IndustriALL Global Union et IndustriALL Europe condamnent la récente attaque de la Russie contre l'Ukraine

Pendant  cette attaque combinée sur Kiev, un missile russe a frappé l'hôpital d'Okhmatdyt, le plus grand hôpital pédiatrique et le plus ancien de la ville.

Parmi les victimes figurent dix mineurs du complexe minier du nord du pays, à Kryvyi Rih, où sont présentes deux organisations affiliées, le Syndicat indépendant des mineurs d'Ukraine et le Syndicat des travailleurs de la métallurgie et des mineurs d'Ukraine.

IndustriALL Global Union et IndustriALL Europe expriment leurs vives condoléances et réitèrent leur indéfectible solidarité à tous ceux qui étaient visés par cette attaque, ainsi qu'aux familles des défunts.

La population ukrainienne lutte pour sa dignité, sa liberté et ses droits. Nous resterons fermement à ses côtés et défendrons leur combat dans toutes les enceintes internationales et européennes. Nous ne cesserons d'attirer l'attention de l'ONU et de l'UE sur les tentatives pour affaiblir les droits des travailleurs en Ukraine.

Le nouveau Parlement européen va se constituer cette semaine et il organisera un débat stratégique (le 17 juillet) sur la nécessité d'un soutien ininterrompu à l'Ukraine : IndustriALL Europe et IndustriALL Global Union demandent aux eurodéputés de renforcer leur soutien politique à l'Ukraine, tout en insistant sur la nécessité de respecter les droits des travailleurs ukrainiens.

L'unité aux niveaux national et international est nécessaire dans ces moments très difficiles de la guerre et de l'occupation, et les organisations syndicales ont un rôle vital à jouer dans la reconstruction du pays par le biais du dialogue social.

 

En Inde, la SEWA propose à ses membres une assurance contre la canicule

Les vagues de chaleur écrasantes qui ont balayé l’Asie du Sud cette année ont posé d’énormes défis aux travailleurs et travailleuses de la région. Ceux et celles qui ont dû travailler sous une chaleur étouffante ont été confrontés à des conditions extrêmement difficiles qui ont eu un impact négatif sur leur santé et les ont même parfois contraints à quitter leur travail. La majorité de ces travailleurs et travailleuses sont employés dans le secteur informel et n’ont pas accès aux programmes de sécurité sociale.

La SEWA (Association des femmes travailleuses indépendantes), qui syndique dans le secteur informel, notamment les travailleuses à domicile de l’industrie de la confection et les celles présentes dans l’industrie en aval de la démolition des navires, a lancé un programme d’assurance contre la canicule pour ses membres afin d’atténuer les effets des conditions météorologiques difficiles. Dans le cadre de ce programme pilote d’assurance, le syndicat a fourni une aide financière aux travailleuses afin qu’elles puissent utiliser cet argent supplémentaire pour leurs besoins de santé.

Les travailleuses de la confection occupées à domicile et celles concernées par des activités d’aval dans le démantèlement des navires doivent prester de longues heures dans des pièces dépourvues de dispositifs de gestion de la température, ce qui entraîne des coups de chaleur et des crampes. Dans le cadre de son programme d’assurance contre la canicule, la SEWA a surveillé la température quotidienne. Dans la ville d’Ahmedabad, par exemple, où les travailleuses à domicile du secteur de la confection sont basées, lorsque le mercure a atteint 43,6 degrés Celsius pendant trois jours consécutifs, le syndicat a transféré 250 INR (3 dollars) sur les comptes bancaires de ces travailleuses. Si la température restait inchangée le quatrième jour, les travailleurs recevaient à nouveau 250 INR (3 dollars). À Bhavnagar, où se situent les activités d’aval de l’industrie du démantèlement des navires, le seuil de température était fixé à 44,68 degrés Celsius.
 
Manali Shah, Secrétaire nationale de la SEWA, explique :

“Cette année, nous avons lancé un programme pilote et plus de 46.000 de nos membres, réparties dans 22 districts de trois États indiens, ont bénéficié de prestations dans le cadre de ce programme. Cela a permis aux travailleuses de ne pas compromettre leur santé tout en ayant pas à choisir entre protéger leur santé ou nourrir leur famille.”

Ashutosh Bhattacharya, Secrétaire régional d’IndustriALL pour l’Asie du Sud, a déclaré :

“Nous félicitons la SEWA d’avoir pris cette initiative et d’avoir donné l’exemple à d’autres syndicats ainsi qu’au gouvernement pour qu’ils commencent à réfléchir à la manière de préserver la santé des travailleurs et travailleuses dans le contexte du changement climatique et de l’augmentation des températures dans la région”.

Crédit photo : SEWA

Les syndicats australiens se félicitent de la réaction d'Anglo American à l'accident à la mine Grosvenor

Les inspecteurs qui enquêtent sur cet incident font craindre au Syndicat de la mine et de l'énergie MEU, affilié à IndustriALL Global Union, une fermeture définitive de cette mine de charbon métallurgique, propriété d'Anglo American.

Cet incident minier fait figure de test s'agissant des engagements pris en matière de santé et sécurité au travail par le mémorandum d'accord conclu entre Anglo American et IndustriALL et qui ont été réitérés à la réunion de dialogue mondial avec Anglo American. Toutefois, le syndicat a déclaré qu'Anglo American se montre plus coopératif que dans le passé.

"Je dois dire que l'attitude de la direction australienne d'Anglo American a totalement changé par rapport au passé. Elle a fait montre de franchise et de transparence. Cela s'explique par le dernier événement et par nos pressions. Mais elle a beaucoup travaillé avec nous pour la sécurité des travailleurs et l'avenir des emplois de nos membres,"

a déclaré Stephen Smyth, le vice-président général du MEU. Dans un communiqué, il est dit que les travailleurs percevront leurs salaires jusqu'au 31 août pendant qu'Anglo American tentera de remettre la mine en activité. Certains travailleurs seront réaffectés à l'abattage en surface tandis que d'autres iront travailler au siège, à Brisbane. Lors du dernier incident, en 2020, cinq mineurs avaient été grièvement blessés dans le même genre d'explosion et les taux de méthane restent élevés dans la mine.

Jeff Scale, le vice-président de district du MEU pour le Queensland, ajoute :

"Anglo American semble prêcher par l'exemple, au moins en Australie, mais il reste à voir s'il fera de même dans ses autres sites de par le monde, pour des travailleurs à l'avenir incertain dont la solution serait une transparence totale et un dialogue social."

"Les annonces conciliantes en réponse à l'incident de la mine de Grosvenor sont l'essence du dialogue mondial qu'Anglo American met en pratique et qui faisait l'objet de notre mémorandum d'accord sur la santé et la sécurité au travail. Le dialogue avec les syndicats sur le bien-être des travailleurs après l'évacuation de la mine est important, surtout lorsque la sécurité d'emploi est en jeu,"

déclare Glen Mpufane, le directeur d'IndustriALL en charge du secteur minier et de la santé et la sécurité.

Grosvenor est un des charbonnages qu'Anglo American veut vendre après une OPA hostile de BHP. Or, sa remise en activité pourrait prendre des mois à cause de l'explosion à l'origine de l'incendie.

Photo: Anglo American

Les travailleurs de Samsung Electronics annoncent une grève à illimitée

La négociation collective entre le NSEU et Samsung Electronics a abouti à l'impasse au début du mois à la suite du refus de la direction d'accéder à la plupart des demandes du syndicat, qui consistent en une hausse de 3,5% de la rémunération de base, un jour de congé payé pour commémorer la naissance du syndicat et une indemnisation pour la perte de salaire pendant la grève.

Au mépris des revendications du syndicat, Samsung Electronics a imposé unilatéralement une hausse de 3% du taux de base pour certains travailleurs. La direction a usé d'intimidation envers les grévistes, les menaçant d'en subir les conséquences.

Le NSEU, qui est affilié à la Fédération des travailleurs coréens de la métallurgie (FKMTU), compte 30.000 adhérents chez Samsung Electronics, soit 24% de son personnel, et est reconnu comme négociateur officiel. En réponse à l'inflexibilité et aux manœuvres antisyndicales de la direction, le NSEU a annoncé une grève à durée indéterminée et invité tous ses membres à poursuivre la lutte jusqu'à la victoire.

Le président de la FKMTU, Kim Junyoung, a déclaré :

"De grands changements se préparent chez Samsung. Cinq ans après l'échec de sa politique de refus des syndicats, les membres commencent à affirmer leur présence. Bien que le combat ne fasse que commencer, il sonne la fin de la politique antisyndicale de Samsung. La solidarité et le soutien sont essentiels dans ce contexte. Nous nous battrons jusqu'à l'aboutissement de notre lutte."

Le directeur du département des TIC, de l'électricité et de l'électronique d'IndustriALL, Alexander Ivanou, a déclaré :

"IndustriALL soutient les membres du NSEU dans leur lutte pour des conditions de travail décentes chez Samsung Electronics. L'entreprise a fait un résultat d'exploitation de 6,57 billions de wons (4,79 billions $) en 2023; elle a l'obligation morale de partager ses bénéfices avec ses travailleurs auxquels elle doit ses recettes et sa valorisation. Nous appelons Samsung Electronics à revenir à la table des négociations et à entamer un dialogue social digne de ce nom avec le NSEU et la FKMTU."

Les syndicats tanzaniens s’engagent dans le plan d’action national sur les entreprises et les droits de l’homme

Les organisations ont discuté de ces revendications lors de l’atelier sur les jeunes, les entreprises et les droits de l’homme, organisé par le Bureau régional d’Afrique subsaharienne d’IndustriALL en partenariat avec le Bureau de la Fondation Friedrich Ebert (FES) en Tanzanie.

Le Syndicat des mines, de l’énergie, de la construction et des travailleurs assimilés de Tanzanie (TAMICO) et le Syndicat tanzanien des travailleurs de l’industrie et du commerce
(TUICO), qui sont affiliés à IndustriALL, le Centre juridique et des droits de l’homme, Vibindo, une organisation qui chapeaute les associations du secteur informel, ainsi que les centrales syndicales TUCTA (Congrès des syndicats de Tanzanie) et le Congrès des syndicats de Zanzibar, ensemble avec la Commission pour les droits de l’homme et la bonne gouvernance (CHRAGG), qui sert de facilitateur dans le processus du PAN, ont discuté de la manière d’apporter leurs contributions au PAN.

Les syndicats, qui représentent les travailleurs et travailleuses dans les secteurs de la fabrication, de l’exploitation minière, du commerce et de la construction, souhaitent que des clauses relatives au travail soient incluses dans le PAN afin de protéger les droits des travailleurs. La conciliation et la médiation, l’inclusion des femmes, des jeunes et des personnes handicapées, ainsi que des clauses faisant référence aux conventions de l’Organisation internationale du travail, telles que la Convention 190 visant à mettre fin à la violence et au harcèlement dans le monde du travail, sont d’autres points qui devraient être soutenus. En outre, le PAN devrait promouvoir l’égalité entre les hommes et les femmes, la responsabilité des entreprises multinationales, y compris celles issues de Chine, la justice fiscale et les salaires décents.

Vibindo a déclaré vouloir que l’État fournisse une protection sociale, une assurance maladie de base, des infrastructures accessibles et de meilleures zones commerciales pour les travailleurs et travailleuses de l’économie informelle.

Un exposé en ligne de Maria Garcia Torrente, Responsable associée des droits de l’homme au Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, a mis en lumière la manière dont les organisations de la société civile et les syndicats peuvent utiliser certaines procédures spéciales.

Paternus Rwechungura, Secrétaire général du TAMICO, a déclaré :

“Le processus du PAN est l’occasion pour les syndicats de rappeler au gouvernement qu’il a le devoir de protéger les travailleurs et travailleuses en veillant à ce que les entreprises respectent le droit du travail.”

Les politiques économiques ont également eu un impact sur les entreprises et les droits de l’homme. Par exemple, les banques d’investissement et les institutions internationales telles que le Fonds monétaire international (FMI), la Banque africaine de développement et la Banque européenne de développement devraient être évoquées lors des discussions sur les entreprises et les droits de l’homme en Tanzanie, car elles contribuent parfois au mépris des droits de l’homme par les États en imposant des conditionnalités qui découragent les dépenses sociales.

Elizabeth Bollrich, Directrice de la FES pour la Tanzanie, a exhorté les syndicats à “s’inviter dans les conversations sur les entreprises et les droits de l’homme” afin d’y être le porte-voix des travailleurs et travailleuses et d’y améliorer la transparence et le sens des responsabilités.

“Les plans d’action nationaux sur les entreprises et les droits de l’homme sont des stratégies émergentes qui peuvent être utilisées pour exiger des droits fondamentaux au travail et des conditions de travail décentes. Ils constituent une étape cruciale vers le respect des lois sur la diligence raisonnable en matière de droits de l’homme. Il est donc essentiel que les syndicats et les organisations de la société civile soient impliqués dans les processus d’élaboration de ces plans”,

a indiqué Paule France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne.

Les pays subsahariens qui ont élaboré des plans d’action nationaux sont le Kenya, le Nigeria et l’Ouganda. Les plans d’action nationaux sont basés sur les Principes directeurs des Nations unies sur les entreprises et les droits de l’homme et l’Union africaine élabore actuellement une politique continentale sur les entreprises et les droits de l’homme.

Des travailleuses confrontées à l'exploitation sexuelle dans une cartonnerie ougandaise

Un de ces témoignages est celui de Mukyala Nambi*, le 15 juin. Elle travaille depuis neuf ans à l'usine Riley Packaging de Mukono, à 22 kilomètres de Kampala, qui fabrique des caisses d'emballage en carton ondulé. Ruley Packaging emploie plus de 600 personnes, dont 120 femmes, et exporte ses produits au Burundi, en République démocratique du Congo et au Soudan du Sud.

Mukyala Nambi se souvient :

"C'est l'heure de la libération après une longue journée de travail qui commence à 7 heures pour s'achever à 19 heures. Je me prépare à rentrer chez moi lorsque le chef de la production me convoque à son bureau. Il n'explique pas pourquoi il veut me voir seule dans son bureau après la fermeture de l'usine. Je me méfie et refuse de le voir. Il est furieux. Le lendemain, il commence à me harceler sexuellement.

"Le chef de la production tient des propos intimidants et insultants à mon égard. Il me crie dessus dans l'atelier et menace de me licencier si je ne cède pas à ses avances."

Nullement effrayée, Mukyala, qui est déléguée syndicale, résiste à ce harcèlement et répond au chef que les travailleurs ont des droits garantis par la législation du travail et la constitution ougandaise. Par ailleurs, elle commence à enquêter sur les agissements du chef de la production et découvre des cas d'abus sexuels contre des jeunes travailleuses, surtout celles en contrat de courte durée auxquelles sont promis des postes permanents.

Les salaires sont maigres chez Riley Packaging. Mukyala Nambi gagne 30.000 shillings ougandais (80 $) par mois tandis que les contractuels gagnent 200.000 shillings (53 $).

"Lorsque j'ai eu rassemblé suffisamment de preuves, je l'ai immédiatement dénoncé au directeur et au responsable des ressources humaines. Il a été licencié au terme d'une procédure disciplinaire,"

explique Mukyala. Par la suite, l'homme a été signalé aux services de l'immigration qui l'ont déporté et renvoyé en Inde pour violation des conditions de son permis de travail et faux en écriture.

Mukyala Nambi attribue le courage qu'elle a eu face à son agresseur à la formation à la violence et au harcèlement fondés sur le genre que les travailleuses des syndicats affiliés à IndustriALL reçoivent dans le cadre d'un projet soutenu par l'Agence syndicale danoise pour le développement (DTDA) et par le bureau régional d'IndustriALL pour l'Afrique subsaharienne. Elle estime que cette formation lui a donné les moyens de lutter contre le harcèlement sexuel au travail. Elle portait sur des thèmes en rapport avec l'application de la convention 190 de l'Organisation internationale du travail  sur la violence et le harcèlement dans le monde du travail que l'Ouganda a ratifiée en 2023, et aussi sur l'ajout, dans les conventions collectives, de clauses de refus de la violence et du harcèlement fondés sur le genre.

"Nous félicitons Mukyala Nambi pour le courage qu'elle a eu en faisant face à son agresseur. Notre formation sur la GHVB met beaucoup l'accent sur le renforcement des mécanismes de signalement et sur l'élaboration de politiques visant à mettre fin au harcèlement sexuel. Pour cela, nos affiliés ougandais collaborent avec les propriétaires d'entreprises pour faire adopter des politiques de genre et nous les félicitons pour ces efforts,"

a déclaré la secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Afrique subsaharienne, Paule France Ndessomin.

Les affiliés d'IndustriALL ayant bénéficié de cette formation sont le Syndicat des travailleurs de l'imprimerie, du papier, de la polyfibre et apparentés d'Ouganda, le Syndicat des travailleurs du textile, de l'habillement, du cuir et apparentés d'Ouganda, et le Syndicat des travailleurs de l'hôtellerie, de l'alimentation, du tourisme, des supermarchés et apparentés d'Ouganda.

* Le nom a été changé par souci de confidentialité  

En Suède, la lutte contre Tesla continue

À Malmö, dans le sud du pays, aux grilles d’un concessionnaire de la marque au T, a été accrochée d’une large banderole du syndicat des travailleurs de l’industrie suédois, IF Metall, dont le message est univoque : “KONFLIKT”. Et le sous-titre suivant :

« I Sverige kör vi med kollektivavtal » (« en Suède, nous opérons avec une convention collective »).

De l’autre côté de la rue, deux des mécaniciens, affublés d’un gilet de sécurité aux couleurs d’IF Metall tiennent, en ce mois de mai, le piquet de grève contre Tesla. Ce qui a incité Janis Kuzma et son collègue [qui a souhaité rester anonyme] à rejoindre le mouvement lancé par IF Metall, ce sont les conditions de travail et la relation avec leurs supérieurs.

Janis Kuzma entame actuellement son huitième mois de grève, il a été le premier à déposer les outils en octobre dernier.

« À plein régime, à l’été 2023, nous étions 15 dans l’atelier, à nous marcher dessus dans un espace réduit »,

explique-t-il. Ajoutés à cela, le stress et, selon Janis et son collègue, une mauvaise gestion du planning.

« Beaucoup étaient souvent en arrêt-maladie, parce qu’épuisés physiquement et mentalement »,

résument-ils. Chaque mécanicien avait quotidiennement cinq véhicules entre les mains.

Et, si l’un d’entre eux se plaignait, « la directrice des ressources humaines lui signifiait que Tesla n’était pas fait pour tous et qu’il était libre de partir ».

Martin Berglund, médiateur d’IF Metall, invoque le caractère faussement familial de Tesla:

« Tesla a une communication interne basée sur le fait qu’elle considère ses employés comme une famille », explique-t-il. « Mais en réalité, Tesla crée une société dans la société, où elle contourne les règles et les régulations quotidiennement ».

Ce qui choque Janis, c’est l’absence totale de dialogue avec ses supérieurs. « Si tu n’acquiesces pas à tout et que tu partages des vues différentes, tu risques de te faire licencier » ajoute-t-il.

Récemment, IF Metall a effectivement accusé Tesla de résiliation illégale de contrat de travail. Dans l’atelier de Umeå, un travailleur a été remercié plus tôt que son contrat le prévoyait – au terme de cinq mois au lieu de six. Selon les informations fournies par le syndicat IF Metall, aucune raison valable n’a été avancée par l’entreprise pour justifier ce licenciement. Malgré les négociations, aucune issue favorable n’a été trouvée pour le mécanicien. Convaincu que son licenciement est lié à sa participation à la grève, le syndicat a décidé d’instruire une plainte auprès du Tribunal du travail. C’est pour le moment le seul gréviste contre Tesla à s’être vu résilier son contrat.

Le refus de Tesla de se plier au système suédois

À Malmö, ils sont actuellement sept mécaniciens à avoir déserté l’établi depuis le début du conflit. À l’échelle nationale, ce sont plus d’une trentaine d’employés qui tiennent tête au constructeur de véhicules électriques. Leur revendication, qui n’a pas bougé, tient en une seule phrase : ils souhaitent la signature d’une convention collective. Un accord entre l’entreprise et les employés, par l’entremise des syndicats, qui cadre les conditions de travail et de production. Mais Tesla n’affiche pour le moment aucun signe d’infléchissement.

La convention collective est pourtant l’alpha et l’oméga du système suédois, où le Code du travail est succinct. L’État laisse aux entreprises et aux syndicats de branche une très grande liberté de négociations, qui portent sur les conditions d’emploi (salaires, contrats, etc.), de travail (horaires de travail, sécurité, etc.) et les bénéfices sociaux (retraites, congés, etc.)

Collective agreements, though not compulsory, structure the balance of power between employers and employees in both the private and public sectors and guarantee a degree of stability and fairness within the economic sector.

En Suède, près de 90 % des actifs sont couverts par une convention collective, tous secteurs confondus.

Le conflit qui oppose Tesla à ses employés réside dans le refus catégorique de la marque américaine de signer l’accord. De l’automne 2022 à l’été 2023, IF Metall a tenté de négocier avec Tesla pour élaborer une convention collective. Cependant, les dirigeants de la marque refusent une convention « par principe », ajoutant que le droit syndical n’entre pas dans « le concept de l’entreprise ».

À ce sujet, le directeur général de Tesla, Elon Musk disait ouvertement en novembre dernier : « Je n’aime pas l’idée des syndicats, ils créent cette situation de seigneurs et paysans », en ajoutant que « les syndicats essayent de créer de la négativité dans l’entreprise ».

Dans son avis de grève, IF Metall martèle qu’il s’agit simplement de « créer une situation d’ordre, tout en évitant les conflits ». La convention serait autant une sécurité pour les salariés que les employeurs : « La convention garantit que personne ne peut faire grève pour obtenir de meilleures conditions que celles prévues par la convention. »

Un large mouvement de solidarité, au-delà des frontières

Devant l’atelier de Malmö, les deux grévistes ne sont pas seuls au piquet. À leurs côtés, quatre autres employés prennent leur quart. Ils ne travaillent pas pour Tesla mais dans le commerce, dans la comptabilité, ou bien encore le secteur hospitalier. Ils et elles ont pris leur demi-journée pour relever les mécaniciens devant les banderoles et assurer une présence.

Le piquet de grève est à l’image du pays. En solidarité avec les mécaniciens d’ateliers, les dockers, les chauffeurs routiers ou les électriciens chargés de la maintenance des bornes de rechargement des voitures ont commencé à boycotter Tesla. Du syndicat des musiciens à celui des postiers, plusieurs corps de métiers se sont joints à la lutte d’IF Metall.

« Les employés des ports refusent toujours de décharger les voitures affrétées par bateau »,

explique Johan Järvklo, secrétaire international d’IF Metall.

« Tesla importe maintenant ses véhicules par camions transporteurs ».

À Vetlanda, les employés syndiqués de l’entreprise Hydro ont refusé de produire des pièces pour Tesla.

Les mesures de sympathie ont même dépassé les frontières de la Suède. En décembre dernier, le syndicat des transports danois 3F Transport annonçait le blocus des voitures du constructeur dans les ports. Une action suivie par Fellesforbundet en Norvège et AKT en Finlande.

La liste ne cesse de s’allonger avec le temps. Début mai, l’organisation syndicale des cadres et employés de bureaux, Unionen, apportait leur soutien à la grève des ateliers Tesla. En conséquence, les salariés de DEKRA International n’inspecteront plus les produits de la marque américaine.

« Aux USA et en Allemagne, les syndicats luttent également pour une convention collective »,

explique Johan Järvklo.

« Il s’agit en réalité d’une lutte globale dont la Suède est actuellement la scène principale ».

Dans l’unique usine européenne de Tesla à Grünheide, en Allemagne, l’homologue d’IF Metall, le syndicat IG Metall, est entré pour la première fois dans le conseil d’entreprise à l’occasion des dernières élections internes de début 2024. Cependant, le syndicat n’a pas atteint la majorité absolue des sièges et n’est donc légalement pas en mesure de négocier une convention collective, comme il est souhaité sur les salaires, entre autres. IG Metall travaille activement à recruter de nouveaux membres pour changer la donne.

La violation du droit à la négociation collective est de plus en plus répandue. Elle a, en effet, été observée dans plus de la moitié des pays européens en 2023 et dans 73% des pays du monde, d’après la Confédération syndicale internationale dans son dernier rapport annuel, l’Indice mondial des droits.

Raison de plus pour IF Metall de mener la grève jusqu’au bout.

« Il s’agit ici des droits des travailleurs et de leur pouvoir de négociations, c’est vital »,

ajoute M. Järvklo.

« Nous ne voulons pas que les prochaines entreprises prennent ce même chemin et refusent aussi les conventions collectives ».

Le syndicat n’a donc pas l’intention de baisser les bras après déjà huit mois de lutte. En comparaison, en 1995, les employées suédoises de Toys’r’us avaient lutté trois mois durant avant d’obtenir une convention.

Anders Kjellberg est sociologue à l’université de Lund et spécialiste des syndicats. Pour lui, cette grève se distingue des récents mouvements sociaux pour une raison : Tesla refuse toutes véritables négociations et fait appel à des briseurs de grève.

« Vingt-trois travailleurs venus de l’étranger ont remplacé les grévistes »,

explique M. Kjellberg pour qui cette stratégie est inédite.

« En 1995, Toys’r’us avait contourné la grève en faisant appel à des briseurs de grève au sein de l’usine. Ici, Tesla importe la main d’œuvre depuis ses ateliers en Europe. »

Un problème pour le mouvement qui perd de son efficacité, selon M. Kjellberg.

Au-delà des briseurs de grèves, Janis et son collègue ont des doutes sur les nouvelles recrues dans l’atelier de Malmö.

« Pour être embauché dans l’atelier maintenant, il suffit de montrer un grand intérêt pour Tesla »,

avancent-ils.

« Les qualifications ne sont pas indispensables ».

Un responsable commercial sort une voiture du garage pour une course de contrôle. Elle fait un bruit suspect, un frottement au niveau des roues. Janis s’approche du véhicule – il garde de bonnes relations avec ses collègues – et remarque rapidement que les roues avant et arrière sont inversées.

« C’est le manque d’expérience et le stress qui donnent ce résultat »,

remarque-t-il.

Selon les grévistes, l’atelier tourne actuellement au ralenti avec les nouvelles recrues. À l’intérieur du garage, une banderole est accrochée sur laquelle on aperçoit un hérisson en gilet jaune avec le slogan

« Tack, det är bra » (pour « Merci, c’est bon »,

en suédois). Une façon pour Tesla de leur signifier qu’elle s’en sort parfaitement sans eux et sans convention.

There is power in a union

Cette banderole symbolise bien l’attitude sourde de Tesla dans le conflit. Pourtant, face à la multinationale, IF Metall ne souhaite pas déclarer forfait. Le syndicat suédois discute avec ses homologues, IG Metall en Allemagne et United Auto Workers (UAW) aux États-Unis, sur une stratégie globale à adopter pour continuer la lutte.

Le 13 juin dernier, lors de l’assemblée annuelle des actionnaires de Tesla, un groupement d’investisseurs a appelé le conseil d’administration à adopter une politique de respect du droit d’association et de négociation au sein de l’entreprise. « Cette proposition a été écrite en coopération internationale avec plusieurs syndicats de travailleurs », souligne Johan Järvklo. La proposition a cependant été déclinée par l’assemblée.

Pour Janis, il n’y a aucune alternative. « Je resterai en grève pendant des mois ou bien des années pour avoir cette convention collective. Je le fais moins pour moi que pour la nouvelle génération, pour leur assurer de bonnes conditions de travail ».

C’est le moment de la relève au piquet de grève, Janis part chercher à manger. Avant son départ, il accomplit son rituel : rouler au pas devant le concessionnaire, fenêtres ouvertes, régler les haut-parleurs au maximum et jouer There is power in a union, l’hymne punk rock, composé par le Britannique Billy Bragg en 1986.

Photo credit: Guillaume Amouret

This article was originally published on Equal Times

Les syndicats exigent une forte implication dans la restructuration d’AngloAmerican

La réunion a mis l’accent sur la nécessité d’engager un dialogue social fort dans le cadre de la restructuration actuelle des activités d’AngloAmerican et sur l’incertitude entourant une offre publique d’achat potentielle de BHP ou d’un autre groupe. Le réseau mondial a exprimé ses préoccupations et son opposition à cet égard, car la culture et les valeurs des deux entités sont très éloignées.

Lors des échanges réservés aux syndicats, les dirigeants syndicaux ont passé en revue les dernières informations en provenance de leurs pays respectifs afin d’établir un programme commun pour la discussion avec la direction d’AngloAmerican. Parmi les questions prioritaires figuraient la liberté syndicale, le droit à des négociations collectives menées de bonne foi, la fin des conditions de travail précaires, l’absence de complaisance à l’égard des normes de santé et de sécurité et la garantie d’un salaire égal pour un travail équivalent.

Le deuxième jour, une réunion de dialogue mondial entre les syndicats et la direction d’Anglo American a confirmé qu’une restructuration était en cours pour rendre l’entreprise durable et que l’offre hostile, à laquelle Anglo s’oppose, accélérait la restructuration par “la configuration du portefeuille, l’excellence opérationnelle et la croissance”.

La restructuration, annoncée en mai, prévoit qu’Anglo American se sépare de plusieurs entreprises, dont De Beers, Anglo American Platinum et ses activités dans le domaine du charbon à coke. L’entreprise conservera ses mines de cuivre en Amérique du Sud et ses actifs de premier plan dans le domaine du minerai de fer. L’entreprise affirme que le cuivre est un minerai clé pour la transition énergétique. En revanche, elle se désengagera du charbon sidérurgique, du nickel et des diamants, ainsi que du platine. L’équipe de direction a également évoqué les performances en matière de sécurité, le cadre du leadership ainsi que les principes volontaires sur la sécurité et les droits de l’homme et l’égalité des sexes.

Jacques Hugo, Directeur général de l’UASA, a demandé à la direction d’AngoAmerican si elle avait “anticipé l’offre publique d’achat hostile lors de la planification de la restructuration”.

Phillip Vilakazi, Président adjoint du Syndicat national des mineurs, a insisté sur la nécessité d’une planification à long terme :

“Nous voulons savoir si AngloAmerican sera toujours là à l’avenir. C’est important pour la sécurité d’emploi des mineurs”.

En ce qui concerne l’égalité entre hommes et femmes, la multinationale a été invitée à poursuivre l’élaboration de politiques sur le lieu de travail visant à mettre fin à la violence et au harcèlement fondés sur le sexe, à fournir une protection de la maternité et des services de garde d’enfants ainsi qu’à combler l’écart de rémunération entre les hommes et les femmes qui, dans des pays comme le Brésil et l’Afrique du Sud, inclut également une discrimination raciale.

En ce qui concerne les pertes d’emploi, les affiliés sud-africains, NUM et UASA, ont déclaré qu’ils s’étaient sentis mis à l’écart lorsque des avis de licenciement ont été émis chez AngloAmerican Platinum, où plus de 4.000 emplois seront perdus. Ils ont souligné que le bien-être des travailleurs devait être pris en compte avant d’émettre ces annonces.

Les syndicats ont déclaré qu’AngloAmerican devait continuer à s’engager à respecter les normes d’exploitation minière durable promues par l’IRMA (l’Initiative pour une Certification responsable de l’Exploitation minière). À ce jour, trois exploitations minières d’Anglo American ont reçu la certification IRMA pour une exploitation minière responsable. Il s’agit de Mototolo et Amandelbult en Afrique du Sud, et d’Unki au Zimbabwe.

Des préoccupations en matière de santé et de sécurité ont été soulevées après le décès de trois personnes au Botswana et en Afrique du Sud à la suite d’accidents miniers. En Australie, des questions de santé et de sécurité au travail ont été soulevées concernant les exploitations à ciel ouvert et souterraines d’Anglo American, notamment en ce qui concerne la santé respiratoire, la gestion des gaz et l’interaction avec les véhicules.

“Une approche de diligence raisonnable en matière de droits de l’homme signifie qu’AngloAmerican doit prendre en compte les droits et les intérêts des travailleurs, même pendant cette période de transition, et que les travailleurs doivent avoir accès à des voies de recours par le biais de mécanismes de plainte afin de protéger leurs droits”,

a déclaré Glen Mpufane, Directeur pour l’exploitation minière et Responsable santé et sécurité auprès d’IndustriALL.

IndustriALL et Anglo American ont signé un protocole d’accord pour “convenir mutuellement d’un mécanisme de dialogue mondial dans le cadre duquel les questions d’intérêt mutuel, y compris et en particulier les relations sociales, le changement climatique, Industrie 4.0 et l’avenir du travail seront traitées et abordées conjointement”.

Soulignant l’importance de l’accord, Kemal Ozkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, a déclaré :

“Cet accord est une plate-forme de dialogue pour les activités dans différents pays. Le fait de s’impliquer dans un véritable dialogue social montre l’engagement d’IndustriALL à avoir des canaux de communication ouverts avec Anglo American”.

Dans le cadre de l’accord de 2021, les affiliés d’IndustriALL rencontrent la direction d’Anglo American une fois par an, mais sont convenus de se réunir plus fréquemment compte tenu des défis actuels de la restructuration et de l’offre publique d’achat hostile qui n’est pas écartée. L’autre considération est la possibilité d’autres prétendants en cette période où s’accélère la demande et la recherche d’accès aux minerais de transition essentiels, avec le spectre de fusions et acquisitions qui se profile à l’horizon.


 

La crise pour des travailleurs d'Amérique centrale devant la suspension des activités de Delta Apparel

Le 7 juin, les travailleurs des ateliers de Delta Apparel du Honduras ont été avertis par voie électronique que l'entreprise n'est pas en mesure de verser les salaires ou autres prestations, ce qui entraîne une suspension immédiate de 120 jours sans rémunération. Cette nouvelle inattendue a provoqué des protestations et des manifestations pour réclamer que les dirigeants de la société remédient à cette situation. La police a réagi vigoureusement, faisant notamment usage de gaz lacrymogène et de canons à eau et avec une occupation prolongée de l'accès à la zone franche d'exportation.

Au Honduras, des négociations d'urgence avec la Federación Independiente de Trabajadores de Honduras (FITH), affiliée à IndustriALL, ont obtenu le paiement des salaires et prestations au 5 juillet, mais les travailleurs restent dans l'incertitude quant à la suite des événements. Leur désarroi s'est encore accru quand ils ont appris que Delta Apparel mettait ses biens aux enchères, les empêchant de demander une saisie conservatoire pour gager leurs revendications.

Delta Apparel est un gros employeur au Honduras où il est implanté depuis presque trente ans et occupe près de 2.400 personnes chez Delta Honduras, Delta Cortes et Ceiba Textiles. La crise du secteurs des "maquilas", qui a provoqué une vague de fermetures et la perte de 34.000 emplois pour la seule année 2023, a eu des effets dévastateurs pour les travailleurs, les économies locales et le tissu social du pays.

La situation est tout aussi dramatique au Salvador et notre affilié, la Federación de Asociaciones y Sindicatos Independientes de El Salvador (FEASIES), a révélé que Delta Apparel vendait son usine Delta Plant Textiles La Paz LLC. La direction a indiqué que l'usine garderait son nom mais serait restructurée avec de nombreuses suppressions d'emplois. 600 travailleurs ont déjà été licenciés et l'entreprise refuse de fournir des indications sur ses nouveaux propriétaires ou sur le processus de restructuration.

"Les agissements de Delta Apparel violent la législation nationale et les normes internationales du travail; ils sont en contradiction avec les critères de diligence raisonnable qui imposent de consulter les parties intéressées, de faire montre de transparence et d'atténuer les conséquences négatives pour ceux qui subissent leurs décisions, comme les travailleurs et leurs organisations syndicales. Nous appelons Delta Apparel à rencontrer d'urgence IndustriALL et ses affiliés pour garantir le respect des droits au travail et se conformer à son devoir de diligence,"

a déclaré le secrétaire général d'IndustriALL, Atle Høie.

Photo : Shutterstock  


 

Le Chili ratifie enfin la convention 176 de l’OIT sur la sécurité dans les mines

Dans le but d’améliorer la santé et la sécurité dans l’industrie minière, le Chili est désormais l’un des 35 pays à avoir ratifié la Convention 176 de l’OIT. Cette convention établit un cadre juridique et d’inspection pour promouvoir la sécurité dans les mines et un environnement de travail digne. Elle donne également aux travailleurs le droit d’élire des représentants indépendants en matière de sécurité et le droit de refuser une tâche dangereuse.

Selon les statistiques d’accidents dans l’industrie minière extractive du Service national de géologie et d’exploitation minière du gouvernement chilien, treize personnes sont mortes dans des accidents miniers en 2023 et quatre depuis le début de l’année. Les affiliés d’IndustriALL du Chili, comme Constramet-Industrial Chile, font pression pour la ratification de la C176 depuis des années et participent activement à la campagne d’IndustriALL.

“Le Chili est un pays occupant une place importante dans l’industrie minière mondiale en tant que premier producteur de cuivre. Nous attendions la ratification de la C176 par le Chili après l’accident minier de Copiapó en 2010, alors que 33 mineurs avaient été piégés à 700 mètres sous terre pendant 69 jours. Le gouvernement chilien s’est alors engagé publiquement à ratifier la C176.

Au bout de 14 ans, cet engagement a été tenu. Il est maintenant temps de travailler à rendre les mines chiliennes plus sûres, avec la présence et l’implication des syndicats”,

a déclaré Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL.

La ministre chilienne du travail et de la sécurité sociale, Jeannette Alejandra Jara Román, a présenté l’instrument de ratification au Directeur général de l’OIT, Gilbert Houngbo, le 14 juin dernier au siège de l’OIT à Genève, en Suisse. La convention entrera en vigueur au Chili dans douze mois.

“La Convention 176 renforce nos normes de santé et sécurité dans le secteur minier, ce qui est particulièrement pertinent compte tenu de la nature minière du Chili et de la contribution essentielle de ce secteur économique au bien-être de sa population”.

a déclaré Jeannette Alejandra Jara Román.

Gilbert Houngbo a déclaré :

“Les mineurs travaillent souvent dans des environnements parmi les plus complexes et les plus dangereux et sont exposés à un grand nombre d’accidents et de maladies professionnelles. Cette convention est taillée sur mesure pour ces environnements, car elle propose une approche réglementaire moderne pour aborder les lieux de travail dangereux que sont les mines. Elle exige des gouvernements qu’ils élaborent une politique cohérente en matière de santé et sécurité dans les mines, en consultation avec les organisations d’employeurs et de travailleurs”.

Illustration : Mine de cuivre Radomiro Tomic, Region II de Antofagasta, Chili. Flickr.