La grève chez Bridgestone à Bahia dure depuis plus d’un mois

Les travailleurs et travailleuses de la société transnationale Bridgestone sont maintenant en grève depuis plus d’un mois à la suite de l’intransigeance de l’employeur. 

Leur syndicat, Sindborracha, a publié un communiqué de presse dans lequel il condamne l’attitude de l’entreprise. Le syndicat soutient que l’entreprise refuse sa proposition portant sur une augmentation de 5 pour cent des salaires et une prime d’intéressement aux bénéfices de 8.000 reals, et de répondre aux autres revendications du syndicat. Par exemple, le syndicat demande à l’entreprise de se conformer à la limitation constitutionnelle du travail posté (36 heures), au supplément de 40 pour cent pour le travail posté de nuit, payable pour le poste entier, comme c’est le cas dans la plupart des autres entreprises, et une pause d’une heure pour le repas à mi-poste, conformément à la législation du travail (Bridgestone permet seulement 30 minutes).

Pendant ce temps, des entreprises du même secteur, notamment Goodyear, Pirelli et Continental, ont conclu un accord avec leur personnel sur une augmentation de 7 pour cent du salaire et une prime de participation aux bénéfices de 9.200 reals (Continental) et 8.000 reals (Pirelli).

Le syndicat affirme que le remplacement par l’entreprise des grévistes bahianais par du personnel de son usine à Sao Paulo constitue un manquement au respect du droit de grève. De plus, l’entreprise menace maintenant de quitter Bahia. “L’entreprise se sert de toutes les armes de l’anti-syndicalisme à sa disposition pour marquer son opposition à la grève et faire pression pour que les grévistes reprennent le travail. Elle est allée jusqu’à tenter de criminaliser le mouvement, en accusant les travailleurs de vandalisme. Bridgestone a déclaré la guerre à Sindborracha et au mouvement syndical dans sa totalité, en utilisant la violence contre les travailleurs et travailleuses bahianais qui se servent de moyens pacifiques pour demander leurs droits”, déclare le syndicat.

Le syndicat dit également que “les travailleurs et travailleuses de Bridgestone luttent pour obtenir des conditions de travail décentes et pour que soit mis fin aux brimades, mais aussi pour avoir de meilleurs salaires. Bridgestone verse des salaires plus élevés à Sao Paulo, et cette  différence salariale entre les États fédérés et les salaires plus élevés versés par d’autres entreprises du même secteur indiquent que l’entreprise réalise des bénéfices en exploitant la main-d’œuvre et en pratiquant un démantèlement social”.

IndustriALL Global Union a suivi de près le conflit depuis le début, condamne la position de l’entreprise et demande à ses affiliés d’agir solidairement pour soutenir les revendications légitimes des travailleurs et travailleuses de Bahia.

Les mineurs au Zimbabwe déclarent être victimes d’abus de la part de l’entreprise controversable Anjin

Une ONG locale, le Centre de recherche et de développement, qui contrôle les infractions aux droits de la personne dans les mines de diamant, a exigé la réintégration sans condition des travailleurs relevés de leurs fonctions, en spécifiant que "la décision de mettre à pied les travailleurs était arbitraire et totalement injustifiée. Il s’agit également d’une infraction grave au droit des travailleurs et travailleuses d’engager une action revendicative quand les conditions de travail sont épouvantables. L’intolérance dont la direction de Anjin a fait preuve pour les véritables revendications des travailleurs est inacceptable dans une société moderne".  

Le Centre de recherche et de développement a aussi posé la question de la procédure d’une nouvelle candidature à laquelle les travailleurs se trouvent soumis, car le fait de “conseiller aux membres du personnel mis à pied de poser une nouvelle candidature est une manière draconienne visant à les diviser par un traitement discriminatoire de leurs dirigeants et des personnes suspectées d’avoir joué un rôle de premier plan dans cette action revendicative”.

Il y a aussi des allégations d’infraction aux droits de la personne. Le personnel de l’entreprise Anjin assure que certaines personnes ont subi des agressions sexuelles par des chefs chinois, et que l’entreprise a remis au comité des travailleurs une lettre dans laquelle elle s’excuse en précisant que les auteurs de délits allaient être renvoyés en Chine. Jusqu’à présent, cette promesse n’a pas été tenue, et la police n’a entrepris aucune action. Les travailleurs ont aussi signalé la profanation de tombes sur le site, et au lieu d’enterrer à nouveau les corps sur un autre site approprié, leurs restes ont été empilés non loin de là.

Anjin laisse la controverse se développer. Une co-entreprise sino-zimbabwéenne, la société Matt Bronze du Zimbabwe, est suspectée d’être une entreprise fantôme au service du ministère zimbabwéen de la Défense, des militaires et de la police. Des ‘sécurocrates’ et des membres de haut niveau de la sécurité d’État dominent au conseil d’administration d’Anjin. Un rapport publié en juin 2012 par l’ONG britannique Global Witness fait état de ces questions et des préoccupations concernant le fait que les bénéfices réalisés dans les mines seraient des éléments hors bilan servant au financement de la police d’État. 

Global Witness estime que le processus de Kimberley, un programme de certification visant à endiguer le commerce du diamant servant au financement de conflits, a échoué au Zimbabwe, et que c’est l’une des raisons données pour se retirer, en tant qu’observateur, du processus de Kimberley.

Le parlementaire britannique Peter Hain a porté les questions soulevées par Global Witness dans un débat au Parlement à la mi-juillet 2012, en demandant le maintien des sanctions et leur extension pour y inclure les ‘sécurocrates’ impliqués dans l’extraction minière du diamant. Il a également motivé une réforme du processus de Kimberley. 

Les sanctions mises en place par l’UE depuis 2002 consistent à interdire les voyages et à geler les avoirs de 112 Zimbabwéens. En juin 2012, une délégation de l’UE s’est rendue dans la région de Marange où est située l’entreprise Anjin. Elle a appris que les allégations selon lesquelles Anjin n’aurait pas contribué au financement occulte sont fausses. Le 23 juillet, les responsables de l’UE ont publié une déclaration selon laquelle les sanctions contre la plupart des personnes portées sur la liste devaient être abandonnées et prendre place après la tenue d’un référendum sur la nouvelle constitution. Cette décision est destinée à servir de motivation pour la poursuite des réformes positives entreprises au Zimbabwe après des années de violence et de chaos économique.   

Parmi ceux qui demandent la levée des sanctions au Zimbabwe, il y a le Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Navi Pillay, qui a déclaré après sa visite dans le pays, en mai 2012, que la honte des sanctions a sans doute eu un effet préjudiciable sur le commerce.  

La campagne de réintégration des membres du syndicat licenciés chez Mölnlycke se poursuit en Thaïlande

Deux affiliés de IndustriALL Global Union en Thaïlande, la fédération des travailleurs du textile, de la confection et du cuir de Thaïlande (TWFT) et l’alliance syndicale des travailleurs de la chimie (CWUA) dénoncent le licenciement massif de membres de leur affilié commun, le syndicat des travailleurs de Mölnlycke Health Care. Depuis la création du syndicat local en 2001, des travailleurs et travailleuses ont été licenciés en raison de leur participation aux activités syndicales. Vingt-trois fondateurs et dirigeants du syndicat au niveau de l’usine ont été licenciés en 2001, malgré la décision du Comité des relations industrielles de Thaïlande qui stipulait que ces licenciements étaient injustes et avait ordonné à l’entreprise de réintégrer les travailleurs. Plus tard, deux travailleurs ont été réintégrés, l’un deux a été élu président du syndicat avant d’être licencié de nouveau en 2007.

Une autre vague de licenciements a commencé lors des négociations en 2011 pour une convention collective qui a fait l’objet d’obstructions de la direction locale avec des “décisions de suspension du travail” pour la plupart des représentant(e)s syndicaux/ales chargés de la négociation du côté des travailleurs/euses. Les suspensions du travail ont empêché les représentants d’entrer dans l’usine pour rencontrer les travailleurs et travailleuses et discuter de la convention collective. Aucune explication n’a été donnée par la direction sur ses actions.

Malgré les tentatives d’intimidation de la direction, les négociations se sont conclues, le 5 septembre, par une nouvelle convention collective, mais à la suite de l’accord, la direction a immédiatement licencié 22 travailleurs qui avaient pris part à la négociation, dont un grand nombre de délégués syndicaux. La direction locale de Mölnlycke a refusé d’expliquer cette décision et a rejeté toutes les tentatives du syndicat d’engager un dialogue sur la question.

D’où l’obligation de porter cette affaire devant le Comité des relations industrielles de Thaïlande, qui a considéré, dans une décision prise le 19 janvier 2012, après une investigation détaillée, que les travailleurs et travailleuses avaient été injustement licenciés. Mais au lieu de respecter la décision du Comité, Mölnlycke a répondu par une action en justice visant à annuler la décision et à faire durer l’affaire. Pendant ce temps, quatre personnes licenciées ont décidé d’interrompre leur action après que l’entreprise leur eut versé l’indemnisation convenue, mais dix-huit autres membres du syndicat licenciés sont encore concernés.

Profitant de l’absence des dix-huit représentants des travailleurs et travailleuses démocratiquement élus, la direction locale a décidé d’intimider les membres du personnel pour qu’ils signent des contrats individuels comportant de nouvelles réductions de salaires et de conditions. Les personnes qui ont refusé de signer ont été punies par la direction qui les a suspendues de leur travail, et aussi par des transferts à des emplois pour lesquels elles n’avaient pas eu de formation réelle.

Les deux affiliés suédois de IndustriALL Global Union, Unionen et IF Metall, ont pris l’initiative de soutenir la campagne dans plusieurs réunions organisées aux niveaux local et central. Finalement, la direction de Mölnlycke a insisté pour attendre la décision finale du tribunal pour la réintégration des travailleurs licenciés.

Après plusieurs communications, le secrétaire général de IndustriALL, Jyrki Raina, a dénoncé ces graves abus aux droits fondamentaux du travail en Thaïlande auprès de la direction générale de la multinationale suédoise. Tout en reconnaissant et en soutenant une initiative de dialogue et de formation entre l’entreprise et les affiliés suédois de IndustriALL, Unionen et IF Metall, Raina écrit: “Permettez-moi d’ajouter en toute honnêteté que pour que ces étapes se matérialisent, nous devons disposer d’une base solide qui ne peut être obtenue, à ce stade, que par la réintégration des dix-huit membres du syndicat licenciés”.

Des travailleurs licenciés chez Texim en Turquie se battent pour leurs droits fondamentaux

TEKSIF (syndicat des travailleurs de l’industrie du textile, du tricot et de la confection) a fait une campagne de syndicalisation dans l’entreprise turque de confection Texim qui emploie jusqu’à environ 700 travailleurs et travailleuses à certains moments, et qui a réussi jusqu’à présent à s’implanter en syndiquant une grande partie de la main-d’œuvre. La direction de Texim a annoncé récemment et unilatéralement que les opérateurs/trices dans le département du tricot devaient accroître leur production de cinquante pour cent avec de nouvelles machines fournies à cet usage. Le personnel de production du département du tricot, qui avait pris l’initiative de la syndicalisation dans l’usine, et qui a toujours été au premier rang dans la lutte, constituait donc la cible privilégiée pour l’employeur.  

L’augmentation de la production imposée unilatéralement par l’entreprise a provoqué des changements importants dans les conditions de travail. Les trente-cinq membres de TEKSIF qui travaillaient comme opérateurs/trices ont rejeté l’annonce de Texim. En fait, l’article 22 de la législation turque du travail, code 4857, intitulé “Modification des conditions de travail et résiliation des contrats de travail“ stipule que “les parties peuvent modifier à tout moment les conditions de travail par consentement mutuel“ selon une procédure précise. La direction de l’entreprise a continué de menacer les opérateurs/trices de licenciement dans le cas où ils/elles n’approuveraient pas sa décision unilatérale. Au moment où ces discussions avaient lieu, le secrétaire général de IndustriALL Global Union, Jyrki Raina, a envoyé un message, le 27 juillet, au propriétaire de Texim, M. Haldun Boz, en lui demandant instamment de “mettre fin à ces menaces, et d’assurer un milieu de travail calme pour permettre aux travailleurs et travailleuses d’être productifs et leur donner la possibilité d’exercer leurs droits garantis par les normes nationales et internationales”.

Le 6 août, au moment du changement d’équipe postée du matin, Texim a licencié les trente-cinq opérateurs/trices du département du tricot. Les personnes licenciées ont immédiatement commencé à se rassembler devant l’usine située à Merter, un district connu du textile à Istanbul. Le rassemblement a bénéficié d’un soutien important de la communauté et des syndicats. À la suite d’une longue marche au centre d’Istanbul, les dirigeants du TEKSİF ont rencontré, aux côtés de personnes licenciées, le Consul général d’Allemagne à Istanbul, du fait que la production de Texim est destinée au marché allemand, surtout à Hugo Boss. La délégation syndicale a fait état des problèmes rencontrés dans le processus de recrutement dans l’usine fabriquant directement pour Hugo Boss à Izmir, ainsi que chez ses principaux fournisseurs: Texim à Istanbul et Edirne Giyim en Thrace.

Dans son dernier message, Jyrki Raina a dit à Texim que “c’est pour nous totalement inacceptable que vous mettiez fin aux contrats de tous ces travailleurs et travailleuses en raison de leur appartenance syndicale. Je vous engage avec force à mettre fin à ces licenciements, à réintégrer les personnes licenciées, et à engager sérieusement le dialogue avec TEKSIF en tant que représentant légitime de la main-d’œuvre chez Texim”.

IndustriALL Global Union continue d’intensifier la campagne pour la réintégration des personnes licenciées chez Texim, et porte la question à différents niveaux pour parvenir à une solution immédiate.

Une intervention internationale permet de régler un conflit du travail chez Pirelli en Égypte

Ce succès a été obtenu à la suite de l’intervention de IndustriALL Global Union qui a apporté une nouvelle convention collective aux 2.000 travailleurs et travailleuses de l’entreprise de pneus à Alexandrie, propriété du géant mondial du caoutchouc et des pneus Pirelli. La multinationale italienne a accepté de négocier de bonne foi sous la médiation du gouvernement avec le syndicat général des travailleurs de la chimie, les deux parties cherchant à établir une relation de travail positive après une grève qui s’est déroulée du 30 mai au 18 juin.

La grève légitime avait commencé par une occupation de l’usine, après que l’employeur eut annoncé son intention de déménager les machines, les matières premières et l’équipement de production. Les membres du syndicat ont bloqué les entrées de l’usine et refusé le passage des équipements, et aussi des briseurs de grève. Les grévistes ont alors accusé l’entreprise d’ignorer fréquemment et de ne pas appliquer la législation et la réglementation égyptiennes concernant les augmentations salariales, les primes et les paiements relatifs à l’intéressement aux bénéfices.

La main-d’œuvre avait pris la décision de faire grève après une longue période de réclamations, le comble avant été atteint par la décision de la direction d’ignorer une demande portant sur la négociation collective.  Et la direction a répondu à la grève, le 21 juin, en licenciant, sans plus d’explications, cinq militants syndicaux de premier plan dont le président du syndicat local, Ahmed Mohammed Kandil.

IndustriALL Global Union est intervenu par l’envoi d’une lettre de protestation à la direction de l’entreprise à Alexandrie, et en tenant informés ses affiliés chargés de syndiquer les travailleurs et travailleuses de Pirelli dans d’autres pays, notamment en Italie. Dans le même temps, plusieurs interactions avec la direction de l’entreprise ont permis de parvenir à une solution appropriée et à la reprise des relations de travail dans l’usine.

Dans le cas où aucune solution n’aurait été obtenue, les étapes suivantes de la campagne auraient porté sur des manifestations au Consulat d’Italie à Alexandrie et à un sit-in de grande envergure devant le Palais présidentiel au Caire. Au niveau mondial, le secrétaire général de IndustriALL Global Union, Jyrki Raina, avait informé Pirelli des étapes suivantes prévues, notamment une mobilisation des travailleurs et travailleuses syndiqués de Pirelli dans le monde, qui sont également membres le plus souvent d’affiliés de IndustriALL Global Union.

Le nouvel accord contient des dispositions concernant une extension des soins médicaux aux familles des travailleurs et travailleuses, l’abandon des actions en justice et des plaintes déposées à la police par les deux parties, et la poursuite de l’évaluation des règles permettant aux travailleurs et travailleuses de bénéficier de l’intéressement aux bénéfices.

En Serbie, IER Nezavisnost riposte aux attaques chez Kronospan

IER Nezavisnost subit l’animosité de la direction depuis qu’il a syndiqué, en avril 2010, les travailleurs et travailleuses de l’usine Kronospan à Lapovo en Serbie centrale. La direction de l’usine a essayé à de nombreuses reprises de réduire l’influence syndicale, et a même tenté de chasser tout simplement le syndicat. Dix syndicalistes ont été licenciés le 29 juin dans le but d’affaiblir le syndicat.

Le secrétaire général de IndustriALL, Jyrki Raina, a envoyé une lettre à Kronospan pour protester contre les conditions de travail malsaines, les bas salaires des membres du syndicat, la durée excessive du travail, le non-paiement des congés de maladie et des heures supplémentaires, les pressions et tentatives d’humiliation des membres du syndicat, et enfin contre le licenciement de syndicalistes.

Bien que la direction de Kronospan en Serbie soutienne que les licenciements ont été décidés pour des raisons économiques et pour assurer la bonne marche de l’entreprise, IndustriALL relance la campagne alors que l’usine augmente la production en allongeant la durée du travail posté jusqu’à 12 heures pour tenter d’observer un soi-disant plan commercial ambitieux. Les dix personnes licenciées, qui étaient toutes membres du syndicat, étaient employées à la production. Ce licenciement massif réduit de manière importante la force du syndicat et envoie un signal clair aux autres membres qui risquent de perdre leur emploi en restant au syndicat.

La tentative de Kronospan d’obtenir des syndicalistes la fermeture du syndicat et de travailler directement avec la direction au sein du comité d’entreprise est dénoncée avec documents à l’appui. L’incapacité de la direction de permettre l’établissement de la représentativité du syndicat, obligation juridique prévue par la législation du travail de Serbie, constitue une infraction importante. De même, l’incapacité de la direction de fournir un bureau et les équipements nécessaires aux réunions et activités syndicales constitue une autre infraction. Les nombreuses négligences relevée récemment par l’inspection du travail dans l’usine serviront de support aux poursuites judiciaires qui statueront, sans doute, en faveur des travailleurs et travailleuses.

IndustriALL Global Union demande instamment à la direction de Kronospan de mettre fin à cette politique et au mauvais traitement infligé aux salariés, et se tient aux côtés de son affilié qui prépare des poursuites judiciaires et autres méthodes de résistance. Toutefois, afin d’éviter que la direction ne prenne de nouvelles mesures, la campagne continue pour obtenir la réintégration des 10 personnes licenciées et pour que IER Nezavisnost puisse entreprendre une négociation sérieuse au niveau social à Lapovo.

Un contremaître tué lors d’une protestation à la mine de Collum en Zambie

Le secrétaire général du syndicat des mineurs de Zambie (MUZ), Joseph Chewe, a déclaré que la faiblesse des salaires était un problème à la mine, et que le syndicat avait négocié avec la direction la semaine précédente une amélioration des conditions de service et des salaires, en ajoutant qu’il était regrettable que des travailleurs aient perdu patience. 

L’investissement chinois en Zambie se monte à plus d’un milliard d’USD, mais les relations industrielles dans certaines entreprises chinoises ont amené des problèmes, notamment dans le secteur minier. Un rapport publié en novembre 2011 par Human Rights Watch (HRW) fait état d’abus continuels dans les mines exploitées par des entreprises chinoises. “L’investissement de la Chine en Zambie, qui est important dans l’industrie des mines de cuivre, peut bénéficier à la fois aux Chinois et aux Zambiens”, a déclaré Daniel Bekele, directeur africain de Human Rights Watch. “Mais dans les entreprises contrôlées par les Chinois, les mineurs sont soumis à de mauvaises conditions de santé, de sécurité et de travail, et souffrent depuis longtemps de l’indifférence du gouvernement”.  

Les relations de travail à la mine de Collum ont été agitées dans le passé. En 2010, deux contremaîtres chinois avaient tiré et blessé 13 mineurs à l’occasion d’une autre dispute sur les salaires. 

Chewe a condamné la violence des travailleurs récemment à Collum en ces termes: "Nous condamnons les actes de violence car tous les problèmes doivent être résolus par un dialogue autour d’une table. La primauté du droit doit prévaloir dans ce cas”. La police a arrêté 12 travailleurs et une présence policière restera à la mine pendant un certain temps.

Sri Lanka devrait apprendre quelque chose du retrait de J Crew

IndustriALL Global Union a écrit à la fédération des employeurs de Ceylan en critiquant leur réaction primaire qui consiste à rejeter sur le syndicat la responsabilité de la perte de commandes, et en demandant instamment à l’industrie de s’attaquer aux problèmes réels afin d’avoir une industrie exportatrice viable et durable.

“Dans une lettre adressée à son fournisseur, le détaillant a expliqué clairement que sa raison pour quitter l’usine ne porte pas sur des allégations présentées par le syndicat, ni même sur la présence d’infractions, mais plutôt sur le refus de Mirrai d’avoir un partenariat avec J Crew pour remédier à ces infractions”, affirme Jyrki Raina, secrétaire général de IndustriALL Global Union dans sa lettre.

Vers la fin de l’année dernière, quand Mirrai a sévi contre les travailleurs et travailleuses qui cherchaient à se syndiquer, l’affilié de IndustriALL, FTZGSEU, a tenté de trouver une solution au problème par le dialogue. Quand l’entreprise a même refusé une rencontre, le syndicat a  recherché l’intervention des services de la main-d’œuvre, mais sans réaliser de progrès. Alors, le syndicat a entrepris la démarche logique qui consistait à demander à l’acheteur, J Crew, d’intervenir pour s’assurer du respect de son code de conduite.

J Crew a mené une enquête et confirmé les allégations, tout en confirmant également quelque chose que l’on suspectait déjà: que Mirrai ne disposait pas des systèmes de gestion auxquels on s’attend d’une entreprise opérant sur les marchés mondiaux.

“Cela n’a pas été une grande surprise pour nous”, affirme Raina. “L’analyse montre que le fait de ne tenir aucun compte des conditions de travail et des relations industrielles est généralement le symptôme d’une direction faible, incapable de réaliser le véritable potentiel d’une entreprise. Le travail décent, d’un autre côté, va généralement de pair avec un bon rendement”.  

Pendant plusieurs mois, J Crew a recherché la coopération de l’entreprise pour appliquer un plan d’action, afin de remédier aux infractions et aux carences qui avaient été décelées. Toutefois, quand l’entreprise a indiqué dans ses actes et par écrit qu’elle n’avait aucune intention de faire les améliorations nécessaires, le détaillant n’avait d’autres options que de cesser toute production future dans l’usine.

J Crew a indiqué qu’il ferait des efforts raisonnables pour quitter Mirrai de manière responsable et morale afin de réduire toute perturbation pour les travailleurs et travailleuses.

“Au lieu de s’attaquer au syndicat pour le rendre responsable des pertes de commandes, la fédération des employeurs de Ceylan feraient mieux d’encourager Mirrai a réaliser les améliorations nécessaires pour chercher à sauvegarder les affaires de l’entreprise et les emplois de ses salariés”, a conclu Raina.

Aux Philippines, le mouvement syndical lutte contre l’emploi précaire

Les affiliés philippins de IndustriALL Global Union se sont réunis les 26-27 juillet 2012 pour une conférence nationale qui s’est tenue à Manille à l’Université des Philippines. Les dirigeant(e)s et militant(e)s syndicaux/ales ont examiné les conséquences de l’emploi précaire, qui se développe depuis des années et provoque une segmentation du marché du travail et de grandes inégalités sociales et économiques. 

Annie Adviento, représentante régionale de IndustriALL, a informé les syndicats philippins de la réussite du Congrès fondateur de IndustriALL Global Union en juin 2012, et a signalé que l’une des priorités absolues de la nouvelle organisation syndicale mondiale concerne la campagne ‘STOP à l’emploi précaire’.

Le Dr Rene Ofreneo de l’Université des Philippines a démontré dans son exposé les liens entre l’emploi précaire et la pauvreté grandissante aux Philippines. “Du fait que davantage de personnes sont embauchées pour un temps limité (en tant que stagiaires, travail à court terme, emploi lié à un projet, agences de travail intérimaire), et comme l’externalisation des emplois devient la norme et que le syndicalisme est en déclin, force est de constater que sur 40 millions de travailleurs et travailleuses aux Philippines, 250.000 seulement sont couverts par une convention collective”.

Le combat en faveur de l’emploi régulier et contre des conditions d’emploi précaires est actuellement le principal enjeu des syndicats. La survie des emplois décents en dépend… de même que la survie de notre SYNDICAT.

Tony Salvador – LEARN Philippines 

Tony Salvador du réseau ouvrier d’éducation et de recherche-LEARN affirme que le travail contractuel et les emplois fournis par des agences constituent le problème le plus important auquel le mouvement syndical fait face, du fait qu’il porte atteinte aux droits les plus élémentaires des travailleurs et travailleuses, et notamment aux principales normes fondamentales du travail. Tony a également informé les syndicalistes des débats en cours au Congrès des Philippines qui concernent les projets de loi sur le travail contractuel et les emplois intérimaires. Le mouvement syndical philippin a fait campagne en faveur d’une loi plus stricte sur la sous-traitance et le travail intérimaire, et pour que l’employeur principal assume ses responsabilités en tant qu’employeur direct. Tony a également affirmé que “dans les faits, la sécurité de l’emploi se traduit par un développement économique”.  

Vonny Diananto, également représentant régional de IndustriALL, a partagé l’expérience du FSPMI (Fédération des métallurgistes d’Indonésie) et la stratégie de syndicalisation de 20.000 intérimaires dans l’automobile et l’industrie électronique en Indonésie.

Aranya Pakapath, coordinatrice régionale de IndustriALL pour des projets sur les emplois contractuels et intérimaires, a parlé brièvement de l’expérience acquise par le syndicat des travailleurs contractuels de l’Inde (PCSS), qui s’est battu constamment pour obtenir sa reconnaissance syndicale et un emploi régulier pour le personnel contractuel employé dans les cimenteries Holcim en Inde.

Dans des ateliers, les syndicalistes philippins ont identifié des questions qui leurs sont communes, dont l’une concerne la clause d’exclusion inscrite dans les conventions collectives, selon laquelle seuls les membres du personnel ayant un emploi régulier sont concernés par la négociation, ce qui signifie que le ‘droit de se syndiquer’ et de ‘négocier collectivement’ ne s’applique pas à tous les travailleurs et travailleuses.  

À la fin des deux journées de conférence, les délégué(e)s syndicaux/ales ont convenu que le mouvement syndical a la responsabilité de mener la lutte contre l’emploi précaire, et de promouvoir le travail décent pour tous les travailleurs et travailleuses. Les syndicalistes ont décidé de mettre en œuvre une formation syndicale pour le personnel contractuel et intérimaire qui travaille aux côtés du personnel régulier dans les usines, et de soutenir une meilleure protection des droits de la personne et des droits syndicaux du personnel non régulier. Cet engagement s’est manifesté dans la déclaration conjointe d’unité contre l’emploi intérimaire/précaire, approuvée par les participant(e)s à la fin de la conférence.

IndustriALL signe un ACM avec Siemens

Dans cet accord, Siemens s’engage une fois de plus à respecter les droits des travailleurs et travailleuses dans les domaines de l’égalité des chances, de la liberté syndicale et de la négociation collective.

“Il est particulièrement important pour les salariés et les syndicats que les entreprises menant des activités au niveau mondial soutiennent les droits de la personne et les droits des travailleurs et travailleuses, et agissent en conséquence” a déclaré Berthold Huber, président de IG Metall et président de IndustriALL Global Union. “Notre déclaration commune avec Siemens nous donne cette garantie”.

L’accord fait référence aux droits fondamentaux des travailleurs et travailleuses spécifiés dans les conventions internationales, les normes fondamentales du travail de l’Organisation internationale du Travail (OIT) et le Pacte mondial des Nations unies. Cela inclut, par exemple, l’abolition du travail forcé, l’interdiction de la discrimination et le principe d’une égalité de traitement, l’interdiction du travail des enfants et la fixation d’un âge minimum pour travailler, la liberté syndicale et la négociation collective.

Jyrki Raina, secrétaire général de IndustriALL Global Union, a déclaré: “L’accord avec Siemens est l’un des 40 accords conclus entre IndustriALL et des entreprises multinationales, pour fixer les normes que chaque entreprise est tenue de respecter envers ses salariés et les syndicats dans le monde entier”.

Lothar Adler, président du comité général d’entreprise de Siemens, a déclaré de son côté: “Nous sommes partisans de conditions d’emploi équitables dans le monde. L’accord met particulièrement l’accent sur les droits fondamentaux des salariés de Siemens. Pour nous, les personnes passent avant les bénéfices. La signature de cet accord donne la possibilité de continuer à observer dans la pratique le droit de participer pour des conditions de travail équitables”.

Dans un communiqué de presse, Peter Löscher, directeur général de Siemens, a affirmé que cet accord est le résultat de la prise de conscience par Siemens AG de ses responsabilités envers son personnel, et montre les rapports de confiance entre l’entreprise, le comité d’entreprise et le syndicat.

Le texte de l’accord-cadre international en allemand et en anglais se trouve sur le site de IndustriALL Global Union.