La junte militaire survit grâce aux compagnies maritimes, au mépris des droits humains

Pour les syndicalistes du Myanmar et les Fédérations syndicales internationales IndustriALL Global Union et Fédération internationale des ouvriers du transport (ITF), les géants du transport maritime mettent leurs intérêts commerciaux avant les droits de l'homme en continuant à desservir le Myanmar.

Ces compagnies, Maersk, Mediterranean Shipping Company S.A. (MSC) et CMA CGM, dont les bénéfices se chiffrent chaque année en dizaines de milliards de dollars, sont essentielles à la survie de la junte militaire au pouvoir au Myanmar.

"La junte militaire birmane survit grâce à un commerce international qui fait fi des droits des travailleurs, des droits de l'homme et malgré les bombardements de sa population,"

déclare Maung Maung, le secrétaire général de la Confédération des syndicats du Myanmar (CTUM), affiliée à la Confédération syndicale internationale (CSI).

Dans le message qu'il adresse aux compagnies maritimes, il explique :

"Tous les conteneurs transportés sur vos navires appartiennent à des acolytes des militaires, parce qu'ils sont les seuls à pouvoir encore travailler dans ce pays aujourd'hui. Tout le carburant que vous embarquez au Myanmar vous est vendu par des gens dont les noms figurent sur les listes de sanctions américaines ou britanniques.

"Vos navires et vous-mêmes ne faites pas que soutenir une junte militaire faisant l'objet de sanctions du Royaume-Uni et des États-Unis, vous allez prochainement être désignés comme ceux qui violent ces sanctions et subir des actions contraignantes de la part de l'Office des sanctions du Royaume-Uni ou des normes de contrainte du Trésor américain."

Le commerce international est indispensable à la survie de la junte militaire au pouvoir au Myanmar car c'est ainsi qu'elle se procure les devises nécessaires pour acheter des armes, des munitions et du carburant et, alors qu'elle perd le contrôle de ses frontières terrestres, le commerce maritime devient de plus en plus vital.

À l'AGM de Maersk, au mois de mars à Copenhague, la déclaration faite par l'ITF aux actionnaires et aux dirigeants de l'entreprise leur demandait de supprimer cette bouée de sauvetage au régime militaire. Quelques jours plus tard, le Conseil européenne approuvait la tant attendue directive de l'Union européenne sur le devoir de diligence en matière de droits de l'homme, la Directive sur le devoir de vigilance des entreprises en matière de durabilité (CSDDD).

Le trafic de conteneurs le plus important avec le Myanmar est géré par Maersk, qui l'a encore développé en 2021, après le coup d'État militaire – tandis que d'autres compagnies envisageaient de quitter le pays – en lançant trois nouveaux porte-conteneurs. MSC a ouvert en 2016 un bureau à Rangoun qui emploie actuellement 15 personnes "au service … de clients locaux". De même la CMA CGM (Myanmar) Ltd a été créée en 2014 avec un bureau à Rangoun qui organise un "service de chargeurs hebdomadaire" à l'exportation et l'importation passant par la Malaisie.

Les produits d'exportation du Myanmar sont principalement les vêtements, les pierres précieuses, le bois et d'autres produits de consommation. Les syndicats birmans appel à un désinvestissement du pays afin d'assécher le régime en le privant des ressources dont il a besoin pour poursuivre l'oppression.

Des recherches effectuées par l'ITF montrent que, cette année, Maersk a acheminé des chargements en provenance du Myanmar pour H&M, Adidas et LL Bean. Elles montrent aussi que de nombreux navires de MSC ETCMA-CGM ont desservi les ports du Myanmar en 2024, dont Rangoun et Thilawa.

Le secrétaire général de la Fédération indépendante des gens de mer du Myanmar (IFOMS), Aung Kyaw Lin, actuellement en exil aux États-Unis, déclare :

"Ces compagnies maritimes ne devraient pas faire d'énormes profits en exploitant la misère de notre population; notre révolution contre la junte n'est pas une opportunité commerciale.

"Nous devons détrôner ces voyous et nous avons besoin de démocratie."

À son AGM de mars, Maersk a prétendu "suivre de très près la situation dans le pays", que "le commerce international peut être un puissant déclencheur du développement lorsqu'il suit une ligne durable et responsable", et qu'elle a "fait preuve d'un devoir de diligence accrue dans le domaine des droits de l'homme pour évaluer les risques pour les droits de l'homme et la manière dont les systèmes de gestion de Maersk préviennent ou atténuent ces risques".

Le secrétaire général d'IndustriALL, Atle Høie, a déclaré :

"Ce prétendu 'devoir de diligence accrue dans le domaine des droits de l'homme' est un artifice de langage répandu dans les entreprises qui choisissent d'ignorer les conclusions des comités de l'OIT sur la liberté syndicale et les violations des droits au travail et de l'avis rendu par l'Ethical Trading Initiative suivant lequel une diligence raisonnable n'est pas possible au Myanmar. La junte militaire a interdit presque tous les syndicats, tué des dizaines de militants syndicaux et arrêté beaucoup d'autres.

"Maersk a procédé à sa propre évaluation des risques – elle n'a pas été rendue publique – qui allègue une absence de risque pour les gens de mer, les employés de bureau et les ouvriers d'entrepôts qu'elle emploie. Mais la responsabilité de Maersk ne se limite pas à cela; en maintenant un lien commercial vital, Maersk offre une bouée de sauvetage au régime."

La position de Maersk est en faux par rapport aux initiatives européennes sur les chaînes d'approvisionnement, notamment la directive CSDDD de l'Union européenne et sa nouvelle réglementation sur le travail forcé. L'Organisation internationale du travail a constaté des violations de la convention sur le travail forcé et les syndicats dénoncent des cas de travail forcé dans des usines, ce qui laisse penser que Maersk et d'autres compagnies maritimes pourraient importer des produits fabriqués par de la main-d’œuvre forcée.

Le secrétaire général de l'ITF, Stephen Cotton, a déclaré :

"Il est évident que la junte militaire au pouvoir au Myanmar dépend du commerce extérieur pour sa survie, pour continuer les exactions que subissent quotidiennement les syndicalistes et la population du Myanmar.

"Il est désolant de voir des compagnies maritimes continuer à commercer avec le Myanmar, et il est surprenant d'entendre Maersk en particulier prétendre qu'elle peut en quelque sorte continuer à y fonctionner de manière responsable.

"Nous aimerions avoir la possibilité d'aider ces entreprises à reconsidérer de faire du commerce avec la junte militaire du Myanmar, pour ne pas être dans la face sombre de l'histoire et ne pas ternir leur image d'entreprises responsables et sensibles à l'aspect social."

Le CE de la région Asie-Pacifique se penche sur les droits des travailleurs dans un contexte de défis croissants

Le comité des femmes, qui s'était réuni avant le comité exécutif régional, a mis en lumière les grands enjeux qui se posent aux travailleuses. Ce sont le harcèlement sexuel dans le secteur minier, un écart salarial prononcé entre hommes et femmes dans les sphères politique et économique, la nécessité d'inclure les personnes LGBTQI+ dans les syndicats, et les impacts de l'intelligence artificielle sur les travailleuses.

Les rapports présentés ont souligné la situation désastreuse des jeunes travailleuses au Myanmar, qui fuient le pays pour échapper à la loi sur la conscription forcée de la junte militaire. En Indonésie, l'entrée en vigueur de la Loi multiple (loi Omnibus) a fortement affaibli les droits des travailleurs.

Les affiliés d'IndustriALL d'Asie du Sud font pression sur les gouvernements pour qu'ils retirent les réformes régressives de la législation du travail et prennent des mesures pour endiguer les décès de mineurs et les accidents industriels, particulièrement au Pakistan et en Inde. Ils réclament aussi l'arrêt immédiat de la violence contre les syndicalistes et les activités syndicales légitimes, surtout au Bangladesh.

Devant les pressions énormes qu'exerce l'inflation, les affiliés d'IndustriALL des Philippines et de Malaisie réclament un salaire de subsistance décent. Aux Philippines, les syndicats soutiennent la Wage Recovery Act, qui propose une augmentation du salaire journalier de 150 pesos (2,70 $) dans le privé. Les syndicats malaisiens préconisent une politique salariale progressive obligatoire pour remédier à la stagnation des salaires.

Le vice-président d'IndustriALL et coprésident de la région Asie-Pacifique, Akihiro Kaneko, a déclaré :

"Il s'agit d'une année cruciale pour nous tous, les résultats des élections dans la région pourraient avoir une influence déterminante sur la situation des travailleurs. Il est extrêmement important que les syndicats de la région restent unis pour combattre les politiques de gouvernements hostiles aux travailleurs et protéger les droits de nos adhérents."

Les dirigeants syndicaux ont aussi fait rapport sur leurs pays respectifs et ont révélé des conditions d'emploi dramatiques. En Inde, par exemple, 40 pour cent des travailleurs du secteur manufacturier sont des contractuels qui n'ont pas, pour la plupart, de protection sociale ni de congés payés. L'entrée en vigueur, en 2021, du Code de la santé et la sécurité professionnelles et des conditions de travail a régularisé les contrats à durée déterminée indéfinis en Inde, ce qui a encore accru l'insécurité d'emploi.

En Indonésie, les affiliés ont négocié avec succès une politique de tolérance zéro contre la violence et le harcèlement fondés sur le genre dans 82 entreprises. 

Khaing Zar, du Myanmar, a décrit la répression militaire qui se poursuit dans son pays et qui impacte fortement l'existence des jeunes travailleuses. De même, au Bangladesh, la répression des manifestations de l'an dernier pour le salaire minimum a été brutale, causant des blessés et des inculpations infondées contre des syndicalistes.

Les jeunes syndicalistes ont demandé instamment un renforcement des processus inclusifs dans les syndicats. Le secrétariat d'IndustriALL a fait rapport sur ses activités dans la région et sur les grandes actions syndicales. Le secrétaire général adjoint Kemal Özkan a rendu compte des actions au niveau global, y compris des discussions au conseil d'administration de l'OIT et d'une directive sur les droits de l'homme adoptée par le Parlement européen.

"Nous devons préparer notre organisation aux défis de demain. Il est essentiel d'adopter une stratégie efficace pour lutter pour les droits des travailleurs et pour les droits syndicaux dans la situation périlleuse que nous traversons. L'Asie-Pacifique est une région très importante, c'est pourquoi les apports de responsables de la région sont précieux,"

a déclaré Kemal Özkan.

Le comité des femmes de l'Asie-Pacifique, qui s'est réuni le 15 avril, a entamé un vaste dialogue sur la politique d'IndustriALL sur la violence et le harcèlement fondés sur le genre, le sexisme et la misogynie. Les discussions ont porté notamment sur la mise en application de cette politique, sur les plans en matière d'audits de genre participatifs et sur les initiatives de formation à l'intention des affiliés.

De grandes avancées ont été signalées au cours de la réunion, comme le fait que les Philippines aient ratifié la convention 190 de l'OIT au terme d'une longue campagne syndicale. Au Japon sont organisés des ateliers portant sur les préjugés sexistes conscients et inconscients, tandis que des leaders australiens ont souligné les éléments de la Fair Work Act relatifs à l'égalité de genre. Des dirigeantes d'Asie du Sud ont insisté sur l'importance d'une prise en compte de la violence et du harcèlement fondés sur le genre dans la région.

Au Lesotho, le syndicat poursuit Adient Automotive devant le tribunal du travail pour violation des droits syndicaux

Adient Automotive fournit des sièges de voiture aux usines BMW, Ford, Mercedes Benz, Nissan et Volkswagen en Afrique du Sud. Sur les 1.000 travailleurs employés par Adient Automotive à Maseru, 800 sont membres de l’IDUL, affilié à IndustriALL.

Selon l’IDUL, le conflit a débuté dès lors que Adient Automotive a commencé à ignorer l’accord de reconnaissance qu’elle avait signé avec le syndicat en 2015. En vertu de la loi, un syndicat doit représenter plus de 50 % des salariés d’une usine pour pouvoir signer un accord de reconnaissance avec l’employeur. L’accord donne au syndicat le droit de négocier les conditions d’emploi au nom de ses membres et d’engager des négociations collectives avec l’employeur.

Toutefois, le syndicat affirme qu’Adient Automotive a bafoué le droit du travail et rompu le contrat en cessant de déduire les cotisations syndicales pour les reverser au syndicat conformément au droit du travail. En outre, le syndicat affirme que des actes posés par l’entreprise visent à frustrer les travailleurs. Pour mettre un terme à ces pratiques déloyales, l’IDUL a relevé les infractions et a porté plainte contre Adient Automotive devant le DDRP.

May Rathakane, Secrétaire générale de l’IDUL, a déclaré :

“Nous avons fait part de nos préoccupations lors de réunions avec la direction locale, qui nous a dit que la décision d’ignorer l’accord avait été prise aux États-Unis, où la direction générale se situe. Nous contestons cette décision parce qu’elle n’est pas conforme au droit du travail du Lesotho.”

Paule France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique sub-saharienne, a pour sa part indiqué :

“Les multinationales doivent respecter le droit du travail national et les normes internationales du travail, en particulier la liberté d’association. Les droits syndicaux portant sur le recrutement et la négociation collective doivent être respectés et nous attendons d’Adient Automotive qu’elle respecte les droits des travailleurs et travailleuses du Lesotho et qu’elle mette fin au dénigrement du syndicat et autres activités antisyndicales.”

Adient Automotive est une filiale d’Adient Engineering, cotée en bourse de New York. L’entreprise emploie plus de 70.000 travailleurs et travailleuses dans des usines réparties dans 30 pays. Adient Engineering est une spin-off de sa société mère, Johnson Controls, qui a émis des actions pour créer la nouvelle société en 2016. Elle fabrique des armatures, des mécanismes de siège, de la mousse, des appuie-tête, des accoudoirs, des revêtements et d’autres accessoires de siège de véhicule.

La santé mentale, une part importante de la santé et la sécurité

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) définit la santé mentale comme un état de bien-être qui permet à chacun de réaliser son potentiel, de faire face aux difficultés normales de la vie, de travailler avec succès et de manière productive, et d'être en mesure d'apporter une contribution à la communauté.

Les risques pour la santé mentale au travail, aussi appelés risques psychosociaux, sont notamment la sous-utilisation des compétences ou le fait d'être sous-qualifié, une charge de travail ou un rythme de travail excessif, le manque de personnel, des horaires prolongés, rigides et incompatibles avec la vie sociale, des conditions de travail dangereuses ou pénibles, et la violence, le harcèlement ou l'intimidation.

Les risques psychosociaux sont de plus en plus répandus sur le lieu de travail, y compris pour les travailleurs cols-blancs, avec le développement des nouvelles technologies et l'accélération du rythme de travail qui l'accompagne. Dans l'Union européenne, 88 pour cent des travailleurs ont connu des problèmes de stress au travail. Selon Eurocadres, 60 pour cent des journées de travail perdues peuvent être attribués à un stress lié au travail et aux risques psychosociaux.

Pour Armelle Seby, la directrice d'IndustriALL en charge des travailleurs cols-blancs :

"La santé mentale reste souvent méconnue, sous-financée et mise au second plan par rapport à la santé physique. Les législations relatives aux risques psychosociaux et aux obligations des employeurs sont souvent insuffisantes. De plus, les personnes souffrant de problèmes mentaux sont souvent stigmatisées, discriminées et exclues. Une généralisation de cette stigmatisation élève des barrières. Certains employeurs rechignent à embaucher des personnes atteintes de troubles de santé mentale et certains travailleurs peuvent hésiter à se confier ou à demander de l'aide par crainte de répercussions sur leur carrière."

Bien que la protection de la santé mentale de leurs travailleurs relève du devoir de diligence des employeurs, les organisations syndicales ont un grand rôle à jouer en réduisant les problèmes de santé mentale sur le lieu de travail. Il est important qu'elles comprennent ces risques et connaissent les réponses à apporter. Elles peuvent agir avec les employeurs pour évaluer les risques, réorganiser le cadre de travail pour réduire les risque psychosociaux et préconiser la présence de formateurs aux troubles mentaux sur le lieu de travail.

L'OMS et l'Organisation internationale du travail (OIT) ont élaboré des principes directeurs à l'intention des organisations syndicales comportant des plans d'action visant directement les conditions de travail dans le but d'éviter une dégradation de la santé mentale ou physique et de la qualité de vie et d'évaluer et modifier, atténuer ou éliminer les risques psychosociaux pour la santé mentale.

Les conventions fondamentales de l'OIT sur la santé et la sécurité des travailleurs (SST) et sur le cadre promotionnel pour la sécurité et la santé au travail visent à protéger à la fois la santé physique et mentale des travailleurs et à prévenir les maladies et accidents professionnels. Ensemble, ces conventions permettent la mise en place d'une approche systémique de la gestion de la SST en définissant les responsabilités, obligations et droits fondamentaux dans ce domaine, et en mettant l'accent sur les rôles complémentaires des gouvernements, des employeurs et des travailleurs pour l'instauration de milieux de travail sûrs et sains.

Des syndicats tels que Unite the Union au Royaume-Uni et l'USW au Canada ont publié leurs propres principes directeurs pour aider leurs délégués d'atelier, les délégués de santé et d'hygiène et leurs membres à faire face aux problèmes de santé mentale et à la discrimination au travail, et pour faire campagne et promouvoir la santé mentale dans la négociation.

Les syndicats de Singapour participent à une instance consultative tripartite sur le bien-être mental au travail qui a été créée en réaction à une multiplication des problèmes de santé mentale au travail. Cette instance, composée du ministère du Travail (MOM), du National Trades Union Congress (NTUC) et de la Singapore National Employers Federation (SNEF), donne des conseils pratiques sur les mesures que les employeurs peuvent prendre pour favoriser le bien-être mental de leurs salariés et met des ressources à la disposition des employeurs, des salariés et des travailleurs indépendants.

Ces mesures consistent en la réalisation d'enquêtes destinées à comprendre l'état général de bien-être et les éléments générateurs de stress au travail, la désignation de champions du bien-être mental au travail pour inciter la haute direction à mettre en œuvre des politiques et un soutien, à organiser des activités, des programmes et des ressources pour stimuler la santé mentale des salariés, à instaurer un système pour aiguiller les personnes en détresse vers des professionnels, à revoir les politiques de ressources humaines et du lieu de travail dans un but de soutien à la santé mentale des salariés, et à appliquer des politiques de retour au travail qui accompagnent les salariés en rémission de problèmes de santé mentale.

"À Singapour et dans mon syndicat, nous considérons la santé mentale comme un risque de santé et sécurité au travail. Nous organisons des ateliers avec des travailleurs et des représentants syndicaux, nous leur offrons des ressources en ligne et hors ligne qui aident les travailleurs à surveiller leur santé mentale. Dans nos ateliers de bien-être mental, nous formons nos travailleurs à affronter le stress, notamment par des exercices et des classes de fitness leur permettant de conserver la forme physique et de déstresser,"

déclare Patrick Tay Teck Guan, du National Trades Union Congress, qui est aussi coprésident de la division des travailleurs cols-blancs d'IndustriALL.

Sur la question de l'incidence du télétravail sur la santé mentale, le syndicat français CFE-CGC Métallurgie évalue la charge de travail afin de déceler toute surcharge susceptible d'être préjudiciable à la santé mentale et physique des salariés. Ils doivent ensuite savoir comment la réguler et éviter toute surcharge future.

Corinne Schewin, de la CFE-CGC Métallurgie, et coprésidente de la division des travailleurs cols-blancs, déclare :

"Les délégués syndicaux visitent différents départements et parlent avec les travailleurs afin d'évaluer leur bien-être mental. Nous vérifions leur durée de sommeil, nous examinons le cadre de travail, puis nous nous entretenons avec le service des ressources humaines et les informons que les cadres ont besoin d'aide. Nous avons aussi, dans les conventions collectives avec les entreprises, des clauses protégeant la santé mentale des travailleurs; ces clauses portent sur la qualité du travail et sur les conditions de travail."

Armelle Seby ajoute :

"S'agissant de la santé mentale au travail, il est important que les syndicats participent à la gestion des risques, arrêter l'ordre de priorité des actions à mener, élaborent des plans d'action et assurent leur suivi et leur évaluation. Il faudrait aussi que les syndicats suscitent une meilleure compréhension de la santé mentale et du bien-être mental au travail, fassent changer les attitudes face aux troubles de santé mentale afin de réduire la stigmatisation, encouragent les comportements de recherche d'aide, mettent en place des mécanismes de lutte contre le harcèlement au travail et protègent les victimes et soutiennent les personnes souffrant de troubles de la santé mentale."

Photo: Shutterstock 

Une grande victoire pour les travailleurs contractuels au Pakistan

La Cour suprême a débouté la direction d'IFFCO qui contestait les précédentes décisions de juridictions inférieures en faveur de travailleurs contractuels et de leur syndicat.

En 2014, quelque 90 travailleurs contractuels d'IFFCO Pakistan avaient introduit un recours devant la Commission nationale des relations du travail (NIRC), à Karachi, contre des pratiques de travail iniques et des violations de la liberté d'association des travailleurs. La direction traitait les travailleurs contractuels différemment de ses salariés et ne les autorisait pas à se syndiquer auprès du syndicat existant ni à créer leur propre syndicat.

Alors que la décision de la NIRC était tombée en 2020, la commission avait accordé un sursis aux plaignants en ordonnant à l'entreprise de laisser les travailleurs continuer à travailler dans l'usine jusqu'à ce qu'elle statue en dernier recours. Entretemps, en 2017, les travailleurs contractuels d'IFFCO ont demandé l'enregistrement de leur syndicat qui a été accordé dans l'année. En réaction, la direction a pressenti la Haute cour du Sindh pour contester cette décision. En outre, elle a licencié, un par un et de manière illégale, les syndicalistes qui ont, à leur tour, porté plainte à la NIRC.

En 2020, la NIRC de Karachi a statué que "ces travailleurs ont été privés des avantages légaux dont bénéficient d'autres salariés affiliés au syndicat CBA, et ils ne sont pas autorisés à adhérer au syndicat CBA ni à bénéficier des prestations et avantages offerts aux adhérents du CBA, alors que la nature de l'emploi et des tâches est identique, et ils subissent donc un traitement inéquitable". Elle précisait en outre que la décision de l'entreprise de licencier des travailleurs constitue une violation de l'ordonnance provisoire de la cour. La cour a ordonné le versement de 30.000 roupies à titre d'indemnisation à chaque travailleur et la réintégration des travailleurs licenciés avec arriérés de salaires.

Au terme de dix ans d'une longue bataille juridique, pendant laquelle les juridictions inférieures sollicitées par la direction ont confirmé la décision de la NIRC de Karachi, la Cour suprême a elle aussi statué en faveur des travailleurs en rejetant les 55 recours introduits par la direction. La décision de la Cour suprême doit encore être mise en application.

Le syndicat des travailleurs contractuels d'IFFCO est affilié à IndustriALL par le biais de la Fédération pakistanaise des syndicats de travailleurs de la chimie, de l'énergie, des mines et des industries diverses (PCEM).

Imran Ali, le secrétaire général de la PCEM, a déclaré :

"C'est une grande victoire par les travailleurs contractuels d'IFFCO, même s'il est à déplorer que les procédures juridiques de notre pays soient telles que les travailleurs précaires aient à attendre dix longues années pour obtenir enfin justice. Nous exhortons la direction d'IFFCO à appliquer immédiatement l'arrêt de la cour."

Ashutosh Bhattacharya, le secrétaire régional d'IndustriALL pour l'Asie du Sud, a déclaré :

"Nous félicitons les travailleurs d'IFFCO et notre affilié PCEM pour le combat qu'ils ont livré. IndustriALL salue la lutte des travailleurs précaires et leur exprime sa solidarité."

Khaing Zar Aung reçoit le prix international Arthur Svensson pour les droits syndicaux

Khaing Zar a commencé son parcours dans le mouvement syndical en tant qu’ouvrière de l’habillement à l’âge de 16 ans. Son travail de défense des droits a pris une forme plus précise lorsqu’elle a émigré en Thaïlande en tant qu’ouvrière et a commencé à former d’autres travailleurs migrants à leurs droits. Avec les premiers pas du Myanmar vers la démocratie, elle est rentrée dans son pays et a rapidement pris la tête de la Fédération des travailleurs industriels du Myanmar (IWFM). Elle a également joué un rôle important au sein de la Confédération des syndicats du Myanmar (CTUM), qui n’a été légalisée qu’en 2012.

Sous sa direction, l’IWFM a réalisé des progrès significatifs dans la syndicalisation des travailleurs et travailleuses, notamment en favorisant l’émancipation des jeunes femmes au sein de l’industrie textile en plein essor, qui a connu un boom avec l’arrivée de marques internationales à la recherche d’une main-d’œuvre abordable.

Le coup d’État militaire de 2021 au Myanmar a contraint Khaing Zar Aung à se réfugier en Allemagne. Malgré son exil, elle a continué à défendre la cause des travailleurs et travailleuses du Myanmar sur la scène internationale. Elle a exhorté les marques internationales à rompre leurs liens avec le Myanmar et a fait pression sur l’Union européenne pour qu’elle suspende ses préférences commerciales jusqu’à ce que la junte cède le pouvoir.

Le régime militaire a constamment réprimé l’opposition, ce qui a entraîné plus de 4.600 décès et la détention de 25 à 30.000 personnes, dont de nombreux syndicalistes qui résistent activement à la junte. Dans cette tourmente, le mouvement syndical a joué un rôle essentiel en coordonnant des manifestations à grande échelle et en formant l’Alliance syndicale du Myanmar, qui soutient le mouvement de désobéissance civile visant à rétablir le gouvernement démocratique.

Aujourd’hui, une alliance de divers groupes ethniques, de jeunes, d’étudiants, d’entités politiques et de syndicats, sous la direction de personnalités telles que Khaing Zar Aung, se bat non seulement pour un retour aux conditions d’avant le coup d’État, mais aussi pour l’instauration d’une véritable démocratie fédérale.

La situation au Myanmar continue de se détériorer en raison de l’application récente par la junte militaire d’une loi sur la conscription. Cette loi est une tentative désespérée de remédier à la pénurie de main-d’œuvre pendant les conflits et la résistance, intensifiant ainsi la peur et l’instabilité de la population.

Obligés de servir sous un régime auquel ils sont opposés, de nombreux citoyens du Myanmar fuient ou rejoignent les forces d’opposition, contribuant ainsi au chaos intérieur et à l’instabilité régionale. Ce contexte souligne l’importance cruciale du plaidoyer de Khaing Zar et du rôle de la communauté internationale dans le soutien à la lutte du Myanmar pour la démocratie et les droits du travail.

Lors d’une réunion de jeunes de l’IndustriALL en mars 2024, Khaing Zar a déclaré que

"Les jeunes travailleurs s’opposent à la conscription parce qu’elle est imposée par la junte sans le consentement du peuple et des travailleurs et qu’elle oblige les gens à s’entre-tuer. La loi sur le service militaire populaire devrait être utilisée pour la défense nationale contre les menaces extérieures, et non à des fins de conflit interne."

Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL Global Union, a exprimé son admiration et son soutien à Khaing Zar Aung,

“Le prix Arthur Svensson lui a été décerné cette année pour son incroyable travail en faveur des droits syndicaux au Myanmar et sa lutte pour le retour de la démocratie dans ce pays. Puisse ce prix mettre en lumière la situation catastrophique des travailleurs du Myanmar sous la junte militaire et contribuer à sa chute”.

Le prix Arthur Svensson est non seulement une reconnaissance des sacrifices et du leadership de Khaing Zar Aung, mais il met également en lumière la lutte actuelle pour la démocratie et les droits fondamentaux du travail au Myanmar.

La cérémonie de remise du prix est prévue à Oslo le 12 juin, où la communauté syndicale internationale rendra hommage à Khaing Zar Aung.

Les syndicats sud-africains signent une convention collective de cinq ans avec Harmony Gold

L’accord prévoit des augmentations salariales supérieures au taux d’inflation. Les salaires des travailleurs sont protégés par le fait que, pour les cinq prochaines années, ce que prévoit l’accord sur l’inflation est supérieur aux prévisions de la Banque de réserve sud-africaine, qui sont de six pour cent ou moins. En outre, ils ont obtenu des augmentations des allocations de logement, du régime d’options d’achat d’actions pour les salariés ainsi que d’autres avantages.

Harmony Gold, qui est cotée en bourse à New York et à Johannesburg, est le plus grand producteur d’or du pays. Elle déploie ses activités dans des mines souterraines, des mines à ciel ouvert ainsi que des opérations en surface et emploie environ 36.000 personnes.

L’accord signé par les affiliés d’IndustriALL, à savoir le syndicat de mineurs NUM, le syndicat de métallurgistes NUMSA et l’UASA, ainsi que par deux autres syndicats, AMCU et Solidarity, entre en vigueur le 1er juillet.

Cette convention, qui couvre le secteur de l’or, a été conclue trois mois avant l’expiration de la CCT actuelle. Les syndicats ont déclaré que la signature de l’accord avant qu’une impasse ou un conflit ne soit déclaré était sans précédent et constituait une étape positive vers la paix sociale.

Mpho Phakedi, Secrétaire général par intérim du NUM, a déclaré :

“Cet accord est une étape importante en ce sens qu’il protège les salaires des mineurs contre l’inflation et l’augmentation du coût de la vie. En outre, les travailleurs ont obtenu des augmentations des allocations de subsistance qu’ils utilisent pour payer leurs loyers et des allocations de logement, qui permettent d’acheter une maison. Toutefois, nous continuerons à tenir l’accord à l’œil pour nous assurer que ces avantages ne soient pas compromis ou érodés au fil du temps”.

Irvin Jim, Secrétaire général du NUMSA, a déclaré :

“Le NUMSA souhaite remercier ses responsables et dirigeants régionaux pour leur travail acharné en vue d’obtenir cet accord. Nous continuons à montrer la voie en tant que syndicat qui se bat pour améliorer les conditions et les avantages des travailleurs et de leurs familles”.

Jacques Hugo, Directeur général de l’UASA, a ajouté :

“Des ajustements justes et raisonnables sont essentiels à la négociation collective. Pour la première fois, cinq syndicats ont collaboré et négocié sur un front uni”.

Glen Mpufane, Directeur des mines pour IndustriALL, a déclaré :

“Nous nous félicitons du bon esprit qui ressort de ces négociations. Cette convention collective est une victoire pour les travailleurs et pour l’unité syndicale. Il est important de souligner que les négociations ne doivent pas toujours être synonymes de conflits interminables, comme cela a été le cas par le passé ; elles peuvent également se conclure à l’amiable.”

Explorer la transition énergétique et l'Industrie 4.0 dans les Balkans occidentaux

Le but était d'étudier les défis et les opportunités en rapport avec la transition énergétique dans la région. L'atelier a servi de plateforme pour un examen en profondeur des modalités de la transition vers des économies fondées sur la connaissance, un parcours riche de défis et d'opportunités.

Un des thèmes dominants qui est ressorti des discussions était le besoin pressant d'une main-d’œuvre qualifiée, un atout critique pour naviguer dans les complexités de la transformation économique. Les affiliés ont discuté du profil des économies en transition, mettant l'accent sur la nécessité d'investir dans la recherche et le développement, de cultiver une main-d’œuvre compétente et d'offrir des mesures d'incitation pour stimuler les efforts en matière de décarbonation.

Dans le contexte de la transition verte et de l'arrivée de l'Industrie 4.0, les syndicats ont insisté sur l'importance de la collaboration entre les parties prenantes, en particulier dans le secteur de l'automobile et l'écosystème de l'innovation élargi. À leurs yeux, de telles actions collaboratives sont essentielles pour renforcer la compétitivité dans un contexte de flambée des prix de l'énergie et d'une concurrence acharnée avec des homologues globaux.

Isidora Beraha, qui représentait l'Institut des sciences économiques, a donné un aperçu des dynamiques régionales et du potentiel de transformation des chaînes de valeur industrielles des pays des Balkans occidentaux. Soulignant le rôle crucial de la coopération régionale, elle a expliqué comment les pistes suivies peuvent aider les entreprises de la région à monter dans l'échelle des chaînes de valeur mondiales, renforçant de la sorte leur compétitivité sur la scène internationale.

"Les défis et les besoins d'investissement qui accompagnent le processus d'élargissement de l'Union européenne pèsent aussi sur les pays des Balkans occidentaux. Nous devons veiller à ce que le processus de transformation soit régi par les principes d'une transition juste mettant en avant les droits essentiels des travailleurs et des organisations syndicales. Dans le contexte d'une nécessaire décarbonation, nous devons délaisser une stratégie axée sur le profit pour des schémas de production et de consommation plus durables avec une participation active des organisations syndicales. La transition n'est pas possible sans les travailleurs, ce qui veut dire qu'il faut renforcer le dialogue social et leur donner une place à la table des négociations. Rien de ce qui nous concerne sans nous !"

a expliqué Judith Kirton-Darling, la secrétaire générale d'IndustriALL Europe.

L'atelier n'a pas seulement été un forum de dialogue, mais aussi l'occasion d'élaborer des stratégies d'action pour naviguer entre les écueils de la transition énergétique. Parce qu'ils stimulent la collaboration, le partage des connaissances et l'action collective, IndustriALL Global Union, IndustriALL Europe et leurs affiliés sont à l'avant-garde de l'instauration d'un changement positif et de l'évolution vers un avenir durable pour la région des Balkans occidentaux.

"Cet atelier met en lumière la détermination d'IndustriALL et de ses partenaires à affronter les problèmes les plus prégnants, en donnant le cap vers un avenir qui ne soit pas seulement durable mais aussi équitable, inclusif et juste pour tous,"

a déclaré Kan Matsuzaki, secrétaire général d'IndustriALL Global Union.

Les syndicats indiens luttent en faveur des droits des travailleurs

Lors d’un débat stratégique sur la santé et la sécurité au travail le 3 avril dernier, les affiliés indiens ont affirmé que la sécurité industrielle dans le pays était en lambeaux. Selon la Direction générale des conseils d’usine et des instituts du travail, il y a eu chaque année depuis 2021 au moins 1.029 accidents, entraînant la mort de plus de 1.000 travailleurs et travailleuses et causant des blessures graves à plus de 3.000 autres. Les accidents et les maladies liés au travail restent largement non répertoriés, d’autant que les victimes sont principalement des travailleurs et travailleuses précaires.

En Inde, les syndicats s’élèvent contre l’augmentation des formes de travail en sous-traitance ou précaire, qui comportent des risques accrus pour la santé et la sécurité. Il est urgent de syndiquer les travailleurs et travailleuses précaires.

Gautam Mody, membre du Comité exécutif d’IndustriALL et coordinateur de Unions United, a déclaré :

“85 % des travailleurs et travailleuses de l’industrie manufacturière indienne occupent des emplois précaires. Leur intégration dans les syndicats est la pièce maîtresse de la construction de notre pouvoir et notre plus grand défi. Une convergence de stratégies et d’objectifs est essentielle pour défendre les droits des travailleurs.”

Les affiliés ont également souligné la négligence constante par rapport aux maladies et aux risques professionnels ; les modifications apportées au droit du travail ont encore davantage compromis la sécurité sur le lieu de travail.

S Q Zama, membre du Comité exécutif d’IndustriALL et Secrétaire général de la Fédération nationale indienne des mineurs (INMF-INTUC), a déclaré :

“IndustriALL et ses affiliés indiens ont constamment exprimé leurs préoccupations en matière de santé et sécurité depuis la pandémie de Covid-19. Le gouvernement indien ne doit pas faire de compromis sur la sécurité et doit immédiatement ratifier les conventions de l’OIT sur la santé et la sécurité, notamment les Conventions 155, 183 et 176, et veiller à ce que l’Inde se conforme à la Convention 81 de l’OIT sur l’inspection du travail.”

Mais au milieu des horreurs liées à la multiplication des incidents sur le lieu de travail, il y a aussi des exemples de victoires syndicales significatives. Grâce à la lutte acharnée d’IndustriALL et de ses affiliés, la Convention de Hong Kong devrait entrer en vigueur en 2025.

Lors de la réunion du Conseil d’IndustriALL pour l’Inde, le 4 avril dernier, les affiliés ont mis en avant leurs luttes en vue de construire un pouvoir syndical. Parmi les actions partagées, on peut citer les tentatives de syndicalisation des cols blancs dans une usine Siemens, la régularisation de 2.700 travailleurs chez Tata Motors, la lutte contre l’utilisation de travailleurs précaires et de stagiaires dans les mines de charbon du secteur public, la cartographie de la manière dont le changement climatique affecte en aval les travailleuses dans l’industrie du démantèlement des navires et une victoire significative pour les travailleurs précaires dans la sidérurgie.

Les dirigeants syndicaux ont souligné qu’à l’avenir, les questions liées à la transition juste, à la diligence raisonnable, à la santé et la sécurité au travail, y compris la violence et le harcèlement fondés sur le sexe, au travail précaire et aux normes fondamentales du travail doivent être considérées comme prioritaires.

Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL, a déclaré :

“Avant le Congrès d’IndustriALL en 2025, nous devons revoir notre plan d’action et nous assurer que nos priorités soient claires. Il ressort clairement de ce débat que nous devons faire avancer notre lutte pour l’inclusion des travailleurs et travailleuses précaires, ainsi que celle des femmes et des jeunes, dans nos syndicats. Nous devons vraiment rendre nos syndicats plus inclusifs. Nous devons également traiter les accidents du travail avec une absolue tolérance zéro. Il est honteux que la vie des travailleurs et travailleuses soit considérée comme sans valeur.”

Au cours d’un atelier sur la violence et le harcèlement fondés sur le sexe sur le lieu de travail, les femmes dirigeantes ont débattu des facteurs de risque qui y contribuent, ainsi que des mesures pour leur prévention, tant sur le lieu de travail que dans les espaces syndicaux. Un plan d’action a été élaboré : sensibilisation, évaluation de l’efficacité des comités internes aux usines permettant le dépôt de plaintes, organisation de formations axées sur la violence liée au sexe, élaboration d’une politique d’égalité des sexes au sein des syndicats et augmentation de la représentation des femmes dans les divers comités. Elles ont également décidé de relancer le Comité des femmes pour l’Inde et d’en préciser le mandat.

Le 19 avril, journée d'action en solidarité aves les syndicalistes biélorusses

Le 18 juillet 2022, la Cour suprême a décidé de liquider et dissoudre le Congrès biélorusse des syndicats démocratiques (BKDP) et ses quatre membres, dont trois sont affiliés à IndustriALL : le Syndicat indépendant biélorusse (BITU ou BNP), le Syndicat des travailleurs de la radio et de l'électronique (REP), le Syndicat libre de Biélorussie (SPB) et le Syndicat libre des travailleurs de la métallurgie (SPM). 

La condamnation de dirigeants syndicaux pour avoir exercé leur droit légitime à la liberté syndicale constitue une violation des principes de la liberté d'association. Les droits syndicaux perdent tout leur sens faute d'un respect total des libertés civiles inscrites dans la Déclaration universelle des droits de l'homme et dans le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, notamment en ce qui concerne le droit à la liberté et à la sécurité de l'individu, le droit de ne pas être arrêté ou détenu arbitrairement, la liberté d'opinion et d'expression, la liberté de réunion, le droit à un procès équitable et le droit à la protection de la propriété syndicale.

Le secrétaire général d'IndustriALL, Atle Høie, a déclaré :

"Nous exigeons des autorités biélorusses qu'elles libèrent immédiatement et sans condition les syndicalistes arrêtés, tous les défenseurs des droits de l'homme et les prisonniers politiques, et qu'elles cessent de réprimer les syndicats indépendants et les personnes qui réclament le respect de leurs droits fondamentaux, y compris en abandonnant toutes les charges liées à la participation à des manifestations pacifiques et à des actions industrielles."

IndustriALL continuera à soutenir publiquement le mouvement pour des syndicats indépendants et la démocratie en Biélorussie et utilisera sa voix mondiale pour condamner la lourde oppression à laquelle ils sont confrontés. 

Rejoignez la campagne en entreprenant certaines des actions suivantes :

Rejoignez la réunion en ligne organisée par la CSI et la CES, le 19 avril de 9h30 à 11h00 CEST, dans le cadre de la Journée d'action pour les droits syndicaux et la démocratie en Biélorussie. Elle se déroulera en anglais et en russe et vous pouvez vous inscrire ici