La marque allemande KIK se fournissait dans une usine au Pakistan

L’incendie de Ali Enterprises, l’usine de vêtements située à Karachi sur la Hub River Road, dans la zone industrielle Sindh Industrial Trading Estate – SITE, a causé la mort de plus de 289 travailleurs et travailleuses qui se sont trouvés bloqués en grand nombre dans l’incapacité d’échapper aux flammes.

Il s’agit d’un scandale de grande envergure et la condamnation du gouvernement pakistanais qui a négligé de s’assurer si l’usine appliquait les consignes de sécurité les plus élémentaires. Plus de 8.000 personnes ont demandé une action de la part du Premier ministre dans la campagne sur Labour Start dont on peut prendre connaissance ici: http://www.labourstartcampaigns.net/show_campaign.cgi?c=1570

Les propriétaires de l’usine ont été accusés de meurtre, sans toutefois avoir été appréhendés. Un affilié de IndustriALL Global Union au Pakistan, la fédération nationale des syndicats (NTUF), demande aux autorités d’imputer à KIK et à tout autre acheteur confirmé de l’usine l’accusation de négligence criminelle. Après ce terrible désastre, NTUF, les mouvements sociaux et les partis de gauche ont organisé une marche de protestation le 15 septembre.

Le défilé a traversé la zone industrielle de Karachi et a pris fin par un grand rassemblement de protestation devant l’usine incendiée. Les personnes qui ont participé à la marche ont exigé l’arrestation des propriétaires de l’usine, une indemnisation pour les familles des personnes décédées et pour les travailleurs et travailleuses blessés, ainsi que l’institution d’une procédure pénale contre les responsables gouvernementaux impliqués.

Les participant(e)s ont critiqué les marques internationales et les entreprises dont la négligence et le non-respect des conventions pertinentes de l’OIT sur la législation nationale du travail et les normes internationales de santé et de sécurité au travail, ont abouti au pire accident du travail responsable de la mort de près de 300 travailleurs et travailleuses, âgés en majorité de moins de 30 ans.

Les participant(e)s ont également condamné l’attitude du haut responsable de l’OIT au Pakistan qui a limité la communication avec des fonctionnaires du ministère du Travail, lesquels sont responsables, selon les travailleurs et travailleuses, de la tragédie et ont refusé de rencontrer les représentant(e)s du personnel pour obtenir des renseignements de première main.

Lors du rassemblement, les participant(e)s ont déclaré apprécier la solidarité exprimée par le mouvement syndical international, notamment par IndustriALL Global Union, pour le lancement d’une campagne de protestation en exigeant que des mesures de sécurité soient prises dans les fabriques de vêtements. Pour soutenir la campagne de Labour Start lancée conjointement avec IndustriALL Global Union, se rendre sur le lien suivant: http://www.labourstartcampaigns.net/show_campaign.cgi?c=1570.

Le groupe de l’automobile de IndustriALL présente sa stratégie pour le secteur

Durant deux journées de travaux intensifs, les participant(e)s ont examiné toute la gamme des questions. Les exposés ont commencé par une présentation des réseaux syndicaux et des accords-cadres mondiaux. Après quoi, la question des comités d’entreprise a été examinée. Cette question s’est révélée être controversable: alors que dans certains pays comme l’Allemagne, les comités d’entreprise sont un instrument juridique efficace destiné à donner plus de pouvoir aux syndicats, d’autres entreprises ont tendance à se servir des comités d’entreprise comme d’une alternative sous le contrôle de la direction pour assurer la syndicalisation dans l’usine. Les représentants des syndicats russes étaient particulièrement visés.

Les participant(e)s des États-Unis, de Turquie et de Russie ont mentionné les graves infractions aux droits syndicaux dans leurs pays, qui vont de l’intimidation et de rencontres en tête à tête de la direction avec les salariés, comme chez Nissan aux États-Unis, jusqu’à la situation difficile chez Renault en Turquie. IndustriALL est totalement déterminé à assurer une solidarité internationale dans de tels cas. Et l’occasion s’est présentée immédiatement  – des délégué(e)s du Brésil et de l’Allemagne ont participé à un rassemblement organisé par le syndicat interrégional des travailleurs de l’automobile (ITUA) devant l’usine Vlankas à Kolpino près de Saint-Pétersbourg.  Vlankas, un équipementier de GM, est une entreprise violemment antisyndicale: des militant(e)s de l’ITUA dans l’usine ont été envoyés en congé forcé avec licenciement ultérieur.

Autre signe concret de solidarité, l’ensemble des participant(e)s a adopté et signé une résolution adressée au président du groupe PKC, Matti Hyytäien, concernant les pratiques antisyndicales dans les installations de PKC à Ciudad Acuña, Mexique.

Les participant(e)s du Brésil, du Canada, du Japon, d’Allemagne, de France, du Royaume-Uni, d’Italie, de Belgique, des États-Unis, de Russie, d’Australie, de Finlande, de Corée du Sud et de Turquie ont insisté sur la situation du secteur automobile dans leurs pays respectifs. Deux exposés ont donné une idée cruciale de l’avenir de l’industrie automobile à l’échelle du monde. Christian Brunkhorst de IG Metall a expliqué l’orientation nouvelle et à long terme de la demande de l’Europe vers les pays en développement, et le Dr Jürgen Dispan a examiné les effets des voitures électriques et hybrides sur l’emploi.

Création d’un comité Sintrametal dans une usine Gerdau Diaco Muña à Sibaté

Après les licenciements massifs opérés par Gerdau Diaco dans les usines situées à Muña et à Tocancipá en Colombie, un groupe de travailleurs et travailleuses qui n’a pas été licencié a adhéré au syndicat Sintrametal, qui représente les travailleurs et travailleuses des autres aciéries Gerdau Diaco à Duitama et à Tuta dans le département de Bocayá, et à Cota, ville du département de Cundinamarca. Sintrametal est affilié à UTRAMMICOL, organisation syndicale elle-même affiliée à IndustriALL Global Union.

La semaine dernière, des travailleurs et travailleuses à l’usine de Muña ont organisé une réunion sur la syndicalisation dans le but d’assurer la défense de l’emploi et des salaires, et la couverture sociale de leurs familles. La réunion bénéficiait du soutien du président et du vice-président de la section Sintrametal à Cota, respectivement Esteban Gonzalez et Nelson Chacón, et du juriste et historien  César A. Luque, qui a travaillé durant des années aux services éducation et conseil juridique du syndicat.

La réunion a donné lieu à la création d’un comité Sintrametal à Sibaté, et a permis ensuite de remettre la documentation nécessaire au ministère du Travail et à Gerdau Diaco. Le syndicat a affirmé que les responsables de l’usine tentaient de réprimer la récente vague de syndicalisation qui, selon eux, allait compromettre la confiance entre la main-d’œuvre et les cadres de l’entreprise.

José Edilberto Vallejo Madrigal et Raúl Hernando Acosta Herrera ont été élus représentants du comité et porte-parole du groupe, chargés d’obtenir un soutien à la nouvelle organisation.

Les travailleurs et travailleuses de l’usine Muña à Sibaté ont reçu le soutien de collègues dans des usines à Cota, Tuta et Duitama.

Jorge Almeida, représentant régional de IndustriALL Global Union, a félicité les travailleurs et travailleuses pour la création du comité à l’usine de Muña, et déclaré “qu’en tant que syndicat mondial dans le secteur industriel, nous suivrons de près la situation aux usines Diaco Gerdau et offrirons notre soutien et notre solidarité pour aider les travailleurs et travailleuses qui ont été touchés”. 

Gerdau licencie 270 travailleurs dans deux de ses usines en Colombie

Fin août, l’entreprise multinationale Gerdau, propriétaire de Diaco S.A. en Colombie, a procédé à un licenciement massif de travailleurs et travailleuses sous contrat à durée déterminée dans deux de ses usines à Tocancipá et à Muña. L’entreprise a affirmé que ces licenciements étaient dus à des problèmes financiers.

L’entreprise a dit que le licenciement décidé brutalement de 180 salariés à Tocancipá et de 90 autres à Muña était dû aux difficultés rencontrées sur le marché intérieur comme sur le marché extérieur en raison de la crise économique. Selon l’entreprise, la chute de la demande d’acier en Colombie s’est ajoutée à un accroissement de la concurrence d’autres pays, comme le Mexique, ce qui a amené une offre excédentaire.

Les personnes licenciées qui n’étaient pas syndiquées constituaient donc une cible facile pour l’entreprise.  Sintrametal, qui représente les salariés dans les usines Gerdau à Tuta, Duitama et Cota, a exprimé son désaccord avec Diaco Gerdau au sujet des licenciements. “Nous comprenons la situation financière de l’entreprise, mais elle devrait chercher à utiliser d’autres mécanismes avec l’aide du gouvernement. Il n’est pas nécessaire de réduire brutalement la main-d’œuvre, ce qui ne sert qu’à appauvrir le pays”, a déclaré le syndicat.

Sintrametal qui est affilié à UTRAMMICOL, organisation syndicale elle-même affiliée à IndustriALL Global Union, a demandé au ministère du Travail d’intervenir pour empêcher l’entreprise de continuer à appliquer de telles mesures. Il a demandé également au gouvernement de s’assurer que l’accord de libre-échange avec la Turquie contient des clauses destinées à protéger la main-d’œuvre colombienne et l’industrie nationale, et procure des incitations permettant de promouvoir l’emploi des ressources et de la technologie par des entreprises nationales pour qu’elles soient en mesure de rivaliser avec d’autres pays.

IndustriALL Global Union a écrit à la direction de Diaco S.A. pour exprimer son inquiétude concernant les licenciements massifs, sa solidarité avec les personnes licenciées et son soutien aux actions entreprises par Sintrametal.

Deux travailleurs tués dans une explosion chez Usiquímica

L’explosion d’un réservoir d’acide fluorhydrique dans l’usine Usiquímica à Guarulhos, Brésil, a provoqué la mort de deux travailleurs et infligé des blessures à dix autres personnes. L’accident a eu lieu jeudi 6 septembre à environ midi.

Après avoir recueilli des renseignements de la part des travailleurs, des représentants de l’entreprise et des pompiers, le ministère du Travail et de l’Emploi a décidé d’interdire l’accès à la zone de production et d’attendre les rapports de façon à établir si les travailleurs et travailleuses courent toujours un risque. Les personnes qui étaient présentes lors de l’accident vont subir des examens médicaux pour s’assurer qu’elles n’ont pas été contaminées.

Des représentants du syndicat des travailleurs de la chimie à Guarulhos (Sindiquímicos), affilié à IndustriALL Global Union, ont suivi l’intervention des pompiers et soutenu les travailleurs désemparés par la perte de deux de leurs collègues.

Antonio Silvan Oliveira, président du syndicat Sindiquímicos et de la confédération nationale des syndicats de travailleurs de la chimie (CNTQ) a déploré l’accident. “Nous devons trouver les causes et les circonstances de l’accident responsable de la mort de travailleurs et nous allons prendre les mesures nécessaires. Nous exigeons que les responsables soient punis. Le syndicat va aider les familles des deux travailleurs décédés dans la mesure de ses possibilités”, a déclaré Silvan.

Le syndicat demande que des mesures soient prises depuis 2011, en raison de l’inquiétude exprimée par les travailleurs sur le milieu de travail. Le syndicat s’inquiète de l’accroissement de la production pour répondre aux demandes, ce qui amène les entreprises à négliger les travaux d’entretien. Silvan a indiqué que le syndicat va rejoindre un groupe de travail avec des représentants du ministère, de Cetesb et d’autres agences, et exiger une amélioration des conditions de travail.

Le syndicat a organisé une réunion le 10 septembre pour exprimer sa solidarité avec les travailleurs et travailleuses. Les travailleurs présents ont déclaré s’inquiéter de l’avenir de l’entreprise tout en ne craignant pas de reprendre le travail. Le syndicat a dit qu’il allait demander la mise en place de conditions de travail ne présentant pas de risques dans l’usine.

Horreur au Pakistan après la mort de 300 travailleurs

Face au scandale provoqué par la négligence des autorités pakistanaise, IndustriALL Global Union a lancé, aujourd’hui, une campagne LabourStart, en demandant au gouvernement pakistanais de mener une enquête et punir les responsables, et d’indemniser les proches des morts et les personnes blessées.

Divers rapports indiquent qu’il était impossible d’échapper à l’incendie car le bâtiment ne répondait pas aux normes minimums de sécurité en cas d’incendie et manquait de sorties de secours.

L’incendie chez Ali Enterprises, une usine de confection située Hub river road, dans la zone industrielle Sindh Industrial Trading Estate (SITE) à Karachi a tué plus de 289 travailleurs et travailleuses. Beaucoup de gens sont mort de suffocation du fait qu’ils étaient bloqués dans le sous-sol. Un grand nombre de personnes se sont blessées gravement en sautant dans le vide pour échapper aux flammes. L’usine était établie illégalement sans être enregistrée comme le prescrit la loi sur les usines. L’usine de confection qui comportait quatre étages n’avait qu’une seule sortie et manquait de matériel de lutte contre l’incendie ou d’extincteurs. Toutes les fenêtres étaient fermées par du grillage métallique et des marchandises prêtes à être livrées ou en cours de fabrication encombraient les embrasures de porte et les escaliers.

Comme c’était un jour de paie, au moins 1.000 personnes se trouvaient dans l’usine au moment où l’incendie s’est déclaré. Le sous-sol est rempli par l’eau qui a servi à éteindre l’incendie et on craint que de nombreux corps ne se trouvent encore sous les décombres. On signale également que l’identification des personnes décédées présente un problème important du fait que beaucoup de travailleurs et travailleuses étaient des contractuels embauchés par une tierce partie sans véritable contrat et sans enregistrement au régime de sécurité sociale du gouvernement ou venant d’un bureau d’aide sociale.

Dans un autre incendie dans une fabrique de chaussures de quatre étages à Lahore, environ 25 travailleurs et travailleuses ont trouvé la mort. L’usine était située dans un quartier d’habitations de la ville. Les premiers rapports semblent indiquer que l’incendie s’est produit alors que des travailleurs tentaient de mettre en marche un groupe électrogène durant une panne d’électricité, et que des étincelles auraient atteint des produits chimiques servant à la fabrication des chaussures.

IndustriALL Global Union se joint à ses affiliés, la fédération nationale des syndicats (NTUF), la fédération des métallurgistes du Pakistan (PMF), la fédération des syndicats des travailleurs de la chimie, de l’énergie, des mines et interprofessionnels du Pakistan (PCEM) et la fédération des travailleurs du textile, de l'habillement et du cuir, pour critiquer la négligence des services gouvernementaux et exiger une action immédiate contre le propriétaire de l’usine, ainsi qu’une indemnisation juste des familles des morts et des personnes blessées avec accès gratuit aux soins médicaux.

Dans une lettre au Premier ministre pakistanais, Jyrki Raina, secrétaire général de IndustriALL a écrit: “En 2010, les objectifs de la politique du travail au Pakistan portaient, entre autres, sur la garantie à tous les travailleurs et travailleuses de conditions de travail justes et humaines. Nous voudrions beaucoup voir cette promesse se réaliser finalement et s’appliquer aux travailleurs et travailleuses de la confection et de la fabrication de chaussures qui représentent au Pakistan 30 pour cent de la main-d’œuvre du pays et subissent certaines des conditions de travail les plus inhumaines”.

Nasir Mansoor, secrétaire général de la NTUF a déclaré: “Les usines au Pakistan ressemblent plus à des endroits bourrés de dangers qu’à des lieux de travail, les travailleurs et travailleuses sont plus traités comme des esclaves que comme des êtres humains”. Lors une manifestation de rue organisée le 12 septembre, la NTUF a réclamé une inspection stricte des usines en coordination avec les organes représentatifs des travailleurs et travailleuses, l’enregistrement de toutes les usines que prescrit la loi sur les usines, l’application de la législation sur la santé et la sécurité dans un esprit de vérité, l’abolition du système de travail contractuel, la délivrance d’un contrat d’emploi à toutes les personnes au moment de l’embauche, et l’enregistrement des travailleurs et travailleuses aux régimes de sécurité sociale. La NTUF soutient également l’appel à la grève nationale lancé par le Parti travailliste pakistanais pour le 15 septembre pour marquer la solidarité avec les familles des victimes.

Entreprendre une action et envoyer aujourd’hui une lettre au Premier ministre pakistanais sur  Labour Start, ici:

http://www.labourstartcampaigns.net/show_campaign.cgi?c=1570

Dire NON aux dangers présentés par l’emploi précaire

Le magazine Hazards vient de publier “trashed!” un article détaillé sur les défis présentés par l’orientation nouvelle et dangereuse vers une augmentation de plus en plus forte des emplois précaires. Le rédacteur en chef de Hazards, Rory O’Neill, examine les atteintes à la santé durables causées à une main-d’œuvre de plus en plus remplaçable. “Dans un monde ravagé par la récession, même les gens qui ont un emploi permanent ressentent de l’insécurité. En cas d’emploi temporaire, l’insécurité est permanente”.

Les militant(e)s syndicaux/ales ont déjà préparé des actions autour de la date du 7 octobre. La semaine dernière, 695 personnes ont rejoint en ligne la cause STOP travail précaire, portant leur nombre à 1.310 membres, dont 285 se sont engagés à entreprendre une action.  Rejoignez la cause et signez l’engagement d’entreprendre une action autour de la date du 7 octobre pour nous permettre d’atteindre 1.000 engagements.  

Il n’y a pas de limites aux formes d’action que vous et votre syndicat peuvent entreprendre à l’occasion de la journée du 7 octobre ou autour de cette date pour combattre l’emploi précaire dans le monde. Les actions peuvent porter sur des manifestations de rue, des séminaires, des réunions de membres, des conférences de presse, des meetings, des rassemblements, des actions sur le lieu de travail, des campagnes d’envoi de lettres et des rencontres de délégations avec des gouvernements.

Portez-vous sur facebook et twitter RED le 7 octobre, changez l’image de votre profil et partagez vos idées avec la communauté facebook. Téléchargez l’image STOP travail précaire et la télécharger sur votre image de couverture. Suivre IndustriALL sur twitter et tweeter en employant le hashtag #STOPprecariouswork et IndustriALL va retweeter vos actions et vos photos.

La fusion dangereuse Xstrata-Glencore s’apprête à devenir réalité

La nouvelle offre publique d’achat de Glencore, annoncée le 10 septembre, a été augmentée de 12 pour cent, passant de 2,8 à 3,05 par action Glencore pour chaque action Xstrata. L’autre compromis entre les deux groupes concerne les positions de la haute direction, et l’on sait maintenant que le directeur général de Glencore, Ivan Glasenberg, qui possède une participation de 8 milliards d’USD dans Glencore, occupera le poste de directeur général de l’entreprise fusionnée après six mois.

La fusion s’est trouvée sérieusement menacée au cours des dernières semaines par un allié auquel on ne s’attendait pas dans l’opposition, le fonds souverain du Qatar, prêt à s’opposer à la fusion tant que les conditions ne seraient pas renégociées après les pourparlers menés jeudi dernier entre Glasenberg et le Premier ministre du Qatar, Sheikh Hamad Bin Jasim Bin Al-Thani, qui est également le président du fonds. On s’attend maintenant à ce que Xstrata recommande cette nouvelle transaction aux actionnaires.

Les deux conglomérats ont bénéficié d’une expansion de la demande au cours des 10 dernières années et se sont attribué la plus grande partie de leurs énormes bénéfices, ainsi qu’à leurs actionnaires, étant très peu imposés fiscalement et opérant dans le secret et une absence de transparence.

IndustriALL Global Union reste opposé à la fusion. Tant Glencore que Xstrata traînent une longue liste de mauvais traitements infligés aux travailleurs et travailleuses, aux communautés et à l’environnement.

L’entreprise naissant de la fusion deviendra le plus producteur de charbon et de zinc, et le plus grand producteur indépendant de cuivre au monde d’ici quatre ans. La multinationale sera si puissante qu’elle aura la possibilité d’influencer le prix des métaux de base.

Une campagne antisyndicale de Siemens s’oppose violemment à la syndicalisation

Après une série d’infractions aux engagements pris par l’entreprise sur le droit des travailleurs et travailleuses à se syndiquer et négocier collectivement, la direction locale de Siemens a pris à son service des consultants, spécialistes de la répression antisyndicale, pour coordonner une action pendant une période de six semaines. Les engagements sont également inscrits dans la législation du travail aux États-Unis, et l’USW a décidé de mener cette affaire, qui relève d’une action judiciaire, jusqu’au National Labour Relations Board (NLRB). La réussite d’une action engagée au NLRB devait donner lieu au rejet du vote et à une nouvelle élection dans les prochains mois. 

L’élection du 7 septembre, organisée par le NLRB, a été perdue par 24 voix contre 15, et 2 abstentions.

Durant la période électorale “des dirigeants de Siemens et des consultants ont organisé des réunions quotidiennes destinées à captiver le public, pour dire aux travailleurs et travailleuses qu’il serait vain de rejoindre le syndicat, et que l’entreprise allait perdre de la clientèle dans le cas où le syndicat gagnerait l’élection”, a établi Phil Ornot, organisateur de l’USW:

L’entreprise a enlevé la littérature syndicale, interdit aux travailleurs et travailleuses de parler du syndicat, exercé une surveillance des activistes syndicaux, différé les augmentations salariales, fait circuler une pétition antisyndicale et interdit aux salariés de Siemens d’accéder aux locaux de la section syndicale de l’USW dans l’usine. Dans sa campagne pour garder un contrôle dictatorial sur la main-d’œuvre, Siemens a créé un climat de peur et d’intimidation sur le lieu de travail.

IndustriALL se tient aux côtés de son affilié, l’USW, qui poursuit la syndicalisation de la main-d’œuvre de Siemens aux États-Unis.

Voir ici le rapport de IndustriALL publié précédemment sur les actions antisyndicales dans le Maryland.

L’UE devrait promouvoir les droits syndicaux au Kazakhstan

Dans son rapport détaillé de 153 pages “Striking Oil, Striking Workers: Violations of Labor Rights in Kazakhstan’s Oil Sector, publié le 10 septembre 2012, HRW présente une analyse détaillée des tactiques employées par les autorités kazakhes et trois entreprises menant des activités dans le secteur du pétrole dans la partie occidentale du Kazakhstan, qui enfreignent systématiquement les droits des travailleurs et travailleuses de ce secteur dans les domaines de la liberté de rassemblement, de la liberté syndicale et de syndicalisation, du droit de négocier collectivement et de la liberté de parole. HRW a publié également plusieurs recommandations concernant une amélioration du climat dans le domaine des droits de la personne au Kazakhstan.

Le rapport se base sur des travaux de recherche et des entretiens avec des travailleurs et travailleuses de l’industrie pétrolière, et des rapports de responsables syndicaux sur un conflit qui a débuté en mai 2011 quand des salariés ont essayé de négocier des accords collectifs sur leurs salaires et leurs conditions, pour lesquels LabourStart mène actuellement une campagne que l’on trouve ici: http://www.labourstartcampaigns.net/show_campaign.cgi?c=1461.

La direction et le gouvernement ont tout d’abord fait preuve d’indifférence sur le fait que les salariés faisaient face à des harcèlements et des licenciements massifs qui ont touché 2.000 personnes au moins dans trois entreprises, dont l’une est la société kazakhe OzenMunaiGas et les deux autres des coentreprises: KarazhanbasMunaiJSC, une société sino-kazakhe, et Ersai Caspian Contractor LLC, possédée en partie par le groupe italien Eni.

Le 16 décembre 2011, au cours d’une manifestation pacifique des travailleurs et travailleuses, des hommes non-identifiés, portant les vestes utilisées par l’entreprise pétrolière, ont déclenché des affrontements qui ont  causé la mort de 16 personnes. Les autorités ont utilisé cette affaire pour mener une véritable campagne contre les travailleurs/euses et les militant(e)s dans le secteur pétrolier . En août 2011, une juriste de KarazhanbasMunai, Natalia Sokolova, a été condamnée à six ans de prison pour avoir parlé des écarts salariaux à des membres du personnel. Elle a été relâchée par la suite.

La FIOM et l’ICEM, co-fondateurs de IndustriALL Global Union, se sont adressés auparavant aux dirigeants du pays pour leur demander de mettre fin aux infractions aux droits de la personne et aux droits du travail au Kazakhstan. http://www.imfmetal.org/index.cfm?c=27817&l=2. Récemment, IndustriALL en partenariat avec LabourStart, s’est joint à la Confédération des syndicats libres du Kazakhstan, à la Confédération du travail de Russie et à la Confédération syndicale internationale pour lancer une campagne de solidarité pour soutenir les travailleurs et travailleuses de l’industrie pétrolière au Kazakhstan.

Pour accorder votre soutien à la campagne, se rendre sur le lien suivant: http://www.labourstartcampaigns.net/show_campaign.cgi?c=1461.

Dans son rapport, HRW soutient que dans le cadre des négociations en cours pour un nouvel accord élargi de partenariat et de coopération (APC) entre l’UE et le Kazakhstan, il y a “une possibilité unique de promouvoir une réforme des droits de la personne au Kazakhstan en formulant des améliorations concrètes et mesurables, que les autorités devraient mettre en œuvre avant la conclusion des négociations sur un APC”.