Les vêtements UNIONMADE ne sont pas faits par des travailleurs syndiqués

Il se trouve que la plupart des vêtements haut de gamme vendus par UNIONMADE ne sont pas faits par une main-d’œuvre syndiquée, comme l’a révélé gawker.com. “Le nom UNIONMADE [fait par une main-d’œuvre syndiquée] est un concept de diversité narrative pour le magasin, voulant dire par là que nous nous acharnons à vendre des marchandises de fabrication soignée et esthétiquement éternelles”, explique l’entreprise dans un exemple à couper le souffle d’une explication particulièrement entortillée. 

Face à un détaillant prêt à dire cyniquement n’importe quoi, que peuvent faire les consommateurs au courant des problèmes sociaux?

En vérité, l’emploi très répandu de la sous-traitance dans l’industrie de la mode rend impossible d’obtenir la garantie que les vêtements et les chaussures sont fabriqués dans des conditions décentes. Mais cela ne doit pas signifier pour autant que la clientèle est dépourvue de pouvoir. Bien au contraire.

On peut toujours regarder s’il y a une étiquette ‘main-d’œuvre syndiquée’, bien que cette étiquette ne donne aucun renseignement sur les conditions de travail. Elle signifie simplement que les vêtements sont fabriqués dans une usine où le personnel est syndiqué et signataire d’une convention collective.

En tant que consommateurs/trices, nous devons aussi trouver d’autres moyens de nous faire entendre. En réalité, nous devrions hurler en nous opposant aux conditions indignes dans lesquelles nos vêtements sont fabriqués. Mais même les plus réticents parmi nous peuvent obtenir un véritable changement.  Après tout, si nous n’avons aucun scrupule à demander si un vêtement risque de rétrécir au lavage, pourquoi devrions-nous craindre de demander si la personne qui l’a fabriqué a le droit de former un syndicat et si elle reçoit un salaire décent lui permettant de vivre?

Cela semble simpliste, mais imaginez si chaque simple client(e) commençait à poser des questions embêtantes: Assez vite, les détaillants eux-mêmes commenceraient à chercher à obtenir de vrais réponses. 

Aussi, la prochaine fois que vous achèterez  des vêtements ou des chaussures, assurez-vous de dire au vendeur ou à la vendeuse que vous voulez acheter des articles propres en tout sens du terme!

La fusion Glencore-Xstrata approuvée

Le 20 novembre à Zug, Suisse, IndustriALL Global Union a rejoint une nouvelle fois le Parti des Verts de Suisse et plusieurs militant(e)s de la société civile devant le lieu de réunion de l’assemblée générale extraordinaire des actionnaires de Xstrata pour manifester contre la fusion entre les deux géants des matières premières Xstrata et Glencore.

La fusion visant à créer une nouvelle centrale de ressources naturelles, Glencore Xstrata International, a été approuvée par les actionnaires de Xstrata le 20 novembre, mais sans le versement d’un volet de plusieurs millions de livres sterling de rémunérations aux dirigeants les plus en vue de Xstrata qui avait été recommandé par le conseil. La fusion doit encore recevoir l’aval de la Commission européenne qui s’est donnée jusqu’au 22 novembre pour examiner le projet, et par les autorités de la concurrence en Chine et en Afrique du Sud.

Xstrata et Glencore sont parmi les 20 plus grandes sociétés cotées à la Bourse de Londres. Elles mènent des activités dans 33 pays. Une fois l’accord entériné, elles seront capables de faire concurrence aux autres grands rivaux comme BHP Billiton, Vale et Rio Tinto. Ce vote élimine un obstacle à l’adoption du projet du directeur général de Glencore, Ivan Glasenberg, visant à créer la quatrième entreprise minière au monde. IndustriALL Global Union a condamné publiquement cette fusion.

Nous sommes ici pour rappeler qu’un vote en faveur de cette fusion est un vote de cupidité, et que chaque personne raisonnable et sensée ne peut pas voter pour cette fusion; et si le passé nous apprend quelque chose étant donné leurs antécédents, nous avons le droit d’avoir très peur

a déclaré Glen Mpufane, au cours de la manifestation devant le lieu de réunion de l’assemblée extraordinaire des actionnaires de l’entreprise de négoce des matières premières Glencore dans la ville suisse de Zug.

En Afrique du Sud, le syndicat national des mineurs (NUM), le syndicat national des métallurgistes (NUMSA) et la société de production et de distribution d’électricité Eskom ont présenté des demandes d’intervention contre l’approbation recommandée par la Commission de la concurrence. Le tribunal de la concurrence examinera les demandes du 10 au 14 décembre 2012. 

IndustriALL Global union et son alliance de partenaires et de militant(e)s de la société civile vont devoir faire face à cette nouvelle entité. Nous la tiendrons responsable et nous continuerons d’exiger de bons choix de sa part; et qu’elle devienne une bonne entreprise citoyenne si elle en est capable

a ajouté Glen Mpufane, directeur des industries minière et du diamant, pierre précieuse, ornementale et bijou de IndustriALL Global Union.

La protestation de IndustriALL Global Union contre la fusion était menée principalement par ses trois plus grands affiliés dans les industries des mines et de la métallurgie: United Steelworkers Union of America and Canada, Construction, Forestry, Mining and Energy Union d’Australie (CFMEU) et National Union of Mineworkers of South Africa (NUM).

Les travailleurs verriers mexicains poursuivent la lutte

L’organisation combative Sindicato Único de Trabajadores de la Empresa Industria Vidriera del Potosí (SUTEIVP) a refusé d’accepter le renvoi sommaire en 2008 de 220 travailleurs couverts par une convention collective. Cette mise à pied massive s’appliquait à tous les membres du comité exécutif du SUTEIVP. Elle  a précédé la signature d’un contrat de protection avec un syndicat jaune d’entreprise ayant à sa tête des dirigeants corrompus.

IndustriALL salue la lutte de son affilié, le SUTEIVP.

L’entreprise Industria Vidriera del Potosí est une filiale du fabricant mondial de bière Grupo Modelo. C’est l’un des quatre fabricants de bouteilles dont la production sert à la célèbre bière mexicaine Corona, et est la propriété de la dame la plus riche du Mexique, María Asunción Aramburuzavala. Grupo Modelo est en voie d’être racheté par le leader mondial sur le marché, AB InBev, qui produit les bières Budweiser, Stella Artois et Becks. Les ventes combinées de l’entreprise devraient se monter en 2013 à 47 milliards d’USD. Ce rachat ne modifiera pas l’attitude antisyndicale de la direction de l’usine.

Un groupe de 33 continue de faire campagne pour retrouver leurs emplois, alors que la direction vindicative les a qualifiés de “provocateurs” et les a mis sur une liste noire communiquée aux autres employeurs. Une campagne de diffamation de la direction contre les 33 s’est adressée, entre autres, aux épouses, enfants et familles des responsables du SUTEIVP.

Il n’est pas surprenant que les autorités mexicaines aient été complices de la volonté d’écraser le SUTEIVP. Les services de la main-d’œuvre emploient à chaque occasion la tactique habituelle qui consiste à engager une procédure juridique.

Le SUTEIVP avait entrepris de présenter une plainte au Point de contact national (PCN) de l’OCDE au Mexique dans le cadre des principes directeurs de l’OCDE à l’attention des entreprises multinationales. En 2010, le PCN mexicain, qui fait partie de l’establishment mexicain, a rejeté la plainte pour "preuve insuffisante". Le syndicat a également présenté une plainte au Comité de la liberté syndicale du BIT au milieu de l’année 2011 avec le soutien de l’ICEM qui est l’une des organisations qui ont précédé la création de IndustriALL. Le syndicat a rejoint activement tous les autres syndicats indépendants et démocratiques pour lutter contre les réformes de la législation du travail adoptées récemment au Mexique. Il continue de se battre pour obtenir justice pour les travailleurs et travailleuses de Grupo Modelo et d’autres entreprises au Mexique.

Établir la solidarité avec les réseaux syndicaux et les accords mondiaux

Le plan d’action adopté par le Congrès de IndustriALL Global Union nous a donné la tâche de développer une stratégie de réseaux pour les entreprises multinationales (EMN) en vue d’échanger des informations, d’avoir des initiatives conjointes, des plate-formes communes, une coordination de la négociation collective au niveau national et une mobilisation en cas d’infraction aux droits des travailleurs et travailleuses par des EMN et leurs fournisseurs. Nous avons également approuvé la poursuite par IndustriALL des accords déjà conclus avec des EMN pour établir des mécanismes de dialogue social aux niveaux mondial et régional permettant d’avoir des relations industrielles constructives.

Pour mettre en lumière ces objectifs ambitieux mais cruciaux, nous avons rassemblé 150 participant(e)s des cinq continents pour une première activité majeure de IndustriALL, une  conférence mondiale sur les réseaux syndicaux et les accords-cadres mondiaux les 17-18 octobre 2012 à Francfort.

Deux jours de débat fertile entre de véritables experts ont mis en exergue notre riche expérience dans les secteurs industriels représentés par les trois organisations fondatrices de IndustriALL. Beaucoup avait déjà été réalisé dans le passé. Nous voulons maintenant obtenir une compréhension commune pour développer une nouvelle culture basée sur les réussites du passé et réaliser de nouvelles avancées.

Les participant(e)s ont mis unanimement l’accent sur le fait que les réseaux syndicaux constituent un moyen important pour obtenir un véritable pouvoir syndical et une solidarité mondiale. L’échange d’informations donne déjà des résultats dans plusieurs grandes entreprises. De bons exemples d’action conjointe ont été cités dans des entreprises telles que Caterpillar, Gerdau, Tenaris et Rio Tinto, qui ont été ciblées en tant que grandes entreprises pour IndustriALL en raison de la brutalité des politiques antisyndicales des géants de l’acier.

Mais il est maintenant temps d’aller de l’avant. Nous devons utiliser la puissance collective émergeante des réseaux syndicaux pour cibler systématiquement les usines sans présence syndicale et en faire des bases d’activité syndicale. Les réseaux syndicaux doivent devenir un moyen pratique de syndicalisation.

Les réseaux syndicaux facilitent la mobilisation quand des multinationales et leurs fournisseurs enfreignent les droits des travailleurs et travailleuses. Dans des cas graves, l’action va s’amplifier jusqu’à devenir une campagne mondiale contre une entreprise. 

La conférence a insisté tout particulièrement sur la nécessité de faire pression pour obtenir la reconnaissance des réseaux syndicaux officialisés ou des comités d’entreprise mondiaux par les employeurs. Ford Motor Company est la dernière en date à rejoindre Volkswagen, Peugeot Citroën et d’autres marques pour approuver le financement de réunions régulières de représentant(e)s syndicaux/ales de différentes parties du monde.

IndustriALL a hérité des trois organisations fondatrices, 40 accords-cadres mondiaux avec des grandes entreprises multinationales. Il s’agit d’entreprises comme Inditex et Mizuno dans les industries du textile et de la confection, de géants du pétrole comme Petrobras et LukOil, et de constructeurs automobiles comme BMW et Renault.

On a insisté sur le fait que les nouveaux accords devaient donner lieu à un processus démocratique et transparent, avec une information ponctuelle et une consultation des affiliés ayant des membres dans l’entreprise concernée. De cette façon, nos syndicats éprouvent un sentiment de propriété sur les accords.

Les accords-cadres mondiaux sont basés sur l’engagement de respecter les conventions de base de l’Organisation internationale du Travail (OIT). Au vu des structures actuelles des entreprises, il est important de porter également son regard sur les fournisseurs et les entrepreneurs sous-traitants, qui doivent s’abstenir de mener des activités antisyndicales. Les réseaux syndicaux sont les meilleurs moyens pour obtenir de l’efficacité dans la mise en œuvre et l’application.

J’étais heureux de voir que les participant(e)s exprimaient une compréhension commune sur le fait que IndustriALL n’était pas un bureau à Genève, mais une famille syndicale mondiale engagée à réaliser concrètement une solidarité mondiale et une action commune.

Nous allons maintenant porter au Comité exécutif de IndustriALL les recommandations adoptées à la conférence. Je suis sûr que nous obtiendrons des instructions claires de nos organes décisionnels pour parvenir à renforcer la syndicalisation, à augmenter nos effectifs syndicaux et assurer la défense des droits des travailleurs et travailleuses avec l’aide des réseaux et des accords mondiaux.

Adoption au Mexique d’une réforme du travail désastreuse

Le cheminement de la législation au Parlement mexicain a été suivi attentivement par IndustriALL et ses affiliés au Mexique et à l’extérieur du pays. Les modifications adoptées mardi au Sénat par 99 voix contre 28 représentent un recul historique de la protection sociale et des droits du travail pour tous les travailleurs et travailleuses du pays.

Les préjudices causés de plus en plus souvent aux travailleurs et travailleuses au Mexique sont de notoriété publique et mobilisent chaque année le mouvement ouvrier international pour des “Journées d’action”. Les nouveaux changements législatifs vont légaliser un grand nombre de ces infractions aux droits fondamentaux de la personne reconnus au plan international pour la syndicalisation et la négociation collective dans le cadre d’un syndicat indépendant.

Les changements vont forcer la main-d’œuvre mexicaine à subir encore davantage des conditions d’emploi précaires, du fait que les contrats temporaires et de courte durée vont devenir la norme sur le plan juridique. Les travailleurs et travailleuses peuvent maintenant être employés à l’heure, à l’essai ou selon un processus triangulaire d’externalisation. Voir la publication récente par IndustriALL du rapport sur le Piège triangulaire ici même. L’externalisation au Mexique était déjà fréquente avant ces changements, et les gens de droite sur l’échiquier politique soutiennent injustement qu’une flexibilité plus grande donnée aux employeurs permettrait de créer davantage d’emplois formels bénéficiant pleinement de la sécurité sociale.

Les salaires sont généralement très bas au Mexique, et ils sont compensés dans une certaine mesure par des prestations sociales, un intéressement aux bénéfices, des programmes de logement et de soins médicaux. L’augmentation du travail sous contrat va compromettre les prestations de sécurité sociale et accentuera la détérioration des conditions de vie des travailleurs et travailleuses.

Les réformes s’appliquant à la législation du travail n’ont pas pu s’opposer au préjudice considérable causé par les contrats de protection qui permettent aux employeurs d’éviter de respecter le système de relations industrielles et d’établir, au niveau du lieu de travail, un accord s’appliquant à la main-d’œuvre qui n’a souvent aucune idée de son existence ou de son contenu.

Le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) qui est le parti politique du président élu Enrique Peña Nieto et est strictement aligné sur les syndicats jaunes d’entreprise au Mexique, ne s’est pas prononcé en faveur d’une transparence totale des finances syndicales et de l’élection à bulletin secret des dirigeants syndicaux. Pour ces raisons, les changements ont été décrits comme étant “les pires de deux mondes”.

La nouvelle législation offre un autre motif grave de préoccupation, en ce sens que son adoption encourage les personnes qui prônent un programme néolibéral à obtenir davantage de mesures, comme la privatisation du patrimoine public, en recourant à la législation avec la complicité des deux partis politiques, le PRI et le PAN.

IndustriALL Global Union, ses affiliés et ses alliés, continueront d’engager une mobilisation mondiale pour exiger que le nouveau gouvernement mexicain tienne sérieusement compte des recommandations de l’OIT sur l’affaire 2694 contre les contrats de protection, engage un dialogue avec le mouvement syndical international, les syndicats mexicains indépendants et les signataires de la plainte à l’OIT de l’une des organisations qui ont présidé à la création de IndustriALL, à savoir la FIOM.

Éliminer la violence à l’égard des femmes

Cette journée du 25 novembre est proclamée à la mémoire des militantes politiques en République dominicaine – les sœurs Mirabal – brutalement assassinées le 25 novembre 1960 sur ordre du régime du dictateur Rafael Trujillo.

La Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes marque également la période du 25 novembre au 10 décembre pour souligner le lien entre les femmes, la violence et les droits de la personne, qui englobe le 25 novembre, le 1er décembre Journée mondiale de lutte contre le sida, la Tuerie de l’École polytechnique de Montréal du 6 décembre 1989 quand 14 étudiantes polytechnicienne furent abattues au Canada en tant que féministes, et le 10 décembre Journée internationale des droits de l’homme.

La violence à l’égard des femmes est un acte qui a pour résultat ou peut avoir pour résultat de faire du mal physiquement, sexuellement ou psychologiquement ou causer des souffrances à des femmes. La violence à l’égard des femmes peut avoir lieu dans la vie privée, chez soi ou en public. Ces formes de violence peuvent se caractériser par le viol, la violence domestique, le trafic de femmes, la traite des Blanches, l’exploitation sexuelle, le harcèlement sexuel, les mutilations génitales féminines, le mariage forcé, une branche de la guerre et du meurtre inexorablement liée au problème du VIH/Sida et ayant des conséquences graves sur les droits des femmes. Des activités préventives doivent avoir lieu parallèlement à des efforts destinés à réduire la violence à l’égard des femmes et des filles. Ces programmes doivent prendre en ligne de compte le lien entre le fait d’être femme et l’inégalité socioéconomique, et la vulnérabilité au VIH/Sida.

La violence à l’égard des femmes provient d’un système omniprésent d’injustice qui perpétue la dominance des hommes et la subordination des femmes, et qui est l’exemple le plus frappant de l’inégalité entre femmes et hommes. La violence basée sur le sexe a une forte incidence sur le monde du travail. Elle est souvent décrite comme étant la pire des infractions au monde touchant les droits de la personne. On estime qu’au moins une femme sur trois dans le monde a été forcée d’avoir des rapports sexuels, a été battue ou maltraitée d’une manière ou d’une autre. Mise à part la souffrance physique, il y a un argument économique réel pour éliminer la violence à l’égard des femmes. En raison d’une discrimination de tout une vie et d’emplois stéréotypés, la plupart des femmes exercent des emplois à bas salaire et sans prestige en n’ayant que peu de pouvoir pour contrôler ou prendre des décisions, ou de compétence pour la négociation. Elles sont surreprésentées dans des emplois atypiques et précaires qui présentent des facteurs de risque de violence basés sur le sexe, notamment de harcèlement et d’agression sexuels. De plus, la violence sur le lieu de travail peut prendre la forme de brimades et de harcèlement.

La crise économique va vraisemblablement exacerber la violence à l’égard des femmes. La situation des femmes est encore plus précaire et donc plus vulnérable, ce qui accroît la probabilité de la violence.

L’interaction entre la violence conjugale et la violence sexiste au travail est devenue de plus en plus claire. La victime peut même être traquée au travail par le coupable avec toutes les implications qui cela peut avoir sur les autres membres du personnel. Les mauvais résultats dans le travail de la personne concernée touche l’ensemble du lieu de travail et abaisse la productivité de chaque salarié. La victime souffre d’un manque d’estime de soi et cesse d’avoir de bons rapports avec le monde extérieur. L’absentéisme augmente, et il en résulte de médiocres relations de personnel.

Une étude réalisée récemment au Royaume-Uni évalue le coût chaque année de la violence conjugale dans l’économie à 2,7 milliards de livres sterling (4,2 milliards d’USD) de réduction de productivité, de salaires perdus et d’indemnités de maladie. En 2011 aux États-Unis, l’entreprise pharmaceutique Novartis a été reconnue coupable de l’une des plus grandes affaires de harcèlement et de discrimination sexuels de tout temps et condamnée à verser 3,3 millions d’USD de dédommagements et 250 millions d’USD de dommages et intérêts à 5.600 femmes qui ont été également habilitées à chercher à obtenir chacune jusqu’à 300.000 USD de dommages et intérêts supplémentaires.

Les syndicats dans les industries où les hommes sont majoritaires devraient mener la campagne visant à mettre fin à la violence à l’égard des femmes. Il faut encourager le partenariat entre femmes et hommes afin de créer un environnement capable d’amener la paix et le développement. Les syndicats doivent combattre la violence basée sur le sexe par une action collective des hommes en montrant que cela représente un signe de force et non de faiblesse.  Le fait de travailler avec des hommes pour éliminer la violence à l’égard des femmes constituera un pas de géant vers une égalité entre femmes et hommes.

Beaucoup de pays ont adopté des lois plus fortes pour s’attaquer au problème de la violence à l’égard des femmes. On dispose de plusieurs traités régionaux qui contiennent des lois destinées à mettre fin à la violence. Néanmoins le lieu de travail en soi doit servir de plate-forme de prévention de la violence. La négociation collective peut constituer une base permettant de s’attaquer à la violence. Les accords sur l’égalité qui offrent la possibilité de transfert et de dédommagement financier aux victimes de violence conjugale constituent un moyen supplémentaire.

Marche de solidarité au Brésil en faveur de la grève générale en Europe

Le Conseil mondial des travailleurs de Gerdau, l’un des plus actifs réseaux syndicaux des affiliés de IndustriALL, s’est réuni cette semaine à Sorocaba, Sao Paulo, Brésil. Les représentants des travailleurs et travailleuses de Gerdau au Brésil, en Argentine, au Canada, aux États-Unis, au Pérou, en Colombie et au Chili ont examiné la situation actuelle dans leurs pays et préparé la poursuite de la coordination pour améliorer les conditions de travail dans les activités mondiales de la multinationale de l’acier Gerdau.

Le Conseil a évoqué la crise sociale et financière en Europe. Les participant(e)s ont réalisé que les gouvernements européens livraient leur souveraineté aux banques et aux grandes entreprises. Ils ont décidé de soutenir la lutte des travailleurs européens pour obtenir une société plus égalitaire.

Le Conseil mondial des travailleurs de Gerdau a marché jusqu’au consulat d’Espagne, le 14 novembre 2012, aux côtés de sept centrales syndicale brésiliennes.

Avant la marche, le Conseil s’est rendu à l’usine Gerdau à Sorocaba, Sao Paulo. L’employeur avait bloqué l’accès de l’usine au Conseil, aussi les membres du Conseil ont rencontré le personnel à l’entrée de l’usine au moment d’un changement d’équipe postée. Le Conseil a félicité les travailleurs et travailleuses de Gerdau et partagé avec eux des renseignements sur la situation dans de nombreuses autres usines du monde.

Les travailleurs et travailleuses de Sorocaba connaissaient les difficultés rencontrées par leurs collègues chez Gerdau en Colombie et au Pérou. L’entreprise a récemment licencié un dirigeant syndical dans une autre usine à Sao Paulo, Pindamonhangaba. Les travailleurs et travailleuses de Sorocaba étaient également au courant des fausses informations données continuellement par la direction de Gerdau, concernant les résultats de l’entreprise dans les domaines de la santé et de la sécurité.

Les études comparatives réalisées par le Conseil montrent la tendance selon laquelle la faiblesse du pouvoir de négociation dans une usine Gerdau est directement liée à la faiblesse des salaires et des prestations dans l’usine.

Le Conseil a pris les décisions suivantes:

L’accord de fusion Xstrata Glencore est contesté

Tandis que l’Union européenne continue de juger la fusion dans le cadre de ses règles anti-trust, elle a conseillé à Glencore de se séparer de certains de ses actifs dans le zinc. En Afrique du Sud, alors que la Commission de la concurrence a recommandé l’approbation de la fusion sous certaines conditions à remplir par Glencore, NUM, NUMSA et la compagnie énergétique de service public Eskom en Afrique du Sud ont présenté des demandes d’intervention contre l’approbation recommandée par la Commission de la concurrence. Le tribunal de la concurrence procédera à des audiences du 10 au 14 décembre 2012.

Glencore est un opérateur mondial de premier ordre sur plusieurs marchés de matières premières, notamment le charbon, et qui détient également des intérêts d’actionnariat dans la production minière de charbon et d’anthracite. Xstrata est l’un des plus grands exportateurs mondiaux de charbon thermique et l’un des plus grands producteurs de charbon destiné à la production d’acier. Les activités de ces deux entreprises se chevauchent en Afrique du Sud car elles extraient toutes deux du charbon thermique et assurent la fonction d’opérateur pour l’exportation de leur production de charbon.

IndustriALL Global Union a condamné publiquement cette affaire et pris part aux protestations pour s’y opposer, en demandant la tenue de réunions avec Glencore qui ont été repoussées par le directeur général Ivan Glasenberg.

Le syndicat national des mineurs (NUM) a exprimé en ces termes son inquiétude à la Commission: “En tant que gros producteur, Glencore fixera probablement les prix pour toutes les entreprises concernées, plutôt que d’avoir la possibilité, comme c’est le cas actuellement, de négocier des opérations au cas par cas avec la possibilité de se mettre d’accord sur un prix avec un acheteur du minerai”. NUM s’est opposé également à la suppression de 180 emplois qui aura lieu lors de la fusion, et a exprimé son désaccord sur le fait que plus de 50 pour cent de la main-d’œuvre des parties fusionnées est employée sous contrat. De ce fait, plus de 9.000 salariés travaillent sans sécurité d’emploi et courent un risque en cas de fusion.

Eskom est très critique vis-à-vis de Glencore qui s’établit de facto comme assurant le filtrage des exportations de charbon d’Afrique du Sud en déclarant n’avoir que peu d’intérêt à développer et soutenir le marché intérieur sud-africain. Eskom maintient que la philosophie de Glencore est diamétralement opposée à la sienne, en ce sens que Eskom agit dans l’intérêt du public. “Eskom voit bien que Glencore a pour objectif final l’introduction d’un facteur de prix du charbon lié au marché à l’exportation”.

Le syndicat national des métallurgistes d’Afrique du Sud (NUMSA) a également présenté une demande d’intervention en exprimant des inquiétudes allant dans le sens de la thèse de Eskom sur l’aggravation d’un risque concernant la production et le prix du charbon, qui compromettrait la possibilité du service public de produire de l’électricité sur une base sûre, stable et durable. Numsa accuse la Commission de ne pas avoir suffisamment tenu compte des risques possibles pour les industries en aval dans la chaîne des valeurs, notamment les industries à fort coefficient énergétique.

Numsa soulève également la question de la suppression récente de 295 emplois chez Siltech, une filiale de Glencore, dont les parties ont omis délibérément de parler pour réduire l’effet indiqué de la fusion sur les emplois dont la Commission n’a pas pris connaissance.

IndustriALL Global Union soutient les demandes d’intervention de NUMSA, NUM et Eskom au tribunal sud-africain de la concurrence et rappelle au tribunal et aux actionnaires de Xstrata qui vont voter sur cet accord la semaine prochaine, qu’il s’agit d’un vote de Cupidité.

Une protestation de travailleurs sud-africains violemment réprimée chez Xstrata

Les travailleurs participaient à une grève non autorisée qui s’était déclenchée quand Xstrata a refusé de prendre des mesures contre un cadre blanc qui avait agressé un travailleur noir à la mine de chrome de Xstrata au Kroondal, au prétexte qu’il refusait de signer un accord salarial sans représentation syndicale.

Le 2 novembre, 400 travailleurs en grève, soit environ les deux-tiers des effectifs, avaient été mis à pied. Pourtant les manifestations se sont poursuivies. Le 8 novembre, la police a réprimé violemment une manifestation par des tirs de balles en caoutchouc, blessant 8 travailleurs, dont l’un grièvement, et procédant à plusieurs arrestations. Les blessés se trouvent dans l’impossibilité de se faire soigner car Xstrata a suspendu leur accès aux soins médicaux.

Le syndicat national des métallurgistes d’Afrique du Sud (Numsa) suspecte plusieurs policiers d’avoir tiré à balles réelles sur les manifestants. L’accès aux blessés et aux personnes arrêtées lui a été refusé, ce qui l’a empêché de tirer cela au clair. 

Puis le 12 novembre, la police a tiré sur des manifestants en les pourchassant jusque dans le township tout en continuant de tirer sur les fuyards. La police a tiré à courte portée sur un travailleur devant un conseiller judiciaire local qui se trouvait là pour aider à régler le différend. Trois travailleurs ont été arrêtés.

Numsa signale que la police a refusé au syndicat de pouvoir rencontrer les travailleurs arrêtés, en demandant l’intervention d’avocats. Des personnes arrêtées ont également signalé avoir été victimes de brutalités de la part de la police durant leur détention.

Numsa a critiqué l’intervention de la police dans des relations industrielles qui doivent être réglées par des négociations avec le syndicat. “Xstrata demande donc à la police de faire sa sale besogne, en tirant et en poursuivant des travailleurs sans même évaluer la situation”, déclare Steve Nhlapo du Numsa. “Les travailleurs ne protestent pas de manière indisciplinée, mais la police a recours à une force excessive pour chercher à les intimider et obtenir leur soumission, mais cela ne fait qu’accroître  la colère des travailleurs”.

Numsa a proposé pour résoudre la question à la satisfaction des travailleurs, de suspendre le cadre dans l’attente de son audition par un arbitre indépendant. Xstrata maintient qu’une audition interne a trouvé qu’il n’y avait pas suffisamment de preuves pour engager une action disciplinaire, et la direction de la mine refuse donc de changer d’avis.

Pendant ce temps, les travailleurs de trois hauts fourneaux de ferrochrome de Xstrata en Afrique du Sud sont également en grève pour obtenir une hausse salariale et une allocation de transport. Xstrata essaie de faire signer des contrats individuels aux travailleurs pour tenter de fragiliser Numsa et mettre fin à la grève.  

Grève du CFMEU à la mine de Rio Tinto

Cette mesure discriminatoire se heurte à trois arrêts de travail posté consécutifs en 36 heures à la mine, les 13-14 novembre. La mine de charbon thermique du bassin houiller de Bowen dans le Queensland central ferme le 23 novembre après trente ans de production, laissant près de 170 travailleurs sans travail. La mine a été auparavant celle qui produisait le plus de charbon thermique en Australie pour l’exportation.

Le syndicat CFMEU affilié à IndustriALL a appelé le bas niveau d’indemnisation de licenciement un "au revoir discriminatoire”.

En ce qui concerne le vote à une majorité écrasante en faveur de la grève, le vice-président de district du CFMEU, Glenn Power, a déclaré:

Tous nos membres veulent l’égalité. Les travailleurs ne prennent pas à la légère la décision de faire grève, mais quand ils font face à des indemnités de licenciement inférieures à celles que touche quelqu’un aux côtés de qui ils ont travaillé pendant des années, ces travailleurs sont décidés à dire à Rio que l’entreprise ne peut pas agir ainsi en toute impunité.

Au moment où les membres du CFMEU cessaient le travail à Blair Athol, le directeur général de Rio Tinto en Australie, David Peever, demandait de chasser tous les syndicats des lieux de travail avec la réforme de la loi sur le travail équitable.

L’engagement direct entre les entreprises et les salariés, la flexibilité et le besoin d’améliorer la productivité doivent se trouver au cœur du système. C’est là que la productivité et l’innovation se trouvent libérées de la base et des préoccupations d’une tierce partie qui cherche constamment à étendre son influence dans des domaines que l’on fait mieux de laisser à la direction.

Rio Tinto, le deuxième producteur de minerai de fer au monde, continue de prévoir de dépenser près de 16 milliards de dollars australiens pour accroître la production de minerai de fer à Pilbara en Australie et la porter à 353 millions de tonnes par an en mi-2015. Rio Tinto est un “récidiviste” qui traîne une constante de comportement destructif dans le monde entier.