Les dirigeants du MUZ s’engagent à reconstruire le syndicat

L’atelier qui a duré trois jours à Kitwe, du 30 octobre au 1er novembre, a donné aux responsables de section l’occasion de réfléchir sur les défis auxquels le syndicat est confronté et de trouver des stratégies pour y faire face.

L’un des principaux défis concerne la prolifération de petits syndicats depuis la privatisation de l’industrie minière en Zambie, une situation que l’ancien régime semblait encourager. Il en résulte que trois ou quatre syndicats se font concurrence pour les mêmes effectifs dans les sociétés minières, ce qui conduit inévitablement à un manque d’unité chez les travailleurs et travailleuses.

Le climat a changé de manière positive pour la main-d’œuvre syndiquée avec le gouvernement actuel, et les participant(e)s ont ressenti un véritable engagement pour permettre aux syndicats de se développer et devenir une force solide, représentative et unie.

La nouvelle direction du MUZ s’est engagée à reconstruire le syndicat et est ouverte à la possibilité de travailler avec d’autres syndicats ou même de fusionner. Le MUZ reconnaît la possibilité de se réorganiser et redéfinir le rôle de ses membres dans la conduite du syndicat pour améliorer la démocratie syndicale.

Les participant(e)s ont élaboré un programme de syndicalisation et examiné la marche à suivre pour retrouver les effectifs perdus. Le programme sera soutenu par le Solidarity Center et portera sur l’adhésion de membres dans tous les secteurs de l’industrie minière.

L’atelier bénéficiait du soutien du Solidarity Center.

Les femmes en Colombie s’engagent dans des activités syndicales

Les membres féminins des affiliés de IndustriALL en Colombie ont assisté, les 18-19 octobre, à Bogota, Colombie, à la 18e réunion nationale de IndustriALL concernant les femmes.

Des déléguées de SINTRACARCOL, SINTRAELECOL, SINTRACARBON, FENALTEC, SINTRAGASQUIMED et FETRAMECOL assistaient au séminaire.

Les participantes ont examiné l’histoire des luttes en faveur de l’égalité entre femmes et hommes dans le monde, les principales revendications et la façon d’améliorer la position des femmes dans la société; les questions relatives à la législation nationale sur l’égalité; la représentation des femmes dans les syndicats dans le contexte d’une augmentation progressive du nombre de femmes occupant des postes de direction.

Les participantes ont convenu de communiquer le plan d’action de IndustriALL Global Union à leurs collègues et de créer un réseau permettant d’assurer une forme de communication régulière, nécessaire à la promotion de la solidarité syndicale.

Selon Carlos Bustos, coordonnateur de projet de IndustriALL en Colombie, les participantes ont également accepté d’encourager leurs collègues à participer aux activités syndicales et à améliorer la syndicalisation pour obtenir le bénéfice de prestations comme la protection de maternité.

Finalement, les participantes ont réaffirmé leur engagement à préparer les syndicalistes des deux sexes à assumer un pouvoir sous le mot d’ordre "Nous voulons un gouvernement, nous voulons du pouvoir", a déclaré Bustos.

Action unifiée du réseau des travailleurs de Gerdau pour la défense des droits en Colombie

Depuis son installation en Colombie, l’entreprise Gerdau s’est enrichie aux dépens des travailleurs et travailleuses. Elle a fermé tout d’abord les installations de Laminados Andinos et de Sidelpa pour transférer la production dans d’autres usines. Elle a tenté ensuite sans succès de fermer Duitama. Toutefois, elle s’est trouvée dans l’obligation de rouvrir l’entreprise en employant seulement une main-d’œuvre en sous-traitance. Duitama emploie actuellement 3 personnes en sous-traitance pour chaque salarié permanent.

L’entreprise a également tenté de démanteler l’usine Cota, qui emploie déjà moins du tiers de ses effectifs de 2010. La dernière tentative concerne des mises à pied massives dans des usines à Muña et Tocancipá, et le licenciement de salariés à Tuta.

André Gerdau détient par rachats 80% de la capacité de production d’acier en Colombie. L’entreprise semble trouver maintenant un véritable intérêt à s’emparer d’une part du marché colombien, non pour créer des emplois afin d’améliorer la vie des travailleurs et travailleuses ou pour développer l’industrie colombienne. L’acier viendra dorénavant du Mexique ou du Brésil pour être vendu en Colombie. Et Gerdau s’enrichira alors que la Colombie et sa main-d’œuvre s’appauvriront.

Le Conseil mondial des travailleurs de Gerdau défend le droit à une vie décente et un travail décent dans tous les pays où il représente les travailleurs et travailleuses. Nous n’allons pas nous laisser prendre par la stratégie de l’entreprise qui cherche à nous dresser les uns contre les autres, quand son seul objectif est d’améliorer ses bénéfices à nos dépens. Quand Gerdau emploie les mots "éthique" et "respect", nous constatons dans la pratique qu’elle veut dire le contraire.

Dans le monde entier, les travailleurs et travailleuses de Gerdau exigent le respect de leurs collègues employés par Gerdau en Colombie.

Les syndicats mexicains s’unissent contre les effets régressifs de la réforme de la législation du travail

Plus d’une douzaine de syndicats mexicains associés à d’autres groupes de défense des intérêts sociaux ont mis de côté leurs différences, hier 31 octobre, sur l’Esplanade du monument de la révolution à Mexico, dans le cadre d’une convention unifiée contre les changements à caractère néo-libéral proposés dans la législation du travail. Une importante participation représentative des travailleurs et travailleuses de tous les secteurs industriels a approuvé le principe d’un Plan d’action conjoint comportant des manifestations, une action juridique et la possibilité d’une grève générale.

Il est à craindre que les changements apportés à la législation fassent rapidement l’objet d’une loi, mais les différences politiques entre les deux plus grands partis, le PRI et le PAN, indiquent qu’ils feront l’objet d’une procédure plus classique, et seront présentés d’abord au Comité parlementaire sur le travail et la protection sociale.  Le PAN a insisté avec le PRD et des sénateurs du PT pour l’introduction de dispositions sur l’association de syndicats et la transparence dans les élections, alors que le PRI qui détient une position dominante à la chambre basse, refuse d’accepter ces dispositions en raison des liens étroits tissés entre le parti et les syndicats jaunes de protection au Mexique.

Toutefois, le PRI et le PAN approuvent totalement la majeure partie des réformes qui réduisent considérablement les droits du travail et des syndicats, et accroissent la flexibilité chez les employeurs dans le pays et à l’étranger pour améliorer leurs bénéfices sur le dos des travailleurs et travailleuses.

Les principaux amendements à la législation du travail qui ont déjà été acceptés sont les suivants: fin de la sécurité de l’emploi; mise à pied des salariés par courriel sans préavis et sans frais pour l’employeur; établissement de contrats temporaires pour une période d’essai sans effet sur l’ancienneté du salarié; légalisation de l’externalisation dispensant les employeurs de toute responsabilité directe dans l’entreprise et les relations industrielles; permission toujours en vigueur pour la fixation des salaires par les employeurs sans avoir à consulter le syndicat; facilitation de mise en place de syndicats jaunes de protection mettant fin au droit à la négociation collective; limitation à un an du paiement des salaires dus en cas de licenciement abusif tout en encourageant les tribunaux du travail corrompus à poursuivre leurs manœuvres dilatoires pour les demandes présentées par les travailleurs et travailleuses.

La pétition ‘IndustriALL Take Action’ présentée en ligne pour l’envoi de messages à cinq sénateurs mexicains dont le rôle est capital, et qui a donné de bons résultats, n’est plus d’actualité du fait du renvoi de la législation du Sénat à la chambre basse du Parlement, la ‘Cámara de Diputados’.

Les réformes actuellement en discussion devraient légaliser beaucoup de procédures illégales dont la majorité des pseudo-syndicats ont tiré profit depuis des années, et qui rendent d’autant plus difficile la défense des droits des travailleurs et travailleuses par de véritables syndicats au Mexique.

Voir ici un exemple récent du traitement brutal des syndicalistes au Mexique, avec la complicité d’une entreprise et des autorités.

Voir en annexe à cet article le Plan d’action adopté le 31 octobre par la convention syndicale. Voir également en annexe un rapport sur les réformes de la législation du travail du syndicat des travailleurs du verre SUTEIVP affilié à IndustriALL.

Les affiliés de IndustriALL aux États-Unis soutiennent Obama

Des millions d’Américains et d’Américaines voteront le 6 novembre dans une élection présidentielle très importante qui oppose le Président démocrate Barack Obama à son challengeur républicain Mitt Romney. Avec une Chambre des Représentants déjà contrôlée par le Parti républicain, le vote décidera également qui dominera au Sénat américain où le Parti démocrate détient actuellement une majorité de 51 sièges contre 47.

Alors qu’il existe un consensus général parmi les affiliés sur l’action du Président Obama qui le rend digne d’un second mandat, il est clair que le candidat du Parti républicain Mitt Romney constitue une menace pour les travailleurs et travailleuses d’Amérique et pour leurs syndicats.

La campagne “Election 2012” de United Steelworkers (USW) comprend une vidéo virale sur la façon dont ‘Bain Capital’, la société de capital-investissement que possédait auparavant Romney, a racheté puis revendu les salariés de Sensata dans l’Illinois, ce qui illustre la manière dont Romney tire profit des pertes des travailleurs et travailleuses.

Le syndicat United Autoworkers (UAW) a présenté une plainte le 1er novembre auprès de l’agence du gouvernement fédéral des États-Unis sur l’éthique éthique contre Romney en demandant l’ouverture d’une enquête sur la dissimulation d’au moins 15 millions de dollars et peut-être même de 115 millions de dollars qu’il a réalisés par un investissement dans le fonds spéculatif qui contrôlait la société de pièces d’automobile Delphi après son dépôt de bilan en 2009. 

Le taux de participation des électeurs et électrices jouera un rôle capital dans l’élection, et les syndicats travaillent énormément pour obtenir que les membres de la classe ouvrière aillent voter, et pour collecter des fonds pour la campagne Obama. La toute dernière campagne vidéo du syndicat ‘International Association of Machinists’ (IAM) présente un entretien avec un membre de l’IAM dans l’Ohio qui travaille aux côtés de AFL-CIO pour gagner l’élection.  

Le syndicat des travailleurs des services publics d’Amérique (UWUA) qui soutient Obama, cite en exemple les efforts accomplis par Obama pour remettre l’économie sur pied et sa réussite dans le sauvetage de l’industrie automobile américaine, ainsi que son engagement en faveur de la classe moyenne. 

Le syndicat international ‘Longshore and Warehouse’ (ILWU) s’est joint à d’autres syndicats maritimes pour exprimer son soutien total à Obama en affirmant que “l’affaiblissement de la législation actuelle du travail … ne servira qu’à priver les travailleurs et travailleuses des États-Unis des salaires et des prestations qu’ils méritent”. 

Le syndicat ‘International Brotherhood of Boilermakers’ (IBB) attire l’attention sur les résultats importants obtenus par Obama dans le domaine syndical en soulignant avec documents à l’appui les gains positifs dans une vidéo réalisée avec les syndicats du bâtiment. 

Durant toute la campagne, le syndicat ‘United Electrical, Radio and Machine Workers of America’ (UE) a signalé régulièrement les dangers présentés par Mitt Romney et ses politiques antisyndicales et anti-ouvrières. 

Et dans des entretiens à MSNBC le président de ‘Communications Workers’ of America’ Larry Cohen et le président général des ‘Teamsters’ Jim Hoffa, ont axé leur action sur le champ de bataille électoral de l’État de l’Ohio.

Les travailleurs du Lesotho manifestent pour un minimum vital

Les travailleurs et travailleuses sont déçus par le fait que le gouvernement n’a pas donné de raison pour le délai d’inscription au Journal officiel des salaires minimums au Lesotho qui devaient s’appliquer à compter du 1er octobre 2012. Le syndicaliste Daniel Mariasanea dit que le gouvernement voulait à l’origine exclure le secteur de la confection de l’inscription au Journal officiel du salaire minimum, ce qui fait que le délai est sans doute provoqué par la résistance du patronat à l’augmentation du salaire.

Lors d’un atelier tripartite organisé conjointement par l’OIT et le ministère du Travail et de l’Emploi en février 2012, les parties avaient approuvé huit critères à prendre en compte par l’organe consultatif sur les salaires pour fixer le montant des salaires minimums dans le secteur de la confection, dont l’un concerne un minimum vital.

Une étude détaillée a alors été entreprise par un consultant indépendant de l’OIT sur la fixation du montant d’un minimum vital pour les travailleurs et travailleuses de la confection au Lesotho, qui a conclu que les travailleurs et travailleuses avaient besoin de 1.415 M (141 euros) pour subsister et de 2.148 M (214 euros) pour faire face à leurs besoins essentiels.

Ces indications justifient les revendications des travailleurs et travailleuses de la confection qui demandaient un minimum vital de 2.020 M (202 euros) par mois lors de leurs manifestations en 2011. Mariasane signale une autre étude de la Banque centrale du Lesotho qui proposait un salaire minimum de 1.396 R (140 euros) pour le secteur.

“Les employeurs veulent que les travailleurs et travailleuses acceptent une augmentation de 8 pour cent d’un salaire minimum de 83 euros, soit moins de 10 euros d’augmentation”, dit Mariasane. Nous voulons une révision du salaire minimum dans le secteur conformément à l’étude commandée par l’OIT et aux conclusions de la Banque centrale”.

Les autres revendications présentées au Premier ministre concernent l’application des salaires minimums à tous les travailleurs et travailleuses, et non seulement aux personnes qui ont plus de 12 mois de service, la fin de la discrimination des travailleuses dans la confection qui ont seulement deux semaines de congé de maternité quand toutes les autres travailleuses ont droit à six semaines au Lesotho, et la création d’un conseil de négociation sectoriel chargé d’établir le droit de grève sur les questions salariales.

Le Premier ministre a pris connaissance des demandes et a promis de porter de toute urgence son attention à ces questions. 

Grève en Inde chez Hyundai Motor

L’attitude intransigeance de la direction de Hyundai Motor en Inde et son refus de reconnaître de véritables droits syndicaux a forcé une fois de plus la main-d’œuvre à faire grève. Le 30 octobre 2012, les travailleurs et travailleuses sous la conduite du syndicat des salariés de Hyundai Motor en Inde (HMIEU) ont fait grève à Irungattukottai près de Chennai. Comme la police leur a refusé l’autorisation de manifester pacifiquement près de l’usine, ils ont manifesté près des bureaux du commissaire adjoint au travail dans le complexe industriel SIPCOT.

Cette grève a lieu à la suite de l’accord salarial conclu récemment le 18 octobre 2012 entre la direction de Hyundai en Inde et le syndicat uni des salariés de Hyundai (UUHE).

Les revendications des grévistes sont les suivantes:

Le syndicat HMIEU a été créé en 2007. Il est affilié à la centrale des syndicats indiens (CITU). Lors d’une grève en 2008, la direction avait licencié 87 salariés. Il restait, après de longues négociations entre le HMIEU et la direction avec la participation de responsables du gouvernement, 27 travailleurs qui n’ont pas encore pu reprendre leur travail, alors que d’autres qui étaient accusés d’infractions identiques ont pu être réintégrés. Toutefois, il faut noter que les membres du bureau du HMIEU se trouvent parmi les personnes qui n’ont pas été réintégrées.

D’autre part, la direction a très vite reconnu le syndicat uni des salariés de Hyundai (UUHE), peu de temps après sa formation en mai 2011, avec lequel elle a signé un accord salarial. Selon le HMIEU, il s’agit d’une pratique illégale de travail du fait que la direction n’a jamais informé ni consulté le HMIEU, bien que le syndicat ait présenté diverses revendications portant, entre autres, en février 2012 sur les salaires.  R Sridher, secrétaire général du HMIEU est d’avis que la direction a forcé les travailleurs et travailleuses à accepter son accord salarial avec l’UUHE qui va à l’encontre des intérêts des travailleurs et travailleuses.

Le 1er novembre, A S Soundararajan, membre de l’Assemblée législative Tamilnadu et président honoraire du HMIEU a soulevé la question à cette assemblée et demandé l’intervention du gouvernement de l’État fédéré pour trouver une solution au différend chez Hyundai Motor en Inde. Une réunion entre la direction et le syndicat HMIEU, en présence du ministre du Travail de l’État, est prévue dans la soirée du 1er novembre.

Violente expulsion à la mine La Platosa au Mexique

Dans la matinée du 24 octobre, environ 180 casseurs embauchés pour l’occasion ont expulsé violemment les travailleurs et les propriétaires fonciers du camp situé à l’entrée de la mine La Platosa, La Sierrita, Durango, appartenant à la société minière canadienne Excellon Resources Inc., a déclaré le syndicat national des mineurs (SNTMMSRM), dirigé par Napoleón Gómez Urrutia.

Le camp est situé sur une propriété privée appartenant à une tierce partie avec le consentement explicite des propriétaires fonciers. Aucune partie du camp ne se trouve sur un terrain appartenant à Excellon ou à Ejido. Le camp de protestation est établi pacifiquement depuis juillet à l’entrée du complexe minier pour faire pression sur l’entreprise afin qu’elle reconnaisse la liberté syndicale et le droit des travailleurs à adhérer au syndicat des mineurs. Les propriétaires fonciers communautaires ont protesté ensemble contre l’incapacité de l’entreprise à appliquer les termes de son accord signé en 2008 sur la location des terrains appartenant aux propriétaires agriculteurs.

Les protestataires et la presse locale ont déclaré que les personnes qui ont mené l’assaut étaient arrivés à bord de six cars, dont l’un portait le logo ‘Excellon Resources Inc.’. Ils sont entrés dans le camp avec de lourdes machines pour procéder immédiatement à la destruction et à l’incendie des logements provisoires des protestataires.

Les agriculteurs avaient autorisé les mineurs appartenant à la section 309 du SNTMMSRM à occuper leurs terrains pour poursuivre la lutte. Le syndicat signale que les casseurs entretenaient des liens avec l’autre syndicat dirigé par Carlos Pavón (membres du syndicat Gómez Sada) et que la violence était financée par Grupo Peñoles et coordonnée par des directeurs de Excellon. On a également signalé que Robert Moore, directeur de l’exploitation chez Excellon Resources Inc., participait directement à l’action contre les propriétaires fonciers, abattant la clôture qu’ils avaient installée pour protéger le camp. Les protestataires avaient demandé à plusieurs reprises aux responsables fédéraux et à ceux de l’État d’empêcher la venue des agresseurs, mais aucune mesure n’avait été prise pour empêcher l’intervention.

Le SNTMMSRM demande que le gouvernement fédéral, le gouvernement de l’État Durango et le gouvernement municipal “fassent partir immédiatement la horde de casseurs embauchés pour l’occasion et forcent l’entreprise à négocier une solution au conflit”. Il ajoute: “Nous les tenons responsables avec Grupo Peñoles qui a financé cette attaque, de tout acte de violence qui occasionnerait des blessures ou la perte de vie humaine”.

Les travailleurs demandent que l’entreprise “reconnaisse leur droit d’adhérer au syndicat national des mineurs et respecte les termes de son accord de location de terrains aux propriétaires cultivateurs. L’entreprise a refusé avec arrogance de respecter les termes de l’accord”. IndustriALL a écrit au directeur général de Excellon HO, au gouvernement  fédéral et à celui de l’État, pour dénoncer la complicité qui existe entre les services de l’État et la direction de Excellon, et pour leur demander d’assurer l’intégrité physique et la sécurité des protestataires qui continuent d’exercer leur droit reconnu de protester et leurs efforts visant à résoudre ce regrettable conflit. 

Les syndicats européens protestent contre les fermetures d’usine Ford

Le 24 octobre, Ford a confirmé la fermeture de son usine de montage automobile à Genk, Belgique, et le transfert de la production en Espagne. Le lendemain, l’entreprise a annoncé qu’elle allait fermer l’usine de fabrication de chassis-cabine de Transit à Southampton et les unités d’outillage et d’emboutissage à Dagenham, Royaume-Uni.

L’entreprise déclare vouloir réduire sa surcapacité en Europe pour compenser les pertes dues à la baisse de la demande sur le marché automobile en Europe occidentale. Dans le cas où Ford appliquerait sa décision, cela provoquerait la perte de 4.300 emplois en Belgique et de 1.400 au Royaume-Uni.

Les syndicats belges ont annoncé des manifestations massives pour le 11 novembre en réponse aux projets annoncés. Cette décision de Ford est le deuxième coup important porté au secteur de l’automobile dans le pays depuis le début d’octobre quand General Motors a décidé de supprimer plus de mille emplois à Anvers.

Le plus grand syndicat britannique, Unite the Union, a accusé l’entreprise de “traîtrise” envers sa main-d’œuvre qui a toujours été loyale. Le secrétaire général de Unite, Len McCluskey, a déclaré que cette décision aura des conséquences tragiques au niveau local pour plus de 10.000 emplois dans les chaînes d’approvisionnement.

Afin de faire face à la question des fermetures et de la restructuration en Europe dans son entière complexité, les syndicats européens représentant la main-d’œuvre employée dans l’automobile se sont tournés vers les institutions européennes en leur adressant une déclaration adoptée à la réunion récente sur l’automobile de IndustriALL European Trade Union, organisée le 30 octobre à Luxembourg.

"Nous demandons aux institutions européennes d’obtenir sans plus tarder une gestion socialement acceptable de la restructuration et des prévisions de changement. Il devrait être possible d’assurer dans le cadre européen une gestion correcte en anticipant sur le changement et le coût social d’une restructuration limitée", est-il indiqué dans la déclaration.

Le groupe européen des syndicats de l’automobile a soutenu également l’annonce faite auparavant par la Confédération européenne des syndicats (CES) pour la journée anti-austérité, la Journée européenne d’action et de solidarité, prévue pour le 14 novembre 2012.

Rapport ‘Doing Business’ de la Banque mondiale: rien n’a changé

Les syndicats mondiaux, notamment IndustriALL, demandent depuis longtemps que la Banque mondiale supprime toutes les références au travail dans son rapport ‘Doing Business’. Auparavant, la Banque avait déjà donné l’ordre à son personnel de ne plus baser sa position et ses orientations, ainsi que ses conditions de prêt sur le rapport de triste notoriété ‘Indicateurs d’embauche des travailleurs’ qui attribuaient les meilleurs points à des pays où le marché du travail était le plus déréglementé, notamment pour le non respect systématique des droits des travailleurs et travailleuses comme en Biélorussie.

La dernière édition du rapport ‘Doing Business’ établit une fois de plus que les pays qui réduisent la période de préavis ou les indemnités de licenciement “tiennent compte de l’un des principaux facteurs qui dissuadent les employeurs de créer des emplois dans le secteur formel”. Mais dans un cas avéré et grave d’incohérence politique, le propre département de la Banque mondiale dans son rapport mondial sur le développement 2013, publié il y a seulement quelques semaines, montre que deux décennies de déréglementation du marché de l’emploi ont eu des effets insignifiants ou modestes. Et ce, après une évaluation en 2008 de ‘Doing Business’ par le propre groupe indépendant d’évaluation de la Banque qui concluait que l’affirmation selon laquelle une déréglementation du marché du travail créait des emplois ne reposait sur aucune base.

La secrétaire générale de la CSI, Sharan Burrow, a demandé à la Banque mondiale d’élaborer une nouvelle méthode équilibrée concernant les questions relatives au marché du travail, qui s’inspirerait des recommandations du Rapport mondial sur le développement 2013, et de supprimer définitivement le thème du travail dans ‘Doing Business’.