Colombie: Cepcolsa et Termotécnica refusent de négocier avec USO

Le syndicat colombien des travailleurs de l’industrie pétrolière (Unión Sindical Obrera, USO), affilié à IndustriALL Global Union, a dénoncé les pratiques antisyndicales et les infractions aux conventions 87 et 98 de l’OIT au cours des négociations menées au nom des travailleurs et travailleuses sous contrat à durée déterminée chez Termotécnica Coindustrial S.A. et prestataires de services pour Cepcolsa, une filiale de CEPSA España et partenaire de ECOPETROL S.A.

Les deux entreprises refusent de discuter du cahier de revendications avec l’USO. Le syndicat a dénoncé les entreprises auprès du ministère du Travail et des autres organisations de l’industrie pétrolière, et déclaré vouloir entreprendre une action contre les deux entreprises, qui ont maltraité pendant longtemps leurs travailleurs et travailleuses.

Le différend remonte à juin 2011 avec la grève du personnel employé sous contrat à durée déterminée par Montajes JM et travaillant chez Cepcolsa. Les deux entreprises ont refusé de négocier et l’entrepreneur a résilié le contrat. Un an plus tard, les salariés de Termotécnica chez Cepcolsa se sont mis en grève. L’issue du conflit n’a pas été bonne en raison de conditions inégales pour la tenue des négociations. Sans compter les mauvais traitements imposés aux travailleurs et travailleuses par les dirigeants des entreprises qui ne se conformaient pas à un accord passé précédemment.

Dans ce contexte, les salariés de Termotécnica chez Cepcolsa ont déclaré siéger en assemblée permanente le 13 août de cette année. Ils demandent à l’entreprise de remplir ses obligations et d’examiner leurs plaintes justifiées. Face à l’intransigeance de l’entreprise, les travailleurs et travailleuses se sont adressés à l’USO en lui demandant de négocier en leur nom à partir du 14 août.

Le 27 août, le ministère du Travail a convoqué une réunion de représentants des deux entreprises, de l’USO, du conseil municipal et des salariés pour examiner la situation. Cependant, cette tentative de médiation n’a pas réussi car les entreprises ont insisté pour ne pas négocier avec l’USO et vouloir négocier uniquement et directement avec les salariés sur ce que ces derniers considéraient comme leur cahier de revendications.

L’USO déclare de son côté que le refus des entreprises de négocier avec le syndicat constitue une infraction au droit fondamental spécifié aux articles 38 et 39 de la constitution du pays et dans les conventions de l’OIT. Le syndicat a engagé une action en justice, présenté une plainte formelle, tant au ministère du Travail qu’auprès des services du procureur général, basée sur le fait que les entreprises ont enfreint l’article 200 du Code pénal. Finalement, l’USO en appelle à l’entière communauté, à la classe ouvrière, à la paysannerie, aux peuples indigènes, aux personnes sans emploi et à tous les mouvements nationaux et internationaux, pour obtenir une réponse positive aux revendications justifiées des travailleurs et travailleuses.

IndustriALL Global Union offre sa solidarité aux travailleurs et travailleuses sous contrat à durée déterminée qui revendiquent une amélioration de leurs conditions de travail, et soutient l’USO, un syndicat qui cherche à promouvoir le bien-être des travailleurs et travailleuses en les aidant à lutter contre l’emploi précaire en Colombie.

Les syndicats se battent pour la démocratie au Swaziland

La tension est montée tout au long de la semaine et les organisateurs ont annulé la principale action revendicative prévue pour le vendredi, pour ne pas mettre en danger les manifestant(e)s après que les forces de sécurité eurent annoncé être prêtes à réprimer l’action.

Toutefois, des manifestations ont eu lieu au Swaziland, mais les participant(e)s ont dû faire face à la brutalité de la police qui a procédé à des tabassages et des arrestations. D’autres actions ont été empêchées par la police qui a détourné des bus et des cars, et les personnes qui s’étaient rassemblées ont fait l’objet de menaces, accompagnées de quelques arrestations.

“Il n’est pas question d’abandonner”, a déclaré Frank Mcina, secrétaire général de la fédération des syndicats du Swaziland, qui exprimait ainsi un engagement au combat pour la démocratie et les droits de la personne, partagé par la majorité des syndicats au Swaziland.

“Nous continuerons à faire pression jusqu’à ce que le régime reconnaisse le droit de s’exprimer à la population, et nous retrouverons nos droits, notamment le droit fondamental de la liberté syndicale dans le travail”, a ajouté Mcina.

Après près de 40 ans d’état d’urgence, le Swaziland, qui est l’une des dernières monarchies absolues au monde, connaît une crise économique qui va en s’aggravant et pousse la plupart des habitant(e)s du pays dans une pauvreté absolue.

Pendant ce temps, la famille royale continue de dépenser sans compter et la Campagne pour la démocratie au Swaziland accuse le roi Mswati III de se livrer au pillage de l’économie. Mswati maintient le contrôle par un régime d’oppression où les partis politiques sont interdits et les militant(e)s régulièrement arrêtés, emprisonnés et torturés. 

Le Congrès des syndicats du Swaziland (Tucoswa), récemment formé, qui assure l’unification de la main-d’œuvre syndiquée dans le pays, a subi les attaques du gouvernement qui cherche à radier son enregistrement.

IndustriALL Global Union a écrit au Premier ministre du Swaziland pour demander une réforme constitutionnelle et une démocratie pluripartite dans le pays, et exprimer son soutien à la semaine mondiale d’action au Swaziland.

“Nous accordons prioritairement notre soutien aux efforts entrepris, non seulement au Swaziland, mais aussi aux niveaux régional et international, et je vous assure que nous ne mettrons pas fin à nos efforts tant que les droits de la personne et les droits syndicaux ne seront pas respectés dans votre pays”, a écrit Jyrki Raina, secrétaire général de IndustriALL.

Prendre connaissance ici d’un rapport plus détaillé sur la semaine d’action au Swaziland.

Numsa poursuit la grève après le refus de Dunlop de céder

Les 300 membres de Numsa employés chez Dunlop à Howick, Kwa Zulu Natal, sont en grève depuis le 22 août à la suite du rejet de leur revendication concernant un accord de deux ans comportant une augmentation salariale de 10 pour cent la première année et de 9 pour cent l’année suivante. Les travailleurs et travailleuses demandent également une prime représentant deux semaines de travail et une indemnité de licenciement de deux semaines pour chaque année de travail effectif du salarié dans l’entreprise.

“Nous estimons réellement que ces revendications des travailleurs et travailleuses sont raisonnables et légitimes” déclare Mbuso Ngubane, secrétaire régional de Numsa dans le Kwa Zulu Natal, “Nous refusons que nos membres soient sujets à des salaires de famine et de misère”.

Les grévistes occupent des emplois permanents, mais il s’agit aussi de contractuels. Le nombre de ces derniers employés chez Dunlop par le biais de sociétés d’intérim est en augmentation, ce qui est un grand sujet d’inquiétude pour Numsa. “L’emploi d’un assez grand nombre de contractuels embauchés par des sociétés d’intérim continue de provoquer une détérioration des conditions d’emploi des salariés de Dunlop”, affirme Ngubane, “ce qui va nous amener à nous battre pour obtenir des conditions d’emploi permanent aux intérimaires”.

Dunlop a répondu à la grève par le recrutement de briseurs de grève et a refusé de reprendre les négociations. L’entreprise a également recours à une société privée de gardiennage fortement armée. Numsa affirme qu’il s’agit d’une tactique d’intimidation et d’une menace dirigée contre les grévistes.

Depuis les incidents qui ont eu lieu à Lonmin où la police a ouvert le feu et tué 34 grévistes, les forces de police ont beaucoup renforcé leur présence pour faire face à la grève, ce que Numsa décrit comme une exagération et une provocation à un moment où les relations de travail sont très tendues en Afrique du Sud.

Ngubane parle des souvenirs que cette situation évoque: “Ce nouveau déploiement de forces de police est en aucune façon différent des expériences passées du temps de l’apartheid quand la police était employée de manière irresponsable pour protéger les intérêts capitalistes des patrons”. Il estime que la réaction de la police est injustifiée car la grève se caractérise par un haut degré de discipline et de maturité de la part des travailleurs et travailleuses. 

Le réseau syndical Alcoa soutient le combat des travailleurs italiens contre la fermeture d’une usine

Malgré l’annonce de la décision de fermer l’usine exprimée cette année par Alcoa, et son intention de commencer à fermer certaines parties de l’usine, les syndicats ont réussi à bloquer temporairement cette décision et à chercher des solutions autres que la fermeture. La dernière en date portait sur la recherche d’un acheteur potentiel pour l’activité de l’usine, et des pourparlers ont eu lieu avec l’entreprise suisse Glencore. Ces efforts ont permis à Alcoa de promettre de garder toute la main-d’œuvre jusqu’à la fin de l’année.

Tout espoir n’est donc pas perdu pour l’usine, et les tentatives en Italie de ne pas fermer l’usine font suite à des situations identiques dans d’autre parties de l’Europe. Les syndicats au Royaume-Uni ont réussi à garder une usine ouverte dans le Teesside malgré une menace de fermeture de ses propriétaires, le groupe TATA Steel. Les syndicats britanniques avaient surveillé la vente à SSI en Thaïlande et les activités se poursuivent maintenant. En Italie, les syndicats espèrent pouvoir présenter également une offre de sauvetage qui permettra à l’usine de ne pas fermer.

La situation à Portovesme est surveillée de près par le réseau syndical mondial de Alcoa, et les syndicats qui composent le réseau se sont engagés à soutenir les travailleurs et travailleuses d’Italie dans leur combat. Le prix très élevé de l’énergie a été l’un des principaux facteurs en faveur de la fermeture, le coût de la main-d’œuvre représentant seulement une part faible du total des coûts fixes.

Confronté à une situation identique en Australie, le syndicat australien des travailleurs (AWU) a mené une campagne vigoureuse pour empêcher la fermeture du haut-fourneau Point Henry et a réussi à monter un plan de sauvetage de 42 millions (AUD) qui a permis de sauver l’usine.

Liam O’Brien, organisateur national de l’AWU a déclaré: “En ces temps difficiles pour les travailleurs et travailleuses dans l’industrie de l’aluminium, il est essentiel que les gouvernements mettent en place le soutien nécessaire pour assurer l’avenir de l’industrie, et optent pour de solides politiques industrielles capables de soutenir l’emploi”.

Le plus grand syndicat chez Alcoa, United Steelworkers (USW), s’est également engagé à soutenir les syndicats italiens dans leurs luttes. Jim Robinson, directeur du district 7 de l’USW, a déclaré: “Nous suivons de près la situation chez Alcoa en Italie et nous soutenons les efforts entrepris par les syndicats pour assurer la poursuite de l’activité dans l’usine. Notre syndicat et nos membres chez Alcoa restent solidaires du combat mené par ces travailleurs et travailleuses”.

Alcoa mène des activités dans 31 pays et son siège opérationnel est situé à Pittsburgh, Pennsylvanie. Le réseau de IndustriALL Global Union a élaboré une stratégie portant sur l’organisation d’une réunion la veille de l’assemblée générale des actionnaires de l’entreprise.

Victoire historique pour la liberté syndicale au Myanmar

Le secrétaire général de IndustriALL, Jyrki Raina, a déclaré aujourd’hui:

Le retour du camarade Maung à Rangoon est un moment d’émotion et une avancée pour le mouvement syndical tout entier. Nos camarades du Myanmar peuvent compter sur le soutien de IndustriALL Global Union au moment où ils relancent le processus de justice sociale et de syndicalisation dans leur pays. Nous saluons toutes les personnes qui ont lutté durant cette campagne courageuse et finalement victorieuse.

Tous les efforts vont maintenant être consacrés à obtenir la reconnaissance officielle de la FTUM, avec Maung Maung et d’autres syndicalistes comme dirigeants, soutenir l’élaboration d’une politique d’investissement nécessaire, la création de syndicats avec tous les obstacles encore présents pour la constitution et l’enregistrement des syndicats qui avaient disparu.

La suspension des sanctions contre le Myanmar par plusieurs pays a provoqué un retour massif d’entreprises internationales dans le pays. Le gouvernement du président Thein Sein, qui a remplacé la dure junte militaire en mars, a entamé quelques réformes menant à la démocratisation, notamment l’adoption de lois applicables sur le lieu de travail permettant la création de syndicats. Au cours des deux derniers mois, plus d’une centaine de syndicats au niveau de l’entreprise ont été enregistrés dans tous les secteurs, bien que les employeurs et les autorités continuent de harceler et d’intimider ces travailleurs et travailleuses.

La Confédération syndicale internationale (CSI) et le Conseil des syndicats mondiaux prévoient l’ouverture d’un bureau à Rangoon, et le bureau de l’OIT à Yangon propose l’établissement d’un centre juridique de recherche et de relations publiques dans la plus grande ville du Myanmar.

Maung Maung a retrouvé son épouse, son fils et son père qu’il n’avait pas vus durant ses 24 ans d’exil. Son retour fait suite à l’enlèvement, en août, de son nom sur la liste noire des services gouvernementaux de l’immigration avec ceux de 2.082 autres personnes qui avaient été fichées. Mais 4.083 autres noms sont toujours inscrits sur la liste noire.

Les principaux secteurs visés par IndustriALL pour une syndicalisation par la FTUM sont le secteur de la confection et le secteur des mines. Un syndicat de mineurs a été constitué récemment pour représenter 4.000 travailleurs des mines d’or avec comme priorité immédiate les défis présentés par une industrie minière responsable, la sécurité et la santé, et les exploitations minières artisanales.

Un exemple de la manière inflexible dont l’ancienne junte militaire traitait les activités syndicales a été donné en 2009 par l’arrestation de membres de la FTUB immédiatement à leur retour du 1er Congrès national de la FTUB. Les trois jours du Congrès de la FTUB avaient eu lieu dans une région frontalière à l’intérieur de la Birmanie, et le fait que ces courageux syndicalistes birmans avaient procédé à des débats démocratiques à l’intérieur d’une Birmanie hautement répressive est exemplaire.

Manfred Warda de IndustriALL agira en tant que coordonnateur du Conseil des syndicats mondiaux pour une action conjointe sur la Birmanie. La réunion de Warfa avec Maung Maung, prévue en octobre, a maintenant été transférée de Bangkok à Rangoon.

IndustriALL Global Union insiste pour obtenir un vote négatif à la fusion Glencore – Xstrata

IndustriALL Global Union s’est constamment opposé à la fusion prévue qui va à l’encontre des intérêts des salariés et de la société en général. 

Glen Mpufane, directeur de l’industrie minière et de la DGOJP à IndustriALL Global Union, a déclaré: “Les relations industrielles et le marché du travail à l’échelle mondiale dans les industries métallurgique et minière n’ont pas besoin d’une nouvelle entreprise multinationale minière de cette taille, dotée de ce pouvoir colossal, un nouveau monstre”.

La fusion prévue entre Glencore et Xstrata est suspendue à un vote déterminant le 7 septembre 2012. Les actionnaires de Xstrata semblent pouvoir faire capoter ce qui avait été considéré comme étant une bonne transaction avant que les fonds souverains du Qatar aient commencé à faire étalage de leur force après une prise de participation de 12 pour cent dans l’actionnariat de Xstrata. L’opposition aux fonds souverains du Qatar dans cette opération a comme résultat ce qui peut être considéré comme une transaction avec un ratio faussé. Glencore a offert 2,8 parts pour chaque action de Xstrata alors que le Qatar demande un ratio de 3,25.

Bien que Glencore possède 34 pour cent de Xstrata, l’entreprise ne peut pas voter en faveur de cette opération. La structure de cette transaction permet à 16,5 pour cent des actionnaires de bloquer la fusion, et le fonds souverain du Qatar a besoin de seulement 4 pour cent de soutien pour obtenir un blocage.

Le fonds Qatari espère pouvoir remettre à plus tard l’opération après que d’autres actionnaires en fonds propres de Xstrata comme Standard Life, Schroder, Norges Bank et Knight Vinke, recommandent un vote contre, si Glencore n’améliore pas le ratio.

Un autre point douloureux pour les actionnaires de Xstrata concerne les sommes énormes versées aux deux directeurs généraux, Ivan Glasenberg et Mick Davis, quelque 218 millions d’euros de paiement pour leur maintien dans l’entreprise en cas de fusion.

“La fusion prévue est une mauvaise nouvelle pour les mineurs du monde entier, et nous demandons instamment aux actionnaires de voter contre, peut-être pour des raisons de bienveillance, sinon pour le bien de l’intérêt qu’ils portent à leur participation, qui se trouvera compromise par les dégâts causés par la fusion et la réputation de Glencore”, a ajouté Mpufane.

Le manque de transparence, associé à Glencore en tant qu’entreprise privée menant jusqu’ici des opérations sur matières premières, et ses résultats exécrables sur toute la ligne en matière de sécurité et de décès par accident, sont préoccupantes. Selon Bloomberg, Glencore a signalé trois décès par tranche de 10.000 travailleurs en 2011, ce qui est plus du triple du taux de 0,8 chez Xstrata, le plus grand exportateur mondial de charbon thermique. En juin 2011, Reuters a signalé que la banque européenne d’investissement avait gelé tous les nouveaux prêts à l’entreprise de courtage sur matières premières Glencore et ses filiales, en raison de graves préoccupations concernant sa gestion d’entreprise et des conséquences sur l’environnement. En mai 2012, lors de la première assemblée générale de l’entreprise en tant que société anonyme avec appel public à l’épargne, Global Witness a publié un rapport accusant Glencore de transactions potentiellement corrompues en république démocratique du Congo.

“Dans l’hypothèse où cette transaction aurait lieu, IndustriALL Global Union et ses 50 millions de membres dans 140 pays se tiennent prêts à engager coude à coude la lutte contre le nouveau monstre”, a déclaré Mpufane.

Les travailleurs coréens réalisent une percée avec la signature d’un accord chez Hyundai

Les 44.000 membres du syndicat chez Hyundai ont voté à 53 pour cent en faveur de l'accord après des mois de lutte du syndicat, et notamment des grèves partielles depuis juillet.

L’accord constitue une victoire importante pour les travailleurs et travailleuses. Il a également permis de mettre fin au travail posté de nuit, dès l’année prochaine à partir de mars. Selon l’accord nouvellement conclu, les équipes postées de nuit qui commencent à 21 heures et terminent à 8 heures seront remplacées par deux équipes postées de jour, la dernière finissant à 1 heure 10.

Le travail de nuit qui s’accompagnait d’une durée excessive du travail – la plus longue de tous les pays de l’OCDE, a provoqué chez beaucoup de travailleurs des troubles musculo-squelettiques, une fatigue chronique, des troubles du sommeil et une médiocre vie familiale.

On estime à un million le nombre de travailleurs et travailleuses travaillant de nuit en Corée, et Hyundai est le premier constructeur coréen de voitures à abolir le travail de nuit. On estime que cette décision exercera une influence sur la situation dans toute l’industrie, notamment chez Kia Motors où une grève a été déclenchée par le KMWU pour soutenir la signature d’un accord identique.

Après avoir conclu cet accord salarial, le KMWU va maintenant continuer à se battre pour que l’entreprise accorde des emplois permanents aux 13.000 contractuels.

Stop à l’emploi précaire le 7 octobre

Les emplois stables se font de plus en plus rares, alors que les emplois intérimaires, contractuels et temporaires prennent le dessus. Il est pratiquement impossible pour des jeunes d’emprunter une autre voie – les seuls emplois sur le marché n’offrent aucune sécurité. 

Les syndicats s’opposent à cette tendance en syndiquant les travailleurs et travailleuses précaires, en combattant les lois qui permettent le développement de l’emploi précaire et en se mobilisant pour soutenir les emplois stables offrant un bon salaire et de bonnes conditions de travail.

IndustriALL Global Union vous invite à vous joindre à cette action, le 7 octobre, ou autour de cette date. Engagez une action dès maintenant, et

Il n’y a pas de limites aux formes d’action que vous et votre syndicat peuvent entreprendre à l’occasion de la journée du 7 octobre pour combattre l’emploi précaire dans le monde. Les actions peuvent porter sur des manifestations de rue, des séminaires, des réunions de membres, des conférences de presse, des meetings, des rassemblements, des actions sur les lieux de travail, des campagnes d’envoi de lettres et des rencontres de délégations avec des gouvernements.

IndustriALL a réalisé des affiches et des tracts prêts à être imprimés en plusieurs langues, lesquels se trouvent sur son site et peuvent être téléchargés ici: www.industriall-union.org/issues/social-justice-and-globalization/stop-precarious-work

N’oubliez pas de nous faire parvenir des photos et des rapports sur votre action dès qu’elle a eu lieu. Ces renseignements sont à envoyer à [email protected].

Bata attaque un syndicat indépendant au Mexique

Calzado Sandak, une usine Bata dans l’État de Tlaxcala situé à l’est du Mexique, a été fermée illégalement en juillet dernier sans en prévenir à l’avance son personnel, sans consultation du syndicat représentant les travailleurs et travailleuses de l’usine et sans rechercher l’autorisation préalable des autorités comme le prescrit la législation.

Pour protester, le syndicat indépendant dans l’usine – Sindicato de Único de Trabajadores de Calzado Sandak – qui est lié au Front authentique du travail, a lancé un appel à la grève.  Les travailleurs et travailleuses se sont rassemblés devant l’usine pendant plus d’un an pour empêcher le retrait des machines et pour exiger la réouverture de l’usine.

Le 20 août, après une décision d’un tribunal fédéral qui jugeait la grève ‘non existante’, un représentant de l’entreprise a pénétré dans l’usine avec un groupe de gardes chargés de la sécurité et a enlevé les scellés posés par les autorités locales. Quand les travailleurs et travailleuses se sont approchés, les gardes de sécurité les ont repoussés à coups de poing. Deux travailleuses ont dû être conduites à l’hôpital pour recevoir des soins.

L’entreprise soutient que la fermeture était due à l’insuffisance des commandes, mais ses actions entreprises après coup sont d’un autre goût. Après la fermeture de l’usine et le renvoi de son personnel qui s’est retrouvé à la rue, l’entreprise a cherché à externaliser le travail auprès de ses salariés licenciés pour qu’ils l’effectuent dans leur propre logement ou dans de petits ateliers où l’on a trouvé des mineurs d’âge qui travaillaient douze heures par jour pour un salaire minimum.

Il n’est pas surprenant que l’entreprise ait choisi d’ignorer la loi qui l’obligeait à obtenir l’approbation préalable des services de main-d’œuvre sur la base d’un examen des résultats de l’entreprise et d’une estimation de la justification de la fermeture.

Le Mexique est notoirement connu pour ses pratiques antisyndicales sanctionnées par la loi, et cette affaire ne fait pas exception. Les autorités locales n’ont rien fait pour faire respecter les droits des travailleurs et travailleuses et de leur syndicat ou pour inverser l’action illégale de l’entreprise.

IndustriALL Global Union a écrit à Bata en menaçant l’entreprise de soumettre cette affaire à l’OCDE pour infraction aux principes directeurs de l’organisation à l’intention des entreprises multinationales. Le syndicat mondial a demandé à l’entreprise la réouverture de l’usine, à engager des négociations préalables avec le syndicat et à se conformer aux conditions requises par la loi en cas de restructuration dans l’avenir. IndustriALL a écrit également aux autorités mexicaines en leur demandant le faire respecter de la loi et d’assurer la sécurité des travailleurs et travailleuses.

Rassemblement de 1.000 métallurgistes contre la fermeture d’une usine d’aluminium en Russie

Auparavant, Rusal avait signé en décembre 2011 un accord de modernisation de l’usine. Toutefois, en raison de la hausse régulière du coût de l’énergie et d’une baisse du prix de l’aluminium dans le monde, la direction de Rusal a décidé de mettre fin à la production d’aluminium dans l’usine de Bogoslovsky, en août de cette année.

Une famille sur trois dans le Krasnotourinsk a un ou plusieurs membres qui travaillent dans l’usine. L’usine emploie 3.700 personnes, dont 950 à la production d‘aluminium.

“L’arrêt de la production d’aluminium à l’usine de Bogoslovsky est une tragédie pour toute ma famille, dont cinq membres (mes deux filles, mon gendre, mon épouse et moi même) travaillent à l’atelier d’aluminium de l’usine. Il est tout simplement impossible de trouver de nouveaux emplois pour cinq personnes dans notre ville”, a déclaré Sergey Lazarev, maître dans l’usine.

Un rassemblement a eu lieu à l’invitation de Nikolai Prokofiev, dirigeant de la section du syndicat des mineurs et des métallurgistes (MMWU) dans l’usine. Le MMWU est affilié à IndustriALL Global Union en Russie. Le dirigeant de la section régionale du MMWU, Valery Kuskov, s’est également adressé aux travailleurs et travailleuses. Son adjoint, Nikolai Alexeiev, a prononcé des paroles de solidarité et de soutien de la part des 69 sections du MMWU dans la région de Sverdlovsk, des syndicats de Rusal et du Conseil central du MMWU.

Auparavant, le 30 août, des représentants du syndicat ont rencontré la direction de Rusal et les autorités. Le MMWU note qu’il s’agit de la première réunion où l’entreprise a fait connaître d’une manière directe sa position au syndicat. Le président du MMWU, Alexei Besymiannyh, a déclaré que la réunion était “une première tentative pour résoudre un problème très sérieux”. La commission tripartite se réunira régulièrement dans l’avenir.