArcelorMittal a tenté de discréditer le syndicat en affirmant que les blocages et la grève sont illégaux. L’entreprise affirme que les blocages, dont l’arrêt des hauts-fourneaux, ont entraîné d’importantes pertes de production. Le syndicat affirme pour sa part que ces pertes sont le résultat du manque de flexibilité de la direction d’ArcelorMittal et de son refus de répondre aux revendications légitimes des travailleurs.

“Nous demandons à ArcelorMittal de respecter les droits des travailleurs et d’entamer immédiatement des négociations de bonne foi avec le syndicat afin de parvenir à un accord équitable. Les multinationales doivent se conformer à la législation du travail et respecter les droits des travailleurs partout où elles déploient des activités.

IndustriALL continuera à suivre cette situation de près et à soutenir toutes les actions nécessaires pour garantir le respect des droits des travailleurs et que justice soit faite. Nous sommes solidaires des travailleurs et de leurs familles dans leur lutte pour la justice et l’équité”,

a déclaré le Secrétaire général d’IndustriALL, Atle Høie.

Faire tomber les barrières pour les femmes mineurs en Afrique

C’est l’un des principaux fils conducteurs des discussions de la Conférence sur les femmes dans l’industrie minière qui s’est tenue à Accra, au Ghana, ce 7 juin. Le thème de la conférence était le suivant : “Les femmes dans l’industrie minière : changer les perspectives et les vies”.

Les tables rondes ont porté sur l’exploitation minière durable, en tenant compte des questions liées à l’environnement, à la main-d’œuvre et aux communautés, ainsi que sur le soutien à apporter aux femmes dans des rôles de direction. Parmi les questions clés abordées, citons l’inversion de la domination masculine dans l’industrie minière par la promotion de l’agenda des femmes en matière de développement des compétences et des capacités. En outre, les politiques minières doivent tenir compte des femmes afin d’éliminer les préjugés sexistes et d’améliorer l’accès à la formation. Le renforcement des connaissances, des compétences, de l’expertise et de la visibilité des femmes mineurs a été identifié comme essentiel par la conférence.

Il a été souligné que les femmes mineurs doivent bénéficier d’une protection de la maternité conformément aux lois nationales et à la convention 138 de l’Organisation internationale du travail (OIT) sur la protection de la maternité. Les compagnies minières doivent également mettre en place au sein des mines des garderies pour les enfants.

Les participants ont estimé qu’il était essentiel de faire tomber les barrières qui empêchent les femmes de progresser dans l’industrie minière. Ces obstacles comprennent l’inégalité entre les sexes, la violence et le harcèlement fondés sur le sexe, l’écart de rémunération entre les hommes et les femmes, les préjugés sexistes et l’absence d’équilibre entre vie professionnelle et vie privée. Ces obstacles ont été bien illustrés dans le rapport du Forum intergouvernemental sur les femmes et la mine du futur qui identifie, dans 12 pays dont le Ghana, la Zambie et l’Afrique du Sud, les principales lacunes en matière de données et les défis qui doivent être relevés pour permettre l’élaboration de politiques fondées sur des données probantes et ouvrir aux femmes des possibilités de prendre leur place dans le futur de l’industrie minière.

IndustriALL était représentée par des affiliés du Ghana, du Lesotho, de la Namibie, de l’Afrique du Sud, de la Zambie et du Zimbabwe. La conférence était organisée par WiM Ghana (Les femmes des mines du Ghana) avec le soutien de diverses entreprises. WiM Ghana a pour objectif d’améliorer et de maintenir l’emploi des femmes dans l’industrie minière et ses chaînes d’approvisionnement, y compris dans le cadre de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle, et compte parmi ses parties prenantes des syndicats, des organisations de la société civile et des entreprises de grande et de petite taille. WiM Ghana soutient également l’inclusion des femmes mineurs dans la réalisation des objectifs de développement durable visant à mettre fin à la pauvreté et à promouvoir l’égalité des sexes ainsi que les droits des travailleurs et des conditions de travail décentes.

Paule France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne, qui a également participé à la conférence, a déclaré :

“Le secteur minier est technique et hautement qualifié, mais cela ne signifie pas que les femmes ne peuvent pas s’y épanouir en tant que travailleuses. Les femmes doivent pouvoir accéder à l’espace de l’intelligence artificielle et bénéficier de l’égalité des chances. Cela n’est possible que lorsque le marché du travail devient sensible à la dimension de genre grâce à l’élimination de la discrimination et des pratiques et stéréotypes culturels et religieux préjudiciables.”

Déclin rapide des droits des travailleurs dans le monde

“Cela fait maintenant onze ans que l’Indice suit le déclin rapide des droits des travailleurs dans toutes les régions du monde. Les travailleurs et travailleuses sont le cœur même de la démocratie et leur droit à être entendus est crucial pour la santé et la durabilité des systèmes démocratiques. Lorsque leurs droits sont violés, c’est la démocratie elle-même qui est attaquée. La démocratie, les syndicats et les droits des travailleurs sont indissociables : l’un ne va pas sans les autres”,

a déclaré Luc Triangle, Secrétaire général de la CSI.

De par le monde, 87 % des pays violent le droit de grève et 79 % des pays violent le droit à la négociation collective.

La pire région pour les travailleurs et travailleuses est le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, tandis qu’on assiste en Europe à la plus grande régression des droits jamais observée dans une région du monde au cours des dix dernières années. Le droit de grève et le droit à la négociation collective font l’objet d’attaques constantes, comme en témoigne l’exemple de Tesla qui a refusé de signer une convention collective en Suède.

L’indice des droits de l’homme classe la Biélorussie parmi les dix pires pays du monde pour les travailleurs, en raison de la répression systémique, de la détention injustifiée de militants et de la dissolution arbitraire de syndicats.

“La Biélorussie est championne du monde de la violation des droits syndicaux”,

a déclaré Lizaveta Merliak, de l’affilié d’IndustriALL BITU.

Après quatre ans de campagne internationale, 42 dirigeants syndicaux sont toujours emprisonnés, qualifiés de terroristes par le gouvernement. Ils sont contraints de porter une étiquette jaune sur leur uniforme de prisonnier, signe que le personnel peut les maltraiter. Les prisonniers politiques sont souvent placés à l’isolement, où les températures sont souvent trop chaudes ou trop froides et où l’accès à l’air frais leur est refusé. Les femmes détenues sont enfermées dans des “colonies” où elles sont forcées de travailler dans des usines de textuke, où elles fabriquent des uniformes pour l’armée.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, l’affirme :

“L’indice de cette année renforce les inquiétudes concernant la situation des droits des travailleurs, qui se détériorent en même temps que les normes démocratiques dans le monde entier. Sans droits des travailleurs, il ne peut y avoir de monde démocratique. Aujourd’hui plus que jamais, le mouvement syndical doit être uni dans sa détermination à se mobiliser pour défendre ses droits fondamentaux.”

L’Indice CSI des droits dans le monde est un examen complet des droits des travailleurs dans les législations, classant 151 pays en fonction d’une liste de 97 indicateurs, dérivés des conventions et de la jurisprudence de l’OIT, et constitue à ce titre la seule base de données de ce type. Il classe les pays sur une échelle de 1 à 5+ en fonction du degré de respect des droits des travailleurs. Les violations sont enregistrées chaque année d’avril à mars.

Le syndicat uruguayen PIT-CNT condamne la surveillance illégale de son président

Ce 6 juin, deux médias uruguayens ont publié les détails de leur enquête sur la surveillance illégale du dirigeant syndical Abdala par l’ancien chef de la sécurité présidentielle, Alejandro Astesiano. Le journaliste Lucas Silva a également écrit un livre sur la corruption et l’espionnage au sein du gouvernement.

Début 2023, les médias uruguayens ont publié des enregistrements audio confirmant qu’Astesiano avait utilisé des caméras de surveillance du ministère de l’Intérieur pour suivre l’itinéraire d’Abdala sur la voie publique après qu’il a été impliqué dans un accident de la circulation en février 2022. À l’époque, le PIT-CNT, dont le Syndicat national de la métallurgie et des industries connexes (UNTMRA), affilié à IndustriALL, est membre, a condamné cette surveillance illégale en tant que pratique qui “viole les droits individuels et les libertés civiles et remet en question la qualité démocratique de l’Uruguay”.

De nouvelles informations publiées par les médias en juin 2024 montrent qu’Astesiano a également envoyé des messages WhatsApp au président de la République, Luis Lacalle Pou, pour l’informer d’une enquête menée par la brigade antidrogue sur un magasin qu’Abdala aurait visité en 2022. Les enquêteurs cherchaient à savoir si le magasin vendait des drogues illégales, ce qui a été confirmé par la suite. Lors d’une conférence de presse, le président a reconnu qu’il recevait régulièrement des informations d’Artesiano “sur des personnes de premier plan”.

Dans une déclaration officielle, le secrétariat exécutif du PIT-CNT a indiqué :

“Nous sommes très préoccupés par ces rapports qui, s’ils sont avérés, constituent une violation de l’État de droit et portent profondément atteinte à nos valeurs démocratiques.

Les informations selon lesquelles un militant faisait l’objet d’une surveillance secrète de la part de l’équipe de sécurité du président, vraisemblablement dans le but de lui nuire, et selon lesquelles le président était au courant, doivent faire l’objet d’une enquête minutieuse et responsable. Il est essentiel de déterminer la vérité.”

IndustriALL a consulté des avocats spécialisés dans le droit du travail, qui estiment que la surveillance illégale pourrait constituer une violation de la liberté syndicale d’Abdala, étant donné qu’il faisait l’objet d’une enquête en raison de sa position de dirigeant syndical national et non pour des raisons personnelles.

Le droit international du travail joue un rôle essentiel en Uruguay, qui a servi de modèle à l’Organisation internationale du travail (OIT) en se classant au quatrième rang mondial pour le nombre de conventions du travail ratifiées, notamment la Convention n° 87 sur la liberté syndicale et la Convention n° 98 sur le droit d’organisation et de négociation collective, toutes deux ratifiées en 1954.

“Ces actions contre le Président du PIT-CNT, M. Abdala, sont extrêmement préoccupantes, car elles pourraient porter atteinte à la forte tradition du pays en matière de respect des droits de l’homme, de pluralisme, d’acceptation, de tolérance, de républicanisme et de démocratie”,

a déclaré Marino Vani, Secrétaire régional d’IndustriALL.

Les FSI demandent à l’OIT d’invoquer l’article 33 concernant le Myanmar

“Que voulons-nous ? L’article 33 ! Quand le voulons-nous ? Maintenant”, tel était le slogan scandé par les participants à la manifestation.

L’article 33 permet à l’OIT de prendre des mesures lorsqu’un État membre ne se conforme pas aux recommandations de sa commission d’enquête. Plus précisément, l’article 33 stipule que lorsqu’un membre ne se conforme pas aux recommandations, le Conseil d’administration peut recommander à la CIT des mesures de nature punitive ou corrective, y compris des sanctions ou d’autres actions, afin d’assurer le respect de ces recommandations.

Khaing Zar Aung, Présidente de la Fédération des travailleurs industriels du Myanmar (IWFM), affiliée à IndustriALL, a déclaré :

“J’ai pris la parole ici à de nombreuses reprises pour appeler à la fin de la junte militaire au Myanmar. Vous connaissez la nature de la crise. Notre peuple n’est pas en sécurité, en particulier les jeunes. Nous perdons nos emplois. Nous ne pouvons pas survivre. L’aide destinée à la population passe par des canaux militaires et ne parvient pas aux personnes qui en ont le plus besoin. La communauté internationale doit intervenir. Nous avons besoin de l’article 33 pour pouvoir protéger la population.”

Luc Triangle, Secrétaire général de la Confédération syndicale internationale (CSI), a déclaré :

“Nous sommes clairs sur le fait que les militaires doivent partir. Nous devons faire respecter les droits de l’homme et rétablir la liberté. La junte militaire doit être isolée. Nous obtiendrons l’article 33.”

Les syndicats du Myanmar ont déclaré que l’interdiction de leurs organisations et l’absence de liberté syndicale signifient que les travailleurs et travailleuses sont confrontés à des conditions d’esclavage moderne. Cette constatation a été confirmée par la commission d’enquête de l’OIT, qui a fait état de graves violations des conventions sur la liberté syndicale et le travail forcé. Cela signifie que des vêtements fabriqués dans des conditions d’esclavage moderne sont vendus aux consommateurs.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Atle Høie, a déclaré :

“Demain, nous emmènerons Khaing Zar recevoir le prix Arthur Svensson de cette année pour son incroyable travail en faveur des droits syndicaux au Myanmar et sa lutte pour le retour de la démocratie dans le pays. Nous espérons que ce prix mettra davantage en lumière la situation catastrophique des travailleurs et travailleuses du Myanmar sous la junte militaire et contribuera à sa chute. La communauté internationale doit réagir. Nous devons invoquer l’article 33 dès maintenant. Ensemble, nous nous battrons pour la liberté, la prospérité et la liberté pour tous au Myanmar.”

Le régime militaire a tué plus de 4.000 personnes, en a arrêté près de 26.000 et a suspendu les organisations de la société civile, y compris les syndicats libres. De nombreux employés de l’État, dont 200.000 enseignants, ont refusé de travailler pour le régime et ont rejoint le mouvement de désobéissance civile. Nombre d’entre eux ont été tués ou emprisonnés, tandis que d’autres ont perdu leur emploi et vivent dans des conditions extrêmement difficiles.

Il faut des droits pour les travailleurs et des accords contraignants

Dans son allocution de bienvenue, Athit Kong, Président du C.CADWU, a souligné l’importance de l’accord juridiquement contraignant qui vient d’être annoncé. Il a également informé le comité sur les négociations collectives en cours avec l’association des employeurs.

Athit Kong a indiqué :

“Il s’agit d’une avancée importante qui permettra d’obliger les marques et les détaillants de stature mondiale à soutenir les conventions collectives et les améliorations salariales.”

La réunion, coprésidée par Zehra Khan, du Pakistan, a permis d’examiner le plan stratégique 2024 pour le secteur, de faire le point sur l’état d’avancement de l’Accord international et d’élaborer des campagnes stratégiques pour 2025. Le comité a également adopté deux résolutions.

La première résolution soutenait l’accord sur les conventions collectives au Cambodge et l’accord juridiquement contraignant visant à soutenir les salaires négociés collectivement dans l’industrie de la confection, du textile, de la chaussure et des articles de voyage au Cambodge. Cette résolution vise à soutenir la campagne mondiale d’IndustriALL pour que toutes les marques qui s’approvisionnent au Cambodge signent l’accord.

La deuxième résolution portait sur la campagne de syndicalisation du syndicat REI et soutenait ses efforts pour obtenir sa première convention collective aux États-Unis. La résolution s’engage à assurer une représentation syndicale de tous les travailleurs et travailleuses du textile et de la confection qui produisent les vêtements et les équipements REI, tout en garantissant le respect des droits fondamentaux du travail, notamment la liberté syndicale, le droit à la négociation collective, la santé et la sécurité, ainsi que l’élimination des pratiques discriminatoires, du travail forcé et du travail des enfants.

Christina Hajagos-Clausen, Directrice d’IndustriALL pour le secteur du textile, a souligné l’importance de l’approche d’IndustriALL pour promouvoir un modèle de relations sociales dans la chaîne d’approvisionnement centré sur les droits des travailleurs et des accords contraignants avec les marques de stature mondiale.

“Cela contraste avec le modèle d’audit volontaire et privé, qui n’a pas protégé les droits des travailleurs et a fait courir des risques aux investisseurs et aux entreprises. Parmi les exemples réussis et efficaces du nouveau modèle d’accords mondiaux entre entreprises et syndicats, on peut citer l’Accord international et maintenant les accords de soutien juridiquement contraignants pour les négociations collectives nationales qui ont été promus par ACT.”

Pour la première fois, le processus ACT, en s’attaquant aux obstacles structurels vis-à-vis de salaires décents, a une véritable chance d’augmenter les salaires des travailleurs et travailleuses de la confection d’une manière qui soit évolutive, durable et applicable".