Les affiliés d’IndustriALL s’attaquent aux défis de la syndicalisation dans l’énergie éolienne

Les principaux objectifs de la conférence, organisée par IndustriALL et son affilié autrichien PRO-GE, étaient de débattre des dernières tendances dans le secteur de l’énergie éolienne et des stratégies pour y syndiquer la main-d’œuvre. Les participants, tant en personne qu’en ligne, ont détaillé la situation du secteur des énergies renouvelables, en particulier de l’énergie éolienne, dans leurs pays respectifs.

Alors que les pays s’efforcent d’atteindre des engagements zéro émissions, l’énergie éolienne est un secteur qui devrait se développer et attirer l’attention des gouvernements, notamment par le biais de subventions. Cependant, le secteur de l’énergie éolienne présente à la fois des opportunités pour la syndicalisation des travailleurs et travailleuses mais aussi d’énormes défis, car les entreprises du secteur continuent à agir contre des syndicats.

Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL, a déclaré :

“Quelques grandes entreprises européennes dominent le secteur de l’énergie éolienne et nous constatons qu’elles ne respectent pas la tradition du dialogue social. Nous avons une tâche énorme à accomplir pour syndiquer les travailleurs et travailleuses de ce secteur. IndustriALL a élaboré une stratégie de syndicalisation et nous l’utiliserons pour recruter dans ce secteur et le démocratiser”.

Christina Olivier, Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL, a présenté la stratégie de la campagne de syndicalisation approuvée lors de la réunion du Comité exécutif d’IndustriALL de mai. Elle a souligné la nécessité d’une syndicalisation solide pour contrebalancer l’influence des entreprises multinationales et de leurs chaînes d’approvisionnement ainsi que pour protéger les droits des travailleurs.

“La syndicalisation dans le domaine de l’énergie éolienne nécessitera une approche intersectorielle. Dans cette conférence, nous avons des affiliés des secteurs des matériaux, des métaux de base, de l’énergie et de l’ingénierie mécanique. Au fur et à mesure que nous élaborons notre stratégie de syndicalisation, il est important que nous impliquions nos membres, que nous utilisions les normes et les institutions internationales qui peuvent nous aider dans notre campagne de syndicalisation et que nous identifiions des alliés potentiels qui peuvent amplifier notre voix.”

Les représentants syndicaux ont échangé des stratégies de syndicalisation ; le syndicat des Métallos USW a évoqué l’implication des communautés locales face à l’attitude antisyndicale chez New Flyer, une entreprise américaine de fabrication d’autobus. Lors des négociations collectives de l’automne dernier dans l’industrie métallurgique autrichienne, PRO-GE a été contraint d’engager une action de grève après que la direction a refusé d’augmenter les salaires d’une manière qui tienne compte de l’inflation actuelle. En fin de compte, le syndicat a obtenu une augmentation de salaire de 10 % et PRO-GE a profité de l’occasion pour syndiquer d’autres travailleurs et travailleuses dans le secteur.

Les grands fabricants de turbines éoliennes, tels que Vestas, Siemens Gamesa et GE, ont une approche antisyndicale et les conditions de travail dans ce secteur largement non syndiqué requièrent une attention immédiate. Dans cette campagne de syndicalisation, IndustriALL pourrait cibler les prestataires de services, les propriétaires d’actifs et les fournisseurs de composants, notamment pour turbines. Au travers de ces différentes catégories, il existe des opportunités de recruter syndicalement tout au long de la chaîne d’approvisionnement dans différentes régions du monde.

Walton Pantland, Directeur d’IndustriALL pour la syndicalisation et les campagnes, a présenté différentes stratégies de campagne pour le secteur de l’énergie éolienne que les affiliés de différents pays pourraient mettre en œuvre, en commençant par exemple par les développeurs de projets et en travaillant tout au long de la chaîne d’approvisionnement jusqu’aux ateliers de production.

Sadie Saunders, de la Fédération internationale des ouvriers du transport (ITF), a fait part de l’implication auprès des promoteurs de projets éoliens dans le cadre du travail avec les marins participant à la construction de parcs éoliens en mer. Les participants ont indiqué qu’une campagne de syndicalisation dans le secteur de l’énergie éolienne doit être liée aux débats sur la transition juste, car les multinationales du secteur bénéficient des incitants des gouvernements axés sur la transformation tout en n’offrant pas d’emplois décents aux travailleurs et travailleuses.

La formation des cadres syndicaux et la solidarité entre les syndicats du Nord et du Sud sont également fondamentales pour cette campagne de syndicalisation, tout comme l’approche transformatrice en matière de genre, étant donné la représentation disproportionnée des travailleuses dans ce secteur. Les participants ont également soulevé des questions qui nécessitent un débat plus approfondi, comme la hausse des prix de l’énergie et l’énergie en tant que bien commun.

Reinhold Binder, Président de PRO-GE et coprésident de la section de l’ingénierie mécanique d’IndustriALL, a déclaré dans ses conclusions :

“Nous devons savoir quels sont les secteurs et les technologies qui vont prospérer à l’avenir et veiller à ce que les membres de nos syndicats y soient préparés. Nous avons besoin de formations pour les salariés, en particulier pour les femmes. Nous devons signer de bonnes conventions et utiliser toute notre influence pour nous assurer que les droits des travailleurs sont protégés dans ces secteurs, en particulier dans le secteur de l’énergie éolienne.”

Après la conférence, IndustriALL continuera à se concentrer sur la recherche stratégique dans le secteur, en approfondissant la réflexion sur les opportunités et les défis, ainsi qu’en tenant des discussions plus approfondies avec les affiliés sur les différentes stratégies de syndicalisation. Un rapport détaillé sur la campagne de syndicalisation stratégique dans le secteur de l’énergie éolienne sera présenté lors de la prochaine réunion du Comité exécutif d’IndustriALL, en novembre.

Un effort général s'impose pour défendre et faire progresser les droits des LGBTI

Le professeur Graeme Reid, expert indépendant de l'ONU sur l'orientation sexuelle et l'identité de genre, a présenté son nouveau rapport qui montre des tendances alarmantes qu'illustrent des lois promulguées un peu partout dans le monde pour interdire aux LGBTI de s'exprimer, mais aussi pour inciter à la violence et à la discrimination.

"Partout, des États redoublent d'efforts pour promulguer des législations restrictives qui suscitent un climat de crainte et d'autocensure chez les personnes LGBTI."

Le professeur Reid a mis en évidence les dégâts doubles que ces lois causent en violant les droits de l'homme et en suscitant un environnement hostile souvent annonciateur de violence.

Clément Nyaletsossi Voule, rapporteur spécial de l'ONU sur le droit de réunion pacifique et d'association, a souligné que ces libertés constituent le fondement de la démocratie, en insistant sur les effets délétères de la marginalisation et sur la tendance alarmante à utiliser les questions relatives aux LGBTI comme prétextes pour limiter les droits des groupes minoritaires.

"Vous ne pouvez bâtir une société pacifique si tous ses membres, minorités comprises, ne peuvent jouir de ces droits,"

a-t-il conclu.

Des témoignages puissants de syndicalistes et responsables de la société civile LGBTI ont décrit la situation sous l'angle régional et fait part de leurs expériences, lesquelles illustrent l'urgence du problème.

Linda Bogle-Mienzer, des Bermudes et représentant l'Internationale des services publics (ISP), a exprimé les craintes et les difficultés juridiques de la communauté LGBTI.

"Nous vivons dans une société qui s'organise pour faire reculer les droits humains fondamentaux,"

a-t-elle déclaré en appelant à une réaction syndicale unifiée.

Laya B. Ferrer, responsable de l'éducation et l'information à l'Associated Labor Unions (ALU-TUCP) des Philippines, affilié à IndustriALL Global Union, s'est penchée sur la discrimination au travail, notant que

"Les travailleurs LGBTI sont souvent en butte au harcèlement verbal et physique, ce qui affecte leur santé mentale et leur performance professionnelle."

Laya Ferrer a souligné l'absence de législations nationales protégeant de manière complète les travailleurs LGBTI et a rappelé le rôle essentiel des syndicats pour la défense de ces protections.

Janina Henkes, conseillère politique principale pour les femmes, l'égalité et le genre au Syndicat allemand de l'éducation (GEW), affilié à l'Internationale de l'éducation (IE), a étudié les progrès législatifs et le recul enregistré en Allemagne.

"La loi sur l'autodétermination en matière d'égalité de genre, qui entrera en vigueur en novembre, est un grand pas en avant sur la voie de l'inclusivité, mais nous rencontrons une forte opposition des mouvements d'extrême-droite."

Keturah Johnson, la vice-présidente de l'Association du personnel de cabine – CWA (AFA- CWA), syndicat américain affilié à la Fédération internationale des ouvriers du transport (ITF), a expliqué les enjeux dans son secteur et les efforts de son syndicat pour combattre la discrimination.

"Notre syndicat lutte depuis longtemps contre la discrimination fondée sur l'identité de genre et l'expression, et nous continuons à revendiquer le respect et des cadres de travail sûrs pour tous nos adhérents,"

a-t-elle précisé, en insistant sur l'importance du respect, de l'inclusivité et de la sécurité du cadre de travail.

Du Brésil, Rafael Mesquita, le président du syndicat des journalistes the Ceará (Sindjorce) et directeur de la Fédération nationale des journalistes (FENAJ), affiliée à la Fédération internationale des journalistes (FIJ), a discuté du rôle du journalisme et des médias dans la promotion des droits des LGBTI.

"Au Brésil, malgré une stagnation législative, nous avons accompli des progrès dans l'intégration de protections des LGBTI dans les conventions collectives."

Marvellous Tawomhera, la présidente de la section des jeunes travailleurs du Zimbabwe Catering and Hotel Workers Union (CHWU), associé à l'UITA, a mis en lumière le contraste entre le progrès législatif et la résistance sociétale en Afrique.

"Tandis que certains pays, comme l'Afrique du Sud, ont embrassé la cause de l'égalité, d'autres continuent à sanctionner gravement la communauté LGBTI."

Guillermo Ricalde, d'ILGA World, a parlé du rôle déterminant que jouent les syndicats dans la promotion des droits des LGBTI, rappelant leurs contributions passées et actuelles à la meilleure visibilité et la protection des travailleurs LGBTI.

"Notre collaboration avec les syndicats a été déterminante pour faire progresser les droits des LGBTI, en dépit des obstacles considérables venant des restrictions légales et des pratiques des employeurs qui entravent l'activité des syndicats,"

a expliqué Guillermo Ricalde. Il a souligné l'importance de la reconnaissance juridique et de l'enregistrement pour les organisations LGBTI pour pouvoir fonctionner de manière efficace et représenter leurs membres.

Sue Longley, la secrétaire générale de l'UITA, qui était aussi la modératrice de cette réunion, a insisté sur le défi collectif et la responsabilité collective de la lutte contre la discrimination, pas seulement au sein du mouvement syndical, mais dans toutes les sociétés.

"Les discussions que nous avons eues aujourd'hui renforcent notre engagement pour la défense de la liberté d'association pour toutes les communautés."

Le webinaire a insisté sur les rapports qu'ont entre elles les différentes formes de droits; il a aussi donné un aperçu de ce que peut être un effort général concerté pour défendre et faire progresser les droits de la communauté LGBTI, au milieu d'une marée autoritaire et conservatrice. Les débats ont montré sans ambigüité que la lutte pour les droits des LGBTI s'inscrit dans le cadre plus général de la défense des droits humains, avec notamment la lutte contre l'autoritarisme, la protection de la liberté d'association et d'expression et la bataille pour l'égalité de genre.

Lesotho : renforcer la sécurité et l’intégration au travail

Le projet a été lancé par l’Organisation Internationale du Travail (OIT) le 20 juin à Maseru et est soutenu par les gouvernements du Lesotho et des États-Unis, ainsi que par l’OIT et des syndicats. Ont participé au lancement, des syndicats parmi lesquels l’affilié d’IndustriALL IDUL (Syndicat indépendant et démocratique du Lesotho), des organisations de soutien du monde du travail, des organisations non gouvernementales, le ministère du travail, le Solidarity Center et des représentants de l’ambassade des États-Unis.

Le projet soutiendra la mise en œuvre de la Convention 190 de l’OIT visant à mettre fin à la violence liée au sexe dans le monde du travail, que le Lesotho a ratifiée en 2023. Au niveau des secteurs, le projet renforcera l’accord du Lesotho visant à réduire la violence sexiste et l’exploitation sexuelle dans le secteur du textile et de la confection, qui a été conclu par les syndicats, les organisations non gouvernementales et la société textile Nien Hsing en 2019. L’IDUL en est signataire et siège au Comité de surveillance chargé de la mise en œuvre de l’accord.

“Nous espérons que le projet de l’OIT s’appuiera sur les succès de l’accord du Lesotho, qui a servi les intérêts des travailleurs et travailleuses en réduisant les incidents de violence sexiste et de harcèlement sexuel dans les usines de Nien Hsing. Mais nous voulons que l’accord soit étendu à d’autres usines et à d’autres secteurs”,

a déclaré May Rathakane, Secrétaire générale de l’IDUL.

Le partenariat multilatéral pour syndicalisation, l’autonomisation et les droits des travailleurs (M-POWER), coprésidé par le gouvernement américain et la CSI, soutient le projet. Le Comité directeur de M-POWER comprend les gouvernements d’Argentine, du Canada et d’Espagne, la Fédération internationale des travailleurs domestiques, le Congrès des syndicats sud-africains (COSATU) et l’AFL-CIO. Les autres partenaires sont le gouvernement sud-africain, le Centre de ressources sur les entreprises et les droits de l’homme, le Solidarity Center et le Consortium pour les droits des travailleurs.

Rob Wayss, Directeur exécutif de M-POWER, a déclaré :

“Le lancement du projet de l’OIT constitue un bon suivi du sommet de M-POWER qui s’est tenu en juillet 2023 à Maseru. M-POWER a pu discuter avec les syndicats de l’impact et de l’efficacité de l’accord du Lesotho et de la manière dont il a permis de remédier à plusieurs cas de violations et d’améliorer l’environnement de travail dans les usines concernées. Cela a permis de progresser dans la lutte contre les violations relatives à la VHBG au sein des usines.”

“La violence à l’égard des femmes est toujours très répandue dans les usines de confection d’Afrique subsaharienne. Nous nous félicitons de ce projet, car la violence liée au sexe est également un problème de sécurité pour les travailleuses qui dominent l’industrie de la confection au Lesotho et il faut y mettre un terme”,

a déclaré Paule France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne.

Iran : Travailleurs du pétrole et du gaz en grève pour de meilleures conditions

Notre affilié iranien, le Syndicat des travailleurs de la métallurgie et des mécaniciens (UMMI), soutient la campagne 14:14 qui demande aux compagnies pétrolières et gazières d'améliorer les conditions de travail en les alignant sur celles des entreprises d'État et réglementées. Cette campagne préconise un roulement des équipes de 14 jours de travail sur site suivis de 14 jours de repos payé. Actuellement, les travailleurs de sous-traitants travaillent sous des chaleurs intenables et souvent dans des conditions insalubres, au rythme de 20 jours de travail suivis de 10 jours de repos payé.

Plus de 3.000 travailleurs se sont mis en grève le premier jour. Le matin du 26 juin, ils étaient rejoints par 21.000 travailleurs répartis entre 92 entreprises du pétrole, du gaz et de la pétrochimie. Des milliers d'autres devraient se joindre à eux dans les jours à venir.

En outre, les grévistes réclament aussi des améliorations des conditions de vie, plus de propreté et d'hygiène dans les dortoirs, des repas de meilleure qualité dans les cantines, de meilleurs transports pour se rendre au site et l'installation de climatisations et de ventilations efficaces dans les régions où les températures dépassent les 50 degrés.

En 2021, une grève suivie par 110.000 travailleurs du même secteur s'est poursuivie jusqu'à ce qu'ils obtiennent satisfaction avec le passage du régime de travail 24:6 au régime 20:10 actuel, de meilleures conditions de travail, ainsi que l'acceptation des employeurs de cotiser à la sécurité sociale pour les travailleurs externalisés.

Dans un message exprimant sa solidarité au syndicat, le secrétaire général d'IndustriALL, Atle Høie, écrit :

"Vous n'êtes pas seuls, camarades, votre voix est entendue clairement dans le monde entier. IndustriALL Global Union est solidaire de votre juste combat et vos revendications légitimes."

 
 

Les syndicats doivent contribuer à l’élaboration des normes du travail

Les responsabilités des entreprises et des organisations en matière de droits des travailleurs et de droits de l’homme sont de mieux en mieux comprises et la protection des droits des travailleurs y tient un rôle clé en contribuant à la justice sociale et au développement durable.

Les projets de normes de la GRI étudient des données sur les pratiques d’emploi, le temps de travail, la rémunération et la gestion des changements majeurs sur le lieu de travail. L’élaboration de normes relatives au travail permettra aux organisations de divulguer publiquement leurs impacts les plus significatifs sur les travailleurs et la manière dont elles gèrent ces impacts.

Une période de consultation publique est prévue jusqu’au 4 octobre, permettant aux parties prenantes du monde entier d’exprimer leur point de vue sur les normes proposées. Le Secrétaire général d’IndustriALL, Atle Høie, encourage les syndicats affiliés à apporter leur contribution afin de s’assurer que le résultat soient des normes qui protègent réellement les droits des travailleurs et promeuvent des pratiques de travail équitables.

“Une contribution importante des syndicats est nécessaire à l’élaboration de ces normes, car on s’attend à ce que diverses entreprises s’opposent à ces révisions. Nous appelons tous nos affiliés à s’engager et à partager leurs points de vue avant la date limite d’octobre afin de garantir le maintien de nos droits”,

a déclaré le Secrétaire général d’IndustriALL, Atle Høie.

La GRI (Global Reporting Initiative) est une organisation internationale indépendante qui, par le biais de ses lignes directrices, aide les entreprises et autres organisations à communiquer leur impact sur des questions telles que le changement climatique, les droits de l’homme et la corruption. L’ancien Secrétaire général d’IndustriALL, Jyrki Raina, siège au sein de son conseil d’administration.

Des travailleurs blessés par une nouvelle explosion dans une raffinerie de nickel en Indonésie

La première explosion, en décembre 2023, avait tué 21 travailleurs. D'après la Fédération nationale des syndicats de travailleurs de l'industrie d'Indonésie (SPN), l'explosion du 13 juin s'est produite alors que deux ouvriers utilisaient des outils de découpage pour réparer un clapet de sortie d'un four de fusion.

Le syndicat condamne cet accident. Iwan Kusmawan, du Conseil d'IndustriALL pour l'Indonésie et président de la SPN, déclare :

"Nous réclamons une enquête exhaustive sur la deuxième explosion et le paiement des traitements médicaux des deux travailleurs. IMIP doit améliorer immédiatement ses pratiques de santé et de sécurité pour éviter d'autres accidents. La Loi indonésienne n° 1 de 1970 doit être révisée afin de renforcer les dispositions sur les inspections de sécurité."

Le 23 juin, le syndicat a organisé une veillée aux bougies en solidarité avec les victimes.

En avril, IndustriALL avait envoyé une délégation internationale pour rencontrer les familles des victimes ainsi que des membres du syndicat des mineurs. Une commémoration a eu lieu en même temps que la Journée internationale à la mémoire des travailleurs pour honorer les travailleurs qui ont perdu la vie ou la santé dans cette entreprise.

Le secrétaire général adjoint d'IndustriALL Kan Matsuzaki a déclaré :

"L'industrie du nickel est en plein essor en Indonésie; or, les normes de santé et sécurité au travail (SST) sont honteusement bafouées dans bon nombre d'entreprises. Le gouvernement et les employeurs doivent rencontrer d'urgence les syndicats pour mettre sur pied des comités de SST conjoints, améliorer le système d'inspection du travail et faire appliquer vraiment les droits fondamentaux des travailleurs dans les faits."

Tsingshan est une multinationale chinoise qui a son siège à Wenzhou dans la province de Zhejiang. Elle fabrique des produits en acier inoxydable, dont des tuyaux utilisés dans l'industrie pétrolière et gazière, la pétrochimie et la construction navale.

Crédit photographique : SPN

Le parc industriel sino-ougandais de Mbale doit respecter la législation du travail

Au cours de la réunion, le ministère du travail a accepté de mener une inspection sur les violations des droits des travailleurs au moyen de questionnaires auxquels les employeurs sont tenus de répondre dans un délai de 30 jours. Les employeurs se sont également engagés à fournir immédiatement des équipements de protection individuelle aux travailleurs. De leur côté, les syndicats élaboreront des accords de reconnaissance et entameront un dialogue social avec les employeurs du parc industriel sino-ougandais.

Le parc industriel sino-ougandais de Mbale, qui compte plus de 50 usines, emploie des milliers de travailleurs dans des secteurs manufacturiers tels que le textile, l’électronique, le verre et la fabrication de savon. Les syndicats ont recommandé à l’Autorité ougandaise des investissements de faire du respect de la législation du travail une condition pour investir dans le pays.

La réunion, qui comprenait des visites d’usines, s’est tenue entre les syndicats, les ministres, les représentants du gouvernement, les membres du parlement représentant les travailleurs, les employeurs et les autorités locales, après que les syndicats eurent adressé une pétition au gouvernement concernant les violations des droits des travailleurs et les déficits en matière de travail décent. Les violations soulignées dans la pétition de mai comprenaient des licenciements abusifs, des longs temps de travail et des heures supplémentaires non rémunérées. Les syndicats ont écrit que la plupart des entreprises du parc industriel sino-ougandais de Mbale offraient des conditions de travail présentant “une forte précarisation de la main-d’œuvre, notamment des salaires à la pièce, des contrats courts, de faibles rémunérations et l’absence de contrats d’embauche”.

En ce qui concerne la santé et la sécurité, les syndicats ont déclaré que les entreprises ne fournissaient pas d’équipements de protection individuelle et ne prenaient pas de mesures adéquates de prévention des accidents. La violence sexiste ainsi que le harcèlement sexuel sont fréquents et les travailleuses se voient refuser la protection de la maternité.

Le parc industriel sino-ougandais de Mbale, situé dans l’est de l’Ouganda, est un projet conjoint entre la Chine et l’Ouganda dont la construction a été réalisée par le groupe Tian Tang et qui fait partie de l’initiative chinoise de la “nouvelle route de la soie”.

Les ministres du financement de l’État et du développement économique, du travail, de l’industrie et de la productivité, ainsi que du commerce, de l’industrie et des coopératives ont participé à la réunion. Les députés ouvriers, qui sont élus par les syndicats conformément à la Constitution ougandaise, ont également participé à la réunion.

Le mois dernier, les affiliés d’IndustriALL, UTGLAWU (Syndicat ougandais des travailleurs du textile, de la confection, du cuir et des branches connexes), UPPPAWU (Syndicat ougandais des imprimeurs, du papier, des polyfibres et des travailleurs assimilés), UCPAWU (Syndicat des travailleurs de l’industrie chimique, du pétrole et des secteurs connexes de l’Ouganda) et UHFTAWU (Syndicat des travailleurs de l’hôtellerie, de l’alimentation, du tourisme, des supermarchés et assimilés) ont adressé une pétition au gouvernement pour lui faire part de leurs préoccupations concernant les violations de la liberté d’association et de négociation collective, en particulier le droit pour les travailleurs de former des syndicats et d’y adhérer. Les affiliés sont également membres de la centrale syndicale Union nationale des syndicats (NOTU), qui a participé à la réunion. Les campagnes sur les droits syndicaux sont soutenues par l’Agence danoise de développement syndical (DTDA) et la Société norvégienne des professionnels techniques et scientifiques diplômés (TEKNA).

“La plupart des employeurs refusent de reconnaître les syndicats, alors qu’il s’agit d’un droit constitutionnel, privant ainsi les travailleurs du droit à la négociation collective et à un travail décent. Cela constitue une violation des conventions internationales du travail 87 (liberté syndicale et protection du droit syndical) et 98 (droit d’organisation et de négociation collective)”,

a déclaré Hajj Twaha Sempebwa, Président du Conseil national d’IndustriALL pour l’Ouganda. Il a ajouté que cela contredisait le plan d’action national de l’Ouganda sur les entreprises et les droits de l’homme, qui stipule que les employeurs doivent respecter les droits des travailleurs et promouvoir le travail décent.

“Les parcs industriels ne doivent pas être des enclaves d’exploitation des travailleurs qui enfreignent les normes nationales et internationales du travail. Nous sommes solidaires des syndicats ougandais qui appellent au dialogue social pour garantir le respect des normes du travail et améliorer les relations sociales”,

a déclaré Paule France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne.

Forger un mouvement solide en faveur de la santé et de la sécurité en Asie du Sud-Est

Les principales caractéristiques de la Convention 155 de l’OIT sur la sécurité et la santé, telles que le droit des travailleurs à recevoir des informations sur la SST, le droit à recevoir une formation et à être consultés sur la SST, le droit de signaler les problèmes et le droit de ne pas retourner au travail en cas de danger imminent, ont été présentées par Tsuyoshi Kawakami, spécialiste principal de l’OIT.

Le Directeur de la section des mines d’IndustriALL, Glen Mpufane, a également fait part des dernières nouvelles concernant le comité de normalisation sur les risques biologiques, qui pourrait élaborer une convention et une recommandation révolutionnaires sur les risques biologiques. Il a déclaré qu’il était impératif de s’efforcer de renforcer le mouvement en faveur de la santé et de la sécurité ainsi que le pouvoir des syndicats dans la région.

Les participants ont soulevé des questions telles que les températures élevées et la mauvaise ventilation dans les usines, les maux de dos, l’empoisonnement au mercure et le manque de médecins pour diagnostiquer les maladies liées à la santé et la sécurité au travail. Les personnes ressources ont conseillé aux syndicalistes de s’efforcer de prouver que les conditions de travail pouvaient entraîner des maladies et des accidents, de signaler les problèmes au comité SST et de déposer des plaintes auprès de l’autorité SST ainsi que des agences chargées de la diligence raisonnable en matière de droits de l’homme et de l’OIT.

Le plan d’action comprend les points suivants :

“Près de 3 millions de travailleurs meurent chaque année de maladies et d’accidents liés au travail, dont 1,2 million en Asie-Pacifique. Des accidents se sont également produits dans l’industrie de la transformation du nickel, qui connaît une croissance rapide, comme l’explosion d’un four dans le parc industriel de Morowali, en Indonésie. Nous devons syndiquer davantage de travailleurs pour faire entendre notre voix et obtenir des conventions collectives solides. Les syndicats peuvent rendre tous les lieux de travail plus sûrs pour tous les travailleurs”,

a déclaré Kan Matsuzaki, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL.

Les syndicats participants ont réaffirmé leur adhésion à la mission d’IndustriALL qui consiste à défendre, faire progresser et améliorer les droits des travailleurs partout dans le monde. L’objectif déclaré est la reconnaissance universelle et la mise en œuvre effective des droits fondamentaux des travailleurs, notamment la sécurité et la salubrité des lieux de travail.

“Nous devons faire de la santé et de la sécurité au travail un outil de syndicalisation essentiel pour permettre aux travailleurs et travailleuses de s’unir autour de leur droit fondamental à un lieu de travail sûr et sain, de renforcer leur voix et leur action collectives et d’accroître le pouvoir des travailleurs”,

a déclaré Ramon Certeza, Secrétaire régional d’IndustriALL pour l’Asie du Sud-Est.

En ce qui concerne les prochaines étapes à franchir, le Comité régional de SST nouvellement créé est un groupe de travail ad hoc et une plateforme pour le partage d’informations, la coordination et le suivi des questions de santé et sécurité. Il élaborera une feuille de route pour donner une orientation claire aux principales priorités liées à la SST, en particulier pour faire campagne en faveur de la ratification des Conventions 155 et 187 de l’OIT, s’impliquer dans le dialogue social tripartite sur l’élaboration et la mise en œuvre de la politique et des programmes nationaux de SST ainsi que tirer parti de la SST comme outil pour faire usage du droit à la syndicalisation et à la négociation collective.


 

UKRAINE : J’ai été témoin de la résilience face au conflit

Avec une délégation de la Confédération syndicale internationale (CSI) dirigée par le Secrétaire général Luc Triangle, nous nous sommes rendus en Ukraine les 14 et 15 mai derniers pour réaffirmer le soutien du mouvement syndical international aux travailleurs et travailleuses du pays ainsi qu’à leurs syndicats. Le groupe comprenait Christy Hoffman (Secrétaire générale d’UNI Global Union) et Paul Nowak (Secrétaire général du TUC, Royaume-Uni).

Délégation syndicale CSI, UNI, IndustriALL et TUC avec le Président de la Fédération des syndicats d’Ukraine

Les travailleurs et travailleuses ukrainiens souffrent. Ils ont perdu leurs emplois, leurs revenus et leurs maisons. Les familles sont déchirées, fuyant à l’intérieur et à l’extérieur de l’Ukraine. Malgré tout cela, ils défendent aussi leur pays.
Les attaques contre les mines de charbon et les centrales électriques sont des actes de terrorisme flagrants visant à paralyser les infrastructures ukrainiennes. À Kiev, nous avons visité une centrale thermique qui avait été détruite par un bombardement un mois seulement avant notre arrivée. Ce rappel brutal souligne la stratégie russe consistant à cibler les infrastructures essentielles afin de rendre la vie de la population ukrainienne aussi difficile que possible. La destruction des centrales électriques est une tentative délibérée de plonger la population dans l’obscurité et la souffrance. L’intention derrière ces attaques est claire et malveillante.

Un mur s’étendant sur des centaines de mètres, rempli de photos des personnes tuées depuis 2014

À Kiev, la vie semble presque normale en apparence. Les magasins sont ouverts et les gens vaquent à leurs occupations. Cependant, un examen plus approfondi révèle la tension sous-jacente et la préparation au conflit. Avant d’arriver, il faut installer une application “Alarme raid aérien” qui envoie des notifications en cas d’attaques potentielles, ce qui permet de se mettre à l’abri immédiatement. Les statues et les œuvres d’art, symboles du patrimoine culturel, sont protégées, ce qui souligne les risques culturels en jeu. Sur la place Maïdan, des drapeaux plantés dans le sol commémorent chaque personne décédée, déposés par les familles qui ont perdu leurs proches, créant un spectacle puissant et déchirant. Un mur s’étend sur des centaines de mètres, rempli de photos des personnes tuées depuis 2014, soulignant que cette guerre dure depuis bien plus longtemps que les deux dernières années.
Le bâtiment du parlement et les maisons environnantes sont barricadés avec des sacs de sable, un rappel brutal de la menace constante et de la nécessité d’être prêt à tout. Ce spectacle permet de comprendre clairement le niveau de vigilance et de préparation à d’éventuelles attaques.

Drapeaux plantés dans le sol de la place Maïdan à la mémoire des disparus

Le coût humain est choquant. Les chiffres officiels des morts varient, mais les habitants pensent que le bilan est beaucoup plus élevé que ce qui est annoncé, peut-être plus de cent milles. Chaque drapeau de la place Maïdan représente une vie perdue, une famille brisée.
La défense aérienne de l’Ukraine n’est pas suffisamment solide et la menace d’attaques est constante. Pendant notre visite, le Secrétaire d’État américain Antony Blinken était à Kiev et il n’y a pas eu d’attaques, ce que les Ukrainiens ont dû ressentir comme une brève pause dans cet assaut continu. En général, trois ou quatre alarmes se déclenchent chaque jour et les gens doivent se mettre à l’abri.

Hôpital pour enfants

La plupart du temps, la vie à Kiev se déroule normalement, mais notre visite dans un hôpital pour enfants a révélé les dures réalités de la guerre. Nous avons vu des enfants arriver sans jambes ni bras, certains traumatisés et paralysés, non pas à cause de blessures physiques, mais à cause de l’impact psychologique du conflit. Parler avec des enfants de Kharkiv, où se déroulent certaines des batailles les plus dures, a été une expérience qui donne à réfléchir. C’était un terrible rappel à l’ordre pour tous ceux qui ne saisissent pas pleinement les horreurs que les Ukrainiens endurent.
Les syndicats à qui nous avons rendu visite ont incroyablement apprécié notre présence. Ils nous ont trouvés courageux d’être venus, même si notre brève visite de 36 heures n’était rien comparée à ce qu’ils doivent affronter tous les jours. Le courage et le sang-froid de ces dirigeants syndicaux ont été une source d’inspiration. Malgré tout, ils restent concentrés et déterminés, sachant exactement ce qu’ils doivent faire pour soutenir leurs membres et leur pays.

Lesia Semeniaka, responsable internationale d’Atomprofspilka, avec Atle Høie lors de sa visite

La résistance des syndicats n’a d’égal que leur pragmatisme. Ils comprennent la nécessité de maintenir la visibilité du conflit sur la scène mondiale, en plaidant pour un soutien continu. Ils ne demandent pas de la pitié, mais de la solidarité et une aide concrète. Leur objectif ultime est de gagner la guerre, de veiller à ce que la souveraineté de l’Ukraine soit respectée et maintenue.

Si nous permettons à la Russie d’annexer des territoires reconnus par les Nations unies comme faisant partie de l’Ukraine, nous créons un dangereux précédent. Où tracerons-nous la ligne la prochaine fois ? La force et la détermination du peuple ukrainien témoignent de sa fermeté d’esprit. Ils se battent non seulement pour leur pays, mais aussi pour les principes de liberté et de souveraineté qui devraient être défendus dans le monde entier.

Tout au long de nos discussions, nous avons abordé la mise en œuvre de la nouvelle législation du travail hostile aux travailleurs et l’abolition du dialogue social. Tous nos interlocuteurs étaient d’accord pour dire que la nouvelle législation du travail ne peut être mise en œuvre sans la participation des travailleurs et de leurs syndicats. Cependant, le gouvernement a annulé notre réunion à la dernière minute, évitant ainsi d’avoir à expliquer pourquoi il procédait sans cette participation cruciale.

Lors de notre voyage de 20 heures en train vers la Pologne, le convoi était rempli de femmes, car les hommes ne sont pas autorisés à quitter l’Ukraine. Elles ont expliqué qu’elles avaient besoin d’une pause pour échapper à la peur et aux difficultés constantes. Leurs récits nous ont rappelé les conséquences émotionnelles et psychologiques de cette guerre.

Ce que nous avons vu ne fait qu’effleurer la surface. Lorsque vous voyez les enfants et ce qu’ils ont dû endurer à un si jeune âge, vous réalisez que ce n’est que la partie émergée de l’iceberg et cela vous touche vraiment. Il était difficile de dormir dans ce train. Outre le contrôle permanent des passeports, les images dans votre tête vous empêchent de tout assimiler, et nous n’avons même pas visité la ligne de front.

Ma visite en Ukraine m’a rappelé la gravité du coût humain de ce conflit, mais elle a surtout renforcé ma conviction que la guerre n’a que des perdants et qu’elle doit être évitée. Nous devons continuer à penser à l’Ukraine et à la mettre à l’ordre du jour, en veillant à ce que les sacrifices de son peuple ne soient pas oubliés et à ce que sa lutte pour la liberté soit soutenue. La bravoure et la résistance des travailleurs et travailleuses ukrainiens ainsi que de leurs syndicats sont tout simplement extraordinaires et leur lutte exige notre soutien.

La lutte pour la ratification de la C190 doit se poursuivre

Dès l’adoption de cette convention, IndustriALL a reconnu le besoin urgent de faire campagne pour sa ratification en raison de l’omniprésence de la violence et du harcèlement dans le monde du travail. La Convention 190 de l’OIT est la première norme internationale visant à éradiquer ces problèmes, en affirmant le droit de chacun à un environnement de travail exempt de violence et de harcèlement, y compris de violence et de harcèlement basé sur le genre (VHBG). La convention comble également les lacunes existantes dans les législations nationales.

Les organisations syndicales internationales ont lancé une boîte à outils pour soutenir la mise en œuvre de la Convention 190 de l’OIT. Ce kit de “formation des formateurs” dote des milliers de syndicats dans le monde d’outils essentiels pour promouvoir la négociation collective en tant que stratégie clé pour éliminer la violence et le harcèlement dans le monde du travail.

En complément de cette boîte à outils commune, IndustriALL a développé un module de formation prêt à l’emploi que l’organisation a utilisé pour former environ 300 dirigeants, employés et responsables syndicaux en Asie, dans la région MENA, en Amérique latine et en Afrique sub-saharienne sur la manière de prévenir et de traiter la violence liée au genre dans le monde du travail et dans leurs syndicats, à travers la mise en œuvre de la campagne C190 de l’OIT.

Une partie de la campagne d’IndustriALL sur la C190 de l’OIT consiste à collaborer avec les entreprises pour lutter contre la violence et le harcèlement basés sur le genre. En 2022, IndustriALL a travaillé avec le groupe H&M et le syndicat suédois IF Metall pour élaborer des méthodes solides de prévention, de détection et de traitement de la violence basée sur le genre dans la chaîne d’approvisionnement. Ces efforts ont consisté à sensibiliser les travailleurs et travailleuses ainsi que la direction et à les doter des outils nécessaires, à créer une plateforme pour aborder et résoudre les problèmes par le biais de sessions de formation conjointes avec les bureaux de production locaux du groupe H&M et les syndicats. Cette initiative a un impact sur environ 1,5 million de travailleurs et travailleuses de la confection dans plus de 1.500 usines de fournisseurs du groupe H&M. Récemment, les parties prenantes ont renforcé leur engagement en partageant leurs expériences sur la mise en œuvre pilote des directives VHBG dans six usines de fournisseurs en Turquie.

En novembre 2023, le Comité exécutif d’IndustriALL a approuvé une nouvelle politique sur la violence à l’égard des femmes, la misogynie et le sexisme. Cette politique vise à promouvoir une culture de la dignité et du respect au sein d’IndustriALL et de ses affiliés, en mettant l’accent sur l’éradication de la violence à l’égard des femmes, de la misogynie et du sexisme. Elle comprend l’éducation des membres sur ces questions et l’alignement sur les dispositions de la Convention 190 de l’OIT. Des procédures claires de traitement des plaintes sont également établies, les dirigeants et le personnel devant recevoir une formation sur la mise en œuvre de la politique dans les mois à venir.

Les affiliés d’IndustriALL se sont battus avec diligence pour la ratification 190 de l’OIT au cours des cinq dernières années.

Au Nigeria, des campagnes soutenues et un dialogue social impliquant les syndicats, les organisations de la société civile et les groupes de soutien au travail ont conduit à la ratification en 2022. Malgré une sous-déclaration généralisée due à la stigmatisation et à la faible application de la loi, les syndicats poursuivent les campagnes de sensibilisation à la Convention 190, en particulier sur les lieux de travail à prédominance masculine, afin d’éliminer les pratiques qui perpétuent la violence à l’égard des femmes.

Aux Philippines, après quatre années de campagne, le Sénat a ratifié la Convention 190, faisant de ce pays le 37e à le faire. La campagne a consisté en un vaste travail de lobbying, notamment en écrivant des courriers et en rencontrant des représentants du gouvernement. Du matériel éducatif et des prises de position sur la Convention 190 ont été élaborés et la campagne a été mise en avant lors d’événements syndicaux importants.

L’Argentine a également obtenu la ratification grâce aux efforts des syndicats. La députée Vanesa Siley, porte-parole du groupe fédéral de femmes syndicalistes de la Confédération générale du travail (CGT), a souligné le rôle important du réseau intersyndical, composé de plus de 100 syndicats, dans la défense de l’élimination de la violence au travail.

Après avoir été formé à la C190 par IndustriALL, le Comité des femmes indonésiennes a élaboré une politique de tolérance zéro. Les syndicats indonésiens ont organisé des réunions de dialogue social avec les employeurs, ce qui a conduit plus de 80 entreprises à signer cette politique de tolérance zéro. Ces politiques, qui couvrent tous les travailleurs et toutes les travailleuses, prévoient la formation d’équipes chargées de traiter les plaintes, de garantir le droit des victimes à porter plainte et d’assurer la sécurité, le respect de la vie privée et le soutien psychologique.

Grâce à tous ces efforts, les syndicats ont intégré les principes de la Convention 190 de l’OIT dans la négociation des conventions collectives. Par exemple, le ministère indonésien de l’émancipation des femmes et de la protection de l’enfance a inauguré un refuge chez PT Evoluzione Tyre (groupe Pirelli) dans l’ouest de Java en mars 2024. L’entreprise et le Syndicat de la chimie, de l’énergie et des mines (CEMWU), affilié à IndustriALL, ont signé en 2021 une politique de tolérance zéro en matière de violence et de harcèlement, ce qui constitue une étape importante vers la mise en œuvre de la C190, malgré sa non-ratification.

“Depuis son adoption, 44 pays ont ratifié la Convention 190, ce qui témoigne d’un engagement mondial croissant en faveur de l’élimination de la violence et du harcèlement sur le lieu de travail. Nos affiliés ont fait du très bon travail pour obtenir la ratification. Ils ont également pris des mesures pour mettre en œuvre cette Convention 190 sur leur lieu de travail, même en dehors de la ratification de l’instrument de l’OIT. Les campagnes doivent se poursuivre pour garantir des environnements de travail sûrs et respectueux dans le monde entier”,

a déclaré Armelle Seby, Directrice pour l’égalité des genres d’IndustriALL.

Photo d’en-tête : OIT, © Crozet / Pouteau