14 novembre – Journée d’action et de solidarité contre l’austérité

Pour la “Journée d’action et de solidarité” de la Confédération européenne des syndicats (CES), les membres de IndustriALL dans 23 pays ont marché et fait grève aux côtés des travailleurs et travailleuses de toutes les industries.

L’échec des politiques économiques d’austérité force les travailleurs et travailleuses et leurs familles à payer le prix de la crise financière et économique, de la stagnation de l’économie, de l’aggravation de la récession et d’un accroissement du chômage, notamment du chômage chez les jeunes.

Les attaques répétées des gouvernements depuis 2008 contre le modèle social en Europe ont eu comme résultat des réductions de salaires et de prestations sociales, un affaiblissement des droits du travail et des services publics fondamentaux comme l’éducation et les soins de santé, une aggravation des inégalités et des injustices.

Le 14 novembre, des millions de femmes et d’hommes sont descendus dans la rue en Europe pour crier que “l’austérité, ça ne marche pas”.

Des grèves historiques ont eu lieu simultanément en Grèce, en Espagne, au Portugal, en Italie, en France et en Belgique. Pour sauver l’État providence en Espagne, les syndicats ont lancé pour la première fois dans l’histoire de ce pays, et à deux reprises dans l’année, un ordre de grève générale. Les manifestants espagnols étaient furieux de la décision du gouvernement de renflouer les banques alors que les ordres de saisie chez les particuliers se sont étendus à toute l’Espagne en provocant une épidémie de suicides. Le gouvernement a répondu à cette situation par la violence policière et des arrestations massives. Rien qu’en France, il y a eu 25 manifestations différentes. Dans de nombreux pays, les centrales syndicales nationales ont fait pression sur les responsables politiques aux niveaux national et européen, et manifesté hors de leurs bureaux pour délivrer un message conjoint des travailleurs et travailleuses pour demander des emplois, la croissance et la justice fiscale.

La CES a élaboré une proposition de nouveau contrat social européen, en demandant le retour à l’essentiel du modèle social européen et à des solutions obtenues par le dialogue avec les syndicats et les autres partenaires sociaux.

Le secrétaire général de IndustriALL, Jyrki Raina, a participé à une manifestation qui s’est rendue du quartier des banques à Genève jusqu’aux consulats de Grèce, du Portugal, d’Espagne et d’Italie. Voir la vidéo donnée en annexe du discours du secrétaire général Raina devant le consulat du Portugal.

Des protestations massives ont eu lieu les 6 et 7 novembre à Athènes pour s’opposer à l’adoption par le Parlement grec de nouvelles mesures d’austérité portant sur 13,5 milliards d’euros, que veulent les créanciers du pays pour dégager une nouvelle tranche de 31 milliards d’euros de fonds de renflouement de l’Union européenne et du Fonds monétaire international, et qui doivent encore être confirmés. Au moins 12 manifestants ont été blessés et 103 autres détenus par la police au cours d’actions de protestation.

En Allemagne, la centrale nationale DGB a organisé des réunions et des assemblées dans plusieurs villes. L’une des principales actions a eu lieu à Berlin devant la Porte de Brandebourg.

Pour plus de détails sur les actions, cliquer ici sur le site de la CES.

IndustriALL veut une action contre les infractions aux droits par le gouvernement de Fidji

Malgré des avertissements pour que ce régime mette fin aux attaques contre les syndicalistes, IndustriALL Global Union et la Fédération internationale des ouvriers du transport (FIOT) demandent maintenant la tenue d’audiences par les représentants des États-Unis au commerce. 

Fidji se qualifie actuellement pour un système de préférences généralisées (SPG) des États-Unis. Le SPG assure une réduction importante des droits de douane pour l’entrée de certains produits de Fidji aux États-Unis. Cependant, au cours d’audiences tenues par les représentants des États-Unis au commerce et une citation pour une audience ultérieure, le syndicat American Federation of Labor & Congress of Industrial Organizations (AFL-CIO) a demandé la suspension de Fidji de la liste des pays en développement bénéficiaires. La suspension proposée resterait en vigueur à moins que le gouvernement intérimaire de Fidji n’entreprenne immédiatement des démarches convaincantes pour mettre fin aux inquiétudes soulevées dans la pétition et les citations antérieures et ultérieures à l’audience.

Dans le cadre d’une nouvelle action coordonnée, IndustriALL et la FIOT ont informé les représentants des États-Unis au commerce de leur soutien énergique à la pétition de AFL-CIO. IndustriALL et la FIOT ont également écrit au régime fidjien pour exprimer leur inquiétude concernant l’impact d’une suspension sur les travailleurs et travailleuses dans le secteur de la fabrication industrielle au cas où le gouvernement continuerait d’ignorer les avertissements et refuserait de mettre fin à ses infractions aux droits.

Ces abus ont été signalés dans des rapports sur les menaces proférées agressivement contre des syndicalistes, de même que la surveillance exercée par la police et les militaires pour obtenir des renseignements sur les activités syndicales. Les autorités de Fidji demandent que les réunions syndicales organisées dans un lieu public fassent obligatoirement l’objet de la délivrance d’une autorisation, qui stipule souvent la présence de la police.

Les attaques contre les syndicalistes à Fidji sont dénoncées avec documents à l’appui dans des rapports de l’Organisation internationale du Travail (OIT), du Comité de la liberté syndicale et du Comité des experts. La CSI a également coordonné des lettres et des actions de protestation contre ces attaques et continue de mener une campagne mondiale.

Jyrki Raina, secrétaire général de IndustriALL affirme de son côté: “Cette campagne concerne la question fondamentale des droits de la personne et des droits des travailleurs et travailleuses. IndustriALL et nos autres partenaires dans le monde n’abandonneront pas ce combat. Nous allons demander au mouvement syndical international d’afficher la même volonté que nos camarades des syndicats fidjiens pour obtenir un changement et le retour des droits des travailleurs et travailleuses qui ont été systématiquement éliminés”.

Les syndicats fidjiens représentent les travailleurs et travailleuses de nombreux secteurs importants comme le textile, le sucre et les mines.  IndustriALL va également contrôler de près les entreprises multinationales qui cherchent à réaliser des investissements à Fidji, et faire aussi campagne pour un moratoire jusqu’au rétablissement des droits des travailleurs et travailleuses.

Mobilisation en octobre 2012 pour la campagne ‘STOP Travail précaire’

Les affiliés de toutes les régions, représentant toutes les industries qui constituent IndustriALL, ont reconnu que l’emploi précaire était une menace commune aux droits des travailleurs et travailleuses du monde entier, à laquelle il faut résister. La mobilisation autour de la date du 7 octobre a été considérable et a permis pour la première fois aux affiliés de IndustriALL d’entreprendre une action unifiée commune à l’échelle mondiale.

Les actions des affiliés  
En tout, 150 affiliés de 46 pays ont rendu compte de leur participation à ce qui était une réelle action mondiale. Les travailleurs et travailleuses ont manifesté dans les rues au Burkina Faso, en Colombie, en Guinée, à Hong Kong, en Hongrie, en Inde, en Indonésie, au Kirghizstan, au Mali, à l’île Maurice, au Sri Lanka, en Thaïlande, ainsi que dans bien d’autres pays. Les affiliés ont rendu compte d’actions qui allaient de la distribution de matériels de campagne sur des lieux de travail et de conférences thématiques jusqu’à des revendications au gouvernement, des actions éclair, des audiences publiques et des mobilisations de masse pour des défilés et des meetings.

La liste intégrale des actions entreprises par les affiliés, ainsi que les nombreuses photos qui sont une source d’inspiration se trouvent sur le site de IndustriALL, ainsi que sur Flickr. Les photos montrent la mobilisation des syndicalistes dans le monde entier sous la bannière de IndustriALL. L’affiche et le tract réalisés pour la campagne et traduits dans plus de 14 langues ont été largement utilisés par les affiliés pour envoyer un puissant message aux gouvernements, aux employeurs et au public, en montrant l’union des syndicats dans leur opposition à l’emploi précaire. Des nouvelles sur les actions ont été données sur Facebook et Twittere et la page STOP Travail précaire sur Facebook a reçu le soutien de plus de 1700 personnes.

Dans l’esprit d’unité qui a présidé à la création de IndustriALL, les affiliés d’un certain nombre de pays se sont rassemblés pour entreprendre des actions communes sous la bannière de IndustriALL. Beaucoup d’affiliés ont réussi à influencer leurs centrales nationales pour qu’elles se lancent dans le combat contre l’emploi précaire à l’occasion de la Journée mondiale pour le travail décent, ce qui a renforcé d’autant la campagne de IndustriALL. Des affiliés ont également remporté un succès important en obtenant une couverture médiatique nationale de leurs actions.

‘Le piège triangulaire’
Le 2 octobre, IndustriALL a publié ‘Le piège triangulaire: Les syndicats en action contre le travail intérimaire’ dans le cadre de la campagne. Ce rapport s’attaque à l’expansion massive des agences d’emploi privées, des sociétés d’intérim, des intermédiaires et des fournisseurs de main-d’œuvre, et du remplacement général d’une main-d’œuvre permanente, embauchée directement. Il met en lumière les efforts de lobbying de l’organisme mondial des agences d’emploi privées Ciett pour obtenir l’abandon des restrictions juridiques au travail fourni par des agences, et ce, en se basant principalement sur l’expérience des affiliés de IndustriALL.

Les syndicats ont commencé à se servir du rapport “Le piège triangulaire” pour informer leurs membres et le public de cette menace mondiale sur les droits des travailleurs et travailleuses, et pour appuyer leurs revendications auprès des gouvernements et des employeurs. Le rapport est disponible en anglais, français, espagnol et en turc sur le site de IndustriALL ou sur demande en copie sur papier.

La tragédie de Pike River en 2010 “un accident devait se produire”

L’étendue de l’échec de la direction et du ministère néo-zélandais du Travail pour assurer des mesures de sécurité de base à la mine est scandaleuse; il est maintenant clair que l’accident aurait pu survenir plus tôt et qu’il aurait pu être évité à la suite de nombreux avertissements. Les avertissements qui ont précédé l’accident ont été largement ignorés du fait que la direction faisait des économies exagérées pour maintenir des niveaux de production.

Les appels lancés par les syndicats pour renforcer la réglementation, une inspection indépendante avec des ressources suffisantes sur la sécurité minière et un véritable engagement de la main-d’œuvre en matière de santé et de sécurité, sont rappelés dans les recommandations du rapport comme étant impératives pour la mise en place d’une culture préventive dans l’avenir.

Le rapport accablant va dans le sens de la campagne de IndustriALL pour la ratification et l’application réelle de la convention 176 de l’OIT, la convention sur la sécurité et la santé dans les mines, et l’adoption de la recommandation 183 qui l’accompagne. IndustriALL estime que la convention 176 n’est pas un instrument destiné uniquement aux pays en développement. Beaucoup de gouvernements de pays développés veulent éviter sa ratification et les engagements qu’elle contient pour la sécurité dans les mines, sous la pression de chefs d’entreprise.

Le 19 novembre 2010, une terrible explosion de méthane a tué 29 mineurs, dont 11 membres de l’affilié de IndustriALL, Engineering, Printing and Manufacturing Union (EPMU). Il s’agissait du pire désastre survenu dans une mine en Nouvelle-Zélande depuis 119 ans. Une nouvelle explosion eut lieu ensuite le 24 novembre, après quoi les autorités annoncèrent que les mineurs étaient morts; deux autres explosions eurent encore lieu les jours suivants.

Les corps des mineurs reposent toujours dans la mine. Le secrétaire national adjoint de l’EPMU, Ged O’Connell, a pris connaissance des conclusions et des recommandations de la Commission royale, et a demandé au gouvernement de Nouvelle-Zélande de les appliquer. Il a déclaré:

“Pour que les 29 hommes dont les corps gisent dans la mine ne soient pas morts en vain, ces recommandations doivent être appliquées sans délai et sans réserves".

O’Connell a ajouté:

"Nous sommes particulièrement satisfaits d’assister à la réintroduction d’inspecteurs de contrôle élus par les travailleurs, une attention spéciale portée au renforcement de la réglementation sur la sécurité dans les mines, et à la création d’une nouvelle agence de la couronne chargée de contrôler la santé et la sécurité.

La convention 176 demande que les mines soient correctement construites et disposent d’au moins deux sorties distinctes de secours. Une ventilation suffisante avec un contrôle des substances contaminées doit être mise en place. En cas de détection de dangers graves, les opérations doivent cesser et les travailleurs doivent être évacués. Les travailleurs ont le droit de rendre compte des accidents et des évènements comportant un danger. Ils ont le droit de refuser d’accomplir un travail comportant des risques pour la sécurité. En outre, les travailleurs peuvent choisir leurs représentants chargés de la santé et de la sécurité qui ont le pouvoir de participer aux enquêtes et aux inspections.

La mine de charbon de Pike River est la plus grande mine souterraine de Nouvelle-Zélande avec 17,6 millions de tonnes de charbon à coke dur sous la chaîne montagneuse de Paparoa sur l’île du Sud. Pike River Coal Ltd. qui appartenait auparavant à New Zealand Oil & Gas Ltd. a déposé son bilan depuis la tragédie.

Soutien continu aux travailleurs de Gerdau en Colombie

Au Brésil, le syndicat des travailleurs de Gerdau à Rio Grande do Sul n’a pas perdu de temps pour inclure une section dans son bulletin sur le traitement des travailleurs et travailleuses de Gerdau en Colombie. Le syndicat a distribué le bulletin devant les établissements de la multinationale pour soutenir les salariés de Gerdau en Colombie.

Depuis son installation en Colombie, l’entreprise Gerdau s’est enrichie aux dépens des travailleurs et travailleuses. La multinationale de l’acier a fermé les installations de Laminados Andinos et de Sidelpa pour transférer la production dans d’autres usines. La direction a tenté ensuite de fermer une autre usine à Duitama, mais elle s’est trouvée dans l’obligation de la rouvrir en employant seulement une main-d’œuvre en sous-traitance. Il y a actuellement à Duitama trois personnes en sous-traitance pour chaque salarié permanent.

Après les infractions continuelles aux droits des travailleurs et travailleuses dans les usines Gerdau en Colombie, une action coordonnée a été entreprise par le réseau syndical de l’entreprise entre le 31 octobre et le 3 novembre. Des syndicats locaux appartenant au Conseil international ont distribué des tracts dans leurs usines pour informer leurs membres et la direction de la situation.

Le Conseil mondial des travailleurs de Gerdau est l’un des plus actifs réseaux d’affiliés de IndustriALL. Voir son tract de campagne pour le soutien aux travailleurs et travailleuses en Colombie, qui indique:

Le Conseil mondial des travailleurs de Gerdau défend le droit à une vie décente et à un travail décent dans tous les pays où il représente des travailleurs et travailleuses. Nous n’allons pas nous laisser prendre par la stratégie de l’entreprise qui cherche à nous dresser les uns contre les autres, quand son seul objectif est d’améliorer ses bénéfices à nos dépens. Quand Gerdau emploie les mots "éthique" et "respect", nous constatons qu’elle veut dire le contraire dans la pratique.

Le Conseil continue d’exiger de Gerdau la création d’un Comité international conjoint de santé et de sécurité. Gerdau doit accepter le fait que le bien-être des travailleurs et travailleuses est plus important que le profit.

Le combat continue chez Zesa

Lopes s’est entretenu avec le ministre de l’Énergie et le directeur général de l’entreprise publique Zimbabwe Electricity Supply Authority (ZESA) pour parler des infractions aux droits du travail commises actuellement par ZESA qui a mis à pied 135 salariés le 17 juillet 2011 qui auraient menacé de faire grève.

Bien que les personnes mises à pied aient été réintégrées, trois autres salariés qui faisaient face au même chef d’accusation, ont été licenciés sans pouvoir faire appel. La grande majorité des travailleurs et travailleuses qui ont repris le travail après avoir été suspendus pendant plus de deux mois, n’ont pas reçu de salaire pour leur période de mise à pied. 

Angeline Chitambo, présidente du ZEWU et membre du Comité exécutif de IndustriALL, a été licenciée par ZESA sans avoir été véritablement jugée. Un autre dirigeant du ZEWU, Dennis Mukote reste mis à pied.  

L’entreprise ZESA continue de ne tenir aucun compte d’une décision d’arbitrage qui donne droit à une juste augmentation salariale, laquelle se situe au cœur des questions concernant actuellement la main-d’œuvre de ZESA. ZESA conteste également devant les tribunaux l’impartialité de l’arbitre, pour tenter visiblement de porter atteinte au processus d’arbitrage et annuler la hausse salariale accordée aux travailleurs et travailleuses.

Lopes a affirmé que les infractions aux droits des travailleurs et travailleuses et aux droits syndicaux durement acquis ne resteront pas impunies. Il a demandé au ministre de l’Énergie d’intervenir pour que ces questions soient résolues, et il a prévenu le ministère tout comme ZESA que si ces questions étaient toujours d’actualité au moment de la réunion du Comité exécutif en décembre, IndustriALL rallierait un soutien pour renforcer sa campagne. 

Depuis les réunions, ZEWU a signalé que des discussions ont eu lieu entre le ministère et ZESA et que le syndicat garde l’espoir que les questions seront résolues. Le syndicat attend la la fixation d’une date par ZESA pour faire appel au licenciement de Chitambo. Il a été convenu que l’affaire Makote fera l’objet d’un arbitrage. ZEWU a également pris en main l’affaire des trois travailleurs licenciés auprès du ministère du Travail, comme pratique injuste d’exploitation de la main-d’œuvre.

Tandis que ZESA continue de porter l’affaire de la décision d’arbitrage devant la Haute Cour, ZEWU a porté plainte au pénal contre les directeurs de ZESA pour non respect de la décision du tribunal et défaut d’application de la décision d’arbitrage.

“La fin approche” a dit le secrétaire général adjoint, Mbonisi Sibanda, “mais il y a encore un long chemin à parcourir, difficile et chargé d’épines”.

Les travailleurs chiliens envisagent une nouvelle structure syndicale

Dans le cadre d’un projet de renforcement syndical en cours de réalisation par IndustriALL Global Union au Chili, un séminaire a été organisé le 5 novembre sur le thème “Une nouvelle structure syndicale et de nouvelles stratégies de négociation collective” dans le but de démocratiser les discussions sur l’élaboration d’une nouvelle structure.

La réunion qui a eu lieu dans les bureaux de la centrale syndicale, Central Unitaria de Trabajadores de Chile (CUT), a rassemblé environ 150 représentant(e)s de syndicats affiliés à la Confédération des travailleurs de la métallurgie, de l’industrie et des services, CONSTRAMET. Des représentants du syndicat n°1 de Huachipato, qui est affilié à IndustriALL, et des dirigeants de syndicats des industries des mines et du papier, ont aussi assisté au séminaire.

Des représentants de IndustriALL étaient également présents, aux côtés de Erland Lindkvist de la fédération suédoise des métallurgistes, IF Metall, qui assure le financement du projet.

Fernando Lopes, secrétaire général adjoint de IndustriALL, a fait remarquer que si le nombre de syndicats a augmenté au Chili, le nombre de membres couverts par une convention collective a diminué. Il a poursuivi en disant que le mouvement avait besoin d’organisations solides, capables de travailler ensemble, mais aussi avec d’autres acteurs sociaux importants pour décider du chemin à prendre pour le pays.

Bárbara Figueroa, présidente de la CUT Chili, s’est réjouie de la possibilité offerte pour un débat. Elle a souligné l’importance de développer des organisations de la base au sommet et de faire prendre conscience aux travailleurs et travailleuses de la nécessité de promouvoir l’unité et le renforcement du mouvement. “Nous avons besoin de ce type de discussion pour définir ce que nous voulons édifier”, a-t-elle dit.

Les participant(e)s ont pris connaissance de la partie du projet concernant une nouvelle structure syndicale, dont le processus est mené par CONSTRAMET. Jorge Almeida, représentant régional de IndustriALL et Erland Lindkvist ont présenté des exposés, respectivement sur les modèles argentin et suédois, en donnant des idées sur la manière dont les syndicats pourraient progresser au Chili et mettre fin à la stagnation du mouvement.

La discussion a porté sur la situation actuelle des syndicats et sur la négociation collective. Le gouvernement a été critiqué pour son soutien au patronat qui laisse les travailleurs et travailleuses sans défense sur le lieu de travail, mais aussi dans le domaine juridique. Des dirigeants syndicaux ont exprimé également une certaine autocritique concernant leur engagement précédent dans le projet.

Marino Vani, représentant régional adjoint de IndustriALL et responsable du projet de renforcement syndical, a dit que le séminaire a donné la possibilité de déterminer des critères communs de changement dans la structure syndicale.

La discussion a établi clairement que la structure actuelle au Chili ne convient pas au but fixé, et que les syndicats doivent travailler ensemble pour que le mouvement puisse réaliser des progrès.

Finalement, Horacio Fuentes, président de CONSTRAMET, a encouragé les travailleurs et travailleuses à s’investir pour “être dans une position qui leur permet de dire aux gens ce que nous faisons, qui est la mise en place d’une structure politique et syndicale qui nous permettra de mener ensemble une négociation collective”.

IndustriALL Global Union va poursuivre son travail avec nos affiliés chiliens pour promouvoir l’unité et s’attacher au renforcement de la négociation collective.

IndustriALL-LabourStart-Amnesty International-PRODESC joignent leurs forces pour les mineurs mexicains

Signez la pétition ici et envoyez votre appel au gouverneur de l’État et au ministre mexicain de l’Intérieur, pour protester contre la complicité des autorités qui ont autorisé l’emploi de bulldozers et de 180 casseurs armés pour détruire et incendier le camp des protestataires le 24 octobre dans la matinée.

Comme cela a été signalé le semaine dernière sur le site de IndustriALL, des mineurs protestaient avec des propriétaires fonciers communautaires, en demandant la liberté syndicale et le droit de négocier collectivement pour la section 309 du syndicat national des mineurs (SNTMMSRM) après une longue lutte contre un syndicat jaune à la mine La Platosa, située à La Sierrita dans l’État de Durango, et propriété de la société minière canadienne Excellon Resources Inc.

Le camp des protestataires avait été établi au cours des trois derniers mois à l’entrée de la mine La Platosa, les protestataires manifestant pacifiquement près des routes d’accès, en critiquant les efforts de la direction locale pour éviter d’utiliser les systèmes démocratiques de relations industrielles avec le syndicat Los Mineros, affilié à IndustriALL, et d’employer au contraire les services du “syndicat” d’entreprise Gomez Sada.

Des hommes, des femmes et des enfants d’un groupe de propriétaires fonciers communautaires, connu sous le nom de Ejido La Sierrita, manifestaient pacifiquement et légalement depuis trois mois à l’extérieur de la mine d’argent La Platosa, propriété d’Excellon. Les propriétaires fonciers accusent Excellon de ne pas respecter ses engagements envers leur communauté et de refuser de négocier une résolution au conflit qui s’envenime.

IndustriALL et ses partenaires mondiaux soutiennent les revendications de la section 309 du SNTMMSRM visant à mettre fin à la violence dans l’entreprise et à trouver une solution au conflit.

Le gouvernement mexicain met au point actuellement une série de réformes régressives sur la législation du travail, en abandonnant les dernières barrières de protection juridique des droits des travailleurs et travailleuses au Mexique afin de favoriser une plus grande flexibilité pour les employeurs. Les mineurs de La Platosa d’Excellon continuent cependant de faire compagne pour le droit de s’organiser collectivement avec la section 309 de Los Mineros face à la complicité des autorités de l’État et de la direction d’Excellon.

Le 6 novembre, plus de 150 mineurs et propriétaires fonciers communautaires ont formé une caravane de protestation et ont marché jusqu’à la ville de Durango pour dénoncer publiquement l’inaction actuelle des autorités de l’État et du gouvernement fédéral qui permettent à Excellon d’engager des casseurs pour menacer et s’attaquer aux protestataires en toute impunité, en criminalisant une fois de plus une protestation sociale au Mexique.

Les protestataires ont demandé au gouvernement fédéral et à l’État de Durango de trouver une solution au conflit dans le cadre du respect des droits de la personne des propriétaires fonciers communautaires et de la protection de l’intégrité physique des protestataires.

Excellon a répondu à la campagne en ligne en affirmant que l’éviction qui a eu lieu le 24 octobre n’était pas violente. Un rassemblement organisé le 6 novembre a qualifié ces paroles de “MENSONGES”.

Les syndicats finlandais défendent les jeunes travailleurs

Les confédérations syndicales finlandaises SAK, STTK et Akava, ainsi que le centre de solidarité syndicale SASK, ont condamné à l’unanimité les propositions de plus en plus nombreuses des associations patronales portant sur l’introduction d’un salaire plus bas pour les jeunes travailleurs et travailleuses. Les syndicats ont tous qualifié ces propositions comme n’étant “pas nécessaires” et “injustes”.

L’idée de réaliser des économies sur le dos des jeunes, et ce, dès le début de leur carrière est tellement appréciée par les employeurs en Finlande que les syndicats ont décidé d’exprimer clairement leur position sur cette question, en affirmant que le niveau des salaires dépend invariablement de l’expérience acquise dans le travail par le salarié. En outre, les syndicats estiment que les employeurs disposent déjà de plusieurs possibilités avec l’embauche d’apprentis dont le salaire est généralement inférieur de 10 à 20 pour cent au minimum fixé dans les conventions collectives.

“Nous ne voulons pas avoir en Finlande une génération à 1000 euros comme c’est souvent le cas dans une grande partie de l’Europe du sud. Ces jeunes au sud de l’Europe n’ont pas la possibilité de vivre de manière autonome et dépendent souvent de leurs parents, parfois même jusqu’à la trentaine”, déclare Ulla Hyvönen, chargée à la STTK de la politique des étudiant(e)s et des jeunes. Et elle ajoute: “Une baisse du salaire ne permettrait même pas de donner une impulsion à l’emploi des jeunes”.

“Une bonne façon d’aider les jeunes consiste à donner aux salariés occupant un emploi temporaire ou à temps partiel, ou embauchés par des agences d’emploi privées, des conditions de travail identiques à celles des autres. Cela signifie des améliorations respectant le droit aux congés payés, aux soins de santé dans le cadre de l’entreprise, à l’indemnité de maladie et aux prestations de chômage liées au revenu,” souligne Tatu Tuomela, secrétaire aux jeunes à la SAK.

Elina Havu, médiatrice à l’Akava pour les étudiant(e)s, a critiqué la qualité actuelle de la formation pratique, en disant: “Les employeurs utilisent souvent des apprentis pour pallier au manque de main-d’œuvre et leur faire prendre la place de salariés plus expérimentés”. Et elle ajoute: “Ce type de comportement est une insulte à l’aptitude des jeunes travailleurs et travailleuses, et ne sert qu’à les décourager dans le travail”.

Aleksi Vienonen, chargé des communications au SASK, a souligné la portée et l’importance pour les syndicats de faire adhérer les jeunes travailleurs et travailleuses. “Dans les pays où le mouvement  syndical est faible, il est courant de rencontrer des problèmes en ce qui concerne la législation du travail et la manière dont les droits des salariés sont respectés sur le lieu de travail”.

Victoire des travailleurs de Texim en Turquie

Le 2 novembre, après avoir négocié avec la direction de Texim, une entreprise turque de textile qui produit des vêtements pour Hugo Boss et Pierre Cardin, les principales revendications présentées par le syndicat des travailleurs de l’industrie du textile, du tricot et de la confection (TEKSIF) ont été acceptées. Dans ces négociations qui bénéficiaient du soutien de IndustriALL Global Union, l’entreprise a accepté les revendications suivantes de TEKSIF:

Texim a visiblement décidé de ne plus avoir recours à des méthodes antisyndicales, ce qui a permis à TEKSIF de syndiquer environ 50 pour cent de la main-d’œuvre et à obtenir la reconnaissance de la certification approuvée par le ministère du Travail.

“IndustriALL a soutenu les salariés en prenant contact avec les marques et les syndicats de la confection et d’autres secteurs dans le monde entier. Cette résistance des travailleurs et travailleuses de Texim a très vite eu un impact et a donné l’exemple de l’importance de la syndicalisation pour obtenir une modification des conditions de travail de la main-d’œuvre”, a déclaré Kemal Ozkan, secrétaire général adjoint de IndustriALL Global Union qui a participé aux dernières négociations à Istanbul.

Depuis 2010, TEKSIF a fait campagne pour la syndicalisation chez Texim. Cette lutte a permis de résister au changement de conditions de travail décidé unilatéralement par l’employeur. Les travailleurs et travailleuses, et notamment les opérateurs de machines, n’acceptaient pas ces conditions imposées par l’employeur, et leur résistance à travers leur syndicat avait été la cause de leur mise à pied.

“Nous adressons nos sincères félicitations à tous/toutes les travailleurs et travailleuses de Texim qui ont résisté pendant quatre mois … et que ceci serve de modèle exemplaire pour les travailleurs et travailleuses de l’industrie de la confection” a déclaré Kemal.