Amélioration des conditions de travail dans les ZFE aux Philippines

À la suite de la publication de Fair Games? sur la situation des droits de la personne des personnes employées dans les usines des fournisseurs des Jeux olympiques 2012 et un rapport sur les conditions de travail dans la zone, la réunion a permis une rencontre entre adidas, Brooks Running et New Balance et leurs principaux fournisseurs, Sintex corporation, le ministère du Travail et de l’Emploi, des syndicats et des ONG de défense des droits du travail.

Les interlocuteurs ont approuvé un Mémorandum de coopération sur la promotion de la liberté syndicale et de l’application intégrale de la législation et des normes du travail dans l’industrie de la confection. Dans l’accord, les parties s’engagent à travailler ensemble sur plusieurs questions, notamment sur l’emploi précaire, le manque d’une véritable représentation des salariés, la faible prise de conscience des droits des travailleurs et travailleuses, les salaires et l’insuffisance de mécanismes de traitement des différends.

Parlant au nom du ministère du Travail et de l’Emploi, la directrice régionale adjointe Lilia Estellore a salué l’initiative en ces termes: “DOLE agit en partenariat avec les affiliés de IndustriALL, les marques et les fournisseurs … en signant le Mémorandum de coopération pour la poursuite du dialogue en vue de l’ouverture d’un calendrier sur le travail décent dans l’industrie des vêtements de sport”. Le ministère s’engage à faciliter le dialogue et propose de mentionner le taux d’engagement des fournisseurs sur la fiche de score qui indique leur niveau dans la région. 

La réunion des interlocuteurs a été précédée d’une réunion de médiation à la suite d’une plainte de la campagne Play Fair aux organisateurs de Jeux olympiques de Londres en 2012, concernant des infractions à leur code de viabilité d’approvisionnement dans les usines de la région. 

Play Fair est une campagne organisée par la CSI, IndustriALL, la campagne Vêtements propres et l’Internationale des travailleurs du bâtiment et du bois (IBB) visant à améliorer les conditions des travailleurs et travailleuses chargés de confectionner des vêtements de sport ou travaillant à la construction de sites pour de très grands évènements sportifs.

Justice pour les travailleurs coréens de Hyundai Kia Motors

Mercredi 22 août, le KMWU, affilié à IndustriALL Global Union, demande à la communauté syndicale internationale d’organiser des rassemblements et des actions revendicatives de soutien aux syndicats de Hyundai et de Kia Motors. IndustriALL demande aux affiliés de soutenir cet appel des travailleurs et travailleuses de l’automobile en Corée, d’organiser des rassemblements et de communiquer des informations et des photos sur les actions entreprises à: http://kmwu-kctu.tumblr.com.

Depuis juillet 2012, les travailleurs et travailleuses ont fait plusieurs grèves en Corée pour exiger que l’entreprise augmente les salaires mensuels de 151.696 won (134 USD) et affecte 30 pour cent du bénéfice net de l’entreprise au mécanisme de primes basé sur le rendement. 

Le syndicat demande de transformer les contrats d’emploi précaire en emplois permanents, alors que jusqu’à maintenant, l’entreprise offre des contrats graduellement permanents à seulement 3.000 travailleurs et travailleuses d’ici 2015 sur les 8.000 personnes internes à l’entreprise, employées actuellement en sous-traitance. Au début de cette année, la Cour suprême de Corée a statué en faveur d’une travailleur en sous-traitance de Hyundai Motor, dans un procès engagé en 2005, en décidant que le travailleur devait bénéficier d’un statut de salarié permanent, établissant ainsi un précédent pour un changement de pratique dans l’industrie automobile coréenne qui utilise actuellement, sur une grande échelle, une main-d’œuvre en sous-traitance pour soutirer de plus gros bénéfices.

Le KMWU insiste également pour obtenir la suppression du travail posté de nuit, en remplaçant le système actuel des équipes de dix heures par des horaires plus courts, uniquement de jour, permettant ainsi à tous les travailleurs et travailleuses de quitter les chaînes de production au plus tard à minuit. Le travail de nuit et la durée excessive du travail imposée par le système actuel de travail en équipe est la cause de troubles graves du sommeil et même de décès causés par un surmenage au travail, connu en Corée du nom de “gwarosa”.

Hyundai et Kia forment ensemble, par leurs ventes, le cinquième plus grand constructeur automobile au monde. Les deux entreprises ont enregistré de fortes ventes au premier semestre de cette année, Hyundai parvenant à obtenir une hausse de 11,5 pour cent des ventes depuis l’année dernière et Kia célébrant un bond de 12 pour cent au premier semestre de cette année par rapport à la même période de l’année dernière. Hyundai contrôle 34 pour cent de Kia Motors.

 

IndustriALL condamne les tueries sauvages à la mine de Lonmin en Afrique du Sud

IndustriALL se joint à NUM pour demander le retour au calme à la mine de Marikana, située à une centaine de kilomètres au nord-ouest de Johannesburg, et exiger une enquête complète et approfondie des organes chargés de l’application de la loi, pour obtenir l’arrestation et le jugement des responsables. Les tirs ont eu lieu dans le camp de squatters de Wonderkop travaillant à la mine, après l’échec de la police qui tentait de disperser les foules de manifestants avec des gaz lacrymogènes et des canons à eau. Il appartient maintenant à Lonmin, la société britannique propriétaire de la mine, d’assurer un retour au calme et de rétablir la sécurité pour que les mineurs puissent reprendre le travail.

La responsabilité et la raison du conflit, qui avait déjà causé la mort de 10 personnes tuées auparavant, trouvent leurs racines dans la décision de l’employeur de mener une attaque avec un personnel insuffisant en nombre contre le NUM et la structure de négociation établie, sans passer par les canaux appropriés, en faisant unilatéralement une offre aux opérateurs chargés de l’abattage de la roche au marteau-piqueur.

Aujourd’hui, le secrétaire général de NUM, Frans Baleni, et une délégation de NUM se rendent à la mine avec la ministre sud-africaine des ressources minérales, Susan Shabangu, pour présenter leurs condoléances aux familles des travailleurs décédés, et pour mieux comprendre les raisons de la tragédie. Le président de NUM, Senzeni Zokwana, également vice-président de IndustriALL, qui est présent à la mine pour lancer un appel au calme, a affirmé que “les personnes chargées de l’abattage au marteau-piqueur sont toujours vulnérable aux arnaqueurs qui visent l’industrie du platine à Limpopo et dans le Nord-Ouest”. En mentionnant la syndicat rival, il dit que “ces types se sont déguisés en syndicat pour promettre 12.500 rands – ce qui, affirme catégoriquement le NUM, est irréalisable pour ceux chargés de l’abattage au marteau-piqueur”.

Lonmin a suivi l’exemple de la mine de platine Impala Platinum, où il y a eu cette année une augmentation du nombre de menaces et d’actes de violence. À Lonmin comme à Impala, NUM est harcelé par la direction qui cherche à le fragiliser en accordant la préférence à des syndicats jaunes et des travailleurs non syndiqués. Un facteur important qui a contribué à cette situation est l’absence d’une structure de négociation centralisée à la Chambre des mines pour l’industrie minière du platine, comme cela existe pour l’extraction de la houille et de l’or. L’Afrique du Sud est le plus grand producteur de platine.

IndustriALL Global Union présente ses plus sincères condoléances aux familles et aux camarades des personnes tuées, et se joint à NUM pour demander aux travailleurs de rester unis face aux tentatives de la direction de diviser pour régner. IndustriALL condamne les tactiques employées par la direction locale de Lonmin qui sont la cause première de cette tragédie.  IndustriALL demande également à la Chambre des mines d’examiner la nécessité d’une négociation centralisée dans l’industrie du platine pour empêcher les entreprises de porter atteinte aux droits syndicaux, et de fermer l’espace qui permet de telles actions destructive unilatérales que les travailleurs ont payé de leur vie.

IndustriALL et NUM demandent que les familles des personnes décédées soient indemnisées comme ce serait le cas s’ils étaient morts en service, et que tous les travailleurs obtiennent un salaire complet pour toute la période d’arrêt de travail, du fait que l’entreprise ne pouvait pas leur fournir les moyens de transport et la sécurité pour travailler.

“NUM se tient toujours au coude à coude avec les syndicats du monde entier quand un travailleur est tué, sous leur mot d’ordre “un préjudice à l’un est un préjudice à tous”. Des messages de condoléances et de solidarité parviennent actuellement à NUM de toutes les régions”, a affirmé Kemal Özkan, secrétaire général adjoint de IndustriALL.

IndustriALL porte devant l’OIT la suspension de facto du droit de négocier en Turquie

Selon la législation nationale turque, un certificat de compétence délivré par le ministère du Travail et de la Sécurité sociale permet d’entamer le processus de négociation collective. Depuis le début de 2012, le ministère n’a délivré aucun certificat de compétence à aucun syndicat, notamment aux affiliés de IndustriALL Global Union, ce qui empêche de facto les travailleurs et travailleuses d’exercer leur droit à la négociation collective. De par cette décision administrative arbitraire et illégale, le droit à la négociation collective est de facto suspendu, contrairement aux dispositions de la convention 98 de l’OIT, de la constitution turque, des accords collectifs dans le travail et de la loi sur la grève et le lock-out, code 2822.

Il a été signalé que le certificat de compétence n’a pas été attribué sur 950 lieux de travail pour couvrir 350.000 travailleurs et travailleuses. Ils seront de toute évidence encore plus nombreux si cette situation continue. La plainte officielle de IndustriALL Global Union contient plusieurs exemples communiqués par ses affiliés turcs. Les travailleurs/euses et les syndicats ne peuvent pas négocier pour les salaires, les prestations sociales et autres conditions de travail, ce qui les rend vulnérables à la défense et l’amélioration des droits et des intérêts par un processus de négociation collective.

Actuellement, la suspension de facto du droit de négociation collective en Turquie rend les travailleurs et travailleuses incapables de profiter de leur droit fondamental de liberté d’association. Le fait que les syndicats se trouvent dans l’impossibilité d’assurer un service et une protection à leurs membres sur les lieux de travail nouvellement syndicalisés, amène les travailleurs et travailleuses à beaucoup hésiter à se syndiquer car ils peuvent avoir à faire face à des mises à pied et des intimidations toute sorte dans le travail. Un certain nombre de cas semblables dans divers secteurs ont été signalés par des affiliés turcs de IndustriALL Global Union. La plainte officielle se rapporte principalement à deux cas récents en Turquie, Togo Ayakkabı avec Deri-Is et Ceha Büro Mobilyaları avec Birlesik Metal-Is.

La situation actuelle pourrait également présenter des difficultés aux syndicats turcs pour la collecte des cotisations et la désignation des représentants syndicaux au niveau de l’atelier. La législation turque stipule “qu’un syndicat qui est partie prenante dans une convention collective en vigueur ou un syndicat ouvrier qui a obtenu le certificat de compétence lui permettant de négocier, peut collecter des cotisations et désigner des syndicalistes au niveau local. La situation actuelle pourrait, à terme, détruire les syndicats financièrement et structurellement.

La plainte de IndustriALL Global Union demande formellement à l’OIT de réaliser de toute urgence une étude, de tirer des conclusions et de faire des recommandations concernant les infractions du gouvernement turc à la convention 98 afin de rétablir le plein exercice du droit à la négociation collective.

Kemal Özkan, secrétaire général adjoint de IndustriALL Global Union, lui même d’origine turque, a déclaré: “Alors que nous attendons une amélioration de la législation turque du travail pour obtenir d’avantage de liberté et un élargissement des droits, cette suspension de facto du droit à la négociation a réduit la portée de l’activité syndicale. Comme le ministère ne réagit pas à nos pétitions, la plainte à l’OIT devient un important recours pour restituer une image actuellement inacceptable”.

Carbones de la Jagua et Fenoco suspendent des contrats d’emploi

Le complexe minier de Carbones de La Jagua, exploité par Prodeco, filiale de la société transnationale suisse Glencore, et la compagnie ferroviaire Fenoco, propriété de Drummond, ont commencé à licencier des membres de leur personnel en grève depuis la mi-juillet.

Le syndicat ouvrier, Sintramienergetica, signale que plus de 20.000 travailleurs et travailleuses participent au conflit. “L’attitude des employeurs est absurde. Ces transnationales essayent de briser des grèves légitimes des salariés de Fenoco et Glencore chez Carbones de la Jagua dans les municipalités de La Jagua et de El Paso”, affirme le syndicat.

Le syndicat ajoute que “Fenoco et Carbones de la Jagua refusent de rechercher une solution négociée à la grève. Les entreprises cherchent, au contraire, à usurper le rôle de organisations ouvrières et enfreindre la liberté syndicale en convoquant des réunions de masse pour faire pression sur les travailleurs et travailleuses et soumettre le litige à un Conseil d’arbitrage. Elles tentent de créer des divisions au sein du syndicat, se soustraient à leurs responsabilités et enfreignent les droits juridiques et constitutionnels des travailleurs et travailleuses et du grand public”.

Les grèves ont commencé le 19 juillet à Carbones de la Jagua et le 22 juillet à Fenoco, après que Glencore, Drummond, Vale et les autres actionnaires transnationaux de Carbones de la Jagua et de Fenoco eurent repoussés les revendications des travailleurs et travailleuses.

Le syndicat demande au gouvernement colombien de mettre un terme aux infractions aux droits des travailleurs/euses et des citoyen(ne)s de Colombie par ces sociétés transnationales, et de garantir le droit constitutionnel de faire grève. Le syndicat demande également au gouvernement de s’assurer que les entreprises se conforment aux normes internationales et aux termes du programme d’action sur le travail qui constituent une partie des accords de libre échange signés par la Colombie.

De même, il demande instamment au gouvernement, aux sénateurs, aux députés, aux maires, aux gouverneurs et aux conseils municipaux de parler franchement et d’empêcher les entreprises de commettre ces infractions brutales aux droits dans leurs départements et leurs municipalités.

Il a demandé à l’Organisation internationale du Travail de publier rapidement une déclaration vigoureuse sur ces infractions, et aux syndicats et organisations de défense des doits de la personne d’exprimer leur solidarité.

IndustriALL Global Union a écrit une lettre de soutien au syndicat dès le début de la grève, dans laquelle il exprimait sa solidarité avec le “juste combat contre l’entreprise multinationale Glencore, connue dans le monde entier pour ses politiques anti-ouvrières”. IndustriALL exprime à nouveau sa solidarité dans le cadre de la dernière action entreprise contre les travailleurs et travailleuses. 

IndustriALL envisage de poursuivre la campagne contre la fusion entre Glencore et Xstrata en raison de l’attitude antisyndicale poursuivie par l’entreprise dans le monde.

 

Les travailleurs mis à pied chez ZESA ont besoin de solidarité

Le syndicat des électriciens du Zimbabwe (ZEWU) a affirmé que le report relevait d’une tentative de rendre la situation insupportable pour les personnes mises à pied et de les affamer pour qu’elles se résignent. Lors d’une réunion entre le syndicat et ZESA qui a eu lieu le vendredi 3 août, l’entreprise a tenté d’obtenir la réintégration des personnes suspendues en échange de l’abandon par les travailleurs et travailleuses de l’augmentation salariale obtenue par décision d’arbitrage. Cela équivaudrait à un chantage économique et une tentative d’intimider les salariés pour qu’ils concèdent d’abandonner leurs gains légitimes.  

Même en bénéficiant de la hausse salariale, les travailleurs et travailleuses auraient le coefficient salarial le plus faible qui leur donnerait droit à une augmentation de 190 à 275 USD et les placerait encore bien en dessous du seuil de pauvreté. Le seuil de pauvreté est calculé par le Conseil des consommateurs du Zimbabwe qui détermine le montant nécessaire pour qu’une personne ait des moyens d’existence raisonnables; il se montait à 520 USD en 2011.

La présidente du syndicat des travailleurs de l’énergie du Zimbabwe (ZEWU), Angeline Chitambo, se trouve avec deux autres responsables du syndicat, Tariro Shumba et Dennis Mukote, parmi les personnes suspendues. Les accusations portées contre les trois responsables sont différentes des charges qui pèsent contre autres travailleurs et travailleuses, en ce sens qu’ils sont coupables d’avoir accompli leur devoir de responsables syndicaux. L’audience concernant Angeline Chitambo, qui est également membre du Comité exécutif de IndustriALL, a été reportée au 28 août.  

ZESA fait également pression sur les travailleurs et travailleuses et sur leur syndicat en engageant une procédure judiciaire. L’entreprise publique a fait une requête en justice pour chercher une dérogation contre les 132 personnes qu’elle a suspendues, et qui a donné lieu à une injonction du tribunal aux travailleurs et travailleuses leur demandant de comparaître pour donner les raisons pour lesquelles le tribunal ne devrait pas engager d’action à leur encontre. En outre, ZESA demande un arbitrage de la Haute Cour en raison du manque d’impartialité de l’arbitre qui a favorisé le syndicat.

Le secrétaire général de IndustriALL, Jyrki Raina, a envoyé une lettre à ZESA dans laquelle il demande la réintégration de toutes les personnes suspendues et l’application de l’accord de négociation. Il a soulevé également la question auprès de l’ambassade du Zimbabwe à Genève. Il faut obtenir de toute urgence un soutien plus important. IndustriALL demande aux affiliés d’exprimer leur soutien solidaire aux personnes suspendues et à leur syndicat. Les affiliés ont à leur disposition un modèle de lettre à envoyer à l’entreprise ZESA en vue d’exercer une pression supplémentaire. 

La grève chez Evraz prend fin par un règlement avantageux

Les 2.000 grévistes, qui protestaient contre des réductions de personnel s’appliquant à plus de 500 travailleurs et travailleuses, et aux baisses salariales liées à mise en œuvre d’un nouveau système de travail posté qui affectait le paiement des heures supplémentaires, ont repris le travail le 13 août 2012.

Les salariés touchés par le nouveau système de travail posté percevront maintenant une hausse salariale de 7,5 pour cent et un versement forfaitaire de 15.000 rands pour atténuer la perte du paiement des heures supplémentaires. Les membres du personnel licenciés qui n’ont pas accepté l’indemnité de départ volontaire seront réintégrés et toucheront les salaires non payés.

Notre persévérance a été payante,

a déclaré un délégué syndical de NUMSA à Evraz.

Tout en n’ayant pas pu empêcher la mise en place du nouveau système de travail posté, NUMSA nous a donné l’exemple d’un bon leadership qui a permis de s’assurer que les travailleurs et travailleuses pouvaient s’adapter au nouveau système sans perdre leur emploi.  

 

Le conflit chez Merck Serono, Suisse, prend fin avec un Plan social

Le protocole d’entente a été obtenu lors des négociations entre les représentants du personnel, UNIA, et la direction du géant de la pharmacie, sous la médiation des autorités de Genève. La décision regrettable de fermer les sites de Genève et de Coisins n’a pas été annulée, mais les efforts soutenus et déterminés des travailleurs et travailleuses à partir du 27 avril et durant tout l’été ont permis, tout au moins, de parvenir à un règlement concret pour les 1.500 salariés qui ont perdu leur emploi. Les travailleurs et travailleuses avaient repris la grève la semaine dernière quand Merck Serono a refusé d’améliorer le plan social, et ce, à l’occasion d’une des campagnes revendicatives les plus importantes en Suisse de ces derniers temps.

Deux autres objectifs des négociateurs du personnel portaient sur une réembauche dans un nouvel institut de biotechnologie sur le site de Genève, et sur des efforts pour faire prendre conscience de la nécessité de changer la législation du travail en Suisse. Les salariés de Merck Serono ont obtenu un grand soutien de la communauté locale grâce, entre autres, à une campagne originale. Le projet de création d’un institut de biotechnologie est maintenant repris par les autorités au niveau local et national, et pourrait sauver des centaines d’emplois et des qualifications considérables dans la ville.

Des gains importants ont été notamment réalisés qui ont permis le départ en préretraite, dans de bonnes conditions, des salariés les plus âgés. Les indemnités minimums de licenciement ont été augmentées. Un fonds spécial a été créé pour indemniser le personnel temporaire et en sous-traitance. Les membres du personnel ont été dispensés de travail pendant un mois pour pouvoir chercher un nouvel emploi. Merck Serono s’est engagé à soutenir, sous certaines conditions, la création d’un institut de biotechnologie. Le plan social convenu comporte l’absence de toutes représailles contre les représentant(e)s des travailleurs et travailleuses par la direction.

UNIA donne maintenant la priorité au combat pour sauver des emplois dans la fabrication industrielle en Suisse. Les salariés de Merck Serono, qui ont voté lors de leur assemblée générale en faveur de l’approbation du protocole d’entente, ont dénoncé la faiblesse du cadre juridique pour la protection des travailleurs et travailleuses confrontés à un licenciement. L’assemblée générale a demandé la création d’un nouveau comité national multipartenaires chargé de revoir la législation nationale. UNIA a prévu d’organiser, le 22 septembre, une grande manifestation dans la capitale Berne en faveur d’un puissante industrie dans le pays.

Kemal Özkan, secrétaire général adjoint de IndustriALL Global Union a déclaré: “Nous félicitons notre affilié UNIA et les salariés de Merck Serono pour leur combat décisif et leur campagne pour protéger leurs emplois. C’est ce que nous devons faire à l’échelle mondiale du fait que toutes les multinationales pharmaceutiques prévoient, plus ou moins, de réduire fortement les emplois au moment où elles réalisent des bénéfices énormes”.

Voir le précédent rapport de IndustriALL ici.

IndustriALL veut une élection équitable respectant la légalité chez PKC au Mexique

IndustriALL Global Union a écrit à Matti Hyytiäinen, président du groupe PKC, au sujet du conflit dans son usine à Ciudad Acuña, Mexique.

Le syndicat national des mineurs et des métallurgistes (SNTMMSSRM), dirigé par Napoleón Gómez, a intenté une action en justice pour obtenir le droit de négocier la convention collective avec Arneses y Accesorios de México, une filiale de PKC à Ciudad Acuña, Mexique. Le Conseil fédéral de conciliation et d’arbitrage a rejeté cette demande. Toutefois, le 4 juillet 2012, la première tournée de la neuvième cour collégiale itinérante du travail a accepté un appel interjeté par le SNTMMSSRM et ordonné au Conseil de conciliation et d’arbitrage de prendre les dispositions nécessaires. Le conseil a alors demandé la tenue d’une élection pour déterminer quel syndicat allait représenter les travailleurs et travailleuses.

Le Conseil de conciliation et d’arbitrage a prévu une audience le 31 août pour décider de la date, de l’heure et de l’emplacement, et établir une liste des personnes répondant aux critères de vote. Les élections pourraient avoir lieu en septembre. IndustriALL demande des élections libres, équitables et transparentes, et pour l’employeur de conserver une position neutre du fait que ce sont les salariés qui ont seuls le droit d’élire leurs représentants syndicaux.

Au cours de réunions organisées par l’entreprise depuis le 16 juillet, les salariés ont appris qu’une élection aura lieu en septembre.  Au dire des salariés, l’entreprise a annoncé que la confédération mexicaine des travailleurs (Confederación de Trabajadores de México, CTM) se tient maintenant aux côtés des salariés et n’est pas là pour protéger l’entreprise. Les salariés déclarent ressentir une pression et des menaces de plus en plus fortes des cadres de l’entreprise.

IndustriALL dit que ces actions montrent clairement que l’entreprise intervient dans le processus électoral et cherche à le contrôler, et ce, en infraction aux conventions 87 et 98 de l’OIT. IndustriALL demande à l’entreprise de changer d’attitude et de suivre des procédures garantissant une élection équitable dans le respect de la légalité.

 

Des travailleurs colombiens licenciés par GM font une grève de la faim

Le 1er août, des travailleurs licenciés par General Motors ont commencé une grève de la faim. Ils ont décidé d’avoir leurs lèvres cousues jusqu’à ce que l’entreprise, l’ambassadeur des États-Unis et le gouvernement tiennent compte de leurs justes revendications. Les travailleurs, qui sont membres de l’Association des travailleurs accidentés et des ex-travailleurs de General Motors en Colombie (ASOTRECOL), protestent depuis un an contre la pratique en vigueur chez General Motors de licencier systématiquement et sans indemnisation tous les salariés dont la santé physique se détériore en raison d’une maladie professionnelle.

Il y a trois ans, General Motors-GM-Colmotores Chevrolet a licencié environ 200 travailleurs qui souffraient d’une maladie professionnelle ou qui avaient été victimes d’un accident du travail. Ces lésions professionnelles incluent le syndrome du canal carpien, causé par certains mouvements répétitifs, et une hernie discale à la colonne cérébrale causée par le levage et le maniement continuels de lourdes machineries.

Cette année, les travailleurs ont campé devant l’ambassade des États-Unis à Bogota pour faire pression et obtenir le respect des stipulations du plan d’action du travail contenu dans l’accord de libre-échange entre les deux pays. Les travailleurs ont décidé de faire une grève de la faim en raison d’un manque de réponse des gouvernements de Colombie et des États-Unis.

Le 6 août, grâce à une pression politique du Congrès américain, des représentants du gouvernement colombien, de l’OIT, de General Motors, d’ASOTRECOL et de centrales syndicales se sont réunis pour examiner le différend. Il n’en est toutefois rien sorti parce que les responsables de GM se sont retirés de la réunion quand les travailleurs ont soulevé la question de leurs lésions professionnelles, qui avaient été confirmées par des enquêtes menées par les services du procureur général.

Les travailleurs font appel à la solidarité nationale et internationale, et demandent une solution immédiate au conflit par les gouvernements de Colombie et des États-Unis et par GM.

IndustriALL Global Union se tient solidaire des travailleurs licenciés par GM, qui sont tous en mauvaise santé, et demande à ses affilés de soutenir cette lutte.

Les grévistes ont dit à la presse locale que même si le gouvernement américain exige le respect des droits des travailleurs en Colombie au regard de l’accord de libre-échange, l’entreprise continue d’enfreindre les droits des travailleurs en Colombie.