Les droits des travailleurs attaqués chez Nexperia Philippines

Avant ces licenciements, Nexperia a fermé son département capteurs et a offert des indemnités de départ volontaire aux employés concernés. L’entreprise a annoncé son intention de délocaliser la ligne de production en Thaïlande, justifiant sa décision par la faiblesse des volumes de production. Toutefois, ce raisonnement ne reflète pas la réalité au sein de l’usine, où les travailleurs et travailleuses sont obligés de prester pendant les jours fériés et doivent insister pour pouvoir poser des congés, sachant que les volumes de production augmentent.

La répression des travailleurs a commencé en septembre 2023, avec le licenciement de huit personnes, dont trois responsables syndicaux. En avril 2024, 54 travailleurs supplémentaires ont été temporairement mis à pied pour six mois et 72 autres risquent de l’être prochainement.

En réponse, le Syndicat des travailleurs de Nexperia Philippines a déposé une plainte accusant l’entreprise de pratiques de travail déloyales et d’avoir recours à des tactiques antisyndicales. L’Alliance des travailleurs de la métallurgie des Philippines (MWAP), affiliée à IndustriALL, a fait part de ses préoccupations, soulignant que les licenciements violaient à la fois la CCT et les pratiques établies en matière d’ancienneté.

“Le MWAP s’oppose fermement aux licenciements massifs et à la mise à mal du syndicat chez Nexperia. L’entreprise doit immédiatement réintégrer les travailleurs et travailleuses et mettre fin à cette série de licenciements qui affecte les emplois et les moyens d’existence de 400 personnes”,

a déclaré un représentant du MWAP.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Atle Høie, s’est adressé officiellement au Vice-président de Nexperia Philippines, Gareth Hughes. Dans son courrier, il exprime le fait que le licenciement de responsables syndicaux constitue une atteinte directe aux droits des travailleurs et demande instamment à l’entreprise d’adopter des mesures correctives immédiates.

“Nous vous demandons de prendre en compte l’impact de ces licenciements sur la vie des personnes qui ont consacré des années de leur vie au service de Nexperia. Nous demandons un traitement équitable, le respect des termes de notre CCT et l’arrêt des mesures qui sapent la sécurité de l’emploi”,

a indiqué Atle Høie.

Nexperia, dont le siège social se trouve aux Pays-Bas et qui a été fondée par Philips en 1981, a été rachetée en 2018 par Wingtech Technology, une société détenue en partie par l’État chinois. Sa gamme de produits comprend des diodes, des transistors, des dispositifs de protection contre les décharges électrostatiques, ainsi que des circuits intégrés analogiques et logiques, ce qui la positionne comme un acteur clé de l’industrie des semi-conducteurs.

Le combat pour un salaire vital en Malaisie et aux Philippines

Lors d'une visite au bureau régional d'Asie du Sud-est à Kuala Lumpur, le secrétaire général d'IndustriALL, Atle Høie, a assisté à deux réunions, le 29 mars et le 1er avril, avec des affiliés malaisiens et philippins et a discuté des conclusions de la réunion d'experts de l'OIT sur les politiques salariales, notamment sur le salaire vital.

Pour Atle Høie, cette réunion a donné une définition du salaire vital qui fait autorité, disant qu'il doit assurer un niveau de vie décent aux travailleurs et à leurs familles. Selon lui, c'est maintenant aux partenaires tripartites de donner une définition nationale et de fixer une valeur.  

“La conclusion insiste sur l'importance de la négociation collective et du dialogue social, reposant sur la bonne foi et une négociation collective bien informée, sur le principe d'un partage équitable de la croissance économique et sur la liberté syndicale,”

a ajouté Atle Høie.

Dans la région de l'Asie du Sud-est, les gouvernements discutent de différentes politiques salariales pour remédier au découplage entre la productivité du travail et la croissance des salaires.

En juin, le gouvernement malaisien mettra en œuvre une politique salariale volontariste et liée à la productivité. Ce projet pilote arrêtera, pour certains secteurs, des échelles salariales couvrant les travailleurs qui gagnent entre 1.500 et 4.999 ringgits (317 à 1.058 $). Les employeurs retenus recevront du gouvernement une subvention allant de 200 à 300 ringgits (42,3 à 63,4 $) par mois pendant 12 mois. 

Gopal Kishnam Nadesan, le secrétaire du Conseil d'IndustriALL pour la Malaisie qui est aussi membre du comité exécutif, a déclaré :

“Le Conseil d'IndustriALL pour la Malaisie est totalement favorable à une politique salariale progressive. Nos travailleurs du secteur manufacturier souffrent depuis des années de la stagnation des salaires. Ceux qui travaillent depuis plus de vingt ans ont un salaire à peine supérieur à celui des nouveaux arrivants. Mais nous insistons sur le fait que cette politique doit être rendue obligatoire.”

Ailleurs, des élus philippins favorables aux travailleurs réclament l'application de la Wage Recovery Act de 2023, l'actuelle politique de fixation des salaires ayant profondément déçu les travailleurs philippins. Beaucoup vivent dans la pauvreté après l'explosion du coût de la vie. Les syndicats philippins appuient une initiative demandant une hausse du salaire journalier qui est actuellement de 150 pesos (2,70 $) pour tous les travailleurs du secteur privé du pays. 
 

“Nous nous félicitons des conclusions de la réunion d'experts de l'OIT sur les politiques salariales et le salaire vital. Il est important que les syndicats lancent des campagnes pour les salaires fondées sur des approches étayées par des chiffres et des données avérées, qui analysent les besoins des travailleurs et de leurs familles. Sortir les travailleurs de la pauvreté et lutter pour un salaire vital décent est un devoir pour les syndicats,”

a déclaré Eva Arcos, membre du comité exécutif d'IndustriALL et vice-présidente de l'Associated Labor Union (ALU).  

Pour Ramon Certeza, le secrétaire régional d'IndustriALL pour l'Asie du Sud-est :

“Il est évident que le système économique mondial est en échec; il ne favorise que quelques capitalistes et génère des inégalités dont souffrent la classe laborieuse et la société. Les travailleurs réclament un partage équitable des revenus que génère leur création de valeur. Cette réaction de l'OIT venant à point pour remettre le salaire vital au centre du débat dans cette période de montée en flèche de l'inflation impose de renforcer la capacité des travailleurs et des organisations syndicales à s'engager de manière constructive dans des structures de fixation des salaires à divers niveaux. Le bureau d'IndustriALL pour l'Asie du Sud-est apporte son soutien à ce processus.”

La conférence du syndicat nigérian du textile se concentre sur la relance du secteur

Plus de 200 délégués du Forum des syndicats du secteur privé, du Congrès du Travail du Nigeria, de l’Association des employeurs du textile, de l’habillement et de la couture du Nigeria et des affiliés d’IndustriALL du Nigeria, du Kenya, du Ghana, d’Afrique du Sud, de Zambie et du Zimbabwe ont participé à la conférence.

Elle s’est déroulée dans un contexte de déclin du secteur du textile et de l’habillement. Selon le NUTGTWN, qui compte plus de 18.000 membres, dont des tailleurs indépendants, ce déclin a été aggravé par la contrefaçon de produits locaux nigérians, la contrebande et des importations de textiles bon marché.

Ces produits bon marché ont inondé le marché et rendus les produits fabriqués localement comparativement plus chers. Selon le syndicat, ce déclin a également contribué à l’augmentation des inégalités, de la pauvreté et de la criminalité. Toutefois, le syndicat a identifié l’industrialisation ainsi qu’une évolution de l’industrie du textile et de l’habillement au Nigeria comme étant quelques-unes des solutions.

La conférence s’est également penchée sur la relance d’une industrie du coton, du textile et de l’habillement à forte intensité de main-d’œuvre et sur la protection des emplois actuels. Des discussions ont également eu lieu sur les attentes du syndicat quant à l’avenir du travail dans ce secteur.

Le NUTGTWN a indiqué que la mise en œuvre efficace de politiques nationales, notamment celle relative au coton, au textile et à l’habillement ou le décret 003, qui appuie l’approvisionnement local de la part du gouvernement fédéral du Nigeria, ainsi que l’initiative “Made-in-Nigeria”, étaient importantes pour stimuler les industries nationales, créer des emplois et réduire la dépendance à l’égard des importations.

“La clé d’une véritable transformation et d’une reprise économique réside dans l’industrie manufacturière. L’industrie textile a le potentiel de créer plus de deux millions d’emplois et de combler l’énorme fossé du chômage dans le pays”,

a déclaré John Adaji, ancien Président du NUTGTWN et coprésident de la région Afrique subsaharienne d’IndustriALL.

Les participants ont fait valoir que l’application de ces politiques permettrait également à l’économie d’optimiser des ressources en réduisant la facture des importations de textiles et de vêtements. Les discussions ont souligné que le commerce intra-africain par le biais de la zone de libre-échange continentale africaine était essentiel et que les accords commerciaux, notamment la Loi américaine sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique, étaient essentiels à la relance de l’industrie du textile et de l’habillement au Nigeria.

Le syndicat a identifié les facteurs clés suivants qui façonneront l’avenir du travail dans l’industrie du textile et de l’habillement : la mondialisation, la numérisation, les technologies de l’information et de la communication, les changements démographiques, en particulier s’agissant de la population jeune, et le changement climatique.

La Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne, Paule France Ndessomin, a déclaré :

“Nous saluons les stratégies du NUTGTWN visant à syndiquer les tailleurs indépendants dans le secteur informel. Face à l’ampleur de l’économie informelle, les syndicats doivent explorer les moyens d’incorporer ces travailleurs et travailleuses conformément à la recommandation 204 de l’Organisation internationale du travail (Transition de l’économie informelle vers l’économie formelle). Le syndicat doit également syndiquer les travailleurs et travailleuses qui occupent des emplois atypiques afin de renforcer le pouvoir syndical et de protéger leurs droits au travail.”

Les travailleurs de VW Chattanooga prêts pour l'élection syndicale

Ce scrutin est une nouvelle étape dans le mouvement national de recrutement par l'UAW des travailleurs de l'automobile non syndiqués. Ce mouvement est inspiré par les contrats records obtenus par les membres de l'UAW avec la grève de l'an dernier contre les trois géants de l'automobile.

Dans un communiqué de presse, l'UAW a déclaré que les travailleurs vont voter OUI pour améliorer leurs niveaux de vie et ceux de leurs familles, pour avoir leur mot à dire sur les horaires de travail, les prestations et les rémunérations. Ce sera une victoire éclatante pour l'UAW qui, depuis plus d'une dizaine d'années, se bat pour organiser les travailleurs des États du Sud qui constituent sans doute une des régions les plus antisyndicales au monde.

À deux reprises, l'UAW a essayé de syndiquer les travailleurs de cette usine, en 2014 et en 2019, mais a échoué chaque fois.

Le secrétaire général d'IndustriALL, Atle Høie, a déclaré :

"IndustriALL soutient résolument l'UAW dans cette campagne de recrutement historique à l'usine Volkswagen. Nous sommes pleinement conscients de l'importance de cette élection qui se tient dans la seule usine VW au monde dépourvue de représentation syndicale. Nous attendons de VW une stricte neutralité pendant le scrutin et il est tout aussi important que l'État et les politiciens locaux s'abstiennent de toute intervention."

Le Conseil national des relations du travail a fixé le calendrier de cette élection et il supervisera le déroulement du scrutin à bulletin secret dans l'usine du Tennessee.

Photo : site Web de l'UAW 

IndustriALL recherche un(e) Responsable des ressources humaines (RH) expérimenté(e)

IndustriALL Global Union est une organisation syndicale mondiale, représentant 50 millions de travailleurs dans les secteurs de l'extraction minière, de l'énergie et de la fabrication dans 140 pays. IndustriALL se concentre sur le renforcement du pouvoir syndical à travers le monde par la syndicalisation et les campagnes luttant pour un modèle économique et social qui place les personnes au premier plan, basé sur la démocratie et la justice sociale.

Responsabilités

Exigences 

Compétences souhaitées 

Salaire et avantages 

Nous offrons un salaire compétitif et un ensemble d'avantages sociaux conformément à la Convention Collective de Travail (CCT) d'IndustriALL. Les avantages comprennent la possibilité de télétravail, entre autres, soutenant un équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle.

Rejoignez notre équipe 

IndustriALL est un employeur garantissant l'égalité des chances, nous nous efforçons d'inclusivité et d'égalité, garantissant que toutes les pratiques d'emploi sont exemptes de discrimination. Nous accueillons les candidats indépendamment de leur race, religion, identité de genre, orientation sexuelle, nationalité, âge ou handicap.

Si vous êtes passionné(e) par la réalisation d'un impact mondial et que vous vous alignez sur les valeurs d'IndustriALL, nous vous encourageons à postuler. Veuillez envoyer votre CV et lettre de motivation en anglais et en français à [email protected] avant le 26 avril 2024.

Les candidatures sans CV, lettre de motivation et certificats de travail ne seront pas prises en compte. De plus, IndustriALL ne conserve pas les candidatures des candidats non retenus. Les candidatures provenant d'agences de recrutement ne seront pas considérées.

Indonésie : le Comité des femmes obtient des espaces sécurisés

La Ministre indonésienne de l’émancipation des femmes et de la protection de l’enfance, Gusti Ayu Bintang Darmawati, a inauguré l’espace sécurisé de PT Evoluzione Tyre (groupe Pirelli) dans l’ouest de Java, le 19 mars dernier.

L’entreprise est syndiquée par le CEMWU (Syndicat des travailleurs de la chimie, de l’énergie et des mines), affilié à IndustriALL. Les deux parties ont signé une politique de tolérance zéro en matière de violence et de harcèlement en 2021, dans le cadre d’un engagement à éliminer la violence et le harcèlement dans le monde du travail.

Au cours des trois dernières années, le Comité des femmes du conseil d’IndustriALL pour l’Indonésie a fait pression sans relâche sur le ministère pour qu’il mette en œuvre une politique d’espaces sécurisés au sein des zones industrielles et sur le lieu de travail.

Ira Laila, Présidente du Comité des femmes du conseil d’IndustriALL pour l’Indonésie, a remercié la direction de l’entreprise, le ministère et les autorités locales pour leur soutien ainsi que les dirigeants de la fédération pour la mise en place de ces espaces sécurisés.

Ces espaces offriront un environnement sûr aux travailleuses pour qu’elles puissent exprimer leurs problèmes liés à la violence et au harcèlement. Il propose également une formation sur la violence et le harcèlement au niveau de l’usine.

“Nous espérons que ces dispositions créeront un environnement sûr et paisible, de sorte que l’entreprise continue à se développer et que les travailleurs et travailleuses en profitent. Il ne s’agit que d’une première étape. Le Comité des femmes fera pression pour que d’autres espaces du même genre soient créés dans toute l’Indonésie,”

a ajouté Ira Laila.

La Directrice pour l’égalité des genres et les travailleurs non manuels d’IndustriALL, Armelle Seby, a déclaré :

“Le travail du Comité des femmes d’IndustriALL en Indonésie est exemplaire. Après la négociation de la politique de tolérance zéro, qui a été adoptée dans plus de 82 usines, la création de ces espaces permettant aux femmes de dénoncer les cas de violence et de renforcer leurs capacités est un nouveau pas en avant dans la lutte contre la violence à l’égard des femmes et dans l’application de la Convention 190, même si elle n’a pas encore été ratifiée par l’Indonésie. Ces actions des syndicats vont changer la vie de milliers de travailleuses”.

Les syndicats défilent pour l'annulation de la dette en Afrique

Cette marche s'inscrivait dans le cadre des activités de la 14ème édition de la New Year School de la CSI-Afrique, qui a rassemblé plus de 200 participants de 31 pays. Les revendications contenues dans la pétition – qui a été remise à la ministre zambienne du travail et de la sécurité sociale, Brenda Tambatamba – reprennent des appels aux gouvernements africains pour qu'ils appliquent des politiques de gestion de la dette favorables aux travailleurs, promouvant l'égalité de genre et qui soient durables. Ces politiques devraient aussi inciter à une mobilisation progressive des ressources intérieures et à des politiques fiscales sensibles au genre.

Au nombre des participants figuraient des affiliés d'IndustriALL de plusieurs pays d'Afrique et le bureau régional d'IndustriALL pour l'Afrique subsaharienne, réunis du 19 au 22 mars sur le thème Promouvoir l'agenda pour la transformation de l'Afrique – mobiliser en vue d'une action collective syndicale tangible.

Le dialogue promu par la New Year School porte sur le renforcement de l'organisation et la coopération intersyndicale, l'élaboration de stratégies pour lutter contre les flux financiers illicites, la promotion de la protection sociale, l'optimisation de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), pour l'industrialisation de l'Afrique, la fabrication locale, la création d'emplois décents et le perfectionnement des compétences, l'organisation de campagnes pour une Transition juste vers les énergies renouvelables et les emplois verts, l'intégration de la dimension de genre, et la formation au leadership syndical en matière de dette souveraine et d'annulation de la dette.

Les autres débats ont porté sur le marché du travail en Afrique, l'organisation, l'innovation et la collaboration, ainsi que sur l'insécurité et les coups d'État en Afrique, de même que sur les menaces pour les droits humains et des travailleurs et la gouvernance démocratique.

À 1,8 trillion $, la dette souveraine constitue près de 23 pour cent du produit intérieur brut (PIB) cumulé du continent; elle est insoutenable et hors de proportion avec ses priorités de développement, selon la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED).

La CSI-Afrique fait partie de la campagne Stop The Bleed qui a pour but de mettre fin aux flux financiers illicites que sont la fuite illégale de capitaux, l'évitement fiscal et l'évasion fiscale, les surfacturations des échanges, la corruption, le blanchiment d'argent et autres activités criminelles. Cette campagne est menée en collaboration avec des organisations de la société civile.

Selon la CNUCED, les flux financiers illicites seraient de l'ordre de plus de 88 milliards $ par an et priveraient les pays africains de ressources dont ils ont cruellement besoin pour mettre fin à la pauvreté et promouvoir l'industrialisation.

La CSI-Afrique et IndustriALL collaborent dans la campagne pour l'industrialisation de l'Afrique et dans l'engagement syndical auprès de la ZLECAf.

Martha Molema, la présidente de la CSI-Afrique, a déclaré :

"Le lourd fardeau de la dette nationale, les déficiences de l'architecture financière mondiale et la crise climatique qui se profile sont des raisons pour lesquelles la dette devrait être annulée."

Rose Omamo, la vice-présidente de la CSI-Afrique  et vice-présidente d'IndustriALL, a jouté :

"Il faut annuler la dette de l'Afrique pour qu'on arrête de saigner les économies africaines. Avec ses ressources minérales, l'Afrique devrait être le continent le plus riche du monde. Or, à cause des flux financiers illicites, elle est incapable d'utiliser des ressources minérales pour son développement. Cela explique pourquoi les organisations syndicales font campagne pour l'annulation de la dette et pour la fin des flux financiers illicites."


 

La santé et la sécurité sont notre droit

En 2022, la Conférence internationale du travail a fait de la santé et de la sécurité un principe et un droit fondamentaux au travail, ce qui constitue une grande victoire pour les travailleurs et travailleuses du monde entier. Cela signifie que tous les États membres de l’OIT s’engagent à respecter et à promouvoir le droit fondamental à un environnement de travail sûr et sain, qu’ils aient ou non ratifié les conventions de l’OIT pertinentes à cet égard.

Si les accidents mortels ont diminué, leur taux de fréquence ou leur nombre par million d’heures travaillées n’est pas uniformément réparti entre les secteurs et les régions : les mines, la métallurgie, la construction et la démolition de navires, le textile, l’électronique et la chimie ont un impact disproportionné. Les travailleuses sont confrontées à des risques disproportionnés d’exposition en termes de santé et sécurité au travail en raison des aspects reproductifs et de leur rôle productif dans la société.

“Au niveau d’IndustriALL, nous soutenons nos syndicats affiliés dans leur quête pour endiguer les vagues de décès dans le monde du travail. Nous continuerons à nous battre pour des lendemains meilleurs en mettant l’accent sur l’évaluation des risques et sur une approche de la santé et de la sécurité au travail axée sur les droits de l’homme”,

a indiqué Glen Mpufane, Directeur d’IndustriALL pour la santé et la sécurité.

IndustriALL fait campagne et promeut une approche de la santé et de la sécurité au travail fondée sur le droit, qui inclut :

L’Australie fait un grand pas pour combler l’écart de rémunération entre les hommes et les femmes

Des lois récemment adoptées par le Sénat prévoient l’extension du CPP à 26 semaines d’ici à 2026, contre 20 semaines actuellement. Cette amélioration s’inscrit dans le cadre des efforts déployés par le gouvernement de M. Albanese pour accroître l’accessibilité, la flexibilité et l’équité entre les sexes au niveau de ces dispositions.

À partir de juillet 2024, le CPP augmentera progressivement de deux semaines par an, pour atteindre 26 semaines en 2026. L’aspect remarquable de la prolongation de cette période est qu’elle pourra être partagée entre les parents, une allocation spécifique de quatre semaines étant réservée exclusivement à chaque parent, ce qui favorisera une répartition plus équitable des responsabilités en matière de garde d’enfants.

Cette réforme devrait bénéficier à environ 180.000 familles par an, leur apportant un soutien financier crucial pendant les premiers mois de leur vie de parents. Les syndicats australiens ont joué un rôle important dans l’extension du CPP, que ce soit en matière de plaidoyer, de campagnes publiques, de recherche ou d’interpellation directe des décideurs politiques, en soulignant les avantages économiques et sociaux d’un CPP plus long. En formant de larges coalitions et en mobilisant le soutien du public, les syndicats ont réussi à faire adopter des politiques qui soutiennent l’égalité entre les hommes et les femmes et profitent dans tout le pays aux familles actives dans le monde du travail.

La Présidente de la centrale syndicale ACTU, Michele O’Neil, a salué cet amendement :

“L’allongement de la durée de l’aide financière et le partage plus équitable des responsabilités familiales entre les hommes et les femmes sont des améliorations attendues depuis longtemps qui témoignent de la volonté du gouvernement Albanese de combler l’écart de rémunération entre les hommes et les femmes.”

Elle a souligné l’effet préjudiciable de la maternité sur les revenus des femmes, qui subissent une baisse spectaculaire de 55 % au cours des cinq premières années de leur vie de parent.

Mme O’Neil a souligné la corrélation positive entre l’amélioration du CPP et la participation des femmes au marché du travail, en insistant sur la nécessité d’apporter d’autres améliorations afin d’étendre le régime à 52 semaines et d’en augmenter la proportionnalité par rapport au salaire minimum national. Selon elle, ces mesures sont essentielles pour que le régime du CPP réponde véritablement aux besoins des femmes, des familles et de l’économie dans son ensemble.

Réagissant à cette évolution cruciale, Christina Olivier, Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL, a déclaré :

“Cette extension significative du congé payé parental (CPP) en Australie n’est pas seulement une avancée politique, c’est au niveau social un grand pas en avant vers une véritable égalité entre les hommes et les femmes. Alors que nous nous préparons à notre congrès de Sydney, cette réforme est un exemple inspirant de la manière dont les efforts syndicaux et les politiques progressistes peuvent remédier à des inégalités de longue date au sein du monde du travail. C’est un exemple de ce que nous pouvons réaliser ensemble pour faire progresser dans le monde entier les droits et le bien-être des familles actives.”

Au Comité de l'acier de l'OCDE, les travailleurs dénoncent l'absence de transition juste dans l'industrie

Au Comité de l'acier de l'OCDE, qui s'est réuni les 25 et 26 mars à Paris, des membres de la Commission syndicale consultative auprès de l'OCDE (TUAC) ont déclaré que ce manque de vision favorise l'optimisation immédiate des profits par rapport au bien-être et à la voix des travailleurs.

La TUAC a évoqué le fait que certaines entreprises de la sidérurgie refusent de négocier avec les représentants des travailleurs et a cité nommément le cas de Tata Steel au Royaume-Uni, en insistant sur la nécessité d'impliquer les travailleurs d'un bout à l'autre du processus de transition. Les organisations syndicales insistent pour que les employeurs investissent dans leurs sites et dans leur main-d’œuvre, y compris dans l'entretien des installations et, s'agissant de la santé et la sécurité au travail, citent des rapports faisant état d'une dégradation, partout dans le monde, des conditions de travail dans l'industrie sidérurgique.

La situation est exacerbée par le fait que des multinationales mettent à profit la concurrence que se livrent des États en matière d'aide à la décarbonation. Il est de plus en plus à craindre que ce soient les travailleurs qui supportent le coût des investissements nécessaires pour réduire les émissions de carbone, par des licenciements en masse plutôt que du recyclage et du développement des compétences, même dans les entreprises sidérurgiques en bonne situation financière.

Les partenaires de la TUAC jugent que les changements actuels dans la sidérurgie n'ont rien d'une transition juste, et craignent plutôt une transition injuste là où seuls comptent les objectifs financiers au détriment des priorités sociales et environnementales. La TUAC, IndustriALL Global Union et IndustriALL Europe réclament une réévaluation d'urgence des priorités dans l'industrie sidérurgique et préconisent une démarche équilibrée avec les travailleurs à la table des négociations.

"C'est un appel à l'action de toutes les parties prenantes de l'industrie sidérurgique : la transition juste n'est pas négociable. Il est temps que la cupidité des entreprises face place à une vision nouvelle qui privilégie les droits, la sécurité et la dignité de chaque travailleur,"

a déclaré Christina Olivier, secrétaire générale adjointe d'IndustriALL.

La sidérurgie est un des secteurs les plus exposés au changement climatique et à la surcapacité mondiale. Ce n'est que par une action collective et un partage des responsabilités que nous pouvons préserver les intérêts des travailleurs et contribuer à l'effort global pour remédier au changement climatique. Nous appelons les gouvernements à conditionner leur aide financière aux entreprises sidérurgiques à de nouveaux investissements dans les technologies vertes, à la rétention des travailleurs et au respect du dialogue social.

"Tandis que l'OCDE pointe une surcapacité d'acier record, le risque d'un ralentissement de l'économie mondiale dû à un durcissement des politiques monétaires et budgétaires assombrit les perspectives de la sidérurgie et de ses travailleurs. Il faut que les gouvernements prennent des mesures décisives pour soutenir la croissance économique et faire en sorte que les travailleurs de la sidérurgie ne soient pas laissés de côté alors que l'industrie se convertit aux technologies vertes,"

a déclaré Veronica Nilsson, la secrétaire général de la TUAC.

Le Comité de l'acier de l'OCDE s'est tenu après la Journée d'action européenne pour l'acier d'IndustriALL Europe qui a vu des métallurgistes de toute l'Europe se rassembler pour réclamer une action d'urgence pour que tous les acteurs soient mis sur un plan d'égalité, pour assurer le succès de la transition verte et pour que les entreprises de la sidérurgie respectent leurs travailleurs et les communautés dont ils ont besoin.

"Notre message est clair : toutes les parties prenantes doivent redoubler d'efforts pour faire face à la surcapacité mondiale et au changement climatique. Ce ne doit pas être les travailleurs de la sidérurgie qui paient le prix d'un nivellement par le bas imposé par l'abaissement des coûts de production sans égard pour les réglementations environnementales et du commerce international. Il faut que le monde entier agisse pour obtenir un acier vert, produit par des travailleurs ayant de bonnes conditions de travail et des salaires décents, tout en veillant à ce que les échanges commerciaux soient équitables et respectent les règles internationales,"

a déclaré Judith Kirton-Darling, la secrétaire générale d'IndustriALL Europe.

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