Création d’un syndicat minier au Maroc pour défendre les intérêts des travailleurs

Le nouveau syndicat est issu d’un programme de coopération entre IndustriALL et l’UMT sur le renforcement et l’établissement de structures syndicales sectorielles dans le domaine industriel. Deux nouveaux syndicats sectoriels dans la métallurgie et le textile avaient ainsi été créés en 2022.

Le congrès a élu 51 membres au Comité administratif et 24 membres au Bureau national du syndicat. Daoud Kalla a été élu Secrétaire général et Abdelrahman Barzama, Mohamed Aznak et Khalid Mtaqi aux postes de Secrétaire général adjoint.

Le congrès a appelé le gouvernement à élaborer un modèle national avancé pour le secteur minier qui soit inclusif et durable, socialement et écologiquement responsable et respectueux des libertés syndicales et des droits et acquis des mineurs. Les participants ont également appelé de leurs vœux une convention collective pour les mineurs qui garantisse leurs droits et leurs acquis et améliore leurs conditions financières, professionnelles et sociales.

Dans son discours d’ouverture, Miloudi Mokharik, Secrétaire général de la centrale nationale Union marocaine du travail (UMT), a souligné le rôle crucial du secteur minier, qui contribue pour plus de 10 % au PIB du Maroc.

Il a expliqué le rôle et les sacrifices des mineurs par rapport à leurs conditions et a critiqué le manque de développement réel du contexte social et environnemental dans les régions minières.

Ahmed Kamel, Secrétaire régional pour la région MENA, et Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL, ont participé en distanciel à la session d’ouverture.

Atle Høie a déclaré :

“Nous apprécions la lutte des dirigeants miniers de l’UMT et restons fermement solidaires avec vous. Il s’agit d’une étape essentielle pour renforcer le pouvoir syndical dans le secteur, compte tenu des défis à venir. Je vous félicite, ainsi que les dirigeants de l’UMT, pour cette réussite.”

Douze mineurs tués au Pakistan

Cette explosion souterraine s'est produite à la suite d'une concentration de méthane à l'intérieur de la mine de charbon gérée par la Jalat Khan Coal Company dans le district de Harnaï au Baloutchistan, province du Pakistan. Elle a provoqué des effondrements qui ont piégé des mineurs au fond. Ayant entendu l'explosion, huit mineurs ont tenté de secourir leurs collègues pris au piège, mais ils ont été bloqués à leur tour pendant plusieurs heures.

Les opérations de secours ont été menées au milieu de la nuit. Les corps de douze travailleurs ont été ramenés à la surface mercredi et huit autres mineurs ont été emmenés d'urgence à l'hôpital.

Les explosions souterraines dans des charbonnages provoquées par une accumulation de méthane sont chose courante au Pakistan. En janvier de cette année, trois mineurs ont péri par intoxication au gaz alors qu'ils travaillaient sous terre. L'absence de système d'avertissement convenable en cas de concentrations de gaz dans les mines est à l'origine de beaucoup d'accidents mortels dans les mines du Pakistan. En 2023, selon les affiliés d'IndustriALL, une centaine de travailleurs au moins ont été tués, auxquels il faut ajouter cinquante autres, grièvement blessés dans des accidents miniers au Pakistan.

IndustriALL Global Union mène campagne pour la mise en place de mécanismes de santé et de sécurité adéquats dans les bassins miniers pakistanais, où la situation dans les mines clandestines est bien plus grave encore. Chaque jour, des centaines de mineurs descendent dans les mines souterraines du Baloutchistan dans des conditions de sécurité aberrantes. Il est rare que les travailleurs et leurs familles soient convenablement indemnisés en cas d'accident du travail.

Ashutosh Bhattacharya, le secrétaire régional d'IndustriALL pour l'Asie du Sud, a déclaré :

"Ces décès pourraient être évités si les employeurs et le gouvernement considéraient sérieusement la sécurité au travail. Nous exhortons le gouvernement pakistanais à ratifier la convention 176 de l'OIT immédiatement car nous sommes convaincus que la ratification peut être un premier pas vers l'instauration de mécanismes de sécurité adéquats dans les mines du Pakistan."

Accords contraignants : renforcer la sécurité des travailleurs et réduire les risques

Une dynamique se met en place pour garantir une diligence raisonnable en matière de droits de l’homme dans les chaînes d’approvisionnement. Alors qu’IndustriALL continue de travailler à l’extension et au renforcement des accords contraignants négociés avec les multinationales, elle sensibilise également les investisseurs aux raisons pour lesquelles ces accords sont essentiels pour mettre fin aux violations graves des droits de l’homme dans les chaînes d’approvisionnement mondiales et pour susciter des changements systémiques et sectoriels positifs.

Le 14 mars, IndustriALL a coorganisé, avec le bureau du Contrôleur de la ville de New York, la troisième d’une série de tables rondes destinées aux investisseurs sur les accords contraignants. Les gestionnaires d’actifs et les propriétaires d’actifs participants représentaient plusieurs milliers de milliards de dollars d’actifs sous gestion. Un groupe de travail d’investisseurs a également été formé pour faire avancer ces efforts.

La reconnaissance croissante du fait que l’autocontrôle volontaire des usines par les entreprises, ou l’audit social, est un mécanisme inefficace, s’accompagne d’un intérêt croissant pour les accords contraignants. L’Accord international sur la santé et la sécurité dans l’industrie du textile et de la confection en est un exemple emblématique. Il a été conclu à la suite de l’effondrement de l’usine du Rana Plaza au Bangladesh en 2013, qui a entraîné la mort de plus de 1.100 travailleurs et travailleuses et en a blessé des milliers d’autres.

L’Accord est une illustration de certaines des différences fondamentales entre les accords contraignants et les audits commerciaux, notamment : la gouvernance (la participation des travailleurs y est intégrée, ce qui accroît la stabilité et l’adhésion) ; le fait de devoir rendre des comptes (un mécanisme de dépôt de plaintes des travailleurs et un arbitrage contraignant donnent du mordant et prévoient des conséquences en cas de non-respect) ; la transparence sous la forme de rapports publics ; et l’indépendance (les usines sont inspectées par des experts qualifiés et indépendants). L’Accord a permis de réduire considérablement les infractions liées à la sécurité et à la santé au travail dans les usines participantes, de dispenser une formation à la sécurité et à la santé au travail à plus de 1,7 million de travailleurs et travailleuses et de mettre en place un solide mécanisme de réclamation et de recours à l’intention des travailleurs et travailleuses concernés.

Cependant, l’audit social reste une activité importante. Selon certaines estimations, le secteur de l’audit vaut 80 milliards de dollars par an. De nombreuses enseignes multinationales et de nombreux détaillants ne semblent pas disposés à y renoncer, en dépit de son piètre bilan en matière de droits de l’homme et de son incapacité à réduire les risques auxquels sont confrontées les entreprises dont les chaînes d’approvisionnement ne sont pas sûres, qu’il s’agisse de risques pour la réputation, de risques juridiques, financiers ou opérationnels.

Les accords contraignants sont non seulement davantage susceptibles de prévenir et d’atténuer les violations graves des droits de l’homme dans les chaînes d’approvisionnement mondiales et d’offrir un véritable recours aux travailleurs dont les droits ont été violés, mais ils peuvent également constituer une meilleure approche de la diligence raisonnable dans la chaîne d’approvisionnement, comme l’exigent des législations émergentes sous de nombreuses juridictions. Cela signifie qu’ils sont davantage susceptibles que l’audit social de réduire les risques dans les chaînes d’approvisionnement et donc dans les portefeuilles des investisseurs qui détiennent des actions dans ces entreprises mondialisées.

Christina Hajagos-Clausen, Directrice d’IndustriALL pour le textile, a précisé à ce sujet :

“C’est la raison pour laquelle IndustriALL travaille avec les investisseurs institutionnels pour les sensibiliser aux enjeux. Les actionnaires représentent un acteur important dans le changement de comportement des entreprises et les conversations tenues avec eux montrent leur impatience face à l’inertie de l’audit social. Ils cherchent également des alternatives à ce modèle et des moyens d’y sensibiliser leurs entreprises”.

Bureau du Contrôleur de la ville de New York

Le bureau du Contrôleur gère les actifs de cinq fonds de pension publics, qui constituent l’épargne retraite de plus de 700.000 employés actuels et anciens de la ville de New York. Il s’agit du quatrième plus grand fonds de pension public des États-Unis.

La fermeture de centrales électriques zimbabwéennes affectera 560 emplois

Selon le ZEWU, la Zimbabwe Power Company (ZPC), propriétaire des centrales électriques, n’a pas consulté le syndicat au sujet de ces fermetures imminentes. Le syndicat considère qu’il s’agit d’une pratique déloyale. Le ZEWU, qui a adressé des courriers à la direction, affirme qu’il contestera le processus si la direction ne consulte pas le syndicat lors de la mise hors service des centrales. Le syndicat craint que certaines des décisions prises en son absence n’aient un effet préjudiciable sur les conditions de travail et le bien-être des travailleurs.

Selon la ZPC, les centrales électriques à fermer sont celles de Bulawayo, Harare et Munyati, car elles ont été construites il y a plus d’un demi-siècle et ne sont plus en activité.

Le Secrétaire général du ZEWU, Martin Chikuni, a déclaré :

“Nous sommes sérieusement préoccupés par l’approche unilatérale de la direction de ZPC, car elle est clairement en violation des principes de justice sociale et de démocratie sur le lieu de travail, tels qu’ils sont inscrits dans la loi sur le travail (chapitre 28:01). Les salariés ont le droit d’être impliqués et de participer, par l’intermédiaire de leur syndicat, aux décisions qui affectent leurs intérêts sur le lieu de travail”.

La Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne, Paule France Ndessomin, a déclaré :

“La consultation des syndicats sur les questions qui affectent les intérêts et le bien-être des travailleurs est l’une des exigences que nous formulons pour que le processus de transition des centrales électriques au charbon soit juste. C’est pourquoi nous soutenons les efforts du ZEWU en faveur d’un dialogue social sur la fermeture et la reconversion des centrales électriques au Zimbabwe. Il n’y a pas de transition juste sans la participation des travailleurs”.

Le syndicat souhaite interpeller la direction de la ZESA (l’autorité en charge de la fourniture d’électricité dans le pays) à la suite de l’annonce par le gouvernement zimbabwéen que la ZESA et ses filiales, ZPC et Powertel Communications, feront partie des entreprises publiques qui constitueront le MIF (Fond d’investissement Mutapa), anciennement Fonds souverain du Zimbabwe.

Le syndicat affirme que l’avenir des travailleurs et travailleuses de ces compagnies d’électricité est incertain, car les conditions dans lesquelles elles ont été transférées au sein du MIF ne sont pas claires. Le syndicat affirme également qu’il n’a pas été consulté lorsque la décision a été prise.

La production d’électricité du Zimbabwe provient principalement des centrales hydroélectriques et thermiques de Kariba et Hwange respectivement. Moins de cinq pour cent de l’énergie du pays provient de l’énergie solaire.

L’accord à l’OIT marque une étape importante pour les salaires décents

Une réunion d’une semaine des mandants tripartites de l’OIT, à savoir les travailleurs, les employeurs et les gouvernements, a débouché sur une série de recommandations concernant la question du salaire vital.

Ce document clarifie le concept de salaire vital : il s’agit d’un niveau de salaire nécessaire pour assurer un niveau de vie décent aux travailleurs et travailleuses ainsi qu’à leur famille, compte tenu de la situation du pays et calculé pour un travail effectué pendant les heures normales de travail, conformément aux principes de l’OIT relatifs à l’estimation du salaire vital, et à atteindre par le biais du processus de fixation des salaires, conformément aux principes de l’OIT en la matière.

Selon cet accord, les pratiques de fixation des salaires doivent être basées sur les fondements et principes suivants : la négociation collective et le dialogue social tripartite, la prise en compte des besoins des travailleurs et travailleuses et de leurs familles ainsi que des facteurs économiques. Les politiques salariales et les mécanismes de fixation des salaires doivent promouvoir l’égalité des sexes, l’équité et la non-discrimination et utiliser des données et des statistiques fiables pour une approche fondée sur les faits, ce qui signifie que la conception et la mise en œuvre de politiques adéquates nécessitent des données représentatives et des statistiques et analyses de données fiables et opportunes, qui souvent ne sont pas disponibles dans de nombreux pays.

Ce document stipule les méthodologies à utiliser pour estimer le salaire vital, telles que l’estimation des besoins des travailleurs et de leurs familles par des méthodes pratiques, la consultation des organisations d’employeurs et de travailleurs sur les estimations du salaire vital et l’implication des partenaires sociaux, ainsi que des ajustements réguliers pour tenir compte de l’évolution du coût de la vie et des modes de consommation.

Pour l’avenir, les experts recommandent de sensibiliser la population aux salaires décents par le biais de mesures d’orientation et d’information, de s’engager dans des initiatives en faveur des salaires décents afin de promouvoir leur alignement sur les principes de l’OIT en la matière et de poursuivre les recherches sur les tendances et les évolutions en matière de salaires décents en partageant les connaissances et les expériences.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Atle Høie, s’est exprimé comme suit :

"Nous nous félicitons de cet accord. Le fossé entre les riches et les pauvres se creuse d’année en année et cet accord définit des lignes directrices appropriées sur la manière de combler ce fossé et de garantir que tous les travailleurs et toutes les travailleuses sortent de la pauvreté et soient en mesure de prendre soin de leur personne et de leurs familles. Il est très important que les mandants reconnaissent l’importance de la négociation collective dans le processus de conclusion d’accords nationaux sur la définition d’un salaire vital et que celui-ci soit reconnu comme un droit de l’homme.

Photo : Shutterstock

Vers une transition juste dans le secteur de l’automobile

L’industrie automobile connaît au plan mondial une mutation sans précédent, motivée par la nécessité d’atteindre la neutralité climatique d’ici à 2050. Ce changement, vital en termes d’engagements sociaux et environnementaux, touche plus de deux millions de travailleurs et travailleuses dans le monde, dans la fabrication, la distribution ainsi qu’au sein des concessions et des entreprises liées au secteur, telles que les fournisseurs de pièces détachées, etc.

IndustriALL a participé à une conférence à Valence, organisée par son affilié espagnol UGT FICA, qui a fourni une occasion cruciale d’aborder les défis auxquels est confrontée l’industrie automobile. Abordant des questions allant de l’adaptation des sites de production à l’identification de nouveaux profils professionnels, compétences et qualifications, des discussions ont eu lieu sur la manière de relever les défis de manière collaborative, en réunissant les entreprises, les administrations publiques et les syndicats.

Mariano Hoya, Secrétaire général d’UGT FICA, a exprimé plusieurs revendications au niveau national, telles que des contrats-relais et une réduction du temps de travail.

“Le contrat-relais (conclu pour remplacer un travailleur mis à la retraite partielle) est considéré comme un élément essentiel pour garantir le remplacement des générations et la compétitivité du secteur. Nous envisageons également une réduction du temps de travail, compte tenu de la transformation du marché du travail due à la robotisation et à la décarbonisation.”

Il est essentiel que les entreprises, les administrations publiques et les syndicats œuvrent ensemble pour assurer une transition juste et ordonnée dans l’industrie automobile. Toutes les sessions ont mis en évidence la grande convergence des objectifs de toutes les parties concernées, qui collaborent depuis longtemps pour relever les défis à venir et assurer un avenir durable au secteur et à ses salariés.

La Directrice de l’énergie et de la transition juste d’IndustriALL, Diana Junquera Curiel, a fait un exposé sur les nouvelles formes de propulsion durable, en soulignant l’impact que les changements auront sur les travailleurs et travailleuses. Dans son intervention, elle a souligné la nécessité d’une transition juste qui garantisse la continuité de l’emploi et la stabilité économique, en profitant des financements disponibles, tels que ceux fournis par l’Union européenne, pour faciliter la transition. L’accent est mis sur des mesures durables sur le plan environnemental, fondées sur le principe d’une transition en douceur, laissant du temps pour la restructuration et la réorganisation nécessaires.

Diana Junquera a déclaré :

“La transition vers une industrie automobile plus durable doit donner la priorité à la protection des travailleurs et travailleuses et garantir leur participation active à ce processus de changement. Les syndicats doivent être prêts à s’adapter aux changements inévitables à venir, afin de continuer à être des acteurs pertinents dans la défense des droits des travailleurs et travailleuses au sein de l’industrie automobile mondiale”.

Les salariés américains de Volkswagen demandent un scrutin syndical

Les travailleurs et travailleuses de Volkswagen ont déposé une requête auprès du NLRB, l’instance nationale qui régit les relations du travail, en vue d’un vote d’adhésion à l’UAW, après qu’une grande majorité des salariés de l’usine a signé des cartes syndicales, en l’espace de 100 jours seulement.

Les travailleurs et travailleuses se dressent pour dire qu’ils voteront oui, parce qu’un changement est nécessaire, qu’ils veulent être entendus et avoir leur mot à dire sur leurs conditions de travail, et qu’ils croient au pouvoir de l’UAW et des personnes qui le soutiennent.

Il s’agit de la première usine automobile non syndiquée à demander l’organisation d’un scrutin syndical parmi les dizaines d’usines automobiles où une syndicalisation a eu lieu au cours des derniers mois. Cette initiative venue de la base a vu le jour dans le sillage des victoires record remportées par les travailleurs et travailleuses des trois grands de l’automobile lors des grèves tournantes historiques de l’UAW.

Le Secrétaire général d’lndustriALL, Atle Høie, a déclaré à ce sujet :

“Une majorité écrasante des travailleurs et travailleuses de Volkswagen à Chattanooga a signé des cartes d’adhésion au syndicat et est sur le point d’obtenir enfin une convention avec l’UAW. Volkswagen doit faire preuve de réserve et donner à ses travailleurs et travailleuses une chance équitable d’exercer leurs droits constitutionnels. Toute tentative de s’en prendre au syndicat nuirait gravement à la réputation de l’entreprise et ne pourra être tolérée.”

L’usine de Chattanooga est la seule usine d’assemblage de Volkswagen aux États-Unis et emploie plus de 4.000 ouvriers et ouvrières de l’automobile. L’usine est située dans le sud des États-Unis, qui est probablement l’une des régions les plus antisyndicales du monde. Pendant de nombreuses années, Volkswagen s’est montré aux États-Unis agressivement antisyndicale et a versé d’importantes sommes d’argent à des cabinets d’avocats spécialisés dans la lutte contre les syndicats, au lieu d’investir dans ses salariés et ses produits.


Les syndicats namibiens luttent pour l’égalité des genres

Les discours prononcés par la Vice-présidente namibienne, Netumbo Nandi-Ndaitwah, lors des célébrations de la Journée internationale de la femme (JIF), auxquelles ont participé les organisations affiliées à IndustriALL, MANWU (syndicat de la métallurgie) et MUN (syndicat des mines), confirment qu’elle se bat aux côtés des travailleurs et travailleuses pour l’égalité entre les hommes et les femmes.

Les syndicats indiquent que son engagement est l’une des raisons pour lesquelles la Namibie a été le premier pays africain à ratifier la Convention 190 de l’Organisation internationale du travail visant à éliminer la violence et le harcèlement dans le monde du travail. En tant que Ministre des affaires féminines, elle a mené une campagne nationale visant à faire tomber les barrières enracinées dans les normes culturelles. Elle a déclaré que des normes culturelles néfastes étaient responsables de la violence et du harcèlement fondés sur le genre sur le lieu de travail et que leur éradication avait un impact direct sur l’élimination de la violence et du harcèlement fondés sur le genre. Elle plaide également en faveur de l’intégration de la dimension de genre sur le lieu de travail et a accepté des invitations à des événements syndicaux.

Son expérience gouvernementale remonte également à la mise en œuvre en Namibie et sur le continent des Déclaration et Programme d’action de Beijing.

Le 8 mars, lors des commémorations de la Journée internationale de la femme, organisées par l’Union nationale des travailleurs namibiens, l’une des trois centrales syndicales du pays, sous le thème “Inspirer les femmes pour l’inclusion”, Nandi-Ndaitwah a déclaré :

“Cette année, les Nations unies ont placé la Journée internationale de la femme sous le thème : Investir dans les femmes, accélérer le progrès, ce qui souligne l’importance de l’égalité des genres. Permettez-moi de réaffirmer l’engagement du gouvernement namibien en faveur de l’amélioration et de l’autonomisation des femmes dans la société, en vue d’éradiquer les injustices historiques et culturelles à l’encontre des femmes, qui compromettent leur capacité à réaliser pleinement leur potentiel économique.”

Pour remédier à l’écart de rémunération entre les hommes et les femmes, elle a déclaré qu’il devait y avoir un salaire égal pour un travail de valeur égale, quel que soit le sexe du personne au travail.

Lors de la conférence du MUN qui s’est tenue un peu plus tôt et dont le thème était l’autonomisation des femmes et leur préparation à de futures fonctions de direction, elle a déclaré :

“En tant que gouvernement, nous avons ouvert la voie aux luttes des femmes grâce à notre expérience et nous avons réalisé des progrès constants grâce aux dispositions de la constitution, aux lois et aux politiques nationales. Nous luttons contre l’inégalité entre les sexes parce qu’elle prive les femmes d’opportunités”.

Toutefois, pour que l’autonomisation des femmes se concrétise, elle a déclaré qu’il devrait y avoir une représentation et une prise de décision inclusives sur les lieux de travail et que les politiques de sensibilisation aux questions de genre devraient être encouragées. Elle a ajouté que la formation professionnelle devrait inclure la négociation collective. Elle a insisté sur la nécessité de lutter contre la violence liée au sexe qui, selon elle, est un obstacle à l’autonomisation des femmes, ainsi que sur la nécessité de démanteler les normes culturelles néfastes qui la perpétuent.

La Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne, Paule France Ndessomin, a déclaré :

“Il est rassurant de constater que les autorités namibiennes comptent dans leurs rangs des défenseurs de l’égalité des sexes comme la Vice-présidente Nandi-Ndaitwah. C’est important dans la quête des syndicats pour un engagement significatif dans le dialogue social, sans l’hostilité antisyndicale dont nous avons été témoins dans certains pays, tout comme il est important de savoir que les questions relatives aux femmes en Namibie seront en tête de son agenda”.

Prendre les travailleurs.euses essentiel.le.s et les infrastructures civiles de Gaza pour cibles est une attaque contre nous tous.tes.

Dans toute la bande de Gaza, les agents des services publics sont confrontés à des scènes de dévastation inimaginables : 392 établissements scolaires détruits, 132 puits d'eau hors d’usage, 24 hôpitaux mis hors service et les 11 restants ne fonctionnant que partiellement. L'ensemble du réseau énergétique reste hors d’usage en raison des restrictions d'importation de carburant et des coupures de lignes extérieures. Le manque d'électricité a contraint les usines de dessalement et de traitement de l'eau à fermer, les eaux usées s'écoulant ouvertement dans les rues. Le manque d'installations de lavage oblige de nombreuses femmes à prendre la pilule pour retarder leurs menstruations.

Pourtant, au milieu des décombres et des ruines, ils.elles ne renoncent pas. Les travailleurs.euses du secteur de l'eau se démènent pour éviter la déshydratation après la destruction des canalisations et des nappes aquifères. Les médecins et les infirmières sauvent des vies tout en craignant pour la leur. Les travailleurs.euses humanitaires sont confronté.e.s à l’impossible tâche de nourrir et de loger une population déplacée de la taille de la ville de Barcelone, dans une "zone de sécurité" de quelques kilomètres carrés.

Gaza est désormais l'endroit le plus dangereux au monde pour exercer la médecine, avec plus de 340 professionnel.le.s de la santé décédé.e.s. Plus de 150 membres du personnel des Nations unies ont été tués, ce qui représente le plus grand nombre de morts dans un conflit en 78 ans d'histoire de l'organisation. Comme le dit Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) : "Dans quel monde vivons-nous lorsque les populations n'ont pas accès à la nourriture et à l'eau, lorsque les travailleurs.euses de la santé risquent d'être bombardé.e.s alors qu'ils.elles effectuent leur travail de sauvetage ?".

Les pertes civiles ont été aggravées par des attaques contre des lieux tels que des associations juridiques, des universités, des sièges de syndicats, des télécommunications, des routes, des tours d'habitation et même des bâtiments de l'ONU. Une source des services de renseignement israéliens aurait déclaré que la motivation première de ces attaques était de causer des "dommages à la société civile". Une autre source déclare : "Rien n'arrive par hasard. Lorsqu'une fillette de trois ans est tuée dans une maison à Gaza, c'est parce que quelqu'un dans l'armée a décidé qu'il n'était pas grave qu'elle soit tuée – que c'était un prix qui valait la peine d'être payé pour atteindre [une autre] cible.

Il n'est pas nécessaire de répéter que les attaques contre les civils et les infrastructures non militaires sont illégales au regard du droit international des droits humains. Tous les gouvernements et acteurs ont l'obligation, en vertu des Conventions de Genève, de protéger les civils, en particulier celles et ceux qui fournissent des services vitaux dans les zones de conflit. Rendre les droits humains facultatifs ou dépendant du contexte envoie un message dangereux, met en danger les travailleurs.euses des services publics et porte atteinte aux droits de chacun.e d'entre nous.

Lors de notre 31ème Congrès mondial, qui s'est tenu à Genève du 14 au 18 octobre 2023, l'Internationale des Services Publics (ISP) a condamné les attaques terroristes du 7 octobre menées par le Hamas, qui ont fait plus d'un millier de morts, et a demandé la libération de tous les otages. Nous avons également noté que la réaction d'Israël de punir collectivement l'ensemble de la population de Gaza pour les actions du Hamas n'était pas justifié et nous avons appelé à un cessez-le-feu immédiat et à la fin du blocus illégal.

« La situation est catastrophique et ne fait qu'empirer »

"En janvier, la Cour internationale de Justice a estimé qu'il était plausible qu'un génocide se produise à Gaza et a ordonné à Israël de prendre des mesures. Pourtant, de hauts fonctionnaires occidentaux déplorent qu'il n'y ait eu que peu ou pas d'améliorations, l'un d'entre eux ayant déclaré, selon The Guardian, que "la situation est catastrophique et ne fait qu'empirer". Le Rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l'alimentation déclare qu'"Israël détruit les infrastructures civiles, le système alimentaire, cible les travailleurs.euses humanitaires et permet un tel degré de malnutrition et de faim".

Les témoignages de nos collègues à Gaza reflètent cette évaluation. En décembre, l'ISP a fait entendre la voix d'Ilias Al-Jalda, Vice-Président du Syndicat général des travailleurs.euses de la santé de Gaza, lors d'une réunion d'urgence de l'OMS, afin de garantir que les travailleurs.euses de la santé soient entendu.e.s dans ce débat au plus haut niveau. À l'époque, il ne pouvait pas quitter Gaza et se réfugiait avec sa famille et sa mère âgée dans une église sous les bombardements. Il a décrit aux dirigeants mondiaux comment "la bande de Gaza est devenue un lieu où sont régulièrement violés les droits humains".

Actuellement, 90 % des enfants et des femmes enceintes de Gaza sont confronté.e.s à de graves pénuries de nourriture et d'eau. Les professionnel.le.s de la santé signalent que des enfants meurent de déshydratation, de malnutrition et de maladie, et que des centaines de milliers d'autres sont menacés. Le Dr Salama Abu Zaiter nous raconte : "Même avant la guerre, notre syndicat militait en faveur de la construction d'un hôpital à Rafah, qui faisait cruellement défaut. Aujourd'hui, 1,5 million de personnes s'y trouvent, dont de nombreux enfants souffrant de blessures graves et de maladies que nous sommes tout simplement incapables de traiter."

Pourtant, 16 pays qui financent l'UNRWA, la principale agence d'aide des Nations unies à Gaza, ont suspendu leurs paiements à la suite d'allégations israéliennes selon lesquelles 12 personnes parmi les 30 000 employé.e.s de l'organisation avaient des liens avec l'attentat du 7 octobre. Ces personnes ont été immédiatement licenciées et, bien qu'Israël doive encore fournir à l'ONU des preuves à l'appui de ces allégations, des enquêtes sont en cours.

De nombreux travailleurs.euses des services publics vous le diront, c'est une tactique courante de la droite réactionnaire que de dénoncer les services publics lorsque des personnes qui y travaillent commettent, ou sont supposées avoir commis, un crime. Il s'agit d'une tactique de manipulation utilisée de manière répétée à des fins politiques par ceux qui veulent saper la fourniture de services publics vitaux et réduire leur financement. Ce n'est pas acceptable dans nos propres pays, et ce n'est pas acceptable à Gaza.  

Le Council of Global Unions a clairement déclaré : "La population de Gaza et nos membres dépendent de l'aide vitale apportée par l'UNRWA". L'UNRWA coordonne 98,5 % de tous les travailleurs.euses humanitaires de l'ONU à Gaza. Sa fermeture serait catastrophique pour les cinq millions de réfugié.e.s qu'il soutient en Palestine, au Liban, en Jordanie et en Syrie, et risquerait d'alimenter une crise régionale. En Australie, le Conseil australien des syndicats a appelé le gouvernement travailliste à rétablir d'urgence le financement de l'UNRWA. L'Union européenne a déjà rétabli ses contributions à l'UNRWA, et d'autres pays doivent faire de même.

En temps de guerre, les travailleurs.euses essentiel.le.s et les services publics sont souvent tout ce qui sépare la vie de la mort. Ce conflit démontre la catastrophe humanitaire causée par leur destruction. Notre mouvement syndical mondial n'acceptera jamais que le meurtre de civils, le bombardement d'infrastructures vitales ou le ciblage de nos camarades soient considérés comme des méthodes de guerre valables – ni à Gaza, ni ailleurs.

Nous autres syndicats pouvons agir et :

  1. Plaider pour la fin des restrictions sur les fournitures d'aide afin de rétablir les services essentiels et de répondre aux besoins des civils à Gaza pour restaurer la dignité et les droits humains :
  2. Appeler à l'importation sans entrave de médicaments, de vaccins et d'équipements médicaux vitaux pour faire face à la crise des soins de santé.
  3. Exiger l'accès aux soins dans des centres médicaux en dehors de Gaza et la libre circulation des patients, notamment par l'ouverture du point de passage de Rafah, 
  4. Faire pression sur notre gouvernement pour qu'il finance la fourniture de services publics afin d'atténuer la crise humanitaire, y compris le financement de l'UNRWA.

Vous pouvez faire un don au Fonds de solidarité de l'ISP pour Gaza afin de fournir une assistance humanitaire et un soutien aux travailleurs.euses des services publics.

Photo : 27 novembre 2023, familles palestiniennes fuyant le nord de la bande de Gaza pour se diriger vers le sud ©️ Photo UNRWA par Ashraf Amra

Les travailleurs et travailleuses philippins revendiquent l’augmentation des salaires

Cette loi de récupération des salaires a été déposée en 2023 par Raymond Mendoza, Parlementaire inscrit sur la liste du parti TUCP, afin de lutter contre l’escalade de l’inflation et la baisse des salaires réels.

La centrale syndicale indique que les commissions salariales régionales n’ont pas réussi à aider les travailleurs et travailleuses à voir leurs salaires augmentés en fonction de la hausse de la productivité et du produit intérieur brut. Une augmentation des salaires renforcerait le pouvoir d’achat des travailleurs et travailleuses et réduirait la disette.

Ce 29 février, vingt membres de l’APTU se sont rassemblés devant le Congrès lorsque le projet de loi a été déposé. Il est prévu que le Congrès tienne trois autres séances et qu’une commission bicamérale soit mise en place pour rassembler les projets de loi et décider du montant, après quoi le Président philippin approuvera ces projets de loi ou y opposera son veto.

Les syndicats du pays continueront à plaider en faveur de salaires plus élevés pour les travailleurs et travailleuses philippins. Le syndicat ALU salue les initiatives actuelles visant à centrer les discussions au plan national sur ce qui importe pour les Philippins en difficulté.

“Le salaire net des travailleurs et travailleuses doit être suffisant pour permettre à leur famille d’au moins acquérir les produits alimentaires et non alimentaires de base. Aux Philippines, les salaires minimums journaliers restent inférieurs au seuil de pauvreté. On s’est habitué à de petites réductions de l’écart salarial. Mais nous continuons à défendre les droits fondamentaux des travailleurs et travailleuses, au Congrès, dans les commissions salariales, dans les secteurs et dans les entreprises”,

a déclaré Eva Arcos, Vice-présidente nationale de l’ALU.

“Prévoir une augmentation générale des salaires n’est pas seulement une question économique, mais aussi une question de justice sociale. Elle permet aux travailleurs et travailleuses de faire face, d’une manière ou d’une autre, aux inégalités du système économique et d’affirmer leurs droits politico-économiques”,

a déclaré Darius Guerrero, Secrétaire national du syndicat PTGWO.

IndustriALL soutient cette initiative législative, car les travailleurs et travailleuses philippins sont durement touchés par la flambée des prix consécutive à la pandémie de Covid-19 et aux tensions géopolitiques.

Ramon Certeza, Secrétaire régional d’IndustriALL pour l’Asie du Sud-Est, a déclaré :

“Nous continuerons à soutenir nos affiliés dans l’élaboration d’un plan d’action national visant à atteindre non seulement ce salaire minimum, mais aussi la notion de salaire vital”.