Syngenta refuse de régulariser au Pakistan 50 travailleurs contractuels

Maintenant, sans avoir réussi à obtenir un soutien juridique malgré les efforts d’un célèbre cabinet d’avocats au Pakistan, la direction tente d’établir un syndicat jaune et d’écraser le syndicat des salariés de Syngenta. Le petit syndicat des salariés de Syngenta est membre de la fédération des syndicats de travailleurs de la chimie, de l’énergie, des mines et des industries diverses du Pakistan (PCEM) affiliée à IndustriALL. Le secrétaire général licencié, le camarade Imran Ali, qui est également président de la PCEM, a appris son licenciement dans le journal local. Il a clairement été licencié en raison de ses activités syndicales.

Le secrétaire général de la PCEM, Muhammad Suhail, a pris contact avec IndustriALL le 23 septembre pour signaler la création d’un syndicat jaune et rendre compte du processus juridique en cours.

Les 2.000 membres du syndicat national ont célébré une grande victoire juridique en mars 2012 quand l’affaire portant sur le droit à un emploi permanent de 50 travailleurs contractuels avait eu gain de cause en appel au tribunal du travail. L’affaire avait déjà été jugée une autre fois en appel, mais la direction avait préféré continuer de financer une procédure juridique coûteuse et garder les salariés pakistanais avec des contrats d’emploi précaire à court terme. Les 50 requêtes sont maintenant en instance devant la Haute Cour de la province de Sind. Les propositions répétées de dialogue de la part du syndicat ont été rejetées par la direction locale du producteur mondial de pesticides.

L’une des organisations qui ont précédé IndustriALL, l’ICEM, a assuré une assistance considérable de solidarité au syndicat des salariés de Syngenta. Une pression a été exercée avec l’affilié suisse UNIA sur la direction mondiale et les autorités pakistanaises pour obtenir justice dans cette affaire. La solidarité et le soutien se poursuivront jusqu’à ce que Syngenta décide de se conformer à son propre code de conduite qui exprime ce qui suit:

“Le Code de conduite de Syngenta établit notre engagement à respecter toute législation du travail, tous codes et conventions nationaux et internationaux en vigueur, et à faire respecter les principes établis dans la Déclaration universelle des droits de l’homme et les conventions de base de l’Organisation internationale du Travail. Cela inclut le droit à la liberté syndicale, le droit de se syndiquer et de négocier collectivement, l’égalité salariale et l’âge minimum d’admission au travail."

La PCEM, dirigée par son secrétaire général Muhammad Suhail, continue de faire campagne pour obtenir la réintégration complète du secrétaire général du syndicat des salariés de Syngenta, Imran, avec paiement intégral des salaires et des prestations dus, ainsi que la reconnaissance légitime des 50 salariés pour qui le droit à un emploi permanent chez Syngenta a été reconnu par le tribunal du travail.

La police disperse les travailleurs licenciés chez Texim, fournisseur de Hugo Boss

Le 24 septembre dans la matinée, 12 cars de la police anti-émeute attendaient les travailleurs qui venaient poursuivre leur action revendicative. Les policiers fortement armés ont alors forcé les travailleurs à quitter la proximité de l’usine pour les tenir encerclés un pâté de maisons plus loin. Les travailleurs ont alors été rejoints et soutenus par deux parlementaires et par d’autres travailleurs, mais la police a tenté avec agressivité d’empêcher un groupe de s’approcher de l’usine. Un travailleur a été hospitalisé et plusieurs autres ont été matraqués. Voir la vidéo ici et ici.

Les 35 travailleurs licenciés sont membres de TEKSIF, le syndicat des travailleurs de l’industrie du textile, du tricot et de la confection, affilié à IndustriALL Global Union. TEKSIF s’est battu contre les obstacles bien connus aux droits syndicaux en Turquie, et contre l’intransigeance de l’employeur pour la syndicalisation des travailleurs de Texim.

La syndicalisation dans l’usine a été menée par le personnel du département du tricot qui a alors été visé par la direction qui a changé les conditions de travail par punition, en exigeant unilatéralement une augmentation de 50 pour cent de la production du département. Quand le personnel a refusé cette demande impossible, il a été menacé puis licencié dans la matinée du 7 août.

Depuis ce licenciement massif, les 38 syndicalistes ont organisé chaque matin, pendant plus de 50 jours, un rassemblement pacifique devant l’usine en dressant une tente et en protestant contre le traitement qui leur a été infligé, tout en bénéficiant du soutien de camarades syndicalistes à l’intérieur de l’usine. Les effectifs de TEKSIF continuent d’augmenter régulièrement dans l’usine, ce qui a obligé la direction à accroître la pression et à licencier deux autres syndicalistes.

IndustriALL a abordé cette affaire dans plusieurs canaux et continuera de le faire. Son  secrétaire général Raina a condamné les licenciements par écrit auprès du propriétaire de Texim, Haldum Boz.

Texim emploie environ 700 travailleurs et travailleuses dans la confection dans le quartier Merter d’Istanbul, et travaille surtout pour le marché allemand de Hugo Boss, mais également pour d’autres grandes marques comme Pierre Cardin.

IG BCE et les entreprises chimiques allemandes demandent une transition juste

Dans une lettre conjointe adressée à la chancelière Angela Merkel, IG BCE, l’association allemande de l’industrie chimique (VCI) et l’association fédérale des employeurs de l’industrie chimique (BAVC), lancent un appel pour s’assurer que la transition vers une production viable d’énergie dans le pays qui possède la plus forte économie en Europe, soit la plus rentable et juste sur le plan social.

Le document insiste sur l’importance attribuée à l’énergie et sur une industrie chimique grande utilisatrice d’énergie en Allemagne, ainsi que sur le besoin continuel de détenir dans l’avenir une source fiable d’approvisionnement en électricité à un prix abordable. Le syndicat et les employeurs conviennent que la conversion vers un approvisionnement en énergie ne doit pas créer des désavantages concurrentiels pour l’industrie.

IG BCE négocie une convention collective pour l’industrie avec la BAVC, au nom des 550.000 personnes employées dans quelque 1.900 entreprises. Le document porte les signatures de Michael Vassiliadis, président de IG BCE, de Klaus Engel, président de la VCI, et de Eggert Voscherau, président de la BAVC.

La loi allemande sur l’énergie renouvelable (EEG) a été adoptée en 2000. Cette législation qui vise à encourager un bon rendement énergétique a donné une très forte impulsion aux énergies renouvelables en Allemagne. Le coût de l’application des dispositions contenues dans cette loi est à la charge des utilisateurs et non des contribuables en Allemagne. La EEG a déjà provoqué un passage très important des combustibles fossiles et de l’énergie nucléaire à une énergie renouvelable, et un passage également très important de structures centralisées d’énergie électrique vers une approche décentralisée en production d’énergie, en remplaçant un petit nombre de grandes entreprises par une dispersion de la production.

IG BCE, VCI et BAVC affirment que la loi EEG et la taxe énergétique permettent d’assurer la compétitivité et de préserver des emplois. Les questions centrales sur la transition énergétique n’ont pas encore trouvé de réponse, notamment en ce qui concerne la sécurité d’approvisionnement, la nécessité de développer les réseaux et les usines, et le facteur social.

La déclaration conjointe contient les éléments suivants:

L’industrie  chimique détient une longue tradition, celle d’améliorer sa propre efficacité énergétique. De ce fait, l’industrie a réduit de 20 pour cent sa consommation d’énergie durant la période 1990-2010, tout en augmentant la production de 58 pour cent au cours de la même période.

Environ 17 pour cent de l’électricité provient en Allemagne de sources renouvelables. L’industrie énergétique renouvelable emploie en Allemagne environ 350.000 personnes.

Les nouveaux produits Apple accroissent la pression sur les travailleurs de Foxconn

Les tensions signalées ont commencé le  23 septembre en raison d’un recours excessif à la force des gardes de sécurité contre le personnel de production. Plus de 2.000 personnes ont pris part aux bagarres qui ont obligé 40 personnes à être hospitalisées et à forcer la direction à suspendre la production. Les responsables de l’entreprise démentent que les gardes de sécurité aient été impliqués dans le conflit, mais des forces de l’ordre supplémentaires ont été demandées au gouvernement pour empêcher de nouvelles émeutes.

Le 29 mars 2012, Apple a affirmé publiquement s’attaquer aux conditions de travail dans les usines de sa chaîne de production qui fabriquent les iPhones, les iPods et les iPads. Apple a utilisé auparavant Fair Labor Association (FLA) pour réaliser un audit de sa chaîne d’approvisionnement. Dans son rapport établi en août 2012 (/wp-content/documents/reports/foxconn_verification_report_final.pdf) FLA mentionne les améliorations obtenues rapidement dans les entreprises Foxconn en Chine depuis ses dernières missions en juillet, notamment en ce qui concerne le temps de travail et les salaires.

Toutefois, des témoignages http://chinalaborwatch.org/news/new-422.html recueillis par le réseau de militants, China Labor Watch (CLW), auprès de travailleurs et travailleuses de Foxconn et publiés quelques jours seulement avant les affrontements à l’usine de Taiyuan ont révélé qu’il n’y avait eu aucun changement dans les conditions du personnel de production, et beaucoup disaient même avoir été obligés de travailler en heures supplémentaires additionnelles, parfois supérieures de deux à trois fois aux limites légales imposées en Chine, pour pouvoir respecter les délais fixés par Apple.

Selon ces rapports, les salaires sont toujours insuffisants et ne couvrent pas totalement les longues heures supplémentaires de travail qui sont imposées. Un grand nombre de rapports fait état de l’attitude désagréable des gardes de sécurité vis-à-vis de la main-d’œuvre.

Auparavant, la FIOM (maintenant IndustriALL Global Union) et la Confédération syndicale internationale (CSI), Good Electronics, MakeITFair et Students & Scholars Against Corporate Misbehaviour (SACOM) avaient affirmé être gravement préoccupés de la capacité de FLA à réaliser des audits corrects sur les sites de production de Foxconn en Chine sans la participation de syndicats indépendants capables d’exprimer les préoccupations des travailleurs et travailleuses "Give Apple workers a voice in their future".

Le récent rapport de SACOM (voir le lien http://sacom.hk/archives/960) publié la veille du lancement officiel du iPhone 5 confirme à nouveau ces inquiétudes. SACOM a eu des entretiens avec 60 travailleurs et travailleuses à Zhengzhou, qui révèlent que les problèmes sont toujours les mêmes à l’usine Foxconn.

Étant donné ses terribles antécédents en matière de relations de travail, les affiliés indonésiens de IndustriALL expriment leur inquiétude concernant l’annonce récente de Foxconn d’établir un site de production en Indonésie.

“Nous pensons que l’entreprise veut employer une main-d’œuvre externalisée sans respecter la législation du travail” déclare Said Iqbal, président de la confédération des syndicats indonésiens (KSPI).

Engagement des syndicats dans la campagne STOP Travail précaire

Voici quelques actions décidées récemment par les affiliés de IndustriALL dans le cadre de la campagne STOP Travail précaire:

Faites part de vos actions à IndustriALL par courriel à [email protected] ou sur notre page de Cause STOP Travail précaire. Suivre IndustriALL on twitter et tweeter en se servant du hashtag #STOPprecariouswork et IndustriALL retweetera vos actions et vos photos. Des affiches et des tracts sont disponibles en plusieurs langues ici.

IndustriALL publiera également les actions de ses affiliés sur le site de la CSI à l’occasion de la Journée mondiale pour le travail décent 2012. Avec la crise économique mondiale qui continue frapper durement la classe ouvrière partout dans le monde, les syndicats du monde entier continuent d’organiser des mobilisations, des évènements et des activités pour le 7 octobre pour exiger des emplois décents et le respect total des droits des travailleurs et travailleuses.

IndustriALL European Trade Union organise également des activités entre le 8 et le 12 octobre par une mobilisation des travailleurs et travailleuses de l’industrie européenne pour assurer la défense de l’industrie qui forme la base de l’économie européenne. Leur slogan est le suivant: “Restaurons la décence dans le travail! L’industrie – c’est nous”.

Les syndicats veulent la justice chez Grupo Mexico

Ces actions sont entreprises dans le cadre d’une campagne menée actuellement pour renforcer les relations transfrontalières entre syndicats représentant les travailleurs et travailleuses de Grupo Mexico dans toutes les activités menées par le groupe.

Les syndicats ont adopté le slogan “United we bargain, divided we beg” (Unis nous négocions, divisés nous mendions).  Les syndicats de Southern Peru Copper Company (ST-ILO, STTA-Toquepala et SUT-Cuajone) au Pérou, Los Mineros (SNTMMSRM) au Mexique et United Steelworkers (USW) à Asarco ont réuni leurs forces pour affirmer la solidarité internationale des travailleurs et travailleuses et des syndicats de Grupo Mexico.

L’alliance syndicale demande à l’entreprise de respecter les travailleurs et travailleuses et les syndicats dans toutes ses activités, d’engager des négociations avec Los Mineros et de parvenir à une solution juste pour les grèves à Cananea, Taxco et Sombrete qui ont commencé en 2007.

Les syndicats de Southern Peru Copper Company au Pérou ont entrepris leurs négociations pour une nouvelle convention collective en août 2012, mais aucun accord n’a encore été conclu. Il est urgent de parvenir à un accord, notamment pour améliorer les conditions de santé et de sécurité après la mort tragique d’un membre du syndicat à la mine de Toquepala chez Southern Peru en août 2012, et de deux autres décès dans les activités menées par Grupo Mexico au Pérou au cours des deux dernières années.

Le 18 septembre, dans le cadre de la Journée d’action tri-nationale, Los Mineros a organisé un rassemblement au Mexique devant le siège de l’entreprise, les syndicats au Pérou ont rassemblé leurs membres et distribué des tracts et des autocollants aux travailleurs et travailleuses de Southern Peru Copper Company (SPCC), et aux États-Unis les sections de l’USW ont distribué des tracts et des autocollants à leurs membres.

Le syndicat égyptien de Schlumberger lance un site Internet

Pour se rendre sur le nouveau site Internet:  http://schlumbergereeg.com/

Schlumberger, première entreprise mondiale de service dans le domaine du pétrole, emploie environ 2.500 salariés en Égypte, dont 40% travaillent pour des sous-traitants sur ses 10 sites d’exploitation.  

Lors de la première semaine d’existence du syndicat indépendant dans l’entreprise, la direction égyptienne a licencié sans plus d’explications le secrétaire général démocratiquement élu du syndicat, Mohamed Abd El Rahman, son président, le camarade Essam et son secrétaire général adjoint, Ayman Abd Elmonem. Aucun motif n’a été donné par écrit sur le licenciement des représentants qui se sont simplement vu interdire l’entrée aux locaux.

IndustriALL et les syndicats affiliés du Canada et de Norvège, le CEP et IndustriEnergi, ont dénoncé ce mauvais traitement infligé aux travailleurs et travailleuses d’Égypte auprès de la direction internationale de l’entreprise française, qui a tout d’abord répondu en promettant de mener une enquête serrée, mais a ensuite refusé l’offre de dialogue en Égypte avec une délégation de haut niveau de l’Internationale.

Les travailleurs licenciés ont rejeté une offre potentielle d’indemnisation financière et continuent d’exiger leur réintégration, alors que la direction continue de menacer ses salariés pour qu’ils n’adhèrent pas au syndicat qui est affilié à la centrale nationale de la nouvelle fédération égyptienne des syndicats indépendants (EFITU).

Les syndicats suisses manifestent pour sauver des emplois industriels

La manifestation a eu lieu sous la pluie, Place Fédérale, en plein centre de Berne. La manifestation nationale était organisée par l’affilié UNIA de IndustriALL Global Union, aux côtés de Syndicom, de l’Association du personnel de la Confédération (APC) et du syndicat local des transports (SEV).

Les syndicats ont demandé aux autorités et aux acteurs économiques de se mobiliser pour sauver le secteur industriel plutôt que de "satisfaire les banques". Le rassemblement se tenait deux semaines après l’annonce de la disparition de 225 emplois chez le fabricant Tornos dans le secteur de l’ingénierie mécanique à Moutier et à La Chaux-de-Fonds.

Les membres de UNIA scandaient ‘l’industrie, c’est nous’. Ils veulent sécuriser leurs emplois dans l’industrie, ils veulent des conditions décentes de travail et ils souhaitent avoir une réelle économie basée sur la production. Tels sont également les objectifs de IndustriALL, et nous accordons notre solidarité et notre soutien à leur lutte,

a déclaré Kemal Ozkan, secrétaire général adjoint de IndustriALL, le 22 septembre, en s’adressant aux manifestant(e)s à Berne.

En Suisse, la convention collective du travail dans des secteurs tels que l’ingénierie mécanique, l’équipement électrique et la métallurgie vient à expiration fin juin 2013. Les négociations entre les employeurs et les syndicats pour son renouvellement vont débuter en novembre.

Le Canada inverse le cours de l’amiante

Pendant des années, le Canada a été l’autorité "scientifique" et politique des autres pays exportateurs d’amiante. Dans le cadre de l’Institut de l’amiante, maintenant défunt (devenu ensuite l’Institut du chrysotile) le Canada était le plus grand producteur d’"études" faussement scientifiques qui prétendaient prouver que l’amiante était un matériau sûr. Le Canada s’est fréquemment efforcé d’empêcher l’interdiction ou même une réglementation efficace de l’amiante au niveau international.

La décision du Canada résulte d’un changement dans les réalités politiques. Le nouveau gouvernement québécois a indiqué qu’il préférait dépenser de l’argent sur des projets de diversification industrielle pour les communautés qui dépendaient auparavant de l’amiante, avec un programme de transition juste pour les anciens mineurs, plutôt que de tenter de soutenir une industrie moribonde avec des prêts et des subventions. Face à cette réalité, le gouvernement fédéral n’avait d’autre choix que d’arrêter de soutenir cette industrie.

Les non-Canadiens peuvent se demander pourquoi cette industrie moribonde exerçait une telle influence, mais au Canada l’amiante n’est pas seulement une autre industrie, c’est une icône. L’amiante représente une part de l’histoire culturelle et de la mythologie du mouvement ouvrier dans la province du Québec et au Canada. Peu de dirigeants ouvriers ont osé critiquer cette industrie qui remonte à la naissance du mouvement ouvrier au Québec. Le Québec garde toujours en mémoire la grève violente de 1949 dans l’amiante, tel un symbole des luttes des travailleurs et travailleuses francophones contre les patrons anglophones absents des sites de production, et a été de ce fait l’un des premiers moments critiques de la "révolution tranquille" au Québec. C’est l’une des premières grèves au Canada dans laquelle les problèmes de santé et de sécurité ont joué un rôle-clé. Au cours de cette grève, beaucoup de futurs dirigeants canadiens ont forgé leur idées et attitudes sociales – notamment un jeune journaliste qui couvrait la grève, Pierre Elliott Trudeau, qui est devenu plus tard l’un des Premiers ministres les plus célèbres du Canada.

Mais tout change avec le temps. Le Canada a pour tâche d’honorer l’histoire de ces mineurs d’amiante héroïques sans défendre pour autant l’industrie de cet amiante tueur. La majorité des Canadiens, y compris la plupart des Québécois, comprend que l’amiante est meurtrier. La semaine dernière, des hommes et femmes politiques ont finalement pris cette décision car leurs électeurs et électrices savaient déjà que cela devait être fait.

Appel à la résistance contre la réforme régressive de la législation du travail au Mexique

Cette législation a été préparée par le président sortant Felipe Calderón, qui s’est comporté en ennemi de la classe ouvrière mexicaine durant les six années de son mandat. La liste des infractions aux droits fondamentaux du travail et des syndicats, commises sous le régime Calderón est longue, et son attaque en fin de mandat contre un certain nombre de réglementations par les changements proposés est destinée à cimenter son héritage. Le mouvement syndical international doit s’y opposer avec force et de toute urgence car la période initiale de consultation de 30 jours de la législation a commencé le 1er septembre.

Il faut se joindre à l’appel lancé aux coordonnateurs parlementaires du Congrès mexicain pour en finir avec cette initiative destinée à réformer de façon régressive la législation du travail, et s’attacher au contraire à établir un processus national de dialogue social qui intègre les syndicats mexicains indépendants en tant que partenaires sociaux légitimes.

IndustriALL demande instamment à tous ses affiliés et ses sympathisants à utiliser la lettre du secrétaire général Raina comme modèle pour écrire aux coordonnateurs parlementaires du Mexique. La lettre donne les points de contact de ces sept personnalités. Envoyez vos lettres à entête de votre organisation à ces adresses électroniques avec copie à [email protected]

Concrètement, la législation proposée affaiblirait le droit de grève, accentuerait les dommages causés par les contrats de protection employés par les employeurs pour éviter les syndicats légitimes représentant les salariés et pour entraver l’autonomie syndicale. En outre, les changements proposés vont occasionner le développement de l’emploi précaire au Mexique par une légalisation de la sous-traitance sans instauration d’un mécanisme de régulation permettant d’assurer une responsabilisation des entreprises afin qu’elles respectent les droits syndicaux dans leurs chaînes de production. La nouvelle législation va permettre l’embauche d’une main-d’œuvre sans sécurité d’emploi pour des périodes d’essai de six mois ou même pour une embauche horaire. Les salaires dus en cas de cessation illégale du travail seront repoussés de 12 mois pour permettre à l’employeur de retarder pendant des années des cas qui soulèvent un problème juridique, et de faire pression pour que le travailleur/euse accepte le versement d’une indemnisation moins élevée.  En clair, cette proposition législative permettrait de troquer un principe qui consiste à accorder aux travailleurs et travailleuses du Mexique des droits fondamentaux reconnus au plan international, contre une liberté d’action et une flexibilité plus grandes de l’employeur.

La légalité du processus législatif est même en soi très douteuse. L’accélération du processus préférentiel est nouveau au Mexique et permet d’éviter le recours à un processus démocratique. Comme l’a écrit le secrétaire général de IndustriALL Raina aux coordonnateurs parlementaires du Congrès mexicains, le processus exprime

… un mépris de l’opinion des législateurs, des travailleurs/euses et des citoyen(ne)s, et ce, en infraction totale aux normes en vigueur dans les domaines des droits internationaux du travail et des droits de la personne, notamment des conventions 87 et 98 de l’OIT et autres textes relevant du droit international.

Richard Trumka, président de la Commission syndicale consultative auprès de l’OCDE (TUAC) a écrit au secrétaire général de l’OCDE pour prendre l’initiative d’une réunion après le soutien public accordé honteusement par l’OCDE à cette législation anti-ouvrière.