Adidas et Nike doivent s’engager véritablement en Indonésie

L’Alliance internationale Play Fair demande aujourd’hui aux marques internationales de vêtements de sport et à leurs fournisseurs de participer de manière significative aux discussions destinées à faire avancer la signature d’un accord important sur la liberté syndicale en Indonésie.

Le protocole sur la liberté syndicale a été signé l’année dernière à Jakarta par les syndicats du textile, de l’habillement et de la chaussure, les multinationales des vêtements de sport et les principaux fabricants. Le protocole contient des dispositions, qui ont toutes pour objet d’accorder le temps et l’espace nécessaires aux activités syndicales, et de promouvoir de meilleures relations de travail dans les usines de fabrication de vêtements de sport. À ce jour, Adidas, Nike, Puma, New Balance, Pentland et Asics, ainsi que plusieurs de leurs fournisseurs indonésiens, se sont engagés à se conformer à l’accord. 

Au cours des treize mois qui ont suivi la ratification du protocole, plusieurs marques ont fait€ de gros efforts pour appliquer le protocole sur la liberté syndicale dans leurs chaînes d’approvisionnement en Indonésie. Cependant, des comités de contrôle dans les usines et au niveau national, considérés à l’origine dans le protocole comme d’importants outils de contrôle et de renforcement de son application, doivent encore être mis en place en raison de l’impossibilité de parvenir à un consensus sur leur manière d’opérer. Le principal point de désaccord a porté sur le recours à des sanctions. Toutefois, l’emploi de sanctions est indiqué dans le protocole, mais des marques et des fournisseurs ont jusqu’à présent refusé de donner à ces comités le droit de prononcer des sanctions.

L’Alliance Fair Play, qui a soutenu les négociations prévues par le protocole, a écrit aujourd’hui aux six marques signataires pour exprimer son inquiétude quant à l’impossibilité d’obtenir un accord sur une procédure de travail des comités, ce qui pourrait avoir un effet négatif sur la fonctionnalité du protocole. L’Alliance a indiqué que toutes les parties doivent envisager des compromis avant la prochaine réunion prévue pour le 20 juillet. 

Une vue d’ensemble des mesures à prendre par les marques pour appliquer le protocole se trouve sur http://www.play-fair.org/media/index.php/workers-rights/brand-performance/

 

Les couturières à Sao Paulo et Osasco obtiennent un accord historique

Le syndicat des couturières de São Paulo et Osasco (Sindicato de las Costureras de Sao Paulo y Osasco), affilié à IndustriALL Global Union, a célébré le 27 juin un accord historique. Une clause incluse dans la convention collective sectorielle oblige les entreprises à procurer des sièges ergonomiques à leurs travailleuses. Ce résultat a été obtenu après que la confédération nationale des travailleurs du textile, de l’habillement, du cuir et de la chaussure (Confederação Nacional dos Trabalhadores nas Indústrias do Setor Têxtil, Vestuário, Couro e Calçados, CONACCOVET) eut demandé un rapport à l’agence de São Paulo de l’organisation de la santé et de la sécurité du gouvernement, FUNDACENTRO. Le rapport a été préparé par l’ergonome Ricardo Costa Serrano. 

Ce succès est le résultat de plus de deux années de lutte, et de nombreuses réunions organisées dans le but de parvenir à un consensus. Le syndicat a porté son attention sur des questions importantes pour ses membres, et l’une d’elles concernait des sièges ergonomiques qui ont prouvé pouvoir protéger la santé des travailleuses. Le syndicat a cherché à en savoir plus sur la question, a diffusé des informations dans ce sens et établi un comité chargé de traiter les questions relatives à la santé, la sécurité et l’environnement au travail. Le comité était composé des syndicalistes Milene Rodrigues, Elías Ferreira, José Antonio S. Rodrigues da Costa et Ricardo Serrano.

Avec cette clause nouvelle inclue dans leur convention collective, les travailleuses disposent maintenant d’un moyen important qui leur permet de lutter contre les troubles musculosquelettiques (TMS), un syndrome clinique qui touche le système musculosquelettique en général et cause une douleur chronique, une paresthésie et de la fatigue, notamment dans le cou, les épaules et les bras. Les symptômes sont le résultat de relations professionnelles et d’une organisation du travail mauvaises, notamment par des mouvements répétitifs, une position incorrecte, une charge statique des muscles et autres conditions de travail inappropriées. 

Cet accord qui fait date signifie que le syndicat est le premier dans ce secteur au Brésil à avoir obtenu une clause sur des conditions de travail ergonomiques dans sa convention collective. L’accord oblige 7.000 entreprises à São Paulo à procurer à ses travailleuses des sièges ergonomiques conformes aux spécifications établies par FUNDACENTRO, São Paulo. 

Peu importe la taille de l’entreprise ou la nationalité de ses salariés, le syndicat s’est battu et a gagné l’ouverture de ce droit aux 80.000 travailleuses qu’il représente. Ce fut un combat difficile, mais qui en valait la peine,

a déclaré le syndicaliste Elías Ferreira.

 

La “Marcha Negra” des mineurs espagnols arrive à Madrid

La marche vers Madrid et la manifestation, organisées par les syndicats FITAG-UGT et FI-CC.OO. affiliés à IndustriALL Global Union, et bénéficiant du soutien de leurs confédérations respectives, ont donné lieu à une ovation de la foule pour accueillir les centaines de mineurs venus à pied de leurs gisements de houille situés le plus souvent au nord de l’Espagne. Les premiers marcheurs qui étaient partis le 22 juin ont traversé de nombreuses agglomérations sur le chemin menant à Madrid, et ont reçu un grand soutien le long des 400 kilomètres de route. Les feux d’artifice, le slogan “Non à la fermeture des mines de charbon” repris sans cesse et les discours enflammés qui ont eu lieu sur la ‘Plaza de Colón’, ont attiré l’attention du monde et ont été largement couverts dans la presse.

IndustriALL Global Union était représentée à la manifestation par son secrétaire général adjoint, Kemal Özkan, qui a transmis la solidarité des millions de membres présents dans le monde pour la marche et la lutte des mineurs. “Ce combat est un symbole qui montre aux gouvernements et aux entreprises multinationales que les mineurs veulent travailler, veulent produire, veulent une économie au service de la population, et non des banques et des financiers”, a déclaré Özkan. Les discours des secrétaires généraux de l’UGT et de CCOO, Cándido Méndez et Ignacio Fernández Toxo, ainsi que d’Antonio Deusa Pedrazo de FITAG-UGT et de Felipe Lopez de FI-CC.OO. ont réchauffé les cœurs, en promettant de poursuivre les manifestations indéfiniment jusqu’à ce que le gouvernement décide de négocier un revirement de sa politique.

La police anti-émeute qui avait été mise en place par le gouvernement avait déjà fait des dégâts dans les communautés minières au cours des dernières semaines. Elle a accueillie hier des manifestants par des tirs de balles en caoutchouc et par une attitude extrêmement agressive. Au moins 76 mineurs et sympathisants ont été blessés dans des échauffourées avec la police. Des mineurs signalent que la police a tiré systématiquement des balles en caoutchouc. La brutalité de la police était telle que des coups de matraque ont atteint une fillette de 11 ans qui a été sérieusement blessée.

Au même moment, le Premier ministre Rajoy tentait de détourner l’attention et la colère du public de la lutte des mineurs en annonçant de nouvelles mesures d’austérité qui toucheront en premier lieu les plus pauvres. Il s’agit d’une hausse de 3 pour cent de la TVA et d’une réduction de 3,5 milliards d’euros des dépenses du gouvernement au niveau local.

Les réductions proposées constituent une rupture de l’accord conclu l’année dernière entre les syndicats et le gouvernement sur une réduction par étapes des subventions sur une période de cinq ans. Le gouvernement de droite de Mariano Rajoy tente maintenant d’imposer une réduction immédiate de 64 pour cent dans le cadre de dures mesures d’austérité qui vont détruire l’industrie, condamner 8.000 mineurs et leurs familles et indirectement 30.000 travailleurs et travailleuses, à payer pour la crise financière.

Dans une lettre envoyée la semaine dernière au Premier ministre espagnol, le secrétaire général de IndustriALL, Jyrki Raina, a écrit: “Nous sommes convaincus que cette politique adoptée par votre gouvernement, conformément à la décision des autorités de l’Union européenne, ne tient pas compte des conséquences sociales, et se base sur des estimations économiques manquant de logique”.

Excellon doit cesser de malmener les propriétaires fonciers mexicains

Au début de cette semaine, plus de 70 propriétaires fonciers, dont beaucoup sont employés à la mine, ont bloqué la mine La Platosa à Durango, après que la direction est revenue sur son engagement dans des négociations très attendues et durement acquises pour résoudre des infractions à un accord de location de terrains signé en 2008.

Excellon a annoncé hier que l’entreprise allait porter plainte au pénal contre les manifestants et les poursuivre pour dégradations. En outre, la demande de l’entreprise au gouvernement de mettre fin au blocage pacifique a suscité des craintes pour la sécurité des manifestants.

Les revendications des propriétaires fonciers concernent un prix équitable de location et la construction d’une usine de traitement de l’eau extraite de la mine pour qu’elle convienne à l’agriculture dans la région qui souffre de sécheresse chronique.

L’entreprise a fait dernièrement l’objet d’un contrôle pour ses infractions aux normes de travail et son incapacité à respecter les droits de la communauté propriétaire des terrains. La plainte a été présentée en mai au nom des travailleurs et des propriétaires fonciers au Point national de contact du Canada pour infraction aux principes directeurs de l’OCDE à l’intention des entreprises multinationales. Une équipe d’observateurs internationaux a rendu compte la semaine dernière de plusieurs irrégularités constatées aux élections syndicales à la mine.

IndustriALL a écrit aux autorités mexicaines pour s’assurer qu’aucun usage de la force n’aura lieu contre les propriétaires fonciers et leurs partisans.

Le syndicat mondial a également demandé à Excellon de mettre fin à ses pratiques antisyndicales, de respecter le droit des travailleurs et travailleuses à constituer des syndicats de leur choix sans aucune ingérence, et de réintégrer les dirigeants syndicaux licenciés en infraction aux normes internationales concernant la liberté syndicale.

AGIR MAINTENANT!

Veuillez soutenir les propriétaires fonciers mexicains et exiger un accord équitable de la multinationale minière en écrivant à Excellon et au gouvernement mexicain. Vous trouverez ci-dessous des renseignements pour envoyer vos lettres de protestation.

Lettres à envoyer à:

Lic. Felipe De Jesús Calderón Hinojosa

Presidente Constitucional de los Estados Unidos Mexicanos

Residencial Oficial de Los Pinos, Casa Miguel Alemán, Col. San Miguel Chapultepec, C. P. 11850, D. F.

Courriel: [email protected]

 

Copie à:

 

Lic. Jorge Herrera Caldera

Gobernador Constitucional Del Estado De Durango

Courriel: [email protected]; [email protected]

Dr. Alejandro Poiré Romero

Secretario de Gobernación

Courriel: [email protected]

Dr. Raúl Plascencia Villanueva

Presidente de la Comisión Nacional de Derechos Humanos

[email protected]

Marisela Morales Ibáñez

Fiscal General de la República

Courriel: [email protected]

Lic. Omeheira López Reyna

Unidad para la Promoción y Defensa de los Derechos Humanos, SEGOB.

[email protected]

Jaime Fernández Saracho

Secretario de Gobierno de Durango

Palacio de Gobierno, Planta Alta, 5 de Febrero esq. Bruno Martínez, Zona Centro, C. P. 34000, Durango, Durango

www.cedh-durango.org.mx Courriel: [email protected]

Lic. Felipe de Jesús Martínez Rodarte

Presidente de la Comisión de Derechos Humanos del Estado de Durango

Courriel: [email protected]

Le gouvernement norvégien impose un arbitrage obligatoire dans le conflit du pétrole et du gaz

Le 5 juillet, l’association norvégienne de l’industrie du pétrole (OLF) a annoncé l’intention de lock-outer tous les membres des syndicats Industri Energi, SAFE et Lederne. Les parties vont maintenant se rencontrer au tribunal national d’arbitrage sur les salaires qui prendra une décision ayant force exécutoire dans le conflit du travail en cours.

Un lock-out de plus de 6.500 travailleurs et travailleuses sur l’accord salarial offshore pourrait provoquer un arrêt total de la production de pétrole et de gaz en Norvège, le huitième plus grand exportateur de pétrole au monde et le deuxième plus grand exportateur de gaz au monde, qui fournit une grande partie des besoins énergétiques en Europe occidentale. Le pays a produit en mai 1,6 million de barils de pétrole par jour, et 8,9 milliards de mètres cubes de gaz. Les deux secteurs combinés totalisent plus du cinquième du produit intérieur brut de la Norvège et la moitié de ses exportations.

Plus de 700 travailleurs norvégiens du pétrole se sont mis en grève le 24 juin pour appuyer leurs revendications sur le maintien du départ volontaire à la retraite anticipée. À l'origine, la grève touchait 11 pour cent de la production pétrolière du pays et 4 pour cent de sa production de gaz, et concernait le personnel de huit installations de Statoil – Oseberg central, Oseberg Sud, Oseberg Est, Oseberg C, Heidrun, Huldra, Veslefrikk et Brage. Un lock-out aurait provoqué la fermeture du plateau continental entier, et aurait affecté gravement d'autres entreprises qui dépendent considérablement de la production norvégienne du fait de leur taille, comme Total en France, ENI en Italie et Shell.

Prenant la parole à Oslo le 11 juillet, Leif Sande, président du plus grand syndicat de travailleurs du pétrole de Norvège, Industri Energy (IE), affilié à IndustriALL, a déclaré: “Les entreprises sont en faveur d’un arbitrage coercitif, et maintenant elles l’ont. Toutefois, qu'est-ce que cela signifie pour le droit à la négociation collective et pour le droit de grève dans notre pays?” Il a poursuivi en insistant tout particulièrement sur le problème principal qui est l'intention unilatérale des entreprises d'abandonner un plan de retraite anticipée volontaire qui a fait auparavant l'objet d’un accord et qui permet aux travailleurs de pouvoir prendre leur retraite avec une pension d’un montant acceptable à l’âge de 62 ans. Tous les travailleurs ne sont pas capables physiquement de travailler 14 jours consécutifs à des postes de 12 heures de travail sur une plate-forme en mer du Nord dans des conditions difficiles et potentiellement dangereuses. Et pour comble, les cadres supérieurs de Statoil continuent de pouvoir prendre leur retraite à 62 ans, et le directeur général est habilité à percevoir une pension de retraite de plus 4,5 millions de couronnes norvégiennes quand il aura atteint cet âge.

L'intervention antisyndicale du gouvernement norvégien dans la grève intervient peu de temps après les attaques patronales contre le droit de grève, cette année, à la Conférence internationale du Travail. Le gouvernement norvégien peut mettre fin à des grèves, ce qu'il a déjà fait dans cette industrie, en soutenant que la sécurité est compromise ou que cela pourrait nuire à des intérêts nationaux vitaux, et cette attitude lui a valu les critiques du Comité de la liberté syndicale du BIT, lequel a décidé que “des restrictions ou une interdiction du droit de grève peut seulement être acceptée dans le service public ou dans des services essentiels au sens strict du terme, ce qui signifie que l'interruption de services pourrait mettre en danger la vie, la sécurité personnelle ou la santé de tout ou partie de la population.”

Le secrétaire général de IndustriALL, Jyrki Raina, a écrit à notre affilié pour exprimer un soutien sans équivoque au combat mené actuellement pour la sauvegarde du plan de départ anticipé et volontaire à la retraite.

IndustriALL répond au rejet de Glencore

 

Le 11 juillet, IndustriALL Global Union s'est associée au Parti des Verts de Suisse, à un syndicat local de UNIA et à des activistes de la société civile pour manifester contre les géants des matières premières Xstrata et Glencore à Zug, Suisse, après le refus brutal de l'entreprise de rencontrer les syndicats.

Glen Mpufane, directeur du secteur des mines à IndustriALL, s'est adressé en ces termes à la foule qui scandait des slogans:

Nous voulons montrer ici que cette manifestation qui a lieu dans notre intérêt coïncide avec votre intérêt, avec celui des communautés, des organisations communautaires et des communautés indigènes, et des activistes qui militent pour une justice sociale et économique. La fusion de Xstrata et de Glencore est une mauvaise nouvelle pour nous et va servir de jalon capital dans la célébration du capitalisme monopolistique.

Mandaté par IndustriALL, le syndicat national sud-africain des mineurs (NUM) avait prévu une réunion le 19 juillet avec Glencore et Xstrata à Zug, qui avait été décidée par l'intention de NUM de déposer une plainte auprès de la commission de la concurrence. NUM avait stratégiquement invité des affiliés occupant des positions-clés comme le syndicat de la construction, de la foresterie, des mines et de l'énergie d'Australie (CFMEU) et le syndicat nord-américain United Steel Workers (USW) pour exprimer leur opposition commune à la fusion entre Xstrata et Glencore, et les graves préoccupations pour les millions de mineurs représentés.

Le représentant de Glencore, Clinton Ephron, qui occupe un poste au siège à Zug, a annulé la réunion avec les syndicats sans donner une véritable explication. “C'est bien la preuve, une fois de plus, de l'arrogance de Glencore dans son refus de rencontrer une délégation d’affiliés de IndustriALL, par une annulation de dernière minute”, a déclaré Mpufane, qui a ajouté: “En conclusion, camarades, l’union sera notre force et la division nous obligera à mendier”. La foule criait “Amandla, le pouvoir au peuple”.

“Il s’agit d’une manifestation de solidarité avec les victimes des multinationales des matières premières et Zug est le centre des matières premières”, a déclaré Josef Lang, vice président du Parti des Verts de Suisse et membre de la direction du syndicat cantonal de Zug. Les personnes qui participaient à la manifestation ont accusé Glencore et Xstrata de ne tenir aucun compte des droits des populations locales et de porter atteinte à l’environnement. L’entreprise réfute ces accusations. Des manifestants venaient également d’Amérique latine, où les entreprises sont engagées dans des projets miniers au Pérou et en Argentine, et où les infractions aux droits de la personne et aux droits syndicaux sont courantes.

Les mineurs mexicains privés d’une élection syndicale équitable

Le 5 juillet, les travailleurs de la mine à capitaux canadiens Excellon ont voté lors d’une élection triangulaire pour élire leurs représentants dans la négociation. La section 309 du syndicat SNTMMSSRM (‘Los Mineros’) affilié à IndustriALL qui avait demandé la tenue du scrutin, a perdu à un vote près un ‘recuento’ dont le résultat avait sans doute été décidé avant l’ouverture du scrutin. Les juristes qui représentent Los Mineros ont contesté les résultats.

Bien que la mine d’argent n’emploie actuellement que 200 personnes, La Platosa constitue un jalon dans les efforts entrepris pour tenir le gouvernement et les entreprises multinationales responsables de leurs actes. La lutte a opposé des propriétaires fonciers communaux au cours d’un conflit qui couvait depuis longtemps sur des questions foncières, et Los Mineros, dont le secrétaire général Napoleon Gomez a été la victime de harcèlements brutaux par le gouvernement pour avoir défendu les mineurs.

Une équipe d’observateurs internationaux organisée par le Centre de solidarité et comprenant un représentant de IndustriALL Global Union était présente durant toutes les opérations de vote afin de réduire les risques de violence, de harcèlement, et autres irrégularités courantes dans les élections syndicales mexicaines.

Tout en notant que l’élection ne semble pas avoir connu d’irrégularités flagrantes, les observateurs n’en ont pas moins constaté que le processus avait été loin d’être libre et équitable. Les travailleurs venus déposer leur bulletin dans l’urne, laquelle se trouvait dans les locaux de l’entreprise, ont dû se frayer un chemin au milieu d’un grand nombre de membres des polices municipale, de l’État et fédérale lourdement armés, et un contingent encore plus important du Frente Minero  Nacional (SNMMDNGS), un syndicat corrompu soutenu par la direction. La centaine de membres de Frente venus des quatre coins de l’État occupait la route nationale et brandissait des bâtons en menaçant les travailleurs venus voter, jusqu’à ce qu’ils soient dispersés par la police. Ils ont également tenté dans la cohue d’empêcher les observateurs d’entrer dans l’enceinte.

Au cours des deux années de lutte des travailleurs pour se syndiquer et négocier collectivement, la tactique utilisée par Excellon où ‘tous les coups sont permis’ est allée de l’intimidation au licenciement arbitraire de responsables syndicaux, à l’ingérence dans les affaires syndicales, la création de filiales parallèles pour dissimuler des relations d’emploi, et la signature de ‘contrats de protection’ avec deux syndicats jaunes. Les travailleurs ont également signalé que dans les jours qui ont précédé l’élection, des pots-de-vin leur avaient été offerts et des menaces avaient été proférées pour les empêcher de voter pour Los Mineros.

Les conditions de travail dangereuses à la mine qui ont justifié les efforts de syndicalisation entrepris, se sont trouvées renforcées par le fait que sur environ 25 travailleurs avec qui les observateurs ont eu des entretiens, l’un d’eux avait perdu un bras, deux autres marchaient avec des béquilles et deux autres encore avaient les bras plâtrés.

Sur 123 suffrages exprimés lors de l’élection, El Frente a recueilli 46 voix, Los Mineros 45 et le syndicat Adolfo López Mateos 32 voix.

IndustriALL s’est engagé à continuer de soutenir les efforts entrepris par le syndicat Los Mineros pour défendre les intérêts des travailleurs à La Platosa.

 

Syndicats belges, force de proposition pour sauver des emplois chez Caterpillar

Lors d’un Conseil d’entreprise extraordinaire qui s’est tenu en juin, la direction de Caterpillar Belgique a annoncé sa volonté de ne pas reconduire 200 contrats à durée déterminée sur les 500 en cours parmi le personnel ouvrier sur le site de Gosselies.  La suppression de certaines pauses dans plusieurs ateliers de production a aussi été envisagée.  L’entreprise met en cause une baisse des volumes de commandes pour la seconde partie de 2012 et le début de 2013 liée à la conjoncture économique.  Dans le même temps, en juin,  le Conseil d’Administration de Caterpillar a approuvé une augmentation du dividende trimestriel de 13% – augmentation la plus importante depuis la crise financière de 2008.

Les syndicats représentant les travailleurs d’atelier concernés ont rejeté d’un front commun ce plan de  la direction en disant qu’il existe d’autres solutions et que des emplois peuvent être sauvés .  Ils proposent notamment de recourir à la prépension à 56 ans et l’introduction de chômage économique  de longue durée sur une base volontaire.  Ce système a déjà été utilisé par le passé et a permis d’éviter des licenciements.   Les discussions concernant les modalités de telles  propositions vont se poursuivre.

Les détenteurs des contrats à durée déterminée, tous membres des syndicats, sont surtout des jeunes ouvriers dont Caterpillar aura besoin à l’avenir estiment les représentants syndicaux.   Il est donc impératif de les maintenir  dans l’entreprise.   La direction a accepté la proposition des syndicats que des heures de formation soient offertes aux salariés pendant la période de basse conjoncture .    

Le site de Gosselies emploie quelque 4000 personnes, dont environ un quart de cols blancs, et est l’un des sites les plus importants de Caterpillar au niveau mondial. 

 

Un lock-out de six mois au Québec prend fin par un accord

IndustriALL salue les membres de la section 9490 de l’USW pour avoir tenu bon contre le conglomérat multinational, et s’être battu pour assurer leur avenir à Alma et faire obstacle aux efforts de la direction pour remplacer les salariés partant à la retraite par une main-d’œuvre sous contrat à court terme et non syndiquée avec un salaire inférieur de moitié et sans retraite ou prestations. Les sidérurgistes de Alma ont fait campagne en affirmant qu’ils se battront “un jour de plus” que l’entreprise, en se déplaçant pour confronter l’entreprise en Europe, en Australie, en Afrique, et dans d’autres endroits, en tenant bon au cours de nombreuses rencontres pour négocier.

L’accord a été conclu lors d’une nouvelle série de pourparlers intenses qui a débuté le 13 juin, sous la médiation de Jean Poirier, ministre du Travail. La nouvelle convention collective des salariés, employés à la fonderie d’aluminium, restera en vigueur jusqu’à la fin de 2015. Une gestion stricte du travail en sous-traitance sera assurée et se limitera à la durée de l’accord.

"Nous avons été forcés d’affronter la troisième plus importante société minière au monde, et nous avons gagné", a déclaré le président de l’USW Leo Gerard. "Beaucoup pensaient que c’était une tâche impossible, étant donné le déséquilibre des forces, mais nous avons envoyé un message aux industries du secteur primaire du monde entier pour que les travailleurs et travailleuses et leurs syndicats puissent obliger une énorme entreprise multinationale de mettre fin à ses demandes injustes".

Le coût du lock-out pour l'entreprise dans la région a été estimé à 2 millions de CAD par semaine, en incluant l'accord controversé selon lequel Hydro-Québec rachète à l'entreprise l'électricité non utilisée durant le lock-out.

Rio Tinto a mis en colère les syndicalistes du monde entier en raison de la brutalité des dispositions sociales des filiales de Rio Tinto Alcan au Québec central. Plus de 50 syndicats du monde entier ont pris part à l'action engagée pour soutenir la campagne de l’USW “Off the Podium”visant à faire descendre du podium Rio Tinto, en raison du fait que l'entreprise fournit le métal servant à fabriquer les médailles décernées aux jeux olympiques de Londres.

Et plus de 100 syndicats de mineurs affiliés à IndustriALL ont pris pour cible Rio Tinto à la conférence mondiale sur l'industrie minière qui a eu pour résultat d'établir une campagne mondiale à long terme, lancée la semaine dernière par le secrétaire général de IndustriALL Jyrki Raina.

“Nous sommes satisfaits de voir que le bon sens a prévalu à Alma, mais Rio Tinto doit maintenant étendre ce bon sens à toutes ses activités menées dans le monde. Rio Tinto a appris à Alma qu'il est impossible d'imposer unilatéralement des réductions de conditions de travail et d'accroître encore plus ses bénéfices au détriment des travailleurs et travailleuses. Notre campagne mondiale contre Rio Tinto va se poursuivre, en exigeant de sa part une amélioration de sa conduite d'entreprise pour obtenir une bonne citoyenneté mondiale”, a affirmé Raina.

"L’USW continuera de travailler avec les syndicats du monde entier pour exiger que Rio Tinto respecte les droits des travailleurs et travailleuses, les droits de la personne et l’environnement" a déclaré Ken Neumann, directeur national canadien de l’USW. "Nous savons qu'il y aura de nouvelles attaques de Rio Tinto contre les syndicats et les communautés. Les Steelworkers seront présents pour aider à résister aux assauts de Rio Tinto".

Voir les lettres de 60 organisations de 30 pays condamnant la décision de lier Rio Tinto aux jeux olympiques, ici – http://www.industriall-union.org/issues/confronting-global-capital/multinational-companies-mncs/rio-tinto

Marche des mineurs espagnols contre les suppressions d’emploi décidées par le gouvernement

La marche massive se terminera par des manifestations devant des services gouvernementaux, pour exiger un changement de politique permettant la survie de l’industrie en Espagne.

Beaucoup de communautés minières en Espagne, notamment dans la région montagneuse entre les Asturies, la Castille et León, seront amenées à disparaître si les suppressions d’emploi ont lieu. Huit mille mineurs perdront leurs moyens de subsistance et trente mille autres emplois seront touchés indirectement.

Les mineurs espagnols constituent le premier groupe important de travailleurs et travailleuses en Europe à se mettre en grève pour une durée illimitée contre les mesures néolibérales d’austérité, responsables de tant de dégâts. Le gouvernement de droite de Mariano Rajoy cherche à obtenir une réduction de 64 pour cent des subventions à l’industrie minière, qui passeront de 703 millions à 253 millions d’euros. Il s’agit d’une rupture de l’accord sur le plan quinquennal du charbon signé l’année dernière entre le gouvernement et les syndicats. Les mineurs participant à la marche demandent au gouvernement Rajoy de revenir à cet accord.

Cinq mille personnes ont soutenu la campagne en ligne de LabourStart/IndustriALL et écrit au gouvernement Rajoy pour lui demander d’annuler sa décision de réduire les subventions du gouvernement. Voir ici le soutien à cette campagne:  http://www.labourstartcampaigns.net/show_campaign.cgi?c=1444.

Parallèlement à la grève et à la marche, des membres de FITAG-UGT et de la Federación de Industria CCOO organisent des occupations de locaux, des sit-in dans des mines et dans des services gouvernementaux, des rassemblements de grande envergure sur de grands axes routiers pour bloquer la circulation.

Dans une lettre adressée aux syndicats qui participent à la grève, FITAG-UGT et Federación de Industria CCOO, le secrétaire général de IndustriALL Jyrki Raina a déclaré: “Nous sommes revigorés par votre lutte vigoureuse contre les suppressions d’emploi décidées par le gouvernement qui constituent une menace pour l’industrie minière en Espagne. Nous restons au coude à coude avec vous dans votre juste combat, et nous allons continuer à mobiliser les affiliés de IndustriALL partout dans le monde pour qu’ils vous soutiennent”.

FITAG-UGT et FI-CC.OO. ont lancé une campagne de soutien financier pour aider les mineurs du charbon dans leur résistance historique. L’aide financière est vitale en raison des besoins de santé des grévistes, de la longueur et de l’étendue de l’action, des pressions de la police pour les amendes encourues par les actions revendicatives. Les contributions au fonds de solidarité peuvent être versées au compte suivant.

BANQUE:  BBVA

NOM DU COMPTE:  “SOLIDARIDAD CON LA MINERÍA DEL CARBÓN”

IBAN: ES69  0182 2370 4302 0152 8433

SWIFT: BBVAESMM